‹ Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de Robert de Cotte, premier architecte du roi (1656-1735) et de Jules-Robert de Cotte (1683-1767) conservés a la Bibliothèque nationaleChapitre 92 sur 116 · Fragment de brouillon de la même lettre [III · texte numérisé non relu

Fragment de brouillon de la même lettre [III

709. Lettre de Carlier à R. de Cotte. De Madrid... [III] (1019).

De Cotte a dû recevoir les plans et mémoires relatifs au Buen Retiro. Il s’excuse de ne pas les avoir envoyés plus tôt. Il critique longuement, et assez impertinemment, les modifications proposées par de Cotte, que ni Leurs Majestés, ni la princesse des Ursins n’ont encore vues d’ailleurs. Enfin, il transmet à l’architecte la commande d’un bureau et d’une commode, dont Leurs Majestés voudraient le

dessin de sa main, et qui doivent être de bon goût et peu coûteux.

11 a écrit au duc d’Antin au sujet de ses enfants, et compte aussi sur l’assistance de R. de Cotte.

710. Croquis du terrain du Buen Retiro, accompagné d’une légende [III] (1019).

La disposition des lieux et la pente du terrain sont indiquées.

711. Lettre de R. de Cotte à Carlier. De Marly, le 22 février 1713 [III] (1019).

Il a reçu le paquet de dessins envoyés par Carlier, mais dans un état déplorable, mouillés, illisibles. Carlier n’indique pas si Leurs Majestés se sont décidées pour la porte donnant sur la Calle de Alcala ou pour la porte ouvrant sur le Prado. A l’égard des jardins, Carlier, qui est sur les lieux, jugera mieux ce qui convient. Le projet de jets d’eau qu’il a donné coûtera plus cher que celui de R. de Cotte. Y aura-t-il assez de bonne terre pour planter les bosquets ? Il faudra s’inquiéter aussi de la qualité des plants. De Cotte entretient ensuite Carlier de ses affaires personnelles, et lui résume les démarches qu’il a faites auprès du duc d’Antin au sujet de ses enfants.

712. Extrait d’une lettre de M. Orry à M. de La Croix. De Madrid, le

12 juillet 1713 [III] (1019).

Il faut absolument que de Cotte modifie le dessin de jardin pour le Retiro, car il ne comporte pas la moindre vue. On va remuer 40.000 toises de terres pour se buter contre d’affreux murs de terre. Orry a fait comprendre à Carlier qu’en se retournant vers la rivière, au contraire, on aurait de la vue et de l’eau à profusion. Les jardins seraient en trois terrasses, mais la troisième pourrait s’étendre à perte de vue. Il n’y a pas à craindre que la rivière renverse jamais les murs des jardins.

713. Extrait des lettres d’Espagne (peut-être de la princesse des Ursins) non datées [III] (1019).

Dans ses projets pour le Buen Retiro, Carlier s’occupe de détails infimes et néglige le plan général. Que de Cotte lui ordonne d’établir un dessin d’ensemble, dans lequel l’entrée du Buen Retiro sera Calle de Alcala. Suit le détail de ce que doit être ce dessin, le château étant bâti sur la hauteur, et les jardins descendant en terrasses jusqu’à la rivière.

714. Lettre de R. de Cotte à la princesse des Ursins. De Marly, le

10 novembre 1713 [III] (1019).

Il lui envoie de nouveaux dessins de jardins pour le Buen Retiro, ayant reçu des éclaircissements de Carlier et d’autres renseignements sur la vue du côté de la Calle de Alcala qui lui ont suggéré ce projet. De la sorte, l’entrée du palais sera, comme le désire la princesse, du côté de la Calle de Alcala. Il a simplement ajouté un bâtiment en retour, avec un pavillon au bout, qui fait symétrie, et dont on aura une belle vue. Il n’a pas touché au clos des religieux de Saint-Jérôme. L’inconvénient du projet en cours d’exécution, c’est la hauteur des terres. Quoi qu’on fasse, on aura toujours un rideau devant les yeux. Mais Carlier paraît entêté sur ce dessin.

715. Brouillon de lettre de R. de Cotte (au marquis d’Aubigny?). Le 17 novembre 1713 [III] (1019).

Il ne sait s’il pourra l’aller voir à Paris avant son départ. Il a chargé le sieur Guesnon de la menuiserie des trumeaux, des dessus de cheminées et du parquet pour la pièce octogonale, le tout moyennant 5.000 1. Les sculptures en bois de Dugoulon monteront à 6.000 ou 7.000 L, les cheminées à 2.500 ou 3.000 1., ainsi que les bronzes de Vassé. Il y aura 6.000 à 7.000 1. de glaces. Il faudrait donner à tous ces ouvriers des acomptes dont le total s’élèverait à 6.500 1.

Note. Nous voyons ici d’Aubigny occupé aux bâtiments de la cour d’Espagne :

11 aimait lui-même les arts et faisait travailler les artistes. On trouvera des renseignements sur ses relations avec les peintres dans la vie d’Henri de Favanne par Hulst (Mémoires inédits sur les membres de l’Académie de peinture et sculpture, 1854, in-8, t. II, p. 240-241). — On sait que Dugoulon est l’auteur des boiseries de Notre-Dame, et des appartements de Louis XV, à Versailles.

716. Mémoire des ouvrages de sculpture en bois, faits pour le service du roi d’Espagne, de l’ordre, et suivant les dessins de M. de Cotte... par Dugoulon, Le Goupil, Taupin et Belan, sculpteurs, dans les années 1713 et 1714 [III] (1019).

Ce mémoire qui s’élevait à 23.951 1. 10 s. est réduit, article par article, par de Cotte. On lit à la fin : « Modéré à la somme de neuf mil trois cent vingt-cinq livres sept sols, huit deniers, cy 9325 1. 7 s. 8 d. Fait à Versailles, ce 4 décembre 1714. »

Note. Le Goupil et Taupin travaillèrent avee Dugoulon aux boiseries des appartements de Louis XV, à Versailles.

717. Mémoire des glaces à fournir pour les appartements du roi d’Espagne, réglé par Monsieur de Cotte [III] (1019).

En tête de la pièce, de l’écriture de R. de Cotte, est écrit : « Dernier ordre du 12 septembre 1713 ».

718. Mémoire des augmentations de glaces, chambranles de marbre, cheminées et trumeaux ornés de leurs sculptures et bronzes dorés, qui se doivent faire en France pour les appartements de leurs Majestés Catholiques, dans leurs palais de Madrid, suivant les ordres de son Altesse, Madame la princesse des Ursins [III] (1019).

Cette pièce est accompagnée d’un croquis indiquant les formes des pièces et leurs dimensions pour les parquets.

719. Lettre de Labbé à... De Paris, le 25 janvier 1714 [III] (1019).

Il lui indique le poids des différents bois à expédier par bateau à Madrid.

Note. Labbé était-il marchand de bois ou fonctionnaire des Bâtiments ?

720. Lettre de Labbé à... De Paris, le 25 janvier 1714 [III] (1019).

Relative au même sujet que la précédente.

721. Lettre du marquis d’Aubigny à R. de Cotte. De Paris, le 2 mai 1714 [III] (1019).

Il aurait besoin d’une glace de 65 pouces pour un miroir qu’il veut faire exécuter en son absence. Il n’en existe pas de cette taille à

la manufacture; mais, avec l’autorisation de R. de Cotte, on en pourrait prendre une au magasin du roi : elle serait remplacée avant qu’on n’en ait besoin. Il annonce son départ à de Cotte, et lui offre ses services en Espagne.

722. Extrait des lettres de M. Garlier en date de 1713 et de 1714 [III] (1019).

1713, 29 février : Il explique son projet du Retiro et donne une idée du terrain. — 3 août : Il parle du projet du Retiro. — 6 août : Il parle des ouvrages du palais de Madrid. — 20 août : Il parle de la pièce (des Furies ?). — 10 juillet : Il parle de la pièce (des Furies ?). — 2 décembre : Il parle du Retiro. — 1714, 14 janvier : Il parle du Retiro. — 26 février, idem. — 9 août, idem.

723. Lettre d’Orry à R. de Cotte. De Madrid, le 7 janvier 1715 [III] (1019).

« Les changements survenus en cette cour », c’est-à-dire l’arrestation et l’expulsion de la princesse des Ursins, n’ont pas interrompu les projets de construction. Aussi Orry envoie-t-il à de Cotte des renseignements sur la disposition des terrains, la distribution des appartements, les habitudes locales. Il lui indique un plan complet pour le Buen Retiro. Au début et à la fin de sa lettre, il le presse de hâter l’envoi de ses dessins : « Je persiste à vous conseiller de vous servir de cette idée que je scauray faire valoir, si vous m’envoyez promptement ces desseins, pour obtenir ce que je scay que vous attendez de la justice et de la libéralité du roi d’Espagne. »

Note. C’est le 24 décembre 1714 qu’avait eu lieu le coup d’État par lequel la princesse des Ursins, au sortir de la réception d’Élisabeth Farnèse, fut arrêtée, jetée dans une chaise de poste et conduite à la frontière. Le crédit d’Orry survécut quelque temps à cet exil ; mais il sentait bien que sa faveur ne durerait guère, puisqu’il écrit à de Cotte de se hâter s’il veut user de son influence.

724. Lettre d’Orry à R. de Cotte. De Madrid, le 12 janvier 1715 [III] (1019).

Il a visité lui-même l’emplacement du palais du Buen Retiro en compagnie de Carlier, auquel il a expliqué toutes les fautes qu’il avait

commises. Carlier continue à être enchanté de ses propres plans; mais à ceux que lui proposait Orry il n’a pu objecter que la dépense. Que de Cotte se hâte d’achever ses dessins et de les envoyer par son fils, mais, qu’en attendant, il expédie au plus tôt un petit dessin et une petite élévation, pour les faire voir au roi. Il faut se hâter, car « il pourrait arriver telle aventure qu’il (de Cotte le fils) ne m’y trouverait plus. »

725. Brouillon de lettre de R. de Cotte [à Carlier (non datée) [III] (1019).

M. Orry s’est plaint des plans de jardins de Carlier pour le Buen Retiro. Carlier fait retirer 40.000 toises cubes de terre pour garder une montagne devant les yeux. En se retournant, simplement, on eut trouvé une vue superbe et des terrasses. Pourquoi Carlier s’est-il entêté si longtemps dans son projet absurde, malgré des remontrances et les mémoires de R. de Cotte, qui, en présence de cette obstination, s’est désintéressé de l’affaire ? Les fautes graves que commet son élève le mortifient cependant, car elles rejaillissent en partie sur lui qui l’a envoyé en Espagne. Que Carlier lui indique l’état exact du parc, la pente du terrain. Le projet d’Orry n’est pas difficile à réaliser, mais il est honteux de l’avoir laissé concevoir à Orry. Que malgré ces mécomptes Carlier ne se décourage pas ; tous les débuts sont difficiles.

726. Lettre d’Orry à R. de Cotte. De Madrid, le 4 février 17i5 [III] (1019).

Carlier lui a remis la lettre de R. de Cotte du 12 janvier, avec le mémoire contenant le montant des glaces, menuiseries, sculptures, bois, bronzes et cheminées de marbre préparés à Paris. Le roi désire attendre l’arrivée de J. -R. de Cotte pour prendre une décision au sujet des travaux.

727. Extrait des mémoires réglés à Paris pour les ouvrages faits pour Sa Majesté Catholique [III] (1019).

Glaces par la manufacture royale : 38.729 L, menuiserie par Guenon 17.494 b, sculpture par Dugoulon 9.575 L, sculpture en

bronze par Vassé 4.461 1., cheminées de marbre par Tarlet 4.483 1. Total 74.742 1.

Note. C’est le mémoire dont il est parlé dans la pièce précédente. Il est à rapprocher des pièces n°s 716, 73 15 732, 733, 734.

728. Brouillon de lettre de R. de Cotte à Orry. Du 12 février 1715 [III] (1019).

Son fils remettra à Orry les deux projets pour le Buen Retiro. Les indications données par Orry étaient grandioses, et avec raison : les travaux entrepris pour de grands rois doivent être dignes d’eux. Tous les projets pour l’Espagne ont été soumis à Louis XIV qui les a approuvés. Jules-Robert de Cotte prendra les mesures, examinera les matériaux, réglera les détails sur place, puis on enverra un architecte capable de diriger les travaux.

Note. Si cette lettre fut envoyée, Orry ne la reçut pas, puisqu’il n’était plus à Madrid le 11 février. (Voy. pièce n° 730.)

729. Mémoire instructif pour accompagner le nouveau projet pour un palais que S. M. G. veut faire bâtir au Buen Retiro [III] (1019).

C’est l’explication des deux projets que de Cotte annonce dans la lettre précédente.

Note. Cette pièce est probablement l’original même, que J. -R. de Cotte rapporta d’Espagne, les projets de reconstruction du Buen Retiro ayant été abandonnés après le départ d’Orry.

730. Lettre du marquis d’Aubigny à R. de Cotte. De Madrid, le 11 février 1715 [III] (1019).

Ce n’est pas Carlier, comme de Cotte semble le croire, qui est coupable du retard apporté au paiement des ouvriers de Paris ayant travaillé pour Madrid, mais le trouble survenu à la Cour par suite de l’arrestation de la princesse des Ursins : les mémoires sont arrivés juste le 8 décembre. Depuis ce temps, d’ailleurs, d’Aubigny luimême a été malade. Le départ d’Orry, non encore remplacé, a augmenté le désordre. Cependant, les ouvriers seront payés dans les deux mois. En tous cas, à son arrivée à Paris, d’Aubigny arrangera tout.

731. Lettre du marquis d’Aubigny à R. de Cotte. De Paris, le 12 novembre 1715 [III] (1019).

Il regrette de n’avoir pas trouvé de Cotte. Il a fait savoir au prince de Cellamare, ambassadeur d’Espagne, qu’il est nécessaire de retirer des Tuileries les objets appartenant au roi d’Espagne. Cela sera fait : on a reçu l’ordre d’envoyer en Espagne les caisses de glaces et les cheminées de marbre. Si de Cotte peut, comme le prince de Cellamare assure qu’il l’a promis, vendre les parquets et les autres menuiseries plus cher qu’ils n’ont coûté, qu’il le fasse. Mais d’Aubigny s’étonne de cette promesse. Sauf les parquets, de dimensions courantes, les boiseries ne pourront servir. Si on tire 25.000 1. du tout on pourra s’estimer heureux.

732. Extrait des mémoires arrêtés et réglés pour les ouvrages faits à Paris pour Sa Majesté Catholique [III] (1019).

Ces mémoires sont ceux des glaces, de la menuiserie de Guenon, de la sculpture en bois de Dugoulon et consorts, des sculptures en bronze doré de Vassé, des cheminées en marbre de Tarlet, d’un bureau et d’une commode de Boulle. Le total des sommes dues, les acomptes et les soldes sont indiqués. Sous les acomptes on lit : « Payé par Monsieur d’Aubigny qui en a les quittances », et au bas : « ner que les originaux des mémoires des glaces et celuy de Boulle ont etez remis à Monsieur d’Aubigny. »

Note. Les parties importantes de ce mémoire ont été publiées par Dussieux, op. cit ., p. 3 66.

733. Extrait des ouvrages de menuiserie faits à Paris pour le roi d'Espagne [III] (1019).

Ce sont les ouvrages que d’Aubigny, dans la lettre du 12 novembre 1715 (pièce n° 731), charge de Cotte de vendre à Paris. De Cotte vendit une partie des frises de parquets à M. le Premier, à M. de Montargis, à M. de Chenisot, à M. d’Aubigny lui-même. L’entrepreneur en reprit une partie en paiement, et il en resta pour compte, en pure perte, pour 4.203 1.

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