IO
Au sieur Girard, peintre, 1,400 livres pour faire, avec 2,3oo à luy ordonnez les 17 septembre, 5 novembre et 17 décembre derniers, le parfait payement de 3,700 livres à quoy montent les ouvrages de peinture, qu'il a faits à un plafond du cabinet de la Reync au château de Versailles, pendant les six derniers mois de l'année dernière.
Il s'agit peut-être ici du plafond du petit cabinet de retraite de Marie Leczinska, qui fut, en effet, exécuté à cette date et que La Martinière décrit ainsi (1) : • Le plafond est cintré en calotte; la peinture en est en manière de treillages en perspective, avec différentes fleurs et feuillages mêlés d'oiseaux. »
2° Oratoire de la Reine.
En 1739, ce même artiste exécutait 1« plafond de l'oratoire réservé à la Reine dans la chapelle de Versailles; le paiement est en date du i3 mai 1739 :
Au sieur Girardy peintre, 3oo livres pour son payement d'un plafond, qu'il a fait pour l'oratoire de la Reyne dans la chapelle du château de Versailles, pendant les trois premiers mois de la présente année (2).
(i) Dictionnaire géographique. — Cf. également de Nolhac. Le château de Versailles sous Louis AT, p. lao.
(2} Dans VInvcntaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en 1 70g jusqu'en 1 7J7 (A. N. O' 1965), on trouve également, au nom de cet artiste, la mention du tableau suivant qui se trouvait dans le cabinet de la Surintendance :
- Un tableau représentant la Rencontre de Jephté; haut de 18 pouces sur 24 de large; peint sur sattin; couvert d'une glace dans sa bordure dorée. »
PIKRRE GOBERT
Pierre GOBERT (i) Portraits exécutés de 1719 à 1724.
On ne trouve dans les Comptes des Bâtiments que deux paiements au nom de cet artiste; le premier est en date du i5 juin 1726 (Exercice 1734) :
A Pierre Gobert, peintre, 3,5oo livres, pour son payement des quatre tableaux de portraits de cour, qu'il a faits pour le service du Roy pendant les années 1719, 1720 et 1724.
L'État des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy depuis 17 16 jusqu'et compris 1727 (2) donne comme suit le détail de cette commande :
Le portrait du C\ar (3) ; de 9 pieds de haut sur 6 pieds de large 2,5oo livres.
Le portrait de l'ambassadeur Turc (4); de 3 pieds et demi de haut sur 3 pieds et demi de large 600 liv.
Copie du portrait de Monsieur le Duc 200 liv.
Copie du portrait de Madame la comtesse de Toulouse.
200 liv. (5).
La copie du portrait de Monsieur le Duc (alors Louis-Henri, prince de Condé, duc de Bourbon, chef du conseil de Régence et surintendant de l'éducation du Roi) est peut-être celle que signalait, dans l'appartement du duc d'Antin à Versailles, l'État des tableaux faits pour le Roi depuis 172s pour le château de Versailles jusqu'à 1 732 (6) : « un tableau représentant
(1) Cf. Fcrnand Engerand, Pierre Gobert, peintre de portraits (L'Artiste, mars 1897).
(3) C'est assurément en 1717, lors du séjour de Picrrc-lc-Grand à Paris, que Gobert exécuta ce portrait ; peut-être pourrait-on en reconnaître une réduction dans le n» 3692 du musée de Versailles.
(4) Mchemcd-Eflcndi, le fameux ambassadeur turc, dont Charles Parrocel a représenté l'entrée aux Tuileries.
(5) L'artiste demandait 3.5or> livres pour le premier portrait, 1,000 livres pour le second, et 400 livres pour chacun des deux autres.
le portrait de Mgr le duc de Bourbon; réduit à la hauteur de ao pouces sur 2 pieds de large; de forme ovale (i). »
Portraits de la famille royale.
Le deuxième paiement fait à Gobert est en date du 12 août 1726:
A Pierre Gobert, peintre, 3, 200 livres pour quatre tableaux représentais le portrait de la Reine et celui de feue Madame la Dauphine, qu'il a faits pour le service du Roy dans la présente année.
Le détail de cette seconde commande est ainsi mentionné, avec une majoration de 100 livres, dans l'Etat des ouvrages de peinture faits pour le service du Roy depuis 1716 jusqu'et compris 172g (2) :
Portrait de la Reine en pied orne' de tous ses attributs; de 7
pieds de haut sur 4 pieds de large 1 ,5oo livres
Autre portrait de la Reine 600 »
Autre portrait de la Reine 600 »
Un tableau de Monseigneur le Dauphin, grand comme nature 600 » (3)
Deux portraits de « la Reyne en pied » sont signalés dansl'État des tableaux
(1) Le même état signale encore, dans l'appartement du duc d'Antin à Fontainebleau,» un autre (tableau) représentant le même portrait de Mgr le duc de Bourbon, ayant 4 pieds 6 pouces de haut sur 3 pieds 6 pouces de large ». — L'original du portrait du duc de Bourbon est à Chantilly, dans le salon de Coudé. (Cf. A. Gruycr, La peinture à Chantilly, École française, Paris, 1898, p. 241-244). — Sous les numéros 3696, 3727 et 3737, le catalogue du musée de Versailles range aux inconnus de l'école française trois portraits du duc de Bourbon, qui peuvent être rendus à Pierre Gobert ; aucun d'entre eux ne saurait être identifié avec la copie ci-dessus signalée ; mais Gobert répétait indéfiniment ces portraits, et ceux de Versailles semblent bien être de cette manufacture, comme le prouve au reste la comparaison qu'on en peut faire avec les portraits des princes de Lorraine (n* 3734 et 3738).
(2) A. N. O' iy34B.
(3) L'artiste demandait 3, 000 livres pour le premier portrait et 1,000 livres pour chacun des trois autres.
PtKRRK GOBKRT
faits pour le Roy de 1722 pour le château de Versailles jusqu'à 17 3 2 (1), ainsi que dans l'Inventaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy, qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en 1 70g, jusqu'en t 7.?7(3);tous deux figuraient à Vcrsaillcsau cabinet de la Surintendance, l'un avait 6 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds 4 pouces, l'autre 6 pieds 6 pouces sur 4 pieds 8 pouces de large. L'Inventaire de Durameau (3) n'en mentionne qu'un en 1783 au magasin de la Surintendance, de 6 pieds de haut sur 4 pieds 3 pouces de large, et 7 pouces de profil.
Quant au dernier portrait, il y a assurément dans l'état de commande une erreur de rédaction, et il s'agit du portrait de ■ feue Madame la Dauphine », comme l'indique au reste l'ordonnance de paiement. L'Etat des tableaux faits pour le Roy depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à t 732 (4) signale ce tableau dans l'appartement du duc d'Antin a Fontainebleau et le dit de 5 pieds de haut sur 4 de large ; ces dimensions ne sont plus, sur l'inventaire de Durameau, que de 4 pieds 6 pouces sur 3 pieds 6 pouces ; enfin, ce tableau est mentionné à l'actif de Gobcrt par l'inventaire Jeaurat, avec cette indication : • Portrait de la duchesse de Bourgogne dans sa jeunesse » (5).
(3) Archives du Louvre. — Dans l'inventaire de Jeaurat, en date de 1760, (A. N. O' 1965), ce tableau est ainsi mentionné : ■ Portrait de la Reine alors que Sa Majesté était à Visscmbourg, par Gobcrt. » — Pierre Gobcrt avait été le peintre de ta cour de Lorraine (cf. Archives de l'art français, V, 88-91). C'est Madame de Prie qui l'avait envoyé auprès du roi Stanislas pour faire le portrait de la jeune princesse de Polo; ne (CI. de Nolhac, Le mariage de Marie Lccjinska, dans la Revue des Deux-Mondes du 1" mars 1900).
(5) Il existe, en outre, dans différents inventaires et états de tableaux du xviii* siècle, un nombre assez considérable de portraits, mis à l'actif de Gobert, et qui furent commandés et payés en dehors des Bâtiments. L'énumération de ces portraits présente un certain intérêt, puisque la presque totalité s'en retrouve à Versailles sans aucune attribution. Nous croyons donc utile de le donner.
i° « Le portrait de feue Madame la Dauphine et des trois Princes; ayant 8 pieds de haut sur 6 de large. » — Ce portrait est signalé dans le cabinet de l'hôtel de la Surintendance par l'Inventaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy, qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en 170g, jusqu'en t?3- (A. N. O' 1963).
a0 Les portraits de Mesdames de France, l'ainée et la seconde en pied; de 3 pieds de haut sur 2 pieds 8 pouces de large ; de forme ovale.
3* Le portrait de Madame troisième en pied ; de même forme et mesure que le précédent.
On peut vraisemblablement identifier cette dernière peinture avec le n°2io2 du musée de Versailles, porté par le catalogue aux inconnus de l'école française : les dimensions sont de i- 29 sur o- 98 de large; cette
L'État des tableaux faits pour le Roy depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'à 1732 (A. N. O' 1963) mentionne ces deux derniers dans l'appartement de la Reine en ce château ; l'inventaire Jcaurat (A. N. O' ig65) les signale, en 1760, a l'hôtel de la Surintendance dans l'appartement du marquis de Marigny.
Ces deux portraits sont actuellement au musée de Versailles (nM 439? «t 4396), inscrits au catalogue comme inconnus de l'école française: H. 1 m. 08. — L. o m. 88 (cf. P. de Nolhac et Pcraté. Le musée national de Versailles, p. 196).
I^es tableaux suivants sont signalés soit dans l'inventaire Jcaurat (A. N. O' 1965), soit dans l'inventaire Durameau (Archives du Louvre) :
4° Le Duc de Chartres en Amour tenant un pigeon. H. 3 pieds un pouce. L. 2 pieds 10 pouces.
5° Portrait d'une jeune file tenant une pomme qu'elle montre à un singe. H. 3 pieds un pouce. — L. 2 pieds 10 pouces.
6° Une dame en noyade., de forme ovale. H. 3 pieds un pouce.— L. 2 pieds 8 pouces.
70 Portrait d'une princesse faisant une couronne de fleurs; mêmes dimensions.
8« Portrait d'un enfant qui tient un singe et un chien; mêmes dimensions.
9' Portrait d'une dame en Hébé; de forme ovale; mêmes dimensions.
io° Portrait d'une petite fille faisant des bouteilles de samn. H. 3 pieds un pouce. L. 4 pieds 2 pouces 6 lignes.
1 1* Portrait d'un enfant tenant un chien; mêmes dimensions.
12° Portrait de femme sous la figure d"Erigone (ce portrait n'est mentionne que par Jcaurat, dont l'inventaire ne donne point de dimensions).
On peut reconnaître le n° 5 de cette série dans le n« 4359 du musée de Versailles, porté, comme les suivants, aux inconnus de l'école française et identifié par le catalogue avec le portrait de Marie-Anne de Bourbon-Conty, duchesse de Bourbon. Ce tableau, comme au reste la plupart des suivants, a eu, par le fait des modifications d'encadrement, ses dimensions réduites à o m. 80 sur o m. 62 de large ; mais sa description est parfaitement concordante. Une répétition de ce portrait se trouve également au musée de Bayeux.
Le n° 6 n'est autre que le n° 382 1 de ce même musée de Versailles, identifié avec le portrait de la septième fille du Régent, Louise Diane d'Orléans, princesse de Conty : la toile, de forme ovale, mesure o m. 98 de haut sur o m. 83 de large (cf. de Nolhac et Pératé, Le musée national de Versailles, p. 206).
Le n* 7 peut être reconnu dans le n» 3697, identifié avec le portrait de
PIERRE GOBKRT
différence de quelques centimètres s'explique aisément par le fait des modifications d'encadrement que la toile dut subir pour être amenée en pendant aux n" 2 101, 21 o3 et 2 104 de la même salle.
Louisc-Élisabeth de Bourbon-Condé, princesse de Conty : les dimensions de la toile, sont de o m. 80 sur o m. 62 de large, pour les mêmes raisons que le n° 435g.
Peut-être faut-il chercher le n» 8 dans le n'4+32 de Versailles; ce portrait semble bien de Pierre Gobert, sa comparaison avec les n»» 4424 et 4433, dont l'attribution est formelle, est en ce sens très concluante ; d'autre part, les dimensions (1 m. sur o m. 83) concordent exactement avec celles indiquées dans l'inventaire de Duramcau : ce tableau représente un enfant en bonnet et habillé d'une robe verte ornée de galons d'or, debout devant un tabouret derrière lequel se trouve un singe. L'indication de la présence d'un chien, faite par l'inventaire de Duramcau, s'opposerait peut-être à cette identification ; alors le n* 4434, qui peut être également attribué au même Gobert, y satisferait davantage, car il montre un enfant portant sur une robe blanche une écharpe rose, et jouant avec un chien monté sur un tabouret; mais dans ce cas il manquerait le singe! Les dimensions de cette toile sont de o m. 80 de haut sur o m. 63 de large. Quoi qu'il en soit de l'identification, ces deux portraits peuvent être attribués à Pierre Gobert.
Le n* g correspond exactement au n» 4360, que le catalogue de Versailles identifie avec le portrait de Charlotte d'Orléans, duchesse de Modènc; ses dimensions sont de 1 m. 20 de haut sur o m. go de large ; cette différence est aisément explicable par les modifications qu'il dut subir pour être ramené à la forme rectangulaire, et l'ancien ovale est au reste parfaitement visible sur la toile (cf. Nolhac et Pératé, op. cit., p. 206).
Le n* 10 répond, trait pour trait, au n» 4433, et représente un enfant, debout devant une table ci faisant des bulles de savon ; ce portrait offre au surplus une certaine ressemblance avec l'enfant représente au n° 4424 et que le catalogue identifie avec le prince de Lorraine, Léopold-Clément; s'il y a là autre chose qu'une illusion, cette constatation aurait son importance, car elle pourrait permettre de placer parmi les princes de la maison de Lorraine les modèles de ces divers portraits d'enfants (n0* 4424 à 4434).
Quant au n* 11, c'est bien ce n* 4424 de Versailles, que l'on vient de signaler tout à l'heure, et qui représente le prince Léopold enfant, tenant un chien en laisse (o m. 80 de haut sur 0 m. 60 de large) ; sous le n» 3734, on trouve dans le même musée un portrait de ce même prince dans un âge plus avancé et attribué cette fois par le catalogue à Pierre Gobert.
Enfin l'attribution à cet artiste du n* 4424 entraîne également celle de son pendant le n» 4425 qui représente, — d'après le catalogue de Versailles, — le prince Charles-Alexandre de Lorraine enfant, tenant un papillon de la main droite et une cage de la gauche.
Hubert François BOURGUIGNON, dit GRAVELOT
Aux Gobelins.
Gravelot fut employé à diverses reprises à la manufacture des Gobelins. Il semble qu'il ait été assez irrégulièrement payé, et son règlement de compte n'alla pas sans quelque difficulté, ainsi que l'atteste le mémoire suivant, qui énumère les divers travaux exécutés par cet artiste pour la manufactu»c royale (i) :
Etat des ouvrages que Gravelot a faits pour le Roy sur les ordres de MM. de Torneham (sic), Coypel.et Disle, ainsi que des déboursés qu'ils lui ont occasionné.
La bordure pour la tenture du Jason de M. de Trqye, en neuf morceaux, scavoir : les quatre coins (2), les deux milieux d'en haut et d'en bas (3), celui des côtés, et deux courants (4) des entredeux, pour en donner juste la lumière et l'ombre horisontalcment ou perpendiculairement. Cette bordure estimée par M. Coypel, comme il m'a paru sur sa note 65o livres.
Je ne me rappelle pas positivement la date de cet ouvrage, ce peut être vers 1752.
Une portière actuellement aux Thuilleries dans l'atelier de M. Bachelier; relativement à laquelle j'ai les quittances de M. Texier (5) qui y a peint les fleurs, montant à la somme de 596 livres, et celle de M. le Maire le jeune, qui a peint la partie
(2) Dans un autre mémoire on trouve cette indication complémentaire : « ornes de cartouches, de 4 pieds de haut sur 4 de large. ■
(3) 1* même mémoire ajoute : « celui d'en haut orné des armes du Roy et celui d'en bas étant un cartouche pour l'inscription, de près de 5 pieds chacun. »
(4) Toujours dans le même mémoire, on lit : « 4 courans pour les montans des côtés et les traverses du haut et du bas de la tapisserie, de 6 pieds de long chacun. ■
(5) Lire : Tcssier.