HYACINTHE COLLIN DE VERMONT
sainte Anne et saint Joachim, qu'il a fait l'année dernière et qui est destiné à l'oratoire de Madame au château de Fontainebleau.
A Versailles.
i° Trianon.
Jusqu'en 1750, Louis XV ne séjourna presque pas à Trianon, car on ne peut donner )c nom de séjour aux vingt-deux jours de janvier 1724, où la rougeole de l'infante d'Espagne, alors sa fiancée, le contraignit à habiter ce lieu. Ce ne fut qu'en 17D0 que le roi commença à retourner dans cette résidence; alors, on y fit construire le Pavillon français, avec les quatre cabinets servant de salle à manger d'été (1). Ce fut probablement l une de ces pièces que Collin de Vcrmont eut à décorer; le mémoire suivant (3) permet, au moins, de le supposer :
Mémoire de quatre tableaux, dessus de porte, faits pour le service de Sa Majesté, sous les ordres de M. de Tournehem, par le sieur Collin de Vermont. Année 1750.
Ces quatre tableaux, destinez pour le château de Trianon, sont de même grandeur; ils ont 2 pieds et demi de haut sur 3 pieds et demi de large. Sujets tirés des Métamorphoses d'Ovide.
Savoir :
i° Le rajeunissement d'Iolas par Hébé; 2° Jupiter che$ Philémon et Baucis ;
3° Bacchus change en feuilles de vigne les ouvrages des Mineïdes.
4° Une danse de nymphes qui changent un berger insolent en olivier sauvage.
Lcsdits tableaux estimés 2,400 livres.
Le parfait payement est en date du 28 août 1752 (Exercice 1750) :
Au sieur Collin de Vermont, peintre, 1,200 livres pour faire, avec 1,200 à lui ordonnés acompte sur l'exercice ijbo le 22 may dernier, le parfait payement de 2,400 livres à quoy ont été estimés
(0 Luynes, Mémoires. X, p. 42. — De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, pp. 209-2 1 1 .
quatre tableaux représentans differens sujets tirés de la fable, qu'il a faits pour le service du Roy pendant Tannée 1750.
Ces quatre tableaux ne restèrent pas longtemps à leur place, puisqu'en 1760 on les retrouve au magasin de l'hôtel de la Surintendance. En 1767, ils étaient places dans l'appartement de Madame Victoire à Versailles (1).
Le n" 4, actuellement au musée de Fontainebleau, avec attribution à Jean Restout : H. o m. 80 — L. 1 m. 3o.
20 Paroisse Saint-Louis.
Le 14 mars 17^4, le marquis de Marigny prévenait Lcpicic que le Roi avait accordé un tableau pour le maitre-autel de Saint-Louis de Versailles, et qu'à défaut de Van Loo, alors surchargé de travail, il le priait de lui désigner celui des peintres de l'Académie qui pourrait le mieux s'acquitter de cette tâche. Le if> mars, Lcpicié proposait Collin de Vcrmont (2); ce choix fut agréé, et le tableau parut au Salon de 17.S5. Voici le mémoire de l'artiste (3) :
Mémoire d'un tableau pour l'église Saint-Louis de Versailles, fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur de Vermont pendant l'année 1 j5 3.
Ce tableau, destine pour le maître autel (41 de la nouvelle paroisse de Versailles, a 17 pieds 3 pouces de haut sur 8 pieds 2 pouces de large.
Le sujet est la Présentation de la Vierge au Temple.
Ledit tableau estimé 4,5oo livres.
Le parfait paiement est en date du 10 décembre 1760 (Exercice 1738) :
Au sieur Collin deVermont, peintre, 200 livres pour faire, avec 4,3oo à luy ordonnées acompte, scavoir 2,700 sur l'exercice 1 735
(1) A. N. O' 1909: le n* 4 est intitulé dans l'état d'envoi « Apulus changé en olivier sauvage pour avoir insulté des nymphes qui dansaient. »
(2) A. N. O' 1907. h C'est — écrivait-il — un habile homme, scavant dessinateur et dont le vrai genre est celui de traiter des sujets pieux. Il se plaît dans ces sortes de compositions, et je pense qu'il est toujours à propos pour s'assurer du succès d'un ouvrage d'avoir égard à tout ce qui peut être analogue au caractère de l'artiste. »
(4) Ces deux mots furent ensuite rayés.
H EN RI -PHI LIPPE-BON COQUKRET Io3
les i! juillet et 17 décembre 1757, et 1,600 sur l'exercice 1758 en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles le 1 1 septembre 1759, le parfait payement de 4,300 livres à quoy a esté estimé et arresté un tableau représentant la Présentation de la Sainte Vierge au temple, destiné pour la paroisse Saint-Louis de Versailles et livré en 1755.
Ce tableau se trouve actuellement à l'église Saint-Louis de Versailles, dans la chapelle du bas-côté droit (1).
Henri-Philippe-Bon COQUERET
A Versailles.
Kn 1761, Coqucret, l a Roche, l'rédou et Prévôt décorèrent le « laboratoire », autrement dit l'atelier où la Reine s'amusait à peindre et à imprimer (2); le goût de Marie Lcczinska était alors porté, avec celui du public français, vers les objets de la Chine, et les artistes curent à exécuter huit sujets chinois, qui leur furent payés le 9 novembre 1763 (Exercice 1701) :
Aux sieurs La Roche, Frédou, Prévôt et Coqucret, peintres, 2,000 livres pour leur payement de huit tableaux représentant différents sujets chinois, qu'ils ont faits pour le service du Roy et ont été placés dans le cabinet de la Reine au château de Versailles au mois de juin 1761.
Tableaux divers.
La plupart des autres commandes faites à cet artiste visent des copies (3) ; toutefois, deux tableaux originaux lui furent demandés. Voici, en date du 2 juin 1753 (Exercice 1 7^4), et du 19 janvier 1763 ^Exercice 1761), les ordonnances de paiement s'y référant :
(1) Cf. Barthélémy. Les tableaux de l'église Saint-Louis de Versailles [Revue de l'art chrétien. II* série, tome II:.
(2) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV, p. i3o. '3; Cf. A. N. ()' 10J2 à 1934 a.
Au sieur Coqueret, 400 livres pour son payement d'un tableau représentant des /leurs et fruits, qu'il a fait pour le service du Roy pendant l'année 1754.
— 200 livres pour son payement d'un tableau représentant Le Silence, qu'il a fait pour le service du Roy en 1761.
Michel CORNEILLE (1)
A l'église des Invalides.
Le 18 février 1709, la Direction des Bâtiments réglait définitivement à la veuve de cet artiste le paiement des peintures par lui faites à l'église des Invalides (2) :
A la veuve Corneille, 2,600 livres, parfait paiement de 12,100 livres pour ses fresques à la chapelle Saint-Grégoire en l'église royalle des Invalides.
Voici, d'après d'Argenvillc, le détail de ces peintures (3) :
Saint Grégoire distribuant tout son bien aux pauvres. — Eutichès brûlant ses livres en présence de Théodose. — Apparition du Christ à Saint Grégoire. — Cessation de la peste. — Apparition d'un ange à ce Saint. — Son apothéose (4).
(1) Cf. notre Inventaire général des tableaux du Roy, par Nie. Bailly. pp. 41 3 et suiv.
(2) Cf. p. 57 supra.
(3) Voyage pittoresque de Paris, p. 422.
(4) Le frère de Michel, Jean-Baptiste Corneille dit le jeune, avait exécuté, en 1686, un tableau d'autel pour la chapelle du Grand Commun à Versailles, comme l'atteste le mandat suivant (A. N. O* 1796) :
« Il est dû à la veuve et héritiers du sieur Corneille le jeune.
« Pour le tableau placé à la chapelle du Grand Commun, à Versailles, en 1686, haut de 12 pieds sur 5 pieds et demi de large, représentant saint Roch, suivant le mémoire certifié par M. Lambert le 40 mars 1694 et arrêté, la somme de 600 I. »
Le paiement est en date du i3 mai 1696 (Cf. Guiffrcy, Comptes des Bâtiments, t. IV, p. 61).