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Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roi (1709-1792)

V Inventaire général des tableaux du Roy par Nicolas Bailly, que nous avons publié en 1899, donnait l'état des collections royales à la fin du règne de Louis XIV; mais, comme il s'arrêtait à 1709, il était par lui-même insuffisant pour offrir une idée complète de ce que fut, sous l'ancienne monarchie, la collection de la Couronne. Tout le xvme siècle était, en effet, tenu à l'écart et aucun renseignement n'était produit sur une période, où l'activité artistique fut si intéressante et, à tant de titres, remarquable.

L'inventaire, qu'on présente aujourd'hui, a pour objet de combler cette lacune en montrant les accroissements successifs de la collection de la Couronne de 1709 à 1792 : venant après l'Inventaire Bailly, il donnera donc l'état, aussi complet que possible, des tableaux, qui la constituaient, au moment de la Révolution.

La publication d'un tel inventaire présentait une assez grave difficulté fondamentale. L'Inventaire Bailly était le seul inventaire général des tableaux du Roi, publié sous l'ancien régime ; au cours de la période, que nous avions à étudier, il n'avait jamais été fait un tel travail d'ensemble, et tout se bornait à des inventaires particuliers de châteaux ou d'appartements royaux, à des états de commandes, à des mémoires d'artistes, à des mentions de paiements. Avant de mettre au point et de vérifier un tel inventaire, il fallait donc le rédiger, en constituer soi-même les bases, en un

INTRODUCTION

mot, faire le travail qui incombait aux derniers gardes des tableaux du xvme siècle.

Nous avons pensé qu'une tâche aussi délicate pouvait être entreprise et avait chance d'être menée à bien. Nous avions, en effet, reconnu que nos archives françaises possédaient les éléments constitutifs d'une telle publication, et que la réunion, l'examen, le contrôle des multiples documents, qu'elles conservaient, permettraient à un homme de bonne volonté de donner cet état général et raisonné de l'ancienne collection de la Couronne, si désirable pour l'exacte connaissance de notre art national.

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