‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 11 sur 242 · LA · texte numérisé non relu

LA

ir MR la LINNÉ (Carl von), le législateur de la botanique, n.à Rœshult (Suède).

24 mai 1707, m. à Upsal, 10 janv. 1778. Den

L. A. S., en latin, à Albert de Haller ; Upsal, 26 juill. 1742, Jamo 3 p. in-4, cachet. — FR. (Xecherché.)

Très-belle lettre relative à la botanique. Demande de plantes. — (Cette lettre est signée en tête, selon la méthode latine. Or Linné, qui corresa avec tous les savants de l’Europe, employait le plus souvent la angue latine, cire depuis le xvi° siècle, était, dans le monde érudit, la NS nn

langue univers

EULER (Leonhardt), le plus fécond des géomètres modernes, qui a perfectionné différentes parties des sciences mathématiques et les a enrichies de découvertes importantes, n. à Bâle, 1707, m. à Saint- Pétersbourg, 1783.

L. À. S., en français ; Berlin, 15 fév. 1751, 2 p. pl. in-4. — F.

Belle lettre où il parle de Formey et de cartes géographiques.

ROUSSEAU (Jean-Jacques), le fervent apôtre du spiritualisme et de la démocratie, un des plus éloquents écrivains des temps modernes, n. à Genève, 28 juin 1710, m. à Ermenonville, 2 juillet 1778.

L. À. à la comtesse de Boufflers ; Motiers, 26 novembre, 2 p. 3/4 in-4, cachet avec sa devise : Witam impendere vero, empruntée É£:; à la rv° satire de Juvénal. Légères taches. — R*. (Reckerché.) ÿ

Quoique pénétré de reconnaissance et de respect pour le Roi de Ar Prusse, il ne veut pas accepter ses bienfaits, souvent répandus avec plus de générosité que de choix. La lettre de Rousseau à M. de Montmorin a fait un mauvais effet, prétend Me de Boufflers. « Mais sur qui ? Si c’est sur MM. d’Alembert et Voltaire, je m'en félicite. J'espère n'être jamais assés malheureux pour obtenir leur approbation. »

ROUSSEAU (Jean-Jacques).

L. A. S. (à M. Maydieu, précepteur du fils du duc de Villequier); Monquin, 9 fév. 1770, 3 p. 3/4 in-4. — FX.

Splendide lettre qui porte pour épigraphe ces quatre vers :

Pauvres aveugles que nous sommes !

Ciel, démasque les imposteurs,

Et force leurs barbares cœurs

A s'ouvrir aux regards des hommes.

Consulté par M. Maydieu sur l’éducation qu’il est chargé de faire, Rousseau trace, en termes éloquents, les règles que doit suivre le précepteur pour ramener à dés idées plus saines une Jeune âme déjà farcie de préjugés. « Monsieur, le poste que vous remplissez est à mes yeux le plus noble et le plus gran 1 soit sur la terre. Que le vil peuple en pense ce qu’il voudra, pour moi je vous vois à la place de Dieu; vous faites un homme. Si vous vous voyez du même œil que moi, que cette idée doit vous élever en dedans de vous-même, qu’elle peut vous rendre grand en effet, et c’est ce qu'il faut; car, si vous ne l’étiez qu’en Hvee et que vous ne fissiez que jouer la vertu, le petit bonhomme vous pénétreroit infailliblement, et tout seroit perdu. Mais si cette image sublime du grand et du beau le frappe une fois en vous, si votre désintéressement lui apprend que la richesse ne peut pas tout, s’il voit en vous combien il est plus grand de commander à soi-même qu’à des valets, si vous le forcez en un mot à vous respecter, dès cet instant vous l’aurez subjugué.…. »

ROUSSEAU (Jean-Jacques).

L. A. S. au mème, à Versailles ; Monquin, 14 mars 1770, 2 p. 1/2 in-4, cachet.

Magnifique lettre, avec la même épigraphe que la précédente. Après avoir expliqué et défendu la doctrine sur l'honneur qu’il a exposée dans l’EÉmile, Rousseau répond à des ques-

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tions à lui adressées par le précepteur. Il n’est pas d'avis qu’on force un enfant à manger des aliments qui lui répugnent. Les précautions des parents à cet égard ont des raisons

articulières. « Votre élève est fait pour avoir un jour place aux petits soupés des Rois et

es Princes : il doit aimer tout ce qu’ils aimeront ; 1l doit préférer tout ce qu'ils préféreront ; il doit, en toute chose, avoir les goûts qu’ils auront, et il n’est pas d’un bon courtisan d’en avoir d’exclusifs. Vous devez comprendre par là, et par beaucoup d’autres choses, que ce n’est pas un Emile que vous avez à élever ; ainsi gardez-vous bien d’être un J. J., car, comme vous voyez, cela ne réussit pas pour le bonheur de cette vie. Prêt à quitter cette demeure, je n'ai plus d'adresse assez fixe à vous donner pour y recevoir de vos lettres ; ainsi vous trouverez bon que notre correspondance finisse ici. v

46. ÉPÉE (Charles-Michel, abbé de l’), inventeur des méthodes pour instruire les sourds-muets, n. à Versailles, 25 nov. 1712, m. à Paris, 23 décembre 1789.

L. A. $. à La Tourrette, secrétaire de l'Académie de Lyon; 20 mars 1783, 2 p. 1/2 in-4, traces de cachet. — FR. (Recherché.)

Il lui accuse réception du jugement de l’Académie de Lyon sur l'utilité de sa méthode d’enseignement. Il parle ensuite de celui formulé par l’Académie de Zurich, et du sourd-muet confié aux soins de l’abbé Marçaron. « Nous devons être persuadé l’un et l’autre, dit-il en terminant, que la patience à toute épreuve est la première qualité nécessaire à un instituteur de sourds et muets. L'esprit de méthode et une certaine dose d'imagination ne sont que la seconde et la troisième des dispositions requises. »

47. DIDEROT (Denis), un des grands initiateurs intellectuels du XvIIr° siècle, qui à conçu l’idée et le plan de l’Z'ncyclopédie, et a dirigé son exécution, n. à Langres, oct. 1713, m. à Paris, 30 juillet 1784.

L. A. $S. (à Madame Necker); (vers 1780), 3 p. pl. in-4. — KR. (Recherché.)

Magnifique lettre qui débute ainsi : « C’est moi, je ne suis pas mort; et, quand je serois mort, je crois que les plaintes des malheureux remueroient mes cendres au fond du tombeau. — Voilà une lettre d’un homme qui n’est pas trop personnel, et qui sera toute pleine de Je. — Je jouis d’une santé meilleure qu’on ne l’a à mon âge ; toutes les passions qui tourmentent m'ont laissé, en s’en allant, une fureur d’étude telle que je l’éprouvois à trente ans. J’ai une femme honnête, que j'aime, et à qui je suis cher; car qui grondera-t-elle, quand je n’y serai plus ? S'il y eut jamais un père heureux dans ses enfants, c’est moi. J’ai tout juste la somme qu'il me faut, tant que j'aurai des yeux pour me passer de bougie, et ma femme, des jambes pour monter et descendre un quatrième étage. Mes amis ont pour moi, et j'ai pour eux, une tendresse que trente années d’habitude ont laissée dans toute sa fraîcheur. Eh bien ! direzvous, avec tout cela, que manque-t-il donc à votre bonheur ? — Ce qu’il y manque ? ou une âme insensible, ou le coffre-fort d’un roi, et d’un roi dont les affaires ne soient pas dérangées. Avec une âme insensible, ou je n’entendrois pas la plainte de celui qui souffre, ou je n’en souffrirois pas en l’entendant. Avec le coffre-fort, je lui jetterois de l’or à poignée, et j'en ferois un reconnaissant ou un ingrat, à sa discrétion. »

48. ALEMBERT (Jean-Le Rond d’), philosophe et écrivain, Le plus grand géomètre de son temps, qui a posé les principes de la dynamique, n. à Paris, 16 nov. 1717, m. dans la même ville, 29 oct. 1783.

P. $S.; Paris, 24 sept. 1778, 2 p. in-4. — A. S. R. — $S. C. (Recherché.)

Traité passé entre d’Alembert et l'éditeur Charles Panckoucke, pour la cession, à ce dernier, du manuscrit des Eloges des membres de l'Académie françoise.

49. KANT (Immanuel), l’illustre fondateur de la philosophie critique alle-

mande, n. à Kœnigsbere, 22 avril 1724, m. dans sa ville natale, 12 fév. 1804. j

L. A. S. au professeur Schulz, à Iéna; Koenigsberg, 25 juin 1787, 1 p. in-4. Léger raccommodage. R$.

Lettre scientifique et philosophique.

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TURGOT (Anne-Robert-Jacques), économiste et homme d'État, qui essaya de réaliser, par les voies pacifiques, plusieurs des réformes dont on est redevable à la révolution, n. à Paris, 10 mai 1727, m. dans la même ville, 20 mars 1781.

L. a. (à Condorcet); Limoges, 28 déc. 1773, 4 p. in-4. — A. $S. 5. — A. KR. On

Il le remercie de lui avoir donné des nouvelles de M'i: de L’Espinasse. « Je lui dois d’autant plus de reconnoissance de ce que, dans cet état, elle pense à moi, et de ce que, non contente de me pardonner mes sorties contre Helvétius, elle me rend le bien pour le mal, en m’envoyant le mémoire de Beaumarchais, et en vous chargeant de me faire part de la nouvelle aventure de M. Goezman. Ce Beaumarchais est bien méchant d’aller ainsi envenimer le respect d’un de ces Messieurs pour la défense publique... » La lettre se termine par quelques considérations, à propos de certaines doctrines d’Helvétius, sur lesquelles Condorcet et lui n'étaient pas désir.

TURGOT (Anne-Robert-Jacques).

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