Marat, conseil des ministres
L. A. S. de Boucholte, ministre de la guerre (à Marat); 14 mai 1793, 3/4 de p. in-4.
Pièce de nature à faire connaître l’organisation intérieure du ministère à la tête duquel Bouchotte était placé. Remerciements des avis que lui a donnés Marat. «Je fais un triste métier our un homme populaire... C’est malgré moi que je suis ici; de toutes les manières de servir a chose publique, c’est la dernière que j’eusse voulu choisir, si j'avais été le maïtre. Je n’ai pas cru qu’il convenait à un patriote de dire non à la Convention, sans avoir essaïé de remplir ses intentions. Tout ce ministère-ci est taillé sans aucune proportion. Le ministre n’est qu’un mannequin à signatures et à monosyllabes, qui n’a pas un quart d’heure dans le jour pour méditer, qui vit dans un tourbillon continuel, au lieu d’avoir de la solitude. Les circonstances ont quadruplé le travail ; les six divisions de la guerre, trop étendues, manquent forcément d’aplomb et de rapidité dans l’exécution. Toute la machine militaire est, en quelque sorte, désorganisée sur toute la surface de la République. Ainsi le voulaient, ainsi l’ont préparé ceux qui ne voulaient pas l'égalité. Vous voiez, citoyen, que je me plais à causer avec vous comme on fait avec un homme instruit, qui peut juger avec un compatriote qui compte pour tout l’intérêt général, et les intérêts des particuliers qui lui sont opposés pour rien. Je vous salue fraternellement. »
12. Marat dénoncé à la Convention, après le 51 mai, comme un agent de discorde.
L. S. par Æenry, Cavaignac, et Dumoulin, commissaires du Lot près de la Convention, aux administrateurs de leur département ; lundi 3 juin 1793, 3 p. in-fol.
Ils donnent le récit de ce qui s’est passé à la séance du 2 juin 1793, où a été donné lecture de la lettre de Marat, demandant qu’on le suspende de l'exercice de ses fonctions, s’il est un sujet de discorde entre ses collègues, jusqu’au jugement des mandataires infidèles (les Girondins).