DUPRÉ
L. A. S. au président de la Commission des monnaies; Paris, 3 juin 1793, 1 p. in-fol. — ( Réservé. )
Il lui envoie le croquis du projet de coins qu’il propose d’exécuter pour la monnaie de billon. Le génie de la Liberté lui paraît préférable à la tête coiffée du bonnet; « cela est plus artiste, plus différent des monnaies frappées jusqu’à posant » (Il s’agit sans doute de la jolie pièce d'essai, gravée en 1793 par Dupré, que tous les amateurs connaissent.)
CARTELLIER (Pierre), habile statuaire, membre de l’Institut, n. à Paris, 2 déc. 1797, m. dans la même ville, 12 juin 1831. P. A. S.; Paris, 1° déc. 1809, 1 p. in-fol. — R*.
Note des ouvrages de sculpture exécutés par Cartellier pour le roi de Hollande (Louis Bonaparte), dont le prix, s’élevant à la somme de 10,619 francs, lui fut payé le 26 décembre suivant.
PRUD'HON (Pierre-Paul), le Corrège français, aimable peintre de la grâce et de la volupté, dont le talent plein de charme, qui s’est produit pendant la Révolution, contraste avec la rigidité toute romaine du génie de David, son grand émule. Né à Cluny le 4 avril 1758, ïl mourut à Paris le 16 février 1823.
L. A. S. du baron de Joursanvaull au graveur Wille; Beaune, 15 oct. 1780, 4 p. in-4.
Document précieux pour la Tes de Prud’hon, et qui honore son auteur. Le baron annonce à Wille qu’il lui envoie Prud’hon et Naigeon, jeunes artistes auxquels il s’intéresse. « Comme un second Eudamidas, mon respectable ami, je vous nomme exécuteur testamentaire et vous donne des charges sans profits. Avant la fin de ce mois, vous recevrez deux de mes amis, enfants adoptifs, tous deux de Bourgogne, et tous deux peintres, tous deux élèves de l’Académie de Dijon. Voilà bien des parités, et, malheureusement, il n’yen a point dans le talent. J’oubliais de vous dire que tous deux sont honnêtes et probes ; mais l’un, celui quej’ai le plus aidé, très laborieux, très désireux d'apprendre, très ambitieux de talent, a peu d’esprit, un génie froid. L'autre, au contraire, a reçu de la nature ce feu, ce génie ui fait saisir avec rapidité, une grande facilité dans l’exécution, une adresse peu commune. Voilà, je crois, leur talent défini; mais ils ont besoin de faire de sérieuses études et l'Académie de Paris est le lieu que, sous vos auspices, mon ami, ils comptent le plus habiter. Je vous ai dit que c’étaient mes enfants adoptifs. Je vous ai dit vrai, je les aime très sincérement et presque également. L’un se nomme Naigeon, l’autre Prudhon... M. Naigeon, sage et froid, logera chez une tante à lui, quile surveillerait, s’il en avait besoin. M. Prudhon, né avec un caractère moins fort, se livrant avec facilité à l’amitié, sans deffiance de ceux qu'il
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aime, peut tomber dans le précipice le plus affreux et des sociétés qu'il se fera à Paris dépend le bonheur ou le malheur de sa vie. Son goût dominant est l’ambition de sortir de la foule des peintres médiocres. Il travaille avec ardeur, mais il faut que quelqu'un lui dise de travailler. Si quelque sujet médiocre s'empare de son esprit, ce qui est très facile, il gagnera son cœur avec aisance et M. Prudhon courrera à la débauche, avec moins de plaisir qu’au travail, mais avec autant de docilité. Il est incapable de déréglement par lui-même, mais, s’il y est conduit, il peut y être extrême, et cette idée me ferait frémir, sije n’osais me flatter que, par amour pour le bien, par amitié pour moi, par pitié pour cet enfant, déjà marié depuis trois ans, vous daignerez vous l’attacher, lui permettre de vous parler avec confiance, de vous consulter et de ne rien faire sans votre aveu et votre avis. Je lui ai montré vos lettres, je lui ai laissé voir la vénération que vous m'avez inspirée; son cœur a êté attendri; il vous a nommé son père; il vous respecte et vous aime déjà comme tel. Choisissez lui ses sociétés et souffrez que la votre et celle de monsieur votre fils soient une des plus habituelles. »
PRUD'HON (Pierre-Paul).
L. A. S. Prudon au graveur Wille ; (Cluny, 1782? }), 3 p. in-4.— A. S. F.(7rès recherché.) — (Ge n’est que dans sa jeunesse qu'il signa Prudon.)
« Quand à ce qui regarde le grand concours pour le prix de Rome (donné par les Etats de Bourgogne, et qu’il remporta), nous ne savons pas encore dans quel temps on le désidera, ni quand on le jugera ; mais, dès que j'en serai instruis, monsieur, j'aurai l'honneur de vous le mander, et vous pouvés être persuadés queje ne négligerai rien pour me rendre digne de votre suffrage. Monsieur, je suis indécis sur le dessein que vous m’avés demandés pour graver, n’ayant point d’estampes d’après de grands maîtres et étant loin moi-même d’avoir cet honneur, faute de talent; c’est pourquoi, je vous supplie de me faire connaître plus particulièrement votre intention là desus ; je tacherai alors de la remplir exactement et avec le zèle le plus ardent
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PRUD'HON (Pierre-Paul).
P. A. S.; Paris, 11 pluviôse an IF, 1/2 p. in-4.
Reçu de la somme de mille livres donné à Didot l’aîné, pour règlement des conventions de eur traité. °
A la suite, cette note de la main de Didot : « Con— y venu avec lui qu’en indemnité du tems qu’il a passé sur son tableau, pendant le tems que je le payois à l’année, lequel tableau devoit m’appartenir et que je
lui ai abandonné, il me fera les trois dessins restants pour l'Art d'aimer. »
PRUD'HON (Pierre-Paul).
P. A.; (1810), 2 p. in-fol., écrites à mi-marge.
Devis de la toilette offerte par la ville de Paris à l’impératrice Marie-Louise, à l’occasion de son mariage avec Napoléon Ir.
PRUD'HON (Pierre-Paul).