OUVERTURE DE LA RUE DE L’ABREUVOIR
Les habitants ont fait paver et éclairer cette me; les fermiers généraux l’ont fait fermer sans aucune formalité de justice. Il en résulte trois gros inconvénients : i° Un retard dans l’administration des sacrements aux habitants des Champs-Elysées, par suite du détour à faire; 2° Le cul-de-sac que forme la rue sert de repaire à tous les bandits et duellistes du quartier; 30 En cas d’incendie, on ne pourrait tirer d’eau de la Seine. — Pour empêcher la fraude, les fermiers généraux n’ont qu’à poser une barrière.
Pierre Carlier, fermier général, répond que, lors de la construction du Pont Tournant des Tuileries, on démolit, entre autres maisons, le bureau de perception servant à la barrière du Cours. Le nouveau bureau se trouvant à 60 toises de la rue de la Bonne Molue (?J, les fraudes pouvaient se commettre sur cet espace. Un arrêt du Conseil du 24 avril 1717 autorisa les fermiers à construire un mur pour remédier à cet inconvénient : c’est ce mur que les habitants prétendent construit sans aucune formalité de justice. Personne ne s’est plaint alors. Les trois arguments invoqués par les habitants sont mauvais. Le détour pour arriver aux Champs-Elysées est presque nul. Les bandits pris dans un cul-de-sac sont bien plus vite capturés. En cas d’incendie on aura bien plus tôt fait de tirer trente seaux d’eau d’un puits voisin que d’aller à la Seine. Il faut donc laisser les choses en l’état. Tout changement amènerait des dépenses supplémentaires au roi et à Pierre Carlier.
218. Arrêt du Conseil d’État accordant l’ouverture de la rue de la Bonne Molue (?). Le 13 décembre 1729 [VI] (non numér.).
Vus les deux mémoires précédents, un mémoire de Tarlet, marbrier du roi, qui prétend que les marbres du roi déposés aux Champs-Elysées auront à souffrir du percement de la rue, la réponse des habitants, les deux arrêts du Ier août 1716 et du 24 avril 1717, l’avis du sieur Hérault, maître des requêtes, lieutenant général de police, à Paris, ouï le rapport de Le Peletier, conseiller d’Etat ordinaire et au Conseil Royal, le Conseil reçoit la demande des habitants, décide que la rue de la Bonne