‹ Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de FranceChapitre 84 sur 88 · I)UC DE GESVRES · texte numérisé non relu

I)UC DE GESVRES

PIECES J l STI FI CATIVES

PIÈCES JUSTIFICATIVES

1 M. Germain Bapst. ancien joaillier de la Couronne.

Mon très cher et très honoré Monsieur,

En accusant réception de votre lettre, datée de la ville de Pesth. je m'empresse de donner les renseignements désires. Par malheur, notre ancien inventaire ne dit pas un mot sur l’origine du dit service, tout ce que nous savons est basé sur la tradition. Le catalogue descriptif de la collection céramique (épuisé), p. ii, p. composé par moi, remarque seulement qu'une garniture de cinq six vases placés dans la X" salle de l’ancienne collection céramique, au Palais japonais, est formée de pièces doubles qui faisaient partie du trousseau de la princesse Marie-Josèphe, mariée au Dauphin, père de Louis XVI.

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De ces six vases, décorés île scènes de cliasse et cle guerre, les deux plus grands offrent des écussons héraldiques, l’un avec les fleurs de lys, l’autre avec une espèce de filet sur un fond rouge1.

Les deux armoiries sont jointes par la chaîne de l’ordre du Saint-Esprit, avec son médaillon et avec le crachat. Les armes de Saxe ne s’y trouvent nulle part, et les quatre vases plus petits ne contiennent même pas ces dites armoiries.

A ces vases tiennent sans aucun doute :

6 paires de tasses sans coupe avec les armoiries, surmontées par une couronne royale, sur laquelle il y a un lion.

2 paires de tasses avec deux anses et les mêmes armoiries qui se trouvent aussi sur les pièces suivantes :

1 Cafetière.

t Théière.

1 Pot pour le lait.

2 Boîtes à thé.

1 Sucrier.

1 Service avec soucoupes.

Toutes ces pièces offrent des scènes de guerre, de chasse, de marine, etc.

Voilà, mon ami, tout ce que j’ai pu réunir pour votre intéressant ouvrage. On m’a raconté que toutes ces porcelaines ont été rendues à la cour de Saxe, après la mort prématurée de la Dauphine, mais j'en doute absolument et je crois que les nôtres ne sont que les pièces doubles du service de la princesse. Pour les noms des artistes de la manufacture, nous sommes absolu-

. Les armes de Navarre évidemment.

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ment ignorants, parce que dans la guerre de Sept-Ans la fabrique a perdu toutes ses archives. Vous vous rappellerez qu'elle a été pillée par les Prussiens.

Je profite de l'occasion, etc.

Docteur Graesse.

Conseiller aulique, directeur du musée de la Gi Une Gewelbe, du Musée des porcelaines et du Cabinet de numismatique de Dresde.

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Dispositif de l’ arrêt du Conseil du 11 décembre 1767 concernant la succession de feu Monseigneur le Dauphin et de feue Madame la Dauphine.

Le Roy étant en son conseil a ordonné que les successions de feu Monsieur le Dauphin et de feue Madame la Dauphine seront et demeureront liquidées, sçavoir celle de feu Monsieur le Dauphin à la somme de deux cent trente deux mille quatre cent vingt-neuf livres cinq sols, et celle de feue Madame la Dauphine à celle de deux millions deux cent soixante-dix-neuf mille six cent huit livres seize sols six deniers ; ordonne pareillement Sa Majesté que les parts et portions qui reviennent dans ces successions à Monsieur le Dauphin, à Monsieur le comte de Provence, à Monsieur le comte d’Artois, à Madame et à Madame Elisabeth-Philippe-Marie-Hélène de France, seront et demeureront fixées, sçavoir dans celle de feu Monsieur le Dauphin à la somme de quarante six mille quatre cent quatre vingt-cinq livres dix-sept sols et dans celle de feue Madame la Dauphine à la somme de quatre cent cinquante-cinq mille neuj cent vingt- ct-unc livres quinze sols trois deniers; ces deux sommes réunies formant pour chacune des dites parts et portions, celle de cinq cent deux mille quatre cent sept livres douze sols trois deniers; veut et entend Sa Majesté que jusqu'à

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ce qu'il ait été pourvu au remboursement de la dite somme de cinq cent deux mille quatre cent sept livres douze sols trois deniers revenant à chacun des princes et princesses, ses petitsenfants, 1 intérêt en soit payé annuellement au denier vingtcinq des fonds qui seront à ce destinés, se réservant Sa Majesté la propriété et la disposition libre et telle qu’Elle jugera à propos de le faire des diamans et pierreries des successions de feu Monsieur le Dauphin et de feue Madame la Dauphine sans que lesdits diamans et pierreries puissent être réputés meubles de la Couronne; ordonne que l'inventaire qui a été fait en conséquence de ses ordres par le sieur comte de Saint-Florentin, les quatorze mars, vingt-un, vingt-huit juin et huit juillet de la présente année, sera et demeurera annexé à la minute du présent arrêt, fait au Conseil d’Etat du Roy; Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le 11 décembre 1767.

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Il nous a paru intéressant Je reproduire les menus du Dauphin et de la Dauphine, pour donner une idée des services de table au dix-huitième siècle. Nous les publions en entier tels qu’ils sont dans les comptes des Menus-Plaisirs1.

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