FRANCISQUE MILLET
Francisque MILLET A Versailles.
Exercice 1737 :
Au sieur Francisque, peintre, 400 livres pour son payement de deux tableaux de paysages, qu'il a faits pour le bosquet de M. le Dauphin, pendant les mois de juin et juillet derniers.
Exercice 1740 : 32 juin 1740.
Au sieur Francisque Millet, peintre, i5o livres pour son payement d'un tableau représentant un paysage, qu'il a fait pour les appartemens de la Rcync, au château de Versailles, pendant la présente année.
A Fontainebleau et à Choisy.
Exercice 1739 : 3o décembre 1739.
Au sieur Francisque Millet, peintre, 600 livres pour son payement de deux tableaux de païsage, qu'il a faits pour le château de Fontainebleau en la présente année.
Exercice 1741 : du 21 juin 1741.
Au sieur Francisque Millet, 260 livres pour son payement de deux tableaux de paysage, ornés de figures et d'animaux, qu'il a faits pour le château de Choisy dans la présente année.
Charles MONNET
A Trianon.
En 1766, cet artiste fut compris dans la grande distribution d'ouvrages relative au petit Trianon (1) ; il eut à faire deux dessus de portes pour la grande salle à manger, sur les sujets de Zéphire et Flore et de Bacchus et Erigone.
Dans Y État de la distribution des ouvrages de peinture pour le petit Trianon (2), on lit, à la suite de la désignation de cette commande, cette note de Pierre, en date de 1771 : « occupé par M. le duc de la Vauguyon (3), les tableaux commencés seront faits en avril > ; et cette autre note du même, en 1772 : a ils seront finis à la tin du mois prochain. »
Voici le mémoire de l'artiste (4) :
Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roy, sous les ordres de M . le marquis de Marigny, par le sieur M onnet, pendant l'année 1768 et suivantes.
Ces deux tableaux, dessus de porte et cintrés, ont chacun 5 pieds 1 1 pouces de large.
Le premier représente Bacchus et Erigone. Le second Zéphire et Flore.
Estimés ensemble 1,600 livres
Le paiement est en date du 14 mars 1781 (exercice 1774) :
Au sieur Monnet, peintre, la somme de 1,600 livres pour son
(1) Cf. pages 29 et 162 supra.
(3) Il s'agit ici d'un tableau que Monnet exécutait pour ce seigneur et qui parut au salon de «771, ainsi mentionné au catalogue : • Feu Mgr. le Dauphin et feue M*» la Dauphine, occupés de l'éducation des trois Princes leurs enfans et partageans les soins de M. le duc de la Vauguyon et de M. l'ancien Evoque de Limoges, leurs Gouverneur et Précepteur, présens à cette Instruction. »
CHARLES NATOIRE
payement de deux tableaux dessus de portes et ceintrés, qu'il a faits pour le service de Sa Majesté, en 1768, l'un représentant Bacchus et Erigone, l'autre Zéphire et Flore.
Ils furent exposés au salon de 1773 (1).
Charlos NATOIRE
A Paris, hôtel d'Antin.
Le duc d'Antin avait acheté en 171 3, quartier du Gaillon, dans la rue qui porte actuellement son nom, l'hôtel qu'en 1707 s'était fait construire le financier La Cour des Chiens et qui regardait la rue Ncuve-Saint-Augustin. Il le fit somptueusement orner (3) et, à ce propos, furent commandés à Natoire trois tableaux, dont la description est ainsi donnée par l'Inventaire des tableaux qui se sont faits pour le service du Roy depuis le mois d'avril 1722 jusqu'et compris la fin de sj32 (3):
Un tableau, représentant Jacob revenant de che\ son beaupère Laban, amenant avec lui ses femmes et toute la famille; ayant 2 pieds 9 pouces de hauteur sur 4 pieds 5 pouces de large; dans sa bordure dorée.
— Jacob et Rachel qui font boire leur troupeau de moutons et autres bestiaux ; de même mesure et forme que le précédent ; dans sa bordure dorée.
— Agar et son fils Ismaël expirant près d'un arbre et d'une fontaine, un ange ordonne à la mère de le faire boire, sur un
(1) Une erreur cependant dut être faite au catalogue au sujet du premier de ces tableaux, qui est porté sous le titre de « Borée et Orithie ».
(2) Brice, Description de Paris : « Il l'a embelli de quantité de tableaux exquis, tirez du cabinet de S. M., entre lesquels il y en a d'un très grand prix, et tous sont des maîtres les plus illustres ; pour leur procurer encore plus de beauté, on les a mis dans des bordures très richement dorées. • Voir également à ce sujet notre Inventaire des tableaux du Roy, par Bailly,
p. XIII.
(3) A. N. O' 196S. Cet état signale ces tableaux « à Paris Hôtel Dantin ».
3io
fond de paisage ; ayant 3 pieds 7 pouces de hauteur sur 2 pieds 9 pouces de large ; de forme ovale.
Le paiement de ces tableaux est en date du 10 décembre 1732 :
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 85o livres pour trois tableaux représentant divers sujets de l'Ancien Testament, qu'il a faits pour les appartemens des maisons royales pendant la présente année.
Le tableau à'Agar dans te désert se trouve actuellement au musée de Compiègnc : H. et L : 1 m. ; forme ronde.
A Versailles.
1 • Chambre de la Reine.
Quand Marie Leczinska fit changer la décoration de sa chambre à coucher de Versailles (t), d'assez importantes commandes furent faites aux artistes. L'exécution des dessus de portes fut, notamment, confiée à Natoire et à de Troy, et les sujets en étaient fournis par des allégories dont les enfants royaux étaient les acteurs. Le tableau de Natoire, de 5 pieds 4 pouces de haut sur 6 environ de large (2), représentait la Jeunesse et la Vertu présentant deux princesses à la France. Ces princesses étaient M"'» Elisabeth et Henriette, nées jumelles le 14 août 1727 : l'une d'elles s'appuyait sur la France ; l'autre était soutenue par la Jeunesse à genoux, ayant près d'elle la Vertu.
Natoire fut payé le 2 5 avril 1735 (Exercice 1734) :
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 1,800 livres pour un tableau allégorique représentant la Jeunesse et la Vertu qui présentent deux princesses à la France , qu'il a fait pour l'appartement de la Reyne à Versailles, pendant l'année dernière (3).
Actuellement à Versailles, dans la chambre de la Reine, en dessus de porte du côte du Salon de la Paix ; signe : C. Natoire, 1 734.
(1) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV, p. 101, io5.
(2) A. N. O' 1945. Inventaire des tableaux pour le Roy jusqu'en à ajoutera rinventaire de 1 70g.
(3) Ces deux tableaux furent restaurés en octobre 1785 (cf. page 40 supra).
CHARLES NATOIRE 3 I 1
2° et 3° Chambre des Bains de la Reine et Appartements
du Dauphin.
En 1746 et en 1747, Natoirc travailla concurremment aux petits cabinets de la Reine et aux appartements du Dauphin (1); voici son mémoire à ce sujet (3) :
Mémoire de quatre tableaux peints par Charles Notoire pour le château de Versailles, par ordre de M . de Tournehem, directeur et ordonnateur général des Bâtimens de Sa Majesté, pendant les années 1746 et 1747.
Deux tableaux, de 4 pieds et demi de long sur 3 pieds et demi de haut, dans la Chambre des Bains de la Reine.
Les sujets sont tirés des églogues de M. de Fontenelle.
Le premier représente un Concert de musique champêtre : on voit une jeune bergère jotiant de la guithare, un berger lui tenant un livre de musique, plusieurs instruments sont auprès d'une fontaine rustique, et dans le lointain des troupeaux gardés par des pastres (3).
Le second représente une bergère et sa compagne sous un arbre, à qui un jeune berger offre des fruits, qui sont dans un panier; des moutons et des fleurs ornent le devant du tableau.
Deux autres tableaux, de 5 pieds de long sur 4 pieds de haut, pour l'appartement de Monsieur le Dauphin.
Le premier représente le Songe de Télémaque dans l'isle de Cypre : Vénus sur un groupe de nuées, accompagnée de plusieurs Amours, dont un lui tire un trait, que Minerve pare de son égyde, regarde ce jeune Prince, endormi sur le bord de la mer.
Le deuxième représente Télémaque dans l'isle de Calipso, entouré de nymphes, dans le moment qu'il tient entre ses bras l'Amour sous la forme d'un enfant : elles sont toutes occupées
(1) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 122-137.
(3) Ce tableau fut exposé au salon de 1747 avec cette mention au livret : « Un tableau dessus de porte, de forme chantournée, représentant une
musique pastorale et champêtre, destiné pour les appartenons de la.Rcinc. »
3l2 TABLEAUX COMMANDÉS POUR LE ROI
à plaire au jeune Prince et lui présentent des fleurs ; le fond du tableau est un paysage ; sur le devant, sont des plantes et des corbeilles remplies de fleurs.
Ces deux tableaux furent exposés au salon de 1746. Ce mémoire fut réglé à 3,ooo livres le 21 juin 1749; le paiement est en date du 14 mars 1750 (Exercice 1747):
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 800 livres pour faire, avec 2,200 à lui ordonnez les 1 7 juillet et 22 décembre de l'année dernière sur l'exercice 1747, le parfait payement de 3,ooo livres à quoi monte le prix de quatre tableaux, qu'il a faits tant pour la chambre de bains de la Reyne que pour l'appartement de M. le Dauphin pendant les années 1746 et 1747.
Les deux tableaux de la chambre des bains de la Reine furent placés au château de Saint-Cloud, le t6 janvier 1854 : H. o m. 94. — L. i m. 27 : ils furent probablement détruits dans l'incendie de ce palais.
Celui de Têlémaque dans Vile de Calypso est actuellement au petit Trianon (n° 184) : H. 1 m. ai. — L. 1 m. 53. — Signé : C. Natoire/. 1745.
Au château de Fontainebleau.
En 1737, à l'occasion des grands travaux de Fontainebleau, Natoire reçut une commande de six tableaux, mentionnés par l'Inventaire des tableaux nouvellement faits pour le service du Roy pendant l'année '7-?7 (>)• Deux étaient destinés à la salle à manger du Roi :
Un tableau représentant des chasseurs qui se reposent, un d'eux se met en joue pour tirer; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 3 pieds; à oreilles par en bas.
— des chasseurs qui vont entrer dans une ferme, ils sont arrêtez à la porte par deux jeunes bergères dont l'une vient puiser de l'eau ; mêmes forme et mesure que le précédent.
Deux autres prirent place dans « la petite salle à manger, contigufi à la grande • :
— Une fontaine où plusieurs personnes viennent se reposer, un chasseur fait boire son cheval, accompagné d'un berger,
(1) A. N. O" ig65.
CHARLES NATOIRE 3l3
qui fait boire ses troupeaux ; ayant de hauteur 3 pieds 7 pouces sur 2 pieds 9 pouces de large.
— une Pesche, une compagnie dans un batteau vient voir tirer les filets; mômes forme et mesure que le précédent.
Les deux derniers décorèrent le cabinet du Roy :
— Un Port de mer, plusieurs figures ; un obélisque s'élève dans le milieu du tableau dans le goust de ceux de Saint-Marc à Venise; cintré haut et bas; ayant de hauteur 3 pieds sur 2 pieds 2 pouces de large.
— une troupe de jeunes bergères, qui se disposent à jouer à Colin-Maillard, sur un fond de paysage ; le sujet est tiré du Pastor fido ; même forme et mesure que le précédent.
Le paiement est en date du 4 décembre 1737 :
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 3, 600 livres pour son payement de six tableaux, représentant la Pesche et différentes chasses, qu'il a faits pour les petits appartenons du château de Fontainebleau.
— En 1748, Natoire fit un septième tableau pour la salle à manger du château de Fontainebleau; voici son mémoire (1) :
Mémoire d'un tableau peint par Charles Natoire, par ordre de M. de Tournehem, directeur et ordonnateur général des Bâtimens de Sa Majesté, pendant l'année 1748.
Un tableau pour l'appartement du Roy, aïant 4 pieds de haut sur 3 pieds de large.
Il représente un groupe de jeunes personnes au pied d'un escalier dans un jardin : la principale figure joue de la musette, et à côté un joueur de tambourin, qui se repose, est attentif à l'écouter ; dans le fond d'une allée, on apperçoit un bassin d'où partent plusieurs jets ; le devant du tableau est orné de jeunes enfans jouant avec un chien et quelques moutons.
Ce tableau fut réglé à 600 livres, et l'artiste payé le 14 mars 17.S0 (exercice 1748) :
(1) A. N. O' ig3a.
Au sieur Notoire, peintre, la somme de 600 livres pour son payement d'un tableau, qu'il a fait pour l'appartement du Roy au château de Fontainebleau, pendant Tannée 1748.
Au ohAteau de Marly.
En 1743, Natoirc exécutait quatre tableaux pour le château de Marly; ils furent exposés au salon de cette môme année, et le livret les mentionne ainsi :
Un tableau, en largeur de 5 pieds sur 3, représentant un Repos de Diane ;
Autre de même grandeur, représentant Bacchus et Ariane;
Autre représentant Apollon et les Muses sur le Parnasse ;
Autre représentant Vénus qui se promène sur la mer et Neptune qui vient la recevoir.
Ces quatre tableaux faits pour le Roy doivent être placez à Marly (1).
Le paiement est en date du 20 novembre 1743 :
Au sieur Notoire, peintre, la somme de 2,000 livres pour son payement de quatre tableaux, représentans divers sujets, qu'il a faits pour les appartemens du château de Marly, dans la présente année.
Actuellement, le Repos de Diane et Bacchus et Ariane sont au petit Trianon ; le premier (n» 186} : H. 1 m. a 3 — L. 1 m. 58. Signé : C. Natoire /. 1743; le second (n° 193): H. o m. ç5 — L. 1 m. 60.
A la Bibliothèque du Roi.
Lors des travaux motives en 1741 par le transfert du cabinet des médailles à la Bibliothèque du Roi à Paris (2), Natoirc reçut une commande de trois tableaux, que le livret du salon de 1745, où ils figurèrent, mentionne ainsi :
(1) D'Argenvillc, dans sa Description des environs de Paris (1762), les signale à Marly, dans l'appartement de M"" Adélaïde.
(2) Cf. page i5 supra.
CHARLES NATOIRE
Trois tableaux en hauteur .de 8 pieds pour la bibliothèque du Roy:
Le premier représente Thalie, muse de la Comédie ; Le second représente Terpsicore, qui caractérise la Danse ; Le troisième représente Calliope, cette muse préside à l'Histoire.
Le paiement est en date du 17 décembre 1746 :
Au sieur Notoire, peintre, la somme de 3,5oo livres pour faire, avec 1,000 livres à luy ordonnez acompte sur l'exercice 1744, le 24 mars 1745, le parfait payement de 4,500 livres à quoi monte le prix de trois tableaux, représentant les muses Caliope qui préside à l'histoire, Terpsicore qui caractérise la danse, et Thalie qui préside à la comédie, qu'il a faits pour le service du Roy à la Bibliothèque de S. M. pendant l'année 1745.
Ces trois tableaux se trouvent actuellement dans la salle des manuscrits de la Bibliothèque Nationale.
Au concours de 1747.
Natoirc fut l'un des officiers de l'Académie qui prirent part au concours de 1747; son tableau rut exposé au salon de cette année dans la galerie d'Apollon ci il fut ensuite acquis par le Roi. Voici à ce sujet l'indication prise dans un État général des commandes (1) :
Au sieur Natoire. Tableau pour le concours de 1747. Triomphe de Bacchus au retour des Indes 1 ,5oo livres
Le 29 septembre 1747, il percevait la gratification promise:
Au sieur Natoire, peintre, i,5oo livres à luy ordonnez par le Roy pour récompense d'un tableau représentant le Triomphe de Bacchus, qu'il a fait en la présente année pour le concours ordonné par Sa Majesté.
Actuellement au musée du Louvre (n° 656) : H. 1 m. 62 — L. 1 m. g5.
Aux Gobelina.
Au nom de Natoire on relève, dans un État des ouvrages dus à MM. les peintres de l'Académie (i), l'indication et la note suivante :
• Une suite de sept tableaux dont les sujets sont tirés de l'histoire de Marc-Antoine et de Ctéopdtre. Estimation 24,500 livres.
« N. B. Le prix de pareils tableaux sous M. Orry était de 16,000 livres pour les sept, mais, sur les représentations des artistes qui n'y trouvaient à peine que leurs déboursés, M. de Vandières par un nouvel arrangement a mis chaque tableau à 3,5oo, ce qui fait 24,500 livres. »
Cette suite était destinée aux Gobclins : l'artiste, toutefois, n'exécuta que trois tableaux.
1* premier fut le Triomphe de Marc-Antoine, qui fut exposé au Salon de 1741, avec cette mention au livret :
Un grand tableau pour le Roy, en largeur, de 22 pieds sur 1 1, représentant Marc-Antoine qui fait son entrée dans Ephèse, précédé d'une troupe de femmes déguisées en Bacchantes et de jeunes hommes en Satyres et en Pans ; toutes les rues, pleines de couronnes de lierre et de thyrses, retentissoient du bruit des flûtes, chalumeaux et autres instrumens; les peuples l'appellent Bacchus doux et bénin et le père de la joye (Plutarque).
Il fut payé, d'après l'ancien tarif, le 3t janvier 1742 :
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 1 ,000 livres pour faire, avec 1,000 à lui ordonnez acompte le 18 octobre dernier, le parfait paiement de 2,000 livres à quoy monte un tableau qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière (2).
Natoire mit une interruption de quatorze années entre les deux premiers morceaux de cette tenture, et il fit à Rome la suite de la série en 1755
(1) A. N. O' Kj32. La note date du début de la direction de Marigny, sous l'administration duquel fut décidé le relèvement de prix en question. (2; On relève sur un mémoire d'Oudry (A N. O' 1932) l'indication suivante : « Du 6 février 17:10. Livré à la manufacture des Gobelins une ancienne bordure, sur laquelle j'ai fait faire des rosettes pour la rendre plus riche, et être en état de servir à l'exécution de la tapisserie qui se fabrique d'après les tableaux de M. Natoire, ce qui a épargné au Roy 5 à 600 livres; donné au sieur Thiéry, peintre d'ornemens la somme de — 3o livres ».
CHARLES NATOIRE
et 1757; ces deux tableaux, bien qu'estimés 3,5oo livres, furent payés 4,000 à l'artiste ; voici son mémoire (1) :
Mémoire de deux tableaux pour la Manufacture Royale des Gobelins, dont les sujets sont tirés de l'histoire de Marc-Antoine et de Cléopâtre, ordonnés par feu M. Orry, et livrés sous la direction de M. le marquis de Marigny, directeur et ordonnateur général des bâtimens de Sa Majesté, par le sieur Natoire ès année 1755 et 1757 (2).
Scavoir : Le premier, de 1 5 pieds de largeur sur 1 1 de hauteur, représentant VEntrevtie de Cléopâtre et de Marc Antoine.
Le second, de pareille grandeur, dont le sujet est le Repas de Cléopâtre donné à Marc- Antoine.
Lesdits ouvrages estimés chacun 4,000 livres. . . 8,000 »
Le premier de ces tableaux fut exposé au salon de 1 755 ; le second à celui de 1757 (3); le paiement est en date du 19 novembre 1760 (Exercice i757):
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 8,000 livres en contracts à 5 0/0 sur les Etats de Bretagne, pour son payement de deux tableaux qu'il a faits l'un représentant l'Entrevue de Cléopâtre et de Marc-Antoine, et l'autre le Repas de Cléopâtre donné â Marc-Antoine, pendant les années 1755 et 1757.
Actuellement ce tableau de Y Entrevue de Cléopâtre et de Marc-Antoine
(2) Ces deux tableaux furent exécutés plus tôt que ne l'indiquent ces documents. Le Repas de Cléopâtre était achevé en 1764; dans une lettre à Duchesne du 29 avril 1755, Natoire dit que ce tableau est en route depuis plus de six mois (Natoire était alors directeur de l'École de Rome). — L'Entrevue de Cléopâtre et de Marc-Antoine était assurément terminée à la tin de 1756, car dans une lettre au môme, en date du 22 février 1757, Natoire annonce l'envoi de ce tableau « qui attend depuis longtemps pour aller sûrement * {Archives de rart français, II, 25i-3o3).
(3) Voici la description qu'en donne le livret :
« Un tableau de 14 pieds 8 pouces sur n pieds de haut, représentant le Repas que Cléopâtre, reine d'Égypte, donna à Marc-Antoine où elle voulut surpasser la somptuosité de ceux de ce Romain en lui présentant dans une coupe une perle d'un prix inestimable qu'elle fit dissoudre •.
est au musée de Marseille, où il fut envoyé par l'État en 1873 : H. 3 m. 60. — L. 4 m. 83. Signé : C. Notoire/. 17 56 ;
le Repas de Cléopâtre au musée de Nîmes, où il fut envoyé par l'État en 1872 : H. 3 m. 54. — L. 4 m. 80 (1).
Portrait du Dauphin.
Mémoire d'un tableau représentant le portrait de Monseigneur le Dauphin, commencé sous la direction de M. Orry et terminé par ordre de M. de Tournehem, directeur et ordonnateur général des Bàtimens de Sa Majesté, par M. Natoire (2).
Ce tableau a 8 pieds de haut sur 6 de large.
Monsieur le Dauphin y est peint en pied avec une cuirasse, une écharpe et un surtout écarlatte, brodé d'or, et tient à sa main un bâton, semé de fleurs de lys, qui pose sur une table, chargée d'un globe, d'un plan de fortifications et autres attributs. On voit, sur le devant du tableau, deux Génies, assis sur un carreau de velours cramoisi, dont l'un tient le casque du prince et l'autre son bouclier. Le fond du tableau représente une gallerie ouverte, enrichie par des colonnes torses ; un rideau, suspendu par des cordons, vient tomber à coté d'un fauteuil richement orné.
Ce portrait avait été fort avancé d'après un pastel de M. de la Tour, mais M. de la Tour en ayant fait un second dans une attitude différente, il fut ordonné de faire usage de ce dernier, ce qui a occasionné une très grande perte de tems, et a rendu l'ouvrage beaucoup plus considérable.
Ce portrait fut réglé à 4,000 livres, dont Natoire fut payé le 2 3 septembre 1748 (exercice 1746):
(1) Natoire avait l'intention d'exécuter un quatrième tableau de cette suite comme le prouve la lettre suivante qu'il adressait, le 16 juillet 1757, au marquis de Marigny (A. N. O' 1923) :
« Je viens de faire une nouvelle pensée de la suite de Marc-Antoine, je prends dans cclle<y le traité de paix fait entre luy et Auguste par les prières d'Octavie, sa femme et sœur d'Auguste, qui n'etoit occupé qu'à tacher de maintenir l'union entre ces deux beau-frères; cela variera cette histoire en représentant ces deux personnages, qui sont bien dignes d'y avoir place. »
CHARLES NATOIRE
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 1,000 livres pour faire, avec 3,ooo à luy ordonnez sur l'exercice 1746, le 19 avril dernier, le parfait payement de 4,000 livres à quoy a été fixé le prix du portrait en pied de M. le Dauphin, qu'il a fait pour le service du Roy en 1746 (1).
Comme, en 1748, un règlement avait réduit le prix des portraits excédant les dimensions de 6 pieds sur 4, il se trouva que l'œuvre de Natoire, qui lui avait été commandée au temps où de semblables portraits se payaient 6,000 livres, ne lui fut comptée que 4,000. En décembre 1748, l'artiste réclamait une gratification supplémentaire de 2,000 livres (2) ; en janvier 1749, il fut fait droit à cette demande, et il toucha cette gratification le 3i janvier 1749 (exercice 1748) :
Au sieur Natoire, peintre, 2,000 livres que le Roy lui a accordés par gratification, en considération des frais de voyages qu'il a faits et des peines et soins qu'il s'est donnés pour faire le tableau portrait au pied de M. le Dauphin, et ce outre le payement qui lui a été fait dudit tableau l'année dernière.
Actuellement au musée de Versailles (n» 3791) : H. 2 m. 71. — L. i m, g5. — Signé C Natoire 1747-
Allégorie de la naissance de Madame, fille du Dauphin.
En 1749, la seconde femme du Dauphin, Marie-Josèphe de Saxe se trouva grosse ; tout le monde espérait la naissance d'un duc de Bourgogne, et, pour fêter la prochaine délivrance de sa bru, le Roi commanda à Natoire un tableau allégorique à ce sujet.
L'artiste se mit à l'oeuvre et prit ses dispositions en prévision de la nais* sance du futur héritier royal (car on ne doutait pas du sexe de l'enfant
(1) Cette date de 1746 iudique assurément l'époque où le portrait fut commandé, car dans une lettre à Antoine Duchesnc, extraite du cabinet de M. delà Sicoiière, en date du 12 avril 1747, Natoire déclare qu'il • attend toujours le pastel de Mgr le Dauphin ».
(2) A. N. O' 1932. État général des ouvrages de peinture dus à MM. les peintres de F Académie : « M. Natoire se flatte que Monsieur voudra bien lui accorder une gratification de 2,000 livres pour le portrait de Monsieur le Dauphin parce que ce portrait était du nombre des trois ordonnés avant le nouveau règlement. Monsieur m'a fait l'honneur de m'écrirc qu'il comptait en user avec MM. Natoire et Tocquc, comme il a eu la bonté de faire avec M. Vanloo ».
3aO TABLEAUX COMMANDÉS POUR LE ROI
attendu); l'esquisse fut rapidement brossée (i) et le tableau était assurément prêt quand le Salon ouvrit le 24 août 1750: mais la Dauphine n'étant point accouchée, il ne put être exposé.
Le surlendemain de l'ouverture du Salon, la Dauphine mettait au monde... une fille, Marie-Zéphirine de France! La déception de Natoire dut être grande ; mais il ne se découragea pas ; tous les nouveau-nés ne se ressemblent-ils pas ! Son tableau était fait, il en modifia seulement le titre, le Prince devint Princesse, la Valeur, qui probablement l'accompagnait, prit le nom d'Hyménée, et, quelques jours plus tard, il exposait son oeuvre, que le livret signale ainsi :
« Tableau allégorique de la naissance de la princesse que M** la Dauphine vient de mettre au monde. Sujet allégorique. Ce tableau a 6 pieds de hauteur sur 4 pieds 8 pouces de largeur.
• La Déesse Junon, accompagnée d'Iris sa messagère et du paon qui lui est consacré, vient de remettre la Princesse naissante entre les bras de l'Himénée, qui, comme un gage de sa fécondité, la présente à la France. Elle est assise sous un arc de triomphe, ayant à ses côtés un guerrier belliqueux pour marquer le génie belliqueux, inséparable de la nation ; l'attitude de la France exprime la joyc et l'empressement qu'elle a de recevoir ce précieux dépôt; la Renommée, qui est au-dessus d'elle, part pour annoncer cette nouvelle. Sur le devant du tableau, on voit la Marne unie à la Seine qui, par les fruits qu'elle présente, fait sentir la part qu'elle prend à cette heureuse naissance ; à côté d'elle est un jeune enfant tenant une branche
(1) Natoire la soumit même à son ami Antoine Duchesne, qui lui fit part de son impression dans la lettre suivante :
« Rien de mieux pensé que votre projet, Monsieur et cher ami. Il est digne d'un bon Français et d'un grand peintre comme vous. L'ordonnance de votre tableau est très noble et ue peut que vous faire honneur. La perspective des Thuilerics sur la droite désigne la maison royale, d'où part la Renommée, qui vient annoncer à la ville de Paris le bonheur du jour, la naissance d'un duc de Bourgogne, car c'en sera un. Nos vœux nous en assurent. La Renommée sonne du côté de l'Hôtel de Ville, ce qui me fournit une idée. Ne serait-il pas permis, par licence, de représenter sur la gauche de votre tableau, vers le fond dans l'éloigncmcnt, le milieu du corps de logis de l'Hôtel de Ville, qui est surmonté du campanile portant la cloche d'argent, que l'on ne sonne que dans ces sortes d'événemens : pour repoussoir sur le devant, vous pourriés faire voir un commencement de décoration, de feu d'artifice, et sur le bas un canon. Toutes ces choses annoncent dans le vrai ce qui se passe dans ces sortes de fetes, et n 'empêchent point la machine céleste dans les airs. Au contraire, cette machine céleste remplit agréablement l'intervalle qui se trouve entre les Thuillcries et l'Hôtel de Ville. Je vous envoyé la façade de l'Hôtel de Ville, pour en faire usage si vous le jugez à propos. »
CHARLES NATOÎRE
d'olivier, simbole de la paix. Parmi ces armes qui reposent, un Génie fait voir une couronne de laurier en signe des succès qui les ont accompagnées, deux autres Génies examinent avec plaisir un bouclier sur lequel ils font remarquer l'auguste alliance de la France avec la Pologne. Dans le fond du tableau, on aperçoit le château des Thuileries, qui caractérise la ville capitale du Royaume, où la scène se passe; une foule de peuple, répandu aux environs, semble faire retentir ces lieux de fanfares et de cris d'allégresse. »
Le a septembre, le tableau était exposé à Versailles (i) ; voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire d'un tableau allégorique, peint en 1750 par ordre du Roy, d'environ 6 piés de hauteur sur 4 piés 8 pouces de large, représentant la Naissance de la Princesse que Mm* la Dauphine a mis au monde, par Charles Natoire.
Estimé la somme de 2,000 livres.
Le paiement est en date du 28 août 1751 (Exercice 1750) :
Au sieur Natoire, peintre, la somme de 2,000 livres pour son payement d'un tableau allégorique, représentant la Naissance de Madame, fille de M. le Dauphin, qu'il a fait par ordre du Roy pendant l'année dernière.
Actuellement au grand Trianon : H. a m. 33. — L. 1 m. 5o. — Signé : Ch. Natoire f. xj5o.
(1) Luynes, Mémoires, X, 325 : « On a exposé aujourd'hui dans les appartenons un tableau de Natoire ; c'est l'Hymen avec son flambeau, qui présente un enfant à la France. Ce tableau, dont le coloris est un peu gris, avoit été fait pour la naissance d'un duc de Bourgogne ; on aperçoit môme encore quelque petit reste du cordon bleu qu'on lui avoit mis, mais on en a fait une fille. »
Jean Marc NATTIER (i)
Les Archives Nationales possèdent deux états généraux des portraits que Nattier exécuta pour le Roi de 1742 à 1762 : l'un (2) mentionne assez sommairement 38 tableaux sans indication de destination ni d'emplacement; l'autre (3), plus détaille, fournit des renseignements plus circonstanciés sur ces portraits, et des notes additionnelles précisent certains points obscurs. Nous avons donc pris ce dernier pour base de ce chapitre, après avoir soigneusement collationné son texte avec celui de l'état précédent (4}. L'examen de cet état récapitulatif sera d'un grand secours pour la plus complète intelligence des explications, qui seront présentées sur cette question obscure et compliquée de l'œuvre officielle de Nattier.
État général des portraits faits pour le service du Roy,
TANT SOUS LES ORDRES DE M. ORRY QUE SOUS CEUX DE M. LE MARQUIS DK MaRIGNY, DEPUIS 1 742 JI SQU'EN I762, PAR LE
sieur Nattier.
Ouvrages payés.
Madame Henriette de France, tableau placé sur la cheminée [de la chambre] de la Reine, à Versailles 1,800 livres.
Copie du même portrait pour la chambre du Roy à Choisy 1,200 »
( 1 ) Cf. de Nolhac, Nattier, peintre de Mesdames, filles de Louis X V (Galette des Beaux-Arts, juin et juillet 1895), — F. Engerand, Nattier, peintre des favorites de Louis XV (Revue de l'art ancien et moderne, novembre et décembre 1897). — Sur l'exercice 171 3, à la date du 20 août, on relève le paiement suivant : « au sieur Nathier le jeune, peintre, 5oo livres pour son paiement d'un dessin du portrait du Roi d'après Rigault, qu'il a copie pour servir de modèle pour graver pendant 1713. »
(2) A. N. O* 1933. Ce mémoire fut publié par M. Prost dans la Galette des Beaux-Arts.
(3) A. N. O' iq32.
(4) Les passages mis entre crochets indiquent les variantes entre les deux textes.
JEAN MARC NATTIER
Madame Adélaïde [en Diane], pour la chambre du Roy à Choisy i,5oo livres.
Portrait du Roy, pour Mme de Chateauroux. . . i ,5oo » Copie du même portrait, pour Mmede Lauraguais 3oo »
Quatre [petits tableaux] portraits pour [la chambre de] Mm« [la duchesse] de Chateauroux :
i 0 Mme de Chateauroux la mère ; 2° Mm* de Chateauroux ; 3° Mm* sa sœur; 40 Une autre sœur.
Lesdits portraits estimés chacun 400 livres 1,600 »
Trois portraits de M. le Dauphin :
i° Peint d'après nature, en armure, avec la bataille de Fontenoy pour fonds 2,5oo »
2<> Copie de la même grandeur pour Mœe Infante [envoyé en Pologne] 1,200 »»
3° Autre copie en buste pour M . de S1 Hérem [menin de M. le Dauphin] 3oo »
Ensemble 4,000 »
Trois portraits de Mesdames de France, peintes à Fontevrault [par ordre du Roy] :
Estimés chacun i,5oo livres 4,5oo »
Accordé pour frais de voyage 600 »
Ensemble 5, 100 »
Trois portraits de la Reine :
i° Peint d'après nature [jusqu'aux genouils] en habit de ville
et assise 2,5oo »
20 Copie du même pour M. le comte de Maurepas. 1,200 » 3°AutredemêmegrandeurpourM. Parisdu Verney 1,200 » Ensemble 4>90O »
Portrait de Madame la marquise de Pompadour sous la figure de Diane 2,5oo »
Quatre portraits de Mesdames de France sous l'emblème des Quatre Éléments [qui sont placés dans le grand cabinet de Mgr le Dauphin à Versailles] :
Estimés chacun 1,200 livres; ensemble 4,800 »
Portrait de M™ la Dauphine en habit de cour [fait à Fontainebleau] 2, 5oo livres.
Copie du môme, grandeur de buste, envoyé à la cour de Saxe [en Pologne] 1,200 »>
[Un autre petit] portrait de Mme la Dauphine, peinte sous l'habit de marmotte, donné à Mme la duchesse de Brancas i ,000 »
Portrait [figure entière] de Madame, fille du premier mariage de Mgr. le Dauphin : elle fait jouer un petit chien avec son hochet 2,400 »
Madame Infante Isabelle , en habit de cour et en pied 4,000 »
Madame Adélaïde, grandeur de buste, envoyé à Parme [fait à Compiègnc, donné par le Roy à Mm° Infante qui l'a emporté à Parme, au retour de son premier voyage en France]. 1 ,5oo »
Madame Henriette, en habit de cour, assise et jouant de la basse de viole [qui est placé dans la salle de compagnie de M°" Adélaïde à Versailles] 6,000 »
Deux portraits de Monseigneur le duc de Bourgogne, peint en pied :
Le premier peint d'après nature 2,000 »
L'autre, copie de même grandeur, envoyé en Saxe [Pologne] 900 »
Ensemble 2,900 »
Six portraits de la famille Royale, dont il n'y avoit alors qMc les têtes d'achevées, appréciées chacune la somme de 5oo livres, scavoir :
Une de M™ Adélaïde; — deux de M™ de Parme ; — une de Mm< Henriette ; — une de M™ Victoire ; — une de Mgr. le Dauphin-, cy 3,000 »
Madame Adélaïde en habit de cour% assise et tenant un livre de musique, tableau de la môme grandeur que celui de M** Henriette jouant de la basse de viole [à qui il doit faire pendant, il est au cabinet de la surintendance à Versailles] 5,000 »
Total 68, 700 li vrcs .
JEAN MARC NATTIER
Ouvrages dus.
Deux portraits, copiés sur les originaux qui sont à Choisy, envoyés à Mme Infante en Espagne, en 1746. Le premier Madame Henriette; le second Madame Adélaïde. Estimés chacun 1,200 livres 2,400 livres.
Madame Henriette, peinte en vestale [fait à Compiègne]. La tête de ce portrait ayant été payée 5oo livres, reste dû. i,3oo »
Copie de la grandeur de l'original du portrait de Madame Henriette jouant de la basse de viole [qui reste au cabinet des tableaux à Versailles]. Estimée i,5oo »
Autre [petite] copie de Madame Henriette, grandeur de buste [qui a été donnée àM.l'évêque de Meaux, premier aumônier de Madame]. Estimé 3oo »
Madame Adélaïde faisant des nœuds [il est dans l'appartement de Mm« Victoire].
Tableau, 1 ,200 liv.; bordure, 1 20 liv.; ensemble. 1 ,320 »
Tête de Madame la Dauphine, peinte à Fontainebleau en 1750 5oo »
Madame de Parme, peinte en habit de chasse et coêffée d'un chapeau. C'est un des tableaux dont la tétc a été payée 5oo livres en 1 760.
Tableau, 1 ,5oo liv.; voyages, 400 liv.; ensemble. 1,900 »
Autre portrait de Madame de Parme, peinte en habit de cour, et assise devant une table ornée d'un riche tapis de velours. C'est un des six tableaux dont la tôte a été payée 5oo livres en 1760. Estimé 4,5oo »
Total (1) 13,720 »
Plus gratification 3, 000 »
Total 16,720 livres.
(1) L'artiste ajoute cette phrase au mémoire arrête par les Bâtiments : « Je me soumet à l'arrêté de M. le Directeur Général, puisque c'est l'intérêt de l'État et je supplie M. le marquis de me traiter plus favorablement quanti la gratification. A Paris, ce 35 décembre 1762. Xattier. »
— D'autre part, il est utile de donner la liste des œuvres de Natticr qui, en 1760 et 1784, se trouvaient à l'hôtel de la Surintendance et qui sont mentionnées dans les inventaires de Jeaurat de Du Rameau (ij :
Portrait de la Reine (2).
Portrait de M. le Dauphin.
Deux petits portraits des enfants de feue Madame la duchesse de Parme.
Mme Adélaïde (3) tenant un livre de musique : H. 7 pieds 8 pouces. — L. 5 pieds 9 pouces.
JVfme Henriette jouant de la violé: mêmes mesures. Mme la Duchesse de Parme, épouse de l'Empereur : H. 5 pieds
2 pouces et demi. — L. 3 pieds 9 pouces. — Profil : 6 pouces. Mmt Infante de France, duchesse de Parme : H. 7 pieds
8 pouces. — L. 5 pieds 9 pouces. — P. 9 pouces. Afme Infante en amazone : H. 4 pieds 3 pouces. — L. 3 pieds
3 pouces. — P. 5 pouces.
Le duc de Bourgogne enfant : mômes mesures. Mmc Adélaïde faisant des nœuds : H . 3 pieds 2 pouces . — L. 2 pieds 6 pouces. — P. 6 pouces.
Mme Victoire tenant des fleurs: H. 3 pieds 3 pouces. — L.
4 pieds 7 pouces.
3/me Victoire : H. 2 pieds 6 pouces. — L. 2 pieds. Mmt Louise : mêmes mesures.
Mme Sophie : même mesures.
Une Pénitente dans le désert: H. 2 pieds 6 pouces. — L. 2 pieds 4 pouces.
Mœe Adélaïde : H. 4 pieds 3 pouces. — L. 3 pieds 3 pouces. Mmc Victoire : mêmes mesures.
Il n'y a absolument dans ces deux tableaux que les têtes, le reste n'est ny ébauché, ny esquissé.
(1) A. N. O' 1963 et Archives du Louvre.
(2) Dans l'inventaire, on relève cette note relative mise en 1788 : ■ II y a des parties gercées, faciles à réparer ».
(3) Voici la liste des enfants de Louis XV : i° Madame Elisabeth, qui épousa plus tard l'infant d'Espagne et fut alors appelée Madame Infante, 1717 + 1759; a8 Madame Henriette, 1727 + 1752 : ces deux princesses étaient jumelles, M"* Infante était l'aînée ; 3° Le Dauphin, 1739 + 1765 ; 4« Madame Adélaïde, 1732 + 1799; 5» Madame Victoire, 1733 + 1799; 6« Madame Sophie, 1734 + 1782; 7» Madame Louise, 1737 + 1787.
JEAN MARC NATT1ER
Madame Henriette en Flore. — Portrait de Louis XV. — Madame Adélaïde en Diane.
En 1740, Natticr exécutait les portraits de Mesdames de Châteauroux et de Flavacourt sous les allégories du Point du Jour et du Silence (1).
« Ces deux tableaux, rapporte M— Tocquc (2), qui sont pour ainsi dire les chefs d'oeuvre de M. Natticr, firent tant de bruit à la cour qu'ils excitèrent la curiosité de la Reine, qui, les ayant vus, fut si frappée de leur parfaite ressemblance qu'elle ordonna sur le champ à M. Nattier de commencer le portrait de M"* Henriette. Il peignit cette princesse faisant une couronne de fleurs, figure entière. Ce tableau est sur la cheminée du cabinet de la Reine. » Voici le mémoire de Nattier (3) :
Mémoire d'un tableau fait par Nattier pour l'appartement de la Reyne à Versailles pendant l'année 1742, suivant les ordres de Mgr Orry, ministre d'Etat, contrôleur général des finances, directeur et ordonnateur général des Bâtimensdu Roy.
Ledit tableau est de 5 pieds 2 pouces de long sur 4 pieds de hauteur représentant une jeune personne couchée sur l'herbe au bord d'un ruisseau, s'amusant à faire une couronne de fleurs, sur un fond de paysage riche, la teste faitte d'après Madame suivant les ordres de la Reyne, pour la somme de . 3, 000 livres.
Arresté à 1,800 »
Le paiement est en date du 2 3 janvier 1743 (Exercice 1742):
Au sieur Nattier, peintre, 800 livres pour faire, avec 1 ,000 à luy ordonnées le 9 may dernier, le parfait payement de 1,800 livres pour un tableau, qu'il a fait pour l'appartement de la Reyne au château de Versailles pendant l'année dernière.
(1) Une réplique de ces deux portraits est au château royal de Drottningholm, en Suède. Une petite toile, rappelant la composition du Point du Jour, est au musée de Marseille.
(3) Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie de peinture, t. H, p. 357.
Ce portrait se trouve actuellement au musée de Versailles (n» 38 1 8), identifié à tort par le catalogue avec le portrait de Louise Henriette de Bourbon, duchesse d'Orléans (i) : H. o m. 96. — L. 1 m. 5i. — Signé : Nattier pinxit. 1742.
— A quelque temps de là, en 1745, Nattier exécutait le portrait de Louis XV (2) pour Madame de Châtcauroux, celui de M-» Adélaïde et diverses copies de ces portraits ainsi que de celui de M»» Henriette. Voici son mémoire (3) :
Mémoire de sept tableaux faits pour le service du Roy dans les petits appartemens de S. M. au château de Versailles, suivant les ordres de Mgr Orry, ministre d'État, contrôleur général des finances, directeur et ordonnateur général des Bâtimens de S. M., et sous les ordres de M. Gabriel, inspecteur général des Bâtimens du Roy, premier architecte de S. M., par le sieur Nattier, peintre Roy, pendant Tannée 1745.
Le portrait du Roy en buste, peint en cuirasse et orné du manteau royal ; livré à Sa Majesté au mois d'aoust de la présente année i,5oo livres.
Livré, dans le môme temps, deux belles copies du même portrait du Roy 600 »
Livré, dans le mois de septembre 1745, une copie du portrait de Madame, dont l'original est dans le cabinet de la Reyne à Versailles : le tableau est chantourné, a 5 pieds de long sur 3 pieds 4 pouces de haut. Il représente une nymphe couchée dans une prairie, qui s'occupe à former une couronne avec des fleurs. Le fonds du tableau est un paysage 400 »
Avoir peint Madame Adélaïde sous la figure de Diane dans les bois, tenant un arc et des flèches : le fond du tableau est une forest, à travers de laquelle on découvre une belle cam-
(1) De Nolhac, Nattier, peintre de Mesdames. — De Nolhac et Pcraté, Le musée national de Versailles, p. 189.
(2) « Ce fui peu de temps après ces premiers ouvrages (portraits de M— Henriette et Adélaïde en Flore et en Diane), faits pour leurs Majestés — rapporte M— Tocqué — que le roi lui fit donner l'ordre, par MM. les ducs de Villeroy et d'Estissac, de venir commencer son portrait à Versailles. •
JEAN MARC NATTIER
pagne. Ce tableau est de môme grandeur que celuy de Madame et sont tous deux placés dans la Chambre du Roy à Choisy; du
1 2 septembre de la présente année i ,5oo livres.
Plus avoir fait, pendant le dernier voyage de Fontainebleau (i), deux copies des portraits de Mesdames pour Madame Infante : ces deux copies sont entièrement faites par le dit sieur Nattier, c'est la condition qu'en a faitte Madame la duchesse de Tallard. Elles sont à peu près grandes comme les originaux, c'est-à-dire 4 pieds de long sur 3 pieds de haut 600 »
Total 4,600 livres .
Le paiement est en date du 16 juin 1746 (Exercice 1745) :
Au sieur Nattier, peintre, 1,400 livres pour faire, avec 3,200 à luy ordonnées acompte sur l'exercice de l'année dernière les 5 janvier et 1 1 may de la présente, le parfait payement de 4,600 livres à quoi montent les tableaux portraits du Roy et de Mesdames de France, avec copies d'iceux qu'il a faits pour le service de Sa Majesté pendant l'année 1745.
Nous n'avons retrouvé aucune indication complémentaire sur les portraits de Louis XV ; remarquons seulement que le mémoire que Ton vient de lire mentionne deux copies de ce portrait, quand, dans les états généraux des portraits faits par Nattier, il n'est fait mention que d'une seule, exécutée pour la duchesse de Lauraguais.
La copie du portrait de M— Henriette en Flore, était destinée à la chambre du Roi à Choisy, pour faire pendant au portrait de M— Adélaïde en Diane. Cette copie se trouve actuellement au musée de Versailles (n» 4457), identifié à tort par le catalogue avec le portrait de M"" Sophie (a): H. t m. 04. — L. 1 m. 46 (3).
Quant au portrait de M»» Adélaïde, on pourrait peut-être le reconnaître dans le n* 38o5 de Versailles, identifié a faux par le catalogue avec le portrait de M— Victoire (4) : H. i m. 04. — L. 1 m. 46.
(1) Le roi et la reine partirent pour Fontainebleau le 2 octobre 174s, ils en quittèrent le 19 novembre (Luynes, Mémoires, VII, ia8). (a) De Nolhac, Nattier, peintre de Mesdames.
(3; Ces dimensions sont exactement celles du portrait de Mme Adélaïde en Diane, auquel ce tableau faisait pendant à Choisy. (4) De Nolhac, op. cit., — de Nolhac et Péralé, op. cit., p. 189. — M. de
— La question des copies des portraits de Mesdames Henriette et Adélaïde se complique ici et s'embrouille par le fait du mémoire suivant de Nattier, postérieur à celui transcrit ci-dessus, et visant une commande semblable (i) :
Mémoire de deux tableaux faits pour le service du Roy, sous les ordres de M . Orry, par le sieur Nattier, pendant l'année 1746.
Ces deux tableaux ont été envoyés à Madame Infante, lorsque cette princesse étoit encore en Espagne. Scavoir :
Copie du portrait de Madame Henriette de France (2), d'après l'original qui est dans la chambre du Roi à Choisy (3).
Autre copie du portrait de Madame Adélaïde de France, d'après l'original qui est à Choisy.
Lesdits ouvrages estimés ensemble 2,400 livres.
A première vue, on pourrait croire qu'on se trouve en présence d'une commande nouvelle, et qu'ainsi Nattier exécuta une autre copie de chacun de ces portraits ; mais, à bien y réfléchir, il nous semble qu'une telle interprétation serait erronée.
Remarquons, en ctfet, que cette nouvelle série aurait été destinée à la même personne, Madame Infante, ce qui serait déjà assez singulier; que la série de 1745 aurait été payée 600 livres, quand celle de 1746, qui était pareille, était estimée 2,400 livres : comment admettre qu'à quelques mois de distance, et avec un payeur aussi serré qu'Orry, les prix aient été si relevés?
Notons encore que, dans les états généraux des portraits par Nattier, il
Nolhac, à raison de l'absence de signature, n'a pas voulu affirmer que le n° 38o5 de Versailles fut le premier original de 1745; cette absence de signature ne pourrait-elle pas s'expliquer par le fait que ce portrait de M™» Adélaïde était destiné à faire pendant à une copie du portrait de M»' Henriette, qui peut-être n'était pas signée ?
(2) Le scribe avait ajouté : « jouant de la basse violle », mais cette indication erronée fut effacée. Cela prouve, au surplus, que ce mémoire de Nattier ne fut pas réellement libellé en 1746, puisque le portrait de M"' Henriette jouant de la basse de viole date de 1734.
(3) Il y a là encore une erreur : l'original du portrait de M" Henriette se trouvait dans le cabinet de la Reine à Versailles (cf. page 328 supra).
JEAN MARC NATTIER
n'est fait mention que d'une seule double copie de ces deux portraits, et que ces copies, évaluées à 2,400 livres, sont, à la date de 176a, portées aux ouvrages dûs; que, dans ce môme état, la copie du portrait de M™* Henriette en Flore, évaluée 400 livres au mémoire de 1745, est inscrite parmi les ouvrages payés, avec le chiffre de 1 ,200 livres ; enfin qu'il n'est plus question de deux copies du portrait du Roi, au prix de 600 livres, mais d'une seule, évaluée à 3oo.
A l'aide de ces indications, on peut deviner ce qui dut se passer en
Quand, en 1745, Nattier exécuta ces portraits, il était encore peu connu, et d'autre part Ma* Tocqué nous apprend qu'il avait assez peu de sens pratique et était fort désintéressé. Orry, nous l'avons dit, payait très peu les artistes; il dut abuser de la situation : en 1742, il réduisait de 3,ooo à 1,800 livres le portrait de M»« Henriette en Flore, et les prix, inscrits au mémoire de 1745, sont parfaitement dérisoires pour des œuvres de cette importance.
Il est probable que le Roi fut informé du prix où ces œuvres avaient été estimées et qu'il voulut que le chiffre en fut relevé. Mais le paiement avait été ordonnancé et perçu ; pour tourner cette difficulté de comptabilité, on dut distraire du prix de 4,600 livres, où s'élevait le mémoire de 1745, les deux copies pour Madame Infante, et les réordonnancer à nouveau au chiffre de 2,400 livres, ce qui expliquerait le second mémoire de Nattier daté de 1746, mais certainement postérieur de plusieurs années (i).
Et la somme de 4,600 livres dut être répartie pour les portraits qui restaient : la copie de celui de Mme Henriette de 400 livres fut portée à 1,200; en ne comptant qu'une copie du portrait du Roi à 3oo livres (2), on arrive ainsi à 4,500 livres, et les 100 livres de différence purent être allouées à l'artiste à titre de gratification.
Quant aux deux copies pour Madame Infante, comprises dans le total des 16,720 livres dues à Nattier en 1762, elles furent payées à ses héritiers le 8 juillet 1768 (Exercice 1762) (3).
Ainsi donc les mémoires de 1745 et de 1746 doivent être confondus, puisqu'ils ne visent qu'une seule commande.
D'après les indications données par M. de Nolhac (4), ces deux copies des portraits de Mesdames Henriette et Adélaïde doivent se trouver au château de Ferrières, dans la collection de M. de Rothschild.
(1) On a vu que ces deux copies, exécutées pendant le séjour de la Cour à Fontainebleau, furent faites tout à la fin de 1745, quand le libelle du second mémoire est postérieur à 1754 (cf. page 33o supra, note 3.)
(2) Cf. page 329 supra.
(3) Cf. page 353 in/ra.
(4) Nattier, peintre de Mesdames.
Portraits de la marquise de Nesles et de ses filles.
L'état général de* tableaux de Nattier mentionne qu'en 1743, il exécutait, au prix de 1,600 livres, pour la chambre accordée à la nouvelle favorite, Mme de Chateauroux. au château de Versailles, quatre petits portraits de la duchesse elle-même, de deux de ses sœurs et de sa mère Armande Félice de Mazarin, marquise de Nesles. Le paiement est en date du 12 février 1744 (Exercice 1743) :
Au sieur Nattier, peintre, 1,600 livres pour son payement de quatre tableaux, qu'il a faits pour le château de Versailles pendant les six derniers mois de 1742.
Remarquons que la date Axée par cette ordonnance pour l'exécution de ces tableaux est, au moins, contestable : il est, en effet, acquis que la duchesse de Chateauroux, alors M»» de la Tournelle, n'eut son appartement à Versailles que le 22 décembre 1742 : la nouvelle n'en fut connue que le lendemain (1), et ce fut ensuite que des dispositions purent être prises pour l'aménagement de ces pièces (2}. Les tableaux de Nattier furent donc commandés dans les derniers jours de 1742, et l'exécution comme la livraison datent assurément de 1743.: c'est, au reste, à l'exercice de cette dernière année que le paiement est ordonnancé.
On peut maintenant reconnaître un des portraits de cette série dans le tableau, mentionné par Jeaurat : • Un portrait sous la figure d'une pénitente » et par Du Rameau : a Une Pénitente dans le désert : H. 2 pieds 6 pouces. — L. 2 pieds 4 pouces » : c'est à cette seule commande, en effet, que ce tableau peut se rapporter, tous les autres ouvrages, faits par Nattier pour le Roi, ayant été parfaitement reconnus.
Ce portrait se trouve actuellement au Louvre (n* 657) sous ce titre « La Madeleine » : H. o m. 71. — L. o m. 76. — Signé : Nattier pinxit.
Avec qui maintenant ce portrait peut-il être identifié ? on connaît, par des témoignages divers (3), les figures de Madame de Chateauroux et de ses sœurs Mesdames de Vintimillc, de Lauraguais et de Flavacourt ; aucune d'elles ne s'accorde avec les traits de la personne ici représentée. Le cercle des investigations étant limité à la famille de Nesles, l'identification de < la Madeleine » du Louvre ne peut donc être cherchée qu'avec la marquise de Nesles, mère de Madame de Chàteauroux, ou sa sœur M-« de Mailly, qu'elle venait de supplanter dans le cœur de Louis XV : quand un portrait bien authentique d'une de ces dames aura été connu, on pourra avec certitude identifier le tableau du Louvre.
(1) Luynes, Mémoires, IV, 3o5. — De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. 196.
(2) Cf. page 365 supra.
(3) Cf. F. Engcrand, Nattier, peintre des favorites de Louis XV.
JEAN MARC NATTIER
Portrait de Mmc de Pompadour.
Aux mois d'octobre et de novembre 1746, la Cour fit séjour à Fontainebleau (1), Nattier y fut alors mandé pour exécuter le portrait de M— de Pompadour ; voici son mémoire (a) :
Mémoire d'un portrait de Mmt la marquise de Pompadour, peint, par ordre de M. de Tournehem, par le sieur Nattier a Fontainebleau, pendant l'année 1746.
Ce portrait est peint jusqu'aux genoux sur une toile de 4 pieds 4 pouces de haut sur 3 pieds 4 pouces de large. Il représente Diane avec ses attributs ; le fond est un paysage.
Ledit ouvrage estimé la somme de 2,5oo livres.
Le paiement est en date du 28 août 17S2 (Exercice 1748) :
Au sieur Nattier, peintre, 2,5oo livres pour son payement d'un tableau, représentant Madame la marquise de Pompadour sous la figure de Diane, pendant l'année 1746.
Portrait du Dauphin.
Mémoire des portraits ordonnés par M. le Dauphin au sieur Nattier, peintre ordinaire du Roy (3).
i° Son portrait original, peint en cuirasse jusques aux genouîls, la bataille de Fontenoy fesant le fond du tableau. . 2, 5oo livres .
2° Une belle copie, de mesme grandeur, retouchée d'après le naturel, envoyée depuis peu en Espagne pour Madame Infante 1,200 »
3° Plus une copie, en buste ordonnée pour Monsieur de St-Hérant (4) l'un de ses Menains 3oo »
Voici, au surplus, d'après une copie qui en fut faite, en 1751, par un
(1) Luynes, Mémoires, VII, 43 1.
(4) Lire : Saint-Hérein.
copiste du Cabinet du Roi, nommé Prévost, la description détaillée de ce portrait (i) :
Un portrait de M. le Dauphin, jusqu'aux genoux, d'après le sieur Nattier, en armure, ayant la main droite appuyée sur un baston garni de dauphins, tenant de l'autre son épée, un casque renversé sur un bout de terrasse ; dans le fond une bataille. Ce tableau a de hauteur 4 pieds 3 pouces sur 3 pieds 3 pouces de large.
Le parfait paiement de cette commande est en date du 16 juin 1749 (Exercice 1748) :
An sieur Nattier, peintre du Roy, 2,000 livres pour faire, avec pareille somme à lui ordonnée acompte sur l'exercice 1747 le 17 juillet dernier, le parfait payement de 4,000 livres à quoi montent un tableau et deux copies d'icelui, représentant M. le Dauphin en cuirasse à la bataille de Fontenoy, qu'il a faits pour le service de S. M. l'année dernière.
Il est à peu près impossible d'espérer retrouver le portrait original, qui était destiné au Dauphin, et, dès 1761, on en avait perdu toute trace, comme l'indique le passage suivant d'un rapport de Jeaurat, en date du 5 juin (2) : « Quand au portrait de M. Dauphin, il (Nattier) en a fait deux : le premier a été représenté en cuirasse et a été perdu dans le temps, de façon qu'on a jamais pu le retrouver malgré toutes les recherches qu'on a fait, le second, qui n'a été que commencé, a eu le môme sort, tous les deux ont disparu ».
Nous nous occuperons plus loin de ce second portrait, qui ne fut qu'ébauché (3).
Portraits de Mesdames Victoire, Sophie et Louise en habits de cour.
Au mois de septembre 1747, Nattier reçut l'ordre de partir pour Fontevrault où étaient élevées Mesdames Victoire, Sophie et Louise, et de faire le portrait de ces trois princesses : c'était une surprise que le roi voulait
(3) Cf. pp. 345-347 infra.
JKAN MARC NATT1ER
faire à la reine (i). Ces portraits furent terminés et livrés au mois de mars 1748; voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire de trois portraits de Mesdames de France, faits à Fontevraux pour le service du Roi, par ordre verbal de M. Lenormand de Tournehem, par le sieur Nattier peintre.
Commencés au mois de septembre 1747, finis et livrés en mars 1748.
Pour avoir fait, sur toile de 2 pieds et demi de haut sur 2 pieds de large, les trois portraits de Mesdames de France, qui étoient à Fontevraux, habillées en habits de cour, avec des mains, dans différentes attitudes; lesquels ont été livrés en mars 1748, la somme de 4,5oo livres.
Pour frais de voyage aller et venir à Fontevraux en chaise de poste et séjour, celle de 600 »
Deux de ces portraits, ceux de Mesdames Sophie et Louise, furent exposés au salon de 1748, avec cette mention au livret : * Le portrait des deux Dames de France qui sont à Fontevrault (3) : Madame Louise tenant des /leurs. Madame Sophie tenant son voile. »
Le parfait paiement est en date du 27 juin 1750 (Exercice 1748) :
Au sieur Nattier, peintre, r,20o livres pour faire, avec 3,900 à lui ordonnez acompte sur l'exercice 1748 les 23 mai et 17 juillet de Tannée dernière et 6 mars de la présente, le parfait paiement de 5,ioo livres à quoi montent le prix de trois tableaux portraits de Mesdames de France à Fontevrault, qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année 1748, en ce compris ses frais de voyage audit lieu.
Ces trois portraits sont actuellement au musée de Versailles (4) : celui de Madame Victoire (n* 3819), identifié par le catalogue avec celui de
(1) Abrégé de la vie de Nattier, par M- Tocquc (Mémoires inédits, etc., t. II, p. 338).
(3) Madame Victoire était rentrée à Versailles au mois de janvier 1748 (cf. Luynes, Mémoires, VIII, 434).
(4) Cf. de Nolhac, Nattier, peintre de Mesdames. — De Nolhac et Pératé, op. cit., p. 190.
Louise Henriette de Bourbon, duchesse d'Orléans : H.om. 81. — Lom. 61. — Signe : Nattier pinxit 1748 ;
celui de Madame Sophie (n* 4458) : H. o m. 79. — L. o m. 60. — Signé : Nattier pinxit 1 748 ;
celui de Madame Louise (n* 4428), inscrit comme portrait d'une • princesse inconnue » : H. o m. 98. — L. o m. 85 ; de forme ovale. — Signé : Nattier pinxit j 748.
Portraits de Marie-Lecrinska.
La satisfaction que donnèrent à la reine ces portraits de ses filles, la décida à faire exécuter le sien par le mime artiste (1) ; il fut prêt pour le salon de 1748. Voici le mémoire de Nattier (2) :
Mémoire de portraits ordonnés par la Reine au sieur Nattier, peintre ordinaire du Roy.
Le portrait de la Reine fait à Versailles au mois d'avril 1748.
Ce tableau est sur toile de 4 pieds et demi de haut, sur 3 pieds et demi de large. Il estirès orné et très fini. Pour ce. 3,ooo livres.
Plus deux copies de même grandeur expressément recommandées par la Reine audit sieur Nattier pour être faites par luimême, dont une a été donnée à M. le comte de Maurcpas et l'autre à M. Paris du Verney. Pour lesquelles copies la somme de 2,400 »
Ce mémoire fut réduit de 5oo livres, et le paiement en fut fait à l'artiste le 28 mars 1752 (Exercice 1748) :
Au sieur Nattier, peintre, i,3oo livres pour faire, avec 3, 600 à luy ordonnés sur l'exercice 1748 les 3o janvier, 23 may et 20 juillet de Tannée dernière, le parfait payement de 4,900 livres, prix d'un portrait de la Reine (3) et deux copies d'icelui, qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année 1748.
L'un de ces portraits est actuellement au musée de Versailles (n* 2096) : H. a m. 71. — L. 1 m. 94.
(1) M" Tocqué, op. cit.
(3) « Le succès de ce portrait de la Reine — rapporte M"* Tocqué — passa les espérances de l'artiste , car il eut l'avantage d'être généralement applaudi
JEAN MARC NATT1F.R
Madame Adélaïde tenant an éventa il.
La Cour fit séjour à Compiègne pendant le mois de juillet 1749 (1) ; Natticr y fut alors mandé pour exécuter un portrait de M"* Adélaïde, destiné à sa sœur Madame Infante. Voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire d'un portrait de Madame Adélaïde, peint par ordre de M. de Tournehim, par le sieur Nattier au mois de juillet 174g.
Ledit portrait a été fait à Compiègne. Il est sur toile et de môme grandeur que ceux de Mesdames à Fontevraux, en habit de cour avec une main tenant un éventail. Il a été donné à Madame Infante, à son départ de Choisy, qui l'a fait emballer sur le champ et fait partir avec son équipage. Ledit ouvrage estimé à la somme de 1 ,5oo livres
Ce portrait était donc de grandeur de buste, de 2 pieds et demi de haut sur 2 pieds de large ; il fut payé à l'artiste le 28 mars 1752 (Exercice 1749) :
Au sieur Nattier, peintre, i,5oo livres pour son payement du portrait de Madame Adélaïde, qu'il a fait pour le service du Roy en 1 749.
Une copie de ce portrait existe au musée de Versailles (n» 2181), identifiée à tort par le catalogue avec celui de Madame Victoire (3).
Mesdames sous la figure des Quatre Éléments.
Au mois de janvier 1750, le Dauphin demandait que Nattier fût désigné
et de réunir toutes les voix en sa faveur, tant par son heureuse ressemblance, que par la noble simplicité de sa composition; simplicité de laquelle il n'a pas dû sortir dans l'exécution de ce tableau, ayant reçu l'ordre exprès de la Reine de ne la peindre qu'en habits de ville. »
(1) Luynes, Mémoires, IX.
(3) De Nolhac, Nattier, peintre de Mesdames.
pour exécuter les dessus de portes de son grand cabinet à Versailles, qui venait d'être boisé à neuf; il fut fait droit à son désir (i), et ce prince ordonna à l'artiste de représenter à cet effet Mesdames Henriette, Victoire, Adélaïde, et de Madame Infante sous la figure des Quatre Éléments.
Ces tableaux furent exposés au salon de 1761 ; voici le mémoire de Natticr (2) :
Mémoire de quatre tableaux représentant quatre de Mesdames de France sous la figure des Quatre Éléments, peins par ordre de M. deTournehem, par le sieur Nattier en l'année 1751.
Ces portraits sont de grandeur naturelle avec les attributs convenables aux Quatre Elémens. Ils sont placés dans le grand cabinet de M. le Dauphin, à Versailles, et ont chacun 3 pieds 3 pouces de haut sur 4 pieds 3 pouces de large.
Lesdits quatre tableaux estimés à la somme de 4,800 livres.
Le parfait paiement de ces tableaux, ainsi que d'un portrait de la Dauphine, dont il sera parlé ci-après, est en date du 12 septembre 1755 (Exercice 17b 1) :
Au sieur Nattier, peintre, 2,5oo livres pour faire, avec 4,800 à luy ordonnez acompte sur l'exercice 1 75 1 les 25 may et 3o juillet 1753 et 12 novembre 1754, le parfait payement de 7,3oo livres à quoi monte le prix de cinq tableaux, représentant l'un Madame la Dauphine et les autres quatre de Mesdames de France sous la figure des Quatre Éléments, qu'il a faits pour le service du Roy pendant l'année 1 75 1 (3).
(1) A. N. O' 1810. « Ordre. — M. le Dauphin a demandé pour dessus de porte de son cabinet les portraits de Mesdames d'après M. Nattier. M. Lecuyer enverra audit Nattier les châssis afin qu'il puisse faire les copies dans la forme que M. le Dauphin a demandées. A Versailles, le 1 1 janvier 1750. Lenormant. »
(3) Ces portraits, n'ayant pas été retrouvés et ayant une grande importance, nous croyons utile d'en donner la description, d'après des copies ou des gravures qui en furent faites.
M»» Henriette personnifiait le Feu ; voici comme elle était représentée d'après le mémoire d'une copie qu'en fit Prévost (A. N. O' ty3i) : • .*/«•• Henriette en Vestale, vêtue de satin blanc, la tète appuyée sur sa
JEAN MARC NATTIER
Portraits de Marie Josèphe de Saxe, de l'Infante Isabelle,
et de la petite Madame.
Le 17 octobre 17S0, la duchesse de Luynes écrivait de Fontainebleau à son mari : € Nous avons vu aujourd'hui un tableau de Nattier pour l'infant don Philippe, qui représente M"* Infante assise avec l'infante Isabelle debout à côté d'elle qui lui présente une branche de lis. La mère est très ressemblante en agréable et en mignon, et la fille très flattée. M. le Dauphin fait rester Nattier ici pour peindre Mm» la Dauphine » (1). Nattier mit quelque temps à exécuter ce portrait et la livraison n'en fut faite qu'eu août 1 75 1 ; voici le mémoire de l'artiste (2) :
Mémoire d'un portrait de Madame la Dauphine pour Monsieur le Dauphin, peint à Fontainebleau en 1750, sous les ordres de M. de Tournehem, par le sieur Nattier, et livré au mois d'aoust 175 1 .
main gauche, paraissant méditer sur l'histoire des Vestales qu'elle tient de la main droite ; le fond du tableau est l'intérieur d'un temple. ■ Pour compléter cette description il faut ajouter que les cheveux de la princesse relevés sur le front sont ornés d'un bouquet de fleurs d'où pend un large ruban ; le corsage est largement décolleté ; le coude droit appuie sur une console, au milieu de laquelle brûlent quelques morceaux de bois.
M™ Victoire personnifiait l'Eau : la téte découverte et la chevelure relevée, décolletée, elle est vêtue d'une robe à larges plis, tient ses bras microisés et le droit posé sur une urne renversée, proche d'un tronc d'arbre et de roseaux; le fond représente un paysage traversé par une rivière.
M™0 Infante personnifiait la Terre : cette princesse, très largement décolletée, sa chevelure relevée sur le front et ornée de quelques fleurs, est assise, le bras gauche appuyé sur un globe et la main retenant un des plis de son vêtement ; le bras droit est étendu dans toute sa longueur et la main tient des fleurs et des fruits ; le fond de la composition représente une campagne, avec une exploitation agricole et un paysan aiguillonnant un bœuf.
M»« Adélaïde personnifiait TAir : elle est vue de dos, la téte tournée de trois-quarts, les cheveux relevés, dont une natte retombe sur l'épaule; vêtue de draperies qui s'envolent, assise sur un nuage, elle tient dans ses mains un large ruban dont un bout est attaché au col d'un paon : le ciel, qui fait le fond du tableau, est sillonné à droite par un arc en ciel.
(1) Luynes, Mémoires, X, 357. Ce portrait de M— Infante fut commandé par l'Infant, en dehors des Bâtiments, et payé directement par lui à l'artiste.
Madame la Dauphine est représentée dans ce tableau en habit de cour.
Il a 4 pieds 1/2 de haut sur 3 pieds et demi de large. Ledit tableau estimé à la somme de 2,5oo livres.
Ce portrait Fat exposé au salon de 175 1 ; il fut payé à l'artiste le 12 septembre 1755, en même temps que ceux de Mesdames sous la figure des Quatre Éléments (i).
Il figure actuellement au musée de Versailles (n* 2179), identifié à tort par le catalogue avec le portrait de M— Henriette (2): H. 1 m. o5.— L. 1 m. 20. — Signé : Nattier pinxit 1751.
— En 1751, en même temps que le portrait de l'infante Isabelle, fille de M— Infante, et de feue Marie Thérèse de France, la petite Madame, fille du premier mariage du Dauphin, Nattier exécutait un second portrait de Marie Josèphe de Saxe et une copie de celui de 1750, destinée à la reine de Pologne; voici le mémoire de ces divers tableaux (3) :
Mémoire de quatrè portraits de la famille Royale faits par ordre de Monsieur de Tournehem, par le sieur Nattier pendant Tannée 1751.
Savoir :
Le portrait de Madame Infante Isabelle, peint en pied et en habit de cour. Estimé 4,000 livres.
Le portrait de Madame jouant avec son petit chien (4) (placé dans le cabinet de madame la Dauphine) 2,400 »
Le portrait de Madame la Dauphine, peint en habit de Marmotte (5) buste donné à Mme la duchesse de Brancas. 1 ,000 »
(1) Cf. page 338 supra.
(2) Cf. de Nolhac, Nattier peintre de Mesdames.
(4) Dans l'état général des portraits de Nattier on trouve ce détail complémentaire : « elle fait jouer son petit chien avec son hochet ». — Elle est, d'après la mention du livret du salon de 1753, où ces deux portraits figurèrent, représentée à l'âge d'un an; comme elle mourut à Versailles en 1748, à l'âge de 22 mois, le portrait qu'en fil Nattier était donc posthume.
(5) Voici la définition de la « marmotte » : « coiffure de femme qui consiste dans un morceau d'étoffe placé sur la tète, la pointe en arrière et les bouts noués sous le menton ». C'est la coiffure que porte Marie Leczinska dans son portrait par Nattier.
— Un portrait de Marie Josèphe de Saxe, attribué à Nattier, et provenu
JEAN MARC NATTIER
Plus une copie du portrait de Mœe la Dauphine, faite entièrement par l'auteur et envoyée à la Reine de Pologne. 1,200 livres.
Total 8,600 »
Le parfait paiement est en date du 17 décembre 1756 (exercice 17S1):
Au sieur Nattier, peintre, 3, 100 livres pour faire, avec 5,5oo à lui ordonnez acompte sur l'exercice ij5i les 4 juillet et 12 septembre 1755, le parfait payement de 8,600 livres à quoi montent quatre tableaux dont deux représentant Madame la Dauphine, le troisième Madame, et le quatrième Madame Infante Isabelle, qu'il a faits pour le service du Roy pendant Tannée 175 1.
Le portrait de la petite infante Isabelle se trouve actuellement à Versailles, mentionné au catalogue comme • princesse inconnue • (1): H. t m. 57. — L. 1 m. i5.
Madame Henriette jouant de la basse de viole.
En 1748, Nattier commençait un portrait de M-« Henriette représentée jouant de la basse de viole; les multiples commandes qui lui arrivèrent à cette époque en suspendirent l'exécution, et, en 1753, cette princesse mourait avant que le tableau fut achevé. La famille royale, qui l'aimait beaucoup, insista pour que le portrait fût promptement livré (2) ; Nattier,
sous la Révolution du château d'Aiguillon, se trouve actuellement dans le salon de l'hôtel de la préfecture d'Agen. Il mesure o m. 70 de haut sur o m. 57; en voici la description : • A mi-corps, de trois quarts à droite; cheveux relevés, nœud de ruban rose sur la tête; robe de soie rouge, garnie de loutre, ouverte sur le devant avec brandebourgs de fourrure ; cravate bordée de loutre à nœud rouge avec dentelles blanches recouvrant la gorge; manchettes de dentelles blanches; les deux mains dans un manchon de loutre posé sur les genoux ».
(1) Cf. Chronique des arts, 20 avril 1895.
(2) Le 22 février, douze jours après la mort de cette princesse, M. de Vandières, le futur marquis de Marigny, écrivait à Coypel (A. N. O' 1907) :
1 La Reine m'a dit, qu'Elle desiroit avoir le portrait que M. Nattier a fiait de feue Madame, joùant de la basse de viole; ayès agréable, je vous prie,
néanmoins, ne put le donner qu'au bout de deux ans (i); voici son mémoire (a) :
Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roi, sous les ordres de M . de Vandières, par le sieur Nattier et livré pendant l'année 1754.
Ce tableau, extrêmement chargé d'ouvrage, a 7 pieds et demi de haut sur près de 6 pieds de large.
Il représente le portrait de Madame Henriette de France \ peinte en habit de cour et jouant de la basse de violle.
Estimé la somme de 6,000 livres.
Ce tableau fut exposé au salon de 1755 (3); et il fut ensuite placé dans
de voir M. Nattier et de scavoir de luy, en quel état est ce portrait, s'il est finy ou non: au premier cas, il faut le faire porter icy incessament ; au second cas, vous demande rés à M. Nattier de l'achever le plus promptement qu'il sera possible parce que la Reine veut l'avoir. Je compte que vous mïnformerés de l'état où il est, et que vous me dirés dans quel temps je pourray le recevoir icy ».
(1) La Cour cependant, et notamment M"« Adélaïde, à qui ce portrait était réservé, pressaient vivement l'artiste; le 3o septembre 1753, le marquis de Marigny écrivait à Nattier lui-même (A. N. O' 1924) : « M** Victoire, demande avec instance le portrait que vous avés commancé depuis plusieurs années de M"* Adélaïde jouant de la basse de viole. Ne perdés pas un instant à vous y mettre et l'achever avec le plus grand soin. »
II y eut, sous la plume de Marigny écrivant ce billet, un lapsus évident ; c'est M- Adélaïde qu'il faut lire au lieu de M»« Victoire et M- Henriette au lieu de M"* Adélaïde.
Nattier promit de livrer le portrait en janvier et Marigny prenait ainsi acte de sa promesse, le 39 octobre 1753 (A. N. O' 1907):
« Je compte, Monsieur, sur la promesse que vous me faittes que le tableau, que demande M"* Adélaïde, sera achevé dans le courant du mois de janvier et je vais charger M. Portail d'en ordonner la bordure sur les dimensions que vous luy donnerez, affin qu'elle soit prête en même temps que le tableau».
(3) Le to août 1755 Nattier écrivait en ce sens au marquis de Marigny (A. N. O' 1934*) : « Monsieur, comme vous avés donné vos ordres pour l'Exposition des tableaux au Salon, permettez moi de vous faire une prière qui est d'obtenir de Madame Adélaïde qu'elle trouve bon que le tableau de Madame Henriette y soit exposé. Comme c'est un de mes meilleurs ouvrages, je croy qu'il me feroit honneur, d'ailleurs c'est un tableau inté-
JEAN MARC NATTIKR
la salle de compagnie du nouvel appartement de M"* Adélaïde à Versailles (1). Le parfait payement est en date du 10 décembre 1760 (Exercice «756) :
Au sieur Nattier, peintre, 2,000 livres en contrats à 5 0/0 sur les Etats de Bretagne pour faire, avec 4,000 livres à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1754 les 17 décembre 1756 et 17 décembre 1757,1e parfait payement de 6,000 livres à quoi a été estimé et arresté le portrait de Madame Henriette de France en habit de cour, jouant de la basse de violle, qu'il a fait pour le service du Roy en 1 754.
Deux copies de ce portrait furent également commandées à Nattier et exécutées par lui-même ; voici ses mémoires (2) :
ressant et qui figureroit très bien ; comme je ne doute nullement qu'elle n'y consente, je vous demande en grâce d'en donner l'ordre à M. Portail afin qu'il le fasse arriver à Paris assez à tems pour y avoir une place convenable dans la décoration du Salon. •
Le 14 août, Marigny répondait de Compiègne : m Madame Adélaïde, Monsieur, a acquiescé à votre demande; elle consent que le tableau de M** Henriette soit exposé au Salon du Louvre, et en conséquence je donne ordre aujourd'huy à M. Portail de le faire transporter à Paris pour que dans l'exposition des tableaux il le fasse mettre dans une place convenable. »
Et en même temps il écrivait à Portail : c M. Natier, m'ayant demandé de vouloir bien obtenir pour luy de Madame Adélaïde la permission qu'il exposât an Salon du Louvre le portrait de Madame Henriette, qu'il regarde comme un de ses meilleurs ouvrages, et Madame Adélaïde ayant acquiescé à sa demande, vous aurés agréable de faire arriver à Paris ce portrait assés à tems pour qu'il soit mis au Salon dans une place convenable. J'attens la délibération de M'* de l'Académie sur le choix des ouvrages qui leur auront paru mériter d'y être exposés pour vous donner mes ordres affin que vous alliez à Paris faire l'arrangement du Salon du Louvre suivant l'usage. »
(1) Voir l'État général des tableaux de Nattier. Il s'agit ici de l'appartement» situé au premier étage et joignant les Cabinets du Roi, dont M"* Adélaïde prit possession le 23 novembre 1753. Cette salle de compagnie, marquée 3 au plan Blondel, servait de salle à manger et de retraite aux dames de compagnie (Cf. de Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV,