ARTISTES DRAMATIQUES
se FRANCE
LA ROQUE (Pierre-Regnault PETIT-JEAN, dit), acteur de la troupe du Marais, n. vers 1595, m. 31 juillet 1676.
P.S. Pierre-Regnault Petit-Jean; Fontenay-le-Comte, 25 mars 1642, 1 p. petit in-fol. — R°. — (Réservé.)
Requête présentée au lieutenant du sénéchal de Fontenay, pour être autorisé à faire saisir les biens meubles de Mathieu Petit-Jan (sic), lieutenant au régiment de Poitou, son neveu.
MONTFLEURY (Zacharie JACOB, dit), acteur de la troupe de l'hôtel de Bourgogne etauteur dramatique, qui accusa calomnieusement Molière d'avoir épousé sa propre fille, n. vers 1610, m. à Paris, 11 déc. 1667. P.S. Zacarie Jacob; Paris, 197 nov. 1642, 1 p. in-fol. — R?.
Acte de cession d’une portion de rente sur l’'Hôtel-de-Ville, faite à Montfieury par Charles Roanne, chirurgien.
MOLIÈRE (Jean-Baptiste POQUELIN, dit). (V. plus haut son article, série des Z'crivains, n° 988.)
DU CROISY (Philbert GASSOT), excellent acteur de la troupe de Molière, créateur du rôle de Zurtufe, n. en Beauce, m. à Conflans- Sainte-Honorine, près de Paris, 1695. (V. série des Z'erivains, n° 988, une pièce signée par Molière et par Du Croisy. Les signatures de ce comédien sont R*. Jal en a mentionné quatre dans des études de
notaires. Il a rectifié, d’après ces actes, le nom de Gassot, qu’on écrivait, à tort, Gassaud. Dans les documents signalés par Jal, Du Croisy a signé de trois manières : P. @. Du Croisy, Du Croisy, Gassot Du Croisy. Le fac-simile suivant, emprunté à la pièce de la collection de M. Fillon, montre une quatrième manière de signer.)
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1518. BÉJARD (Armande-Grésinde-Claire-Elisabeth), femme de Molière, LD À comédienne, n. au commencement de 1643, m. à Paris, 3 octobre 1700.
P.S., sur vélin; Paris, 5 mars 1682, 1 p. in-8. — F5. (Recherché.)
AE des arrérages d’une rente sur l’'Hôtel-de-Ville. Les noms de ses deux maris et de sa fille sont mentionnés dans la pièce.
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1519. BARON (Michel BoYRoON, dit), célèbre acteur, élève de Molière, auteur comique, n. à Paris, 8 octobre 1653, m. dans la même ville, 22 déc.
L. À. $S. à J.-B. Rousseau, à Bruxelles; Paris, 30 déc. 1728, 2 p. in-8, adresse, traces de cachet. — A. S. R$. — $. FR.
Il a appris avec une grande joie que Rousseau lui gardait bon souvenir et désirait le revoir. Rien ne pouvait lui être plus agréable. La lecture de ses dernières poésies lui a fait un plai-
sir infini. Protestations d’ amitié,
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1520. LECOUVREUR (Adrienne), tragédienne du talent le plus pathétique, célèbre par sa beauté, les grâces de son esprit, et aussi par le drame,
mal éclairei, qui termina sa vie, n. 5 avril 1692, m. à Paris, 20 mars
L. A. S. à Piron; Paris, 10 janvier 1730, 4 p. 1/2 in—4, adresse. (Pièce de l’1s0graphie.) — F$.
Superbe lettre, une des plus belles qu’on ait d’Adrienne. — Piron lui avait promis le principal rôle de femme de sa tragédie de Callisthène; plus tard il le donna à Mlle de Balicourt, et chargea Quinault de celui de son héros, à la place de Sarazin, changements qu’il chercha à expliquer dans une lettre (jointe à la réponse), où il disait à l’actrice : « Je n’ay pas imaginé, dans ma pièce, de ces grâces séduisantes, qui naissent d’un tendre soupir, d’un coup d’œil fin, d’un silence ou d’un cri bien ménagé; de ces je ne sais quoy triomphants, où l’art subtil et la douce nature sont obligés de se prêter un secours continuel l’un à l’autre. J’ay conçu des graces austères, simples, nues, où tout l’art du monde ne sauroit supléer à ce qui peut ne pas aider la nature. Convenons, Mademoiselle, que le visage, la taille et Porgane ont leurs agréments proportionnels et déterminés. » Il lui faisait ainsi comprendre que, délicate comme Vénus, elle ne pouvait figurer une sorte de Pallas. — « On n’a jamais mis tant d’art, répond Adrienne, pour dire à quelqu'un : Je crois mon succès impossible entre vos maiñs. » Après avoir rappelé au poëte qu’il lui avait, depuis longtemps, promis ce rôle, et qu’il n'a cédé qu’à la crainte de l’envieuse colère de Quinault, elle continue ainsi : « Je suis bien plus éloignée de ressembler à Vénus qu’à cette Pallas, que vous mesurez à l’aune. Vous oubliez que j'ai joué, du temps de Mile Duclos, Roxane, Athalie, Phèdre, Elisabeth, Cornélie, sans que le public ait paru se plaindre de ma foiblesse et de mon courage, et je crois que l’âme est plus néces— saire que la taille. Je ne veux disputer ny de graces, ni de talent avec celle que vous me préférés. Je m'en raporte à ceux qui y voyent de plus loin que vous... En un mot, je tiens mon âme aussy malle (sic) et aussy sensible à la vertu que vous en puissiés trouver. C’est ce qui m'a fait admirer votre piesce; c’est ce qui m'a plu dans votre rolle, et c’est ce qui me porte à vous pardonner un affront qu'aucune autre femme n’oublieroit de sa vie. Je dis affront, parce que j'ay dit en pleine assemblée que vous me l’aviés promis, et, qu'après un engagement authorisé par l'accueil que je reçois encore du public, par l’amitié que je vous ai témoignée, et par les louanges sincères et vives que je vous ai données, il est inconcevable que vous alliés vous jetter à la teste d’une autre ; encore plus déraisonnable (est-il) que vous destiniés (le rôle de) Calisthène à un autre que notre ami SarazZin. Mais la peur du diable fait souvent plus de dévots que le véritable amour de Dieu. Voilà ce qui peut nous consoler.»
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(Adrienne Lecouvreur mourut deux mois et dix jours après avoir écrit cette lettre.)
1521. CLATRON (Claire-Josèphe-Hippolyte LEGRIS de LATUDE, dite M°"), actrice renommée de la Comédie-Française, amie de Voltaire et de
Dorat, auteur de Mémoires, n. près de Condé, 1723, m. à Paris, 18 janvier 1803.
L. A. S. au comte Schouwaloff; Paris, 20 fév. 1759, 3 p. 1/2 in-4. — KR. (Xecherché.)
Superbe lettre, qui commence ainsi : « Si j’étois libre de moi-même, Pétersbourg seroit bientôt ma patrie. L’admiration de toute l’Europe pour votre auguste souveraine (Elisabeth Petrowna), me fait croire que c’est sous ses loix qu’il faut vivre pour être parfaitement heureux. » La suite à l’avenant. — Mie Clairon, qui désirait faire un voyage en Russie, où elle avoit d'anciens amants, espérait se faciliter les moyens d'exécuter ce projet par ces flatteries, destinées à passer sous les yeux de l’Impératrice, à laquelle elle insinue, d’une façon indirecte, de la demander au roi Louis XV pour un an. Si ses vœux se réalisent, elle préfère qu’il ne soit pas question de marché. « Je veux prouver, dit-elle, que l'amour de la gloire
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peut beaucoup plus sur moi que l'intérêt. » Quant à Lekain et Préville, elle ne saurait s’occuper de les engager pour la Russie. Ce serait se perdre dans l'esprit de ses supérieurs.
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BELLECOUR (Jean-Claude GILLE, dit C'olson de), acteur distingué de la Comédie-Française, n. à Paris, 16 janv. 1725, m. dans la même ville, 19 nov. 1778.
L. A. 8. à son confrère Préville ; ce jeudi au soir, 26 février, 2 p. 1/2 in-4, adresse, cachet. — FR. (Recherché.)
Lettre charmante, pleine de sentiments affectueux, écrite au nom de tous les sociétaires de la Comédie-Française, et qui honore autant celui qui l’a écrite que celui auquel elle est adressée.
LEKAIN (Henri-Louis CAÏN, dit), célèbre acteur tragique de la Comédie-Française, n. à Paris, 14 avril 1728, m. dans la même ville, 8 février 1778.
L. A. S. à Garrick; Paris, 18 mars 1768, 3 p. in-4. — R'. (Recherché.)
Il lui recommande un miniaturiste suisse de talent, qu’il charge de lui rapporter de Londres son portrait. « J’envie, dans ce moment, le sort de cet honnête homme; car il franchit le pas de Calais pour honorer et connoître un grand homme, et, moy, je traverse les déserts de la Champagne, pour me rendre à Aix-la-Chapelle, à l'effet d'y prendre les eaux propres à détruire les obstructions dont je suis incommodé depuis neuf mois. »
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LARRIVÉE (Henri), chanteur de l'Opéra, n. à Lyon, 8 sept. 1735, m. au château de Vincennes, 7 août 1802.
L. A. S. au comité de l'Opéra; décadi, messidor an II, 2 p. in-4, adresse, cachet. — F7.
Curieuse lettre dans laquelle il se plaint du refus qu'ont fait ses anciens confrères de l’en-
gager de nouveau. Il ne s'attendait pas à cette triste récompense de trente-deux années de services à l'Opéra, dans les premiers rôles.
1525. GRAND-MÊNIL (Jean-Baptiste FAUCHARD de), artiste du Théâtre- Français, l’un des plus brillants interprètes de Molière, membre de l’Institut, n. à Paris, 19 mars 1737, m. dans la même ville, 24 mai 1816.