CLAUDE GUY HALLÉ
Le parfait payement de ces tableaux est en date du 2 5 juillet 1742 (Exercice 1741) :
Au sieur de Grevembrock, peintre, 1 ,600 livres pour faire, avec 10,400 livres à luy ordonnez à compte, sçavoir 400 des fonds de l'Exercice 1 738 le 6 octobre audit an, et 1 0.000 de ceux de l'Exercice 1 739 les 3 juin môme année, 6 janvier et 1 2 octobre 1740 et 12 avril 1741, le parfait payement de 12,000 livres à quoy montent quatre tableaux représentant différentes vties de Paris, qu'il a faits pour le service du Roy pendant les années 1739, 1740 et 1741.
Ces quatre tableaux furent envoyés en 1799 par l'État au musée de Lyon (1) : tous les quatre sont mentionnés dans l'édition de 1808 du catalogue de ce musée; l'édition de 1847 »'cn s'gnale plus que deux; celle de 1861 un seul; les quatre reparaissent à nouveau dans l'édition de 1877 pour disparaître totalement dans celle de 1887. H. o m. 94. — L. 1 m. 60. — Signés : de Groevenbroeck. F. A. D. 1741 .
Claude-Guy HALLÉ
Aux Gobelins.
Lorsque les Bâtiments, en 1 7 1 o, commandèrent une série complémentaire de Y Histoire de Louis XIV (2), Hallé eut à faire Y Audience du doge de Gènes; le paiement fut parfait en date du 16 février 1716 (Exercice 1715) :
écu, en attendant le règlement desdits tableaux pour qu'il puisse satisfaire ceux à qui il a eu recour pandant le tems d'un si long ouvrage. »
A ce placct était jointe l'attestation suivante de Gabriel, en date du 1" décembre 1741 : « Les tableaux de M. de Grcvcmbrock n'ont pas été réglés, il n'y a pas eu encore de mémoire, on ne luy a donné que des acomptes pendant son travail. Si Monseigneur veut s'en rapporter à mon jugement, je les estimerois ensemble à 14,000 livres. C'a été un grand travail pour luy, qui luy a coûté bien des transports sur les lieux pour faire des études de toutes les parties qu'il y a si précisément exprimées. Je puis dire que pendant trois années qu'il a employées à les faire, je ne l'ay pas vu travailler à autre chose, s
(1) Sur l'état d'envoi, on lit :« de Gucrnebrock. Quatre vues de Paris prises de différents points : H. 3 pieds. L. 5 pieds. Ancienne collection ».
(2) Cf. page 97 supra.
Au sieur Hallé, peintre, 3,8oo livres pour, avec 200 à lui ordonnées le 10 mai 1710, faire le parfait payement de 4,000 livres pour un tableau représentant la Soumission faite par le doge de Gesnes au roi Louis XIV, qu'il a fait pour le service de Sa Majesté pendant 171 3.
Actuellement au musée de Versailles (n« 2107) : H. 3 m. 43. — I.. 6 m. o3 (1),
Noël HALLÉ
A Trianon.
i° Pavillon Français.
En 1750, des agrandissements assez considérables furent faits à Trianon, où l'on construisit le pavillon français (3). Hallé reçut à ce propos la commande de deux tableaux, destinés à ôtre places en dessus de portes; il les exécuta en 1754 et voici son mémoire (3) :
Mémoire de deux tableaux pour les nouveaux appartements du Roy à Trianon, faits sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Hallé pendant l'année 1754.
Deux tableaux, dessus de porte, dont l'un représente Apollon et la Sybille de Cumes, et l'autre Jupiter et Calisto. Estimés chacun 600 livres 1,200 livres.
(1) Dans l'État des ouvrages de peinture faits pour le château de Versailles depuis i-jiO jusquet compris 172Q (A. N. O' 1934"), on relève la mention suivante, à la date de 17 16 : « Un tableau de 8 pieds de long sur 2 pieds 3 pouces de haut, représentant Notre-Seigneur que l'on met au tombeau. 3oo livres, h Actuellement à Saint-Gcrmain-en-Laye, où il fut envoyé par l'État en 1872.
(2) De Nolhac, Le Cliâteau de Versailles sous Louis XV, p. 209. Ci) A. N. O" i933.
NOËL HALLÉ
Ces deux tableaux furent exposés au Salon de 1755; le paiement est en date du 10 décembre 1760 (Exercice 1758) :
Au sieur H allé > peintre, 200 livres pour faire, avec 1 ,000 livres a luy ordonnés acompte sur l'exercice 1 758, le 1 1 septembre 1 759, en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles, le parfait payement de 1200 livres, à quoi ont été estimés et arrestés deux tableaux dessus de portes, représentant l'un Apollon et la Sibille de Cumes, et l'autre Jupiter et Calisto, qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année 1754.
2° Petit Trianon.
En 1766, lors de la proposition de distribution d'ouvrages pour le Petit Trianon (1), Pierre avait reçu la commande pour la salle à manger d'un tableau de 9 pieds 3 pouces 6 lignes de haut et de 7 pieds 3 pouces 6 lignes de large sur le sujet de Bacchus au milieu de sa cour, allégorie de la Vendange. Mais Pierre, qui d'autre part avait à décorer la galerie de Choisy, n'eut pas le temps d'exécuter ce tableau, et proposa Hallé pour le suppléer {2). Il ne semble point qu'Hallé ail mis grande diligence à exécuter ce tableau, puisque le 1" décembre 1773, Pierre proposait de reprendre son travail; cette menace dut avoir pour résultat de presser Hallé, et de mettre un terme à son inaction.
(1) Cf. p. 162 supra.
(2) A. N. O' 1910. Le f décembre 1773, il écrivait à M. de Montucla :
« La salle à manger du Nouveau Trianon doit être décorée de quatre tableaux, représentant la Pèche, la Chasse, la Moisson et la Vendange ; il y en a trois de placés, et le quatrième n'a pas fait fortune : il a été supprimé. On m'avoit d'abord ordonné la Vendange, mon tableau ctoit presque fait, lorsque pour accélérer je fus chargé d'annoncer l'exactitude des payemens. Je scavois que M. Hallé, professeur, étoit sans occupation et le tems accorde pour l'exécution d'un morceau pareil me paroissoit plus que suffisant. Je ne balancay point à me sacrifier, à prier M. le marquis de Marigny de donner à M. Halle le tableau auquel je travaillois, et en môme temps de solliciter l'agrément du Roi pour que je peignisse la galerie de Choisy qui languissait faute de soins. Le tems du voyage du Nouveau Trianon approche, ce tableau n'est pas remplacé et le choix d'un artiste devient embarrassant. Si on se détermine en faveur de l'un des trois dont les ouvrages sont reçus, on mortifie les exclus.... u
Pour tout arranger, il proposait d'achever son tableau, dont l'exécution avait été suspendue. Cette proposition fut agrée, mais néanmoins les choses en restèrent là, Halle ayant terminé son tableau.
Ce tableau fut estimé 4,000 livres ; le parfait paiement est en date du 28 décembre 1776 (1).
Actuellement au musée de Lille, où il fut envoyé par l'Etat en 1872.
En 1764, d'importants travaux de décoration furent décides pour le château de Choisy, et Cochin fut chargé par le marquis de Marigny de prendre des dispositions en conséquence. Le 14 octobre 1764(2), il proposait donc pour la galerie de ce château une décoration dont l'histoire romaine devait faire les frais :
« J'ay l'honneur de vous proposer d'employer ces quatre espaces précieux à représenter quelques-unes de ces actions qui ont fait la gloire des empereurs Auguste, Trajan, Titus, Marc-Aurélc ; que le Roy en voyant célébrer leurs vertus reconnaisse quelques-unes de celles qui le rendent si cher à son peuple. Rien ne peut être plus relatif au cœur pacifique de notre monarque que le sujet d'Auguste fermant les portes du temple de Janus, sujet très favorable à la peinture. Nous trouvons encore dans l'histoire de Titus un sujet qui peut retracer avec plaisir au Roy ce sentiment digne de son humanité après la bataille de Fontenoy : Titus, après avoir réduit en cendres Jérusalem, revenant de l'Egypte et revoyant les ruines de cette grande ville, ne put se refuser à l'attendrissement qu'il éprouva à cette
(1) Voir p. 233 infra.
(2) A. N. O' 1909. — Sa lettre débute ainsi :
« Conformément à vos ordres, j'ay été voir la galerie du château de Choisy. Le nombre de quatre tableaux qui y sont nécessaires m'entraînerait bien à vous proposer ou les quatre Saisons, ou les quatre Elémens; mais je considère que ce sont des sujets rebattus et qui ne fournissent que des choses très ordinaires aux génies les plus abondans. D'ailleurs, les omemens qui décorent la galerie tiennent au militaire et il semble qu'il est nécessaire que les sujets représentent quelques actions de grands hommes ou au moins de héros. Ma scconJc idée auroit été d'y placer quatre beaux sujets de l'Iliade, qui fourniraient beaucoup au peintre, mais ces sujets ont aussi été traittés tant de fois qu'ils n'ont presque plus rien d'intéressant. Je crois que l'idée que je vais avoir l'honneur de vous proposer vous paroistra beaucoup plus convenable. On a tant célébré les actions guerrières qui ne vont qu'à la destruction du genre humain ; n'est-il pas raisonnable de représenter quelque fois les actions généreuses et pleines d'humanité qui chés les bons Rois font le bonheur de leurs peuples, et quand peut-on mieux développer ce sentiment que sous le meilleur des Rois? Retraçons-lui sous l'emblème des plus excellents Princes qui ayent jamais gouverné le portraict des sentiments que toute l'Europe reconnoist en lui. »
A Choisy.
NOËL HALLÉ
vue et se répandit en imprécations touchantes contre les malheureuses factions qui l'avoicnt forcé à la réduire en un si triste état. Une autre circonstance de la vie de Trajan nous peut fournir un sujet rempli de justice et d'humanité : Trajan, pressé de partir pour une expédition militaire, s'arresta néanmoins et descendit de cheval pour rendre justice à une femme qui la lui demandait ; ce sujet parut dans le temps mériter qu'il en fut érigé une statue ; à plus forte raison est- il digne de la peinture, à laquelle d'ailleurs il est favorable. Enfin, Marc-Aurële prit un soin extrême pour soulager son peuple dans un temps de famine et de peste, scène touchante qui fournit beaucoup à l'artiste ingénieux et expressif, et qui a de plus l'avantage de peindre l'Ame des rois vraiemenl dignes d'être adorés de leurs sujets. 11 ne sera besoin que d'indiquer le sujet, l'application se fera naturellement par tous les cœurs sensibles à un Roy chéri et si digne de l'être. C'est, Monsieur, ce que )'ay l'honneur de vous proposer pour la galerie de Choisy ; elle donne en outre lieu à deux dessus de portes, mais les sujets en seront faciles en personnifiant les vertus qui seront célébrées dans les tableaux. ■
Le surlendemain, Cochin proposait les artistes qui pourraient être employés à cet effet :
« Décorer de tableaux une galerie royale sera certainement un objet d'émulation très piquant pour les artistes sur qui vous jetterés les yeux. Ce choix parait donc mériter attention, et surtout à cause de la proportion des figures, qui dans une galerie aussi basse ne peuvent pas être de grandeur naturelle sans y paraître colossales. C'est d'après ces réflexions que j'ay l'honneur de vous proposer de préférence : i° M. Carie Vanloo, dont les talens sont connus dans tous les casque l'on peut supposer ; a» M. Boucher, qui désire depuis si longtemps d'avoir enfin l'occasion de traitter un morceau d'histoire et pour qui lu proportion, à laquelle cette galerie assujettit, est si ordinaire ; 3« M. Vien, dont vous connaisses la sagesse dans la composition et le beau fini dans l'exécution ; 4* enfin M. Deshays, dont vous voyés les succès eclattans depuis plusieurs années. J'ose assurer que ces tableaux, entre les mains de ces artistes, feront une galerie variée et qui paroistra digne d'estime (1). »
(1) Il ajoutait : « Je dois maintenant expliquer pourquoy je n'ay point l'honneur de vous proposer M. Pierre. Je ne me fonde point sur ce qu'il »st surchargé d'ouvrage, prétexte dont je pourrais me servir si je ne vous dcvois pas la vérité : je vous suplic donc de me permettre de vous l'exposer ainsi qu'il me paroist. Les grands talens de M. Pierre me sont connus et personne n'est plus ardent à leur rendre toute la justice qui leur est duc, mais je crois que ce n'est pas icy le lieu de leur application. Je ne pense pas que l'on puisse attendre de cet artiste assés de correction dans le dessin, asscs de précieux dans l'exécution pour des tableaux qui sont autant
Cette proposition séduisit Marigny, qui demanda seulement qu'on cherchât un autre sujet dans la vie de Titus; Cochin proposa alors l'un des deux suivants (t) :
sous les yeux. En rendant justice à tous les hommes d'un vray mérite, on peut cependant prévoir, d'après ce qu'ils ont faits, ce qu'il leur convient d'entreprendre pour s'assurer d'un plein succès. » (i) La lettre se poursuit ainsi :
• Quant aux quatre dessus de portes qui doivent décorer la pièce du salon dit des jeux, et que vous souhaittés qui soyent des sujets d'histoire, il ne seroit pas possible de les ramener exactement au même but, les actions célèbres par la bonté ne sont pas nombreuses, ou du moins je m'en rappelle peu : j'ay donc l'honneur de vous proposer des sujets qui ne s'en éloignent pas et qui ont de la dignité. Us sont connus, mais néanmoins très beaux à traitter. D'ailleurs, je crois nécessaire qu'ils soient faciles à reconnoistre par ce qu'on n'a pas la facilité d'inscrire rien au bas qui puisse les indiquer; avantage qui se trouve aux quatre grands tableaux de la galerie où il y a des cartels ou espaces ménagés pour recevoir une courte inscription qui auroit designé le lieu des conquêtes que l'on devoit représenter. J'ai donc l'honneur de vous proposer.... (Suivent l'énumération et l'explication des sujets, savoir : Coriolan et sa mère, le maître d'école de Falérics, Camille venant au secours de Rome, Albinus et les Vestale*.)
« A propos de ces quatre dessus de porte, je remarque que vous paroissés incliner à ce que les deux dessus de porte de la gallerie soyent traittes en fleurs; mais je vous suplic de me permettre de vous représenter que toute la galerie se trouvant décorée de sujets d'histoire, il semble qu'il y auroit plus d'analogie a y continuer des choses plus relatives à ce genre, en observant que les figures y conservassent à peu près la même proportion que dans les grands tableaux. D'ailleurs, j'auray l'honneur de vous observer qu'il y a déjà eu quelques tableaux de fleurs placés à Choisy et que, ce genre de décoration n'ayant pas paru agréable au Roy, on les a changés. Si donc vous n'êtes pas entièrement déterminé, je crois qu'il y pourroit convenir, dans l'un la Clémence et la Justice, dans l'autre la Bonté et la Générosité. D'après cette supposition j'ay l'honneur de vous proposer tant pour les quatre dessus de porte du sallon que pour les deux de la gallerie M. Hallè et M. De La Grenée. Ces deux artistes sont très capables, et j'opine d'autant plus à ce que ce soit eux, que cela leur fera connoitre qu'en faisant la distribution des grands morceaux, vous n'avés point oublié leurs talens et que vous leur avés réservé une occasion de les mettre au jour. Je pense donc qu'on pourroit distribuer ces six dessus de porte de manière à exciter leur émulation en les mettant vis à vis l'un de l'autre ; c'est-à-dire en donnant à chacun d'eux un dessus de porte de la galerie, et deux du «alon dit des Jeux.
■ Dans un autre salon qui précède celui des Jeux, il y a trois dessus de porte ; on pourroit y mettre les principaux arts, tels que l'Architecture, la
NOËL HALLE
« J'ay cherché dans Suétone et l'historien Flavius Joseph d'autres sujets du règne de Titus, mais en laissant à part ses actions guerrières qui sont étrangères au but actuel, ce que l'histoire nous a conservé des faits qui lui ont mérité d'être nommé les Délices du Monde, se borne à des ordonnances remplies d'humanité, ou à des dits sententieux qui faisoient connoitre la beauté de son âme, mais qui ne sont point susceptibles d'être rendus en tableaux : d'ailleurs, ce prince n'a régné que trois ans. Voici cependant un sujet qui présente un beau spectacle et qui caractérise son humanité : après la prise de Jérusalem, les prisonniers lui étant amenés avec leurs familles pour être vendus comme esclaves, il permit à plus de 40,000 de se retirer où ils voudroient. On pourrait encore tirer quelques sujets des efforts qu'il lit pour faire éteindre le feu mis par ses soldats au temple de Jérusalem. C'est tout ce que j'ay pu trouver : les historiens malheureusement sont moins attentifs à élever les actions qui font honneur i l'humanité que celles qui la font gémir. »
Le premier de ces sujets fut agréé; mais par la suite il advint que Boucher, trop surchargé de besogne, ne put répondre aux intentions de Cochin, et qu'un accident mortel empêcha Dcshays de donner là toute la mesure de son talent. Il fallut remplacer ces deux artistes; Cochin alors proposa Hallè et Lagrenée l'ainé, qui furent acceptés. La décoration des autres pièces fut repartie entre Joseph Vernet et son neveu, Bachelier et Chardin (1).
Peinture, et la Musique. Ce serait le moins dispendieux. Mais si vous désiriés que ce fussent des sujets tires de l'histoire, ce qui serait bien plus agréable aux artistes, on pourrait y placer: « i° Lieu rgue blessé dans une sédition excitée à l'occasion de ses loix; « 2* Solon présentant aux Athéniens les tables de ses loix et faisant jurer de les exécuter; • 3* Numa Pompilius qui attache au temple de Mars les boucliers sacrés. « On pourrait aussi dans cette pièce, les artistes les plus connus étant suffisamment occupés, essayer les talcns de quelques artistes moins célèbres; ainsi on en pourrait confier deux à M. Belle et un à M. Bachelier qui marche avec succès dans la carrière de l'histoire. Je n'en propose qu'un pour M. Bachelier par ce qu'il trouvera encore de l'occupation dans une pièce suivante.
« Autre proposition à l'égard de ces mûmes trois dessus de portes. Il serait encore peut-être plus agréable au public et aux connoisseurs de demander à M. Vernet trois tableaux, non de ceux précieusement finis qu'il fait ordinairement et dont presque tout le mérite serait perdu à cette hauteur, mais des compositions de peu d'ouvrage, et avec des figures de la proportion de i5 à 18 pouces, d'un pinceau heurté de goust, comme ceux qu'il a fait à Rome chès don Jacques Borghèse.
« Enfin il reste encore deux dessus de porte dans une pièce qui précède tout, c'est là que je pense qu'on pourrait mettre des vases et des fleurs, et alors il est naturel de penser à M. Bachelier, le plus distingué dans ce talent. »
Halléeut donc à exécuter un des tableaux de la grande galerie de Choisy ( i ): voici son mémoire (2) :
Mémoire d'un tableau, fait pour le Roi, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Hallé pendant l'année 1765.
Ce tableau, de 9 pieds 8 pouces de haut sur 8 pieds 4 pouces de large, est destiné pour la gallerie de Choisy.
Le sujet représente YEmpereur Trajan, partant pour une expédition militaire, qui a l'humilité de descendre de cheval pour écouter les plaintes d'une pauvre femme et lui rend justice.
Estimé 4,000 livres.
Ce tableau parut au salon de 1765 (3). Le parfait payement est en date du 1" avril 1771 (Exercice 1767).
(1) Le 12 novembre 1765, Cochin fixait ainsi les prix d'estimation :
« Je me proposais d'attendre au moment d'un travail pour vous présenter les estimations des tableaux qui viennent d'être achevés pour le château de Choisy, mais il paroist nécessaire pour l'ordre des bureaux qu'elles soyent arrêtées plus promptement. Par mes lettres des 24 et 25 octobre 1764, j'eus l'honneur de vous proposer 4,000 livres pour chacun des grands tableaux, ce que vous approuvâtes. Le prix des dessus de portes est resté plus indécis; comme il avoit d'abord été question d'y mettre des sujets d'histoire, qui auroient produit des figures de petite proportion, je vous avois proposé d'accorder i,5oo livres pour chacun; mais, le projet n'ayant pas eu lieu, j'eus l'honneur de vous proposer le prix ordinaire, c'est à dire 1,000 livres pour chacun, si les figures étoien t de grandeur approchante du naturel, c'est le cas des deux dessus de porte de M. de La Grcnée. J'ajoutois que ce même prix conviendroit, ou même celui de 1,200 livres, s'il étoit question de tableaux de M. Vcrnet. Je comptois que M. Vernet n'entreroit pas dans un aussi grand fini et qu'en y faisant entrer moins d'objets ils pourroient être assés payés à 1,000 livres ; mais l'habitude, où il est maintenant de terminer tous ses tableaux avec le plus grand soin, l'a entrainé dans beaucoup de travail, c'est pourquoi je crois qu'il scroit lézé si vous ne lui accordiez pas 1,200 livres. Les tableaux de M. Chardin sont de la plus grande beauté et font parfaittement leur effet en place à Choisy, où je les ay vus et j'estime que c'est les avoir à bon marché que de ne les payer que 800 livres chacun. Quant aux deux dessus de porte de fleurs par M. Bachelier, il paroist qu'ils seront assez payes 600 livres chacun. »
(2) A. N.O' uj3S.
13) Le livret déclare que 0 la tetc de Trajan est imitée de l'antique ».
NOËL HALLÉ 229
Au sieur Hallé, peintre, 6,600 livres en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles pour faire, avec 2,400 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 17 65 les i3 mars et 18 septembre 1766, le parfait payement de 000 livres à quoi montent deux tableaux, l'un représentant l'Empereur Trajan partant pour une expédition militaire et qui par humanité descend de cheval pour écouter les plaintes d'une pauvre femme et lui rend justice, et l'autre la Course d'Hypomène et d'Atalante, qu'il a faits, le premier pour être placé dans la gallerie du château de Choisy, et le second pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins (i)en 1765 et 1767.
Actuellement au musée de Marseille, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. a m. 66. — L. 3 m.
Aux Gobelins.
i° Les Génies des Sciences.
En 1761, en môme temps que Boucher exécutait pour les Gobelins une grande pièce représentant les Génies des Arts (2), Hallé recevait la commande d'un morceau complémentaire, de mêmes dimensions et d'estimation analogue les Génies des sciences. Voici son mémoire (3) :
Mémoire d'un tableau, destiné pour être exécute en tapisserie à la manufacture des Gobelins, par le sieur Hallé, pendant l'année 1761 .
Ce tableau a 10 pieds en quarré.
Il représente les Génies des sciences, scavoir de l'Histoire, de la Poésie, de l'Astronomie et de la Physique.
Ledit tableau estimé 2,5oo
Ce tableau parut au salon de 176» ; le paiement est en date du 26 février 1766 (Exercice 1762) :
Au sieur Hallé, peintre, 2,5oo livres pour son payement d'un tableau, représentant les Génies des sciences, savoir de l'Histoire.
(1) Cf. page 23 1 infra.
(2) Cf. page 55 supra.
de la Poésie, de l'Astronomie, et de la Phisique, qu'il a fait pendant l'année 1761 pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins.
En 1794, le sujet de ce tableau fut rejeté par le jury de classement des modèles des Gobelins ; l'inventaire le signale ainsi : « Génies des sciences entourant le médaillon de Louis XV. »
2° Sujets de la fable.
En 1763, grâce à l'intervention de Cochin (1), Hallé recevait la commande d'un tableau pour les Gobelins; voici son mémoire (2) :
Mémoire d'un tableau, destiné pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins, fait sous les ordres du marquis de Marigny parle sieur Hallé pendant l'année 1767.
(1) Voici la lettre que Cochin écrivait au marquis de Marigny, à la date du ao septembre (A. N. O' 1908) :
«Vous connaissez les talens distingués de M. Hallé, aussi je me dispense de vous en faire l'éloge. Il se trouve sans ouvrage et m'a confié l'ennuy que lui donne la position de travailler sans but et de faire des tableaux sans destination. Je crois qui seroit important de ne point laisser oisif ou occupé à des objets sans intérêt un pinceau dont on peut tirer des ouvrages très agréables, et, pour cet effet, de lui ordonner quelques tableaux pour des tapisseries ; sa couleur est claire, belle, agréable, et vrayment propre à réussir. Je suis assuré qu'il ne tourmentera point pour le payement ; il jouit de quelque bien de patrimoine, qui, au moyen d'une économie sage, le met en état d'attendre tout le temps qui sera nécessaire. C'est même sur cette condition expliquée avec lui que j'ay l'honneur de vous écrire. Son but est de s'occuper à quelque chose d'utile et qui puisse être propre à soutenir sa réputation au Salon. Si donc il vous plaisait le lui ordonner, il pourrait traitter quelques sujets dans le genre de la tenture des Dieux dont notre salon à Paris est décore et qui paroit très propre à être goûtédu public. Il auroit l'honneur de vous présenter des esquisses, et, sur votre approbation, il passerait à l'exécution, et ces tableaux se trouveraient faits pour le temps où la paix pourra ranimer la manufacture des Gobelins... Cette manufacture est maintenant dans un ordre et dans un état à pouvoirexécuter avec la plus grande perfection et d une manière qui soit utile à la soutenir florissante, mais la base de ses succès sera toujours d'avoir un fonds de tableaux plus agréable que ceux qu'elle exécutoit par le passé et dont elle puisse offrir le choix aux amateurs assez riches pour se décorer de ses productions. »
NOËL HALLÉ
Ce tableau, de 22 pieds de long sur 10 pieds de hauteur, est destiné pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins.
Le sujet représente la Course d'Hyppomène et a" Attelante. Estimé 5,ooo livres.
Il fut exposé au salon de 1765, et payé sur l'exercice 1767 (1).
— En 1769 et en 1771, Hallé exécutait encore deux autres tableaux pour la manufacture des Gobelins. Le premier, sur le sujet à' Achille à la cour de Deldamie, fut exposé au salon de 1769, et le livret le mentionne ainsi :
Achille reconnu à la cour de Déidamie par le choix qu'il fait des armes, qu'Ulisse avoit mêlées avec les bijoux de femmes à dessein de le découvrir.
Ce tableau, de i5 pieds de long sur 10 de haut, est destiné à être exécuté à la manufacture royale des Gobelins.
Il fut évalué 4,5oo livres (2), ainsi que le second, Silène et Egli, que l'artiste exposait au salon de 1771, et que le livret annonçait ainsi :
Silène dans sa grotte, barbouillé de mûres par Eglé.
Ce tableau, de 12 pieds de long sur 10 pieds de haut, est destiné à être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins.
Le parfait payement de ces deux tableaux, ainsi que d'un troisième, destiné au petit Trianon, et dont il a été précédemment parlé (3), est en date du 28 décembre 1776 (Exercice 1772) :
Au sieur Halle', peintre, 7,000 livres pour faire, avec 6,000 livres à lui ordonnés acompte sur 1771 le 3 mars 1775, le parfait payement de i3,ooo livres à quoi montent trois tableaux qu'il a faits pendant les années 1769, 1771 et 1772, savoir deux pour être exécutés en tapisserie à la manufacture des Gobelins, et le troisième destiné pour être placé dans la salle à manger du petit Trianon.
(1) Cf. page 229 supra.
(2) A. N. O' 2721. — État des ouvrages oommandés.
(3) Cf. page 223 supra.
Actuellement, Achille à la cour de Dèidamie au musée de Limoges, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. 3 m. — L. 4 m. 5o ;
Silène et Églé au musée de Lille, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. 3m. 23. - L. 3 m. 88. - Signé Halle. 1771 (.).
Au Salon de 1777.
Mémoire d'un tableau fait pour le Roy sous les ordres de M. le comte d'Angivillcr, par le sieur Hallé pendant les années 1776 et 1777.
Ce tableau porte 10 pieds quarrés (2).
Il représente un trait de désintéressement chez les Grecs : Cimon, fils de Miltiades, fait renverser les murs de ses possessions et invite le peuple à partager ses récoltes.
Estimé 6,000 livres.
Ce tableau fut exposé au Salon de 1777.
Le parfait payement est en date du 3o septembre 1778 (3' :
Au sieur Hallé, peintre, i,5oo livres pour faire, avec 4,300 à lui ordonnées acompte sur l'exercice 1777, le parfait paiement de 6,000 livres, à quoi monte le prix du tableau de Cimon, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1776 et 1777.
Ce tableau, par la suite, passa aux Gobelins, où, en 1794, le jury de classement des modèles le rejetait « sous le rapport de l'art », tout en en louant le sujet « vraiment républicain ».
(1) Une copie s'en trouve également au musée de Fontainebleau : H. 3 m. 3o. — L. 3 m. 35.
(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-178?).
LOUIS HELLART
Louis HELLART
A Versailles.
En novembre 1749, Marie Leczinska modifia la disposition de ses cabinets de Versailles (1), et notamment des petites pièces adossées au grand cabinet, et dont l'une servait d'oratoire (2).
En 1750, le peintre Hellart exécutait, vraisemblablement pour cette dernière pièce, le tableau mentionné dans ce mémoire (3) :
Mémoire d'un tableau fait par Hellart, peintre du cabinet du Roi, à Versailles en 1750.
Un tableau original par Hellart pour le cabinet de la Reine, portant de hauteur 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds de large, représentant Sainte Rose du Pérou; cette sainte est vôtue de blanc, tenant une bêche, s'occupant à l'agriculture; sur le devant, un puis avec un corps de bâtiment : les plantes du pays font le devant du tableau, le fond représente un beau ciel avec paysage 100 livres.
— On relève, encore, à l'actif de ce peintre, le paiement suivant, en date du 5 avril 18S7 (Exercice 1756) :
Aux héritiers du sieur Hellart, peintre, 2,600 livres pour son payement de deux portraits du Roy et d'un tableau de Saint Louis, qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année dernière {4).
( 1 ) Luynes, Mémoires, X, 40.
(3) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 127.
(4) Hellart faisait partie de l'atelier des copistes Je Versailles, et. à ce titre, il exécuta de nombreuses copies qui n'ont pas à être mentionnées ici. Notons toutefois qu'en 1754, il exécutait une copie du portrait de l'Infant dom Philippe « vêtu d'un habit de velours cramoisi, une main dans son habit et l'autre tenant la reversure de sa veste ». (A. N. O" 1934 A).
René- Antoine HOUASSE (i)
A Trianon.
On relève, sur l'exercice 171 1, en date du i5 avril, le paiement suivant, fait aux héritiers de cet artiste :
Aux héritiers du sieur Houasse, peintre ordinaire du Roy, i,3oo livres pour le paiement du tableau, qu'il a fait pour la salle de billard du palais de Trianon.
Il s'agit, très certainement, d'un des tableaux de l'histoire de Minerve, mentionnés dans l'Inventaire Bailly (n" 7 à 16, p. 404).
Jean-Baptiste HUET
A Versailles.
En 1770, cet artiste recevait la commande de deux dessus de portes pour la salle à manger des petits appartements du Roi à Versailles; les sujets
(1) Cf. notre Inventaire général des tableaux du Roy par Nie. Bailly, p. 404 et suiv. — et p. 171 supra.
A la liste des tableaux d'Houasse signalée par Bailly, il convient d'en ajouter un, mentionné en 1760 et en 1784 à la Surintendance: • Deux anges en adoration; de 3 pieds 8 pouces en carré » ; — et les quatre suivants faits vers 1687, et signalés ainsi dans les Mémoires des tableaux qui sont à la paroisse et aux Récollets et chapelle du Grand Commun de Versailles (A. N. O' 1965) : les trois premiers à la chapelle Sainte-Geneviève de la paroisse Saint-Louis de Versailles, le quatrième dans la chapelle du chœur de l'égllise des Rccollets de cette même ville :
« Sainte Geneviève à genoux tenant un cierge allumé ; — un petit tableau représentant sainte Geneviève qui touche une femme aveugle ; — un petit tableau représentant sainte Geneviève recevant le voile de saint Marcel ; — J.-C. crucifié, la Vierge et saint Jean debout auprès de la croix. »
PIERRE NICOLAS HUILLIOT
étaient à son choix. Il n'apporta pas grande diligence à ce travail, les notes suivantes, mises en marge d'un État de la distribution d'ouvrages de peinture pour les petits appartements du Roi à Versailles (i) en font foi.
Une première, en date de 1771, est ainsi conçue : • Avoit promis les tableaux pour le sallon et il ne les a point envoyés »; une seconde est de la main de Pierre : « La raison est connue » ; une troisième : « obligé d'en faire d'autres » ; la quatrième qui date assurément de la fin de 1772 (2) : « Un presque fini et l'autre ébauché. »
Ces deux tableaux étaient estimés 1,600 livres (3) ; ils furent exposés au salon de 177?, avec cette mention au livret :
V Europe — l'Asie.
Ces deux tableaux, de 4 pieds 6 pouces sur 3 pieds de haut, sont pour le Roi.
Il ne nous a pas été donne de retrouver d'ordonnance de paiement se référant à ces tableaux.
Pierre Nicolas HUILLIOf
A Versailles.
En 1739 {4), cet artiste fut chargé par les Bâtiments de divers ouvrages
(2) En effet, le 2 5 novembre 1772, Huet écrivait à Pierre cette lettre, dont nous aurions scrupule de modifier l'orthographe (A. N. O" 1 5 1 4) :
« Les tableau don je suis charge pour le roy il li enna un dé bauchc et un en train de nnire j'ai l'honneur daitre, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Huêt, paintre de Roy. »
(3) A. N. O' iç33: État des commandes en 1-74. Il y est dit que ces tableaux de Huet étaient « pour faire pendant à ceux de Fragonard » dans la salle à manger des petits appartements de Versailles. On a vu, précédemment (p. 195) que ces tableaux de Fragonard ne furent jamais livres.
(4) En 1737, cet artiste adressait au directeur des Bâtiments Orry le placct suivant (A. N. O1 192?) :
« Le sieur Huilliot, peintre ordinaire du Roy et de son académie royallc de peinture et sculpture ainsi que feu son père, a l'honneur de supplier très humblement votre Grandeur de vouloir luy accorder quelques
de décoration par le cabinet de la Reine à Versailles. Il en fut payé le 27 juillet 1740 (Exercice 1739) :
Au sieur Huilliot, peintre, 1,000 livres pour faire, avec les 2,5oo livres à luy ordonnez le 10 juin, 27 juillet, 28 octobre 1739, le parfait payement de 3,5oo livres à quoi montent les ouvrages de peinture (et tableau) qu'il a fait dans le cabinet de la Reyne au château de Versailles, pendant l'année dernière.
Étienne JEAURAT
A Versailles.
En 1745, cet artiste exécutait pour un appartement de Versailles, qu'il ne nous a pas été donné de pouvoir préciser, quatre tableaux sur le sujet de Daphnis et Chloè. Il fut payé le 3 décembre 1746 :
ouvrages en chef chez le Roy, tant à Versailles, Fontainebleau, Compiègne, que pour les autres maisons royallcs. Ayant travaille à Fontainebleau pour le sieur Vanlo à la galerie de François I" dans les croisées en diiïérens attributs et mcsrnc dans les apartements de la Roync pour le sieur Audran. C'est pourquoy il espère que Votre Grandeur luy fera la grâce de le faire employer dans des ouvrages concernant les fruits, fleurs, animaux, attributs de chasse, musique, armes pour la guerre, et pour restaurations, tapisseries et attributs convenables pour les ouvrages qui se font à l'hôtel Royalle des Gobclins, ainsy qu'à la manufacture de la Savoncrie, qui se trouvent gastes, de les faire réparer par d'habillés gens qui les cntrcticndroicnt dans un bon état. »
La note suivante qui accompagne ce placet indique très nettement le sens de la réponse qui y fut faite :
« Il y a peu d'exemples que l'on ait confié en chef à des peintres de fleurs de grands ouvrages d'une certaine importance. Fontcnay le père, qui en ce genre était un homme de premier ordre, n'a dans ces sortes d'entreprises jamais été employé que sous les sieurs Desportes, Audran et autres. Les talcns que le sieur Huilliot a montres jusqu'ici pour le genre des fruits et pour ce qu'il apellc des attributs sont certainement très inférieurs à ceux des sieurs Desportes et Oudry ; ainsi, tant que le Roy pourra être servi par eux, il paroit assés difficile qu'on puisse leur préférer le sieur Huilliot. »
Il était également répondu par un refus à la demande concernant les Gobclins.
NICOLAS RENÉ JOLLAIN
Au sieur Jeaurat, peintre, 1,200 livres pour son payement de quatre tableaux, sujets de l'histoire deChloéet Daphnis, qu'il a faits pour le château de Versailles pendant l'année dernière.
Au concours de 1747.
Jeaurat fut l'un des onze officiers de l'Académie qui participèrent au concours de 1747; il traita le sujet suivant : « Diogènc, voyant un jeune homme boire dans le creux de sa main, brise sa tasse comme un meuble inutile «. Ce tableau fut expose au Salon de 1747, dans la galerie d'Apollon (1); le 29 septembre 1747, il percevait les i,5oo livres, attribuées à chacun des concurrents :
Au sieur Jeaurat, i,5oo livres à lui accordées par le Roy pour récompense d'un tableau représentant Diogène brisant sa tasse, qu'il a fait en la présente année pour le concours ordonné par Sa Majesté.
Actuellement au musée de Fontainebleau : H. 1 . m. 63. L. 1 m. «p.
Nicolas-René JOLLAIN
Au Petit Trianon.
En 1768, lors de la distribution d'ouvrages relative au Petit Trianon (a), cet artiste eut à faire deux dessus de portes « pour le grand cabinet sur le fleuriste au Pavillon. » Les sujets en étaient pris des fables de Clitie et
(i)Dc la longue notice, qu'en donne le livret, on ne doit retenir que la description suivante : « On y voit ce philosophe cynique a demi couvert d'une étoffe grossière; son bâton et sa besace sont toute sa richesse; il est assis près d'une fontaine publique, au pied de la déesse Minerve, déesse tutélairc d'Athènes, et il paroit à l'entrée du tonneau qu'il avoit trouvé dans un temple consacré à Cybellc et dont il avoit fait sa demeure. Ce tonneau n'étoit au reste qu'un ample vase de terre. •
(2} Cf. p. 3o et 62 supra.
d'Hyacinthe, et les dimensions fixées à 4 pieds 2 pouces 6 lignes sur 2 pieds 7 pouces de haut (1).
Ces deux tableaux figuraient au Salon de 1769; le parfait payement est en date du 14 février 1779 (Exercice 1771) :
Au sieur Jollain, peintre, 700 livres pour faire, avec 700 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1768 le 23 avril 1776, le parfait payement de 1,400 livres à quoy montent deux tableaux qu'il a faits en 1768, le premier représentant Clitie changée en tournesol, et le second Hyacinthe changée en la fleur du même nom.
Le tableau de la métamorphose d'Hyacinthe se trouve actuellement au palais de l'Elysée, où il fut placé le 24 mai 1867 : H. o m. 95. L. 1 m. 3o.
Au château de Fontainebleau.
Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Jollain pendant les années 1780 et 1781 (2).
Ces deux tableaux, de forme ovale, de 7 pieds 4 pouces de haut sur 4 pieds 6 pouces de large, font partie des quatorze destinés pour la chapelle de Fontainebleau.
Le premier représente Jésus au Temple.
Le second représente Jésus au milieu des docteurs.
Estimés chacun 1,600 livres.
Ces tableaux furent exposés au Salon de 1781 ; le parfait paiement est en date du 3 avril 1784 (3) :
Au sieur Jollain, peintre du Roy, 1,200 livres pour faire, avec 2,000 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1780, le parfait payement de 3, 200 livres à quoi montent deux tableaux, l'un
(1) A. N. O" «072 : État de la distribution des ouvrages de peinture pour le petit Trianon (cf. page i63 supra).
(2) A. N. O' 1933. Cf. page 16 supra.
(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).
NICOLAS-RENÉ JOLLAIN î3p
représentant Jésus présenté au Temple, l'autre Jésus au milieu des docteurs, qu'il a faits pour la chapelle du château de Fontainebleau pendant les années 1780 et 1781.
Le second de ces tableaux se trouve actuellement à Fontainebleau, dans la chapelle Sainte Trinité : H. 2 m. 38. — L. 1 m. 48.
Au château de Marly.
En 1781, Jollain exécutait un tableau, destiné à décorer la chambre à coucher de Marie-Antoinette à Marly; voici son mémoire (1) :
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roi, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Jollain, peintre, pendant l'année 1781.
Ce tableau, destiné pour la chambre à coucher de la Reine à Marly, a 4 pieds 3 pouces de large sur 3 pieds 8 pouces de haut environ.
Il représente par des enfans le Sommeil.
Estimé 5oo livres.
Le paiement est en date du 21 janvier 1785 (2) :
Au sieur Jollain, peintre du Roy, 5oo livres pour son payement d'un tableau, ayant pour sujet le Sommeil représenté par des enfans, qu'il a fait en 1781 pour le service de Sa Majesté.
Au Salon de 1783.
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Jollain, pendant les années 1782 et 1783 (3).
(2) Archives du Louvre. Registre d'ampliations {1762-1785).
Ce tableau a 8 pieds de large sur 10 de haut. Il représente le Frapement du rocher.
Estimé 3,ooo livres.
Ce tableau ligure au salon de 1783; le parfait payement est en date du 21 janvier 1785 (1) :
Au sieur Jollain, peintre du Roy, i,5oo livres faisant, avec i,5oo à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1783, le parfait payement de 3, 000 livres à quoi monte un tableau représentant le Frapement du rocher, qu'il a fait pendant les années 1 782 et 1783 pour le service de Sa Majesté.
Ce tableau passa ensuite aux Gobclins, et, en 1794, le sujet en était rejeté par le jury de classement des modèles.
François JOULLAIN
Au Louvre.
A l'actif de cet artiste, on relève l'ordonnance de paiement suivante, en date du 2 juin t755v(Excrcicc 17.S3) :
Au sieur Joulain, peintre, 176 livres pour son payement tant de trois tableaux, représentant Notre-Scigncur en croix, qu'il a fournis au Louvre pour le service du Roy, et de quatre dessins de Yéglise Saint-Pierre de Rome, qu'il a collés sur châssis et mis en bordures aussi pour le service de Sa Majesté, le tout pendant l'année 1753.
(1 ; Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-17H?).