Renvoi des plans du palais épiscopal de Bonn [I
Note. Ce renvoi se rapporte aux plans 109-110. Voy. pièce n° 605.
643. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 25 février 1716 [I] (177).
Il attend les plans annoncés par de Cotte le io février; il désire que l’oratoire de la confrérie de Saint-Michel soit simple, et donne quelques détails sur les travaux en cours. L’Assemblée de ses Etats va se réunir et doit voter les fonds nécessaires à ses bâtiments. Aussi presse-t-il les travaux pour qu’on puisse voir un peu plus que les fondations. L’esquisse de Vernansal pour le plafond de la grande galerie lui plaît. Il souhaiterait fort que le peintre l’exécutât luimême ; que de Cotte lui demande s’il voudrait venir à Bonn et quelles seraient ses conditions.
Notes. Voy. Lettres du 25 mai 1715, pièces nos 632-633. C’est Vernansal qu’avaient choisi Vivien et de Cotte pour exécuter le projet de l’électeur.
644. Explication de l’esquisse envoyée par Vernansal pour la décoration de la grande galerie du palais de Bonn [I] (177).
645 Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 4 avril 1716 [I] (177).
Il lui réclame le plan de l’enceinte de la ville qui doit border le jardin, et lui annonce l’achèvement de la façade du palais jusqu’au
î8o TRAVAÜX POUR l’ÉLECTEUR DE COLOGNE
rez-de-chaussée ; aussi attend-il avec impatience les plans de cette façade.
646. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 18 avril 1716
Il insiste pour avoir le plus tôt possible les plans des fortifications de la ville derrière le jardin du palais. S’ils n’arrivent pas, les ouvriers ne pourront pas travailler.
647. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 5 mai 1716 [I] (177).
Il a reçu tous les plans ; on les exécutera exactement, à la réserve de ceux des fortifications au bout du jardin. L’esquisse de Vernansal lui plaît de plus en plus. Il craint qu’elle ne donne pas tout son effet dans la galerie et songe à la faire exécuter dans le grand salon du bout. Mais il redoute que le fréquent éclairage aux bougies ne gâte la peinture. Qu’en pense de Cotte? En attendant, l’électeur envoie 1700 1. à Vernansal pour prix de son travail. Si cela ne suffit pas, le comte de Saint-Maurice, son représentant, donnera le surplus.
648. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 23 mai 1716 [I] (177).
On va commencer la grande galerie reliant le palais au Rhin. Que de Cotte veuille bien en envoyer le plan sans tarder. L’électeur lui expédie les plans de Poppelsdorf avec explication des renvois et quelques réflexions sur les dessins du jardin.
649. Renvois du dessin général du palais de Poppelsdorf [I] (177).
650. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 27 juin 1716
Il n’a pas eu le temps d’examiner attentivement les plans envoyés par de Cotte. Il est étonné et inquiet de n’avoir pas encore reçu le modèle d’autel en cire expédié depuis longtemps. Il remercie
de Cotte de l’envoi d’un nouvel architecte qui, ayant toujours travaillé sous ses ordres, ne pourra que donner toute satisfaction.
Note. Rien dans les lettres de l’électeur n’indique la cause du départ de Benoît de Fortier. Il est assez vraisemblable que celui-ci s’en alla de son propré gré. Dans la lettre qu’il écrit à de Cotte, le 21 octobre 1715 (pièce n° 637), il semble déjà mécontent de son sort.
651. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 18 juillet 1716 [I] (177).
Il annonce à de Cotte l’arrivée de l’architecte Hauberat.
Note. Hauberat est le remplaçant de Benoît de Fortier. L’électeur le nomma, en 1721, intendant de ses Bâtiments et conseiller de la cour des Finances (Dussieux, Artistes français à l’étranger, 3e édit., p. 182). Il épousa la fille d’un conseiller de l’électeur nommé Steinmann, et habita à Bonn la maison de son beau-père, dans la Burgstrasse. Il quitta Bonn après la mort de l’électeur, en 1723. Le seul travail que l’on connaisse de lui, après cette date, est le palais du prince de La Tour et Taxis, dont les plans avaient été donnés par de Cotte en 1727. On trouve la preuve de la part prise par Hauberat à cette construction aux archives de La Tour et Taxis, à Regensbourg, et aux Archives de Düsseldorf, où l’on conserve (Amt Bonn, SchJôsser- Garten , n° 2, vol. II) une lettre d’un stucateur de Düsseldorf (1748) contant qu’Hauberat confia à des stucateurs de Bonn les travaux du château commencé en 1730. Les archives de Regensbourg possèdent des lettres d’ Hauberat, écrites de 1730 à 1742, soit de Francfort, soit de Manheim. — Peut-être l’architecte a-t-il été employé aux grandes constructions de Manheim du xvme siècle. Dans les textes d’archives allemandes, il prend les noms les plus bizarres : delle Opéré, dell’ Opéra, de Obra, ou Obéra, Dobra ou Aubra (Voy. Renard, op. cit., p. 224).
652. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Liège, le 7 septembre 1716 [I] (177).
Il lui communique les modifications apportées par Hauberat au plan du château de Bonn et le prie de lui donner son avis sur un certain nombre de points dont il lui envoie le mémoire.
Note. Ce mémoire ne se trouve pas dans les papiers de R. de Cotte.
653. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Liège, le 25 septembre 1716 [I] (177).
De Cotte, dans sa lettre du 14 septembre, a demandé un certain nombre de dessins ; l’électeur expédie immédiatement ceux qu’il a
emportés à Liège; Hauberat enverra les autres. L’électeur proteste que le présent qu’il a envoyé à de Cotte ne vaut pas les remerciements de l’architecte.
654. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 20 octobre 1716 [IJ (177).
Il ne s’occupe plus des détails de la construction puisqu’Hauberat correspond directement avec de Cotte à ce sujet. On suivra, autant que possible, les plans de R. de Cotte pour l’escalier et les pièces. Malheureusement on ne peut relever les planchers du grand appartement qui sont trop bas. L’électeur se plaint des fautes commises par Hauberat. Il sera temps d’exécuter plus tard les changements proposés par de Cotte, si c’est nécessaire. Le modèle en cire de l’autel de Poppelsdorf est enfin arrivé, assez mal en point. On l’a réparé ; il sera exécuté en stuc.
655. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte De Bonn, le 23 octobre 1716 [I] (177).
Il a grand besoin des conseils de l’architecte, en particulier pour le Buen Retiro. Les fautes commises par Benoît de Fortier ont compromis la solidité des murs qui se fendent. Hauberat croit que les murs de refend consolideront le tout, mais on ne saurait prendre trop de précautions. L’électeur n’est pas content, non plus, de la colonnade d’entrée du palais. Hauberat consultera de Cotte à ce sujet.
656. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 27 novembre 1716 [I] (177).
Comme le plancher de la galerie du château est trop bas, le beau projet de R. de Cotte pour la décoration n’est pas réalisable. On se contentera de quelques ornements de stuc, sans peintures. Les portraits des électeurs, qui devaient décorer les trumeaux entre les fenêtres, seront remplacés par des glaces, en face desquelles on placera, de l’autre côté, des bahuts portant des porcelaines et des statues. Que de Cotte envoie un projet pour cette décoration.
657. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 7 décembre 1716 [I] (177).
Le frère de M. de Kempis portera à Paris les plans demandés par R. de Cotte. Ils ont déjà coûté beaucoup de travail. De Fortier y a travaillé, puis Mollet, qui a conçu une terrasse qu’on remplacerait avec avantage par deux rampes : de Cotte s’en convaincra sur les plans. Par le premier ordinaire Hauberat indiquera à de Cotte l’état des travaux, et lui donnera les mesures des cheminées que l’électeur veut commander à Paris. Il a l’intention de les faire venir par eau, vià Rouen, la Hollande et le Rhin.
Note. Si Mollet dont il est ici question est un des membres de la famille des architectes des jardins royaux, dont on suit la vie depuis le xvie siècle , c’est Armand-Claude Mollet, membre de l’Académie d’architecture en 1699, ou son fils André- Armand, membre de l’Académie en 1718, ou Charles, fils de Claude, et maître des jardins du Louvre en 1692.
658. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 17 décembre 1716. [I] (177).
Il lui envoie les plans de la galerie du palais de Bonn, et lui fait savoir que les arrière-voussures projetées aux fenêtres sont possibles. Il le prie de faire exécuter les cheminées de marbre à Paris ; celle de la salle d’audience sera décorée d’argent : c’est la coutume en Allemagne d’avoir une chambre dont la décoration soit en argent. Comme la fabrication des ornements coûterait fort cher à Paris, de Cotte pourrait envoyer des modèles qu’on exécuterait à Francfort ou à Mayence. Qu’il commande également deux commodes ornées de bronzes, qui seront vernies comme les lambris. On fera la menuiserie en Allemagne. La cheminée du Cabinet des glaces est du dessin d’Oppenord. Hauberat envoie encore le plan de la chapelle avec les modifications proposées par l’électeur. La mauvaise saison a arrêté les travaux extérieurs; au contraire, l’activité est grande à l’intérieur : Hauberat indique l’état des travaux.
659. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 27 décembre 1716 [I] (177).
Il lui envoie le projet des rues et places à bâtir aux environs du château de Bonn. La décoration des maisons est telle qu’on ne
puisse les confondre avec le palais. Il lui signale, entre autres, un projet de maison pour un ministre, et lui indique les terrains qu’il conviendrait que l’électeur achetât. Il le consulte enfin sur l’emplacement et la disposition d’un réservoir destiné à amener l’eau potable au château, et lui fait ses souhaits de bonne année.
660. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 21 janvier 1717 [I] (177).
Il lui annonce l’envoi de plans du grand appartement. L’électeur a longtemps hésité entre deux projets de galeries envoyés par de Cotte. Il donne ensuite des détails sur la décoration intérieure, cheminées, tables, commodes, des différentes pièces de réception. De Cotte lui ayant demandé comment on construit à Bonn, il lui donne le détail technique du travail.
661. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 10 février 1717 [I] (177).
Il lui envoie le plan du bâtiment des cuisines, qui doit faire pendant au Buen Retiro, et dont les corniches ne se raccordent pas à la grande galerie à laquelle il est contigu. Il lui propose les modifications nécessaires. L’électeur prie de Cotte de lui envoyer quatre poignées de tiroirs de bronze doré pour un bureau. Hauberat entretient ensuite de Cotte du réservoir dont il lui a déjà parlé.
662. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 1er mars 1717 [I] (177).
L’électeur est enchanté des plans de maisons particulières et de la maison du chancelier envoyés par de Cotte. Hauberat désirerait au plus vite ceux de la tribune de la chapelle. On travaille au jardin de Poppelsdorf. Avec le printemps la maçonnerie va être reprise. On critique l’étroitesse de la porte d’entrée, mais il serait très difficile de la changer. On va se remettre aussi à la maçonnerie du palais de Bonn. L’électeur désire que l’on commence le bâtiment des cuisines, et que le Buen Retiro soit sous toit cette année. Le sculpteur Rous-
seau est arrivé. Il a remis à Hauberat la recommandation de R. de Cotte. On s’efforcera de l’employer; mais ce sera difficile pour l’instant; rien n’est prêt.
Note. Le sculpteur Rousseau (peut-être Bousseau) était, dit Dussieux (op. cit., p. 183), occupé à Bonn en 1717. Il exécuta chez le comte de Saint-Maurice un fronton et huit consoles sous un grand balcon. L’électeur l’employa aussi à sculpter des frises de plafonds.
663. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 9 mars 1717 [I] (177).
Il le remercie des plans de la rue qu’on doit ouvrir en face du palais et l’accable de compliments.
Note. Cette lettre a été publiée par Dussieux, op. cit., p. 120-12 1.
664. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 18 mars 1717 [I] (177).
Il a reçu les modifications apportées au Buen Retiro par de Cotte. Il l’entretient de différents détails de la décoration intérieure du château de Bonn et de la maison de Poppelsdorf où l’on travaille aux voûtes des caves. La construction du château avance lentement. Hauberat indique l’état exact des travaux.
665. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 23 mars 1717 [I] (177).
Il l’entretient de la décoration intérieure dont il lui envoie des dessins. L’électeur possède à Bruxelles sept tapisseries, trop grandes et d’un sujet trop désagréable, (elles représentent les péchés capitaux sous figures de monstres), pour être accrochées au château. Il voudrait s’en débarrasser, mais sans qu’on sache que c’est lui qui les vend. Avant de les expédier à Paris, Hauberat a conseillé d’en faire exécuter une esquisse et de l’envoyer à de Cotte avec les dimensions exactes, pour qu’il juge si on doit les faire venir. L’électeur attend toujours le dessin de la tribune de la chapelle.
686. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 20 avril 1717 [I] (177).
Il a reçu le plan du bout de la galerie du palais de Bonn et a remis à l’électeur, qui le fera payer, le mémoire des ouvriers de
Paris. Il entretient de Cotte des détails de la décoration intérieure, et des meilleurs moyens de faire expédier les objets exécutés à Paris. Le dessin de la tribune plaît à l’électeur qui désire seulement le couronner par un bonnet électoral. On prépare les esquisses des tapisseries de Bruxelles pour les envoyer. Au château, on travaille pour l’instant à l’Orangerie, à l’appartement de l’électeur, qui pourra sans doute l’occuper l’hiver prochain, et à la décoration intérieure. A Poppelsdorf, on en est encore à la grosse construction. Le sculpteur Rousseau est occupé par le comte de Saint-Maurice, et Hauberat s’efforcera, dans la suite, de lui trouver du travail.
667. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 11 juin 1717 [Il (177).
Il s’excuse de lui écrire moins souvent, mais Hauberat le tient au courant. L’intérieur du palais est fort avancé. La bibliothèque est prête à être vernie, mais on ne peut s’y mettre tant que la cheminée ne sera pas posée. Que de Cotte veuille bien lui envoyer cette cheminée au plus tôt, et en donner le prix, qui servira d’indication pour toutes les autres cheminées du château.
668. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 10 août 1717 [I] (177).
L’électeur a ordonné 2.000 écus pour les ouvriers de Paris : il en faudra déduire le change. Au Buen Retiro on travaille toujours aux murs. Au château on n’avance pas, faute d’argent; à peine s’occupet-on un peu de la décoration intérieure. Hauberat énumère les ouvriers qui sont sous ses ordres, tous dirigés par des Français. Poppelsdorf avance lentement. Le sculpteur Rousseau travaille toujours pour le comte de Saint-Maurice; est content de son séjour à Bonn. Hauberat tiendra de Cotte au courant de la guerre de Hongrie et des nouvelles dignes d’intérêt.
669. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 26 août 1717 [I] (177).
Il lui envoie 5.357 1. 8 s. en deux lettres de change. Un courrier de Bavière, arrivé la veille, annonce la défaite complète des Turcs.
Hauberat indique l’état des différentes constructions et décorations, qui n’avancent guère. L’électeur doit se rendre à Liège la semaine suivante.
Note. La défaite des Turcs, dont parle Hauberat, est celle du 16 août 1717 devant Belgrade qui se rendit aux Impériaux le 18.
670. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 28 août 1717
Il a tardé à lui répondre parce qu’il voulait lui envoyer en même temps un acompte à distribuer aux ouvriers qui travaillent pour lui. Ses finances sont tellement dérangées qu’il a eu du mal à réunir les 2.000 écus qu’il expédie. Que de Cotte lui envoie les ouvrages de Paris aussitôt terminés, surtout la cheminée de la bibliothèque.
671. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 16 octobre 1717 [IJ (177).
Il le remercie d’avoir expédié les deux cheminées dont il avait besoin, et d’avoir distribué les acomptes aux ouvriers. De Cotte a proposé Ballin pour les ornements en argent de la cheminée de la salle d’audience. Ballin est un artiste accompli, mais il est si cher que l’électeur préfère faire exécuter le travail en Allemagne, où on invente mal, mais où on exécute bien. Que de Cotte envoie simplement les modèles en cire qu’il a fait préparer.
672. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 16 octobre 1717 [I] (177).
Les cheminées et les bronzes sont arrivés à bon port. Un marbrier assez entendu les montera. Au Buen Retiro, on continue à poser la corniche, et on va commencer les combles. On se met aux fondations du bâtiment des cuisines. A Poppelsdorf, la voûte de la galerie circulaire est terminée et on travaille aux cuisines. Il ne reste plus à construire que le pavillon d’entrée et celui de la chapelle. L’électeur a commandé, pour sa petite chambre à coucher, des glaces à une manufacture de Francfort.
1 88 TRAVAUX POUR l’ ELECTEUR DE COLOGNE
673. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 30 octobre 1717
Le Buen Retiro est presque sous toit. Il est temps de songer à sa décoration intérieure. Elle doit rappeler qu’on est dans un lieu de retraite, mais ne doit emprunter ses sujets ni à l’amour, ni à la religion. Les appartements de feu le dauphin à Meudon sont un bon modèle. Ne pourrait-on charger Claude Audran du travail, et, pour éviter les frais de transport, lui demander des esquisses qu’exécuterait La Roque, le peintre de l’électeur ? Au plafond de la grande galerie on pourrait mettre les arts libéraux qui conviennent au repos. L’électeur désire, comme le lui a proposé, de Cotte, un cabinet tout en glaces et un cabinet de porcelaines. L’antichambre sera boisée, avec quelques portraits. Un cabinet, près du jardin, sera tout décoré de fleurs, etc.
Note. Cette lettre a été publiée en partie par Renard, op. cit., p. 234.
674. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn le 21 novembre 1717 [I] (177).
Il lui envoie le plan coté du Buen Retiro avec toutes les explications relatives à la distribution et à la décoration. Il ne peut encore indiquer le prix payé au voiturier pour le transport des deux cheminées de marbre. Il n’est pas réglé, et M. de Kempis, qui pourrait l’indiquer, n’est pas à Bonn.
675. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 4 décembre 1717 [I] (177).
Il lui rappelle que dans une lettre précédente il lui a demandé les dessins de la décoration du Buen Retiro. Le grand escalier du palais pourra être magnifique, l’électeur de Bavière faisant cadeau de tout le marbre nécessaire. Quelle économie si on pouvait obtenir ainsi tous les autres marbres du palais! Les finances de l’électeur sont mal en point. Ses États, pour le punir de son alliance avec Louis XIV, lui refusent des subsides. Si de Cotte pouvait, sans le
Travaux pour l'électeur ce coloGnê 189
compromettre, prier d’Antin de faire passer au compte du roi tous les travaux exécutés à Paris pour Bonn, quel service il lui rendrait ! Et ce serait si peu de chose pour le roi.
Note. Publiée en partie par Renard, op. cit ., p. 167. Aux Archives de Münich (Fürsten-Sachen-Spezialia F. 667) se trouve une pièce intitulée Die von Kurbaiern %ur Kurkolnischen Residen % nacher Bonn geliefert marmorsteinische Stiegen und deren Abführungy 1718-1729.
676. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 22 décembre 1717 [I] (177).
Après des souhaits de bonne année, il lui annonce qu’il va faire payer le voiturier qui a transporté les cheminées de Paris à Metz, et il indique le prix du transport. L’électeur a promis des acomptes pour les ouvriers de Paris. Hauberat indique ensuite l’état des travaux du château, du Buen Retiro, de Poppelsdorl.
677. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 29 décembre 1717 [I] (177).
Il le remercie de son activité à travailler à la décoration du Buen Retiro. Il est désolé que la combinaison entrevue avec d’Antin n’ait pu aboutir : l’argent manque toujours. Que de Cotte s’entende avec Hauberat pour expédier le plus économiquement, et le plus vite possible, les tables de marbre, les ornements de bronze doré et les commodes, prêts à partir de Paris.
678. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 9 mars 1718 [I] (177).
Il n’a pas écrit de tout l’hiver parce qu’on a peu travaillé. Il va mettre les maçons au pavillon des cuisines dont il indique l’état d’avancement. Les doreurs ont travaillé tout l’hiver et n’ont pas encore fini. L’électeur promet sans cesse des acomptes pour les ouvriers de Paris : le voiturier de Metz, même, n’est pas encore payé. Pour l’instant, Hauberat s’occupe des jardins de Poppelsdorf. L’électeur va partir pour Liège.
679. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 16 mars 1718
Il le prie de hâter l’expédition des cheminées de la chambre d’audience et du cabinet de Bavière : ces pièces sont en état. Le prince électoral de Bavière et le duc Ferdinand, son neveu, doivent venir à Bonn, après Pâques. L’électeur voudrait les loger convenablement. Il s’efforcera d’envoyer à de Cotte un peu d’argent pour les ouvriers.
680. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 16 mars 1718 [I] (177).
Il le presse encore d’envoyer les cheminées demandées dans la lettre précédente. L’électeur désire un nouveau dessin pour l’escalier qui descend des appartements de Poppelsdorf au parterre. Hauberat, qui l’a exécuté, le soumet à de Cotte pour avoir son sentiment.
681. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 4 juillet 1718 [I] (177).
Il s’efforce d’obtenir de l’électeur le payement des cheminées de marbre et du voiturier de Metz, mais sans résultats. Le sculpteur Rousseau a remis en état les cires de la cheminée de la chambre d’audience, et un orfèvre du pays s’est parfaitement tiré de la fonte. Hauberat indique l’état des différents travaux de construction et de décoration du palais, du Buen Retiro et de Poppelsdorf.
682. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 1er août 1718 [I] (177).
En raison des difficultés d’exécution, l’électeur a décidé de supprimer le canal qui devait rejoindre le palais à Poppelsdorf, et de le remplacer par une allée. Cela nécessitera quelques modifications dans la distribution des appartements de Poppelsdorf, dans l’emplacement de la chambre à coucher, par exemple ; mais la dépense sera beaucoup moindre. L’électeur attend toujours de l’argent pour payer le voiturier de Metz et les ouvriers. Hauberat le presse à ce sujet. Il indique l’état des travaux. Un courrier de l’empereur vient d’annoncer la paix avec les Turcs : on ne sait pas les conditions.
Note. Le traité concluant la paix avec les Turcs est le traité de Passarowitz (21 juillet 1718).
683. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 29 août 1718 [I] (177).
Il espérait toujours pouvoir envoyer de l’argent à de Cotte; c’est pour cela qu’il a tardé à lui écrire : mais l’électeur promet toujours et ne donne rien. Que de Cotte retienne à Paris les objets terminés ; peut-être la nécessité décidera-t-elle Joseph Clément à payer. Hauberat indique ensuite l’état des travaux. De Cotte a demandé des nouvelles de Rousseau ? Hauberat s’efforcera de ne jamais le laisser sans travail.
684. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 14 novembre 1718 [I] (177).
S’il est resté si longtemps sans écrire, c’est qu’il était honteux de promettre sans cesse de l’argent au nom de l’électeur, et de n’en envoyer jamais; Joseph Clément lui a encore promis, le jour même, un acompte pour la fin du mois. Il indique l’état des travaux. Il espère pouvoir venir à Paris l’hiver suivant, et annonce la grave maladie du comte de Saint-Maurice.
685. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 20 février 1719 [I] (177).
Le peintre Joseph Vivien lui a remis la lettre de R. de Cotte. Il a beau faire, il n’obtient pas d’argent pour les ouvriers de Paris. Les tableaux envoyés depuis longtemps à l’électeur par Vivien, vià Metz, ne sont pas encore arrivés. On a envoyé un courrier à leur recherche. Hauberat indique ensuite l’état des travaux. Il emploie le sculpteur Rousseau, qui serait capable de bien faire, mais qui aime un peu trop s’amuser.
686. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 28 février 1719
[Ij (177).
Vivien lui a remis la lettre de R. de Cotte. Vivien est un artiste de grande valeur, et les compliments que lui décerne de Cotte sont légitimes. Ne pourrait-on pas lui faire obtenir un appartement aux Gobelins ?
Note. Joseph Vivien touchait, à ce moment, 200 1. par an du roi pour son logement, car on n’avait pas trouvé d’appartement pour lui dans les palais royaux.
ÎJÏ TRAVAUX POUR l’ÉLECTEÜR DE COLOGNE
687. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 27 mars 1719 [I] (177).
Il lui envoie 6. 000 L, en trois lettres de change, pour le paiement des ouvriers. Le comte de Saint-Maurice lui a promis le surplus pour la semaine suivante. On peut donc envoyer les objets restant à Paris. De Cotte voudra bien y joindre un mémoire de ce qui est encore dû. L’électeur est parti pour Liège. Hauberat indique l’état des travaux. Le prince Philippe de Bavière est mort au moment de son élection aux évêchés de Münster et de Paderbon. On s’efforce de faire élire à sa place le prince Clément. — Au dos, divers brouillons de répartition des 6. 000 1. expédiées par Hauberat où l’on trouve, entre autres, les noms de Boulle, Raon, Desjardins, Marteau, Dechamp, Doyen, voiturier. De la main de R. de Cotte.
688. Brouillon de comptes relatifs aux travaux que R. de Cotte a fait exécuter jusqu’en 1719 pour l’électeur de Cologne [I] (177).
Le dernier paiement est du 20 mai 1719.
689. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 27 avril 1719 [I] (177).
Il a reçu la lettre de R. de Cotte annonçant l’envoi de vingtneuf caisses. Il va écrire à la direction des voitures de Metz qu’on ne s’inquiète pas du paiement que de Cotte fera au sieur Doyen, à Paris. Il envoie une lettre de change de 5.000 1. Le comte de Saint-Maurice a promis de parfaire bientôt le solde des sommes dues, et dont de Cotte doit toujours envoyer l’état. L’électeur est encore à Liège. Le comte de Saint-Maurice est toujours malade. Les travaux avancent lentement.
690. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 29 juin 1719 [I] (177).
Hauberat a dû lui écrire que les derniers marbres, bronzes et commodes destinés au palais de Bonn sont arrivés en bon état. On payera bientôt le solde des sommes dues. Que de Cotte veuille bien continuer son concours à la direction des bâtiments de l’élec-
teur.
691. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 4 janvier 1720 [I] (177).
Après des souhaits de bonne année, il le prie de se charger de l’exécution de six lustres pour sa chambre à coucher : quatre symboliseront les Saisons, les deux autres le Soleil et la Lune. De Cotte recevra bientôt un plan des nouveaux embellissements qu’on exécute au château. La passion de l’électeur pour les bâtiments est toujours très grande, mais il n’a pas d’argent.
692. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 1er février 1720
Il le remercie de se charger des lustres de sa chambre. Hauberat lui enverra les profils de la décoration pour que ces lustres puissent être dessinés dans le même goût.
693. Lettre de Joseph Clément à R. de Cotte. De Bonn, le 18 juillet 1720 [Il (177).
Un grand débat passionne la cour de Bonn au sujet de l’Orangerie du château. Celle-ci est placée de telle façon que le vent du midi, très violent, y renverse parfois les arbres dont quelques-uns sont fort rares. Les jardiniers et une partie de la cour proposent de la transporter sur la terrasse de la grande façade du château. Mais Hauberat et l’autre partie de la cour assurent que cela défigurerait l’ensemble, et conseillent de construire simplement un corps de bâtiment, ou un péristyle, pour la garantir du vent. Mais, dans ce cas, la façade du Buen Retiro du côté de Poppelsdorf devient inutile. L’électeur ne sait à quel parti se résoudre : il demande conseil à de Cotte.
694. Lettre d’Kauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 22 juillet 1720 [I] (177)
Il n’a pas écrit depuis longtemps parce qu’il ne se passe rien de remarquable à Bonn : on travaille très lentement. L’électeur a mangé la veille, pour la première fois, dans sa grande salle à manger. Quoique inachevée, elle est fort belle. Ne voyant pas venir les
Inventaire de R. de Cotte.
quelques marbres qu’il avait demandés à de Cotte pour la petite chapelle, il a pris ceux du pays, et il a fait exécuter un dessin très simple, les ouvriers étant malhabiles. L’électeur fait dessiner deux petits parterres sur la terrasse. Hauberat entretient enfin de Cotte de la question de l’Orangerie.
695. Lettre d'Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 12 août 1720 [I] (177).
Il s’excuse de n’avoir pas encore envoyé le plan demandé par de Cotte, mais sa lettre a suivi l’électeur. Il envoie le plan général du palais, avec une boussole pour indiquer nettement la position de l’Orangerie. Il insiste de nouveau sur la solution qu’il propose pour protéger celle-ci contre le vent. On travaille toujours fort lentement. On pose les colonnes au vestibule du grand escalier; on établit la terrasse et les parterres. Si, comme Hauberat l’espère, de Cotte l’autorise à venir à Paris dans le courant de l’hiver, pour voir son père malade, il le mettra au courant des travaux.
696. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 21 octobre 1720 [I] (177).
L’électeur est tout à fait décidé à déplacer l’Orangerie ; les frais ne seront pas considérables : on la portera devant la face du Buen Retiro parallèle au château. Elle sera, de la sorte, très exposée au soleil. Hauberat indique l’état des travaux. Il espère toujours que de Cotte ne l’empêchera pas de venir à Paris dans le courant de l’hiver, vers le milieu de décembre. Il prendra ses mesures pour que les travaux ne souffrent pas de son absence.
697. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 14 avril 1721 [I] (177).
Il lui envoie le plan du terrain où l’électeur désire une grotte. Les bras de bronze doré envoyés par Vassé ne sont pas arrivés. Il transmettra à de Cotte le jugement de l’électeur à leur sujet. Il indique l’état des travaux. L’électeur doit aller à Brühl pour voir son neveu, le prince Clément. Quoique atteint de la goutte, Joseph Clément a fait ses dévotions pendant la Semaine Sainte.
Il vient de nommer Hauberat conseiller de la Chambre des Finances et intendant de ses Bâtiments.
Note. Antoine-François Vassé père, sculpteur décorateur, 1683-1736, fut agréé à l’Académie en 1723, mais ne devint jamais académicien.
698. Lettre d’Hauberat à R. de Cotte. De Bonn, le 8 décembre 1721 [I] (177).
S’il n’a pas écrit pendant longtemps, c’est qu’on n’a rien fait d’intéressant à Bonn. On ne s’occupe guère que de la décoration. On n’a touché ni au grand escalier, ni à la salle des Gardes. Poppelsdorf n’est pas encore complètement couvert. Cette maison ne sera pas finie de sitôt. Quant au modèle de grotte dessiné par de Cotte, qu’il veuille bien le faire expédier à Liège.
699. Mémoire, sans date, pour R. de Cotte, concernant la distribution et la décoration intérieure du palais de Bonn [I] (177).
700. Explication des lettres marquées dans le plan du deuxième étage, ou plan noble, où est l’appartement de l’électeur, en son palais de Bonn, du côté du jardin, accompagnée d’indications sur la décoration intérieure et de quelques observations [Recueil Palais de Bonn : Ha 19] (119).
Madrid : Palais Royal et Buen Retiro.
701. Explication du palais du roi à Madrid, suivie d’une explication de la coupe des appartements du palais [III] (1019).
Plans et gravure 987. Vue de la façade du château de Madrid gravée par le sieur de Feu. — 988-989. Plan d’une partie dudit château en grand, lavé. — 990. Autre partie du plan dudit château. — 991. Dessins de cheminées pour l’appartement du roi d’Espagne. — 992 à 995. Quatre dessins de façade de l’appartement du roi d’Espagne.
Notes. Cette « explication » est la légende des plans 988-989. On ne sait pas la date exacte à laquelle R. de Cotte commença à s’occuper des constructions de Madrid, mais il semble bien que ce soit vers 1712. — Les papiers relatifs aux travaux de l’architecte en Espagne ont été mis, très heureusement, à contribution par Dussieux, Artistes français à V étranger, 3e édition, p. 119 et suiv., et p. 365 et suiv. Le palais de Madrid, dont il est ici question, n’est pas le palais actuel, qui ne fut commencé qu’en 1738, sur les plans de Giovanni Battista Sachetti.
702. Lettre de l’architecte Garlier à R. de Cotte [III] (1019).
La princesse des Ursins voulant faire exécuter le Cabinet des Furies, au palais de Madrid, sur les plans de R. de Cotte, Carlier prie l’architecte de résoudre une difficulté au sujet de l’enfilade des pièces que contrarie la forme de ce cabinet. Il lui propose différentes solutions. Le plan adopté et les dimensions fixées, la princesse fera venir les glaces et le parquet de Paris. Il n’y a, dans le pays, ni bois de chêne, ni bois de charme ; on né se sert que de noyer et de sapin pour la sculpture, les charpentes, etc. L’usage du pays n’est pas de boiser les pièces, mais de les garnir de briques peu cuites qu’on arrose pendant les chaleurs. La plupart des beaux appartements sont pavés mi-partie en briques, mi-partie en carreaux de faïence : cela est fort laid, la résistance des matières n’étant pas égale. On pourrait employer le marbre, dont les carrières sont à trente lieues à peine ; mais personne n’y songe. Carlier se plaint des difficultés qu’il rencontre...
Notes. La fin de la lettre manque. Aucun plan, dans les papiers de R. de Cotte, ne se rapporte au Cabinet des Furies. — Carlier est, sans nul doute, l’architecte qui avait eu, en 1711, des difficultés avec l’évêque de Châlons pour lequel il travaillait (Voy. lettre du 25 mai 1711, pièce n° 412). C’est de Cotte qui l’envoie en Espagne, où il est chargé des travaux d’une partie du palais de Madrid et du Buen Retiro. Il était médiocre et suffisant, comme l’indique toute cette correspondance. En 1715, il ne travaillait plus pour Philippe V. Dussieux (op. cit., p. 365, note 3) indique qu’on le retrouve à Madrid, sous Ferdinand VI, construisant le couvent des religieuses de l’ordre de Saint-François de Sales, fondé par la reine Maria Barbara.
703. Lettre de la princesse des Ursins à R. de Cotte. De Madrid, le 27 juin 1712 [III] (1019).
Le duc d’Antin communiquera à de Cotte, pour qu’il les examine, les dessins que la princesse a fait composer pour les cheminées de l’appartement de la reine. Carlier les exécutera. On est content de ses services. Il vient de perdre sa femme et doit élever six enfants. La princesse a écrit en sa faveur à Mme de Maintenon et au duc d’Antin. Que de Cotte le protège aussi. La cour partira dans vingt jours pour le Buen Retiro. On se mettra au travail dès la réception
des réponses de R. de Cotte et du duc d’Antin. Il faudra se hâter pour que Leurs Majestés puissent habiter les pièces à leur retour.
Notes. Cette lettre a été publiée par Geffroy, Lettres inédites de la princesse des Ursins, 1859, in 8, P- 4X7’ et Par Dussieux, op. cit., p. 120. En 1712, la princesse des Ursins était à l’apogée de sa puissance. Il est intéressant de noter que, parmi toutes ses occupations, elle avait encore du temps à consacrer aux arts qu’elle aimait. Comme Mme de Maintenon lui avait écrit, un jour, que l’état des finances empêchait Louis XIV de faire construire selon ses goûts, elle répondit, le 1 1 décembre 1 706 : « Il est bien beau au Roi de se priver presque du seul plaisir
qui lui reste Je comprends cela mieux qu’un autre, car je ne trouve guère
d’occupation plus agréable que l’ajustement des maisons. J’ai fait faire dans ce palais-ci des bagatelles qui n’ont pas laissé de rendre les appartements du Roi et de la Reine commodes, qui ont fort peu coûté, et qui ont occupé des heures dans la journée que j’aurais passées ailleurs avec plus d’ennui. . . » (Geffroy, op. cit., p. 270.)
704. Lettre de la princesse des Ursins à R. de Cotte. De Madrid, le 18 décembre 1712 [III] (1019).
Elle n’a pas répondu à sa dernière lettre parce qu’elle se trouvait aux eaux de Bagnères où les médecins interdisent aux malades de lire et d’écrire. A son retour, elle a trouvé des plans de Carlier pour les jardins du Buen Retiro. Leurs Majestés les ont approuvés. Elles prient cependant le duc d’Antin de les montrer à Louis XIV. Que de Cotte envoie aussi son sentiment.
Plans 996. Plan général du palais du Buen Retiro appartenant au roi d’Espagne. — 997. Autre plan dudit palais. — 998. Autre plan idem. — 999. Autre plan idem. — 1000. Autre plan général dudit palais avec projet en masse. — 1001. Plan dudit palais, tel qu’il était avant les projets. — 1002. Profil du terrain. — 1003. Plan général du premier projet pour ledit palais. — 1004. Plan en grand, au crayon, du premier projet idem. — 1005. Plan idem, lavé en rouge, du premier projet. — 1006. Plan en grand de l’avant-cour et de la cour dudit palais du même projet. — 1007. Façade dudit projet du côté du jardin. — 1008. Façade idem du côté de la cour. — 1009. Façade de l’aile dudit projet du côté de la cour. — 1010. Plan au crayon du deuxième projet pour ledit palais, savoir rez-dechaussée et cour. — ion. Autre plan à l’encre : même projet, rez-de-chaussée sans cour. — 1012. Plana l’encre du premier étage du même projet. — 1013. Plan de l’avant-cour et des écuries pour le même projet, lavé en rouge. — 1014. Autre plan du projet marqué B. — 1015 à 1017. Profils et élévations dudit projet au crayon. — 1018. Profil du terrain avec le projet. (Tous ces plans se trouvent dans le volume Buen Retiro, Ha 20, cart. max.)
Note. Cette lettre a été publiée par Geffroy, op. cit., p. 420, et par Dussieux, op. cit., p. 120. — Le palais du Buen Retiro, qu’on fit le projet de reconstruire, et
dont on voulut redessiner le parc de 1712 à 1715, datait, dans sa forme première, de Philippe IL C’est Olivarès, sous Philippe IV, qui avait fait dessiner le parc. La reconstruction projetée par la princesse des Ursins ne fut pas exécutée.
705. Deux brouillons d’une lettre de R. de Cotte à la princesse des Ursins [III] (1019).
11 lui indique les changements qu’il apporte aux dessins de Carlier et joint un plan à sa lettre pour que la princesse comprenne mieux son projet.
706. Lettre de R. de Cotte à Carlier. De Marly, le 26 janvier 1713 [III] (1019).
Il a attendu ses éclaircissements pour donner son avis sur les plans des palais et jardins du Buen Retiro, comme la princesse des Ursins le lui a demandé. Pour le palais, il faut, entre autres choses, éviter que la place de l’entrée soit petite. L’avant-cour de Carlier est trop longue pour sa cour. Au contraire, les terrasses de la cour principale sont bonnes. Il vaut mieux éviter le petit étage bas, prévu par Carlier, et le remplacer par un grand degré à découvert, qui aura l’avantage d’être décoratif. Aux deux extrémités du pavillon central, de Cotte ajoute deux pavillons en saillie qui rompront la monotonie de la façade. Il détaille les modifications qu’il apporte aux plans du jardin et aux effets d’eau projetés. Que Carlier le consulte sur les moindres difficultés qu’il rencontrera.