‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 161 sur 242 · INSURRECTION DU 31 MAI · texte numérisé non relu

INSURRECTION DU 31 MAI

1° 31 mai, quatre heures précises du matin. Minute de lettre aut. sig. de Zudlier, procureur syndic du département (à Pache, maire de Paris), 1/2 p. in-fol.

Il lui demande quel est l’êtat de Paris en ce moment, et l’invite à en donner connaissance au département, d'heure en heure, ainsi que des mesures prises par la Commune.

20 31 mai (quatre heures et demie du matin). Proclamation de la Commune aux sections de la capitale, sig. Coulombeau (griffe), 1 p. in-fol.

« Ouvrez les yeux; de grands dangers vous environnent. Des citoyens égarés demandent que les barrières soient fermées, que le tocsin soit sonné; ils veulent une nouvelle insurrection. Rapprochez les événements et vous serez à portée de juger les scélérats qui égarent ces citoyens, qui conseillent ces mouvements... Le conseil général vient de se déclarer en permanence ; faites de même, correspondez avec lui, et que la plus grande surveillance contienne les ennemis qui sont au milieu de vous. »

3° 31 mai (six heures et demie du matin). L. A. S. de Defermon, président de la Convention, de Guadet, Garran (de Coulon), secrétaires, aux administrateurs du département de Paris, 1/2 p. in-fol.

Invitation de se rendre à l'instant dans le sein de la Convention, pour rendre compte de l’état de Paris et des mesures prises pour en assurer la tranquillité,

(Un ordre semblable était envoyé à la Commune; mais, lorsqu'il y arriva, à sept heures, le conseil venait d’être dissous par les commissaires de trente-trois sections, et aussitôt réinté-

gré sous le nom de conseil général révolutionnaire.)

4° 31 mai (une heure après midi). Arrêté de la Commune, sig. Mettot, 1/2 p. in-fol.

Les membres des tribunaux et autres fonctionnaires publics sont invités à se rendre dans le sein du conseil pour y prêter le serment.

(Les fonctionnaires, de même que les membres de la Commune, avaient été cassés en masse, puis confirmés, mais à la condition qu’ils prêteraient un nouveau serment.)

50 31 mai. Délibération de la Commune, sig. Dorat-Cubières, secrétaire greffier adjoint, 1 p.in-fol.

Une députation de la section des Droits de l'Homme prête le serment révolutionnaire, et le conseil l’accueille aux cris de Vive la liberté! Vice la République!

(Les sections, qui étaient restées d’abord étrangères au mouvement, vinrent dans la journée

. y donner leur adhésion.)

6° 31 mai. Arrèté du Comité révolutionnaire établi par l'assemblée genérale des commissaires des quarante-cing sections séant à la Commune, sig. Loys, président (fameux révolutionnaire, secrétaire des jacobins), Wendhin, secrétaire, 3/4 de p. in-fol.

Ordre aux comités révolutionnaires des sections de prendre, tout de suite, les mesures les plus promptes pour désarmer et mettre en arrestation tous les hommes suspects.

(Ce comité révolutionnaire, qu'il ne faut pas confondre avec celui des sections, autorités légales et purement administratives, avait été créé, dans lé milieu du jour, par le conseil de la Commune, par celui du département et par les jacobins. Il était investi de la direction suprême du mouvement. Ses délibérations étaient secrètes. Réuni d’abord dans une salle des Jacobins, il transporta ses séances à l'Hôtel de ville.)

7° 31 mai. Délibération de la section des Droits de l'Homme, sig. Doublé, président, Faugé, secrétaire, 1 p. 1/2 in-4, cachet.

Communication d’un arrêté de la section de l’Arsenal, portant « que tous les hommes suspects seraient désarmés et qu’ils seraient notés comme de mauvais citoyens. »

8° 31 mai (deux heures 1/2 après midi). Délibération de la Commune, sig. Dorat- Cubières, 1 p. in-fol. Sur le réquisitoire du procureur de la Commune (Chaumette), le tocsin cessera de sonner.

90 31 mai (dans l'après-midi). Arrêté de la Commune, sig. Cowlombeau. (griffe), 1 p. in-fol.

Un des commissaires chargés de porter à la Convention l’adresse rédigée ce matin annonce que cette adresse a été assez froidement accueillie, que le côté droit annonçait l'intention de faire appel aux départements, que la Montagne avait reçu avec empressement les pétitionnaires, mais qu’ils avaient reconnu avec douleur que la majorité de la Convention est incapable de sauver la chose publique, et que le peuple n'a d'autres ressources que dans luiméme. Le conseil arrête l’envoi de commissaires dans les sections, pour les instruire des mesures qu’il a prises et proclamer le danger de la patrie.

(L'adresse, dont il est question, avait été lue par Lulier, et demandait l'arrestation des Girondins. Quelques heures après, la Convention supprimait de nouveau la commission des Douze : première victoire des insurgés, qui devait être complétée le surlendemain.)

10° 31 mai (dans la soirée). Deux arrêtés du comité de Salut public de la Convention, sig. Cambon, 3 p. in-fol.

Par le premier arrêté, le Comité suspend le départ des courriers (d’après le vœu du peuple);

ar le second, il enjoint aux administrateurs des postes de faire partir les courriers et invite es sections à concourir à cette mesure.

11° 31 mai (dans la nuit). Délibération de la Commune, sig. Mettot, aJA de p. in-fol.

Demain, dans le jour, tous les citoyens suspects seront désarmés et leurs armes données aux patriotes qui n’en ont pas. L’emprunt forcé sera requis pour donner des secours aux pa— rents des défenseurs de la patrie, pourvoir à la fabrication des armes « et à la paye des citoyens qui formeront la garde soldée révolutionnaire de Paris. »

12° 1er juin (le matin). Délibération du comité révolutionnaire central, sig. Marque, président, 1/2 p. in-fol.

Il donne pouvoir aux citoyens Logier, Dumong, Loys et Dopson « de se transporter à l’instant aux Comités de la Convention, à l'effet de délibérer sur les moyens de sauver la patrie. »

(C'est dans cette réunior que furent délibérées les mesures qui aboutirent, le lendemain, 2 juin, à l'arrestation des Girondins.) ,

13° 1er juin. Extrait des délibérations de la Commune, sig. Meftot ; 1 p. in-fol., cachet.

Prestation de serment du citoyen Boula, élu révolutionnairement commissaire de police de la section de l’Arsenal.

(Cette élection révolutionnaire était faite en vertu d’un arrêté de la Commune, pris la veille destituant tout fonctionnaire public suspect.)

140 1er juin. Arrêté de la Commune, sig. Mettot, 2 p. in-fol.

Des passe-ports seront accordés aux cultivateurs et négociants qui prouveront la nécessité de sortir de Paris, Cainsi qu'aux personnes dont les fortunes péricliteraient évidemment si elles ne pouvaient y vaquer.» — A do suite est une curieuse note aut. sig. de Devcillers, secrétaire-greffier, du 12 juin, adressée à la section de Marseille, qui faisait sans doute des difficultés pour accorder des passe-ports. On ne doit en refuser qu'aux gens suspects, dit le citoyen Devillers : « autrement, ajoute-t-il, ce serait préjudicier aux intérêts des particuliers, au commerce, à l’approvisionnement de Paris, et entraver les citoyens. »

150 2 juin. Délibération de la section des Sans-Culottes, sig. Blondé, président, Poirson, secrétaire, 1 p. 1/2 in-fol.

Des malveillants ont insinué que la section et son ex-commandant Hanriot avaient eu

quelque intention perfide à l'égard de celle du Finistère; elle repousse énergiquement cette pensée et nomme des Commissaires pour «renouveler l'alliance entre les deux sections en don-

Page 1