PATRIE, LIBERTÉ, ÉGALITÉ
« Département du Calvados. — District de Caen. « Municipalité de Caen.
« Laissez passer Zæ citoyenne Marie Cordey (sic), natif du Mesnil-Tnbert, domicilié à Caen, district de Caen, département du Calvados, âgé de 24 ans, taille de 5 pieds 1 pouce, cheveux et sourcils châtains, veux gris, front élevé, nez longe, bouche #oyenne, menton rond fourchu, visage oval. Prêtez-lui aide et assistance en cas de :besoin, dans la route qu’il va faire pour aller à Argentan.
« Délivré en la maison commune de Caen, le 8 goril 1793, l’an 2 de la République française, par nous, Fossez l’aîné, officier municipal.
« Expédié par nous, greffier soussigné, et a le dit citoyenne Cordey signé :
« Heni, greffier. » 4 Hare Gdy
Au dos est écrit : Vu en la maison commune de Caen, pour aller à Paris, ce 23 avril 1793, l'an 2 de la République francaise.
P. ENGUESSARD, 0f. m.
(Tout ce qui n’est pas en italique, dans la transcription ci-dessus du passe-port de Charlotte Corday, est imprimé. On ne s’est même pas donné la peine de modifier l’orthographe du texte imprimé pour accuser le sexe de la personne. — On remarquera qu le passe-port, pris d’abord pour aller à Argentan, fut ensuite rendu valable pour se rendre à aris. — Que s'est-il passé dans l’esprit de Charlotte, et autour d’elle, du 8 au 23 avril ?)
3 P. S. par Charlotte Corday, Pelletan, Legendre, Maure, François Chabot, Drouet, Louvet et Marino ; 13 juillet 1793, 10 p. 1/4 in-4.
Procès-verbal dressé par Philibert Guellard, commissaire de justice dela section du Théâtre- Français, le 13 juillet 1793, à sept heures trois quarts du soir, pour constater la mort de Marat, l'état des lieux où le crime a été commis, et consigner par écrit l’interrogatoire de Charlotte Corday. — La constatation du décès fut faite par Philippe-Jean Pelletan, chirurgien consultant des armées de la République. Il yestdit que « le coup de couteau a pénétré sous la clavi— cule du côté droit, entre la première et la seconde vraie côte, et cela, si profondèment, que
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lindez a facilement pu pénétrer de toute sa longueur à travers le poulmon blessé. » — L’interrogatoire porte dix fois la signature de l’accusée, apposée au bas de chaque page, et au-dessous de chaque renvoi.
4° Adresse aux Français amis des loix et de la paix, pièce aut., 3 p. in-4.
Original de cette pièce bien connue, où Charlotte Corday a fait par avance l'apologie de son action. Elle se termine par un appel à la révolte contre ceux qu’elle croit être les ennemis du pays.
(On sait que ce document fut trouvé sur Charlotte, lorsqu'on fouilla ses vêtements, pendant l’interrogatoire que le commissaire Guellard lui fit subir.)
50 L. S. par les administrateurs du département de la Police ; 14 juillet 1793, 1 p. in-4, vig. et tête impr.
Ils réclament l'envoi au tribunal révolutionnaire du procès-verbal inscrit plus haut sous le no 8.
6° P. S. par Jobert ; 14 juillet 1793, 1/2 p. in-4, tête impr. et vig. de la Commune de Paris.
Reçu du dit procès-verbal, donné, au nom de la Commune, au cit. Devillers, c'e greffier de la section de police du Théâtre-Français.
70 P. À. S. par Zanot; Paris, 14 juillet 1793, 1/2 p. in-4.
Reçu donné au cit. Guellard, de l’expédition de son procès-verbal, du couteau, muni de sa gaîne, avec lequel Marat a été tué, de l’extrait de baptême de Charlotte Corday, de l'écrit trouvé sur elle, intitulé : Adresse aux Francais, et de la lettre qu’elle se proposait d'envoyer à Marat, si elle n’eût pas été reçue par lui.
Précieux dossier, du plus haut intérêt historique.
CHALIER (Marie-Joseph}), chef du parti montagnard à Lyon, n. à Suze (Piémont), 1747, décapité à Lyon le 16 juillet 1793.
L. S., comme officier municipal, sig. aussi par Wüiieé, Roland, Pressavin, Vachon, etc., au procureur syndic de Rhône-et- Loire ; Lyon, 3 février 1791, 1 p. in-fol. — A. S. R7. — $. Fÿ. |
Ils le remercient d’avoir annoncé au corps de ville de Lyon l'entrée du premier bateau Re de vin qui ait remonté le fleuve. — A cette lettre est annexé l’imprimé in-4 de l’avis de la prorogation de la foire des rois de Lyon. Au bas est écrit, de la main de Chalier : « V#, conforme à l'original. Lyon, le 4 février 1791, Chalier, officier Mmumcipal. »
DESMOULINS (Camille), le journaliste et le pamphlétaire le plus spi-
rituel de la Révolution, n. à Guise, 1762, décapité à Paris Le 5 avril
L. À. à sa femme, chez M. Duüplessis, au Bourg-la-Reine ; Chaville, ce mercredi (1792), 1 p. pl. in-8. — A. S. R7. — A. F5. — (Voir, à l’article Robespierre, une lettre aut. sig. de Camille Desmoulins.)
Très-curieuse lettre qui commence ainsi : ;
.« Ma chère Lucile, mon âme, ma vie, ne sois point inquiète. J’ai été entraîné ce matin à Chaville, par Panis, avec Danton, Fréron, Brune, chez Santerre. Hier, j'ai lu mon discours à la Commune, où il a eu le plus grand succès. Apres frénétiques des pieds et des mains. Quand je suis descendu de l'Hôtel de ville, j'ai trouvé en bas une multitude de nos frères les sans-Cculottes, qui m'’attendoient, qui ont-crié : Bravo, Camille, me pressoient les
mains, vouloient tous m'embrasser. La jalousie de Petion a éclaté. Il s’est opposé à l’impression. Je lui ai répondu vertement... »