‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 173 sur 242 · Saisie du journal l' Ami du Peuple · texte numérisé non relu

Saisie du journal l' Ami du Peuple

L. S. de Desmousseaux, procureur de la Commune de Paris, aux administrateurs du département de police ; 30 juillet (1791), 1 p. in-4, tête impr.

Il leur fait remarquer hr ont outre-passé leurs pouvoirs en ordonnant « d'arrêter toutes les feuilles de {A mi et de l’Orateur du peuple. » 11 leur est permis de faire saisir tel numéro déterminé, s’il contient une contravention à la loi; mais ils n’ont pas le droit de supprimer de

fait un journal. 1l les engage, en conséquence, à modifier en ce sens leur arrêté, s'ils veulent le rendre légal.

8. Subvention demandée au ministre Roland pour imprimer les brochures de Marat.

Procès-verbal de la section du Théâtre-Français, dite de Marseille, ayant pour président Danton, pour vice-présidents Momoro et Brune (plus tard maréchal de France), et pour secrétaires Fabre d'Eglantine et Brochet, pièce aut. de Fréron (le conventionnel); 27 août 1792, 2 p. in-fol., timbre de la section.

Considérant que, de la Convention nationale, dépend la liberté ou l'esclavage de la France, qu'on ne saurait trop réunir de lumières pour éclairer les travaux des futurs députés, qui devront faire disparaitre tous les décrets contraires à la déclaration des droits de l’homme, et imprimer le respect à toutes les puissances de l’univers; considérant que Marat, l’Ami du peuple, non content d’avoir, du fond des souterrains où les poignards de Lafayette le retenaient enseveli, toujours fait entendre, dans son journal, une voiæ fière et indépendante, a encore trouvé le temps de produire des ouvrages propres à éclairer une convention nationale ; considérant que Marat, riche de vertus civiques, mais pauvre comme Rousseau, s’est vu plusieurs fois enlever le fruit de ses veilles par les satellites du despotisme, et qu'il est digne d’une grande nation de faire les frais d’ouvrages uniquement entrepris pour le triomphe de la liberté et de l'égalité, la section arrête que quatre commissaires se transporteront près de M. Roland, ministre de l’intérieur, auquel l’Assemblée nationale a ouvert un crédit de 100,000 fr. pour la propagation des ouvrages patriotiques, « à l'effet de lui demander, à titre d’avances, la somme nécessaire pour les frais de papier, d'impression, etc., de trois nouveaux écrits dont Marat, l’A mi du peuple, veut gratifier la patrie. »

(Roland, qui n’employait les fonds dont il disposait qu'à la propagation des écrits des Girondins, dut accueillir assez mal cette démarche; mais Danton était là, et il n’était pas possible de refuser net. Marat obtint des presses et des caractères de l’Imprimerie nationale, avec lesquels il publia ses Chaînes de l'esclavage et son journal.)

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