FRANCE
DU FERRIER (Arnauld), un des plus savants jurisconsultes de son temps, ambassadeur au concile de Trente, qui se convertit au protestantisme en 1582 et devint chancelier de Navarre, n. à Toulouse vers 1508, m. octobre 1585.
P. S., sur vélin; 25 juill. 1565, 1/2 p. in-fol. oblong. — A. S. R7., — $. FR.
Reçu de 1,800 livres tournois à lui ordonnées pour un trimestre de son état d’ambassadeur à Venise.
CALVIN (Jean), grand réformateur et écrivain, n. à Noyon, 10 juillet 1509, m. à Genève, 27 mai 1564. (V. série des Æ'crivains, n° 872.)
P. A.S., 2 p. 3/4 in-fol. Le papier blanc avait été coupé au-dessous de la signature, mais il a été habilement remplacé.
Précieuse pièce. C’est un plan de sermon qui a été imprimé en latin en tête des Réponses théologiques. 11 commence ainsi : « Quand nous parlons de Dieu seulement sans rien adjouster, il le nous fault considérer en sa simple essense, comme un seul Dieu. Quant nous parlons de Jésus-Christ seulement, sans faire mention du Père, il le nous fault congnoistre comme Dieu manifeste en chair. C’est que Dieu
a prins nostre nature pour habiter en
icelle comme en un temple de Sa Ma- . l jesté, et toutefois en telle union que : È : Jésus-Christ en son essence divine et arm y EE
en sa nature humaine n’est qu’une.
personne...»
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2570. TURNÈBE (Adrien), philologue et poète latin, un des plus illustres
érudits de son temps, n. aux Andelys (Eure), 1512, m. à Paris, 12 juin 1565.
L. À. S., en latin, au professeur Fr. Fabricius, à Dusseldorf : ides de septembre, 1 p. pl. in-fol., traces de cachet. — R7.
Superbe lettre où il parle de Budé et de Morel.
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2571. LANGUET (Hubert), célèbre publiciste et homme politique, qui em-
brassa la Réforme en 1549, auteur du fameux livre Vindiciæ contra tyrannos, où il établit en principe le droit d’insurrection, n. à Mitteaux (Côte-d'Or), 1518, m. à Anvers, 30 sept. 1581.
L. À. S. à Hugues Doneau (le célèbre jurisconsulte), à Leyde; Anvers, 23 juin 1581, 1 p. in-fol., trace de cachet. — RS
Précieuse lettre, écrite trois mois avant sa mort. Il exprime son déplaisir de n’avoir-pu faire rencontrer Doneau avec Du Plessis-Mornay, puis il parle de la mort subite de Nicolas Malapert, frère de son hôte. « Nous attendons icy notre rédemption du costé de la France, mays par ce qu'elle tarde beaucoup à venir, le nombre de ceux qui ont peur d’estre trompés n'est pas petit. Monseigneur frère du -Roy a sans douste bonne envie de nous secourir et faict pour nous ce qu’il peust, mays le nombre de ceux qui luy donnent des traverses et qui désirent nostre ruine est si grand qu’il ne peust pas fayre ce quil désireroit bien. Totefoys il assemble gens tant qu'il peust et croi qu’il hazardera ee tost sa vie que de laisser Cambray sans secours... » L'ambassade est revenue d'Angleterre. Le gouverneur d'Écosse a eu la tête tranchée.
BÈZE (Théodore de), célèbre théologien et écrivain, n. à Vezelay, 1519, m. 1605. (V. série des Zcrivains, n° 878),
L. A. S. à Mathieu Beroald (le célèbre théologien protestant, père de l’auteur du Moyen de parvenir), à Sedan; Genève, 29 déc. 1573, 2 p. in-fol., trace de cachet. Un peu jaunie dans les marges.
Précieuse lettre où il le félicite d’être revenu à la santé et où il lui mande qu’il revoit, avec un professeur d’hébreu, le vieux Testament en français, « auquel nostre intention est d’adjouster la chronologie selon la suite du contenu des textes. » Sachant que Beroald s’est occupé de cette question, il le prie de leur envoyer son travail qu'ils feront imprimer tant avec ladite bible qu’à part, « avec le témoignage qui vous en apartient et le salaire deu à voz labeurs. » Il parle ensuite des nouvelles de France. La guerre continue en Dauphiné et en Languedoc. Il n’a pas de nouvelles de l'assemblée de Millaud en Rouergue, maïs il sait que la trêve est continuée. « La pluspart des frères retirés par deça s’escoulent en leurs quartiers, pour veoir s'ils pourront rassembler les paovres brebis effarouchées. Plusieurs se promettent merveilles. Je désire ce qu’ils désirent, mais il s’en fault beaucoup que je puisse espérer la milliesme partie de ce que plusieurs tiennent pour certain. Dieu vueille, dy-je, que j'y sois plus trompé que je n’ay esté aux précédentes dsinnitions En somme, laissant à Dieu ses conseils secrets et extraordinaires, je n’espéreray jamais ni conseilleray d'espérer que l'assemblée de ceulx qui ne vivent que de proye désirent la vie des brebis, encores moins pee la leur octroyent... » Sur le feuillet de l’adresse, Beroald a écrit l'itinéraire de Sedan à Stenay.