‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 64 sur 130 · JEAN JOUVENET · texte numérisé non relu

JEAN JOUVENET

Jean JOUVENET fi)

A l'église des Invalides.

Le 18 février 1709, la direction des Bâtiments régla définitivement le compte des divers peintres qui avaient travaillé à la décoration de l'église des Invalides (3) ; Jouvenet fut du nombre :

Au sieur Jouvenet, peintre, 9,700 livres, parfait payement des 24,200 livres pour les peintures à fresque à la grande voûte du dôme de l'église royalle des Invalides.

Ces peintures représentaient les dou^e Apôtres (3).

A Versailles.

Le paiement définitif des travaux, faits par cet artiste à la chapelle de Versailles, est en date du a 5 septembre 17 10 {4) :

Au sieur Jouvenet, peintre, 1 8,000 livres, tant par gratification à cause de la peinture qu'il a faite au dessus de la tribune du Roy à la chapelle Saint Louis du château de Versailles, que pour le soin qu'il a eu de conduire les ouvrages.

Le morceau visé est la Descente du Saint-Esprit (5).

(1) Cf. notre Inventaire général des tableaux du Roy, par Nie. Bailly, p. 410.

(a) Cf. page 57 supra.

(3) D'Argcnville, Voyage pittoresque de Paris, p. 421.

(4) Cf. page 57 supra.

(5) La description détaillée en est donnée par Piganiol de la Force [Descript. de Versailles, t. I, p. 79).

Jouvenet avait précédemment exécuté pour cette chapelle Saint-Louis le tableau suivant, qui fut restaure en 1789 par Martin : « Chapelle du Roy à Versailles, de Jouvenet, Saint-Louis malade de la peste, tableau de 8 pieds sur 6, nettoyé et raccordé en plusieurs places, 24 livres » (A. N. O' 1931).

Aux Gobelins.

En 1706, Jouvenet avait exécuté, pour l'église des religieux de Saint-Martin-des-Champs, quatre grands tableaux sur des sujets tirés du Nouveau Testament ; ces peintures furent particulièrement appréciées de Louis XIV, qui ordonna à l'artiste de les répéter pour être exécutées en tapisserie aux Gobelins.

La première pièce qu'il livra fut le Repas cher lé Pharisien; le paiement est en date du 1" avril 1712 (Exercice 171 1) :

Au sieur Jouvenet, peintre ordinaire du Roy, 4,5oo livres pour le paiement d'un tableau représentant Notre Seigneur à table che\ le Pharisien, qu'il a fait pour les Gobelins pendant Tannée 1711.

Actuellement au Louvre (n* 436) : H. 3 m. 88. — L. 6 m. 82.

Les deux tableaux qui suivirent, la Pèche miraculeuse et la Résurrection de Lazare, furent payés le i»r mai 1713 (Exercice 171 2) :

Au sieur Jouvenet, 9,000 livres pour son payement de deux grands tableaux représentant la Pesche de Saint Pierre et la Résurrection de La\are, qu'il a faits et livrés pour le service du Roy pour servir aux ouvrages de la manufacture royalle des Gobelins pendant 1712.

Actuellement la Pèche miraculeuse au musée d'Amiens, où elle fut envoyée en 1872 : H. 3 m. 92. — L. 6 m. 64 ;

la Résurrection de Lazare au musée de Lille, où elle fut par l'État en 1872 : H. 3 m. 79. — L. 6 m. 70.

Le quatrième morceau, les Vendeurs chassés du temple, fut payé le fr décembre 1714 :

Au sieur Jouvenet, 4,5oo livres pour son paiement d'un grand tableau représentant Notre Seigneur qui chasse les marchands hors du temple, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie aux Gobelins pendant l'année dernière et la présente.

Actuellement au Louvre (n° 435) : H. 3 m. 88. — L. 6 m. 82 (1).

(1) A la liste des tableaux de Jouvenet, signalée dans l'Inventaire Bailly, il faut ajouter les suivants, qui furent faits en 1687 pot»" la chapelle Saint-

JEAN MARC LADEY

Augustin Oudat JUSTINAT

Portrait de Mehemet Effendi.

En 172 1, cet artiste exécutait, concurremment avec Gobert(i), un portrait de l'ambassadeur de la Porte Mehemet Effendi ; le paiement est en date du 12 juin 1725 (Exercice 1721) :

Au sieur Justina, peintre, 400 livres pour son payement d'un tableau qu'il a fait pour le service du Roy, représentant le portrait de l'Ambassadeur de la Porte, pendant l'année 1721 .

Jean Marc LADEY (2)

Au vieux Louvre.

En 1743, cet artiste exécutait pour les appartements du Vieux Louvre plusieurs tableaux, dont il ne nous a pas été donné de retrouver le détail. Il en fut payé le 24 décembre 1745 :

Au sieur Ladejr, peintre, 720 livres pour son payement de tableaux, qu'il a faits pour un appartement au Vieux Louvre, à Paris, pendant l'année 1743.

Nicolas de la paroisse Saint-Louis de Versailles et qui sont ainsi mention» nés dans les Mémoires des tableaux qui sont à la paroisse et aux Récollets et chapelle du Grand Commun de Versailles (A. N. O' 1965) :

0 Saint Nicolas revestu d'une chasuble, eslevé sur des gradins et des peuples à ses pieds, et une lueur qui aparoist à luy. — Un petit tableau représentant saint Nicolas sur la proûe d'un vaisseau battu de la t empeste. — Un autre petit tableau représentant l'Enterrement de saint Nicolas. »

(1) Cf. page 211 supra.

(2) Cf. page 93 supra.

Charles de LA FOSSE (i)

A l'église des Invalides.

Le règlement du compte de cet artiste, relatif aux travaux par lui exécutés à l'église des invalides (a), est en date du 18 février 1709 :

Au nommé Lafosse, peintre, 22,398 livres i5 sols à quoi montent les ouvrages de peinture à fresque, qu'il a faits au dôme de l'église royalle des Invalides.

Ces peintures représentaient la Gloire du Paradis (3).

A Versailles.

Le a 5 septembre 1710, La Fosse recevait le paiement des peintures par lui faites à la chapelle de Versailles (4) :

Au sieur de Lafosse, peintre, 9,000 livres tant par gratification à cause de la peinture qu'il a faite dans le cul de four de la grande voûte au dessus du maître autel de la chapelle du château de Versailles que pour le soin qu'il a eu de conduire ledit ouvrage.

Cette peinture représentait la Résurrection (5).

— Enfin, sur ce même exercice 1710, on relève encore à l'actif de ce peintre le paiement suivant :

( 1 ) Cf. notre Inventaire général des tableaux du Roy, p. 399. (a) Cf. p. 57 supra.

(3) D'Argenville, Voyage pittoresque de Paris, p. 431 .

(4) Cf. p. 57 supra.

(5) Une description détaillée en est donnée par Piganiol de la Force {Desc. de Versailles, t. II, p. 77).

LAGRENÉE l'aINÉ

Au sieur de La Fosse, peintre ordinaire du Roy, 3,ooo livres pour, avec 2,000 cy dessus reçus, faire le parfait payement de 5,ooo livres, à quoi montent les ouvrages de peinture, qu'il a faits pour le service du Roy pendant 1700 et 1701.

Ces paiements se réfèrent très vraisemblablement aux nM 1,6, 7, 9, 10, ainsi qu'au tableau du Triomphe de Bacchus, signalés dans notre Inventaire général des tableaux du Roy (pp. 3gg, 401, 40a) (1).

Louis-J ean-François LAGRENÉE, dit l'aîné.

Au château de Choisy.

Lagrenée Painé fut l'un des artistes, qui, sur les indications de Cochin, furent employés à la décoration de la galerie de Choisy (a) ; voici le mémoire des tableaux qu'il fit à ce propos (3) :

Mémoire de deux tableaux dessus de portes, faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur De la Grenée, pendant Tannée 1765.

Ces deux tableaux dessus de portes sont destinés pour la galerie de Choisy.

L'un représente la Justice et la Clémence ; L'autre la Bonté et la Générosité.

Estimés 2,000 livres.

Ces tableaux furent exposés au Salon de 1765 ; le paiement est en date du t" avril 1771 (Exercice 1765):

(1; A la liste des tableaux de La Fosse, que donne l'Inventaire Bailly, il convient d'ajouter le suivant, qui se trouvait en 1750 au Luxembourg : • Marie aux pieds du Sauveur après la mort de Lazare, de 3 pieds 4 pouces de haut sur 4 pieds de large. » Restauré par la veuve Godcfroid et Colins en 1751 (A. N. O' 1934 A); par Godefroid vers 1784 : • avoir lavé et verni et repointillé une raie » (A. N. O* i$33). Au Louvre en 1785.

(a) Cf. pages 324 et suivantes supra.

Au sieur La Grenée, peintre, 2,000 livres en contracts 340/0 sur les aides et gabelles pour son payement de deux tableaux dessus de porte, l'un représente la Justice et la Clémence, l'autre la Bonté et la Générosité, qu'il a faits pour le service du Roy en 1765 pour Ôtre placés dans les appartemens de Choisy.

Le tableau de la Justice et la Clémence se trouve actuellement au musée d'Autun, où il fut envoyé par l'État en 1895 : H. 1 m. o5. - L. 1 m. 55; forme ovale ;

celui de la Bonté et la Générosité au musée de Fontainebleau : H. 1 m. 10. — L. 1 m. 54.

A Bellevue.

En 1766, Louis XV décida d'aménager le château de Bellevue qui devait servir de résidence à Mesdames, et d'importants travaux décoratifs furent alors résolus. Cochin fut spécialement charge de rédiger le programme d'après lequel les artistes devaient travailler, et voici la proposition qu'il soumettait au marquis de Marigny le i5 juillet 1766 (1) :

(1) A. N. O'. 1909. Cochin écrivait en même temps à Marigny : « Conformément à vos ordres, j'ai l'honneur de vous proposer un projet de distribution des tableaux que vous avés dessein d'ordonner pour Bcllc-vûc. Pour entrer dans vos vues, j'ay cherché à y employer les jeunes artistes qui commencent à se distinguer. J'ay cru devoir leur partager l'ouvrage à peu près en portions égales, afin qu'aucun n'aperçoive de préférence mortifiante. Je n'ay cependant employé pour les plus grands morceaux que ceux dont les talcns ont acquis quelque estime à l'Académie.

• Dans la chambre à coucher du Roy il y a trois tableaux que j'ay l'honneur de vous proposer de donner à M . de la Grenée : c'est un artiste dont les talens sont bien prouvés, et je crois qu'il ne faut point y admettre de tableaux d'une autre main, an» que les oppositions de manière ne s'entrenuisent point, et aussi afin qu'ayant trois tableaux, tandis que chacun des autres n'en a que deux, et ayant la chambre où le Roy est plus particulièrement, il aperçoive que vous faites une distinction particulière de lui.

« J'ay cherché pour la salle à manger des sujets de la fable qui eussent quelque rapport à sa destination, et qui fussent en même temps favorables pour en faire des tableaux soignés et riches, j'ay l'honneur de vous proposer les quatre tableaux à partager entre M. Taraval et M. Du Rameau. Taraval peint agréablement et précieusement ; Du Rameau est un génie chaud dans l'exécution, tendant au grand art et celui qui paroit le plus

LAGRENEE l'aINÉ

Chambre à coucher du Roy.

Deux dessus de porte :

Vulcain, averti par Apollon, surprend Mars avec Vénus. Psiché surprend l'Amour endormi.

propre à remplacer les talcos, que nous avons perdus dans la personne de feu M. Deshays. Ce partage de la même pièce excitera leur émulation, et il y a lieu de croire qu'ils feront tous leurs efTorts pour ne se point céder l'un à l'autre. C'est encore une des raisons pour laquelle je partage les sujets de manière que chacun a un sujet d'action et un sujet gracieux.

■ Dans le salon des jeux, il y a deux dessus de porte que j'ay l'honneur de vous proposer de donner à M. Fragonard; les sujets proposés du Jour et de la Nuit avec leurs emblèmes poétiques, fournissent à son génie pittoresque. Quant aux quatre petits tableaux entre les croisées de ce même salon, j'ay l'honneur de vous proposer de les donner à un autre peintre; d'une part, afin qu'il ne paroisse point une prédilection mortifiante pour les autres s'il avoit six tableaux à faire tandis que les autres n'en ont chacun que deux ; en second lieu, afin d'exercer les talens et d'exciter l'émulation de quelque autre; comme ils sont forts petits, n'ayant que deux pieds, j'estime qu'il est bon de les donner tous quatre au même, et j'ay l'honneur de vous proposer un des quatre artistes débutans mentionnés sur la feuille de proposition cy jointe. Cependant, entre ces quatre, j'inclinerais particulièrement pour le fils de M. Restout ou pour Jollain : Restout est un coloriste harmonieux, fera de l'effet et sera, je pense, plus analogue avec la manière de Fragonard; Jollain, ayant les parties de l'art à un moindre degré, pourra néanmoins donner des caractères de tètes plus agréables à ses femmes.

• Je pense aussi que tous les tableaux, dessus de porte et autres, cy devant mentionnés, doivent être traités dans la proportion de figures de deux pieds et demi au plus, afin que l'on ne puisse pas dire que ce sont des tableaux d'église, qu'ils en deviennent plus précieux et ce que l'on appelle des tableaux de chevalet. Il s'ensuivra qu'ils seront beaucoup plus chargés d'ouvrage, mais aussi d'une exécution plus délicate.

• La salle de musique me paroistroit demander quelque chose de relatif à sa destination. C'est pourquoi je penserais qu'elle seroit convenablement décorée avec deux dessus de porte de M. Chardin. Cet artiste atteint à un degré de perfection unique dans son genre. Jusqu'icy je n'ay point trouvé à placer les talens de M. Robert : comme particulièrement attaché à l'architecture il ne traite point la figure au dessus de 4 à 5 pouces. Cette proportion me paroit ne pouvoir être placée à côté de figures de deux pieds et demi : c'est pourquoy il me semble ou qu'il n'y doit point entrer, ou qu'il doit avoir

Un tableau entre les croisées :

Jupiter et Junon sur le sommet du Mont Ida, Morphée verse sur eux ses pavots.

M . de La Grenée.

Salle à manger .

Quatre dessus de porte :

Les Noces de Persée troublées par Phinée, et ce demi avec ses soldats changés en statues à l'aspect de la tête c Méduse.

Le Festin donné aux Dieux par Tantale, où Jupiter ressuscii Pélops et lui met une épaule d'yvoire, la sienne ayant é mangée par Cérès.

M. Taraval.

Le Combat d'Hercule et des Lapithes contre les Centaur aux noces de Pithoiis.

Le Festin des Dieux, décrit au premier livre de l'Iliade, oi Vulcain leur servant à boire, il s'éleva entre eux un rire inextin guible.

M. du Rameau.

Salon des jeux.

Deux dessus de porte :

1 Le Jour, représenté par Apollon sur son char, précédé de

l'Aurore qui répand des fleurs et suivi par les Heures ; ( La Nuit, représentée par Diane sur son char traîné par des

une pièce à lui seul. Je n'aurois en conséquence pu vous proposer pour lui que la pièce du salon de musique pour laquelle j'ay eu l'honneur de vous proposer M. Chardin : j'ay préféré d'employer des talens faits et connus, et qui, d'ailleurs, ont plus de rapport à la destination de cette pièce. Si cependant il vous plaisait de luy donner l'encouragement qui s'ensuit d'avoir été choisy pour faire un tableau pour le Roy, j'aurois l'hortncur de vous proposer de luy accorder de faire un tableau pour la première pièce, qu'à la vérité vous aviés rayé de la proposition parce qu'il n'y en a point encore eu, mais il y a une pièce convenable pour en recevoir un ; c'est un objet de peu de conséquence, de plus il peut encourager un artiste de mérite et le château en sera plus complètement décore. »

LAGRENÉE l'aINÉ 249

biches, précédée de la Nuit qui étend son voile parsemé d'étoiles et suivie par les Songes.

M. Fragonard.

Quatre petits tableaux entre les croisées :

Le Printemps, représenté par la déesse Flore ; L'Été', par Cérès ; L'Automne, par Baccbus;

L'Hiver, par un vieillard avec les attributs ordinaires.

M. Restout le fils(i).

Salle de musique.

Deux dessus de porte :

Deux groupes cTinstrumens de musique en deux tableaux .

M. Chardin.

(Si M. le Directeur Général accorde qu'il soit mis un tableau dans la première pièce de l'appartement, quoique jusqu'icy il n'y en ait point eu...)

Première pièce.

Un dessus de porte :

Ruines d'architecture.

M. Robert.

Du Rameau et Fragonard ne rirent point les tableaux, qui leur avaient été demandés ; à la place Un tableau religieux pour la chapelle fut ommandé à Doyen.

Quant à Lagrcnée, il exécuta d'abord le tableau d'entre-croisées, voici < mémoire (2) :

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur De La Grenée pendant l'année 1767.

Ce tableau est destiné pour la chambre à coucher du Roi au château de Bellevue ; il a 3 pieds 9 pouces de haut sur 4 pieds 1 1 pouces de large.

• (1) Les autres artistes' proposés étaient Jollain, Monnet et Lcpicié. (9) A. N. O' 19J4B.

Il représente Jupiter et Junon sur le mont Ida endormis par Morphée.

Estimé 1,200 livres.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1767 et payé le i*r avril 1771 (Exercice 1767) :

Au sieur de Lagrenée, peintre, 1,200 livres en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles pour son payement d'un tableau, représentant Jupiter et Junon sur le mont Ida endormis par Morphée, qu'il a fait en 1767 pour être placé dans la chambre du Roi à Bellevue.

Les deux dessus de portes furent exécutés l'année suivante; voici le mémoire de l'artiste (1) :

Mémoire de deux tableaux dessus de porte, pour le service du Roi, faits par ordre de M. le marquis de Marigny, pendant l'année 1 768, par le sieur La Grenée.

Ces deux tableaux sont destinés pour la chambre à coucher du Roi au château de Bellevue.

L'un représente Vulcain qui, étant averti par Apollon, surprend Mars avec Vénus ;

L'autre Psiché qui surprend l'Amour.

Estimés ensemble 2,400 livres (2).

Ces tableaux furent exposes au Salon de 1769 et payes le ier avril 1771 (Exercice 1768), en même temps qu'un autre tableau destiné à Trianon, dont nous parlerons ci-dessous :

Au sieur de La Grenée, peintre, 6,400 livres en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles pour son payement de trois tableaux, le premier présente Vulcain qui, étant averti par Apollon, surprend Mars avec Venus, le second Psiché qui surprend l'Amour, et le troisième une Moisson allégoriquemcnt traitée sous l'emblème de Cérès qui enseigne d Triptolème l'art

(2) Ce prix d'estimation semble indiquer que les dimensions de ces tableaux étaient pareilles à celles du précédent.

LAGRENÉF. l'aINÉ

de cultiver la terre, qu'il a faits pour le service du Roy en 1768, les deux premiers pour la chambre à coucher de Sa Majesté à Bcllcvue, et le troisième pour les nouveaux appartemens de Trianon.

Le tableau de Mars et Vénus surpris par Vulcain se trouve actuellement au musée de Nîmes, où il fut envqyé par l'État en 1872 : H. o m. 38. — L. o m. 5o.

Au petit Trianon.

En 1768, Lagrcnéc fut également choisi pour travailler à la décoration du petit Trianon (1) ; il eut à faire, au prix de 4,000 livres, l'un des quatre grands tableaux de la salle à manger du Roi, sur le sujet de La Moisson, allégoriqucmcnt figurée par Cérès enseignant à Triptolème l'art de cultiver la terre.

On a vu ci-dessus l'ordonnance de paiement ; ce tableau fut exposé au Salon de 1769, avec cette mention au livret :

Cérès enseigne l'agriculture au roi Triptolème,, dont elle nourrissoit le fils de son propre lait.

Ce tableau, de 9 pieds 4 pouces de haut sur 7 pieds 4 pouces de large, est destiné à décorer la salle à manger du nouveau Pavillon de Trianon.

Deux notes, mises par Pierre en marge de l'Etat de la distribution des ouvrages de peinture pour le petit Trianon (a), montrent que ce tableau, pendant trois ans, fut déposé dans la galerie d'Apollon; il ne fut mis en place que le 29 novembre 1772.

Il se trouve actuellement au château de Vincennes, dans les anciens appartements du duc de Montpensier, occupés par le Général (3) : H. 3 m. L. 2 m. 34. — Signé : Louis Lagrenie 176g.

Fabricius.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Lagrene'e Vaine pendant les années 1776 et 1777 (4).

Ce tableau porte 8 pieds de large sur 10 de haut.

(0 Cf. p. 3o et 162 supra.

(3) L. Dimicr. Le château de Vincennes {dans V Œuvre d'art du 1" décembre 1897.)

Il représente un trait de désintéressement chez les Romains : Fabricius, environné de sa famille, refuse les présens que luy envoyé Pyrrhus .

Estimé 4,000 livres.

Le parfait paiement est en date du 3o septembre 1778 (1) :

Au sieur Lagrenée l'aine, peintre, 800 livres pour faire, avec 3,200 à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1 777, le parfait payement de 6,000 livres à quoi monte un tableau représentant Fabricius refusant les présens de Pyrrhus, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1776 et 1777.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1777; il passa ensuite aux Gobclins, où le jury de classement des modèles, en 1794, le rejetait « sous le rapport de' l'art

Actuellement au musée de Libournc, où il fut envoyé par l'État en 1820 : H. 3 m. 45. — L. 3 m. 84. — Signé : L. Lagrenée, / 777.

Popilius.

Mémoire d'un des dix tableaux faits pour le Roy, sous les ordres de M . le comte d'Angiviller, par le sieur Lagrenée Vaîné pendant les années 1778 et 1779 (2).

Ce tableau a 10 pieds de haut sur i3 pieds de large.

11 représente le consul Popilius envoyé en ambassade auprès d'Antiochus Epiphanes; il l'environne d'un cercle tracé sur le sable et lui dit : « Vous ne sortirés point de ce cercle que je sache si je dois vous regarder comme ami ou ennemi. »

Estimé 6,000 livres.

Le parfait payement est en date du 4 février 1780 (3) :

Au sieur Lagrenée Vainé, peintre, i,5oo livres pour faire, avec 4,5oo à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1778, les 26 janvier et 3o août 1 779, le parfait payement de 6.000 livres à quoi monte

(1) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762- 1785).

lagrenée l'aine

un tableau représentant Popilius traçant un cercle avec sa canne, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1778 et 1779.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1779; il passa ensuite aux Gobelins et, en 1794, le jury de classement des modèles le rejetait sous le rapport de l'art, « bien que le sujet soit beau ».

Actuellement au musée de Lille, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 4 m. 18. — L. 3 m. 32. — Signé : L. Lagrenée, 1779.

Le Serment de Priam.

Mémoire d'un tableau fait pour le Roy, sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Lagrenée l'aîné, peintre du Roy, pendant les années 1780 et 1781 (1).

Ce tableau a 10 pieds quarrés.

Il représente le Serment de Priam et d'Agamemnon, qui jurent d'observer les conditions d'un traité accepté par les deux armées, par lequel Hélène avec toutes ses richesses doit être remise au vainqueur, après un combat singulier proposé par Pâris contre Ménélas (Iliade).

Ledit tableau estimé 4,000 livres.

Le parfait payement est en date du 22 août 1781 (2) :

A M. Lagrenée l'aîné, 2,000 livres pour faire, avec 2,000 à luy ordonnés acompte de l'exercice 1780, le 2 may 1781, le parfait payement de 4,000 livres d'un tableau, qu'il a fait pour le service du Roy pendant les années 1780-1781. Ce tableau représentant le Serment de Priam et cTAgamemnon sur les conditions du combat proposé par Paris à Ménélas.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1781 ; il passa ensuite aux Gobelins, d'où, en 1794, il était rejeté par le jury de classement des modèles.

Actuellement au musée de Reims, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. et L. 3 m. 22.

TABLEAUX COMMANDÉS POUR LE ROf

Les deux Veuves d'un Indien.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roi» sous les ordres de M. le comte d'Angiviller, par le sieur Lagrenée l'aîné pendant les années 1 782 et 1 783 { 1 ).

Ce tableau a i3 pieds de large sur iode haut. Il représente les deux Veuves d'un Indien (2). Estimé 6,000 livres.

Le parfait paiement est en date du 21 janvier 1785 (3) :

Au sieur Lagrenée l'aîné, peintre du Roy, 3, 000 livres faisant, avec 3,ooo à lui ordonnés acompte sur l'exercice 1783, le parfait payement de 6,000 livres, à quoi monte un tableau représentant les deux Veuves d'un Indien, qu'il a fait en 1782 et 1783 pour le service de Sa Majesté.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1783; il passa ensuite aux Gobclins, d'où, en 1794, le jury de classement des modèles le rejetait « comme rappelant des idées atroces ».

Actuellement au musée de Dijon, où il fut envoyé par l'État en 181 1 : H. 3 m. 25. — L. 4 m. 22.

(2) Voici, d'après le livret du salon, l'explication du sujet de ce tableau : • Euméne, un des successeurs d'Alexandre, après une bataille contre Antigone, faisant ensevelir les morts, il se trouva parmi les corps, celui d'un officier indien, qui avoit amené ses deux femmes. Il avoit épousé l'une d'elles tout récemment. La loi du pays ne permettoit pas à une femme de survivre à son mari... ; mais la loi ne parloit que d'une seule femme et il s'en trouvoit deux; chacune prétendoit devoir être préférée...; on jugea en faveur de la seconde. La première se retire fort triste et baignée de larmes, déchirant ses habits et s'arrachant les cheveux ; l'autre, au contraire, parée de ses plus riches ornemens, comme dans un jour de noces, s'avance avec gravite vers le lieu de la cérémonie où, placée sur le bûcher par la main de son propre frère, elle expira au milieu des acclamations et des regrets de tous les spectateurs. »

(3) Archives du Louvre. Registre d'ampliations (1762-1785).

LAGRENf.E l\|NÉ

Mort de la femme de Darius.

Mémoire d'un tableau fait pour le Roi, sous les ordres de M. le comte d'Angivillcr, par le sieur Lagrenée Vainé pendant les années 1784 et 1785 (1).

Ce tableau a i3 pieds de large sur 10 de haut.

Il représente la Mort de la femme de Darius.

Estimé 6,000 livres.

Ce tableau fut exposé au Salon de 1785*, il passa ensuite aux Gobclins, d'où, en 1794, le jury de classement des modèles en rejetait le sujet « sous le rapport des idés politiques ».

Actuellement au musée d'Angers, où il fut envoyé par l'État en 1798 : H. 3 m. 33. — L. 4 m. 35.

Supplioe de Bétis.

Pour le Salon de 1787, Lagrenée l'aîné avait demandé aux Bâtiments de traiter le sujet suivant {2) : « Alexandre enorgueilli de ses conquêtes, voulant se faire passer pour Dieu, outré de ce que Bétis, eunuque de Darius et satrape de la ville de Gaza, dont il eut quelque peine à faire le siège, ne paroissoit pas devant lui en fléchissant le genouil, le fait attacher à un char et trainer autour de la ville, ce que ce satrape souflrit, sans vouloir témoigner la moindre parolle de soumission à l'ennemi de son maître. » On lui fit l'objection suivante, qui se trouve formulée dans une note mise en marge de ce billet : « L'on ne sait quel moment M. Lagrenée choisit, mais si c'est celui où Bétis est attaché au char et traîné, ce sera encore un sujet hideux pour le public, et que l'on confondra d'ailleurs avec celui d'Hector. » Il y répondit par celte note: «J'observerai cependant, malgré la remarque « que l'on pourrait confondre » que j'ai peine à croire qu'on confondit parce qu'Hector était attaché mort et Bétis vivant, ce qui doit opérer une grande différence capable de mettre à l'abri de l'erreur. »

Lagrenée eut gain de cause; voici son mémoire (3) :

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy par le sieur La Grenée Vaîné, peintre du Roi, pendant les années 1786 et 1787.

Ce tableau a 16 pieds de long sur 10 pieds de haut.

Il représente la Fidélité d'un satrape de Darius.

Estimé 6,000 livres.

Ce tableau fut exposé au salon de 1787, ainsi que son esquisse, de 6 pieds de long, qui appartenait au président Bernard ; il passa ensuite aux Gobelins, d'où en 1794 il fut rejeté par le jury de classement des modèles.

Actuellement au musée d'Aurillac, où il fut envoyé par l'État en 187a : H. 3 m. a5. — L. 5 m. 5o. — Signé : Lagrenée Roma 1787.

Alexandre et l'oracle d'Apollon.

Mémoire d'un tableau fait pour le Roy, par le sieur La Grenée l'aîné, pendant les années 1788 et 1789 (i).

Ce tableau a 10 pieds quarrés.

Il représente Alexandre qui consulte l'oracle d'Apollon. Estimé 4,000 livres.

Ce tableau fut exposé au salon de 1789; il passa ensuite aux Gobelins, d'où il fut rejeté, en 1794, par le jury de classement des modèles.

Actuellement au musée de Montpellier, où il fut envoyé par l'État en i8o3 : H. et L. 3 m. 20. — Signé : Lagrenée, 178g.

Louis LAGRENÉE, dit le jeune.

Au château de Fontainebleau.

1° Chambre du Conseil.

En 1774, cet artiste eut à terminer le plafond de la chambre du Conseil, que Boucher avait commencé en 1733 (a). Voici son mémoire (3) :

(2) Cf. page 43 supra.

(3) A. N. O' 1934 t>; dans ce carton, ce mémoire sert de dossier à une liasse de documents.

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