‹ Inventaire des autographes et documents historiquesChapitre 184 sur 242 · Famille de Marat · texte numérisé non relu

Famille de Marat

1° Deux lettres de Bouchotte, ministre de la guerre, dont une aut. sig. et l’autre seulement sig., à la citoyenne Albertine Marat ; 8 nivôse et 30 pluviôse an II (28 décembre et 18 février 1794), 1 p. in-4.

Concernant deux militaires blessés recommandés au ministre par Albertine.

(Albertine, seconde sœur de Marat. Elle vint à Paris lors de la mort de son frère, et continua à y séjourner depuis cette époque. Ouvrière en horlogerie, elle vécut du travail de ses mains, conservant une profonde vénération pour la mémoire de son frère. D’un caractère ombrageux comme lui, elle n’admettait que fort difficilement les personnes qui désiraient la voir, et refusait toutes les offres de services qui lui étaient faites. Elle habitait une mansarde dans la rue de la Barillerie, 33, et y mourut vers le mois d'octobre 1841. Elle eùt succombé

lus tôt aux étreintes de la misère sans les soins généreux d’une famille de commerçants qui Éabitait la même maison.)

2° Trois notes aut. d'Albertine Marat, 3 p. in-8.

Ce sont des réfléxions sur la Révolution française. Voici ce que lui inspire un passage de l'Histoire de France de Montgaillard, t. VII, p. 37 : « Quoi? c’est la veur qui souleva de la seule ville de Paris soixante mille hommes et les lensa dans les plaines de la Champagne? Quoi, ce n’ettoit pas l’amour de la patrie, cette passion des grandes âmes, qui leur faisait affronter la mort? C’étoit la peur, hé de quoi? hé de qui? des princes, des émigrés, de ces lâches qui avoient fuis pour mandier le secours de l'étranger... » — Dans un portrait singulièrement dur qu’elle trace de Lafayette, on lit : « Intrigant sans génie, vrai marquis, plein de vanité. Avide d'occuper la place qu’il avait obtenu autre fois, ne l’aton pas vu, caduc, sur le bord de la tombe, accourir en 1830 s’afubler d’épaulettes de commandant de la garde nationale, bravant le ridicule, dont il se couvrait en s’occupants gravement de la forme des parmens, des revers, des pattes, des plaques, de l’uniforme. Grand homme! tu t’achemine à l’immortalité par un singulier chemin. »

3° Billet aut. sig. de la même ; 18 mai 1840, 1/2 p. in-8.

Elle déclare qu’une table, qu’elle a chez elle, ainsi que le moulin qui y est attaché, appartiennent à Mlle Ménessié, qui lui en a laissé la jouissance.

40 L. A. S. de Soulavie, résident de France à Genève, aux représentants du peuple à Commune-Affranchie (Lyon); Genève, 23 prairial an IT {11 juin 1794), 1 p. in-fol., cachet.

Recommandation en faveur du frère de l’'Ami du HR (Jean-Pierre, le plus jeune des frères de Marat, horloger et négociant, né à Neufchatel vers 1756, mort à Carlsruhe vers 1846), qui s’est procuré sept cents pièces de drap bleu pour l’habillement de nos troupes. « Je viens vous prier de recevoir avec bonté et avec fraternité Marat jeune, qui a donné constamment des preuves d’attachement à la cause française et à la vertu révolutionnaire de son frère. »

(Marat avait un autre frère, Henri, né en 1745, qui prit quelque part à la révolution de Genève en 1782, dans les rangs des démocrates, publia, à cette occasion, divers pamphlets, passa en Russie après la défaite de son parti, et devint professeur à l’école militaire impériale, avec le grade de colonel. Il eut aussi une autre sœur, Marie-Anne, née à Boudry, en 1746, et qui fut mariée à un Monsieur Olivier.)

(Le dossier des pièces concernant Marat, comprises sous le n° 556, sera vendu en bloc.)

OC

CORDAY D'ARMANS (Marie-Anne-Charlotte), arrière-petite nièce du grand Corneille, qui crut sauver la France de l'anarchie en assassinant Marat, n. au Mesnil-Imbert (Saint-Saturnin des Lignerets, diocèse de Séez), 28 juillet 1768, décapitée à Paris le 17 juillet 1793.

Sept pièces originales réunies en un beau volume, relié en maroquin rouge, portant ce titre : Documents-relatifs à Charlotte Corday et adresse aux Français, écrite de sa main, 1193. En tête se trouve le portrait de Charlotte, gravé par Baudran, d’après la peinture originale, exécutée sur sa demande, le jour de sa condamnation, et conservée aujourd'hui au musée de Versailles, seule représentation authentique qu'on ait d'elle. Voici la description de ce précieux recueil.

1° L. À. $. de Fouquier-Tinville, accusateur public du tribunal révolutionnaire, au Comité de sûreté générale ; Paris, 21 juillet 1793, 1 p. in-4.

I] lui envoie l’interrogatoire de Charlotte Corday ci-après indiqué, et ses deux lettres écrites de la maison d’arrêt à Barbaroux et à son père.-Comme ces deux lettres ont été inexactement reproduites, il serait d’avis de les faire imprimer. Il ajoute ensuite: « Je vous observe que je viens d’être informé que cet assassin femelle étoit l’amie de Belzunce, colonel, tué à Caen, dans une insurrection, et que, depuis cette époque, elle a conçu une haïne implacable contre Marat, et que cette haine paroît s’être ranimée, chez elle, au moment où Marat a dénoncé Biron, qui étoit parent de Belzunce, — et que Barbaroux paroît avoir profité des dispositions cirs ailes où étoit cette fille contre Marat, pour l’amener à exécuter cet horrible assassinat. »

90 P. $.; Caen, 8 avril 1793, 1 p. in-4. — À. S:et S. .

Passe-port délivré à Charlotte Corday par l'administration municipale de Caen, au moment de son départ pour Paris :

Page 1