DEQUOY
Chapelle de l'Hôtel des Mousquetaires à Paris.
On compte plusieurs peintres de ce nom; bien que le prénom de celui dont il est fait mention ici ne soit pas inscrit dans les ordonnances de paiement, il est vraisemblable qu'il s'agit du frère cadet de Simon Dequoy, Dcquoy le jeune qui était alors l'un des copistes attitrés de la direction des Bâtiments (1).
On relève à son actif, sur l'exercice 1723, l'ordonnance de paiement suivante, en date du 5 mars 1724 :
Au sieur Dequoy, peintre, 5oo livres pour son payement d'un tableau représentant saint Louis prosterné devant un crucifix avec beaucoup d'ornemens, qu'il a fait pour la chapelle de l'hôtel des Mousquetaires [faubourg Saint-Germain] pendant les années 1723 et 1724.
Autres tableaux.
En 1724, le même artiste exécuta encore, pour le roi, cinq tableaux qui lui furent payés 2,35o livres le i5 juin 1726 (Exercice 1724), et dont il ne nous a pas été donné de retrouver la désignation précise.
Enfin, quatre autres tableaux lui furent payés le 20 juin 1730 (Exercice 1726) :
Au sieur Dequoy, peintre, 340 livres pour son payement de quatre tableaux qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année 1726.
(1) Cf. A. N. O' i9?4B : Etat des ouvrages de peinture fait pour le Roy depuis 1-16 jusqu'et compris i?2Q.. — Le musée de Caen possède, également de ce même peintre, un Portrait de Louis XV dans sa jeunesse, au bas duquel se relève cette signature : Fait par Dcquoy le jeune, peintre du Roy, iya3.
TABLEAUX COMMANDES l>Oi:R LK ROT
L'État des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 1716 jusqu et compris 172g (1) fournit d'assez vagues données sur ces morceaux :
Deux dessus de portes, représentant Tun la Peinture qui peint Vénus et VA mour, etc 200 livres .
Plus deux tableaux en rond, sur la cheminée, représentant la Poésie épique en pied (2), etc .' 1 00 livres .
François DESPORTES (3)
Aux Gobelins et à la Savonnerie.
i° de 1717 à 1J22.
Desportes retrouva sous Louis XV la faveur dont il avait bénéficié sous Louis XIV; dès 17 17, il fut employé aux Gobelins et à la Savonnerie.
Il serait assez malaisé de connaître la nature de ces travaux, si son fils n'avait pris soin de les spécifier dans la biographie qu'il donna de son père en 1748 (4) : « Ce fut pendant la Régence, dit-il, qu'il composa de nouveaux dessins coloriés pour des paravents et autres meubles, qui furent exécutes a la manufacture royale des tapis de Turquie, au bas de Chaillot. » Plus loin, il ajoute que Dcsportcs retoucha la tenture des Indes, dont un prince d'Orange avait oflert à Louis XIV les modèles, exécutés par des artistes hollandais.
C'est donc à ces divers travaux que se rapportent vraisemblablement les ordonnances de paiement suivantes :
Exercice 1717: 1 3 décembre 1717.
Au sieur Desportes, peintre, 2,320 livres pour son payement des ouvrages de peinture et tableaux qu'il a faits pour le service du Roy pour estre exécutez en tapisserie aux manufactures
(2) L'artiste demandait 400 livres du premier tableau et 200 livres du second.
(3) Cf. Inventaire des tableaux du Roy, par Rnilly, pp. 5 1 2-5 1 9.
(4) Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture, t. II, p. 107.
FRANÇOIS DKSPORTES
royales des Gobelins et de la Savonnerie, pendant la fin de 1716 et la présente année 1717.
Exercice 1718, 19 août 17 19 :
— 170 livres pour son payement des ouvrages de peinture représentant des animaux, qu'il a faits pour être exécutés en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.
Exercice 171g, 2 5 octobre 1719 :
— 2,730 livres pour son payement de divers ouvrages de peinture, qu'il a faits pour servir de modèles aux ouvrages de tapisserie, façon de Perse et du Levant, de la manufacture royale de la Savonnerie pendant la présente année.
Dans un État des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 1716 jusqu'et compris 17K) (1), cette dernière somme de 2,370 livres est ainsi détaillée :
Trois tableaux de 6 pieds de haut sur 2 pieds de large, peints
sur papier pour paravents 450 livres.
Un deuxième tableau représentant un Vautour. . 450 » Un troisième tableau représentant une Treille... 4S0 » Trois tableaux de 4 pieds de haut destinés au môme usage, estimés chacun 340 «(2).
Exercice /720, i3 avril et 22 août 1720:
Au sieur Desportes, peintre, 1 ,200 livres pour son payement de trois feuilles de paravents, qu'il a peint pour être exécutés en tapisserie à la manufacture de la Savonnerie pendant la fin de l'année dernière et la présente.
— 320 livres pour son payement des ouvrages de peinture (3)
(2) L'artiste demandait 65o livres de chacun des trois premiers tableaux et 460 livres de chacun des trois autres.
(3) Et notamment a un tableau représentant plusieurs animaux » (A. N. O' 19J4B : état cité ci-dessus).
qu'il a faits pour servir de patrons pour les tapisseries de la manufacture royale des Gobelins pendant les mois de février, mars, avril et may derniers.
Exercice 1722 :
— 23o livres pour son payement des tableaux qu'il a faits pour estre exécutez en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant la présente année.
20 Les Nouvelles Indes.
En 1735, on décida de renouveler aux Gobelins la tenture des Indes, dont Desportes avait déjà retouche les originaux (1); il reçut cette fois encore la commande de huit grands tableaux dans un goût semblable, mais bien plus riches et mieux ordonnes; chacun d'eux fut évalué 2,000 livres.
La première pièce, Le Cheval pommelé (n* 2 du classement actuel}, fut exposée au Salon de 1737 avec cette mention :
Un grand tableau, représentant un Cheval, richement orné, conduit par un Nègre, plusieurs autres animaux, poissons, plantes, fleurs et fruits des Indes ; par M. Desportes.
Le paiement est en date du i3 août 1737 :
Au sieur Desportes, peintre, 2,000 livres pour son payement d'un grand tableau, représentant des Animaux, arbres, fruits et /leurs des Indes, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins dans la présente année.
Sur ce même exercice 1737, h la date du 8 février 1738, on relève le paiement du second tableau :
Au sieur Desportes, peintre, 2,000 livres pour son payement d'un grand tableau représentant un Tigre qui combat un cheval rayé tel qu'il s'en trouve aux Indes, qu'il a fait pour estre exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins, pendant les six derniers mois de l'année dernière.
li) Cf. Inventaire Bailly, p. 3ôy.