ANTOINE COYPEL
Noël COYPEL n
A l'église des Invalides.
Le 18 février 1709, la direction des Bâtiments réglait définitivement à la veuve de cet artiste le paiement des peintures par lui faites à l'église des Invalides (2) :
A la veuve Coêpel père, 2,3oo livres, parfait paiement des 9,000, pour les peintures à fresque qu'il a faites à l'église royalle des Invalides.
D'après d'Argcnville (3), les morceaux faits par Noèl Coypcl décorent la voûte au-dessus du maître autel et représentent le Mystère de la Trinité et Y Assomption (4).
Antoine COYPEL (5)
A la chapelle de Versailles.
Le 2 5 septembre 1710, les Bâtiments réglaient le compte de cet artiste pour les peintures par lui faites à la chapelle de Versailles :
Au sieur Cqypel, peintre, 25,ooo livres qui lui ont été
(1) Cf. notre Inventaire générai des tableaux du Roy, pp. 387 et s.
(2) Cf. p. 57 supra.
(3) Voyage pittoresque de Paris, p. 420.
(4) On relève encore, à la date du 1 5 avril 1 7 1 1 , le paiement suivant : « aux héritiers du sieur Coypel père, ancien peintre ordinaire du Roy, 8,900 livres pour le paiement des tableaux, qu'il a faits pour les appartements du palais de Trianon. » Ce paiement vise les n»* 7 à 14 de l'article consacré à cet artiste dans l'Inventaire Bailly (p. 3go), dont les sujets sont pris à l'histoire d'Hercule.
(5) Cf. notre Inventaire général des tableaux du Roy, par Nie. Bailly. pp. 454 et s.
Dans cet Inventaire, nous avons signalé (p. 456) un paiement de
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accordées par le Roy tant par gratification, en considération des ouvrages de peinture qu'il a faits dans la grande partie de la voûte de la chapelle du château de Versailles pendant 1709, que pour le soin qu'il a eu de conduire les ouvrages (1).
La description détaillée des peintures de cette voûte a été donnée par Piganiol; elle est trop développée pour pouvoir être reproduite ici (2;.
Dans la biographie d'Antoine Coypcl, par son fils Charles (3), on lit le passage suivant : « En 1700, Mgr le Dauphin voulut avoir de ses ouvrages dans l'appartement de Meudon. M. Coypel ht choix de plusieurs sujets piquants, tels que Mars aux forges de Lemnos, Silène barbouillé de mures
2,600 livres à cet artiste, pour huit tableaux, qu'il avait faits pour Trianon, la paroisse de Versailles et Saint-Cyr; nous n'avions pu signaler qu'un seul de ces tableaux, le relevé de compte suivant en donne la nomenclature complète (A. N. O' 1793) :
« Kxtrait du compte général du sieur Coypel le fils, peintre du Roy. Il lui est dû :
« Trianon. — Pour un tableau livré dans la pièce n" 25 de Trianon sous bots, de 4 pieds et demi de hauteur sur 3 pieds 2 pouces de large, représentant Apollon et Daphné changée en laurier, suivant le mémoire certifié par M. Desgodctz le 24 janvier 1690 et arrêté bbu livres.
« St-Cir. — Pour un tableau représentant saint Candide, à l'autel de la chapelle de ce saint, suivant le mémoire certifié par M. Lambert le 3 mars 1094 et arrêté ?oo »
« Paroisse de Versailles. -■■ Pour le tableau de l'autel de St-.lulicn, d'environ 7 pieds en caré, représentant le martire de ce saint, suivant le mémoire certifié par ledit sieur Lambert le iX février 1694, tant pour ce tableau que pour les cinq cy après 5 00 »
« Pour les deux petits du devant de la table dudit autel, sur le sujet de ce même martire, à raison de 100 I. pièce 200
« Pour le tableau de l'autel de St-Louis, de pareille grandeur que celui de St-Julien, représentant la mort de St- Louis devant la ville de Tunis Soo •
« Pour les deux petits tableaux du devant de la table dudit autel, dont l'un représente St-Louis dans le bois de Vinccnnes auprès d'un chesne recevant les placcis de tout le monde et rendant lui-même la justice à son peuple, l'autre ce Saint donnant une bataille contre les Sara^ins. » 2i>o
(1) Cf. page r>8 supra.
(■2) Description de Versailles. 1704. t. 1, p. 71 et s.
(?) Vtes des premiers peintres du Roi. i-b2. t. II, p. 1'?.
A Meudon.
ANTOINE DOYPEL
par la nymphe Eglé, Hercule qui ramène Alcestedes Enfers (1). ...M. Coypel fit encore deux tableaux pour Meudon; l'un représente Psichë qui admire l Amour endormi, l'autre l'Amour qui abandonne Psichâ. Ces ouvrages curent le bonheur d'être si bien reçus de Monseigneur, que lorsqu'il lui fut proposé par M. Mansart d'ordonner à plusieurs peintres des esquisses pour les deux tableaux de la chapelle de Meudon, ce prince répondit : « Faites en faire « autant que vous le jugerez à propos; mais je vous avertis que je choisirai « celles de Coypel ». Cette bonté si capable d'animer les talens eut son efi'ct : bientôt on vit paroitre dans la chapelle les tableaux de la Résurrection et de l'Annonciation. »
Ix règlement du compte de l'artiste pour ces travaux est en date du 12 décembre 1710 (Exercice 1710):
Au sieur Coypel, peintre ordinaire du Roy, 2,5oo livres pour, avec 7, 5oo cy dessus reçus, faire le payement de 10,000 livres à quoy montent tous les tableaux qu'il a faits et posez au château de Versailles, à la Ménagerie, au château et à la chapelle de Meudon, depuis 1700 jusqu'à présent (2).
Le détail des tableaux du château et de la chapelle de Meudon nous est fourni par l'Inventaire des tableaux qui sont dans l'appartement des Maronniers (3) :
La Résurrection de Notre-Seigneur, tableau en hauteur cintré par le haut; il est marouflé; hauteur, i5 pieds et demi; largeur, 8 pieds et demi. (Chapelle. Rétable du grand autel.)
L'Annonciation de la Vierge; il y a un rayon de lumière qui donne sur la Vierge, dans le fonds à droite un rideau vert, l'ange sur la gauche, au bas du tableau, dans le coin, une chaise où il y a dessus une draperie bleuâtre; hauteur, 8 pieds; largeur, 5 pieds 3 pouces; cintré par en haut. (Chapelle).
Psichéet l'Amour qui s'envole; dans le fonds des rochers d'où il sort une source ; hauteur, 4 pieds un pouce; largeur, 3 pieds 4 pouces. (Chambre de Mmc la princesse de Conty.ï
Psiché et l'Amour endormi; elle le regarde tenant une lampe
(1) Cf. Inventaire Bailly, p. 459.
(2) Ces tableaux de la Ménagerie et de Versailles sont les n91 r>, 5 bis, 6, et probablement 7 et 8 de notre Inventaire Bailtjyip. 4>7 et 45S).
(3) A. N. O' 1963 (cf. Inventaire Bailly, p. xxxi) : dans un autre Inventaire de Meudon (A. N. O' 1968), ces tableaux sont portés comme appartenant à Monseigneur.
de la main gauche, un rideau vert; de même mesure que le précédent. (Chambre de Mme la princesse de Conty.)
Vénus, Mars et Vulcain, Mars tenant Vénus pendant qu'il effraye Vulcain, dans le fond en haut un petit enfant qui regarde Mars avec un ris moqueur; dans le bas du tableau, plusieurs Amours; hauteur, 4 pieds 9 pouces; largeur, 4 pieds 3 pouces (Cabinet de Mroe la princesse de Conty.)
Silène ivre et endormy au milieu de deux Satyres et d'une Baccante qui luy frotte le menton avec une meure ; dans le bas du tableau, sur la droitte, il y a une corbeille remply de raisins ; hauteur, 4 pieds 9 pouces ; largeur, 4 pieds 3 pouces. (Appartements de feu Monseigneur. Antichambre.)
Hercule qui ramène Alceste des enfers et le présente à son mary Admète, qui, levant le voile blanc qu'elle a sur la teste, ne peut s'empescher de marquer sa surprise; le tout sur un fond d'architecture; hauteur, 4 pieds 10 pouces; largeur, 3 pieds 6 pouces (Appartements de Monseigneur. Salle du billard.)
Ces tableaux sont signalés par d'Argenvillc (1) : les tableaux d' Alceste et de Silène (de forme ovale l'un et l'autre) dans la salle du billard; ceux de Psyché et l'Amour dans un appartement au-dessus de celui du Roi; celui des forges de Lemnos dans le cabinet des glaces; les deux tableaux de sainteté dans la chapelle (3).
Actuellement le tableau de V Amour abandonnant Psyché est au musée de Fontainebleau : H. 1 m. 10 — L. o m. 80 (3).
Aux Gobelins.
i° L'Ancien Testament.
< En 17J0 — lit-on dans la Vie d'Antoine Coypel par son rils (4) — il lui fut ordonné de mettre en grand pour une suite de tapisseries les sujets d'Alhalie, Jephté, Suzanne, Esthcr, Salomon, Tobic, Laban, qu'il avait peints
(1) Voyage pittoresque des environs de Paris. 1763. p. 34.
(3) La Résurrection a été gravée par Jean Audran, et V Annonciation par Drcvet.
(3; I.cs registres du Louvre mentionnent, à la date de 1873, l'envoi au musée d'Amiens d'une toile d'Antoine Coypel sur le sujet de Silène et Eglé ; il dut y avoir contre-ordre, car ce musée n'a point reçu ce tableau.
(4) Vie des premiers peintres du Roi, p. 3i.
ANTOINE COYPEL IOÇ
en petit quelques années avant et offerts aux regards du public à l'exposition que fit l'Académie de peinture en 1705. » Voici les diverses ordonnances de paiement se référant à cette commande :
Exercice 1710, 22 janvier 171 1 :
Au sieur Coypel, peintre, 3,5oo livres pour le paiement d'un tableau représentant Athalie et Joas reconnu pour roy de Juda, contenant 23 pieds de large sur i3 pieds de haut (i).
Exercice 1711, 1" avril 1712 :
— 4,5oo livres pour son payement d'un tableau qu'il a fait, représentant Jessé (2), pour être exécuté en tapisserie aux Gobelins pendant l'année dernière 171 1.
Exercice 1712, i" mai 1713 :
— 4,5oo livres pour son payement d'un tableau représentant Y Accusation de la chaste Suzanne, qu'il a fait pour servir de dessin aux ouvrages de tapisserie de la manufacture royale des Gobelins pendant 171 2.
Exercice 17 14, i5 février 1714 :
— 5,ooo livres pour son payement tant d'un grand tableau représentant le Jugement de Salomon, qu'il a fait pour servir de modèle aux tapisseries des Gobelins, que d'un cadran solaire, qu'il a fait à la manufacture de la Savonnerie.
Exercice 171 5 :
— 4, 5oo livres pour son paiement d'un tableau représentant Tobie recouvrant la vue qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie pendant 171 5.
Actuellement les tableaux à" Athalie et de Suzanne au musée du Louvre : H. 3 m. 43 et 3 m. 57 — L. 7 m. et 5 m. 82 ;
(1) L'architecture de ce tableau fut faite par Mcusnicr, comme l'atteste cette ordonnance de paiement en date du 22 janvier 171 1 (Exercice 1710) : « à Philippe Meusnier, 624 livres pour peinture d'architecture au tableau de Y Athalie, qu'a fait le sieur Coypel pour être exécuté en tapisserie. >»
(2) Lire : Jephté.