JEAN-JACQUES BACHELIER
Ces quatre tableaux représentent les Quatre parties du monde, caractérisées par des oyseaux, des plantes, fleurs, fruits et arbres, qui naissent dans ces différents climats. Sçavoir :
L'Europe, caractérisée par le coq, le phaisan, le héron blanc, le canard et la outarde; et en végétaux par le chêne, le pin, le cyprès, le rosier, la pomme, la poire, etc.;
L'Asie, par le casouard, le paon, l'oyscau royal, de paradis, la hupe de Candie et la dent d'éléphant; en végétaux la canna corna, celle de sucre, le bananier, la bambou, la pèche, l'abricot;
L'Afrique, par les demoiselles de Numidic, la pintade, le geay d'Angola; en végétaux l'opuntia, l'arbre pourpier, l'arbre jombaslc, l'aloës peroquet, le ficoldes ou petits doigts d'enfant, le tilaoo, la grenade ;
L Amérique, par le katakia, le haras, le coq de roche, la sultane, le courlis, le toukan, le roi des couroumoux; en végétaux, l'arbre de fer, palmier éventail, cierge de Pérou, cchinomilocactus, le mclo-cactus et le gouavicr.
Les quatre tableaux estimés chacun 600 livres, cy. 2,400 »
Ces tableaux figurèrent au Salon de 1761 (1), et le paiement en fut fait le 18 septembre 1766 {Exercice 1764) :
Au sieur Bachelier, peintre, la somme de 1 ,600 livres pour faire, avec 800 à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1764 le i3 may dernier, le parfait payement de 2,400 livres, à quoy montent quatre tableaux, dessus de porte, représentant les Quatre parties du monde, caractérisées par des oiseaux, plantes, fruits et arbres, propres à chacun, qu'il a faits pour le service du Roy en 1760.
Retires de Choisy en 1792, ils furent places au dépôt des Pctits-Augusiiiis et remis par Lcnoir, le 17 septembre 1796, à l'administration du Muséum.
(1) Ils sont ainsi mentionnés au livret : « Les quatre parties du monde représentées par les oiseaux qu'elles produisent : l'Europe, où l'on voit le Coq, l'Outarde, le Héron, le Coq-Faisan et quelques canards; l'Asie, caractérisée par le Faisan de la Chine, le Casoard, le Paon, le Huppé, l'Oiseau Royal et l'Oiseau du Paradis; l'Afrique présente la Pintade, la Demoiselle de Numidic, le Geay d'Angola et l'Oiseau dit la Palette; l'Amérique est désignée par le Roi des Couroumoux, le Katacoi, le Courly, la Poule Sultanne et le Coq de Roche. Ces tableaux sont au Roy et décorent le salon de Choisy ; ils ont environ 4 pieds en tout sens. »
Actuellement, tous les quatre, à Paris, au Muséum d'histoire naturelle, dans le vestibule de la salle d'assemblée et dans le cabinet du directeur.
— En 1765, Bachelier eut encore a faire deux dessus de portes pour ce même château de Choisy; voici son mémoire (1):
sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Bachelier, pendant Tannée 1765.
Ces tableaux, de chacun 4 pieds 6 pouces sur 3 pieds de haut, sont destines pour les appartemens de Choisy. Ces deux tableaux représentent des /leurs dans des vases. Estimés 1,200 livres.
Ils figurèrent au Salon de 1746 et furent payés le 14 février 1779 (Exercice 1771) :
Au sieur Bachelier, peintre, la somme de 1,200 livres pour son payement de deux tableaux, représentant, des /leurs dans des vases, qu'il a faits en i;65 pour le service de Sa Majesté.
Aux Gobelins.
Vers 1758, Bachelier avait travaillé pour la manufacture des Gobelins; le mémoire précédemment transcrit et relatif au plafond inachevé du château de Saint-Hubert (2), se terminait, en effet, ainsi :
■ En outre, le sieur Bachelier a l'honneur de représenter à M. le Directeur « général qu'il a fait diverses esquisses pour la manufacture des Gobelins, « sous la conduite de feu M. d'Isle. qui n'ont pas été payées; pour lesquelles « il supplie M. le Directeur général de lui accorder par forme de gratification « en considération du temps qu'il a employé auxdits ouvrages, une somme « de 3oo livres. »
Et, en marge, on relève cette annotation de la Direction des Bâtiments : a Cet article a été anéanti parce que M. Bachelier n'étant pas satisfait des « 3oo livres qui lui avoient été allouées pour lesdites esquisses, il a mieux « aimé les retirer. En conséquence, ses quatre grands tableaux, sujets d'En- « fans, pour les Gobelins. lui sont alloués au prix de 4,000 livres chaque. »
De fait, une tenture de quatre pièces avait été commandée à l'artiste; l'indication suivante en montre le sujet et les dimensions (3; :
'0 A. N. O' ig3i.
{2) Voir page 3.
jean-jacqi;es bachelier
Quatre grands tableaux d'environ 20 pieds de largeur sur 10 de hauteur, pour le service de la manufacture des Gobelins. Sujets d'enfants, mêlés d'animaux.
Estimés environ chacun 3,ooo livres.
Le premier représentant les Amusements de l'enfance est fait et livré.
Estimé 4,000 livres.
Ce tableau figura au Salon de 17C1 ; il fut payé le 12 juin 1768 (Exercice 1762) :
Au sieur Bachelier, peintre, la somme de 5oo livres pour faire, avec 4,700 à lui ordonnés à compte sur 1762 en billets sur l'emprunt du 16 mars 1760, le 12 octobre 1767, le parfait payement de 5,200 livres, à quoy montent tant un tableau représentant les Amusements de l'enfance, qu'il a fait en 1761 pour être exécuté en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins, que les diverses études et frais à l'occasion du grand plafond projetté pour le sallon du château de Saint-Hubert en 1756 (ij.
Bachelier ne donna que ce seul tableau et cette suite ne dut pas être continuée.
En 1794, le jury des arts et manufactures, qui procédait au classement des modèles des Gobelins, déclarait le sujet de ce tableau agréable, mais toutefois le rejetait « sous le rapport de l'art, quoique les animaux, les fruits et les plantes soient bien «.
Actuellement au musée d'Amiens, où il fut envoyé par l'État : H. 3 m. 23. — L. G m. 46.
1) Voir plus haut, page 9.
Jacques BAILLY (i).
Au château de Fontainebleau.
En 172g, cet artiste exécutait trois tableaux de sainteté pour le château de Fontainebleau; en voici le détail (2) :
Prix demandé. Modération.
Un tableau représentant une Nativité, ornée de plusieurs figures, avec une gloire d'anges, 4 pieds 10 pouces de haut sur
3 pieds 4 pouces 9 lignes de large 270 liv. 180 liv.
Deux autres tableaux de forme ovale, l'un représentant la Visitation de la Vierge, avec figures sur un fond d'architecture ; et l'autre représentant une Annonciation de la Vierge, accompagnée d'une gloire, ayant, tous les deux tableaux, chacun 3 pieds un pouce sur 2 pieds 6 pouces de large 260 » i5o »
Le paiement est en date du i3 décembre 1729 :
Au sieur Bailly fils, la somme de 33o livres pour trois tableaux de dévotion, qu'il a faits pour le château de Fontainebleau dans la présente année.
— En 1746, des travaux assez considérables furent faits en ce même château à l'appartement de la Reine (3}, et Bailly fut chargé de quelques
(t) Il s'agit ici du lils de Nicolas Bailly, auquel on doit l'inventaire de 170g, et qui fut lui-mCmc garde des tableaux du Roi de i~io à 17-54 (cf. Inventaire des tableaux du Roy par Nie. Bailly, publié par Fcrnand Engerand, p. xv).
(2} A. N. O' 1934 » : État des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy depuis 1 7 16 jusqu' et compris 1 ~ï<) (3, I.uyncs. Mémoires, VII, 284.
JACQUES BAILLY ib
ouvrages dont le détail se trouve dans la proposition de paiement suivante (i) :
Au sieur Bailli, peintre et garde des tableaux du Roi, le payement d'un mémoire d'ouvrages, qu'il a faits, en 1747, pour avoir repeint et augmenté deux tableaux pour le cabinet de la Reine, représentans des Saintes en méditation ; fait et fourni un autre tableau original de paysage, orné de figures, pour le même cabinet 149 livres 10 sols.
Le paiement est en date du 3i janvier 1749 (Exercice 1747) :
Au sieur Bailly la somme de 149 livres pour son payement d'un tableau qu'il a fait et deux autres qu'il a agrandis pour les apartemens du château de Fontainebleau pendant l'année 1747.
Aux Tuileries, à la Muette, etc.
Sur l'exercice 1739, on relève, à la date du 2 mars 1740, l'ordonnance de paiement suivante, à l'actif de Bailly :
Au sieur Bailly, la somme de 700 livres pour quatre tableaux qu'il a faits pour le palais des Thuillerics et le château de la Meutte pendant l'année dernière.
Et, à la date du 3 décembre 1746, on trouve le paiement suivant :
Au sieur Bailly la somme de 940 livres pour son payement de sept tableaux qu'il a faits pour une maison appartenant au Roy à Paris, pendant l'année dernière.
A la Bibliothèque du Roy.
En 1741, par suite du transfert à Paris du Cabinet des Médailles, des aménagements nouveaux furent faits à la Bibliothèque du Roi. A cet eflet, des tableaux furent commandes à Natoire, à Carie Van Loo, à Boucher et à Bailly; ce dernier ht, ainsi, deux tableaux, dont il fut payé le 3 décembre 1746 :
Au sieur Bailly, la somme de 400 livres pour faire, avec 2,000 livres a luy ordonnés, sçavoir 1,000 livres sur l'exercice
1742 le i5 may 1743 et 1,000 livres sur l'exercice 1744 le 9 décembre dudit an, le parfait payement de 2,400 livres, à quoy montent deux grands tableaux qu'il a faits pour la Bibliothèque royale pendant les années 1741 et 1742.
En procédant par élimination, on peut établir que ces deux tableaux que fit Bailly devaient représenter Erato et Euterpe, personnifiant l'Élégie et la Musique. La décoration de cette pièce, on le verra aux articles de Boucher. Natoire et Vanloo, était, en effet, fournie par des sujets représentant les Muscs; or, on connaît celles qui furent interprétées par ces trois artistes, et les deux seules qui restent, Erato et Euterpc, furent assurément réservées à Bailly et complétèrent ainsi la décoration projetée.
Jean BARDIN
Au château de Fontainebleau.
Le 6 janvier 1775, Louis XVI décida de décorer la chapelle de Fontainebleau. Le contrôleur de ce château annonça que quatorze tableaux seraient nécessaires ; l'exécution en fut confiée à Taraval, Robin, Jollain, Lagrcnce le jeune, Rcnou, Du Rameau et Amcdce Van Loo. Mais, dans la suite, Robin, auquel deux tableaux étaient ordonnes, ne put en faire qu'un, et Bardin fut choisi à sa place pour exécuter V Adoration des Mages.
Il présenta à ce sujet le mémoire suivant (1) :
les ordres de M. le comte d'Angivillcr, par le sieur Bardin, pendant les années 1780 et 1781.
Ce tableau de forme ovale, de 7 pieds 4 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large, est un des quatorze destinés pour la chapelle de Fontainebleau.
II représente V Adoration des Mages.
Estimé 1,600 livres.