JEAN-BAPTISTE BELIN DE FONTENAY
cette œuvre : < un tableau des En/ans jardiniers avec outils de jardin. Heurs, eaux, plantes, etc. de 10 pieds de haut sur 20 de large. » L'artiste demandait 5oo livres.
2° Le tapis du Trône.
Peu après, Fontenay composait, en collaboration avec Pierre Jossc Perrot(i), le modèle du tapis du trône, qui devait Être exécuté par la manufacture royale. Le détail de ce travail se trouve mentionné dans l'État des ouvrages de peinture faits pour le Roy depuis 17 16 jusquet compris 1 739 (2) :
Pour le tapis du trône du Roy, les ornemens, bordures, branches de feuilles avec les attributs, etc.; le dessus de l'estrade
(1) Ces deux mêmes artistes travaillèrent en commun, en 1725, à la tenture des Arabesques d'après Raphaël, comme l'atteste une ordonnance de paiement à la date du 12 août 1726 (Exercice 1725) :
« Aux sieurs Perrot et Fontenay, peintres, 688 livres pour les ouvrages de peinture et desseins qu'ils ont faits pour une tenture des Arabesques de Raphaël pour être exécutez en tapisserie à la manufacture des Gobclins pendant les trois premiers mois de l'année dernière. »
A la date du i5 novembre 1725 (Exercice 1724) on relève à leur actif l'ordonnance de paiement suivante :
• A Pierre Jossc Perrot et Jean-Baptiste Fontenay, 3,362 livres pour faire avec les 3,ooo cy dessus à eux ordonnez (le 8 novembre 1724) le parfait payement à quoi montent les ouvrages de peinture et desseins qu'ils ont faits pour être exécutez en tapisserie aux manufactures des Gobelins et de la Savonnerie pendant les six premiers mois de Tannée dernière. »
Enfin, sur l'exercice 1738, se trouva l'ordonnance de paiement suivante, au seul nom de Perrot :
■ Au sieur Perrot, peintre, 5oo livres pour faire, avec 600 à luy ordonnez les 17 septembre et 5 novembre derniers, le parfait payement de 1,100 livres à quoy montent les ouvrages de peinture qu'il a faits pour les nouveaux plafonds des petits appartenons du Roy et de la Reync au château de Versailles pendant la présente année. »
Ce même Perrot exécuta encore les bordures de la tenture d'Esther, d'après de Troy (cf. page g5 supra).
Il s'agit très vraisemblablement ici du peintre d'ornements, Pierre-Joseph Peyrot, signalé par Mariette dans YAbecedario : comme son nom en provençal se prononçait « Peyrottc », il prit dans la suite cette orthographe. C'est à lui sans doute qu'on doit attribuer les deux « singeries • (n** 264 et 297}, mentionnées dans la liste des tableaux inconnus de notre Inventaire général des tableaux du Roy, par Nie. Bailly (pp. 676 et 58i). (Cf. Revue de l'art français, v. 2o3.;
dudit trône, ayant 8 pieds 1 1 pouces de profondeur sur 10 pieds de face 800 livres.
Plus l'épaisseur de la marche de l'estrade, ayant 7 pouces de haut sur 28 pieds pour les trois faces, peintes en ornemens fin or, sur fond rouge 168 »
Plus le morceau sur le parquet, de 2 pieds 2 pouces de large sur 32 pieds et demi pour les trois côtés, peint de même, les ornements, etc 640 »
Six grands festons de fleurs dans la bordure dudit tapis composant 24 pieds de longueur 36o »
Plus dans ladite bordure, deux grands cornets de fruits et de fleurs d'abondance, composant 7 pieds de longueur 210 »
Plus, dans le milieu de la bordure dudit tapis, huit grands cornets d'abondance, de fruits et de fleurs, qui tournent autour des ornements, peints au naturel, contenant chaque cornet 3 pieds en quarré et plus, ce qui fait pour les huit cornets 24 pieds en quarré de longueur 36o »
Plus, dans le milieu du même tapis, une grande couronne de fleurs d'été et d'automne, peinte au naturel; 6 pieds de tour 100 y
Au Louvre, à Versailles : tableaux divers.
On relevé encore, à l'actif de Fontcnay les ordonnances de paiement suivantes :
Exercice 1720, i3 avril 1750:
Au sieur Fontenay, 25o livres pour son payement d'un tableau représentant un vase remply de fleurs, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les trois premiers mois de la présente année.
Exercice 1721, 20 mai 1722 :
Au sieur Fontenay y 3oo livres pour faire, avec 3ooà luy aussy ordonnés le 7 février dernier, le parfait payement de 600 livres à quoy montent quatre tableaux de fleurs qu'il a faits aux nouveaux logemens du Louvre pendant la présente année.
JEAN-BAPTISTE BELIN DE FONTENAY loj Exercice 1732 : 6 mars 1734.
Au sieur Fontenay, 480 livres pour faire, avec 100 livres à luy ordonnez le 28 aoust, le parfait payement de 58o livres, à quoy montent les ouvrages de peinture et de couleurs qu'il a employez pour repeindre les fruits et fleurs du Labirinthe du parc de Versailles pendant l'année 1722 (1).
(1) Voici enfin plusieurs tableaux, mentionnés dans divers inventaires, et qu'il est impossible, vu l'imprécision des ordonnances de paiement, d'identifier avec aucun de ceux signalés ci-dessus.
Dans l'Inventaire général de tous les tableaux qui ont été faits pour le service du Roy, qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en ijoq jusques en / 7 3 7 (A. N. O' 1965), les trois tableaux suivants sont mentionnés, les deux premiers dans le grand cabinet de la Reine à Compiègnc, le troisième dans l'appartement de M. le Dauphin, à Marly :
« Deux tableaux représentant des rieurs et des fruits ; ayant 4 pieds a pouces de haut sur 4 pieds de large. Un autre représentant des fruits, dessus de cheminée. »
Un autre inventaire postérieur à celui-ci (A. N. O' 1965) signale de Fontenay dans la galerie d'Apollon à Paris :
» Un tableau représentant un vase rcmply de fleurs, posé sur un soc (sic) de pierre, avec un tapis bleu ; ayant de hauteur 6 pieds sur 4 pieds de largeur; »
et, dans le logement du premier architecte du Roy à Paris, les dix tableaux suivants :
« Un panier remply de Heurs et un enfant tenant des fleurs. H. : 3 pieds un pouce. — L. : 4 pieds 2 pouces.
« Fleurs dans un vase. H. : 3 pieds un pouce. — 1.. : 2 pieds 11 pouces, a Pareil vase rcmply de rieurs. H.: 4 pieds 2 pouces. — L. : un pied 8 pouces. <■ Pareil vase de Heurs. Mêmes mesures.
« Vase de pierre avec bas-relief, rcmply de rieurs, posé sur un soc de pierre. : H. 3 pieds un pouce et demi. — L. : 3 pieds 7 pouces.
« Vase d'or avec bas-relief, posé sur un tapis bleu brodé, rcmply de rieurs. H. : 3 pieds un pouce. — I,. : 4 pieds un pouce.
« Vase de pierre avec bas-relief rcmply de fleurs, posé sur un tapis bleu. H. : 3 pieds. — L. : 4 pieds 2 pouces.
« Vase d'or avec bas-relief rcmply de fleurs, sur le côté une jatte avec des fruits connus, pesches. H. : 3 pieds et demi. — L. : 3 pieds n pouces.
« Vase rempli de fleurs, posé sur un piédestal, avec une espèce de citrouille étrangère, des raisins, des pesches, sur un tapis brodé d'or. H. : 3 pieds et demi. — L. : 4 pieds 2 pouces.
« Vase d'or avec bas- relief rcmply de fleurs, avec deux piédestaux, lesquels portent chacun une jatte. Mêmes mesures. «
J.-H. FRAGONAKD
Aux Gobelins.
A peine rentré de Rome (i), Fragonard recevait la commande d'un tableau de 3,400 livres, destiné aux Gobeiins, sur le sujet de Callirhoé au pied de rautel prête à être sacrifiée.
Ce tableau parut au salon de 1765; voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Fragonard, pendant l'année 1765.
Ce tableau, de 12 pieds 6 pouces de largeur sur 9 pieds
(i; Voici le jugement que Natoire, en 1738, portait sur l'envoi de Fragonard, pensionnaire du Roi à l'Académie royale de France à Rome (A. N. O' i923) :
« Du sieur Fragonard une figure académique d'homme peinte, on a été moins satisfait de cette figure qu'on ne l'auroit été, si l'on avoit moins connu les dispositions brillantes qu'il a fait paroitre à Paris, non qu'il y paroisse aucune marque de négligence, mais on craint que l'imitation de quelques maîtres ne lui nuise et ne le fasse tomber dans des tons de couleurs maniérés, comme il paroit dans cette figure par plusieurs demies teintes trop bleûcs et d'autres aurores qui ne sont point naturelles. On peut croire qu'il les a imitées du Barocci, peintre admirable à plusieurs égards, mais dont la couleur peut être dangereuse à imiter; on l'exorte à ne regarder dans les grands maîtres que ce qui caractérise en eux une imitation vraye de la Nature. 11 en est de même d'une tôte de prêtresse, qu'on trouve peinte d'une manière un peu trop doucereuse. On a esté plus satisfait des dessins du sieur Fragonard, qu'on trouve dessinez avec finesse et vérité. »
Le 18 octobre 1758, le même Natoire écrivait au marquis de Marigny: « Le sieur Fragonard avance la copie qu'il fait d'après Pierre de Cortone aux Capucins; ce jeune artiste a un peu de peine à peindre les chairs et à donner le vray caractère des airs de teste. Je l'exorte à ne point se lasser pour la retoucher de nouveau, car il s'imagine déjà avoir tout fait ce qu'il talloit et tout ce qu'il pouvoit. »
J.-H. FRAGONARD 1 g5
6 pouces de hauteur, est destiné à être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins.
Le sujet représente le Grand Prêtre Core\us qui se sacrifie pour sauver Callirhoé.
Estimé 2,400 livres.
Le parfait payement est en date du 1" janvier 1773 (Exercice 1769) :
Au sieur Fragonard, peintre, 600 livres pour faire, avec 1800 à lui ordonnés acompte sur 1765 les 12 août 1765 et i3 may 1766, le parfait payement de 2,400 livres à quoy monte un tableau représentant le Grand Prêtre Coré\us qui se sacrifie pour sauver Callirhoé, qu'il a fait en 1765 pour être exécuté en tapisserie par la manufacture royale des Gobelins.
Eu 1792, le jury de classement des modèles des Gobelins rejetait ce tableau, dont « le sujet ne rappelait que des idées superstitieuses ». Actuellement au Louvrc(n* 290) : II. 3 m. 09. — L. 4 m. (1).
(tj En i-'ô, Fragonard recevait des Bâtiments la commande d'un autre tableau pour les Gobelins; le sujet était à son choix, les dimensions semblables a celles de Callirhoé, mais le prix en était porté à 4,5oo livres.
En 1707, il recevait une autre commande de deux dessus de portes pour le château de Bcllcvuc, au prix de 1,600 livres, représentant le Jour et la Suit: le Jour personnifié par Apollon sur son char, précédé de l'Aurore qui répand des Meurs et suivi par les Meures; la Nuit par Diane sur son char, traîné par des biches et précédée de la Nuit qui étend son voile parsemé d'étoiles et suivie par les Songes (A. N. O' 1072).
En 1770 les Bâtiments lui demandaient également deux tableaux pour la salle à manger des petits appartements de Versailles, le sujet à son choix, au prix de 1,600 livres.
Aucune de ces commandes ne fut achevée, comme l'atteste ce relevé d'un
Etat des ouvrages de peinture ordonnés pour te Roy, en date de 1774 (A. N.
• 1763. Un tableau pour les Gobelins de même grandeur que celui de Callirhoé 4,5oo livres.
• 1767. A lui ordonné deux tableaux dessus de porte ; 1» Le Jour sous la figure d'Apollon; 2° La Nuit représentée par Diane. Ces tableaux sont destinés pour Bcllcvûc 1,600 livres.
• 1770. A lui ordonné deux autres tableaux dont les sujets sont au choix de l'auteur. Us sont destinés pour la salle à manger des petits appartements de Versailles 1,600 livres.
« Nota. L'auteur ne paroit pas beaucoup s'occuper des trois articles cy dessus, il vient de retourner à Rome ».
Les Bâtiments insistèrent cependant auprès de Fragonard, au sujet
Jean-Martial FRÉDOU
A Versailles.
En 1748, le Dauphin et la Dauphine firent disposer dans la cour intérieure de leurs appartements de Versailles un petit jardin formé de terre rapportée, orné de rocailles et clos de treillages (1). En 1757, on commanda à Fredou un tableau-perspective, destiné à renforcer l'illusion de ce coin de nature; le paiement en eut lieu, le i3 février 1758, en même temps que celui d'une copie du portrait du Roi :
Au sieur Frédou, peintre, i.3oo livres pour son payement de deux tableaux, l'un représentant une perspective qu'il a fait pour être place dans le petit jardin de Mm« la Dauphine au château de Versailles et d'un portrait du Roy, qu'il a aussi fait pendant l'année dernière 12).
Portrait en pied de la Dauphine.
Le 17 novembre 1764 (Exercice 1763) le paiement suivant était ordonnancé à Frédou :
Au sieur Frédou, peintre, 1,800 livres pour son payement d'un tableau portrait de Mmt la Dauphine en pied, qu'il a fait
de la commande de 1770; il répondit par le billet suivant (A. N. O' t5i4):
« Fragonard a eu l'honneur de passer chez M. de Montuclas pour l'assurer de ses civilitez et luy rendre réponse à la lettre qu'il a reçu touchant les tableaux qu'il a à faire pour le roy ; jusqu'à présent il n'a pu y travailler ayant été occupé des tableaux dont il était chargé pour Madame du Barry, présentement il assure qu'il va y travaillé avec tout le zèle et l'assiduité. »
Mais sa bonne volonté se manifesta guère, car les tableaux en question jamais ne furent livrés.
(1) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 139.
(2) Voir p. io3 supra.
JEAN-MARTIAL FRÉDOU 1 97
pour le service du Roy et destiné pour l'École royale militaire, pendant le mois de septembre 1762.
Il s'agit peut-être d'une copie, librement interprétée, du portrait de Marie-Josèphe de Saxe par Nattier ou La Tour (1).
Portraits des Enfants de France (2).
Sur l'exercice 176a, on relève, à la date du 25 mai 1766, l'ordonnance de paiement suivante :
Au sieur Frédou, peintre, 795 livres pour faire, avec 5oo à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1761 le i5 mars 1763, le parfait payement de 2,295 livres à quoy montent plusieurs tableaux et études représentant les Enfants de France, qu'il a faits pendant les années 1760 et 1761.
Le détail de ces divers portraits se trouve dans le mémoire suivant de l'artiste (3) :
Mémoire de l'ouvrage fait par Jean Martial Frédou au Cabinet des tableaux du Roy, par ordre de M. le marquis de Marigny... pour les études et portraits des Princes, demandés par Madame la Dauphine, en l'année 1760 et
Le 1 5 mars 1 760.
Le portrait de Monseigneur le duc de Bourgogne ; étude dessinée aux trois crayons mêlé de pastels; de i5 pouces de haut sur 1 2 de large 72 livres.
Pour le verre blanc et la bordure 9 »
Le 2 5 avril.
(1) Au mois d'avril i85o, un portrait de Marie-Josèphe de Saxe, par Frédou, d'après La Tour, était envoyé à Saint-Denis, à la maison de la Légion d'honneur.
{3) Voici, d'après leur ordre de naissance, la liste des enfants du Dauphin, fils de Louis XV et de Marie-Josèphe de Saxe : i° Marie-Zéphirine, 1750 4- 1755.— a» Le duc de Bourgogne, 1751 + 1761. — 3« Le duc de Bcrry, plus tard Louis XVI, 1754 •+- 1793. — 4» Le comte de Provence, plus tard Louis XVIII, 1755 + 1824. — 5» Le comte d'Artois, plus tard Charles X, 1757 + i836. — 6» Madame Clotildc, épouse de Charles IV, roi de Sardaigne, 1759 + 1803. — 7» Madame Elisabeth, 1764 4- 1794.
Le portrait de Monseigneur le duc de Berry, couvert d'un bonet garny de plumes; étude dessignée aux trois crayons mêlé de pastels ; de 1 5 pouces de haut sur 1 2 de large. . . 72 livres.
Pour le verre blanc et bordure dorée 9 »
Le portrait de Monseigneur le comte de Provence, couvert d'un bonet garny de plumes ; étude aux trois crayons mêlé de
pastels; même forme et môme grandeur 72 »
Pour pareil verre et bordure 9 •>
Le portrait de Monseigneur le comte d'Artois, en jaquette, la tette découverte; étude aux trois crayons, même forme et même
grandeur 72 »
Pour la bordure et le verre blanc 9 »
Le 28 décembre 1760.
Un second portrait de Monseigneur le duc de Bourgogne en robe de chambre et bonet de nuit ; étude aux trois crayons mêlé de pastels ; de 1 5 pouces de haut sur 1 2 pouces de large . 72 »
Pour le verre et la bordure dorée 9 »
Le 3o juillet 1761 .
Le portrait de Monseigneur le duc de Bourgogne, peint à l'huille, avec beaucoup de soin, en habit de velour coulleur de cerise, brodé en argent; buste de 5 pouces de large sur 7 pouces
de hauteur, cy : 3oo »
Pour la bordure sculptée et dorée 18 »
Le portrait de Monseigneur le duc de Berry, aussy à l'huille, de même forme et grandeur, en habit d'husart bleu et argent, la tette couverte d'un bonet garny de plumes; buste. . . . 3oo »
Pour la bordure sculptée et dorée 18 »
Le portrait de Monseigneur le comte de Provence, aussy en habit d'hussart vert et argent, la tette couverte de son bonet d'hussart garny de plumes; même forme et grandeur, aussy
en buste 3oo »
Pour la bordure dorée et sculptée 18 »
Un autre portrait de Monseigneur le comte de Provence, aussy à l'huille, de même forme et grandeur, en habit d'hussart vert et argent, garny de brandebourg d'argent, la tette découverte ;
en buste, cy : 3oo »
Pour la bordure pareil sculptée ci dorée 18 »
JEAN-MARTIAL FRÉDOU
Le portrait de Monseigneur le comte d'Artois, peint aussy à l'huille, même forme et même grandeur, en jaquette de velour coulleur de cerise, garny de martre, la tette découverte,
cy : 3oo livres.
Pour la bordure sculptée et dorée 18 »
Avoir livre cinq bordures sculptées et dorées à raison de 36 livres chaque bordure 180 »
Plus le 4 avril 1762.
Une copie du portrait de Monseigneur le duc de Bourgogne en robe de chambre et bonet de nuit ; aux trois crayons mêlé de pastels, très soignée 72 »
Pour la bordure sculptée dans le goût antique et dorée avec soin ; de 1 2 pouces de large sur 1 5 pouces de haut d'arazement et 3 pouces de bois avec un couronnement, cy 48 »
Total 2,295 livres.
Le second portrait du duc de Bourgogne est actuellement à Versailles (n° 4398) : H. o m. 45. — L. o m. 3y (1). — Derrière le portrait on lit : » Dessiné aux trois crayons le 28 décembre 1760 par Frédou, en présence du Roy, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin, de M— la Dauphinc, de M- Adélaïde, de M— Victoire, de M-° Sophie et de M— Louise ».
(1) A la Bibliothèque Nationale, il existe des photographies de trois des autres portraits exécutes par Frédou ; le dépôt légal fut fait en 18G0 par un nommé Courville, i3a, rue du Bac. Pour deux de ces portraits les identifications proposées sont erronées.
L'un représente une enfant au visage émacié et maladif, coiffe d'une perruque, vetu d'un habit de velours brodé, sur lequel sont posés le cordon et la plaque du Saint-Esprit ; on a mis en bas des deux photographies de ce portrait les noms du comte d'Artois et du duc de Bcrry; le titulaire de ce portrait, qui au reste fut gravé par Beauvarlet, est le duc de Bourgogne.
La seconde photographie montre un enfant habillé en hussart et la tete couverte du bonnet orné de plumes; on a vu que Frédou peignit également sous ce costume le duc de Berry et le comte de Provence, seule la couleur de l'habit était différente ; la vue directe du tableau en permettrait donc l'identification.
Quant au troisième portrait, il est identifié à la fois avec celui du duc de Bcrry et du comte d'Artois; c'est avec ce dernier seulement que l'idcnti-
Autres portraits.
— En 1778, Frédou exécutait d'après Roslin cl Natoirc un portrait du Dauphin, dont voici le mémoire (1).
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Frcdou, pendant l'année 1778.
Ce tableau porte 8 pieds de haut sur 6 pieds 6 pouces de large. Il est destiné pour M. le duc de LaVauguion et représente feu Monseigneur le Dauphin, père de Louis XVI. La téte a été copiée d'après le pastel peint par M. Roslin.
Ce prince, prêt à monter à cheval, tient de la main droite le bâton de commandement, posé sur une table couverte d'un tapis de velours verd, sur laquelle on voit le plan du siège de Tournay, avec plusieurs livres et un globe; la [gauche] est posée sur la hanche. Il est vêtu en habit d'écarlattc brodé d'or, d'un corsard, d'une écharpe blanche et décoré des ordres du Saint- Esprit et de la Toison d'or. Le fond du tableau est orné de colonnes torses, d'un rideau, et d'un fauteuil sur lequel est jetté le manteau de ce Prince.
Estimé 1000 livres.
Ce portrait du Dauphin est actuellement à Versailles (n« 3792) : H. 2 m. 7 1 . — L. 1 m. 95 (a).
— En i77<">, Frcdou exécutait pour, le duc de Parme une copie arrangée du portrait d'Anne d'Autriche d'après Porbus; voici son mémoire : (3).
tication est valable ; à la diflérenec des deux précédents, cet enfant n'a point de perruque, mais de longs cheveux bouclés, sa figure est intelligente, voire malicieuse, les yeux sont éveillés, il porte une sorte de robe décolletée, garnie de fourrures et sur laquelle sont posés le cordon du Saint- Esprit et l'ordre de la Toison d'Or.
(2} De Nolhacet Pcraté. Le musée national de Versailles, p. 182. (3) A. N. O' to33.