BIBLIOTHÈQUES ET BIBLIOGRAPHIE
1e Lettre des membres du comité d'instruction publique de la Convention, commissaires de la bibliographie, sig. Grégoire et Mathieu, aux administrateurs du district de Saint-Dizier; 1% messidor an ÎI (19 juin 1794), 1 p. in-fol.
Accusé de réception des cartes faites pour le catalogue des bibliothèques des Bénédictins de Montiérender, des Bernardins de -Boulancourt et des Prémontrés de de Chapelle-aux-Plan— ches. Le comité est satisfait de ce travail, bien qu’il ne soit pas précisément conforme à ses instructions. On devra s’y conformer à l'avenir. Ainsi, au lieu de confondre les livres anonymeés avec ceux qui portent des noms d'auteurs, on en fera une se Hp à « Nous HA à finir le plus tôt possible, et à nous envoyer votre travail aussitôt qu’il sera erminé. »
90 Lettre des membres du mème comité, sig. Grégoire et Bardet, chef de la bibliographie, aux mêmes administrateurs ; 1% fructidor an II (18 août 1794), 1 p. 1/2 in-fol. ;
Les douze catalogues, que le district a envoyés à la commission, sont faits avec intelligence et pourront être utilisés dia le travail de la bibliographie. Le commissaire rédacteur de ces catalogues n’a pas cru devoir y faire entrer un grand nombre d'ouvrages licencieux. Tout en applaudissant à ces scrupules d’une âme vertueuse, le comité d'instruction publique fait remarquer que ces livres, souvent précieux pour l’hist@ire des mœurs, des coutumes et des arts, servent à l'observateur éclairé à juger le siècle qui les a pr duits. « Quand Tacite voulut peindre les mœurs des Romains, sous le règne de Néron, il lut la satire de Pétrone, On peut dire à peu près la même chose des ouvrages enfantés par les énnemis de la Révolution : il en est où les auteurs ont répandu des clartés précieuses sur des questions de droit public, d'histoire et de morale; tous serviront à caractériser, aux yeux de la postérité, l'esprit du siècle qui a produit les grandes circonstances où nous nous trouvons. Au reste, la Convention
s’est réservé de faire un jour prononcer, par une commission de savants, sur le sort des ouvrages qui ne seront pas en accord avec les vrais principes de la politique et de la morale. Les ouvrages dont nous parlons seront nécessairement dans cette classe. Ainsi l’on peut les conserver provisoirement. Il ne serait pas impossible qu’on finit par leur donner, dans les bibliothèques, la même place qu'aux poisons, aux monstruosités, aux productions bizarres et singulières dans les cabinets d'histoire naturelle. Qui sait encore si le philosophe n’y trouverait pas des résultats utiles ? mais c’est à lui seul qu’on doit confier ces dépôts dangereux... » Quant aux missels et autres livres d’église, on réunira sur une seule carte tous les volumes du même format et du même genre, à moins qu’ils n’offrent quelque chose de remarquable comme typographie, peintures, vignettes, culs-de-lampe, etc.
3° Mémoire sur la Bibliothèque nationale de Clairvaux, adressée par les commissaires bibliographes aux représentants composant le Comité d'instruction publique de la Convention nationale, pièce aut. sig. de Beuchot, l'un des commissaires ; (1795), 17 p. in-4.
Pièce d’un véritable intérêt. C’est le compte rendu des travaux compliqués auxquels se sont livrés Beuchot et ses collègues pour dresser le catalogue de la riche bibliothèque du monastère. IL entre dans les plus curieux détails sur la composition de cette bibliothèque, dans laquelle avait été versée celle du président Boubhier, si précieuse par les annotations dont le savant magistrat avait chargé les marges de ses livres. Les commissaires n’ont pas mis moins de quatre ans pour mener à fin leur besogne., Ce rapport, qui peut être regardé comme le type de ceux qui durent être faits à cette époque, donne une idée saisissante de l’immense travail qu’exigea l’inventaire des trésors bibliographiques que la Révolution faisait tomber dans le domaine national. Il mériterait d’être cité tout entier ; voici seulement un extrait de la dernière page : « Assaillis plus d’une fois, tantôt par l’aveugle ignorance qui aceusait la longueur de leurs opérations, dont elle méprisait l’objet ou exagérait les frais, prétendus inutiles à la chose AA ge tantôt par la malveillance perfide qui, masquée d’un faux civisme, ourdissait contre eux les dénonciations les plus Bree dans leurs motifs; tantôt enfin par les fureurs du vandalisme, qui menaçait de ses fureurs incendiaires la bibliothèque et les commissaires bibliographes, inquiétés, entravés en toute occasion de plus d’une manière, ils ont poursuivi jusqu’à la fin leur marche avec cette active et ferme lenteur qui, sans mépriser les erreurs même de l'opinion publique, respectable en elle-même, respecte sur toute chose la loy.. Le comité jugera si, dans leur position et à travers les obstacles de tout genre, les commissaires ont pu exécuter plus promptement la tâche importante dont ils étaient chargés dans une bibliothèque de plus de trente-cinq mille volumes, dont plus de moitié se sont trouvés dans la plus énorme confusion. »
ROMME (Gilbert), conventionnel montagnard, chargé, comme membre du Comité d'instruction publique, du rapport sur le calendrier républicain, n. à Riom, 1750, se suicida le 22 juin 1795, après avoir été condamné à mort par une commission militaire, à la suite des événements du 1% prairial an III (20 mai 1795).
L. A. S. à Rouyère, secrétaire de Dumouriez; (Paris), 6 juin 1792, 1/2 p. in-4,
adresse. — À, $S. 5. — $S. R!. .
Il lui demande si le poste de chargé d’affaires de France près de la cour de Turin,
oscupé par Sémonville, est supprimé. Ce renseignement intéresse une personne qui lui est chère.
# ROMME (Gilbert).
L. A. $S. au garde du cabinet national des médailles ; Paris, 25 août 1793, 1 p. in-4. — (Réservé.)
E Tan lou L' LM )
« Citoyen, parmi le grand nombre de médailles et œuvres d’art que rapporta, il y a quelques années, d'Italie le c. Lebrun, il se trouve une certaine quantité de médaillons, tant en argent qu’en bronze, de personnages de tous rangs du jh ns siècle et du suivant, la plupart très-beaux, tant par l’art qu’on y a mis que par la conservation. Ces médaillons vont
‘ être vendus de gré à gré. J’ai obtenu du c. Lebrun qu’il donne la préférence au musée placé sous votre garde, à la condition qu’on lui laisse les doubles des pièces qu’on a par avance. Les deux médaillons que je vous envoie par le porteur, l’un de Gonzague par Pisanus, l’autre du Trissin en argent, vous donneront un échantillon de la qualité des quarante-sept autres. Il serait intéressant que le musée national, qui n’est pas bien pourvu en objets de ce genre, fit cette acquisition, qui lui sera peu onéreuse, le prix des quarante-neuf médaillons n'étant fixé qu’à 600 livres.