‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 54 sur 130 · JACQUES DUMONT · texte numérisé non relu

JACQUES DUMONT

Mémoire de deux tableaux pour la chambre à coucher de Madame la Dauphine, peins par Dumont le Romain, sous les ordres de M. de Tournchem.

Ces tableaux ont 3 pieds 6 pouces de long sur 4 pieds 6 pouces de haut.

Le premier représente le Sommeil entouré de songes agréables. Le second représente Y Aurore accompagnée de petits ^éphirs. Lesdits ouvrages estimés 1,200 livres.

Le paiement est en date du 14 février 1748 {Exercice 1747) :

Au sieur Dumont le Romain, peintre, la somme de 1,200 livres pour son payement de deux tableaux, qu'il a faits pour la chambre à coucher de Madame la Dauphine à Versailles pendant l'année dernière.

Concours de 1747.

Cette môme année 1747, Dumont le Romain fut des onze peintres qui participèrent au concours ordonné par le Roi à l'instigation de M. de Tournchem.

11 traita le sujet de Mutius Scevola se brûlant le poing dans le camp de Porscnna, et son tableau, de 3 pieds de haut sur 6 de large, fut expose au salon de 1747, dans la galerie d'Apollon.

L'artiste perçut la gratification promise, le 39 septembre 1747 :

Au sieur Dumont le Romain, peintre, la somme de 1 ,5oo livres pour son payement d'un tableau, représentant Muceius Scevola, qu'il a fait en la présente année pour le concours ordonné par Sa Majesté.

Actuellement au musée de Besançon, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 1 m. 63. — L. t m. 92. — Signé : Dumont le Romain, 1 747.

Au ohflteau de la Muette.

En 1748, comme les séjours de Louis XV devenaient de plus en plus fréquents au château de la Muette, les Bâtiments aménagèrent ce château et le mirent en état de loger le Roi. Oudry fut principalement chargé de la décoration et on lui adjoignit Dumont le Romain, qui eut à exécuter quatre dessus de porte pour le salon (1).

(t) Cette pièce s'appelait aussi l'antichambre des Seigneurs.

Le 5 mai 1749,001 artiste proposait comme sujets « la Paix, la Victoire, la Valeur figure d'homme s'appuyant sur un lion, la Vertu Héroïque figure d'homme en Hercule, ou quatre figures de femmes, l'Abondance et la Générosité en plus des deux premières (1) ».

Ces quatre tableaux furent évalues 2,400 livres, soit 600 livres chaque ; l'artiste fut payé le 3o janvier i-jbi (Exercice 1749):

Au sieur Dumont le Romain, peintre, la somme de 1,200 livres pour faire, avec pareille somme à lui ordonnée acompte sur l'exercice 1749 le 4 septembre 1750, le parfait payement de 2,400 livres à quoi montent quatre tableaux, qu'il a faits pour le salon du château de la Meutte pendant l'année 1749.

Deux de ces tableaux, la Victoire et la Paix se trouvent actuellement au musée de Compiègnc, identifiés à la Force et à la Paix : H. 1 m. o5. — L. 1 m. 55. — Signés : J. Dumont le Romain 1 740. (3).

(1} A. N. O' i58a. — Le i3 mai le directeur des Bâtiments, Lenormant de Tournehcm, écrivait à ce propos à Coypcl, le premier peintre : (A.N. O* 1912).

« M. Dumont le Romain m'a proposé pour les quatre dessus de porte du salon de la Meutte plusieurs sujets entre lesquels j'ai choisi les quatre suivants : La Paix sous la figure d'une femme avec ses attributs ; la Victoire sous la figure d'une femme tenant un laurier; l'Abondance et la Générosité aussi sous la figure d'une femme.

• L\n conséquence du choix que j'ai fait, je vous prie de dire à M. Dumont de travailler incessamment à ces quatre tableaux. »

(3) Dans un état général des ouvrages de peinture distribués aux artistes en 1752 (A. N. O' iy32), on trouve à l'actif de Dumont le Romain, la mention suivante : « Une suitte de sept tableaux de l'histoire de Samson, 24,5oo livres », et, au-dessous, ce nota : « SI n'a point encore commencé à y travailler: on pourrait donner cette suite de tableaux à deux autres artistes. » Dans un autre état similaire (A N. O" Kj33), on relève cette note : « Il n'y a qu'un tableau d'ébauché. Il n'y travaille point. » Le prix de ces tableaux (3,5oo livres pièce) désigne clairement des modèles pour les Gobclins; Dumont n'en exécuta aucun et ce projet ne fut pas repris.

JOSEPH DUPUESSIS

Joseph DUPLESSIS

Portraits de Louis XVI.

A l'avènement de Louis XVI (i), le peintre Joseph Duplcssis fut choisi par la Direction des Bâtiments pour exécuter le portrait officiel du nouveau monarque.

Celui-ci ne donna que quelques séances pour permettre à l'artiste d'esquisser la téte; pour le reste du corps, Duplessis travailla d'après le portrait de Louis XV par Louis-Michel Van Loo; la stature n'éiait point par trop contradictoire et l'opération pouvait se faire sans trop d'invraisemblance. Le G juillet 1773. Duplcssis écrivait au comte d'Angiviller (3) :

« J'cxécutcray vos ordres avec toutte l'exactitude que vous devez attendre de moy ; il n'y a pas d'autre moyen, comme vous l'avez fort bieu vu, que de mettre la téte de Louis XVI sur le corps d'un autre portrait. Je ne vois pas sur lequel ma tete allât mieux que sur le corps du portrait de Louis XV par M. Van loo. Ma tiite est nue, précisément la même chose. Indépendamment de l'original qui est dans le grand appartement de Versailles, il y en a sans doute un autre au cabinet de la Surintendance; jedésircrois que vous me permissiez de le faire prendre et l'emporter chez moy; par ce moyen, je me ferois aider et je scrois à même de diriger et retoucher tous les jours l'ouvrage que l'on m'auroit fait; je vous prie de me faire sçavoir si la chose ne souffre point de difficultés ; en ce cas, on y mettroit la main tout de suite. •

Il fut fait comme l'artiste le demandait; le 8 juillet 1775, le garde des tableaux Jcaurat recevait l'ordre de livrer à Duplcssis une copie du portrait de Louis XV, d'après Louis-Michel Van Loo. Mais il faut croire que le résultat de l'opération ne fut pas très satisfaisant, car le portrait ainsi obtenu fut donné... à des Indiens, comme l'atteste cette ordonnance de payement en date du 8 mai 1776 :

Au sieur Duplessis, peintre, la somme de 3, 000 livres pour son payement d'un tableau portrait représentant le Roy qu'il a

(i)En 1771, Duplessis avait reçu la commande d'un « portrait de M"" la Dauphine à cheval », la mention s'en trouve à cette date dans un état des ouvrages commandés (A. N. O' u»33).

fait Tannée dernière. Ce tableau est destiné pour le Roy de Cartenate, dans l'Inde.

Cette première tentative fut donc considérée comme non avenue, et, en 1776, Duplessis se remit à l'oeuvre. Le roi peut-être lui donna quelques séances supplémentaires; la ressemblance fut plus exactement saisie, et l'artiste, présentait un premier portrait, sorte d'esquisse achevée soumise au Roi et d'après laquelle il travaillerait dans la suite aux grands portraits qu'il aurait à exécuter. Voici son mémoire à ce sujet (1) :

Mémoire des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Duplessis pendant Tannée 1776 :

Le portrait du Roy Louis XVI, grandeur de buste, en ovale.

Estimé 1,200 livres.

Nota. — Ce tableau est l'original d'après nature.

Ce portrait est actuellement au musée de Versailles (n* 3966) : H. o, 80. — L. o, 62 ; forme ovale.

Mais un portrait aussi simple ne pouvait être considéré comme le modèle officiel; le monarque devait être représenté en costume d'apparat et dans le plus pompeux décor. L'artiste demanda donc qu'on lui livrât les habits du sacre, et la correspondance, qui s'engagea à ce propos donne de curieux détails sur la façon dont les peintres officiels travaillaient à ces portraits de souverains.

Le 25 avril 1776, Duplessis exposait ainsi ses desiderata (2) :

« M. le comte d'Angiviller demande quels sont les habits du sacre qui me sont nécessaires.... ce sont : le manteau royal, la tunique de satin cramoisy qui est dessous, la culotte, les bas et les souliers, les boucles ou agrafes, car je ne sçais desquelles de ces deux façons ces souliers sont attachés, le colier de l'Ordre, les gands, les manchettes, les jarretières, la cravate. Si j'oublie quelque chose, ceux qui ont habillé le Roy le jour du sacre n'oublieront rien, s'ils sont consultés.

(2) A. N. O' 1934c. — L'artiste avait fait le voyage de Reims pour assister au sacre du Roi, comme l'atteste une ordonnance de 36o livres à lui passée, en date du 26 septembre 1775 (A. N. O* 2278") b pour son remboursement des frais de voyage qu'il a faits pour aller à Reims et son retour pour assister à la cérémonie du Sacre et y dessiner les objets accessoires au portrait du Roi qu'il est chargé d'exécuter ».

JOSEPH DUPLESSIS

a Mon intention est de tirer parti de cet habillement, mais j'ay observé que mes prédécesseurs, tels que MM. Vanloo, Rigaud et autres, n'ont pris de l'habit du sacre que le manteau royal et qu'ils ont mis dessous l'habit des novices du Saint-Esprit. Si, après avoir essayé de l'habit du sacre tel qu'il est dans toutes ses parties, je m'aperçois que ces messieurs ont eu de fortes raisons de préférer ce mélange des deux habits, je prendrai comme eux cette licence et il faut par conséquent que j'aye encore l'habit des novices du Saint-Esprit... Je ne dois pas oublier que j'ay besoin de l'épée de Charlemagnc avec son ceinturon, de la couronne, du sceptre et de la main de justice. »

La lettre de cachet autorisant le prieur de Saint-Denis à délivrer les ornements royaux au peintre est en date du 4 mat 1776 (1) :

« De par le Roy, Chers et bien amés, notre bien amé le sieur Duplcssis ayant besoin pour l'exécution de nos ordres de l'habit de cérémonie et du manteau royal qui a servi à notre sacre et que nous avons ordonne, suivant l'usage, être déposé dans le trésor de notre abbaye royale de Saint-Denis, dont la garde vous est confiée, nous vous mandons et ordonnons de les remettre sans aucune difficulté audit sieur Duplcssis, lorsqu'il se présentera pour les retirer de notre part, lesquels vous seront ensuite reportés par luy lorsque l'objet dont nous l'avons chargé sera remply. Si ny faites faute, cartel est notre plaisir. Donné à Versailles, le 4 may 1776. — Louis. »

Le 19 mai, Duplessis écrivait en ce sens au Père dom Forcadc, garde du trésor de Saint-Denis, lui donnant le détail des ornements nécessaires. De cette lettre, il ressort que le peintre a renoncé à son projet de représenter fidèlement le costume du sacre ; il suivra les traditions de ses prédécesseurs; sous le manteau royal, en place de la tunique de satin cramoisi, il mettra l'habit blanc des novices du Saint-Esprit (2).

La correspondance de l'artiste nous permet de le suivre exactement dans la marche de son travail. La tète posée, il commence le manteau qu'il finit d'abord; le 3i mai, il demande le collier du Saint-Esprit qu'il avait oublié

(2) A. N. K. 161, n» 7. — ■ Je mets cy après le détail des pièces dont j'auray besoin pour le portrait du Roy (le manteau royal — l'agrafe qui sert à l'attacher — l'épée de Charlemagne — le ceinturon — le sceptre du sacre — la couronne de diamants). J'ay vu dans le trésor une agrafle pour relever probablement le manteau sur l'épaule, je ne connaissois pas cette pièce et je ne vous l'aurois pas demandée quoy qu'elle soit absolument nécessaire si vous ne me l'aviez faitte connaître ; s'il en étoit quelqu'autre de ce genre quoyqu'ellc ne fut pas sur la liste, je vous prie de ne pas l'oublier; puisque vous voulez bien prendre la peine d'apporter vous même à Paris ce que j'ay été vous demander, je vous prie que ce soit dans la semaine le jour qu'il vous plaira avant samedi, car, ce jour-là, je scray à Versailles ... »

la

dans sa lettre du 19 ; au commencement d'août, le corps du roi est terminé. De la main gauche le monarque doit tenir le sceptre et de la droite le chapeau du sacre : le 16 août, Duplessis demande à Dom Forcadc de bien vouloir lui envoyer le sceptre de Henri IV (1) et il réclame à d'Angivillcr le second de ces objets; le directeur des Bâtiments en écrit de suite au directeur des Menus, et de la Ferté, le iS septembre, de répondre (2) qu'il n'est resté aux Menus aucun des habits du sacre, qui ont été remis, suivant l'usage, au trésor de Saint-Denis, à l'ordre du Saint- Esprit et à la garde-robe du roi ; c'est donc là qu'on doit réclamer ■ le chapeau de velours garni de plumes ».

Enfin, l'artiste s'occupe des accessoires de son tableau ; le 10 octobre 1776, le comte d'Angiviller écrit de Fontainebleau au garde-magasin de Versailles (3) :

0 Vous vous rappellerez, Monsieur, que vous avez prêté a M. Duplessis un fauteuil de l'appartement du Roy et du meuble d'hiver pour former le trône qu'il peint dans son tableau ; comme l'hiver s'approche et qu'il craint que ce fauteuil ne soit demandé, il m'expose et me prie de vous prévenir que, le manteau portant sur le fauteuil, on ne peut retirer ce dernier sans déranger toute sa draperie, ce qui le mettrait dans le cas de recommencer son tableau. Il est donc nécessaire de lui laisser ce fauteuil... M. Duplessis a aussi deux portières, mais qu'il peut rendre sans inconvénient, pour les reprendre ensuitte quand elles seront libres. Il vaudrait cependant mieux les lui laisser, s'il est possible, pour que rien ne suspende l'exécution de ce tableau. 1»

Cette œuvre fut achevée à la fin de juillet 1777, mais alors Duplessis n'en eut point satisfaction ; il trouva que la tète du roi était mal placée, il la refit; naturellement il fut encore moins content de sa retouche, et il

(1) A. N. K. 161, n« 7. — ■ Mon Révérend Père, il m'est extrêmement important de scavoir la largeur du sceptre de Henri IV qui est au thrésor de St-Dcnis; je vous prie de me faire la grâce d'en prendre la mesure et de me l'envoyer, vous obligercs sensiblement ecluy qui a l'honneur d'être avec un profond respect, mon Révérend Père, votre très humble et très obéissant serviteur. »

(a) A. N. O" 191 1. — « J'ai pris les informations les plus exactes pour procurer, ainsi que vous le désirez, à M. Duplessis un chapeau de velours garni de plumes; mais il n'est resté aux Menus aucun des habits du sacre. Les uns ont été remis suivant l'usage au Trésor de Saint-Denys, les autres à l'ordre du Saint-Esprit, et le garderobe du Roi conserve le surplus. J'ai envoyé dernièrement à M. le duc de Fleury, en conséquence, le certificat du garde magazin des Menus. Ix chapeau ne peut donc être qu'entre les mains des officiers de l'ordre du Saint-Esprit ou des officiers de la garde-robe du Roi. J'aurois souhaité bien sincèrement, pouvoir mieux répondre à vos désirs. »

josi-ph ntrpLKssis

fallut, pour le tranquilliser et qu'il laissât sa toile en repos, l'intervention du comte d'Angiviller lui-même (i). Ijc 23 août, il écrivait à dom Forcade qu'il n'avait plus besoin du manteau royal (a).

Ce portrait de Louis XVI parut alors au Salon de 1777, et Duplessis présentait aux Bâtiments le mémoire suivant (3) pour obtenir son payement :

Mémoire du grand portrait du Roy Louis XVI, fait pour le service du Roy sous les ordres de M . le comte d'Angiviller, par le sieur Duplessis pendant Tannée 1777.

Ce tableau porte 8 pieds 6 pouces de hauteur sur 6 pieds de largeur.

Le Roy est représenté en pied, dans le grand habit du jour de son sacre, la main droite appuyée sur son sceptre, et sa couronne de diamants posée sur un carreau semé de fleurs de lys.

Estimé 1 2,000 livres.

Ce portrait se trouve actuellement au Grand Trianou (n* 84), faussement attribué a Callet (4) : H. 2 m. 27 — L. t m. 84 (3).

En ptusde ces originaux. Duplessis exécuta au moins quarante-six répliques de ce portrait de Louis XVI ; la nomenclature en est donnée à la suite de son premier mémoire.

(aj A. N. K. 161. — « Le portrait du Roy est fini pour ny plus revenir. Je puis vous rendre, par conséquent, ce que vous avez eu la bonté de me donner. Comme vous désirés que le manteau du Roy passe par les mains du fourreur avant que d'être remis à sa place, je crois devoir vous avertir qu'il faut le luy livrer sans délay. Je m'aperçois que dans le tems où nous somes, les papillons, qui voltigent partout, font plus de ravages dans un jour qu'ils n'en pouvaient faire dans quinze, il y a un mois; ainsi, si vous faines bien, ma lettre reçue, vous donnerez ordre a notre fourreur de venir le prendre avec l'attention pourtant de me montrer votre lettre sans laquelle je ne le livrerois pas. Pour ce qui regarde les autres objets, je vous les rendrai aussi quand vous voudres. •

{4) De Nolhac et Pératé. Le musée national de Versailles, p. 234.

(3) Il est hors de doute qu'un assez grand nombre de répétitions de ce portrait se trouvent dans les musées de province sous une attribution fausse. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, le dernier catalogue du musée de Besançon signale un portrait de Louis XV, d'après L.-M. Van Loo, qui n'est autre qu'une répétition de ce portrait de Louis XVI par Duplessis.

TABLEAUX COMJlANDlCS POUR LE ROI

Quatre, entièrement exécutées de sa main, étaient destinées l'une aux Affaires Étrangères, une autre à l'Impératrice reine et livrées l'ambassadeur d'Autriche, la troisième au cardinal de Bernis et la dernière à M. d'Angiviller : les trois premières furent payées 600 livres chaque et la dernière 3oo.

Pour vingt-deux autres, il se contenta seulement de faire la tète, laissant à ses élèves le soin d'achever le tableau ; des copies de cette sorte, payées 3oo livres chaque, furent données au duc d'Aumont, au comte de Mercy- Argcnteau, à M. de Sartinc, au comte de Saint-Priest, au lieutenant de police Lenoir, au maréchal de Mouchy, au marquis de Bridges, à M. Amclot, à la maison de Saint-Cyr, au marquis de Lcvis, au comte de Mailly, à M. de la Michodière, à M. de la Boullaye, intendant d'Auch, au maire de Reims Coquebert, à la manufacture de Sèvres, à la cour des aydes de Clcrmont-Ferrand, à l'évèquc de .Séez, au marquis de la Roche du Maine, à M. de Saint-Sauveur, au comte de Fumcl, à l'évequc du Puy, à M. Gojard, premier commis des finances.

De 1780 à 1790 (1) il exécutait dix-neuf nouvelles copies de ce portrait, en buste, à 3oo livres chaque : en 1780 et 1781 pour M. de Monthion, l'abbé de Radonvilliers, l'abbé Gaston depuis évèquc (le nom manque dans le mémoire), M. de Marvillc, le vicomte de Montcil, le comte de Fuugièrcs, Perronnet, le chapitre de Saint-Martin de Tours, M. de Beaujon, M. de Caumartin, le garde des sceaux, Madame Louise; en 1787 pour le comte de la Touche, M. de Ncyrac, M. de la Brctonnièrc, M. de Lamoignon; en 1789 et «790 pour M. de Barcntin, M. Albert de Rion et l'ordre de Saint-Michel.

Les paiements relatifs à ces divers travaux sont ordonnancés aux dates suivantes (2} :

(j) Ces diverses ordonnances de paiement sont prises du registre d'ampliations (1762-1785). Archives du Louvre.

Après Duplcssis, Callct et Gucrin furent chargés d'exécuter le portrait do Louis XVI.

Le premier portrait que Callet fit de Louis XVI, date de 1778-1779; il était destiné à l'hôtel de la Guerre. Les ornements royaux furent spécialement confiés à l'artiste; cette lettre de cachet en est la preuve (A. N. K. 161, n» 7} :

• Dr par le Roy, Chers et bien amès, notre bien amé le sieur Callet, ayant besoin pour l'exécution de nos ordres du manteau royal, du pourpoint, du chapeau a plumes, de la chaussure, du sceptre, de la main de justice et de la couronne qui ont servi à notre sacre et que nous avons ordonné, selon l'usage, être déposés dans le trésor de notre abbaye royale de Saint-Denis, dont la garde vous est confiée, nous vous mandons et ordonnons de les remettre sans aucune difficulté audit sieur Callet, lorsqu'il se présentera pour les retirer de notre part; lesquels vous seront ensuite reportés par lui

19 février 1780.

JOSEPH DUPLESSIS

Au sieur Duplessis, peintre, 5, 000 livres pour faire, avec 1 3,8oo livres à lui ordonnées acompte savoir 1,200 sur 1775 le 17 août audit an, 3, 600 sur 1776 le i5 février 1777, 3,ooo sur 1777 le 10 décembre audit an, et 6,000 sur 1778 le 2 février

lorsque l'objet dont nous l'avons chargé sera rempli. Si ny faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Versailles, le 10 septembre 1778. Louis. »

Le portrait fut achevé au mois d'août 1779, comme le prouve la lettre suivante adressée le 10 de ce mois par Amelot à M. Le Bègue, doyen des secrétaires du roi (A. N. K. 161, n> 7) :

• Je vous autorise. Monsieur, à retirer des mains du sieur Calais, peintre, les habits royaux que je lui ai fait prêter de l'abbaye de Saint- Denis pour le portrait du Roy qu'il est chargé de faire pour l'hôtel de la Guerre. Vous pourrez les déposer ensuite chez M. Guérin pour servir au portrait de Sa Majesté que votre compagnie fait faire, mais à la condition cependant que vous vous chargerés de les faire reporter aussitôt que votre tableau sera fini à l'abbaye de Saint-Denis, lieu de leur dépôt ».

Ces deux lettres établissent donc qu'au mois d'août 1779, Callet avait achevé le portrait de Louis XVI destiné à l'hôtel de la Guerre, et que François Guérin en exécutait un autre pour le bureau des secrétaires du Roi.

A la fin de 1779, un nouveau portrait de Louis XVI fut commandé à Callet, et le Roi consentit même à donner quelques séances à l'artiste. Ce portrait était destine à servir de modèle aux copies qui devaient être envoyées dans les cours étrangères, comme le prouve cette lettre que le comte de Vergennes écrivait, le 5 octobre 1779, au comte d'Angiviller (A. N. O' 1934 n) :

« Vous savez, M. .le comte, que j'ai chargé le sieur Calct, peintre de l'Académie royale de peinture, de faire le portrait du Roi en pied, pour servir de modèle à ceux qui doivent être envoyés dans les cours étrangères. Cet artiste a porté son ouvrage au point qu'on devoit attendre de quelques séances momentanées que Sa Majesté a daigné accorder pendant les déjeuners aux petits appartenions. Ix sieur Calct m'annonce quclcs accessoires du tableau vont être achevés, mais que, pour mettre la tetc au même degré, il auroit besoin de deux séances posées qu'il espère obtenir de Sa Majesté. Pour y parvenir, il se propose de faire apporter le tableau de Paris à Versailles dans la fin de cette semaine et de le faire placer dans une des pièces de l'appartement du Roi. C'est cette autorisation qu'il vous demande. »

Ce portrait par Callet fut gravé à la manière noire par J. Pichlcr: le roi est vu de face, la tête légèrement tournée à gauche; le corps est de trois quarts à gauche et revêtu du manteau royal, la main gauche tcnatit le chapeau du sacre, la droite étendue à gauche; derrière le monarque, à hauteur de l'épaule, la couronne posée sur une sorte de support ; une grande draperie ornementée fait le fond du tableau*

l82 TABLEAUX COMMANDÉS POUR LE ROI

1780, le parfait payement de 18,900 livres à quoi montent les divers tableaux portraits du Roy, qu'il a faits pendant les années

'776> *777 et «7/8-

On a vu précédemment que le peintre Guérin avait été chargé en 1779 d'exécuter un portrait de Louis XVI ; les ornements royaux, rendus par Callet à l'abbaye de Saint-Denis, lui furent remis le 28 septembre de la dite année, comme le prouve le procès-verbal suivant (A. N. K. 161, n» 7) :

■ M. Guérin, peintre du Roy et de l'Académie, apporta cette lettre à Saint- Denis pour prouver qu'il ctoit autorisé à retirer des mains de M. Calais les habits royaux qui lui avoient été prestes, en conséquence de la lettre de cachet du 10 septembre 1778. Mais comme M. Calais ne pouvoit point se dessaisir de ces habits royaux sans avoir sa décharge et la reconnoissance qu'il avait donnée au trésorier de l'abbaye de Saint-Denis, M. Guérin fut chargé de remettre à M. Calais la reconnoissance qu'il avait donnée aux religieux de Saint-Denis, et, après la remise de cette reconnoissance, M. Guérin fit porter chez lui tous les effets qui lui furent remis par M. Calais et dont M. Guérin donna la reconnaissance suivante :

« Je soussigné reconnais que D. Laforcadc, garde du trésor de l'abbaye royale de Saint-Denis en France, m'a remis les effets suivants, qu'il a tirés du trésor, conformément à l'ordre du Roy et à la lettre du ministre, dont je luy ai remis l'original, datté de Versailles le 10 aoust 1779, signé : Amelot;

Scavoir : i# Le grand manteau royal qui a servi au sacre de Louis XVI ; 3* l'agraffe dudit manteau royal qui est une lozanchc formée par une fleur de lys d'or émaillé, garnie de perles et autres pierres précieuses; 3° la couronne d'or faite pour le sacre de Louis XVI, la dite couronne garnie d'un bonnet de satin cramoisi, orné d'un gallon d'or en broderie ; 4* la main de justice du roy Henri IV, qui est d'argent doré; 5* le sceptre du Roy Henri IV, qui est également d'argent doré ; 6* l'épée que I on appelle communément l'cpée de Charlemagne, qui a coutume de servir à tous les sacres; 70 le foureau et le ceinturon de la dite cpée, qui sont l'un et l'autre de velours violet parsemé de fleurs de lys d'or fin en broderie ; 8* un étuit qui enferme la couronne d'or et un étuit qui en ferme l'agraffe du manteau Royal.

« Le tout enfermé dans une caisse de bois de chesne et garnie d'un drap blanc et d'une serviette blanche pour servir d'enveloppe aux susdits effets; lesquels effets je promets remettre à Messieurs les Religieux de la dite Royale Abbaye, lorsque l'objet dont je suis chargé sera rempli. En foi de quoi j'ai signé la présente reconnoissance ce 28 septembre 1779. Signé : Guérin avec paraphe.

« Et ensuitte, suivant une notte de Do m Laforcade, il a été remis à Monsieur Callet les effets cy après et qui ne sont pas compris dans le récépissé de l'autre part : scavoir une seconde serviette blanche, un morceau de serge jaune qui a servi anciennement d'enveloppe au manteau royal de

JOSEPH DUPLESSIS

i3 juin 178a :

Au sieur Duplessis, peintre du Roy, 3,6oo livres pour faire, avec 2,000 livres à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1 779 le 18 juillet 1781, le parfait payement de 5,6oo livres à quoi montent trois tableaux portraits du Roy, l'un en pied, les deux autres grandeur de buste, et un tableau portrait de M. le comte d'Angiviller, qu'il a faits en 1778 et 1779.

5 avril 1784 :

Au sieur Duplessis, peintre du Roy, 1,600 livres pour faire, avec 2,000 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1781, le parfait payement de 3, 600 livres à quoi montent douze tableaux portraits du Roy, en buste, grandeur d'ovale, qu'il a faits pour le service de S. M. pendant les années 1780 et 1781.

29 septembre 1784 :

Au sieur Duplessis, peintre du Roy, 3,ooo livres pour son

I^ouis XV, un morceau de toile violette propre pour envelopper ou couvrir une chasuble, un sac de toile d'environ une aulne de haut sur 2/3 ou 3/4 de large et où il y a des fleurs de lys noirs, un cadenat avec une clef qui ferme la caisse.

« M. Guérin ayant désiré quand il remit les effets contenus au mémoire d'autre part qu'on lui rendit et la lettre du ministre et la reconnoissance qu'il avoit donnée, on lui a remis le tout, et voilà pourquoi on en a tiré copie, et au bas du mémoire de M. Guérin on a mis la décharge suivante :

« Je soussigné, Procureur de l'abbaye, Royale de Saint-Denis en France et Garde du trésor de l'Eglise de la dite abbaye reconnois que M. Guérin nous a remis tous les effets dont il est fait mention cy dessus et des autres parts, de tous lesquels effets je le décharge pleinement et entièrement, en foi Je quoy je luy ai donné la présente reconnoissance en lui remettant ce présent billet fait à l'abbaye de Saint-Denis en France, ce 26* jour de juin 1780. D. Louis Laporcadk, Procureur de Saint-Denis. »

Enfin, en 1789, Callet exécutait un nouveau portrait de Louis XVI, qui parut au Salon de cette même année, et qui, s'il en faut croire la légende de la gravure qu'en fit Bcrvic, fut « présenté au Roi et à l'Assemblée nationale par l'auteur a. L'artiste s'est borné à reproduire l'attitude du Louis XV de Vanloo, et pour satisfaire au goût du jour, H a introduit dans l'ornementation du trône les attributs de la justice et les faisceaux de la liberté.

On trouve des exemplaires de ce portrait au musée de Versailles (n» 3890) et au petit Trianon : H. 2 m, 82. — L. 1 m. 64.

payement de dix bustes de Sa Majesté, qu'il a faits pendant les années 1782 et 1783 à raison de 3oo livres chacun.

Portrait du oomte d'Angiviller.

Au Salon de 1779, Duplcssis exposa le portrait du comte d'Angiviller; cette œuvre avait été commandée par les Bâtiments, et voici le mémoire de l'artiste (1) :

Mémoire d'un portrait fait pour le service du Roy sous les ordres de M . le comte d'Angiviller, par le sieur Duplessis, peintre, pendant l'année 1779.

Ce portrait a été donné par le Roy à son Académie royale de peinture et de sculpture en 1 779.

Il représente M. le comte d'Angiviller, directeur et ordonnateur général des Bâtiments, assis dans un fauteuil.

Estimé 2,000 livres.

Le paiement est en date du i3 juin 1782; on en a vu plus haut la mention.

Actuellement au musée de Versailles (n° 3926): H. t m. 44. — L. 1 m. 06.

Louis DURAMEAU

A Versailles.

En 1753, une salle de spectacle avait été aménagée au château de Versailles sur les dessins de Gabriel ; le peintre Durameau fut chargé d'en exécuter le plafond; en 1768, il adressait au marquis de Marigny le placet suivant (a) :

« M. le Marquis de Marigny, directeuret ordonnateur des Bâtiments du Roi, voulant orner la nouvelle salle de spectacle du château de Versailles, a chargé le sieur Du Rameau, peintre du Roy, d'en faire le plafond, ce qu'il a exécuté ainsi qu'il sera détaille cy après sous la conduite de M. Gabriel, l'architecte de Sa Majesté et sous les yeux de M. l'Écuyer, contrôleur du département du château.

(1) A. N. O* iy33.

LOUIS DURAMEAU 1 85

« Le grand plafond ovale, qui a 36 pieds de long sur une largeur proportionnée, représente Apollon couronnant les arts, lequel est composé de différents groupes considérables et d'une fort grande étendue. Les douze autres plafonds, d'environ 6 pieds carrés chacun, qui décorent le sophite de la gallerie, représentent les Amours des Dieux caractérisés par des enfans qui ornent de fleurs les attributs de chaques divinités.

« Touts les ouvrages désignés cy devant ont étés approuvés sur des exquisses par M. le marquis de Marigny.

«Le sieur Du Rameau espère que M. le Directeur général voudra bien lui faire accorder pour le grand plafond la somme de 24,000 livres.

« Pour les douze autres, qui ensemble forment une grande étendue, il les porte à la somme de 12,000 liv.

• Il a été supprimé par changement dans le milieu de la colonnade un plufond de 14 pieds de long ou environ, dont les études, les esquisses et même les dessins en grand etoient resté.

« Ix sieur Du Rameau a été chargé de faire une exquisse pour le petit model de lu salle et qui y est resté.

«Ha été charge par M. Gabriel, en conséquence d'une délibération faite par les ordres de M. le marquis de Marigny, de présider seul à l'exécution des peintures et dorures, des ornements et marbres, tant de la salle que de la gallerie qui la précède. Il a employé un teins considérable à suivre cet ouvrage jusqu'à son entière perfection, étant obligé de prescrire tous les différents tons de couleurs et d'y avoir continuellement l'œil, afin que l'ensemble forme un bel accord.

« Il laisse ces trois objets à la justice de M. le Directeur général. »

Nous n'avons point retrouvé l'ordonnance de paiement relative à ce travail ; il était en tous cas terminé en 1770, puisque la nouvelle salle de spectacle fut inaugurée le 17 mai de cette môme année, lors des fCtcs de mariage du Dauphin.

Cléobis et Biton. — La continence de Bayard.

Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Du Rameau, pendant les années 1776 et 1777 (0.

(i; A. N. O' 1 « 3 3 . - Cf. page 35 supra (note).

Le premier tableau porte 10 pieds en quarré.

Il représente un trait de piété che^ les Grecs : Cléobis et Biton craignant que le retard des bœufs, qui dévoient traîner le chariot de leur mère (prêtresse) ne fit manquer l'heure du sacrifice, se mettent sous le joug et le tirent jusqu'à la porte du Temple.

Estimé 6,000 livres.

Le deuxième, de 7 pieds de large sur 10 de haut, représente un trait de respect pour les mœurs : le chevalier Bayard remet sa prisonnière à sa mère et la dotte.

Estimé 3,ooo livres.

Le premier de ces tableaux fut exposé au salon de 1777; le second au salon de 1779; le paiement est en date du 3o septembre 1778(1):

Au sieur Du Rameau, peintre, 2, 1 00 livres pour faire, avec 6,900 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1776 les 29 janvier, 2 1 mai, 1 1 septembre 1777, le parfait paiement de 6,900 livres à quoi montent deux tableaux représentant l'un Cléobis et Biton, l'autre la Continence de Bayard, qu'il a faits pour le service du Roi pendant les années 1776 et 1777.

En 1794, le jury de classement des modèles des Gobclins, où ces deux tableaux étaient allés, rejetait le premier sous « le rapport de l'art, quoique le sujet présente un exemple de piété filiale ».

Actuellement, le tableau de la Continence de Bayard se trouve au musée de Grenoble, où il fut envoyé par l'État en 1872, avec fausse attribution à Brcnet {2) : H. 3 m. jo. - L. 1 m. 5î.

Entoile et Darès.

Mémoire d'un des dix tableaux pour le service du Royfait sous les ordres de M. le comte d'Angiviller et par le sieur Du Rameau pendant les années 1778 et 1779 (3).

Ce tableau a 10 pieds de haut sur i3 pieds de large.

Il représente le combat des deux athlètes Entelle et Darès aux

(t) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785). (a) Quant au tableau de Cléobis et Biton, il fut attribué en 1872 au musée de Mclun, qui le refusa.

LOUIS DURAMEAU I 87

jeux funèbres qu'Enée fait célébrer sur le tombeau d'Anchisc, son père ; ce héros les sépare et sauve Darès de la fureur du vieil Entclle.

Estimé 6,000 livres.

Ce tableau fut exposé au salon de 1779 ; le paiement est en date du 4 février 1780 (1) :

Au sieur Du Rameau, peintre, 2,000 livres pour faire, avec 4,000 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1 768 les 26 janvier et 3 août, le parfait payement de 6,000 livres à quoi monte un tableau représentant le combat de Darès et d'Entelle, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1778 et 1779.

Ce tableau, en 1794, fut rejeté par le jury de classement des modèles des Gobclins, « sous le rapport de Tan, quoique le sujet soit convenable 1».

Actuellement au musée de Rtom.où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. 25. — L. 4 m. 25.

Herminie.

Mémoire d'un tableau fait pour le Roy sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Du Rameau pendant les années 1782 et 1783 (2).

Ce tableau a 8 pieds de large sur 10 de haut.

Il représente Herminie che\ le vieillard.

Estimé 3,ooo livres.

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762- 1783).

(2) A. N. O' 1931. Pour le salon de 1785 Duramcau avait proposé et d'Angiviller avait agréé le sujet suivant : « Cléopâtre fut soupçonnée par Antoine du dessein de le faire périr par le poison ; en conséquence il voulut que l'on fit l'essai de ce qui se servait devant lui lorsqu'il mangeoit avec clic. Cléopâtre se joua de ses frayeurs et se fît un plaisir de lui prouver l'inutilité de ses précautions. Tout le monde connoit le repas que cette Princesse lui donna et l'aventure des couronnes empoisonnées. »

Mais à la suite existe une note qui déclare : « M. Duramcau n'ayant pu par suite de diverses circonstances travailler à ce tableau, M. le comte a agréé qu'il ne le fit point. C'est un sujet à donner pour le sallon de 1787. » (A. N. O' 191?.)

Ce tableau fut exposé au salon de 1785; le paiement est en date du 21 janvier 1785 (1) :

Au sieur Du Rameau, peintre du Roy, i,5oo livres pour faire, avec i,5ooàlui ordonnés acompte en 1783, le parfait payement de 3,ooo livres à quoi monte un tableau représentant Herminie sous les armes de Clorinde, qu'il a fait en 1782 et 1783 pour le service de Sa Majesté.

En 1794, le jury de classement des modèles des Gobelins rejetait ce tableau « sous le rapport de l'art, bien que le sujet n'ait rien de repréhcnsiblc ».

A Fontainebleau.

Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roy sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Du Rameau pendant les années 1780 et 1781 (2).

Ces deux tableaux, de forme, ovale de 7 pieds 4 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large, font partie des quatorze destinés pour la chapelle de Fontainebleau (3).

Le premier représente la guérison du Paralytique.

Le deuxième représente les marchands chassés du Temple.

Estimé 1,600 livres.

Le paiement est en date du 3 avril 1784 {4} :

Au sieur Dm Rameau, peintre du Roy, 1,000 livres pour faire,

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

(2) A. N. O" 1931. — Pour le salon de 1781, les Bâtiments avaient réservé à Du Rameau le sujet de Virginius poignardant sa fille (A. N. O' 1928); mais cette proposition fut retirée, ce sujet fut donne à Brénct pour le salon de 1783.

(3) Cf. page 16 supra. — Une lettre de Du Rameau du 3 août 1783 (A. N. O' 1912) indique que ces deux tableaux ne plurent pas à d'Angiviller. Leur exécution avait été retardée a par les peintures du catafalque de l'Impératrice dont il avait été chargé », et pour cela ils ne parurent point au salon de 1781 : l'artiste demandait qu'avant d'aller à Fontainebleau ils figurassent à celui de 1783, mais cette faveur ne lui fut pas accordée. Ils furent exposés au salon de 1789.

(4) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

HENRI bE FAVANNE

avec 2,200 à luy ordonnés acompte sur les exercices 1780 et 1781, le parfait payement de 3, 200 livres à quoy montent deux tableaux l'un représentant la guérison du Paralytique, l'autre les marchands chassés du Temple, qu'il a faits en 1780 et 1781 pour la chapelle du château de Fontainebleau (1).

Henri de FAVANNE

En 1724, quand on décora les appartements de l'hôtel du Grand Maître à Versailles (2), Henri de Favanncs eut un tableau a faire, sur le sujet de Renaud et Armide : les dimensions étaient de 3 pieds et demi de haut sur 2 pieds 10 pouces de large et la forme ovale (3).

L'artiste demandait 600 livres; les Bâtiments lui en accordèrent 400, qu'il toucha le i5 juin 1726 (Exercice 1724) :

A Henry Favannes (4), peintre, la somme de 400 livres pour son payement d'un tableau représentant Renaud et Armide \ qu'il a fait pour le service du Roy pour les appartements de l'hôtel du Grand Maître à Versailles pendant l'année 1724 (5).

Actuellement à l'Hôtel de Ville de Versailles : H. 1 m. o5. — L. o m. 95, ovale.

(1) Ces tableaux subirent en 1789 un nettoyage; voici la note du restaurateur Martin : « Deux tableaux ovales de la chapelle de Fontainebleau par M. Du Rameau, les avoir nettoyés et raccordés: 48 livres. » (A. N., O* ig3i).

(2) Cf. p. 76 supra.

(3) A. N. O' 1934 B : Etat des tableaux modernes qui ont été faits et placés dans les dehors de Versailles depuis l'année 7722 jusqu'à ce jour.

(4) Le scribe, après avoir inscrit ce nom de Favannes, trompé sans doute par l'analogie, le raya et le remplaça par celui de Chavannes ; mais l'attribution de ce tableau à Favannes est reconnue dans tous les états où ce tableau est signalé, notamment dans Y Etat des tableaux faits depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à 17 32 (A. N. O' 1965) et dans Y État des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 1716 jusqu'et compris 172g (A. N. O' 1934 »), sans compter celui cité ci-dessus.

(5) Favanne prit part au concours de 1727; voici, d'après le Mercure galant, le titre et la composition de son tableau :

« La tendresse filiale d'Hèrode.Josèphe, liv. 14, ch. 25; de M. de Favanne.

Jean-Baptiste BELIN DE FONTENAY, le fils (i)

Aux Gobelins.

Fontcnay le fils fut, de 1715 à 1730, spécialement attaché aux Gobelins où il travailla aux divers ouvrages de peinture, que nécessitaient les services de la manufacture.

Nous n'avons donc mentionné ici que les travaux nettement spécifiés dans les mémoires ou dans les ordonnances de paiement, laissant de côte ceux qui n'ont qu'un caractère général et indéfini et qui sont enregistrés sous la vague dénomination d' « ouvrages de peinture ».

1 0 Les Enfants jardiniers.

A la date du 19 août 1719 (Exercice 1 718) on relève l'ordonnance de paiement que voici :

Au sieur Fontenay, peintre, 33o livres pour son payement des ouvrages de peinture, représentant des /leurs et des outils de jardins, qu'il a faits pour être exécutez en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant les mois de may, juin et juillet de l'année dernière.

Une mention spéciale qui est portée à YEtat des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis iji6 jusqu'et compris 172g (2) signale ainsi

« L'accident qui arriva à Hérode lorsqu'il fuïoit de Jérusalem pour la trahison des Parthes, fait le sujet de ce tableau. Le chariot où étoit la mère d'Hérode ayant versé, elle paroit dangereusement blessée et la douleur qu'en ressent son fils, avec l'appréhension d'être joint par les ennemis dans ce retardement, le porte à un tel désespoir, qu'il veut se percer de son épéc, mais on l'en empêche, etc. » Les dimensions étaient de 6 pieds de large sur 4 de haut.

(1) Il s'agit ici du fils du célèbre peintre de fleurs; il avait le même prénom que son père, il signa comme lui et travailla dans le même genre.

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