‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 114 sur 130 · CATALOGUE DES TABLEAUX DU ROY · texte numérisé non relu

CATALOGUE DES TABLEAUX DU ROY

CONTENANT LES NOUVELLES ACQUISITIONS FAITES PAR LES ORDRES DE M. LE COMTE D'ANGIVILLER,

DÉPOSÉES AU CABINET DU PAVILLON NEUF AU LOUVRE (l).

École italienne.

Guido Reni. Jésus-Christ y dans Vàge de l 'adolescence, embrassant saint Jean ; sur cuivre ; d'un pied un pouce de haut sur g pouces de large.

— Saint Sébastien, demi-figure ; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds de large.

Ce dernier acheté, entre 1779 et 1783, à la vente après décès de M. de Chastre de Billy (A. N. O' 1934 B).

Guido Reni. Une Sainte Famille; sur bois; d'un pied 3 pouces sur un pied 8 pouces.

Simon de Pesaro (2). Sainte Famille, saint Joseph dormant ; de mêmes dimensions.

Achetés, tous les deux, en 1 784, à la vente du comte de Merle, au prix de 1 5,200 livres : celui-ci les avait payés 7,200 livres, en 1779, a la vente de Boileau, qui les avait eus pour 16,000 livres, en 1777, à la vente du prince de Conti, qui lui-même les avait achetés 5, 800 livres, en 1770, à la vente

(1) La date de ce catalogue doit être portée à la première moitié de 1785.

(2) Simone Cantarini, dit t7 Pesarese.

de La Live de Jully, lequel, en 1755, les avait acquis pour 6,002 livres à lu vente de M. Pasquier, député du commerce de Rouen, qui avait eu l'un à la vente du cabinet de M. Devaux et tenait l'autre d'un Anglais, nommé Hèze (A. N. O* i9i3 et i934B) (,).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (nM 1207, 1208), avec attribution unique au Pesarese : H. o m. 41 . — L. o m. 57.

André Vacari. Sainte Catherine; demie-figure; de 3 pieds de haut sur 2 de large.

Joseph d'Arpino (2). Adam et Eve chassés du Paradis terrestre ; d'un pied 6 pouces sur un pied 2 pouces ; sur bois.

Ce dernier acheté, en 1777, 3,ooo livres à la vente du prince de Conti; il avait figuré auparavant dans la collection du prince de Carignan (A. N. O' 19^4 B et 1964). Le paiement des achats, faits aux ventes de Conti et de Boisset, fut passé à l'ordre du peintre Remy, en date du 18 décembre 1777 (3) :

« Au sieur Remy, peintre et faisant le commerce en la commission des tableaux, la somme de 26,325 livres i5 sols, pour le remboursement des prix moyennant lesquels il s'est rendu adjudicataire en son nom, mais pour notre compte, dans les ventes publiques, faites après le décès de M. le prince de Conti, grand prieur de France et du sieur Randon de Boissette, receveur général de nos finances, de divers tableaux de grands maîtres que nous avons jugé à propos de faire entrer dans notre collection, suivant le détail qui suit :

« 6,799 livecs 19 sols pour le prix d'un tableau de Subleyras, du cabinet du sieur de Boissette, réprésentant ['Empereur Valence saisi d'effroi à V aspect de saint Basile célébrant le sacrifice de la Messe ;

« t ,5oo livres pour un tableau de Zuccaro, représentant Jésus-Christ donnant les clefs à saint Pierre ;

« 3,ooo livres pour un tableau de Joseph Cesari dit Josépin, représentant Adam et Ève chassés du Paradis ;

(1) Les indications, relatives aux diverses ventes de tableaux, sont, sauf avis contraire, tirées du Trésor de la curiosité, de Ch. Blanc.

— Paillet, qui avait acheté ces deux tableaux pour le Roi à la vente de Merle, écrivait en mars 1784 : « Ces deux morceaux jouissent de la plus haute réputation pour leur grande perfection ».

(2) Giuseppe Cesari, dit le Josépin.

(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785). — Cf. nouvelles Archives de l'art français, tome VIII, p. 423.

« 600 livres pour un tableau de Dominique Feti, représentant YEmpereur Titus tenant un bâton de commandement ;

« a,ï8o livre» pour un tableau de François Solimine de Naples, représentant V Annonciation de la Vierge;

• 2,390 livres pour un tableau de Philippe van Champagne, représentant Jésus-Christ avec ses disciples ;

« 601 livres pour un tableau de Ferdinand Bol, représentant Socrate ou Artevehl;

« 1 2 5 livres pour un tableau de Louis Boullogne, représentant le Mariage de sainte Catherine ;

m 7,225 livres pour un tableau de C. Vanloo, représentant Énèe portant Anchise son père;

• 1 ,700 livres pour un tableau de François Vanloo, représentant Galathêe sur les eaux ;

« 4 livres 16 sols pour frais de transport desdits tableaux des cabinets, où ils ont été vendus, dans le nôtre. *

Le tableau de Josépin est actuellement au Louvre (n° 1256) : H. o m. 53.

Carle Cignani. Jeune fille lisant; de 7 pieds 6 pouces sur 4 pieds 6 pouces (1 ).

C. Procaccini. L Enfant Jésus dans les bras de la Vierge, Sainte Catherine et saint Jean; sur bois; de 5 pieds sur 3 pieds 6 pouces.

Ces deux tableaux furent achetés, entre 177901 1785, à la vente après décès de M. de Chastre de Billy (A. N. O' 1934 »).

Le tableau de Procaccini actuellement au Louvre (n* 1434) : H. 1 m. 45.

(1) Nous transcrivons les dimensions indiquées non sans faire remarquer que leurs proportions semblent bien considérables pour un sujet pareil.

En 1756, un tableau de Carlo Cignani passa à la vente du duc de Tallard ; il représentait • une femme tenant un livre de la main gauche, la droite sur la poitrine, son vêtement est jaunâtre, recouvert d'une draperie bleue; sur cuivre, de 24 pouces sur 19; • il fut acheté 3,ooo livres par daignât, et vendu 3,22i livres, en 1768, à la vente de ce dernier. Randon de Boisset l'acquit alors, et, en 1777, à la vente de sa collection, il fut revendu 3,5oi livres.

Alexandre Veronèse. L'Incrédulité de saint Thomas ; de 4 pieds de haut sur 3 pieds de large.

Acheté 3,ooo livres, le 24 novembre 1784, à la vente du comte deVaudreuil (A. N. O' 1934 e), qui l'avait eu pour le môme prix, en 1780, à la vente Poullain (1), lequel Pavait payé 3,470 livres, en 1777, à la vente du prince de Conti (a).

Dominique Feti. Un Empereur romain, demi-figure ; cintré ; de 4 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds 4 pouces de large.

Acheté 600 livres, en 1777, à la vente du prince de Conti; l'état d'achat le désigne ainsi : « l'Empereur Titus, plus fort que nature, jusqu'aux genoux > (A. N. O' 1911, 1934», 1964) (3). — Au Louvre en 1785 fLouv. 85].

Actuellement au Louvre, identifié au portrait de Néron (n* 1286) : H. 1 m. 5i. — L. 1 m. 12.

Barthelemi Schidone. Le Christ porté au tombeau; sur bois ; d'un pied de haut sur 10 pouces de large.

Acheté, entre 1779 et 1785, à la vente de M. de Chastre de Billy (A. N. O* 19348).

Actuellement au Louvre (n« t5a 1) : H. o m. 36, — L. o m. 29 (4).

Frederico Zuccari. Jésus-Christ donnant les clefs à

(1) Le catalogue en donne cette description : • le Seigneur est au milieu de ses apôtres et lui montre ses plaies ».

(2) Le catalogue de cette vente donne ce détail : - douze figures touchées avec beaucoup d'esprit ».

(3) État des tableaux qui sont sous ma garde dans une partie de tappartement de M. Duplessis dans l'ancienne galerie des fleurs et grand salon (du Louvre). Signé : Jean-louis Hacquin. — Cf. p. 541 supra.

(4) On peut lire sur une étiquette, collée à l'envers du panneau : « Ex collectione AH' P"» F«» de Chastre de Billy

saint Pierre; sur cuivre; d'un pied un pouce de haut sur un pied 5 pouces de large.

Acheté, en 1777, t,5oi livre» à la venie du prince de Conti (1).

Piètre de Cortone. La Réconciliation de Jacob et d'Esaii; de 6 pieds de haut sur 5 pieds 6 pouces de large.

Acheté, en 1784, 35,901 livres à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934e) ; le catalogue le décrit ainsi : • à droite, un victi maire agenouillé prépare du bois pour un sacrifice; à gauche, deux femmes et trois enfants; une femme et un homme, derrière Laban et Jacob, sont auprès de deux chameaux ». Il ajoute : • Ce tableau est passé de la galerie Barberini dans celle du prince de Conti, où il monta à 36,ooo livres (2) ».

Actuellement au Louvre (n* 1160) : H. 1 m. 97. — L. 1 m. 75.

Philipe Lauri. Salmacis et Hermaphodite ; d'un pied 5 pouces de haut sur 2 pieds de large.

Acheté, entre 1779 et 1785, à la vente de Ch astre de Billy (A. N. O' i934»).

Elisabeth Sirani. Un Amour endormi ; d'un pied 10 pouces sur 2 pieds 2 pouces.

Acheté, en 1785, à la vente de Piles, sur les indications d'Hubert Robert (A. N. O' 1913).

Actuellement au musée de Compiègne : H. o m. 61. — L. o m. 73.

(1) Cf. p. 541 supra.

(2) Des doutes furent émis sur l'authenticité de ce tableau, et Vien s'en faisait l'écho dans une lettre, qu'il écrivait de Rome, le 1*' mai 1786, au comte d'Angiviller : « Je n'ai pas besoin de vous rappeler, disait-il, les moyens dont on s'est servi pour substituer une copie à la place du beau tableau de Piètre de Cortone, que vous avez acquis et qui étoit au palais Barberini ». (A. N. O* 191 3).

François Solimene. Une Annonciation ; de 3 pieds de haut sur 3 pieds 10 pouces de large.

— Adam et Ève au moment de la tentation ; d'un pied 7 pouces de haut sur un pied 3 pouces de large.

Le premier de ces tableaux acheté, en 1777, à la vente du prince de Conti, au prix de 2,83o livres : il provenait auparavant du cabinet Lempereur (A. N. O' 1911, 1934 B, 1964) (1).

Le premier de ces tableaux au ministère de l'Intérieur, où il fut placé en 1820 : H. 1 m. — L. 1 m. 27 ;

le second au Louvre (n* 405 du catalogue Villot) : H. o m. 54. — L. o m. 44; sur cuivre.

Benedette Lutti. La Madeleine tenant une croix; de 5 pieds de haut sur 3 pieds 6 pouces de large.

Actuellement au Louvre (n° 1 366) : H. i m. 67. — L. 1 m. 26.

Joseph Crespi. La maîtresse d'école; de 10 pouces de haut sur un pied un pouce de large.

Donato Crépi (2). Enfant endormi tenant une paume ; de 8 pouces de haut sur un pied un pouce de large.

Achetés, tous les deux, entre 1779 ct »785, à la vente de Chastre de Billy (A. N. O' i934 B).

Actuellement tous les deux, au Louvre (n~ 1266 du classement actuel et 181 du catalogue Villot) : H. o m. 27 ct o m. 3i — L. o m. 34 et o m. 38.

J. P. Panini. Grand festin donné dans un lieu décoré d'une magnifique architecture; de forme ronde; de 7 pieds de diamètre.

Acheté le 2 mars 1785, au duc de Choiseul, au prix de 6,000 livres (A. N. O' i9i3).

Actuellement au Louvre (n« 1402) : Diam. : 2 m. 12.

{iï Cf. p. 542 supra.

(2) Lire : « Crcti. »

École espagnole.

Barthelemi Murillo. La Vierge et l'enfant Jésus ; de S pieds de hauteur 3 pieds 7 pouces de large.

— Je'sus-Christ au jardin des Oliviers ; sur marbre noir ; d'un pied de haut sur 9 pouces de large.

— Un Christ à la colonne ; de mômes dimensions.

• Achetés, tous les trois, en 1784, à la vente du comte de Vandreuil, et payés, le premier, 9,001 livres, les deux autres 2,001 livres. — Le premier de ces tableaux est porté, au catalogue de la vente, comme ayant été rapporté d'Espagne par un Napolitain, du nom de Langlois et comme ayant figuré dans la collection Randon de Boissct ; le comte de Vaudreuil l'avait payé 1 1,000 livres. — Il fut restauré aussitôt après, ainsi que le tableau suivant {le Pouilleux), par Godefroid : « avoir repointillé, nettoié, verni et levé les repeins » (A. N. O' 1933).

Actuellement au Louvre (n" 1712, 1714, 1715): H. t m 66 et o m. 36.— L. 1 m. 25 et o m. 28.

Murillo. Un gueux à sa toilette au soleil; de 4 pieds 2 pouces de haut sur 3 pieds 2 pouces de large.

Acheté, en 1782,4,200 livres, à la vente du cabinet de Sainte-Foy, par Le Brun, qui le revendit le même prix au roi (A. N, O' 1634 B) : il avait précédemment fait partie du cabinet Gaignat, à la vente duquel il fut payé 1,544 livres. Le paiement est en date du 22 juin 1782 (1) : « Au sieur Le Brun, peintre, marchand de tableaux, 4,200 livres pour le prix d'un tableau de Aforiltot, représentant un mendiant occupé à se nettoyer de vermine, et que ledit Le Brun a consenti de céder à Sa Majesté après l'adjudication qui en a été faite dans le cours de la vente publique du cabinet du sieur Radix de Saint-Foy, cy devant surintendant de la maison de M. le comte d'Artois. » — Restauré ensuite par Godefroid (2).

Actuellement au Louvre (n* 1717): H. 1 m. 37. — L. i m. i5.

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

(2) Voir le tableau précédent.

tableaux achetés pour le roi

École flamande et hollandaise.

P. P. Rubens, Le martyre de saint Livens, évéque de G and; de 14 pieds de haut sur 10 de large.

Acheté par Pierre, en 1777, ù la vente des Jésuites en Flandres; il décorait le maître autel de l'église des Jésuites de Gand (1), et fut payé avec la Visitation de Lievens, l'Apparition du Christ de Van Thulden et Y Adoration des bergers de Cossiers, 28,660 livres 8 sols 6 deniers (A. N. O' 1934 e et O* 1964) (2). — Rentoilé et marouflé en 1777, par Hacquin (A. N. O' 1933).— Restauré, en 1783, parGodefroid, dont voici le mémoire: « Avoir nettoyé et repointillé avec soin à l'outremer plusieurs places de remplissage au martir de saint Livens de Rubens. • (A. N. O' i933.)

Actuellement à Bruxelles, au musée royal de Belgique, où il fut envoyé en i8o3 par l'État Français : H. 4 m. 5o. - L. 3 m. 35.

Rubens. Diogène cherchant un homme avec sa lanterne au milieu d'une foule de peuple; de 5 pieds 10 pouces de haut sur 6 pieds 10 pouces de large.

(1) Decamps, Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant, 1769^.243.

(2) Voici, en monnaie flamande, le détail de cette somme (A. N. O' 1933) : « Le saint Liévens de Rubens, 1,600 livres de gros; le Van Tuldcn, 542 livres de gros; le Coutziers, 70 florins; le Lievens, 53o florins. »

Un crédit de 40,000 écus avait été ouvert à Pierre pour cette vente; la note suivante en fait foi : « État de la dépense faite par M. Pierre, premier peintre pour son voyage de Flandres : 1,806 livres 7 sols 6 deniers. Note : Le voyage dont il s'agit et dans lequel il a été accompagné par M. Lempereur fils, payeur des rentes, avoit pour objet d'acheter ce qui se trouveroit de véritablement supérieur parmi les, tableaux des jesuittes, dont la vente étoit annoncée, pour le mois de may 1777, dans les villes de Bruxelles, Gand et Anvers. » Note : • Lorsque la vente a été ouverte, on a reconnu que les objets étoient infiniment au dessous de l'anonce du pompeux catalogue qu'on en avoit fait répandre, parce que Lempereur, à qui il appartenoit de disposer du tout, avoit fait retirer tout ce qu'il y avoit de précieux. Aussi M" Pierre et Lempereur n'ont-ils acheté pour le Roy que très peu de choses et n'ont été que jusqu'à la concurrence de 28,660 livres du crédit de 40.000 écus, qui leur avoit été donne sur la maison Ncttine de Bruxelles par M. Noijué de Paris. »

Vendu au Roi, en 1784, par le comte de Vaudreuil, à la suite de la vente qui avait été faite de son cabinet; ce tableau et un paysage de Berghem furent payés 48,000 livres (1).

Actuellement au Louvre (n° 2i3o) : H. 1 m. 98. — L. 2 m. 49.

Rubens. La famille du peintre ; de 6 pieds de haut sur 3 pieds de large.

Acheté 20,001 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O" 1934 e); le catalogue le décrit ainsi : « Une des femmes de ce peintre, assise surune chaise, vétuc de blanc, la téle couverte d'un chapeau gris orné d'une plume ; elle tient entre ses jambes un enfant debout, coiffé d'un bonnet noir à plumet; à gauche, un autre enfant debout prend le tablier de sa mère. » Ce tableau avait précédemment figure, en 1770, à la vente de La Livc de Jully, où il fut payé 20,000 livres, et, en 1777, à celle de Randon de Boisset, où il fut vendu 18,000 livres.

Actuellement au Louvre (n«2ti3) : H. 1 m. i3. — L. o m. 82.

Gaspard de Crayer. Le portrait d'Olivier Cromwel.

Vendu en 1777, à la vente du comte du Luc, le catalogue l'attribuant au chevalier Lely (A. N. O' 1964) et le décrivant : « Cromwel, de face, nu-téte, en cuirasse; 27 pouces sur 21. » 11 fut acheté 400 livres par le marchand Joullain, qui le revendit le même prix au Roi, avec 5o livres de gratification (A. N. O' i933) :

« Mémoire de l'achat d'un portrait de Cromwel, fait par ordre de M. d'Angiviller, pour le service du Roy, à la vente de feu M. le comte du Luc. Portrait de Cromwel et sa bordure 400 livres.»

(1) La pièce suivante en fait foi (A. N. O' 1934 B) : a Je reconnois avoir reçu la somme de 287,641 livres, pour les tableaux que j'ai vendus au Roy, montans à la somme de 239,641 livres, plus 48,000 livres que je m'étois chargé de paier au sieur Lebrun dont quittance est ci-jointe pour le prix de deux tableaux, l'un de Berchem et l'autre de Rubens, suivant les conventions faites avec M. le comte d'Angivillers. A Paris ce 27 décembre 1784. Le comte de Vaudreuil. »

Et en note, on lit : « Ces 48,000 livres ont pour objet deux tableaux, l'un payytge de Berghem, l'autre un Diogène par Rubens, qui avoient été négociés entre le marchand Lebrun et M. de Vaudreuil, qui en étoit le débiteur envers Le Brun, a cédé les tableaux au Roy en se chargeant de payer Le Brun, ainsi qu'il l'exprime dnns son récépissé. »

TABLEAUX ACHETÉS POtR LE ROI

Le paiement est en date du 28 avril 1778(1) :

• Au sieur Joullain, marchand de tableaux, 450 livres, pour le prix du portrait de Cromwel, qu'il a vendu au Roy et livré au cabinet des tableaux de Sa Majesté. •

Actuellement au musée de Versailles (n» 3446) : H. o m. 67. — L. om. 58.

Jacques Jordaens. Les quatre évangélistes réunis dans le même tableau ; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds de large.

Acheté 4,000 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O* 1934 B); le catalogue le signale ainsi : • Les quatre Évangélistes; saint Jean est au milieu lisant dans un grand livre ; le fond est un rideau rouge que l'un des évangélistes soulève de la main droite. »

Actuellement au Louvre (n* 2012) : H. 1 m. 34. — L. 1 m. 18.

Antoine Vandick. Le portrait du président Richardot avec son fils ; sur bois ; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 2 pieds 6 pouces de large.

Acheté 14,820 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 B). H avait fait précédemment partie de la collection de Randon Boisset, à la vente de laquelle (1777Ï il fut payé 10,400 livres par le duc de Cossé ; Randon de Boisset avait eu ce tableau pour 9,200 livres, en 1768, à la vente Gaignat, où il est ainsi décrit au catalogue : « Portrait du président Richardot, cheveux, moustache, petite barbe, fraise au col ; sa main gauche tombe sur un livre à demi-fermé; sa main droite pose sur l'épaule de son fils, qui est devant lui tête nue, vêtu de blanc, la main sur la hanche ; dans le fond/du ciel, une colonne, un rideau. »

Actuellement au Louvre (n* 1985) : H. 1 m. 10. — L. o m. 75.

Théodore Van Tulden. L'apparition de Jésus-Christ dans sa gloire à une sainte; de 17 pieds 6 pouces de haut sur 1 1 pieds 5 pouces de large.

Jean Livens. La Visitation de la Vierge; cintré par le haut ; de 8 pieds de haut sur 6 de large.

(i) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1783).

33o TABLEAUX ACHETES POUR LE ROI

Coutier i j. L'Adoration des bergers; de 14 pieds de haut sur 9 de large.

Achetés, tous les trois, en 1777, à la vente des Jésuites, en Flandre [2) : les tableaux de Licvcns et de Cossicrs sont signalés par Decamps, dans l'église des Jésuites de Bruxelles (3,. — Les deux premiers rentoilés et marouflés en 1777, par Hacquin (A. N. O' 1933;. — Ces trois tableaux furent restaurés, vers 1784, par Godefroid : • Avoir nettoié et repointillé avec soin à l'outremer plusieurs places de remplissage au grand Vantulden, qui représente la Vierge aux pieds du Sauveur ; avoir refait plusieurs repeins et remplissages, 72 livres. — Avoir nettoyé le tableau de la Visitation de la Vierge par J. Livens, avoir levé plusieurs repeins dans la joue de la Vierge, sur la robe et l'avoir rcpointillé en plusieurs endroits pareils, 72 livres. — L'Adoration des bergers de Couttiers ; l'avoir nettoyé, levé tous les repeints et refait toutes les parties de remplissages en grande quantité, refait aussi la moitié de la téte de l'enfant et son linge, la draperie de la Vierge, le pied du berger debout, la jambe et le pied du berger à genouil, et beaucoup d'endroits dans les enfants de la gloire. 240 livres » (A. N. O' ig33).

Actuellement les tableaux de Van Thuldcn et de Lievens sont au Louvre (n»» 2444 du classement actuel et 53o du catalogue Villot) : H. 2 m. 80 et 5 m. 73. — L. t m. 98 et 3 m. 60 ^4,.

François Sniders. L'intérieur d'une cuisine où l'on voit sur une table un cigne, un paon, du gibier, des volailles, etc. ; de 8 pieds de haut sur 9 pieds 7 pouces de large.

Acheté, en 1785, à la vente de Piles (A. N. O" 191 3). — Restauré par Godefroid à cette date : « La grande cuisine de Snider ; l'avoir nettoié, avoir levé tous les repeins, principalement au cigne dont j'ai repeint les

(1) Lire : Cossicrs.

(2) Cf. page 547 supra.

(3) Op. cit., 64 et 63.

(4) L'Etat a envoyé, en i8o3, au musée de Rouen, une Adoration des bergers, de dimensions assez rapprochées de celles du tableau de Cossiers ( 10 pieds 9 pouces sur 7 pieds 6 pouces), mentionné comme provenant d'une église des Pays-Bas, et attribué a Van Thuldcn : il n'est point mentionné aux catalogues de ce musée. Peut-être serait-ce là, sous une attribution différente, le tableau de Cossiers?

Hacquin, dans son Inventaire (A. N. O' 1964), mentionne encore parmi les acquisitions faites en Flandre ■ un petit tableau d'autel • de Lievens, représentant une Fuite en Egypte.

deux ailes et repointillé beaucoup de places remplies ou repeints mal faits. y6 livres» (A. N. O' ig33).

Actuellement au;muséc de Caen, où il fut envoyé par l'État en 1811 ; H. 2 m. 23. — L. 2 m. 36.

David /Teniers. L'enfant prodigue représenté à table avec des femmes ; sur cuivre ; de 2 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

Acheté, en 1783, par Paillet à la vente Blondel d'Azincourt; il fut payé 2 5,ooo livres ; voici le début de la reconnaissance, en date du 8 mai 1783, de Paillet pour les tableaux achetés à cette vente (A. N. O' 1934 B) :

■ Je soussigné Alexandre-Joseph Paillet, demeuré adjudicataire dans le cours de la vente faite publiquement à Paris, en février dernier, du cabinet de M. Blondel d'Azincourt, de quatre tableaux qui sont :

« Un de Kareï \Dujardin, connu sous le titre du Charlatan, moyen-

nant i8,3oo livres.

■ Un de Teniers, représentant l'Enfant prodigue 2 5, 000 »

« Un de Berghem, représentant une Vue des environs de Nice. 6,090 » « Un de Met^u, connu sous le titre du Marché aux herbes »

d'Amsterdam i8,o5i »

Total 67,441 livres.

« Lesquels tableaux j'ai remis au même prix qu'ils m'ont été adjugés pour être réunis à la collection des tableaux de Sa Majesté sous l'administration de M. le comte d'Angiviller, directeur et ordonnateur général des Bâtiments. •

Le tableau de Teniers est ainsi décrit au catalogue de cette vente : « L'En~ fant prodigue : composition de dix figures où le peintre s'est représenté luimême à table avec des courtisanes, servi par ses domestiques et égayé par des musiciens; le fond offre un beau paysage, où on l'aperçoit réduit à la misère et gardant les pourceaux. » Il avait précédemment appartenu à Blondel de Gagny, à la vente duquel, en 1783, il fut payé 3o,ooo livres. — Nettoyé en 1785, par Godefroid : « avoir levé l'ancien verni sale et jaune et en avoir passé un autre » (A. N.IO' 1933).

Actuellement au Louvre (n* 21 56) : H. o m. 68. — L. o m. 88.

Teniers. Le reniement de saint Pierre, représenté dans un corps de garde à la flamande ; sur bois ; d'un pied un pouce de haut sur un pied 6 pouces de large.

Acheté 10,319 livres, en 1784, à la vente du comte du Merle (A. N. O*

191? et 1934*); le catalogue le décrit ainsi : « Le reniement de saint- Pierre ; composition de treize figures dans un corps de garde, à droite, saint Pierre debout devant une cheminée, la tétc tournée du côté d'une servante qui lui frappe sur l'épaule ; au milieu, quatre hommes jouant aux cartes ; plus loin, quatre soldats se disposent à sortir. Signé et daté de 1646. Cuivre parqueté d'un châssis de bois. »

Actuellement au Louvre (n« 21 55) : H. o m. 38. — L. o m. 5i. — Signé ; David Tenter s /., an. 1646.

Teniers. Une ferme au bord cT une rivière; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 6 pieds de large.

Acheté en Hollande, en 1784, par Bcrtcls, au prix de 8,000 livres ; il provenait du cabinet du chevalier de Veralt (A. N. O' 1913 et 1934 *).

Actuellement au Louvre (n» 2160): H. 1 m. 20. — L. 2 m. o3.

Teniers. La chasse du héron et du faucon ; de 2 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds 4 pouces de large.

Acheté 3,2oo livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudrcuil (A. N. O' 1934); le catalogue le décrit ainsi : « Une chasse au faucon; l'archiduc Léopold s'y voit à cheval avec deux autres personnages; un héron se débat entre deux faucons; un valet accourt, et d'autres oiseaux se montrent. •

Actuellement au Louvre (n° 2164) : H. o in. 8i . — L. 1 m. 18. — Signé : D. Teniers/.

Nicolas Berchem. Un grand paysage, orne' de figure et de bestiaux ; de 3 pieds 10 pouces de haut sur 5 pieds 10 pouces de large.

Ce tableau fut vendu au Roi par le comte de Vaudreuil, à la suite de la vente faite de son cabinet (1). Il avait précédemment passé aux ventes La Live de Jully, en 1770, où il fut payé 8,2 52 livres; Randon de Boissct, en i ,777, où il fut acheté 10,100 livres; Lebœuf, en 1782, où il atteignit 18,000 livres. Il est décrit comme suit au catalogue Randon de Boissct : « Une femme, assise sur un cheval, est accompagnée d'un homme sur un

{1) Cf. page 548 supra.

TABLEAUX ACHETÉS POl^R LE ROI

mulet; suit une femme avec son enfant et un paquet sous son bras; non loin, un homme tient un agneau, et diverses bétes se voient auprès ; sur des plans plus éloignés, des animaux et des figures; le paysage, termine par des montagnes, est enrichi d'arbres et de fabriques. «

Actuellement au Louvre \,n° 23 14) : H. 1. m. 3o. — L. i m. g5. — Signé : C. Berghem f. i653.

Berchem. La vue des côtes de Nice ; de 3 pieds de haut sur 4 pieds io pouces de large.

Acheté 6,090 livres, en 1783, à la vente Blondel d'Azincourt (1); il est ainsi décrit au catalogue : « Vue des environs de Nice et des côtes de Provence ; vaste paysage du plus beau site; on y voit à gauche plusieurs arbres et un chemin sur lequel passent un homme et une femme conduisant des bœufs et autres animaux ; au milieu, coule une rivière aux pieds d'un coteau enrichi de fabriques; au fond, des montagnes. » Il avait précédemment passé a la vente Blondel de Gagny, en 1776, où il fut adjuge 5, 810 livres. — Restauré, vers 1784, par Gode froid : « avoir repointillé, nettoyé, verni et levé les repeints » (A. N. O' io33).

Actuellement au Louvre (n» 23 1 3) : H. o m. gî>. — L. 1 m. 38. — Signé : C. Berghem.

Bercheh. Des bestiaux passant une rivière; sur bois; de 1 1 pouces de haut sur un pied 2 pouces de large.

Acheté 7,310 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudrcuil (A. N. O' 1934 B) ; il est ainsi décrit au catalogue : « Des pâtres et des bestiaux franchissant un ruisseau; une femme en corset rouge est montée sur un cheval bai ; à gauche, est un homme à pied, suivi de son chien, et un troupeau de dix-neuf vaches dont une est montée par un paysan ».

Actuellement au 1 -ouvre (n* 23 1 5) : H. o m. 32. — L. o m. 40.

Philippe Wouvermans. Le bœuf gras, fête flamande; sur bois; d'un pied 5pouces de haut sur un pied 3 pouces de large.

Acheté par Paillet, en 1783, 3,ooo florins par Locquet, d'Amsterdam

(1) Cf. page 55 1 supra.

(A. N. O' 191a); il avait précédemment passé, en 1765, à la vente Walraven, où il fut payé 1,000 florins.

Actuellement au Louvre (n« 2621) : H. o m. 47. — L. o m. 42.

Wouvermans. Un manège avec beaucoup de chevaux ; d'un pied 6 pouces de haut sur un pied 3 pouces de large.

Acheté, en 1783, par Paillet à Anvers, chez M. Neyman (A. N. O' 1912).

Actuellement au Louvre (n° 2636) : H. o m. 49. — L. o m. 41 .

Wouvermans. La chasse au cerf; sur cuivre; d'un pied 2 pouces de haut sur un pied de large.

Acheté 9,000 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O* 1934 B). Il avait précédemment passé par les ventes de la comtesse de Verrue en 1737 ; de Quentin de Lorangère, en 1744* où il fit 770 livres ; de Blondel de Gagny, en 1776, où il fut adjugé 6,620 livres; de Blondel d'Azincourt, en 1783, où il atteignit 7,901 livres.

Actuellement au Louvre (n* 2625) : H. o m. 3o. — L. o m. 39.

Wouvermans. Un abreuvoir sous un pont ; de 2 pieds de haut sur un pied 8 pouces de large (1).

Acheté, en 1784, par Bertels en Hollande; on en demandait 12,000 livres (A. N. O' ig34 B).

Actuellement au Louvre (n° 2622) : H. o m. 58. — L. o m. 68.

Jean Wynants. Un paysage, orné de figures parmi lesquelles un chasseur et des bestiaux de toutes espèces ; de 3 pieds 5 pouces sur 4 pieds 4 pouces.

Acheté 12,000 livres au maréchal de Noaillcs, entre 1779 et 1785 (A. N. O' 1934 B). Il avait précédemment figuré dans la collection Randon de

(1) Il doit y avoir une inversion sur le texte et les dimensions en largeur ont dû être mises au lieu de celles en hauteur.

Boisset, et, lors de la vente qui en eut lieu en 17771 *' rat adjugé 10,000 livres; le catalogue le décrit ainsi : « La célèbre toile qui appartint d'abord à M. Lubbeling, d'Amsterdam; elle représente un arbre dépouillé d'une partie de son écorce; un autre, dont le haut est renversé par terre; des plantes, des broussailles et des arbres ; à droite, une vue de paysage, très étendue; les figures, parmi lesquelles on remarque deux chasseurs, et les animaux sont d'Adrien Van de Velde. »

Actuellement au Louvre (n* 2636) : H. 1 m. 16. — L. t m. 44.

Wynants. Paysage, où l'on voit des chaumières sur le second plan et des bestiaux répandus sur les autres, avec quelques figures ; de 2 pieds 8 pouces de haut sur 5 pieds 8 pouces de large.

Acheté, en 1785, en Hollande, par Bertcls : on en demandait 10,000 livres; l'attribution en était faite à Wynants et Van de Velde ,'A. N. O* 1913 et 19348).

Actuellement au Louvre (n° 2637) : H. o m. 90. — L. 1 m. 22. — Signé : J. Wynants et A. V. Velde.

Pinaker. L'extérieur d'une auberge avec figures; d'un pieds 6 pouces en quarré.

Ce tableau fut acheté, en 1783, par Faillet, en même temps qu'un autre de ce même artiste, qui ne peut être que le paysage marin du Louvre omis sur ce catalogue : l'un, à la vente Locquet, l'autre, chez M. Neyman (A. N. O" 1912). — Restaurés, tous les deux, à cette date par Godefroid : • avoir lavé et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies » (A. N. O' 1933).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (n»'253o du classement actuel et 402 du catalogue Villot) : H. o m. 5o et o m. 80. — L. o m. 77 et o m. 56.

Gabriel Metzu. Un marché aux herbes avec beaucoup de figures ; de 2 pieds 10 pouces de haut sur 2 pieds 5 pouces de large.

Acheté i8,o5i livres, en 1783. à la vente Blondcl d'Azincourt {1) ; il avait (t) Cf. page 55 1 supra.

b 36 TABLEAUX ACHETÉS POl'R LE ROI

été précédemment vendu 28,000 livres, en 1777, à la vente de M"e Geoffrin, et 25,8o8 livres, en 1776, à celle de Blondcl de Gagny. Le catalogue de cette dernière vente le décrit ainsi : • Le marché aux herbes d'Amsterdam : au premier plan, l'étalage d'une femme de campagne, des légumes, de la volaille et un épagneul ; une vieille femme, les poings sur les hanches, paroi t furieuse à côté d'un vieillard fort tranquille ; un petit maître exprime son amour à une jolie bourgeoise ; plus loin, des marchandes de gibier, d'eau-de-vie, un quaker à grand chapeau, un arbre, des groupes. » — Restauré, vers 1784, par Godefroid : « avoir lavé et verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies > (A. N. O' iq33).

Actuellement au Louvre (n* 2458) : H. 1 m. 35. — L. o m. 82. — Signé : Met su.

Metzu. Un chimiste dans son laboratoire; de 10 pouces de haut sur 8 pouces 6 lignes de large.

Acheté 3,ooi livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 •») : il avait précédemment été adjugé 2,5oi livres, en 1779, à la vente du prince de Conti et 3, 200 livres, en 1 772, à celle du duc de Choiseul. Il est ainsi décrit au catalogue de la vente du prince de Conti : « Il tient sur ses genoux un grand livre ; sur l'appui de la croisée est un mortier en bronze avec un pot de faïence. »

Actuellement au Louvre (n° 2461) : H. o m. 27. — L. o m. 24. — Signé : Metsu.

Paul Poter. Des vaches dans une prairie; sur bois; de 2 pieds 5 pouces de haut sur 3 pieds 6 pouces de large.

Acheté 1 5,ooo livres, en 1784, à la vente du comte de Vandreuil (A. N. O' 1934 B) : précédemment adjugé 7,3a 1 livres, en 1781, a la vente de Pange ; 6,000 et 9,53o livres à celles du prince de Conti en 1779 et en 1777; 8,001 livres, en 1772, à la vente du duc deChoiseul ; 4911 livres, en 1767, à la vente Julliennc. Il est ainsi décrit au catalogue de cette dernière : « Trois vaches dont une couchée (i)<et trois petits moutons dans une prairie; au loin, à droite, plusieurs vaches, un homme et une maison de fermier; daté de i652. »

Actuellement au Louvre (n* 2527) : H. o m. 83. — L. 1 m. 21. — Signé : Paulus Potier f. 16*2.

(1) Les autres catalogues ajoutent : « dont une se frotte contre un arbre. »

Jacques Ruisoael. Une tempête; de 3 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

Acheté en 1783, par Paillet à ta vente Locquet à Amsterdam au prix de 1,410 florins. (A. N. O' 191a). — Restauré, vers 1784, par Godefroid : « avoir lavé, verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques pctites-écailles remplies ». (A. N. O- 1933).

Actuellement au Louvre (n« a558) : H. 1 m. 10. — L. 1 m. 56. — Signé : J. Ruisdail.

Ruisoael. Un paysage, on y voit un effet de soleil sur une plaine ; de 2 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds de large.

Acheté, en 1784, 4,36o livres à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 •*); il est ainsi mentionné au catalogue : « Dans une rivière se baignent trois jeunes gens ; trois personnes traversent le pont ; un pauvre demande l'aumône à un cavalier en manteau rouge; les figures sont de Wouvermans. »

Actuellement au Louvre (n* a56o) : H. o m. 83. — L. o m. 98.

Ruisdael. Autre paysage, où l'on voit un chemin montueux sur le devant, et un village dans le fond; de 2 pieds de haut sur 2 pieds 6 pouces de large.

Salomon Ruisdael. — Autre paysage, où l'on voit une maison en brique; de mûmes dimensions.

Achetés vraisemblablement, tous les deux, en Hollande et en Flandre, par Paillet en 1783 (A. N. O' 1913) (1).

Actuellement le premier de ces tableaux au Louvre (n» a55y) : H. o m. 66. — L. o m. 80. — Signé : J. Ruisdael.

(1) ■ J'ai un paysage de Ruysdael et j'espère déterminer M. Danoot, de Bruxelles, de me laisser emporter le sien, qui est aussi une merveille en paysage. .

Kuip. Une grande prairie^ garnie de pâtres et de bestiaux ; de 5 pieds de haut sur 7 pieds 3 pouces de large.

Acheté, en 1783, par Paillet en Hollande (A. N. O' 1912) (i). — Restauré, vers 1784, par Godefroid : « avoir nettoié Je ciel avec soin, et refait quelques places de remplissages. 24 livres • (A. N. O1 io33); et, en 1789, par Martin : « l'avoir racordé tout à l'entour, réparé plusieurs trous et gersures. 48 livres » (A. N. O' 1931).

Actuellement au Louvre (n» 2341) : H. 1 m. 71. — L. 2 m. 29. — Signé : A. Cuyp.

Karel du Jardin. Le marchand d'orviétan ou la parade.

Acheté i8,3oo livres, en 1783, à la vente Blondel d'Azincourt (2); il est ainsi mentionné au catalogue : « Le tableau de ce maître, connu sous le nom du Charlatan; il est vu sur un théâtre avec un habit de Scaramouche dans une posture comique, amusant une foule de spectateurs assemblés autour de lui ; plus bas, est assis un homme qui joue de la guitare ; on remarque parmi les figures attentives à la parade, celles d'un homme, vêtu d'un manteau et d'une femme qui porte un enfant sur son dos et compte de l'argent ; au fond, des ruines, un paysage et un ciel brillant. Bois ; 16 pouces sur 18 environ. Ce charmant tableau provient aussi de la vente Blondel de Gagny (1776), où il fut payé i6,3i2 livres». — Restauré, en 1783, par Godefroid : « avoir lavé et verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles » (A. N. O1 1933).

Actuellement au Louvre (n* 2427) : H. o m. 42. — L. o m. 52. — Signé : K. du Jardin, fec.

Du Jardin. Une prairie ornée de bestiaux ; d'un pied 6 pouces sur un pied un pouce de large.

— Une plaine, arrosée d'une rivière ; de 8 pouces de haut sur 10 pouces de large.

Achetés, tous les deux, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil, au

(1 ) « J'ai aussy trouvé un tableau de Kuyp, qui ne doit être possédé que d'un souverain. »

(2) Cf. page 53 1 supra.

prix de 8,90c et de 2,400 livres (A. N. O' 19348). Le premier de ces tableaux avait précédemment été payé, en 1777, 5,5oo livres à la vente Randon de Boisset ; il est ainsi mentionné au catalogue : « Dans une prairie, semée de plantes et de broussailles, se voient, au premier plan, quatre moutons, une vache qui pâture, et des pou lés ; sur le second plan, dans un fourré, un veau ; plus loin, des chevaux ; à gauche est assis sur un tertre, sous des arbres, un homme avec son chien (1). » — C'est ce même tableau que vise sans doute ce mémoire de Gode froid, en date de 1785 : « La petite prairie ornée de vaches, de Carie Du jardin : avoir lavé et verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies » (A. N. O' 1933).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (n«* 2429 et 2428) : H. o m. 5 1 et o m. 23. — L. o m. 46 et o m. 3o. — Signés : K. du Jardin.

Du Jardin. Des bestiaux éclairés du soleil ; d'un pied 6 pouces de haut sur un pied 3 pouces de large; sur bois(2).

— Un canal glacé; peint sur bois; de 8 pouces de haut sur 10 pouces de large.

Le premier acheté, en 1784, 4,43o florins à la vente Locquet (A. N. O' 1912); il avait été précédemment vendu i,5oo florins, en 1766, à la vente Sydewelt et le même prix, en 1771, à la vente Braamcamp; il est ainsi mentionné au catalogue de cette dernière : « Un paysage, sur une élévation on voit deux vaches, dont l'une se repose; à côté d'elles, deux moutons et un agneau qui sont éclairés par un coup de soleil ; sur le devant, à l'ombre, est un àne qui se repose; entre le premier et le second plan brille une chute d'eau. »

Actuellement le paysage au Louvre (n* 2430) : H. o m 54. — L. o m. 44. — Signé : K. Du Jardin/., 1646.

Van Goyen. Une marine avec un village dans le fond et des pécheurs sur le devant ; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

— Une autre marine, où Von voit un vieux château et un moulin; de 3 pieds de haut sur 4 de large.

(i) Le catalogue de Vaudreuil ajoute ce détail : « le soleil éclaire cette charmante composition ».

{2) Cette indication est probablement erronée, et doit s'appliquer 'au tableau précédent, qui est cflectivcmcnt peint sur panneau.

L'un d'eux restauré par Godefroid vers 1784 : « La marine de Van Goyen : avoir lavé, verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies . (A. N. O' i933).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (n** a375 et 2377) : H. 1 m. 1 3 et o m. 98. — L. 1 m. 54 et 1 m. 34. — Signés : V. G. i653et 1644.

Rembrandt. Un portrait de femme ; de 2 pieds 6 pouces de haut sur 2 pieds de large.

Acheté i,38o livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. ()' 1934 B) : il est mentionné au catalogue : • Une belle femme, à mi-corps, en cheveux, portant un mantelct qui laisse voir une partie du bras gauche, orné d'un bracelet de perles ; il vient du duc de la Vallière. •

Actuellement au Louvre (n° 2^47) : H. o m. 72. — L. o m. 60.

Rembrandt. Un vieillard méditant, une vieille femme attisant le feu dans un coin du tableau ; de 10 pouces de haut sur un pied de large ; sur bois.

— Autre vieillard y son pendant.

Achetés, tous les deux, 24,999 livres, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O" 1934 B); ils avaient été précédemment payés 14,000 livres, en 1772. à la vente du duc de Choiscul, et 10,900, en 1777, à celle de Randon de Boisset.

Actuellement au Louvre (n*« 2^40 et 2541): H. o m. 28. — L. o m. 33.

Dans le style du même. Une tête de vieillard ; sur bois ; ovale ; de 4 pouces 6 lignes de haut sur 3 pouces 6 lignes de large.

Une tête de vieille, faisant pendant.

Achetés, en 1784, 2, Soi livres à la vente du comte de Vaudreuil, où ils étaient attribués, le premier à Schalken et le second à Gérard Dov i.A. N O' iy34B).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (n** 2567 et 23381. avec arrribution à Schalken et à G. Dov : H. o m. 12. — L. o m. 09. — Le second si^né : G. IXn:

Wenix le vieux. L'embarquement dun général avec' sa troupe et ses munitions, les adieux des parens à ses soldats ; de 3 pieds 6 pouces de haut sur 5 pieds 2 pouces de large.

Acheté, en 1783, à la vente Locquet (A, N. O' 1912). — Restauré aussitôt après par Godefroid : « avoir lave, verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies » (A. N. O' ig33).

Actuellement au Louvre, sous ce titre : « les corsaires repoussés • (n» 2609) : H. 1 m. 24. — L. 1 m. 76. — Signé : G10 Battista Wenix f.

Adrien Van Ostade. Un maître d'école avec beaucoup d'en/ans; sur bois; d'un pied un pouce de haut sur un pied de large.

Adrien Van Ostade. Des nourrices sevreuses et beaucoup d'en/ans; sur bois; d'un pied de haut sur un pied

Isaac Ostade. Un hiver, des patineurs sur un canal glacé; de 3 pieds de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

Achetés tous les trois, en 1784, à la vente du comte de Vaudrcuil aux prix de 6,601, 1,201 et 6,00 1 livres (A. N. O' 1934B); le catalogue mentionne ainsi deux d'entre eux : « L'Ecole hollandaise ; il y a des enfants des deux sexes et, sur la droite, un escalier rustique; des cabinets Julienne (6,62b livres. 1767), Randon de Boisset (6,610 livres. 1777), et de Pange (6,000 livres. 1781). — Un canal glacé : à droite un homme et une femme dans un traîneau attelé d'un cheval blanc, prés duquel est le conducteur, à quelque distance passent, dans un chemin, un cavalier et trois autres personnes; au milieu un homme, appuyé sur un traineau chargé d'une barrique, semble parler à un autre homme vu de dos. »

Actuellement, tous les trois, au Louvre, (n** 2496, 2498 et 25io) : rl.0m.40, o m. 34 et 1 m. — L. o m. 33, o m. 44 et t m. 5o. — Signés, les deux premiers : A. V. Ostade, 1 662 et 1642 ; le troisième : Isack van Ostade.

Gérard Dow. Un jeune homme sonnant de la trompette; sur bois ; d'un pied un pouce de haut sur 10 pouces de large.

Acheté 7,000 florins, en 1783, à la vente Locquet (A. N. O' 191 2) ; il avait précédemment été payé 1,925 florins, en 1757, à la vente Loot van Sanvoort, et 3,120 florins, en 1771, a celle «Je Braamcamp; ce dernier catalogue le décrit ainsi : • Le joueur de trompette; dans le fond, on voit une compagnie joyeuse de l'un et l'autre sexe à table ; sur la rampe est une aiguière avec son plat d'argent et un tapis fait au métier ; au dessous de la niche est un rideau relevé. •

Actuellement au Louvre (n* a35i) : H. o m. 38. — L. o m. 29. — Signé : G. Dov.

Gérard Dow. L'Épicière ou la marchande de poivre ; sur bois ; cintré par le haut ; d'un pied 2 pouces de haut sur 1 1 pouces de large.

Acheté, en 1784, 16,901 livres à la vente du comte de Vaudrcuil (A. N. O1 1934 e); il avait été précédemment payé 1,200 florins, en 1751, à la vente Beunengen à Amsterdam ; 7, 1 5o florins, en 1 766, à celle de Mae Backer à Leyde ; i5.5oo livres, en 1777, à celle de Randon de Boisset. Il est ainsi mentionné au catalogue de cette dernière : « Une marchande épicière pèse dans ses balances des objets destinés à une vieille femme, qui compte de l'argent et dont la domestique porte un panier à son bras; derrière, un jeune garçon tient un pot. »

Actuellement au Louvre (n* a35o) : H. o m. 38. — L. o m. 28. — Signé : G. Dov. 1647-

Jean Pierre Slingeland. Une famille hollandoise, on y voit un nègre apportant une lettre ; de 2 pieds un pouce de haut sur un pied 4 pouces de large.

Acheté, en 1783, par Paillet en Hollande, comme l'atteste ce passage d'une lettre du 22 septembre adressée par lui à d'Angiviller (A. N.O' 1912):

« Je suis encore bien heureux pour un tableau le plus rare à rencontrer. Je vous présenterai aussi le plus capital et le plus précieux tableau de Slingeland. Voici comment je l'ai eu ; dans le moment que celui de la vente (Locquet) fut vendu et qui étoit des plus médiocres, quelqu'un dit a coté de moi à M. Le Brun, que le plus beau tableau de ce maitre était à La Haye chez un banquier juif. J'ay pris une barque de nuit et, à dix heures du matin, le tableau a été découvert et en ma possession. Le prince d'Orange le marchandait 200 à 3oo florins depuis 6 mois et j'en ai été convaincu, ayant été voir vendredi dernier le cabinet du prince, le gardien m'a dit qu'il allait

TABLEAUX ACHETÉS PpUR LE ROI 563

acquérir incessamment le plus beau tableau de Slingelandt, qui soit dans le pays. Je n'ay rien dit, mais vous jugerez qu'il étoit nécessaire d'être diligent. »

Actuellement au Louvre (n« 2568) : H. o m. 52. — L. o m. 44.

Henri de Voes (i). Le portrait de Pinaker, peintre ; de 9 pouces de haut sur 7 pouces de large.

Acheté, en 1784, 1,802 livres, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 e) et mentionné ainsi au catalogue : « Le portrait de Pynaker; il est debout, sa palette à la main, couvert d'une draperie violette. » — Le marchand de tableaux Le Brun a écrit à ce sujet (3) : « J'ai acheté à la vente de van Maker, à Leyden, un tableau de Voys, qu'on dit être le portrait de Pynakert; il a orné le cabinet de M. de Boisset. » Il fut vendu 45o livres à cette dernière vente et il était donné comme portrait de de Voys par lui-même.

Actuellement au Louvre (n* 2607) : H. o m. t5. — L. o m. 22.

François Miéris. Un avare pesant de l'or ; sur bois ; de 1 o pouces de haut sur 8 pouces de large.

Actuellement au Louvre (n* 23S4), avec attribution à Gérard Dov : H. o m. 27. — L. o m. 2a. — Signé : G. Dov 1664.

Miéris. Une dame à sa toilette ; sur bois ; de 10 pouces de haut sur 8 pouces de large.

Ce tableau fut vendu 63o florins, en 1738, à la vente du comte de Fraula, à Bruxelles; en 1763, 83o florins à celle du cabinet Lormier à La Haye; en 1773, 1010 florins à celle de Van der Marck à Amsterdam. Ce dernier catalogue le mentionne ainsi : • Dans un intérieur, une dame est assise à sa toilette et se peigne; elle est vetuc d'une mantille de velours violet et d'une jupe de satin bleu ; on distingue un flacon, des vergettes, un miroir, une négresse qui tient une aiguière d'argent. •

Actuellement au Louvre (n° 2470) : H. o m. 27. — L. o m. 22.

(1) Lire : n Ary de Voys. »

{2) Manuel du muséum français. École flamande, II, p. 29.

Miéris. Petit portrait d'un homme, tenant une canne; de 9 pouces de haut sur 7 pouces de large ; sur bois.

Miéris. Autre portrait en pied d'un homme, vêtu de noir ; sur bois; d'un pied de haut sur 1 1 pouces de large.

Ce dernier acheté, en 1784, 2,100 livres à la vente du comte de Vaudreuil, avec attribution à Ary de Vois (A. N. O' 1934 B) ; le catalogue le mentionne ainsi : ■ Un homme en justaucorps noir, en pantoufles, coiflé d'une toque, est assis à une table où sont des livres, une sphère, une écritoirc. »

Actuellement au Louvre (n° 2606) avec attribution k Ary de Vois : H. o m. 39. — L. o m. 3i.

Gasp. Netscher. Vénus pleurant Adonis ; d'un pied 2 pouces de haut sur 1 1 pouces de large.

Acheté, en 1784, 423 livres à la vente du comte de Vaudrcuil, où il était attribué à Constantin Netscher (A. N. O' 1934 »).

Actuellement au Louvre (n* 2488), avec attribution à Constantin Netscher : H. o m. 41. — L. o m. 32.

Ven-Dreden (i). Vue de l'hôtel de ville d'Amsterdam ; de 2 pieds un pouce sur 2 pieds 6 pouces de large.

Acheté, en 1783, par Paillet en Hollande, comme l'atteste ce passage d'une lettre adressée par lui au comte d'Angiv iller le 22 septembre (A. N. O' 19 1 2) :

« Je puis aussy me flatter d'avoir remporté une victoire ayant achepté chez M. Rrandt le tableau de Van der Heyden le plus capital et connu de toute la republique. M. de Boisset a fait offrir 1,000 louis et plus sans pouvoir l'obtenir. Ce tableau est d'une étonnante conservation et d'une grandeur peu commune, jamais personne n'y a mis la main. Je tiens ce tableau de la famille même de Van der Heyden. J'ai trouvé le bon moment (2). »

(1) Lire : Van der Heyden.

(2) Filhol rapporte à ce sujet que le détenteur de ce tableau, bien que l'ayant eu en héritage, se plaignait de l'avoir payé 1,000 florins sur l'estimation d'inventaire; il avait toutefois refuse de le céder à de Boisset et à Paillet. Pour réussir, ce dernier s'avisa du (moyen suivant :à

Actuellement au Louvre (a° 3399) : H. o m. 72 — L. o m. 86. — Signé : J. V. D. Heyden, n» 1668.

Ven-Dreden, Vue d'un village hollandais; d'un pied 3 pouces dè haut sur un pied 8 pouces de large.

Actuellement au Louvre (n# 2401) : H. o m . 45 . — L. o m . 56. - Signé : V. Heyden.

Adrien Vel-den-Velde (i). Une prairie marécageuse, garnie de bestiaux; d'un pied 6 pouces de haut sur 2 pieds 2 pouces de large.

Acheté 19,910 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 B) où il est ainsi mentionne au catalogue : « Près d'une rivière s'élève une ferme ; un pâtre pèche à la ligne ; un second surveille des bœufs, chevaux, moutons, vaches, chèvres, disséminés ».

Actuellement au Louvre (n" 2596) : H. o m. 5o. — L. o m. 71. —Signé : A. V. Velde, 1664-

A. Van den Velde. Autre prairie, sur laquelle paissent des bestiaux ; d'un pied un pouce de haut sur un pied 7 pouces de large.

Acheté 2610 florins, en 1783, à la vente Locquet à Amsterdam (A. N. O' 1912) : précédemment payé 3,ioo livres, en 1769, à celle de La Live de Jully.

Actuellement au Louvre (n» 2593) : H. o m. 3g. — L. o m. 5i. — Signé : A. V. Velde /. 1661.

l'heure de la Bourse, il dépécha près de Brandt un courtier pour lui dire qu'un étranger voulait acquérir le tableau et que, pour le décourager, il fallait lui fixer un prix éxagéré. Brandt y consentit et demanda 6,000 florins; le courtier alors lui mit 14 florins dans la main, en ajoutant qu'il prenait le tableau et allait solder la somme. Ces sortes d'engagements pris à la Bourse étaient irrévocables, et Brandt fut obligé de céder son tableau.

(1) Lire : Van den Vcldc.

Adr.etGuil. Venden Velde. Le passage du stathouder sur le port de Scheveling ; d'un pied un pouce de haut sur un pied 6 pouces de large.

Acheté 6,80 1 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 B). Précédemment payé 1,000 florins, en 1771, à la vente Braamcamp, où le catalogue le mentionne ainsi : « La vue du village de Scheveling p>'às La Haye; on voit sur le rivage de la mer un carosse, attelé de six chevaux blancs ; à la livrée des domestiques il paroit que c'est l'équipage du prince d'Orange ; il y a sur le rivage une grande arfluence de monde qui se promène, et, dans le lointain, on aperçoit la mer avec plusieurs barques de pécheurs.» — Passa ensuite, en 1777, à la vente du prince de Conti (5,073 livres) ; en 1779 à celle de Trouard (3,8oo livres) ; en 1780 à celle de Nogaret.

Actuellement au Louvre (n° 25g3), avec attribution unique à Adrien Van de Velde : H. o m. 37. — L. o m. 49. — Signé : A. V. Velde f. 1660.

Louis Backuisen. Une mer agitée par un grain de vent; d'un pied 3 pouces de haut sur un pied 1 1 pouces de large.

Acheté 4,3oo livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934B), où il est ainsi mentionne par le catalogue : • Sur le bord d'une mer agitée, non loin des maisons, un homme, une femme et leur enfant semblent attendre l'arrivée d'un yacht. »

Actuellement au Louvre (n° a3o6) : H. o m. 46. — L. om. 65.— Signé : L. Back.

Kalf. L'intérieur d'une cuisine; sur bois; d'un pied 3 pouces de haut sur un pied 6 pouces de large.

Acheté 801 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' >934 B, ; précédemment payé 600 livres, en 1771, à la vente du peintre Boucher.

Actuellement au Louvre (n» 2436) : H. o m. 40. — L. o m. 53.

Barth. Van der Helst. Des prix adjugés par quatre bourguemestres à de jeunes tireurs d'arcs ; d'un pied 5 pouces sur 2 pieds de large.

Acheté 10,010 livres, en 1784, à la vente du comte de Vaudreuil (A. N. O' 1934 B), où il est ainsi mentionné par le catalogue : « Quatre personnages, vêtus de noir, vont distribuer les prix du tir à l'arc, un gobelet d'argent, une bandoulière; trois jeunes gens, qui ont en main leur arc, paroissent attendre la distribution des prix. Ce tableau vient de la vente Loquet d'Amsterdam. »

Actuellement au Louvre (n»"a394) : H. o m. 5o. — L. o m. 67. — Signé : Bartholomeus van der Helstfecit, 16 53.

Martin Heemskerk. Une tabagie ; sur bois ; de 7 pouces de haut sur to pouces de large.

Actuellement au Louvre (n» 194 ou 19S du catalogue Villot) : H. o m. 58. — L. o m. 83. — Signé : H. K.

Both. Un paysage, soleil couchant; de 2 pieds un pouce de haut sur un pied 9 pouces de large.

Acheté, en 1783, à la vente Locquet d'Amsterdam (A. N. O* 1913). — Restauré aussitôt après par Godefroid.: « Le petit Both d'Italie ; avoir lavé et verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles remplies • (A. N. O' 1933) (1).

Actuellement au Louvre (n« 2333) : H. o m. 70. — L. o m. 58.

Palamède. Un corps de garde hollandois, on y voit plusieurs femmes avec des soldats ; sur bois ; d'un pied 8 pouces de haut sur 2 pieds 6 pouces de large.

Acheté, en 1784 par Bertels en Hollande, comme de Le Ouck (A. N. O' 1913); on en demandait 7,000 livres.

(t) En 1785, un tableau « dans le goût de Both », était signalé au Louvre : il représentait « une foire avec beaucoup de figures », et mesurait a pieds 10 pouces en carre. [Louv. 85].

Actuellement au Louvre (n» 236o), avec attribution à Le Duck : H. o m. 55. — L. o m. 84.

Ascelin. Marine, on y voit des barques où Von charge des marchandises ; d'un pied 6 pouces de haut sur un pied 8 pouces de large.

Ferd. Bol. Un vieillard, entouré d'attributs de sciences; de 4 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds de large.

Acheté 601 Iivres.cn 1777, à la vente du prince de Conti (A. N. O' 191 1). .

Actuellement au Louvre (n» 2 328) : H. 1 m. 45. — L. 1 m. 37.

Van der Meulen. Deux tableaux représentant des haltes de cavaliers ; sur bois ; ovales; de 8 pouces de haut sur 10 de large.

— Orgier (sic) dans le costume flamand ; on y voit dans le lointain la construction de V arche et la figure de Noé; de 2 pieds de haut sur 2 pieds 7 pouces de large.

Les deux premiers, achetés 3,ooi livres à lu vente du comte de Vaudreuil, en 1784 (A. N. O' 1934 B).

Actuellement, ces deux tableaux, au Louvre (n»' 2047 et 2048) : H. o m. 23. — L. o m. 33. — Signés; A. F. V. Meulen.

Cibol (1). Un portrait d'homme en bonnet gris; d'un un pied 4 pouces de haut sur un pied un pouce de large.

Acheté, en 1784, par Bertels en Hollande, comme le portrait de Seybold lui-même ; on en demandait 7,000 livres (A. N. O' 191 3).

Actuellement au Louvre (n* 2736) : H. o m. 44. — L. o m. 36.

(1) Lire : Seybold.

Le chevalier d'Utrect (i). Un paysage où Von voit une rivière; de 9 pouces de haut sur un pied 2 pouces de large.

Van-tude (2). Une marche triomphale; d'un pied de haut sur un pied 6 pouces de large.

Ce dernier passa en 1777, à la vente Nieuhoff à Amsterdam, où il fut vendu 700 florins ; ainsi mentionné au catalogue : « La fite du bouclier à Rome, sur une grande place, on y voit deux jeunes garçons, couronnés de lauriers, qui portent en triomphe un bouclier, que le peuple romain croyait lui avoir été envoyé du ciel; ces jeunes garçons sont suivis de prêtres, de musiciens, de femmes; grande foule, beaux monuments ».

Au Louvre (n» f>34 du catalogue Villot) : H.o m. 3i. - L.om.49.

Adrien Van der Werf. Moïse sauvé des eaux par la fille de Pharaon ; de 2 pieds un pouce de haut sur un pied

— Seleucus remettant sa couronne et son épouse Stratonice à Antiochus son fils; de mêmes dimensions.

— Jésus-Christ apparaissant à la Madeleine sous la figure d'un jardinier ; de mêmes dimensions.

— L'Ange du Seigneur annonçant aux bergers la naissance du Messie ; d'un pied 1 1 pouces de haut sur un pied 6 pouces de large.

— Une Madeleine pénitente; d'un pied ; pouces de haut sur un pied 5 pouces de large.

— La chasteté de Joseph; de mêmes dimensions.

— Des nymphes dansant devant un jeune faune; de mêmes dimensions.

Ces divers tableaux provenaient de la collection du chevalier anglais Page; le mémoire suivant, adressé par d'Angiviller au Roi en date du 18 décembre 1 783, montre les conditions dans lesquelles les n** 3, 3, 4 et 6 sont entrés dans la collection de la Couronne (A. N. O' 1934 B) :

(1) Lire : Adrien Van Utrecht.

(a) Lire : Van der Ulft. <

i 11 se présente en ce moment une occasion irretrouvable peut-être et singulièrement précieuse d'enrichir la collection des tableaux du Roi en y réunissant treize tableaux (i) qu'un négociant de Londres vient d'apporter dans cette vue, tous en général du premier mérite et parmi lesquels on en distingue surtout quatre, faisant partie des trente-sept tableaux qui composent la totalité des oeuvres du chevalier Adrien Van Derwef et dont aucun n'étoit, jusqu'à l'époque dont on va parler, entré dans le commerce.

« Un chevalier Grégoire Page, anglois très riche, très amateur, mort il y a quinze à dix-huit mois, est le seul particulier pour lequel le chevalier Van Derwerf ait voulu travailler, ne s'étant occupé au surplus que pour l'électeur Palatin, dans la célèbre galerie duquel à Dusseldorp sont conservés avec lu plus grande distinction vingt-cinq tableaux de ce maître et que, sans des événemens impossibles à prévoir, on ne verra jamais rentrer en mains particulières. Cet amateur anglois s'étoit procuré directement de Van der Werf douze tableaux et il attachoit un tel prix à leur possession qu'il ne les avoit transmis à ses héritiers que sous la charge d'une substitution éternelle. Ses héritiers n'ayant pas le même goût ont provocqué un acte du Parlement qui leur a permis de vendre, apparemment à charge d'emploi, tout le cabinet de tableaux. Le catalogue en a été répandu dans l'Europe avec indication de vente publique ; mais, avant que cette époque fut arrivée, les propriétaires ont accédé aux propositions d'un amateur anglois et de deux négocians, qui ont acheté la collection entière en la payant comptant.

(i) Voici la liste de ces tableaux :

« Note des treize tableaux, provenant de la collection du chevalier Grégoire Page, anglois, et apportés en France parJ. Berthelz chez Paillet, chargé des ordres de M. d'Angiviller pour les achapts de tableaux au compte du Roy.

« f Selcucus remettant à son fils Antiocus Stratonis et sa couronne, composition de sept figures, par le chevalier Van der Ver/. — a* Joseph et Putiphar, autre de Van der Ver/. — 3° L'anonce au Berger, grande composition, par le même. — 4* Le Noli me tangere ou la Magdeleine aux pieds de Jésus, par le mime. — 5* /-a Sainte Famille, par Gode/roy Schalken. — 6° Une jardinière, demie-figure, par le même. — 7» Le débarquement d'Hélène, amenée par Paris à Troye, par Gérard Lairesse. — 8» Le Siècle d'or, grande composition par Limbourg, élève de Van der Verf. — 9» Les deux Saintes Familles, par le même, tableau de grandeur du Schalken. — io« Proserpine accompagnée de ses nymphes, cueillant des fleurs dans une prairie et aperçue par Pluton qui projette de l'enlever, le tableau fait pendant au Siècle d'or par Limbourg et son auteur est Verkoellie. — 1 1» Paysage par De Ker, figures d'Adrien Ostade.— ia° Autre paysage du même, fig. par de Wett, disciple de Rembrandt. — i3» Une vue du Rhin, par Saght Leven. »

Les tableaux de Dekker et de Saft-Leven sont actuellement au Louvre (n»' 114 du catalogue Villot, 2346 et a363 du classement actuel).

TABLEAUX ACHETÉS POUR LE ROI 5jl

Ces acquéreurs se sont partagés et ont eu chacun quatre Van Derwcrf. Jean Bertels, l'un d'eux, a destiné la partie capitale de son lot à la galerie que le Roi fait établir et l'a apportée en France, à la sollicitation du sieur Paillet, employé depuis quelques années pour les commissions du Roi en ce genre et qui sur celle-ci a donné des preuves d'une fidélité et d'un désintéressement inconnus peut-être dans son état, puisqu'il s'est refusé à des propositions dont l'une pouvoit lui valoir 10,000 écus et l'autre 5oo louis.

« Le Directeur général des Bâtiments n'a pas voulu prendre sur lui seul le jugement des treize tableaux offerts par Berthels, il les a fait examiner par les meilleurs connoisseurs dans les arts : ils ont été jugés comme ils sont dignes de l'être, surtout d'après le fait qu'il n'y aura peut-être jamais d'occasion pour le Roi d'enrichir sa galerie d'ouvrages de Vandcr Werf, et que les quatre que l'on peut aujourd'hui y placer, en même tems qu'on y fera entrer les neuf autres tableaux de grands maîtres qui entrent dans la proposition de Berthels, peuvent contribuer beaucoup à décider la supériorité de la galerie du Roi sur celles de tous les autres souverains. Les richesses en ce genre intéressent la gloire du Roi et sont utiles à l'État par le concours d'étrangers qui viennent en partager la jouissance. Cependant le Directeur général des Batimens ne peut se permettre de traiter, sans l'aveu positif du Roi, un marché qui, proposé d'abord à 80,000 écus, est descendu pour dernier mot à i3o,ooo livres, payables en six termes de mois en mois.

« Il paroit constant que, le 36 de ce mois au soir, un inconnu est venu proposer de prendre ce marché en le payant comptant à l'instant même en offrant d'ailleurs au sieur Paillet 5oo louis pour ménager des obstacles aux négociations entamées pour le Roi ; le sieur Paillet a tu cette proposition au marchand Berthels, qui est celui dont il au roi t eu un présent de 10,000 écus s'il avoit voulu faire monter l'acquisition du Roi au moins à 60,000 écus. »

Deux autres tableaux de Van der Werf, le Moïse et la Madeleine, furent achetés, en 1784, pour le Roi, par Bertels: on demandait 20,000 livres de chaque (A. N. O' 1913); la Danse des Nymphes fut acquise presque en même temps en Angleterre par le même Bertels avec un autre tableau de Van der Werff (1) et deux autres de Van Huysum, au prix de 80,000 livres (A. N. O' 1934 B).

Tous ces tableaux, sauf le second, sont actuellement au Louvre (n** 558. 559, 563 du catalogue Villot, 3616, 3617 et 2619 du classement actuel) : H. o m. 73, o m. 65, o m, 5g. — L. o m. 59, o m. 52, o m. 3o et o m. 45 ; tous signés, sauf la Madeleine : Ch. V" Werff et datés de 1733, 1721, 1730, 1710 et 1718.

(t) Peut-être Y Adam et kve du Louvre (n* 261 3) ?

God. Schalken. La Sainte Famille, accompagnée d'anges ; de 2 pieds de haut sur un pied 8 pouces de haut.

— Une jeune fille , coëffée d'un chapeau de paille, tenant un /lambeau et une corbeille.

Achetés, en 1783, au marchand Bertels (1).

Actuellement au Louvre (n** 2565 du classement actuel et 479 du catalogue Villot) : H. o m. 67 et om. 37.-L.om. 49 et o m. 26. — Signés : G. Schalken.

Ger. Lairesse . La Cène de Jésus avec ses apôtres ; de 4 pieds 6 pouces de haut sur 5 pieds de large.

— Le débarquement d'Hélène, conduite par Paris au palais de Priam ; avec volets; d'un pied 9 pouces de haut sur 2 pieds de large.

Le premier de ces tableaux acheté 6,85o livres, en 1784, à la vente de Montribloud (A. N. O' 1934 ») ; le second faisait partie du lot acheté à Bertels, en 1783 (2).

Actuellement, tous les deux, au Louvre (n" j63 du catalogue Villot et 2441 du classement actuel), le second identifié avec le débarquement de Cléopdtre à Tarse : H. 1 m. 39 eto m. 60. — L. 1 m. 63 et o m. 67.

Limboubg (3). L'âge d'or; d'un pied 1 1 pouces de haut sur 2 pieds 6 pouces de large.

— Une Sainte Famille avec saint Joachim; d'un pied 1 1 pouces de haut sur un pied 8 pouces de large.

Vescolier (4) . L'enlèvement de Proserpine ; d'un pied 1 1 pouces de haut sur 2 pieds 6 pouces de large.

Ces trois tableaux faisaient partie du lot acheté à Bertels, en 1783 (5).

^1) Cf. page 570 supra.

(2) Cf. page b-jo'jupra.

(3) Lire : « Limborch ».

(4) Lire : « Verkolie »

(5) Cf. page 570 supra.

Actuellement, tous les trois, au Louvre (n°* 268 du catalogue Villot, 2446 et a6o3 du classement actuel : H. o m. 64 et o m. 73. — L. o m. 84 et o m. 55. - Signés : h. V. Limborch - f, et N. Verkolie.

Jean Van Huysum. Un panier de fleurs ; sur bois ; d'un pied 7 pouces de haut sur un pied 3 pouces de large.

Acheté, en 1784,8,000 livres à Madame de Montulé (A. N. O" 1934 B) (1).

Actuellement au Louvre (n» 2420) : H. o m. 53. — L. o m. 41. — Signé : Jan Van HUysum fecit.

Jean van Huysum. Grand vase de fleurs ; de 4 pieds de haut sur 3 de large.

Acheté, en 1784, en Angleterre par Bcrtels; on en demandait 20,000 livres (A. N. O' 1913).

Actuellement au Louvre (n« 2425) : H. 1 m. 38. — L. 1 m. 08. — Signé : J. V. Huysum fecit.

Jean van Huysum. Un groupe de fruits; avec volets; de 2 pieds de haut sur un pied 6 pouces de large.

— Un groupe de fleurs, faisant pendant ; avec volets.

— Autre groupe de fruits; avec volets; de 2 pieds 5 pouces de haut sur un pied 10 pouces de large.

— Groupe de fleurs, faisant pendant ; avec volets.

Deux de ces tableaux furent achetés par Bcrtels, en Angleterre (A. N. O' ,934 B) (2).

Actuellement, tous les quatre, au Louvre (n«* 2421 à 2424) : H. om. 63 et o m. 80. — L. o m. 53 et o m. 61. — Signé : Jan Van Hûysum fecit.

(1) Le 3 septembre 1784, Pierre écrivait à ce sujet la lettre suivante à d'Angiviller (A. N. O' 1913) : « J'ai reconnu le tableau de Van Huysum que M"* de Montullé veut vendre. La classe où il doit être placé est celle des plus précieuses productions de ce maître. Le fond en est bien quoiqu'un peu égal... Ainsi le Musœum possédera les trois grandeurs à désirer d'un artiste de ce genre. »

(2) Cf. page 571 supra.

École française.

Simon Vouet. Le portrait de sept hommes célèbres réunis et en actions, au nombre desquels est l'auteur tenant un dessin; de 4 pieds de haut sur 5 pieds 5 pouces de large.

« M. de Charabray, thrésorier des guerres, qui demeurait rue de Cléry, fit faire à Le Sueur dans un tableau les portraits de ses amis, chacun d'eux représenté avec les symboles de leurs inclinations particulières ou de leur profession. De sorte qu'un d'entre eux, qui avoit été enseigne d'une compagnie d'infanterie, arboroit un drapeau ; un autre, qui cxcelloit à jouer du luth, tenoit cet instrument à la main et M. Le Sueur, qui estoit du nombre de ses amis, fut obligé de s'y peindre lui-même, tenant un pinceau à la main, pour représenter un génie des beaux-arts qu'on voyoit ébauché dans ce tableau (1). »

Actuellement au Louvre (n* 5oo), avec attribution à Le Sueur : H. 1 m. 36. — L. 1 m. 95.

Le Sueur. Les vingt-deux tableaux de YHistoire de Saint Bruno.

Les Chartreux de Paris possédaient dans leur petit cloître une suite de tableaux, relatant l'histoire de saint Bruno et faits par Le Sueur. Le comte d'Angiviller, désireux d'acquérir cette collection pour le Muséum en formation, essaya d'amener le Prieur en exercice à offrir spontanément cette collection au Roi, sauf à le dédommager ultérieurement; cette invite n'eut pas plus de succès que des démarches en ce sens que le comte d'Angiviller fit près du père Général à la Grande Chartreuse (2). Au mois de juin 1776, le Prieur récalcitrant se démit de ses fonctions et fut remplacé par Dotn Hilarion Robinet, favorable aux vues du Directeur des Bâtiments; l'affaire fut alors menée rapidement, et les tableaux offerts au Roi,

(1) Guillet de Saint-Georges. Notice sur Le Sueur, dans les Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de f Académie de peinture, I, 170.

(3) Cf. Nouvelles archives de l'Art français, 1877 : Lettres et documents sur l'acquisition des tableaux d'E. Le Sueur, par M. J. J. Guiffrey,p.274-3i8.

qui, en retour, le septembre 1776, donnait aux Chartreux son portrait et contribuait pour 3o,ooo livres à l'édification de la voûte de leur église (A. N. O' 1934 B).

L'état de ces tableaux étant très mauvais, le restaurateur Hacquin fut aussitôt chargé de les lever de dessus le bois et de les mettre sur toile; le parfait paiement est ordonné en date de 1784(1) : « Aux héritiers du sieur Hacquin, la somme de 4,200 livres, pour faire, avec 9,000 livres à lui ordonnés acompte, le parfait payement de i3,2oo livres, à quoi montent les restaurations que le sieur Hacquin a faites aux vingt-deux tableaux de l'histoire de saint Bruno, peints par Le Sueur et tirés du cloître des Chartreux à Paris, qu'il a levés de dessus bois et remis sur toile, et ce, à raison de 600 livres par tableau, pendant les années 1778, 1779, 1780, 1781, 1782 et 1783. »

Cette opération faite, les tableaux endommagés furent confiés à Godefroid, qui les restaura de 1783 à 1786; voici ses mémoires (A. N. O' iq3 1 et 1933) :

« Avoir nettoié le tableau de Lesueur qui représente la Condamnation des compagnons de saint Bruno ; où il y avoit quelques repeins à lever sur les linges du mort et à les repointilter, ainsi que dans le fond d'architecture, avoir refait en grande partie la chappe du chantre, une portion de la tc-tc du saint et aussi quelques égratignures à celle du mort i5o livres.

• La Prédication où assiste le Saint, vêtu de bleu; dans lequel vêtement H y a eu plusieurs endroits de remplissage à refaire à l'outremer ainsi que dans les fonds et dans les autres figures, avoir nettoié le tout avec soin. i5o »

« Avoir pareillement nettoié V Apothéose du Saint ; avoir repointillé toute une figure d'ange, dont la tête étoit fort endommagée, avoir refait une drapperie à un enfant, repointillé la robe blanche du Saint et beaucoup d'endroits du ciel i5o »

« Les Compagnons de saint Bruno qui s'embrassent, l'avoir nettoié et repointillé partout et en grande quantité sur les figures et dans les fonds i5o »

■ Le Songe de saint Bruno où trois anges lui apparoissent ; ce tableau étoit couvert, en beaucoup d'endroits, dans les vétemens, dans le lit bleu où repose le Saint, de repeints chargés qu'il a fallu lever en le nettoiant pour les rcpointiller à l'outremer, ainsi que plusieurs taches et remplissages aux anges et dans les raïons 200 u

• Le Voyage de saint Bruno dans les Alpes; pareillement rempli à beaucoup de petites écailles levées dans le ciel, dans les fonds, les figures et les chevaux, ainsi qu'un large bord de remplissage autour du tableau et sur les roches du devant où il y a eu d'assés grandes places à refaire. 200 •

■ L'Agonie du camarade de saint Bruno; couvert de petites parties de remplissages à l'infini aux écailles tombées, avoir refait entièrement deux têtes effacées tout à fait. Ce tableau est un de ceux où il y a eu le plus à refaire 200 »

\i) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1783).

« L'Audience du Pape, devant lequel le Saint est prosterné; dont les figures du deuxième plan et celles du fond étoient entièrement perdues par la quantité de petites écailles qu'il a fallu rcpointiller et refaire.. 200 livres.

« La Retraite du Saint, troublée par un chasseur et ses chiens; où il y a eu les mêmes opérations à faire de nettoiage et de repointillage à l'outremer dans la tète et l'habit du chasseur, dans celle du saint, son habit et dans le corps du cheval 200 »

« LeBastiment delà Chartreuse; couvert de petites écailles remplies principalement dans les fonds, plusieurs figures endommagées, avoir nettoié ce tableau et rcpointillé toutes ces parties 200 ••

« Le Saint et ses compagnons creusant leur fosse; où il y a eu la même restauration à faire 200 »

« Saint Bruno, à qui le Pape offre la mitre; ce tableau ctoit tout couvert de mastic et plusieurs tètes endommagées, avoir repointillé tous les endroits et replacé d'autres avec soin et légèrement 180 »

« Le saint Évéque reçoit l'habit blanc; mastiqué en plusieurs endroits, avoir repointillé ces places surtout à une tète et une main fort endommagées 144 »

« Le Songe du saint Évéque Hugues dans un lit bleu; ce tableau ctoit tout rempli de taches, de repeins chargés qu'il a fallu lever et refaire à l'outremer 180 »

Actuellement au Louvre (11" 564 a 583) : H. 1 m. g'i. — L. 1 m. 3o (1).

(1) En 1784, les Bénédictins de l'abbaye de Marmoutiers, près de Tours, proposèrent aux Bâtiments la vente de quatre tableaux de Le Sueur, leur appartenant, et, pour en permettre l'examen, ils consentirent à ce que ces peintures fussent expédiées à Paris. Le premier peintre Pierre dissuada d'Angiviller de faire cette acquisition, et pour reconnaître la politesse des moines, celui-ci décida de faire restaurer aux frais de son administration, les tableaux envoyés (Cf. Nouvelles archives de l'Art français, 1877. Communication de M. J. J. Guiflrcy, pp. 343-354). Godefroid fut chargé de cette opération, et voici son mémoire qui vise également une opération semblable faite au Christ à la colonne, du même artiste (A. N. O' ig33).

« La sainte Scholastique, par Le Sueur, l'abbaye de Marmoutier; pour avoir levé une quantité de repeins lourds et mal faits et chargés qui couvraient en grande partie les figures, avoir découvert d'autres objets, cachés par les repeints, et refait en partie les allonges de haut et de bas et repointillé beaucoup d'endroits dans les figures 100 livres.

« La messe de saint Martin de Tours, ou le miracle du boulet (sic) par Le Sueur; pour avoir lavé des repeins en quantité, et refait des parties entièrement usées, tels que le fond d'architecture et la figure du jeune Diacre, vôtu de blanc au coin de l'autel 120 »

« Deux autres tableaux du même auteur, dont l'un représente saint Louis lavant les pieds des pauvres, et l'autre le Martir de saint Sébastien : il y avoit

— Au mois de novembre 1778, le comte d'Angiviller prenait connaissance du codicille suivant, en date du i3 août 1776, apporté à son testament par la marquise de Roncie, de Loches, aux termes duquel cette dame donnait au Roi l'esquisse d'un des tableaux de cette suite (A. N. O' 1934 *) :

« Ayant pris connoissance par les papiers publiques que M. le comte d'Angiviller... avoit reçu des P. Chartreux de Paris les tableaux originaux de Le Sueur, qui estoient chez eux, pour estre réunis aux autres du même maître, que possédoit déjà Sa Majesté; au lieu donc de léguer aux P. Chartreux du Liget, comme il est porté dans mon deuxième codicil du 3o octobre dernier, le tableau original de Lesueur, représentant saint Bruneau qui distribue des aumônes, c'est une plus grande satisfaction pour moy de pouvoir me conformer à cet égard à l'intention de Sa Majesté, je supprime donc le legs que j'avois fait du même tableau aux P. Chartreux du Liget et charge expréssement le marquis de Cugnac, mon exécuteur testamentaire, de présenter ledit tableau au comte d'Angiviller ou autre qu'il appartiendra, en faisant part de la présente disposition. »

Le tableau en question avait, sans le cadre, 20 pouces et demi de haut aur 22 pouces de large ; il fut accepté par le Roi.

Actuellement au Louvre (n* 586) : H. o m. 72. — L. o m. S7.

— A la mâme date environ, le marchand Lebrun, vendait pour 7,200 livres au Roi les diverses études de Le Sueur pour cette histoire de saint Bruno (A. N. O' 1934»), et, en 1780; il complétait encore cette collection par quelques dessins, qui lui furent comptés 3 00 livres (1) :

« Au sieur Le Brun, peintre, 3 00 livres, moyennant lesquels il a consenti la cession pour le cabinet des desseins de diverses études, faites par Le Sueur pour YHistoire de saint Bruno, fondateur des Chartreux, qui manquoient au recueil du mâme auteur, déjà acquis par Sa Majesté. •

Cette collection avait été primitivement formée à Paris par un élève de Salvator Rosa, Francanzani ; elle passa ensuite dans le cabinet de Crozat, à la vente duquel, en 1741, elle fut acquise pour 5o2 livres par le marquis de Governet. A la vente du cabinet de ce dernier, en 1774, elle fut acquise par le peintre Paillet, qui la céda ensuite à Lebrun.

Actuellement au Louvre, département des dessins (n- io33 à 1161).

à tous les deux des repeins à lever, les netoyer et repointiller en beaucoup d'endroits et vernir à plusieurs fois 140 livres.

Avoir nettoié le Christ à la colonne, de Le Sueur, avoir repeint plusieurs parties de remplissages et deux allonges noircies 24 ■

Les deux premiers de ces tableaux de Marmoutiers sont actuellement au Louvre (n** 562 et 563) ; les deux autres au musée de Tours.

Quant au Christ à la colonne, voir notre Inventaire des tableaux du Roy, par Bailly (p. 296).

(r) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

Tableaux de l'hôtel Lambert :

i° Le Sueur. Les Muses et les Amours, suite de i3 tableaux.

2° Patel. Ruines d'architecture dans une campagne, arrosée de rivières; ovale ; de 2 pieds 3 pouces sur 4 pieds 6 pouces de large.

3° — Autre ruine d'architecture ; ovale; de 2 pieds 5 pouces de haut sur un pied 2 pouces de large.

4B Hermans Svanvelt. Le passage d'un lac et des pécheurs au bord (Tune rivière; ovale ; de 2 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

5° — Un paysage, éclairé du soleil couchant; ovale ; de 2 pieds 4 pouces de haut sur 3 pieds de large.

6° — Un autre paysage où l'on voit un rocher et un pont sur le devant; ovale ; de 2 pieds un pouce de haut sur un pied 1 1 pouces de large.

70 — Un paysage, on y voit une rivière; ovale; de 2 pieds de haut sur 2 pieds 8 pouces de large.

8° — Un autre paysage, on y voit une tour; ovale; de 2 pieds de haut sur 2 pieds 10 pouces de large.

90 — Un autre paysage, où l'on voit un troupeau ; ovale ; de 2 pieds en carré.

1 o° Ascelin. Des bestiaux traversant une rivière; ovale ; de 2 pieds 9 pouces en carré.

1 1° — Ruines et cabanes de bergers; ovale ; de 2 pieds 4 pouces de haut sur un pied 6 pouces de large.

1 20 — Marine et paysage; de 2 pieds 5 pouces de haut sur un pied 3 pouces de large.

Au mois de juin 1776, le comte d'Angiviller était avisé de la vente projetée des peintures fameuses de l'hôtel Lambert, à la suite du décès de la propriétaire, M"' de la Haye ; il y avait là pour la couronne une occasion unique d'enrichir la collection de l'école française et notamment de réunir les pièces les plus importantes de l'œuvre de Le Sueur. Pierre fut donc chargé d'aller voir et d'estimer ces œuvres; voici, à la date du 3 juin 1776, le compte qu'il rendit de sa démarche (A. N. O* 1934 B) :

a J'ai l'honneur de vous adresser le résultat de mes opérations dans l'hôtel Lambert. Outre le cabinet des Muses, dont j'avois fait en votre présence une estimation fort vague, il y a au rez-de-chaussée ccluy de l'Amour; ce dernier est plus scavant que l'autre, mais les cinq sujets capitaux sont traités en plafond : La Naissance de rAmour (dans le milieu) ; Vénus présente rAmour à Jupiter; l'Amour reçoit l'hommage des Dieux; rAmour se réfugie dans les bras de C&èspour éviter la colère de sa mère; V Amour ordonne à Mercure d'annoncer son pouvoir à l'univers.

« Au-dessous de la corniche, on voit un dessus de porte, Ganimède, d'une grande finesse et très célèbre, un dessus de cheminée plus toible qui représente : L'Amour, maître des foudres de Jupiter, va subjuguer l'univers. Sur la même ligne sont rangés six tableaux de l'histoire grecque, dont cinq de Perrier, maître françois dans le bon style quoique un peu sec ; un de Romanclli, qui me paroit bien vigoureux pour n'être pas un Ciroferri ; plus bas sont encastrés, dans une menuiserie dorée, onze paysages, trois de Patel le père, huit d'Herman d'Italie. Le plus grand des Patel, qui est un ovale en largeur, me semble de la plus grande beauté; les Herman sont de diiférens mérites.

« Le cabinet des Muses renferme six morceaux : un plafond, peint sur plâtre, représente Pnae'ton qui demande la permission de conduire le char du Soleil; la composition en est riche, et la chaleur, qui règne dans toute la la machine, dément bien le jugement de M. de Piles sur la foiblesse de la couleur de Le Sueur. Les neuf Muses sont distribuées en cinq tableaux.

* Je ne parleray point des arabesques et autres ornemens, qui sont enrichis de figurines coloriées et en grisailles. Ces objets dépendent absolument de la décoration des pièces où ils sont placés, sont faits légèrement et ne rempliroient point vos vues. Un petit plafond, peint sur plâtre dans la salle des bains, ne doit point occuper, malgré son précieux, il devîendroit peu intéressant si on le déplaçoit, et ne pourrait jamais faire un tout agréable en changeant de forme ; détaché de la voussure, il présenterait quatre angles vuides sur une toile ou superficie plate; quatre fleuves et quatre nayades accompagnent des bas-reliefs, et voilà tout. ■

Voici maintenant l'estimation, faite par Pierre, de ces divers tableaux :

Cabinet db l'Amour. — Cinq tableaux en plafond, par Le Sueur, 10,000 livres; — Ganimède, dessus de porte par Le Sueur, 3,ooo livres; — Dessus de cheminée, par Le Sueur, 1,000 livres; — Romanelli, 3,ooo livres ; — Cinq Pcrier, 3,ooo livres ; — Huit Herman Vans ou d'Italie, 3,3oo livres; — Trois Patel, 2,000 livres.

Cabinbt des Muses. — Plafond, 8,000 livres ; — Deux tableaux de trois Muscs, 8,000 livres ; — Un tableau d'une Muse, 3,ooo livres ; — Deux tableaux de deux Muses, 3,ooo livres.

Total 47.300 livres.

Pierre ajoute :

a... MM. d'Azincourt et Dclahaye, nouvellement admis dans l'affaire, traînent avec des procédés pleins d'honesteté et tiennent le juste milieu

58o TABLEAUX ACHETES POUR LE ROI

entre les intérêts de la famille et leur zèle pour voir passer cette collection dans le cabinet du Roy. Cependant ils pensent qu'il faut porter à 5o,ooo livres mon estimation, qui ne monte qu'à 47,300, parce que la famille n'a point du tout oublié que M. de La Haye refusa une offre de 60,000 livres pour les Lcsueur seulement, quelque temps avant sa mort ; et qu'il seroit maladroit de faire une proposition trop au-dessous de celle qui est connue. Ces Messieurs voudroient une décision prompte, afin de prévenir des demandes étrangères, on en connaîtrait déjà. Enfin, ils demandent de l'argent comptant ou au moins des payemens prochains. 1»

La proposition fut acceptée et les tableaux entrèrent dans la collection du Roi. Il convient de remarquer, toutefois, que tous ne sont point mentionnés dans l'inventaire, dont nous reproduisons le texte; des indications prises d'un autre état dressé par Hacquin en 1780 (1), permettent en partie de compléter les omissions relevées.

Les tableaux de Le Sueur, en 1777, furent remis en état par Hacquin, et restaurés ensuite par Hoogstoel. Voici le mémoire d'Hacquin {A. N. O' •933).

« Avoir mis des toiles à trois des vingt-huit tableaux par Le Sueur (2) acquis pour le Roy, de forme ovale, représentant les Muses, ils portent chacun 3 pieds 6 pouces de haut sur 2 pieds 3 pouces de large, et les avoir recolles a 16 livres.

• Plus idem, pour deux autres tableaux de Le Sueur, portant chacun 4 pieds en quarré ibi »

« Plus idem à un tableau représentant la Naissance de l'Amour, aussi peint sur bois, portant 5 pieds 8 pouces de haut sur 4 de large. . . 120 »

« Avoir détaché de dessus bois et remis sur toile deux tableaux de Le Sueur, portant 7 pieds de haut sur 4 de large 240 •

« Plus idem à deux autres tableaux aussi peints sur bois, ayant 6 pieds de haut sur 3 pieds 10 pouces de large 200 »

« Plus avoir détaché de dessus toile et remis sur une autre toile, avec marouflage, le tableau de YEnlèvement de Ganimide 60 *

Voici le mémoire d'Hoogstocl (A. N. O' io,33) :

« Terpsicore par Le Sueur, avoir travaillé cinq jours au nettoyage et poin-

tillagc 100 livres.

« Krrato, y avoir travaillé pendant cinq jours too »

« Uranie, y avoir travaillé pendant quatre jours 80 -

« Gaminède, par Le Sueur, avoir employé cinq jours de travail à la restauration 100 »

(0 A. N. O" 1964 : État des tableaux qui sont sous ma garde dans une partie de Vappartement de M. Duplessis, peintre ordinaire du Roy au Louvre, dans l'ancienne galerie des Plans et grand salon, par Jean-Louis Hacquin.

(2) C'est des vingt-huit tableaux de l'Hôtel Lambert qu'il s'agit, et tous n'étaient pas de Le Sueur.

« Les trois muses Clio, Thalie, Euterpe dans un seul tableau, pour neuf

« Melpomène, Calliope, Polymnie dans un seul tableau, employé sept

« Les cinq tableaux du plafond du cabinet de l'Amour de l'hôtel Lambert, savoir : i» La Naissance de l'Amour. — 2° Vénus présente l'Amour à Jupiter. — 3» L'Amour se sauve dans le sein de Céràs. — 4* Diane et Apollon demandent des armes à l'Amour. — 5* Mercure annonce la puissance de r Amour dans le ciel et sur la terre.

« Avoir employé quarante jours à nettoyer et à ôter la fiante des mouches, dont ils étoient couverts, et tes avoir restaurés 800 livres. »

— Les tableaux des Muses et de Canymède furent aussitôt après, placés à Versailles (A. N. O' 1964).

Actuellement les treize tableaux de Le Sueur sont au Louvre {n««5oi à 6o3).

— Hacquin signale encore de Patel • un paysage ovale et en long et deux paysages ovales plus petits en hauteur » (A. N. O* 1964); l'inventaire, qui sert de base à ce travail, n'en porte que deux à cet artiste, le troisième était vraisemblablement le n* 11, donné à Asselyn.

L'attribution des autres paysages ne fut pas maintenue exclusivement à Swanevelt, six seulement sont imputés par notre inventaire à cet artiste, les autres à Asselyn. Hacquin ne mentionne que cinq paysages à l'actif de Swanevelt « deux presque carrés, mais en long (n01 5 et 7?), un ovale en long (n° 4), deux petits ovales en hauteur (n08 6 et n ?) ». Il ne cite d'Asselyn que « deux paysages presque carrés mais en long » (n" 9 et toï). — Tous ces tableaux furent restaurés par Godefroid, vers 1754 : « Avoir nettoie, levé les repeins et repointillé la suite de onze tableaux de l'hôtel Lambert, paysages de Herman, Patel et Asselin. i5o livres » (A. N. O* ig33). — En outre le n* 12, qui n'est point signalé par Hacquin, fut restauré par Martin en 1789: • d'Asselin, paysage, 29 pouces sur 23, ôté la crasse, les repeins et racordé des trous. 60 livres » (A. N. O' 1931).

Actuellement au Louvre, les n" 2 et 3 (n»« 682 et 683), attribués à Patel le père : H. o m. 73 et o m. 76. — L. 1 m. 5o et o m. 38;

les n*' 4 et 5 (n** 2584 du classement actuel et 5o6 du catalogue Villot), attribués à Swanewelt : H. o m. 77 et o m. 66. — L. 1 m. 40 et o m. 95;

les n'» 7, 8, 10 et 11 (n" 3 du catalogue Villot, 23oi, 23o3, 23o2 du classement actuel), attribués à Asselyn : H. o m. 65, o m. 58, o m. 78, o m. 72. — L. o m. 88, o m. 58, o m. 39, o m. 42.

— Le tableau de Romanelli, que signale Pierre et qui est omis dans notre inventaire, est ainsi mentionné par Hacquin : « Vénus guérit la blessure d'Énée; de 4 pieds et demi de haut sur 7 pieds environ de large. •

Actuellement au Louvre (n# 1473) : H. 1 m. 60. — L. 2 m. 17.

jours de travail à nettoyer et à restaurer

180 livres.

jours à nettoyer et à restaurer

— Hacquin signale encore deux des tableaux de Pcrrier : « Énée combat les Harpies; de 4 pieds et demi de haut sur 7 de large. — Sacrifice d'Iphigénie ; de 4 pieds et demi en carre. »

Le premier de ces tableaux était en 1785, mentionné au Louvre, avec attribution à Romanelli. [Louv. 85.]

Actuellement le Combat d'Enée est au Louvre, attribué à François Pcrrier (n* 694) : H. 1 m. 5o. — L. 2 m. 20.

— Enfin le même Hacquin attribue à Nouasse l'un des tableaux donnés

par Pierre à Perrier : « Vénus donne des armes à Enée; de 4 pieds et demi de haut sur 7 environ de large. » — Ce tableau se trouvait au Louvre en 1785, avec attribution à Juste d'Egmont [Louv. 83.]

Laurent de La Hire. Laban cherchant ses idoles dans les bagages de Jacob ; de 2 pieds 9 pouces de haut sur

3 pieds 9 pouces de large.

Actuellement au Louvre (n* a85 du catalogue Villot) : H. o m. g3. — L. 1 m. 33. — Signé : L. de Lahire inv. et/. 1647-

Philippe de Champagne. La Cène de Jésus-Christ avec ses apôtres; de 2 pieds 5 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

Acheté a, 3go livres, en 1777, à la vente du prince de Conti (A. N. O' 191 1) (1). — Restauré par Godefroid vers 1784 : « avoir repointillc, nettoié, verni et levé les repeints » (A. N. O" 1933).

Bon Boulogne. Le Mariage de Sainte Catherine; d'un pied ? pouces de haut sur 1 1 pouces de large.

Acheté u5 livres, en 1777, à la ventedu prince de Conti (A. N. O' 191 1) (2).

Subleyras. L'empereur Honorius évanoui à l'aspect de saint Basile célébrant la messe; cintré par le haut ; de

4 pieds de haut sur 2 pieds 4 pouces de large.

(1) Cf. page 54a supra.

(a) Id.

Acheté 6,799 livres 19501s, en 1777, à la vente de Randon de Boisset (A. N. O' 191 1) (1).

Actuellement au Louvre (n» 857) : H. 1 m. 34. — L. o 78.

Carle Van Loo. Enée sauvant son père Anchise avec sa femme et son fils, dans le fond V embrasement de Troye ; de 3 pieds 2 pouces de haut sur 3 pieds de large.

François Van Loo. Le Triomphe de Galathée ; de 2 pieds 10 pouces de haut sur 6 pieds de large.

Achetés, en 1777, à la vente du prince de Conti, le premier 7,225 livres, le second 1,700 (A. N. O* 191 1) (2). — L'un et l'autre avaient précédemment appartenu à Louis Michel Van Loo et furent payés à sa vente, en 1772, 4,3so et 1860 livres; le catalogue les mentionne ainsi : • Énée sauvant son père Anchise et suivi de son fils Ascagne, il est cuirassé et porte son père enveloppé dans une draperie, qui laisse voirie haut de son corps nu : ce superbe tableau a été fait en Italie ; il vient du cabinet de M. La Live (2,000 livres) ». — * Le triomphe de Galathée, accompagnée de nymphes et de divinités des eaux, au nombre de plus de vingt-cinq figures; dans le fond, on aperçoit le mont Etna, et, sur le sommet du rocher, le cyclope Polyphème tenant sa flûte à sept tuyaux ». — Restaurés, tous les deux, vers 1784, par Godefroid : « avoir lave et verni et repointillé à l'outremer avec grand soin quelques petites écailles. » (A. N. O* ig33).

Actuellement le premier de ces tableaux esf au Louvre (n» 898) : H. 1 m. 10. — L. 1 m. o5. — Signé : Carie Vanloo.

J.-B. Le Prince. Des hermites à la porte d'un cabaret; d'un pied 7 pouces de haut sur 2 pieds 4 pouces de large.

Donné par les héritiers de cet artiste, en 1781, en compensation de 3,ooo livres d'acomptes, perçus par lui pour un tableau, commandé parles Bâtiments et qu'il ne put terminer (3). Voici le mémoire (A. N. O' 1934 *) :

■ Mémoire d'un tableau et de deux dessins acquis pour le Roy, par ordre de M. le comte d'Angiviller, des héritiers de M. Le Prince, peintre du Roy, en l'année 1781.

(t) Cf. page 542 supra.

(2) Id.

(3) Cf. pp. 34-37 supra.

« Un tableau, peint par le sieur Le Prince, représentant un cabaret russe ; ledit tableau, de 2 pieds 4 pouces de large sur un pied 8 pouces de haut, estimé avec sa bordure 2,860 livres*

« Deux dessins dans le costume russe estimés ensemble. 240 liv. »

Le complément de 100 livres fut payé le 21 novembre 1782 (1):

« Aux héritiers du sieur Le Prince, peintre du Roy, 100 livres pour faire, avec 3,ooo à lui ordonnées acompte sur l'exercice de 1778, le parfait paiement de 3,ioo livres à quoi ont été estimés un tableau représentant un cabaret russe et deux dessins dans le costume russe, faits par le sieur Le Prince et acquis au nom de Sa Majesté de sa succession. »

Les deux dessins sont actuellement au Louvre, département des dessins (n- 985 et 986).

Vien. Un hermite s' endormant en jouant du violon ; de 7 pieds de haut sur 4 pieds 6 pouces de large.

Acheté à Randon de Boissct (A. N. O' 1964) (2). — Restauré, vers 1784, par Godefroid : « avoir lavé et verni, et repointillé a l'outremer avec grand soin quelques petites écailles » (A. N. O' IQ33).

Actuellement au Louvre (n° 965) : H. 2 m. 23. — L. 1 m. 47. — Signé : Vien in. et pin, Romae, tjSo.

Greuze. L'accordée de village ; de 2 pieds 8 pouces de haut, sur 3 pieds 6 pouces de large.

Acheté i6,5oo livres, en 1782, à la vente du cabinet du marquis de Marigny (A. N. O' 1934B) (3).

Ce tableau, qui fut exposé au salon de 1761, avait été fait pour Randon de Boisset, qui le céda pour 9,000 livres au marquis de Marigny.

Actuellement au Louvre (n* 369) : H. o m. 90. — L. 1 m. 18.

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

(2) Cf. page 514 supra.

(3) On lit dans le catalogue de la vente : « Doure figures s'y détachent sans le secours de l'opposition de couleurs tranchées ».

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