JEAN-JACQUES BACHELIER
des dogues; le sixième un Ours arrête' par des chiens; les septième, huitième et neuvième une teste bigarre de dain, déposée au cabinet du jardin du Roy ; les dizièmc, onzième et douzième des chiens; et le treizième une Perdrix singulière ; qu'il a faits pour le service du Roy pendant les années 1757 et 1758.
Les quatre vases de porcelaines de France, qui furent payes 1,600 livres, ainsi qu'il appert d'un état des commandes en date de 1774 (1), étaient des dessus de portes pour une maison royale, dont il ne nous a pas été donné de retrouver le nom.
Les cinquième et sixième tableaux de cette série parurent au Salon de 1757, et voici le mémoire de l'artiste à ce sujet (a) :
Mémoire de deux tableaux d'animaux faits, pour le service du Roy, pour le château de Choisy, ordonnés par M. le marquis de Marigny, par le sieur Bachelier pendant Tannée 1757. Scavoir :
Un Lyon d'Afrique combattu par des dogues.
Un Ours de Pologne, arrêté par des chiens de forte race.
Ces deux tableaux, de même grandeur, ont chacun 9 pieds et demi de hauteur sur 8 pieds de largeur.
Estimés chacun 2,400 livres 4,800 liv.
Accordé par Monsieur le Directeur Général, en considération des frais de voyage et d'études 600 »
Ces tableaux sont signales par d'Argenvillc ;3) dans l'une des salles à manger du petit château de Choisy.
Actuellement au musée d'Amiens, où ils furent envoyés par l'État : H. 2 m. 73. — L. 2 m. 28.
Voici le mémoire relatif aux numéros 7, 8 et 9 de cette série (4) :
Mémoire de trois tableaux, études d'une téte de dain, faits pour le service du Roy, ordonnés par M. le marquis de Marigny, par Bachelier, pendant l'année 1737.
(3) Voyage pittoresque des environs de Paris.
Cette téte bicarré de dainaélé déposée au cabinet du jardin du Roy, après avoir été peinte de trois côtés en trois tableaux différents.
Chaque tableau estimé 200 livres ; pour les trois ( 1 }. 600 liv.
Enfin, les quatre derniers tableaux de cette série sont vises en un seul mémoire (2) :
Mémoire des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Bachelier, pendant Tannée i-58.
Un tableau représentant le portrait de Tronquette, chienne du Roy, avec un fond de paysage 600 liv.
Trois tableaux, dont l'un représentant deux chiens jouant avec un sac à ouvrage, l'autre un chien, et le troisième une perdrix singulière (3). Estimés ensemble 900 »
— Indépendamment de ces commandes, Bachelier exécutait encore, pour le Roi, en 1778, une autre téte de cerf, ainsi mentionnée dans le mémoire suivant (4) :
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Bachelier, peintre du Roy, pendant Tannée 1778.
Ce tableau a 4 pieds et demi de large sur 4 de haut. Il représente une téte de cerf dix-corps bisarre, en putréfaction.
Aucun prix n'est mentionne à la suite de ce mémoire; l'ordonnance de
(i)Dans une copie de ce mémoire, inscrite au verso d'un autre mémoire de Boucher {A. N. O' 1934 B), il est mentionné que ce daim avait été pris par l'équipage du Roi, et que la téte en était peinte « sur un fond imitant la planche de sapin ».
(a) A. N. O' itpi.
(3) Les dimensions ne sont pas portées sur le mémoire; toutefois, on peut voir ci-dessous qu'un tableau, à peu près semblable, fait par le même artiste, évalué 3oo livres, était de 4 pieds et demi sur 4.
L'État, en 1872, envoyait au musée de Mende un tableau de Bachelier représentant une perdrix.
(4} A. N. O' io3i.
JI AN-JACQUIiS BACHELIFR
paiement, en date du 5 avril 1784, nttestc toutefois que ce tableau fut paye 3oo livres (i) :
Au sieur Bachelier, peintre du Roy, 3oo livres pour son payement d'un tableau représentant une tétc de cerf dix-cors en putréfaction, qu'il a fait en 1 778 pour le service de Sa Majesté.
Au château de Saint-Hubert.
En 1726, Louis XV acheta, comme rendez-vous de chasse, le pavillon de Pouras, connu sous le nom de château de Saint-Hubert {2), et situé à trois lieues de Pontchartrain. Il fallut alors aménager convenablement cette nouvelle résidence, et la décoration en était fort avancée au mois de juin 1 758 (3).
En 1736, Bachelier avait reçu la commande d'un plafond pour le grand salon de ce château; il en ht une esquisse, qui sans doute ne fut pas acceptée, comme semble l'indiquer le mémoire suivant (4) :
Mémoire de supplément pour diverses études en peinture, frais et autres dépenses faites pour le service du Roi, par ordre de M. le marquis de Marigny, pour un grand plafond au château de Saint-Hubert, dont l'exécution n'a pas eu lieu, et dont partie des dépenses n'ont pas été compensées au sieur Bachelier, pendant l'année 1756.
Ce plafonds avoit environ 27 pieds de diamètre; les études sont des oyseaux de toute espèce, relativement à la chasse au vol.
Le sieur Bachelier avait dessiné et peint au pastel plusieurs études de ces oyseaux, qu'il a remis au cabinet des desseins du Roi. Il avoit fait aussi ses provisions de couleurs proportionnément à la grandeur de ce plafonds et les avoit fait transporter à Saint-Hubert, dont partie a été perdu, l'ouvrage ayant été suspendu et ensuite réduit à un plafonds d'environ 14 pieds de diamètre, auquel ses premières études n'ont point servi; celui-ci
(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-178.V'. — Le 20 mai 1868, l'Etat plaçait à la Maison de la Légion d'Honneur à Saint-Denis, un tableau de Bachelier, représentant une Tête de cerf ci portant la cote d'inventaire : 3t)4 B.
(2) Luyncs, Mémoires, XV, 129.
(3) Af.t XVI, 470.
a été payé par un mémoire qui ne l'a point dédommagé ni de la perte de son temps, ni de ses dépenses préliminaires.
En conséquent, le sieur Bachelier supplie M. le Directeur et Ordonnateur général de lui accorder pour aider à le dédommager des déboursés faits pour le premier ouvrage, la somme de 1,200 livres.
Ces 1,200 livres lui furent payes le 12 octobre 1768 (Exercice 1762), en meme temps qu'un tableau pour lesGobelins, dont il sera parlé ci-après (1 .
I.e second plafond, auquel Bachelier fait allusion dans son mémoire, fut exécute par lui, et voici son mémoire (2) :
Mémoire d'un plafond exécuté, pour le service du Roy, au château de Saint-Hubert, par le sieur Bachelier, peintre, pendant Tannée 1759.
Ce plafond, d'environ 14 pieds de diamètre, est composé d'une attique, qui encadre le ciel de guirlandes de fleurs, qui, au développement, produisent environ 60 pieds, et de quelques oiseaux dans le ciel.
Estimé i,456 liv.
Nous n'avons pas trouvé d'ordonnance de paiement se référant à ce travail.
Au château de Choisy.
On a déjà signalé en 1737, la commande à Bachelier de deux tableaux pour la salle à manger de Choisy (3). En 1759, il en recevait une nouvelle de quatre dessus de porte pour le salon de ce infime château; voici son mémoire (4) :
Mémoire de quatre tableaux, dessus de portes, pour le château de Choisy, peints par ordre de M. le marquis de Marigny, par le sieur Bachelier, pendant Tannée 1760.
Ils sont de même grandeur chacun de 4 pieds et demi en quarré.
(1} Voir page i3.
(3) Voir plus haut, page 7.