‹ Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de Robert de Cotte, premier architecte du roi (1656-1735) et de Jules-Robert de Cotte (1683-1767) conservés a la Bibliothèque nationaleChapitre 89 sur 116 · ÉTRANGER · texte numérisé non relu

ÉTRANGER

Acqueducs d'Italie.

584. Dessins de la décharge du lac Fucino, dans la rivière de Gariglian... avec explications [Ms. 9447, p. 50J (1120).

Mémoire sur les procédés employés par l’empereur Claudius pour décharger le lac Fucin : i° comment l’ouvrage a pu être

VOYAGE D’iTALIE

tracé et conduit; 2° comment Ciaudius a pu mettre 30.000 hommes en même temps à l’ouvrage ; 3 0 comment on est parvenu à faire passer les canaux sous terre, à les conduire en ligne droite et à leur donner la pente qui avait été résolue. Sur la dernière page, on lit : « Descharge du lac Fucino dans la rivière de Gariglian, avec le profil de la décharge des canaux sous terre. Reçu en avril 1685. » Deux croquis à la main dans le texte, trois hors texte, deux gravures.

Plan 1121. Dessin d’une partie de Facqueduc sur le chemin d’Albane.

Note. Ce rapport a sans doute été demandé dans le but de fournir des indications soit pour l’acqueduc de Maintenon, soit pour un canal, soit pour les égouts de Paris.

585. Traité des acqueducs de la ville de Rome, par Frontinus [Ms. 9447, p. 64 à 70 et 80 à 101] (1122).

Sous le titre, on lit : « Receu le 9 avril 1685. 8

Note. Cette traduction n’a pas été imprimée. La première traduction française du traité sur les acqueducs de Frontin est celle de M. Rondelet, architecte, 1820, in-40. Le traité des acqueducs de Frontin était intéressant pour les hommes de ce temps, préoccupés sans cesse de la disette d’eau où se trouvait Paris. Il fut un peu remédié à cette pauvreté au milieu du xvme siècle, mais Bonamy n’en écrit pas moins, dans son Mémoire sur les acqueducs de Paris, publié dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres , t. XXX (1764), p. 750 : « Mais que cette abondance (des eaux de Paris) paraît médiocre, lorsqu’on la compare à cette magnificence romaine dont parle Pline, et dont on peut voir le détail dans le Traité des Acqueducs de Frontin qui présidait à la police des eaux de Rome sous l’empereur Trajan. » Bonamy donne ensuite l’analyse du Traité de Frontin. — Ce manuscrit est relié de telle façon, dans les papiers de R. de Cotte, qu’il est presque impossible de le lire. Après la page 12 est intercalée une partie de Y Inventaire des tableaux du Roi de Paillet. Les douze premiers feuillets sont dans l’ordre normal, mais le feuillet 1 3 est placé à la fin du manuscrit, tandis qu’un feuillet non numéroté, mais qui devrait porter le n° 55-56, vient à sa place.

586. Abrégé de deux livres de Frontin sur les acqueducs de Rome [Ms. 9447, p. 57 à 63] (1123).

Sous le titre on lit : « Receu le 9 avril 1684. »

Voyage d'Italie.

587. Journal du voyage de R. de Cotte en Italie; 1689-1600? [Ms. 14663 et 14664] (1125-1126-1127).

ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

Longues énumérations sans appréciations personnelles, des monu 1 ments vus par de Cotte en Italie.

Note. Le texte est rédigé de la main de R. de Cotte. Il forme, au Cabinet des Manuscrits, deux carnets. Le texte du premier, le n° 14663 des Ms. fr., de la page 1 à la page 70, correspond au n° 1125 de l’ancien répertoire (Ye 36). Des notes détachées, matériaux pour la rédaction sans doute, ont été reliées à la suite, de la page 75 à la page 85 : elles formaient le n° 1126 de l’ancien répertoire (Ye 36). La fin du texte, accompagnée de notes et de souvenirs concernant le voyage, n° 1128 de l’ancien répertoire (Ye 36), constitue le manuscrit n° 14664.

588. Mémoire des tableaux qui sont dans la maison du chevalier Du Puy...., suivi d’un mémoire de Justiniani et d’un mémoire du palais Palestrin [Ms. 9447, p. 210 à 213] (1177).

Note. Cette pièce semble écrite de la main de R. de Cotte et se rattacher au voyage d’Italie. — Le chevalier Du Puy est le commandeur Cassino del Pozzo, un des premiers protecteurs du Poussin, qui possédait les Sept Sacrements du Maître.

589. Mémoire de ce qu’il y a de plus remarquable à voir dans la ville de Gênes [III] (1176).

Note. Cette pièce semble se rattacher au voyage d’Italie.

Académie de France à Rome.

590. État de l’Académie du roi à Rome, contenant tableaux, ouvrages de marbre et de plâtre, meubles qui sont dans lad. Académie, ce 12 juillet, quand le sieur de La Teulière l’a quittée [Ms. 9447, p. 218-224] (1124).

Note. Cet inventaire n’a pas été publié dans la Correspondance des directeurs de V Académie de France à Rome. Mais on lit, à son sujet, dans la lettre de Houasse à Mansart du 12 juillet 1699 ( Corresp ., t. III, p. 2) : « Je suis arrivé à Rome le sept de ce mois. J’ay travaillé incessamment, selon votre ordre, avec M. de La Teulière, à l’inventaire et recollement des choses appartenant au roi et dépendantes de l’Académie dont nous avons l’honneur de vous envoyer le contenu que nous avons signé. »

591. État de l’Académie d’architecture, peinture, sculpture, entretenue par Sa Majesté à Rome [Ms 9447, p. 225-226] (1192).

Inventaire de R. de Cotte.

ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

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592. Mémoire pour éclaircir, avec le plan du palais de l’Académie royale de Rome, ce qu’on y peut meubler. 1726. [V] (2254).

Les pièces décorées et celles qui ont besoin de l’être au palais Mancini sont indiquées. Description des pièces décorées et indication de la distribution du palais.

Plans 1182-1183. Plans du premier et second étage de l’Académie de Rome au crayon. — 2252-2253. Plans de l’Académie de France à Rome, rez-de-chaussée, premier, second et troisième étage. — 1184 à 1191. Dessins de glaces et profils des bordures de ladite académie.

Notes. L’Académie de France à Rome avait été transférée, par bail signé le 31 mai 1725, au palais Mancini. Vleughels, depuis qu’il était à Rome comme adjoint de Poerson (1724), insistait pour ce déménagement (voy. Corresp. des direct, de VAc. de France à Rome, t. VII, année 1724 et 1725). Le déménagement obtenu, il demande la décoration de la demeure. Dans la Correspondance, il en parle pour la première fois le 19 juillet 1725. D’Antin lui répond le 22 août 1725. Les pourparlers continuent dans les lettres du 8, du 15, du 25 novembre 1725. Parla lettre du x 5 , nous apprenons, par exemple, que Vleughels avait déjà envoyé au contrôleur de La Motte un mémoire pour qu’il le communique à d’Antin. Voir encore les lettres des 17, 20 et 31 décembre. Enfin le 16 janvier 1726, Vleughels demande des tapisseries des Conquêtes du Roi, et le 7 février 1726, d’Antin répond qu’il verra s’il y en a, et qu’il en fera exécuter s’il n’y en a pas. — Le Mémoire que nous voyons ici avait été demandé par le duc d’Antin le 19 mai 1726 : «... il me faut un mémoire instructif de la destination de chaque pièce... pour que je juge plus sainement de la décoration qui convient. » Le plan auquel il se rapporte avait été exécuté par un pensionnaire du nom de Gourlade. Voy. sur de Gourlade la note de la pièce n° 569 (Corresp., t. VII, p. 252, note 1).

593. Note du duc d’Antin à J. R. de Cotte, relative au palais Mancini, à Rome [VJ (2254).

Il lui envoie deux derniers plans du palais avec un mémoire explicatif de Vleughels : soit un total de quatre plans. Que de Cotte les réunisse en un seul, sur ses papiers ordinaires, avec des feuilles retombantes pour les étages, afin que l’on puisse tout voir d’un coup et a qu’il ne faille pas un mulet pour le porter ».

Notes. Les plans étaient de Gourlade. D’Antin écrit à Vleughels, le 3 mars 1726 : « Puisque Gourlade s’entend à faire des plans, qu’il me fasse celui de tout votre palais par étages séparez et cottez... s’il n’a pas d’assez grand papier, qu’il le colle l’un au bout de l’autre pour que je voie le plan tout d’un coup d’œil et sans embarras, auquel cas je jugerai bien plus sainement de l’espèce de tapisseries qui vous convient, tant pour la longueur que pour la hauteur. »

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594. Mémoire des (mot illisible) de tapisserie qu’il faut pour meubler le premier appartement de l’Académie de Rome [V] (2254).

Les dimensions des quatre pièces à décorer sont indiquées.

595. Mémoire des tentures de tapisserie qui peuvent convenir dans les quatre pièces du premier appartement de l’Académie de Rome [V] (2254).

Les tentures qui conviendraient sont : l’Histoire du Roi, les Arabesques de Raphaël, l’Histoire de Psyché par Raphaël, ou la tenture des Indes. L’emplacement possible de chaque pièce est indiqué.

596. Ordre du duc d’Antin à J. R. de Cotte d’envoyer des tapisseries à l’Académie de France à Rome. De Versailles, le 2 août 1726 [V] (2254).

Il enverra les six pièces de la tenture de l’Histoire du Roi en basse lisse (la prise de Dole, la petite pièce de l’Entrevue, Douai, Dunkerque, la petite pièce de Marsin et la pièce des Gobelins). Il enverra également les huit pièces de basse lisse de la tenture des Indes (les Pêcheurs, le Cheval isabelle, l’Indien à cheval, le Chasseur, le Cheval rayé, les Taureaux, le Roi porté par deux Maures, le Combat des animaux, plus deux pièces répétées de la même tenture : le Chasseur et les Pêcheurs ; plus un dais de haute lisse complet et les parties qui sont de basse lisse, plus dix portières, cinq du char et cinq de Mars ; enfin quatre banquettes de la Savonnerie de 6 pieds §, douze de 4 pieds § et vingt-quatre tabourets.

Note. Le 14 juillet 1726, d’Antin avait écrit à Vleughels : « Je vous enverrai douze banquettes et vingt-quatre tabourets de l’ouvrage de la Savonnerie. Vous connaissez l’excellence de cette manufacture. » Le 2 août, il écrit : « J’ay vu et examiné..., le plan du palais Manchini..., je l’ay fait voir à Messieurs de Cotte, je peux satisfaire en seureté l’envie que j’ay depuis longtemps de décorer l’Académie roiale... Je vous envoie donc tout tout ce qu’il faut pour meubler le grand appartement, et j’ose dire qu’il y a longtemps qu’on n’a fait un si bel envoi à Rome... » Suivent des indications sur l’emploi que Vleughels fera des tentures.

597. Lettre de Michel Alexandre, marchand, à J. -R. de Cotte. De Lyon, le 10 septembre 1726 [V] (2254).

ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

N’ayant pu voir de Cotte avant son départ de Paris, il lui annonce qu’il a trouvé, à son arrivée, les colis de la surintendance pour l’Académie de France à Rome bien conditionnés. Il va les faire charger pour Marseille, d’où ils prendront le prochain bâtiment pour Rome.

Note. Vleughels ( Corresp ., Lettre du 4 juillet 1726) écrit au sujet de ce Michel Alexandre : « Il y a un de mes amis à Paris, marchand français établi à Rome, qui se chargerait bien volontiers de la conduite de tout ce qu’[on] veut bien nous envoyer s’il était prêt dans le temps de son départ. Il se nomme M. Alexandre. » Voir aussi la lettre de d’Antin du 23 juillet 1726.

598. Lettre de Michel Alexandre à J.-R. de Cotte. De Lyon, le 16 septembre 1726 [V] (2254).

A quoi a pensé la douane de Paris en affirmant que tous les droits des ballots étaient payés ? Au dernier bureau, on prétend qu’il faut payer pour la sortie du royaume, et les ballots restent en souffrance. Si de Cotte le juge à propos, Michel Alexandre payera, et Vleughels le remboursera. Mais, avant d’en parler même au duc d’Antin, il serait bon d’aller demander des explications à la douane de Paris.

Note. Il y eut également des difficultés de douane à l’entrée des ballots à Rome. Voy. Lettres de Vleughels du 26 décembre 1726 et du 9 janvier 1727.

599. Lettre de Michel Alexandre à J.-R. de Gotte. De Lyon, le 29 septembre 1726 [V] (2254).

Malgré la lettre de J.-R. de Cotte, le directeur des douanes s’obstine. Il vient de remettre la note à payer pour pouvoir dépasser Villeneuve. Comme cette note n’est pas très forte, M. Alexandre la fera payer et la joindra aux comptes d’embarquement et autres que Vleughels enverra à Paris, pour qu’on puisse, au besoin, se faire rembourser par les fermiers.

600. Lettre de Vleughels à J.-R. de Cotte. De Rome, le 8 juillet 1728 [V]

Il lui annonce l’arrivée de caisses de glaces dont une partie, au moins, celle qu’il a vérifiée est en bon état. Il ne déballera les

ACADÉMIE DE FRANCE A ROME

autres qu’une fois que les bordures seront dorées, de façon à les monter tout de suite, sans risque de les casser. Il accable ensuite de Cotte de compliments, de flatteries, et lui rappelle que c’est chez le duc d’Antin, où Crozat l’avait introduit, qu’il l’a vu pour la première fois. Le duc d’Antin doit faire envoyer un tapis de la Savonnerie. Qu’on veuille bien y joindre un buste du roi, en plâtre. On le fera exécuter en marbre, à Rome, par un sculpteur qui va venir. Il y a de l’agate à l’Académie et on pourra faire une gaine à peu de frais.

Notes. On s’occupait déjà d’un tapis de la Savonnerie pour l’Académie en 1727 Voy. Lettre du duc d’Antin du 4 avril 1727. Le 9 octobre 1727, Vleughels écrit : « Si j’osais lui dire (à Votre Grandeur) que si elle voulait joindre au tapis quelques glaces cela embellirait bien notre appartement. » D’Antin répond, le 26 octobre : « Quand on veut des glaces, on en envoyé les mesures ; aussi envoyez les moi et mandez-moi en même temps où vous voulez les placer pour que je voie si elles y conviennent. » Et le 8 mai 1728, il écrit : « Vos ballots contenant glaces et bordures sont partis depuis trois jours. »

601. Lettre de Vleughels à J. -R. de Cotte. Du 2 septembre 1728 [V] (2254).

La décoration de l’Académie, que le duc d’Antin a entreprise, fait très grand honneur au roi en Italie. Vleughels remercie particulièrement de Cotte de la part qu’il a prise à l’expédition des meubles. Il lui envoie des mesures pour trois trumeaux. Il a trouvé à Rome un menuisier sculpteur français, très habile, pour faire les bordures des glaces. On gagnera ainsi du temps et de l’argent sur le transport. Il remercie de Cotte de ses compliments au sujet d’un tableau qu’il a envoyé à Gabriel. Il va s’efforcer de les mieux mériter encore dans une toile qu’il commence. Il y a de bons sujets à l’Académie, et Vleughels fait de son mieux pour les rendre meilleurs peintres que lui, et les renvoyer en France, habiles gens.

Note. A propos du menuisier sculpteur dont il est question ici, Vleughels écrit dans sa lettre du 8 juillet 1728 ( [Corresp ., t. VII, p. 437) : « Il ne faudrait ny envoyer parquet, ny bordure comme on a fait, car nous avons ici le père de ce petit Bernard qui a longtemps travaillé à Paris de sculpture en bois et qui est très habile. »

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