‹ Inventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des bâtiments du roiChapitre 77 sur 130 · PP · texte numérisé non relu

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les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Nattier pendant Tannée 1756.

Ce tableau est destiné pour rester au cabinet des tableaux du Roy à Versailles.

Copie grandeur de l'original de 7 pieds 8 pouces de haut, du portrait de Madame Henriette de France jouant de la basse de violle. Estimée i,5oo livres.

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Nattier pendant Tannée 1757.

Copie, grandeur de buste, du portrait de Madame Henriette de France, destinée pour M. TÉvêque de Meaux, son premier aumônier. Estimée 3oo livres.

Ces deux tableaux furent payés sur l'exercice 176a; l'ordonnance en sera reproduite ci-après (1).

Le portrait original et la grande copie de 1756 sont actuellement au musée de Versailles (n" 38oo et 4454) ; n° 38oo : H. 2 m. 46. — L. 1 m. 85. Signé : Nattier pinxtf ; — n° 4454: H. 2 m. 34. — L. 1 m. 63.

Le même musée expose encore une autre copie oc ce portrait (n» 4455), de moindres dimensions (1 m. 04 x 1 m. 37) et avec quelques variantes (2).

Portrait du duc de Bourgogne.

En 1754, Nattier exécutait le portrait du fils aîné du Dauphin, le duc de bourgogne, alors âgé de 4 ans ; voici son mémoire (3) :

(1) Cf. page 355 in/ra.

(2) En 1756, la Dauphinc dut commander, à son compte, une copie de ce portrait ; le 2 août, en effet, Nattier écrivait au marquis de Marigny (A. N. O' 1908) : « Monsieur, suivant ce que vous m'avez fait l'honneur de me dire au sujet du portrait de M*" Henriette pour M"* la Dauphine, il faut que vous ayez la bonté s'il vous plait de donner un prdre à M. Portail pour que le tableau me soit envoyé à Paris, et à moi un petit ordre par écrit pour que je puisse travailler en conséquence ». Et en post-scriptum, il ajoute : « Le Saint-Esprit n'est pas encore arrivé chez moi, • faisant allusion sans doute aux insignes de l'ordre du Saint- Esprit, dont il avait besoin pour le portrait du duc de Bourgogne, dont il dut peut-être alors modifier la disposition.

JEAN MARC NATTIKR

Mémoire de deux portraits, dont un original et l'autre copie, faits pour le service du Roy, sous les ordres de Monsieur de Marigny, par le sieur Nattier, pendant l'année 1755.

Monseigneur le Duc de Bourgogne représenté en pied, et vêtu d'un habit de velours bleu garni de martre.

Ce portrait est peint sur une toile de 4 pieds de haut, sur 3 pieds de large.

Estimé d'abord 1,800 livres, puis porté à 2,000 livres.

à raison des frais de transport et de séjour à Versailles.

Plus une copie du même portrait, faite de la même grandeur que l'original ci-dessus. Estimée 900 »

Total 2,900 livres.

Ce portrait fut exposé au salon de 1755; postérieurement peut-être l'artiste le remania pour y ajouter les ordres (1) ; le paiement en fut ordonné sur l'exercice 1758, nous le retrouverons ci-après (a).

Le portrait original est actuellement au musée de Versailles (n« 3887) : H. 1 m. 3o. — L. o m. 27. — Signé : Nattier pinxit 1754.

Madame Adélaïde faisant des noeuds.

En 1756, « Mesdames Cadettes » Victoire, Sophie et Louise prirent possession des nouveaux appartements, qui leur avait été accordés au rez-dechaussée du château de Versailles, et que venait de quitter M"* Adélaïde (3) ; Nattier, à cette époque, exécuta un portrait de M"' Adélaïde, qui fut placé dans l'appartement de M"* Victoire. Voici son mémoire (4) :

les ordres de Monsieur de Marigny, par le sieur Nattier pendant l'année 1756.

Le portrait de Madame Adélaïde de France, faisant des

(1) Cf. page 344 supra (note 3).

(2) Cf. page 35 1 in/ra.

(3) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV, p. 166.

nœuds (i) : il est placé dans l'appartement de Madame Victoire.

Estimé 1200 livres.

Plus fourni une bordure pour icelui de 120 »

Total 1 3 20 livres.

Ce tableau fut payé sur l'exercice de 1762 ; nous en verrons l'ordonnance ci-après (a) :

Il est actuellement au musée de Versailles (n» 38oi) : H. 1 m. 28. — L. o m. 96. — Signé : Nattier pinxit 1 y 56.

Têtes de portraits de plusieurs membres de la famille

royale.

La faveur officielle, dont bénéficia Nattier, fut très grande ; la famille royale l'avait adopté comme son peintre favori, et il vint un moment où il ne put suffire aux commandes qui lui étaient faites et où il fut même dans l'impossibilité de terminer quelques-uns des portraits en cours d'exécution. Mais, comme les titulaires en attendaient la livraison avec impatience pour en tirer des exemplaires destinés à leur entourage ou à leurs familiers, Nattier, pour parer au plus pressé, livrait en 1752 (3)

(1) Faire des nœuds, c'était former, au moyen d'une navette, sur un cordon de fil ou de soie des nœuds serrés les uns contre les autres. Cette mode, qui avait paru sous la Régence, fit fureur au milieu du xviu* siècle, et ce portrait de Nattier précise sa date : « plus de femmes — ont écrit MM. de Concourt (cf. la Femme au xvni* siècle) — qui ne marchent armées de ces jolies navettes, de ces navettes dont Martin le vernisseur fera des bijoux d'art, « petit magasin des grâces », comme on les appelle, que bientôt l'on ne voudra plus qu'en nacre, en acier ou en or. » Le parfilagc, qui remplaça cette mode, consistait à retirer des galons de passementerie les fils d'or qui s'y trouvaient, afin de les faire servir à d'autres usages ; tant qu'à la frivolité qui vint après, c'était une espèce de petite fleur qu'on faisait avec du fil et un petit moule ou une navette sans aiguille ni crochet.

Dans un mémoire d une copie de ce portrait qui fut faite par le peintre Coqueret (A. N. O' 1934 e), on trouve, relativement à ce portrait de M— Adélaïde, ce détail complémentaire : « Madame en robe de cour cramoisie, glacée de blanc et brodée d'étoiles ».

(2) Cf. page 355 infra,

(3) Le 9 décembre 1 7 5 1 , le marquis de Marigny écrivait à ce propos au premier peintre Coypcl (A. N. O' 1907) : « M— Henriette, M— Adélaïde et M" Victoire, veulent des copies de leurs portraits d'après l'original de M. Natier ; vous aurés agréable de donner des ordres de ma part à M. Natier d'envoyer à Versailles les originaux aussi tost que vous aurex

JEAN MARC NATT1ER

aux copistes de Versailles, six portraits de membres de la famille royale, dont il n'avait eu le temps que de faire les têtes, s'en remettant à eux du soin de disposer à leur guise dans leur copie les costumes et accessoires divers, et se réservant d'y donner la dernière main.

Par suite, il arriva que ces portraits furent continuellement en mains, Nattier ne les achevait que très lentement; en 1760, les Bâtiments décidèrent de lui payer, en guise d'à compte, le prix de ces six • tètes », évaluées à 5oo livre» l'une, sauf à en déduire le montant sur le prix d'estimation du portrait achevé. Voici le mémoire de Nattier 4 ce propos (1) :

Mémoire de six portraits de la famille Royale dont il n'y a que les têtes qui soient achevées, lesdits ouvrages ordonnés pour le service du Roy par M. de Tournehem, au sieur Nattier ès années 1748 et suivantes :

Les portraits ci-après servent continuellement aux copies dont la Cour a besoin.

Portrait de Madame Adélaïde; la tête est disposée sur une toile de 7 pieds 1 /2 de haut sur environ 6 pieds de large . . 5oo livres.

Portrait de Madame Infante, duchesse de Parme ; la tête est disposée pour un portrait en habit de cour 5oo »

Autre de Madame Infante; la tête est disposée pour un habillement de chasse 5oo »

Portrait de Madame Henriette; la tête est disposée pour être habillée en vestale 5oo »

Portrait de Madame Victoire ; la tête est disposée pour un portrait en habit de cour 5oo »

Portrait de Mgr le Dauphin 5oo »

Lesdits ouvrages dans l'état où ils sont estimés la somme de 3,ooo livres.

Le paiement est porté à l'exercice 1758, en date du 10 décembre 1760; nous le retrouverons ci-après (2).

reçu ma lettre. Il vous dira peut-être que les vetemens ne sont pas finis, n'importe, comme Mesdames de France les veulent en buste, il n'y a qu'à faire venir les originaux dans l'état où ils sont. J'ay donné mes ordres à M . Portail de faire travailler à ces copies dès qu'il les aura reçues. »

(2) Cf. page 35o infra.

En 1761, on voulut savoir où en étaient les choses; une enquête fut faite par le garde des tableaux Jeaurat, qui écrivait en date du S juin (1) :

« Il me paroit que votre objet actuel est de scavoir combien il reste de têtes commencées au cabinet ; comme cet ouvrage n'est point de mon bail, je viens de m'en informer à tous nos messieurs qui viennent de m'assurer qu'il n'y en a aucune. M. Nattier probablement a toutes ces têtes chès luy. Je crois seulement que le grand portrait de M"* Adélaïde en habit bleu, que vous avès vu au salon dernier, est du nombre, ainsy que celuy de M— Infante en habit de chasse, ils sont icy tous deux. M. de la Roche, beau-frère de M. Nattier, me dit dans ce moment qu'il les croit chès luy et qu'il les y a vu; c'est pourquoi je vous conseille de voir M. Nattier pour cela. Quand au portrait de M. le Dauphin il en a fait deux, le premier a été représenté en cuirasse et a été perdu dans le temps, de façon qu'on a jamais pu le retrouver malgré toutes les recherches qu'on a fait, le second qui n'a été que commencé a eu le même sort, tous les deux ont disparu. »

On fit comme Jeaurat l'avait conseillé, et l'on s'enquit près de Nattier de l'état d'avancement de ces tableaux. Les réponses faites sont consignées dans des notes marginales, apposées au mémoire ci-dessus transcrit, avec ce titre : ■ Nottes que j'ai prises chez M. Nattier le 10 juin 1761 >.

Pour le portrait de Mm* Adélaïde, on lit : « Au cabinet de Versailles ». — Pour celui de Mm* Infante en habit de cour : « donné au duc de Parme qui a payé l'achèvement dudit portrait 1800 liv.».— Pour celui de Af** Infante en habit de chasse : « ce portrait est achevé ; il est coeffé d'un chapeau et placé chez Madame Victoire. • — Pour celui de M" Henriette : • chez M. Nattier, il est achevé, nous en avons fait un mémoire de i3oo livres. • — Pour celui de M"' Victoire: « chez M. Nattier. » — En regard du portrait du Dauphin : « chez M'u Silvestre (a). »

A l'exception de celui de Madame Victoire, ces divers portraits furent achevés et nous en retrouverons ci-après les mémoires précis.

En 1784, ce portrait de M"* Victoire était signalé par Du Rameau comme inachevé, avec les dimensions de 4 pieds 3 pouces sur 3 pieds 3 pouces (3).

— Indépendamment de ces six portraits, dont les tètes furent payées à part, il y en eut encore un septième, resté inachevé et dont la tete seule fut terminée : c'est celui de la dauphine Marie Josèphe de Saxe. Mention

(1) A. N. O' ia3a.

(a) Lectrice de la Reine (Cf. Luynes. Mémoires, IX, juin 1749).

(3) « Il n'y a absolument que la tete, le reste n'est ny ébauche, ny esquissé. » Il semble donc bien difficile de reconnaître ce portrait dans le n* 3817 de Versailles, identifié par le catalogue avec celui de la duchesse d'Orléans, et représentant cette princesse en Hébé : dans le mémoire de Nattier, il est dit, d'ailleurs, que la tete de M— Victoire € était disposée pour un habit de cour ».

JKAN MARC NATTIER

en est faite ainsi dans la liste des « ouvrages dûs », signalés dans le relevé de comptes de Nattier : > Téte de Mr* la Dauphine, peinte à Fontainebleau en 1750. » Le mémoire de l'artiste est désigné comme suit dans un état de i758 (i) :

Mémoire d'une téte de Madame la Dauphine, peinte à Fontainebleau et dont l'habillement n'a point été achevé. Estimé dans l'état actuel 5oo livres.

La maladie empêcha Nattier d'achever ce portrait, et le prix de la tétc seule en fut payée à ses héritiers, le 8 juillet 1768; l'ordonnance en sera produite ci-après (2).

Ce portrait ébauché, identifié à tort avec celui de M— Adélaïde (3), se trouvait en 1784, au magasin de la Surintendance, et Du Rameau lui donne comme dimensions 4 pieds 3 pouces sur 3 pieds 3 pouces.

En 187a, l'État envoyait au musée de Bordeaux un « portrait d'une fille de Louis XV inachevé et dont la tétc seule était terminée : H. o m. 60. — L. o m. 5o. — C'est là, très vraisemblablement, l'ébauche soit du portrait de Madame Victoire soit de celui de Marie Josèphe de Saxe ; un examen direct de l'œuvre pourra seul en déterminer l'identification.

Madame Adélaïde tenant un livre de musique.

Ce portrait est l'un des six, dont la téte fut payée séparément; il semble bien qu'il ait été primitivement destiné à Madame Infante (4); le portrait

(3) Cf. page 35 S infra.

(3) On a vu que le portrait de M"* Adélaïde, dont la téte avait été payée à part, fut achevé.

(4) En effet, le 14 juin 1755, Nattier écrivait au marquis de Marigny (A. N. O' 1934*) : « J'ay écrit hier à mon gendre, qui est à Parme secrétaire de M. le comte de Rochechouard, pour qu'il ait à faire savoir à M"* Infante que j'ay reçu vos ordres pour finir le portrait de M"* Adélaïde ; mais en mesme tems je suis fasché destre obligé de vous dire que ma situation ne me permet pas d'entreprendre cet ouvrage si vous n'aves la bonté de me faire délivrer une ordonnance de a, 000 écus au moins à compte sur les tableaux que j'ay fait et livrés a la Cour depuis cinq ans. J'ay eu l'honneur de vous en remettre le mémoire, dés l'année passée, qui ce monte après de 20,000 livres sans y comprendre les deux portraits en pied de M. le Duc de Bourgogue ordonnés par M— la Dauphine l'année dernière. J'ose me flatter, que vous aurez égard à ma demande. En conséquence de quoy j'irey à Versailles avant le départ des princesses pour avoir les habillements et dentelles nécessaires pour mettre ce tableau en ordre ».

fut achevé en 1758 (1); et, comme cette princesse devait venir incessamment à Versailles, il ne fut pas envoyé à Parme. Voici le mémoire de Nattier(a) :

Mémoire d'un tableau fait pour le service du Roy, sous les ordres de M. le Marquis de Marigny, par le sieur Nattier pendant l'année 1758.

Ce tableau représente le portrait de Madame Adélaïde de France, peinte en habit de cour, tenant un livre de musique et dans l'action de quelqu'un qui chante; il est orné d'attributs convenables et porte 7 pieds et demi de hauteur sur 6 pieds de largeur.

Estimé 5,ooo livres.

Ce tableau figura au salon de 1759 ; le parfait payement, ainsi que celui de plusieurs autres, est en date du 10 décembre 1760 (Exercice 1758) :

Au sieur Nattier, peintre, 900 livres en contrats à 5 0/0 sur

les Etats de Bretagne pour faire, avec 10,000 à luy ordonés acompte sur l'exercice 1758 le 11 septembre 1759 en contrats à 4 0/0 sur les aides et gabelles, le parfait payement de 10,900 li-

(1) Le 14 février 1738, Nattier écrivait à Marigny (A. N. O' 1908) : « La bordure, dont je vous ai parlé la dernière fois que j'ai eu l'honneur de vous voir, est pour le grand portrait de Madame qui doit faire pendant à celui de M-« Henriette. Il y a bientôt deux ans que vous m'avez donné cet ordre d'après celui de Madame. Ce tableau est fort avancé, vraisemblablement il y faudra une bordure lorsqu'il sera totalement finy, il seroit désagréable de ne savoir où le placer faute de bordure. Vous scavés, Monsieur, que s'est la Ruffiana d'el Quadro. Comme il faut du tems pour la faire, je crois qu'il vous est indispensable d'en donner l'ordre au sieur Mortsent, qui a fait celle de Madame Henriette pour qu'il suive le même dessein. »

(2) A. N. O' 1934 * — En O' 1934", on trouve une variante de ce mémoire, ainsi libellée : « Ce tableau (livré à la cour le 3 octobre 1758), a été fait pour faire pendant à celui de M- Henriette jouant de la basse de viole, en conséquence de quoi il est de même grandeur et représente la princesse en habit de cour, tenant un livre de musique, faisant l'action de quelqu'un qui chante. Ce tableau est décoré de tous les attributs convenables, moyennant quoy il est très chargé d'ouvrage. Prix : 3,000 écus. » — Note du marquis de Marigny : « à M. Cochin pour me dire ce qu'il pense du prix demandé. »

JEAN MARC NATTIER

vres à quoy montent les portraits de la famille royalle dont il n'y a que les têtes achevées estimés 3,ooo livres, un portrait de Mgr le duc de Bourgogne estimé 2,000 livres, une copie du môme estimé 900 livres, et un portrait de Madame Adélaïde de France, en habit de cour, assise et tenant un papier de musique estimé 5, 000 livres, que ledit sieur Nattier a faits pour le service du Roy, les six premiers pendants les années 1747 et 1748, celui de Mgr le duc de Bourgogne et la copie pendant 1755, et celui de Afœe Adélaïde pendant Tannée 1758.

A la fin de 1759, Madame Infante, à qui ce portrait de M"* Adélaïde était destiné, mourait à Versailles, et le tableau fut mis en cabinet de la Surintendance.

A défaut de l'exemplaire original que Nattier a dû signer, les musées du Louvre (n* 658) et de Versailles (n* 38oa) possèdent des répliques de ce portrait (1).

Madame Henriette en Vestale.

Ce portrait, l'un de ceux dont la tète avait été payée à part, était une répétition avec quelques variantes de celui de cette princesse, dans la suite des Quatre Éléments : il fut ébauché en même temps que celui-ci, et la princesse posa devant l'artiste en juillet 1749 pendant le séjour de la Cour à Compiègne.

Dans le mémoire des « six têtes », on relève en marge de la mention de celle-ci cette note : € chez M. Nattier, il est achevé, nous en avons fait un mémoire de i,3oo livres ». Et l'on retrouve bien, en effet, dans un État des commandes (3), la mention d'un « mémoire du portrait de Madame Henriette, peinte en vestale. Estimée i3oo livres. »

Très vraisemblablement il figure actuellement au musée du Louvre (n» 661), porté au catalogue comme • portrait d'une fille de Louis XV » : H. o m. 81. — L. o m. 61 (a).

(1) Aucune répétition de ce portrait ne fut payée à Nattier par les Bâtiments.

(a) A. N. O' 1934 a. Ce fut peut-être ce même portrait, qui fut exposé au salon de 1759, avec cette mention au livret : « Une Vestale. Tableau de 4 pieds et demi de large sur 4 pieds de haut. »

Portraits de Madame Infant e.

En 1739, Madame Élisabeth, la fille aînée de Louis XV, épousait l'infant d'Espagne, don Philippe, qui allait par la suite devenir duc de Parme; en

1748, elle quittait l'Espagne pour son nouveau duché et elle profitait de ce déplacement pour venir à Versailles, où elle fit séjour de janvier à octobre

1749. Nattier fut alors chargé de faire son portrait : il fut mandé à Compiègne, en juillet, pendant le séjour de la Cour (1) et plusieurs répliques de ce portrait lui furent commandés par le Roi et par son gendre.

Il fit d'abord trois études différentes de la téte du modèle : deux, comme nous l'avons vu plus haut (a), destinées aux portraits commandés par les Bâtiments ; et la troisième pour un grand portrait où Madame Infante était représentée assise, avec sa fille Tintante Isabelle, debout à côté d'elle et lui présentant une branche de lys (3) : ce tableau, destiné au duc de Parme, était achevé le 17 octobre 1750.

Nattier mit dix ans à terminer les portraits pour le Roi, où la princesse devait être représentée en simple tenue de chasse et en toilette d'apparat. Le portrait en habit de chasse fut achevé en 1760 (4) et placé chez Madame Victoire (5); il fut exposé au salon de 1761. Voici le mémoire de Nattier (6) :

Mémoire d'un tableau peint pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Nattier, et livré en l'année 1760.

Ce tableau a 4 pieds et demi sur 3 pieds ; il représente Madame Infante, duchesse de Parme, peinte en habit de chasse et coëffée d'un chapeau. Estimé 2,000 livres.

Plus frais de voyage et séjour à Compiègne et à Versailles ci 40° liv- (/)•

Ce tableau, comme le suivant, furent payés aux héritiers de Nattier sur l'exercice 1762; nous retrouverons ci-après l'ordonnance de paiement (8).

(1) Luynes. Mémoires, XI, juillet 1749.

(2) Cf. page 347 supra.

(3) Cf. page 339 supra.

(4) Madamejlnfante était morte à Versailles en décembre 1749.

(5) Cf. page 348 supra, les notes additionnelles au mémoire des « six têtes ».

(7) Il ne faut pas oublier de déduire, pour ce tableau comme pour ceux qui se réfèrent à cette série, du prix d'évaluation, le prix de la « tète », qui avait été payé à part à l'artiste.

(8; Cf. page 355 in/ra.

JEAN MARC NATTIER

Il figure actuellement au musée de Versailles (n* 3875) : H. i m. 36. — L. i m. 04. — Signé : Nattier, ijôo.

L'autre portrait, en habit de cour, fut exécuté en 1761 et fut le dernier ouvrage de Nattier; voici son mémoire (1) :

Mémoire d'un tableau peint pour le service du Roy, sous les ordres de M. le marquis de Marigny, par le sieur Nattier pendant Tannée 1761 -

Ce tableau représente Madame Infante, duchesse de Parme, peinte en habit de cour et assise dans un palais richement orné.

Ledit tableau a de hauteur 7 pieds 7 pouces sur environ 5 pieds de largeur. Estimé 5,ooo livres.

Ce portrait figure actuellement au musée de Versailles (n* 38o6), faussement identifié par le catalogue avec celui de Madame Victoire (2) : H. 2 m. 40. — L. t m. 84 (3).

Gratification exceptionnelle accordée à Nattier.

L'état général des portraits fait par Nattier de 1742 a 1762, reproduit plus haut, doit être considéré comme le relevé le plus complet et le mieux détaillé de l'œuvre officielle de cet artiste. On a vu que la seconde partie vise « les ouvrages dûs » à l'artiste, et dont le total se monte à 13,700 livres. Nattier demandait, à la fin de cette facture, une gratification motivée par les peines et les soins que ces travaux avaient exigés de lui durant les vingt années de leur exécution. A cet effet, il présenta aux Bâtiments le mémoire suivant (4) :

Mémoire d'une gratification demandée à M. le marquis de

(1) A. N. O' 1934*. — Dans le relevé de comptes de Nattier, ce portrait est mentionné comme l'un des six dont la tétc fut payée à part; on y trouve également cette indication que la princesse est • assise devant une table ornée d'un riche tapis de velours ».

(2) Cf. de Nolhac. Nattier, peintre de Mesdames; — de Nolhac et Pératé. Le château de Versailles, p. iy3.

(3} Nattier, comme l'indique une note marginale du mémoire des « six têtes », exécuta [une copie en buste de ce portrait pour le duc de Parme, qui la lui paya 1800 livres (A. N. O' i932). Mais la tetc, placée sur ce buste, fut, contrairement à ce qu'on pourrait croire, une répétition de celle qui avait été payée à part en 1760.

(4 A. N. O' iy34A

Marigny, commandeur des ordres du Roy, en considération des portraits de la famille royale faits pour le service du Roy, sous les ordres de M. de Tournehem et de M. le marquis de Marigny, lesquels ouvrages ont occasionné diverses dépenses telles que voyages, séjours et autres, au sieur Nattier depuis Tannée 1746 jusques et compris 1762 et dont il n'a pas fait mention dans les mémoires qu'il a produits.

Le sieur Nattier, en considération des peines et soins qu'il s'est donné pour porter les dits ouvrages au plus haut point de perfection, et des faux frais qu'il a été nécessité de faire pendant l'espace de près de vingt années, supplie Monsieur le directeur et ordonnateur général des Bâtiments de Sa Majesté de lui accorder une gratification, motivée sur les longs services dudit sieur Nattier, de la somme de 3, 000 livres (1).

La gratification, demandée par Nattier, fut accordée, et le parfait payement de ces 16,720 livres eut lieu le 8 juillet 1768 (Exercice 1762) :

Aux héritiers du sieur Nattier, peintre, la somme de 720 livres pour faire, avec 16,000 ordonnés acompte sur l'exercice 1762, scavoir 6,000 comptant le 25 mars 1766, et 10,000 en billets de l'emprunt du t6 mars 1760 le 12 octobre 1767, le parfait payement de 16,720 livres à quoy montent tant neuf tableaux, représentant Mesdames Henriette et Adélaïde de France, feues Mesdames la Dauphine et Infante, duchesse de Parme, et une bordure, que la gratification à luy accordée par S. M. en considération des frais de voyages et dépenses extraordinaires, qu'il a faits et fournis pour le service du Roy depuis et compris l'année 1746 jusques et compris l'année 1762.

(1) Au bas de ce mémoire, on relève la note suivante de Cochin, en date du 18 juillet 1763 : « Je soussigné, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de peinture et de sculpture, certifie à M. le marquis de Marigny, directeur et ordonnateur général des Bâtiments du Roy, en vertu du pouvoir qu'il m'a donne, que la gratification demandée peut être accordée avec justice, tant en considération des dépenses mentionnées au présent mémoire, que pour lui tenir lieu d'un rabais de i,5oo livres fait sur ses mémoires pour trois des six têtes qu'on lui avoit payées et qui étoient égarées, mais qui se sont retrouvées depuis et sont à présent au cabinet des tableaux du Roy à Versailles, dont le montant par conséquent doit être emploié de nouveau. •

JK AN -BAPTISTE OUDRY

Jean-Baptiste OUDRY

A Versailles.

i* Hôtel du Grand-Maître.

En 1724, Oudry travailla à la décoration de l'hôtel du Grand-Maître à Versailles (1) ; voici comment son tableau est signalé dans l'État des ouvrages de peinture qui se sont faits pour le Roy pour le château de Versailles depuis 1716 jusqu'y compris 172g (2) :

Un tableau en ovalle représentant Atalante à lâchasse; de 2 pieds et demi de haut sur 3 pieds de large.

Oudry demandait 600 livres, il en obtint 400, qui lui furent payées le i5 juin 1726 {Exercice 1724) :

A Jean-Baptiste Oudry, peintre, 400 livres pour son payement d'un tableau, représentant Méléagre et Athalante chassant au sanglier, qu'il a fait pour les appartemens de l'hôtel du Grand-Maître à Versailles pendant Tannée 1724.

Actuellement à l'Hôtel de Ville de Versailles, avec attribution à Louis de Boulogne : H. 1 m. o5 - L. o m. 91 ; de forme ovale.

20 Appartements du Dauphin.

En 1747, lors de l'aménagement à Versailles des nouveaux appartements du Dauphin et de Marie-Josèphe de Saxe (3), Oudry reçut une commande de six tableaux, dont voici le mémoire (4) :

Mémoire des ouvrages de peinture faites pour le Roi,

(1) Cf. page 76 supra.

sous les ordres de M. de Tournehcm, de par le sieur Oudry.

Au mois de novembre 1747 :

Livré six tableaux, représentant des fables de Lafontaine, pour être posé dans les appartements de Monsieur le Dauphin et de Madame la Dauphine à Versailles, dont les sujets sont détaillés ci-après, scavoir :

i° Le Cerf qui se mire dans l'eau; — 20 Le Loup et l'A' gneau ; — 3° Les deux Chèvres ; — 40 Le Renard et la Cigogne ; — 5° Les deux Chiens et l'Ane flottant.

Estimés 1,800 livres.

On remarquera que le sixième tableau est omis dans ce mémoire ; mais le livret du salon de 1747, où ces tableaux furent exposes, et la description de ces appartements, donnée par Piganiol (1), désignent à cet effet la Lice et sa compagne. Les dimensions de ces six tableaux étaient de 4 pieds et demi de haut sur 3 pieds 4 pouces de large.

Le paiement est en date du 14 février 1748 (Exercice 1747) :

Au sieur Oudry, 1,800 livres pour son payement de six tableaux qu'il a faits pour les appartemens de M. le Dauphin et de M"" la Dauphine au château de Versailles pendant l'année dernière.

En 1760 ces divers tableaux, à l'exception des Deux chiens et l'Ane mort (2), se trouvaient à l'hôtel de lu Surintendance à Versailles ; en 1764, la Lice et les deux Chèvres prirent place dans l'appartement de Madame Victoire (3).

Ces tableaux sont actuellement :

les n«» «, 4, 5 et 6 au musée de Compiègnc : H. o m. 98 et 1 m. 18. — L. 1 m. 40, o m. 76, 1 m. 46 (4); les n«* 4 et 5 signés : J.-B. Oudry, 1 747 ;

(1} S'ouvelle description des châteaux et parcs de Versailles et de Marly, 1764, t. I, p. 324.

(2) « 28 janvier 1751. M. de Tournehcm a chargé ledit sieur Oudry de faire emporter de Versailles un tableau de lui, représentant une fable de Lafontaine, les deux Chiens et l'Ane flottant, qui a été fait pour l'appartement de Mgr le Dauphin, mais qui doit être pose dans le nouveau Trianon : cette transposition a occasionné les frais détaille cy après :

« Pour le transport dudit tableau à Paris, 4 livres » (A. N. O" 1932).

(4) Les n" 1 ctf> étaient primitivement ovales en largeur, les deux autres ovales en hauteur.

JEAN-BAPI ISTI. OUDRY

le n* 3 au petit Luxembourg, dans l'appartement du président du Sénat, où il fut placé le 29 mars i853 : H. 1 m. — L. 1 m. 44 ;

le n° 2 au musée du Puy, où il rut envoyé par l'État le 14 mai 1892 : H. 1 m. 40. — L. o m. 9^-

— En 1730, Oudry exécutait, d'après les indications du Dauphin, un tableau destiné au cabinet de ce prince (1) ; voici comment il le décrit dans son mémoire (2).

Du 17 janvier 1 75 1 :

Livré pour Monseigneur le Dauphin un tableau de 6 pieds et demi de long sur 4 pieds de haut représentant à un costé du tableau une ferme, une grange à costé, une charctte attelée de deux chevaux pleine de foin, deux hommes qui le sert (serrent) dans laditte grande (grange) ; devant la ferme une femme qui file, une autre avec un enfant, un homme qui dort ; à l'autre costé dudit tableau, une femme qui tire de l'eau. Sur le devant dudit tableau, une mare, sur le bord de laquelle il y a un chien qui tient un canard, des cannes avec leurs petits qui s'enfuyent dans la mare et, à l'autre bord, des vaches, des chèvres et des moutons. Sur le second pland un laboureur avec sa charue, un autre qui sème derrière, un berger avec son troupeau, une rivière, un pont et un lointain considérable. C'est ainsy que Monseigneur le Dauphin l'a dicté audit sieur Oudry, et en a fait faire l'esquisse devant luy. Ce tableau est des plus fins, il a tenu à faire plus de quatre mois audit sieur Oudry, sans l'esquisse, les voyages et le temps perdu.

Ledit tableau estimé 3 ,ooo livres.

Gratification pour ledit ouvrage 1,000 » (3)

(1) Livret du salon de 17S1 : « un tableau dans le genre flamand.... pour le cabinet de Mgr le Dauphin ».

(3) Dans un autre mémoire on lit : c Suivant les ordres de M. de Tournchem, fait porter à Versailles un grand tableau peint pour Monseigneur le Dauphin, représentant Y Agriculture, la vie champêtre, une terme, paysage figures, animaux, etc. Ledit tableau a été compose sous les yeux et à l'intention de Mgr le Dauphin ; ce tableau a 6 pieds et demi de long sur 4 de haut, et fini avec un soin extraordinaire. M. de Tournchcm l'a fait régler à 4,000 liv. •

Le duc de Luynes, dans ses Mémoires (XIII, i3o) déclare également que • l'idée de ce tableau a été donnée à Oudry par le Dauphin •.

Ce tableau fut exposé au salon de 1751, et désigné par la suite sous le nom de La France. Le paiement est en date du 3o juillet 1753 (Exercice 1751) :

Au sieur Oudry, peintre, 2,000 livres pour faire, avec pareille somme à luy ordonnée acompte sur l'exercice 1751 le 20 mars dernier, le parfaict payement de 4,000 livres, à quoi monte, compris une gratification de 1 ,000 livres, un tableau représentant un paysage qu'il a fait pour le service du Roy.

Ce tableau se trouve actuellement au musée du Louvre (n4 670) : H. 1 m. 3o. — L. a m. 12. — Signé : J.-B. Oudry, peintre ordinaire du Roy, tjSo (1).

3° Appartement de la Dauphine.

En 1747 Oudry fut employé pour la décoration des nouveaux appartements de Marie-Josèphe de Saxe (2) ; il eut à exécuter quatre dessus de porte pour le cabinet de cette princesse sur le sujet des Quatre Saisons. Voici le passage de l'un de ses relevés de compte, relatif à ce travail (3) :

Dès le 5 juin 1749 :

Fait et livré par ordre de M. de Tournehem quatre dessus de porte, représentant les Quatre Saisons, pour Madame la Dauphine, pour lesdits , 1 ,600 livres.

Le paiement est en date du 19 septembre 1752 (Exercice 1749) {4).

(1) En 1753, une copie en fut faite par Marie Leczinska elle-même, qui l'offrit en étrennes à Louis XV (Luynes, Mémoires, XIII, i3o;; cette copie se trouve actuellement à Trianon, elle porte la signature : Marie, reine de France, fecit ijS3.

(2) Cf. page 172 supra.

(4) Cf. page 371 infra. — Peut-être pourrait-on retrouver le Printemps de cette suite dans le n* 672 du musée du Louvre : c'est un paysage de forme ovale (H. 1 m. 06 — L. 1 m. 10), montrant, au premier plan, un laboureur conduisant sa charrue, au second plan, deux hommes arrachant un arbre devant une maison.

JKAN-BAPTISTE OUDRY

4° Bibliothèque du Roi.

En 1728, pendant le séjour de Louis XV à Compiègnc, des agrandissements assez importants furent faits à la bibliothèque de ses petits cabinets; on disposa ainsi au-dessus de cette pièce, dans les combles, une terrasse formant cabinet et « joignant les cabinets aux fourneaux au-dessus > (1). Pour décorer cette nouvelle pièce, on recourut à Oudry, et une commande de trois tableaux lui fut faite, et payée le 26 mars 1729 (Exercice 1728) :

Au sieur Oudry, peintre, 1,410 livres pour son payement de trois tableaux représentant divers sujets, qu'il a faits pour la nouvelle terrasse au-dessus de la Bibliothèque du Roy au château de Versailles pendant Tannée dernière.

5° Cabinet doré du Roi.

L'année suivante, il exécutait, en même temps que Desportes, trois autres tableaux pour le cabinet doré, qui venait de remplacer l'ancienne chambre aux oiseaux (2). L'État des ouvrages de peinture qui se sont faits pour le Roy pour le château de Versailles depuis 1716 jusqu' et compris 172g (3), nous en donne le détail :

Deux tableaux posés sur les portes du cabinet doré, cy devant la chambre aux oiseaux à Versailles, dont l'un est une Chasse au Renard 5oo livres.

Et l'autre représente le portrait du cerf du Gange, de la Biche et de son fan, qui sont à la Ménagerie 5oo liv.

Les dimensions étaient de 3 pieds sur 2 pieds 6 pouces de large (4). Le paiement est en date de* a et i5 juillet 1729 :

Au sieur Oudry, 1,000 livres pour trois tableaux qu'il a faits pour le nouveau cabinet du Roy à Versailles à la place de la volière d'oiseaux.

(1) De Nolhac. Le château de Versailles sous Louis XV, pp. 17g, 180.

(2) Cf. page 157 supra.

(4) A. N. O1 1965. Etat des tableaux faits depuis 1722 pour le château de Versailles jusqu'en 1 7 3 2 . L'artiste demandait 600 livres de chacun de ces tableaux.

6° Cabinets de la Reine.

« La Reine — écrivait le duc de Lu y nés en novembre 1749 — (1) vient de faire un petit changement dans ses cabinets de Versailles. Dans le petit cabinet, qui est par-delà le grand et qui touche à la salle des Gardes, elle avoit fait mettre cinq tableaux faits par un peintre, nommé Pierre; quatre représentant les Quatre Saisons, et le cinquième une Veillée de village. La Reine a trouvé les figures trop fortes pour un aussi petit endroit; elle les a fait mettre dans des cadres dorés et les a placés dans son cabinet en bas à Fontainebleau. Oudry, fameux peintre, vient d'en faire cinq autres qui seront poses ces jours-ci; ils représentent les Cinq Sens. Ce sont de jolis paysages avec de très petites figures. -

La livraison de cette commande est ainsi mentionnée dans un mémoire récapitulatif d'Oudry (2) :

Du 24 novembre :

Ledit a livré cinq tableaux pour la Reine, par ordre de Monsieur de Tournehem, représentant les Cinq Sens, pour lesdits cinq tableaux 2,5oo livres.

L'Inventaire Du Rameau (3), qui les signale en tj83 au magasin de la Surintendance, en donne une description sommaire :

Une femme tenant une vache (Le toucher). — Un berger jouant de la musette (L'ouïe). — La curiosité (La vue). — Un déjeuner de pécheurs (Le goût). — Une jeune bouquetière (L'odorat).

Ces cinq tableaux de 4 pieds 6 pouces sur 2 pieds 5 pouces ; ceintrés par le haut représentent des paysages fort agréables.

Le paiement en fut fait, sur l'exercice 1749, le 19 septembre 176a ; nous en retrouverons l'ordonnance ci-après (4).

70 Appartement de Mat Adélaïde.

En 175a, à l'occasion de la nouvelle installation de M— Adélafdc, à Versailles, Oudry eut h faire quatre dessus de portes, dont il semblerait que

(1) Mémoires, X, 40.

(a) A. N. O' igSa.

(3) Archives du Louvre.

(4) Cf. page 371 infra.

JEAN-BAPTISTE OUDRY

le Dauphin, comme pour le tableau de la France (i), lui aurait indiqué la composition. Voici, en effet, ce qu'on lit dans son mémoire récapitulatif (î) :

Du 6 septembre 1752.

Fait voir quatre grands dessus de porte à M. de Vandières, représentant des paysages avec figures et animaux, faits de son ordre, et suivant l'intention de Mgr le Dauphin. Lesdits tableaux sont pour être placés dans l'appartement de Madame Adélaïde à Versailles; Monsieur, ayant été très content, a chargé ledit sieur Oudry de les envoyer à M. Portail pour les faire mettre dans leur place. Ces sortes de tableaux ont toujours été payés audit sieur Oudry 600 livres pièce, pour les quatre — 2,400 livres.

Dans un Etat des ouvrages de peintures livrés ou commencés (3), à la date de 1754, on lit : « Oudry, six tableaux, pour le petit cabinet de la Reine à Versailles. Ces cinq tableaux sont faits » ; et en note de renvoi : « dont une ♦été bizarre de cerf et quatre dessus de porte pour l'appartement de Madame Adélaïde, 2,824 livres ».

Cette « téte bizarre de cerf » est ainsi mentionnée dans le mémoire d'Oudry :

Du 25 juillet 1752 :

Fait porter à Compiègne un tableau représentant une teste de cerf peint pour le Roy, de Tordre de M. de Vandières pour ce tableau 240 livres.

Frais faits à l'occasion dudit tableau :

Ledit sieur Oudry estoit à Beauvais lorsque l'ordre de M. de Vandières lui fut parvenu, datté du 3 juillet. Ledit sieur Oudry prit la poste et se rendit à Compiègne, la teste du cerf lui fut remise, ce voyage lui a coûté, y compris i5 livres que ledit sieur Oudry a donné pour l'homme qui a porté ladite

teste à Paris, la somme de 1 1 5 livres.

Fait porter ledit tableau à Compiègne chés monsieur de

Vandières pour le présenter au Roy, pour ce 16 »

Frais de voiture dudit sieur Oudry 29 »

Dépenses pendant trois jours de séjour 24 »

Total 424 livres.

Le parfait payement des 2,824 livres de cette commande fut effectué en date du 10 décembre 1760 (Exercice 1756) :

Aux héritiers du sieur Oudry, peintre, 824 livres pour faire, avec 2,000 livres à luy ordonnés acompte sur l'exercice 1752 le 5 avril 1757, le parfait payement de 2,824 livres à quoi ont été estimés quatre tableaux dessus de porte représentant des paysages avec animaux et figures destinés pour l'appartement de M«e Adélaïde, au château de Versailles, un autre tableau représentant une teste de cerf, et frais de voyages et autres faits pour porter à Compiègne et y présenter au Roy ce dernier tableau, le tout pendant Tannée 1752.

A Chantilly.

A l'Exposition de la jeunesse de 1725, Oudry exposait quatre tableaux, pour le château de Chantilly, dont trois sur des sujets de chasse étaient destinés à la salle des Gardes, et le quatrième [le Renard et le Corbeau) à un cabinet de ce même château (1). Ces peintures sont ainsi spécifiées dans l'État des ouvrages de peinture qui se sont faits pour le Roy pour le château de Versailles depuis 171 5 jusqu'et compris 1729 (2) :

i° Un tableau, de 6 pieds en quarré, représentant un Loup tenant contre des chiens au pied d'un arbre, etc 700 livres.

20 Un autre, de 5 pieds et demi en quarré, représentant un Chevreuil lancé et des chiens, etc 700 »

3° Un autre, de même grandeur, représentant un Renard pris par des chiens 700 »

40 Un autre tableau, tiré des fables de La Fontaine, de 4 pieds en quarré, représentant le Renard et le Corbeau... 25o » (3).

Le paiement est en date du 10 mars 1726 (Exercice 1725) :

Au sieur Oudry, peintre, 2,35o livres pour son paiement de quatre tableaux qu'il a faits pour le Roy pendant Tannée 1725.

(1) Bellier de la Chavignerie. Notes pour servir à l'histoire de l'Exposition de la jeunesse {Revue Universelle des Arts, 1864).

(3) L'artiste demandait t,6oo livres pour chacun des trois premiers tableaux et 800 livres pour le quatrième.

JEAN-BAPTISTE OUDRY

Actuellement les nu i et 3 se trouvent à Chantilly, dans l'antichambre de l'appartement de Monsieur le Prince : H. i m. j5. — L. i m. 96 et i m. 55. Signés tous les deux : J.-B. Oudry, 1725;

le n* 2 au musée de Rouen, où il fut envoyé par l'État en 1820 : H. 1 m. 73. — L. 1 m. 57. — Signé :J. B. Oudry 1725.

A Paris.

Les deux commandes suivantes sont inscrites à leurs exercices respectifs au chapitre « Paris et dépendances », sans qu'il soit indiqué à quelle maison elles étaient plus spécialement destinées.

La première, en date de 1725, est ainsi portée sur l'état précité des tableaux faits de 1715 à 1729 (1) :

Six tableaux dont 4 de 5 pieds en quarré, et 2 de 5 pieds de

haut sur 2 pieds et demi de large.

Le premier représente une houtarde 3oo livres.

Le second, des poissons et oiseaux 3oo »

Le troisième, différents gibiers 3oo »

Le quatrième, oiseaux et fruits 3oo »

Le cinquième, oiseaux des Indes 200 »

Le sixième, un renard et oiseaux des Indes 200 » {2).

Le paiement est en date du 3 juillet 1736 (Exercice 1725) :

Au sieur Oudry, 1,600 livres pour son payement de six tableaux qu'il a faits pour le Roy en 1725.

— La seconde commande vise cinq tableaux dont les sujets sont empruntés aux tables de La Fontaine, et que le même état mentionne ainsi :

Cinq tableaux originaux, d'environ 3 pieds et demi de large

sur 2 pieds et demi de haut, représentant :

Le premier, la Cigogne et le Renard 200 livres.

Le second, les deux Coqs et la Perdrix 200 »

Le troisième, les Canards qui /ont voyager la

Tortue 200 b

Le quatrième, deux Pigeons sur une masure 200 »

(2) L'artiste demandait 600 livres pour chacun des quatre premiers tableaux et 200 livres pour chacun des deux derniers.

Le cinquième, le Singe et le Chat qui tirent les marons du feu 200 livres (1).

Le paiement est en date du 10 mars 1738 (Exercice 1726) :

Au sieur Oudry, 1,000 livres pour son payement de cinq tableaux, représentant des fables de la Fontaine, qu'il a faits pour le Roy en 1726.

Aux Gobelins.

i° Les Chasses Royales (2).

En 1734, une suite de neuf pièces pour les Gobelins était commandée à Oudry, c'est la tenture actuellement connue sous le nom de Chasses royales, et dont voici le détail :

Vue de Compiègne et de la rivière d'Oise. — Le rendez-vous du puits du Roi. — La forêt de Fontainebleau. — L'étang de Saint-Jean. — Le relai. — Le limier. — Le Fort Hu (3). — La meutte des chiens courants ou les queues. — La curée.

(1) L'artiste demandait 3oo livres pour chacun de ces tableaux.

{2) En 1728, au rapport de Piganiol (Descript. de Versailles, t. II, p. 262), Louis XV ordonna à Oudry de le suivre à la chasse pour qu'il représentât une fin de chasse du cerf dans l'eau. Le tableau fut exposé au salon de 1 75o, le livret le mentionne ainsi : « Un grand tableau, en hauteur de 1 2 pieds sur 8, appartenant au Roy, fait en 1729 et 1730 et qui n'a pas été exposé dans les salons du I-ouvrc. Il représente une fin de citasse du cerf dans l'eau. On y voit, sur le bord d'un étang, le Roi à cheval, accompagné de M. le comte de Toulouse, de M. le prince Charles, de M. le Premier, de M. Nesticr, de M. de Fourcy, de M. Dclasmatte, de M. Dampierrc, etc. Le peintre a dessiné cette chasse d'après nature; le Roi a bien voulu se prêter à ce qu'il fit son portrait ; tous les seigneurs qui y sont représentés sont peints d'après nature. Enfin, on a exigé dans ce tableau une si grande exactitude du côté de la ressemblance que tous les chiens et les chevaux sont autant de portraits. Le paysage est la vue de Saint-Germain-cn-Laye, du côté du petit château. •

Ce tableau, qu'on retrouve en 1748 k la Muette, en 1760 à la Surintendance et en 1764 à Marly, ne fut commandé ni payé par les Bâtiments. Il se trouve actuellement au musée de Toulouse, où il fut envoyé par l'Etat en 181 i.

(3) Et non « Le faux rût », comme on lit dans le Répertoire détaillé des tapisseries des Gobelins, p. 1 36. Remarquons également qu'en terme de vénerie, « ru 0 est l'abréviation du mot ruisseau.

JEAN -BAPTISTE OUDRY

:<io

Cette suite était destinée au château de Corapiègnc. Le parfait paiement du premier tableau de cette série est en date du ao février 1736 (Exercice 1735) :

Au sieur Oudry, peintre, 2,000 livres pour faire, avec 4,000 à lui ordonnés scavoir 2,000 sur l'exercice 1734 et 2,000 sur l'exercice i/35, le parfait paiement de 6,000 livres à quoy monte le prix d'un tableau représentant le Roy à la chasse dans la forêt de Compiègne, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins, pendant l'année dernière.

La seconde pièce fut payée le 19 septembre 1736 :

Au sieur Oudry, 2,000 livres, pour faire, avec les 4,000 cy dessus, le parfait payement des 6,000 livres à quoy monte le prix d'un grand tableau représentant une chasse dans la forêt de Compiègne (1), qu'il a fait pour le service du Roy en la présente année.

Le troisième tableau — la Vue de Compiègne — fut exposé au salon de 1737, et le livret le mentionne : « Un grand tableau, de i5 pieds sur 10 de haut, représentant un cerf arrêté par des chiens, de M. Oudry. •

Le parfait paiement est en date du 14 juillet 1737 :

Au sieur Oudry, peintre, la somme de 6,000 livres pour son payement d'un tableau représentant une chasse à la veue de Compiègne (2), qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à ladite manufacture des Gobelins pendant les six derniers mois de l'année dernière, et les six premiers de la présente.

(1) S'en référant à la note suivante du Mercure de juin 1738 (p. 1 397 , on peut identifier le premier ou le second tableau de cette suite avec l'Étang de Saint-Jean : « Le t8 du mois dernier, il fut présenté au Roi une pièce de tapisserie faite aux Gobelins par le sieur Audran d'après le tableau du sieur Oudry, qui représente la Mort du cerf aux étangs de Saint-Jean~des- Bois. Sa Majesté a été fort contente. »

{2) Luynes, Mémoires, II, 162, ib mai 1738 : « Il y a cinq ou six jours que l'on apporta ici une tapisserie pour le Roi faite aux Gobelins sur un tableau d'Oudry qui représente une vue de Compiègne et une chasse. La figure du Roi, celle de M. le comte de Toulouse et plusieurs autres soin assez ressemblantes. »

Le quatrième tableau — la Forêt de Fontainebleau — fut exposé au salon de 1738, avec cette mention au livret : « Un grand tableau, en largeur de 2 1 pieds sur 1 1 de haut, représentant une chasse où paroit le Roi ; dans le fond du tableau un cerf qui tient contre les chiens sur les rochers de Franchard, dans la forêt de Fontainebleau ; fait d'après nature par ordre du Roy pour être exécuté en tapisserie pour Cotnpiègne, par M. Oudry, Académicien. •

Pour une raison que nous ignorons, ce morceau ne fut estimé que 4,000 livres, au lieu de 6,000, prix des autres qui pourtant étaient de dimensions moindres ; voici la proposition de paiement, en date du 24 août i739(i):

Somme proposée à payer par mémoire

Au sieur Oudry, peintre ordinaire du Roy, pour le quatrième tableau des neuf qui lui ont été ordonnés, représentant un cerf tenant aux chiens sur les rochers de Tronchard (sic) dans la forêt de Fontainebleau, et voyages pour faire les études nécessaires 4,000 livres.

Le paiement est en date du 9 septembre 1739 :

Au sieur Oudry, peintre, 4,000 livres pour son payement d'un grand tableau, représentant un cerf qui tient aux chiens sur les rochers de Franchard dans la forest de Fontainebleau, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins, pendant l'année 1738.

Le cinquième tableau — le Limier — fut payé le 20 juillet 1740 :

Au sieur Oudry, peintre, 6,000 livres pour son payement d'un grand tableau qu'il a fait, représentant le Roy, tenant le limier, allant aux bois, pour être exécuté en tapisserie à ladite manufacture pendant la présente année.

Le sixième tableau — la Meutte des chiens courants — fut exposé au salon de 1741, et le livret le mentionne ainsi : « Un grand tableau en hauteur de i3 pieds sur 11 de large, représentant un moment de la chasse au cerf, lorsqu'on découple la vieille meutte à la petite patte d'Oye ; on y voit un point de vue de la forôt de Compiègne. Ce tableau doit être exécuté en tapisserie aux Gobelins. »

JEAN-BAPTISTE OUDRY 367

Le paiement est en date du 14 mars 1743 (Exercice 1741) :

Au sieur Oudry, peintre, 2,000 livres pour faire, avec 4,000 à luy ordonnées le 3i janvier dernier, le parfait payement de 6,000 livres à quoy monte un tableau représentant une Chasse, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pendant l'année dernière.

Les trois derniers tableaux. — Le rendez-vous, la Curée et vraisemblablement le Fort Hu — furent exécutés de 1 742 à 1 746 ( 1 ) ; le parfait paiement est en date du 8 septembre 1746 (Exercice 1745) :

Au sieur Oudry, peintre, 4,000 livres pour faire, avec 14,000 à luy ordonnez acompte, scavoir 3, 000 sur l'exercice 1742 les 17 et 3i octobre dudit an, 3, 000 sur l'exercice 1743 les 10 juillet et 3o octobre de ladite année, 5,ooo sur l'exercice 1744 les 3o septembre, 18 novembre dudit an, et 7 juillet

1745, et 3,ooo sur l'exercice de ladite année 1745, le 24 may

1746, le parfait payement de 18,000 livres à quoy monte le prix de trois tableaux représentant différens sujets de chasse, qu'il a faits pour être exécutez en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins pour le service du Roy.

La Curée se trouve actuellement au musée de Compiègne. Signé : J.-B. Oudry, i744 (2).

(1) Du 7 juillet 1745 (Exercice 1744) : « Au sieur Oudry, peintre, 2,000 livres acompte de deux grands tableaux, l'un représentant le moment que l'Équipage part pour la chasse, et l'autre la Curée du Cerf, qu'il fait pour être exécutés en tapisserie à la Manufacture royale des Gobelins. ■

Dans un mémoire d'Oudry (A. N. O* 1932) on relève la mention de deux travaux supplémentaires relatifs à ces deux dernières pièces.

■ Du 6 février 1750 : Fait un raport sur du papier, de 12 pieds de haut sur un pied de large, qui a servi à grandir la pièce de tapisserie de la Curée du Cerf exécutée aux Gobelins, parce que les armes du Roy, qui sont dans le haut, ne se trouvaient pas dans le milieu. Pour ce. 48 livres. »

« Du i3 juillet t75o : Fait un raport sur du papier, de 3 aunes de haut sur un pied, de la pièce du Fort Hu pour remettre les armes du Roy dans le milieu, pour ce 48 livres. •

On relève encore, à la date du 22 août 1744 (Exercice 1743) la mention d'un paiement de 770 livres à Oudry pour « les tableaux qu'il a faits pour les maisons royales à Paris et à la manufacture de la Savonnerie ».

(2) Plusieurs autres tableaux de cette suite se trouvent également au musée de Fontainebleau, sans être toutefois portés au catalogue.

Au château de Choisy.

Oudry fut compris en 1742 dans la distribution d'ouvrage nécessitée par la décoration du château de Choisy, que Louis XV venait d'acquérir ; quatre tableaux lui furent commandés. L'un d'eux représentait un plan de la forêt de Sénart; les trois autres parurent au salon de 1743, ainsi annoncées au livret :

Un grand tableau, de 10 pieds quarrés, appartenant au Roy. qui est placé sur le buffet de la salle à manger du château de Choisy, lequel représente une fontaine vue par l'angle, des pampres qui s'étendent dessus, et, dans le milieu du bas, un sanglier et un chevreuil, d'un côté un barbet qui surprend un héron dans des roseaux, à l'autre bout deux chiens couchans, un faisan et un lièvre attaché, et, dans le coin, des paniers de chasse avec quelque gibier.

Un portrait de chien couchant, fait pour le Roy, et posé dans la salle à manger du château de Choisy.

Autre portrait de chien couchant, aussi fait pour le Roy, et posé dans la même salle.

Le parfait paiement est en date du 26 juillet 1747 (Exercice 1744) :

Au sieur Oudry, peintre, 1,600 livres pour faire, avec 3,5oo à luy ordonnez acompte scavoir 2,5oo sur l'exercice 1742 le 11 avril et 3 octobre audit an, et 1,000 sur l'exercice 1743 le 21 aoust de ladite année, le parfait payement de 5, 100 livres à quoy montent quatre tableaux représentai, le premier la forêt de Senart, le deuxième une fontaine, ornée de bron\e avec divers sujets ; et les deux autres, qui sont des dessus de porte, des chiens couchants du Roy, qu'il a faits pour le service de S. M. au château de Choisy pendant Tannée 1743.

Ces tableaux figurent dans V Inventaire des tableaux du château de Choisyle-Roy fait le ?o mai 1792; seul le premier un grand plan de Senart avec sa forêt est faussement attribué à Pierre. Aucun ne fut vendu et ils sont portes à l'inventaire du dépôt des Petits-Augustins dressé par Lenoir.

L'un des dessus de porte se trouve aujourd'hui dans le cabinet du directeur du Jardin des plantes ; il représente un chien couchant en arrêt devant une perdrix au milieu de hautes herbes; ses dimensions sont de 1 m. 10 de haut sur 1 m. 40 de large; il est signe et date de 1742.

JEAN-BAPTISTE OUDRY

A La Muette.

Ce fut à Oudry qu'incomba, en grande partie, la décoration du château de La Muette, lors de l'aménagement nouveau de 1746; il eut à faire six tableaux très importants, ainsi mentionnés dans son mémoire récapitulatif (1) :

Mémoire des ouvrages de peintures faites pour le Roy, sous les ordres de M. deTournehem, parle sieur Oudry,

Le Roy envoya au sieur Oudry un loup et quatre chiens pour faire un tableau de 1 1 pieds sur 8 pieds. Il receut un ordre de M. de Tournehem de faire cette ouvrage qui fut présenté à Sa Majesté le 24 mars 1746 et depuis posé à la Meute 2,5oo liv.(2).

Ce tableau avoit été destiné pour servir de pendant à un tableau de chasse qui est [à] Versaille. Il fut ordonné audit sieur Oudry de l'envoyer chercher et d'y faire faire un châssis neuf, de le grandir, de le repeindre et de le faire poser en place. Ledit sieur a fait tous les déboursés montant à la somme de 33o »

Dans le mois d'aoust dernier, le sieur Oudry a fait augmenter un tableau de chasse en hauteur et largeur des quatre côtés pour être posé vis à vis le tableau ci-dessus. Son déboursé en cou-

(2) Dans un duplicata de ce mémoire, ce tableau te trouve ainsi décrit (A. N. O1 1932) : « Un grand tableau de n pieds de large sur 8 pieds de haut, représentant un Loup monstrueux assailli par quatre chiens de différente espèce, sur un fond de paysage ; fait suivant un ordre de M. Tournehem signé; ledit tableau présenté au Roy suivant un second ordre signe de même. Les chiens sont peints d'après ceux qui appartiennent au Roi. Ce tableau est posé dans la salle à manger du château de La Meutte. •

Voici une autre description de ce tableau, prise au livret du salon de 1746, où il figura : « Un loup monstrueux qui a été forcé proche Versailles par les quatre chiens qui l'environnent, appartenant au Roy, dont les deux à grands poils viennent du royaume de Naples et l'un des deux lévriers d'Irlande. Ce tableau destiné pour être posé dans l'appartement de Sa Majesté à Choisy. » 11 y a là une erreur évidente de rédaction et c'est La Muette qu'il faut lire et non Choisy.

tures faites deux fois, chassi, port et report et fait poser en

place, monte à la somme de 60 livres.

Pour l'ouvrage de peinture qu'il a fallu faire sur la toile ajoutée 74 »

En 1748 :

A l'exposition de la Saint-Louis de ladite année, le sieur Oudry exposa au salon un tableau, de 1 1 pieds sur 8 de large, représentant une Laie avec ses marcassins, etc. Monsieur de Tournehem lui fit l'honneur de le prendre pour le Roy; il a fallu le grandir, faire faire un châssis neuf et le faire poser en place, ce qui a été fait le 21 novembre de ladite année, et dont ledit sieur Oudry a fait tous les déboursés, contre l'usage ordinaire pour ce 3,ooo livres (1).

Ledit sieur Oudry a déboursé, pour avoir été chercher le tableau de chasse à La Meutte, pour avoir la grandeur du chassi, en avoir fait faire un, fait porter ce dernier grand tableau et poser en place, la somme de 36 »

Ledit sieur Oudry espère que le temps qu'il a employé à tous les voyages qu'il a été obligé ne sera pas oublié.

Du 6 aoust 1 749 :

Ledit sieur Oudry a livré quatre tableaux dessus de porte, posés dans la salle à manger du château de la Meutte, de 5 pieds de long chacun, pour ces quatre tableaux 2,400 livres.

Ces quatre dessus de portes furent exposés au salon de 17S0 sous te n* 34, avec cette mention au livret :

« Quatre tableaux, dessus de porte, pour le Roy et placés dans la salle à manger de Sa Majesté au château de la Meutte. Le premier représentant deux coqs qui se battent; le second un

(1) Variante (A. N. O' 1932) :

• Pour un grand tableau, de 1 a pieds et demi de large sur 8 de haut, représentant une laye avec ses marcassins attaquée par des dogues, sur un fond de paysage, le tout d'après nature. Ce tableau est celui qui a été au salon de la présente année, et que M. de Tournehem a fait l'honneur au sieur Oudry de prendre pour le Roy. Il est posé dans la salle à manger du château de La Meutte à la place de celui de chasse qui a été augmenté. »

JEAN-BAPTISTE OUDRY

chien qui se jette sur des canards dans des roseaux ; le troisième une buse qui culbute un lièvre ; le quatrième un renard sur un faisan. »

Le» tableaux de la Chasse du Loup et de la Laie avec ses marcassins furent payés en date du 3o janvier 175 1 (Exercice 1748) :

Au sieur Oudry, 1,000 livres pour faire, avec 6,ooo à luy ordonnez acompte sur l'exercice 1748, les 22 décembre 1749, 28 janvier et 28 may 1750, le parfait payement de 7,000 livres à quoy montent deux tableaux représentant l'un un Loup assailly par quatre chiens, et l'autre une Laye avec ses marcassins attaqués par des dogues, qu'il a faits pour le service du Roy au château de la Meutte pendant les années 1746, 1747 et 1748.

Les quatre dessus de portes furent payés en même temps que divers autres tableaux, destinés aux appartements de la Reine et de la Dauphine à Versailles, le 19 septembre 175a (Exercice 1749) :

Au sieur Oudry, 4,696 livres pour faire, avec 2,400 à luy ordonnez acompte scavoir 1,200 livres sur l'exercice 1748 le 23 may audit an, imputés par erreur sur son tableau de la laye déjà payé (1), et 1,200 livres sur l'exercice 1749, le 9 oc-

(1)' L'erreur en question provient de l'imputation à Oudry du prix du tableau suivant, qu'il n'avait pas exécuté pour le Roy (A. N. O* 1932) :

• Un autre tableau d'un combat d'un loup contre deux grands chiens ipagneuls, y compris les frais d'aggrandissement ledit tableau évalué a,83o livres.

« Et suivant le mémoire arrêté par M. de Tournehem, ce tableau n'est point du nombre de ceux qui ont été faits pour le Roi. On aura confondu celui du loup monstrueux assailli par quatre chiens avec celui-ci, comme en est convenu M. Oudry et comme en peut juger encore par la parité des sommes. >

Oudry convint du fait, comme l'atteste la lettre suivante écrite de Paris le 3i mai 1752 : « L'indisposition, où s'est trouvé M. Coypel depuis son dernier voyage à Versailles, m'a fait remettre de jour en jour à lui parler du compte de M. Oudry. J'espère qu'au moyen d'une saignée à laquelle il a fallu avoir recours pour faire cesser un crachement de sang, cela n'aura pas de fâcheuses suites. Il va beaucoup mieux et me charge de vous dire qu'il fait une provision de santé pour avoir le plaisir de vous voir au voyage qu'il

3j2 TABLEAUX COMMANDÉS POUR LE ROI

tobre 1751, le parfait payement de 7,096 livres à quoy montent dix-sept tableaux représentant divers sujets qu'il a fait pour le service du Roy, y compris 116 livres pour frais de voyage et autres faits à ce sujet, pendant l'année 1749.

On trouve actuellement au musée du Louvre la Chasse du loup : H. a m. 67. — L. 3 m. 55. — Signé : J.-B. Oudry, 1746, — et le Combat de coqs : H. 1 m. 16. - L. 1 m. 3o. — Signé : J.-B. Oudry, 1 749; au musée de Caen, où il fut envoyé par l'État en 1811, la Laie avec ses marcassins : H. 2 m. ?5. — L. 4 m. o5. — Signé : J.-B. Oudry, 1748.

compte faire à Versailles au mois de juin. Le décompte de M . Oudry me paraissant éclairci, j'ai cru qu'il serait à propos de vous communiquer les deux mémoires ci joints avant que M. Coypel les remette à M. de Vandières, afin que si vous y trouviez quelque chose à rectifier, vous eussiez la bonté de me le dire en me les renvoyant. J'ai prévenu M. Oudry sur l'ordonnance en recette qui paraîtra livrée sur les mémoires qui lui ont été trop payés. Il n'en a point été étonné et s'attendoit bien qu'il en faudrait venir là. Je lui ai aussi demandé s'il avoit fait un troisième tableau représentant un loup avec deux grands chiens épagneuls, il m'a fort assuré qu'après avoir même examiné ses registres, il n'en connoissoit point d'autres grands que les deux, l'un de la laye attaquée par des dogues, et l'autre un loup monstrueux assailli par quatre chiens. >

Pour établir le prix de ces tableaux d'Oudry, Coypel, le 8 novembre 1749, adressait à M. de Tournehem la représentation suivante (A. N. O' 1907).

« M. Oudry prouve, par les payemens qu'il a reçus du Roy depuis vingtcinq ans qu'il a l'honneur de travailler pour Sa Majesté, que le prix qu'il demande pour ses deux grands tableaux n'excède point ceux qui lui ont été accordés ci-devant, ni même ceux qu'il reçoit des particuliers pour lesquels il travaille. Ce serait lui donner, dit-il, la plus rude mortification que de le traitter moins favorablement que de coutume, dans le tems où il fait les plus grands efforts pour prouver son zèle infatigable. D'ailleurs, étant pour le présent le seul dans son genre, il se croit en droit d'espérer quelque distinction. Il est certain que, dès le tems de M. le duc d'Antin, M. Oudry étoit pour les payemens sur le ton où il demande à filre conservé : il le fut môme sous la direction de M. Orry, malgré la diminution fâcheuse du prix de tableaux d'histoire. Ce fut un coup funeste pour les arts que cette diminution. Il est à désirer pour la gloire de M. le Directeur général que la peinture soit traitée dorénavant comme elle l'étoitdu tems de M. Colbert. Le moment présent n'est pas favorable, il est vrai, mais je croirais qu'il vaudrait mieux distribuer moins d'ouvrages aux peintres, et les payer plus noblement. »

JEAN-BAPTISTE OUDRY 3 73

Divers.

A diverses reprises, Oudry peignit encore les têtes de quelques cerfs remarquables, tués par le Roi, ou d'oiseaux bizarres, dont le caprice du souverain voulait une image. Voici, prises aux mémoires de l'artiste (i), les mentions de ces différents tableaux :

Du 3o avril 1 749 :

Monsieur de Tournehem donna ordre au sieur Oudry de se transporter à Marly, pour y peindre une teste bigarre d'un cerf, ce qui a été fait. Ledit sieur observe qu'il en a peint cy devant deux que le Roy lui a fait payer dix louis pièces, pour ce 340 livres.

Pour les frais du voyage à part 36 1»

Du 10 juillet 1749 :

Sur les ordres de Monsieur de Tournehem, ledit sieur Oudry a peint une seconde teste de cerf, qui avoit été envoyé à Paris et obligé de la faire porter à Compiègne, quatre jours de perdus,

le prix dudit tableau comme celuy cy dessus 240 »

Pour le port du crochetteur 17 »

Pour frais de voyage dudit sieur Oudry 62 »

En tout 319 livres.

Ces deux tableaux furent payés sur l'exercice 1749, le 19 septembre 175a : l'ordonnance a été reproduite ci-dessus (3).

Du 16 novembre 1750 :

Reçu un ordre de M. de Tournehem pour me rendre à Choisy avec toille et couleurs et pour peindre une tête bigarre d'un cerf, que le Roi a pris en revenant de Fontainebleau, ledit tableau a été ébauché à Choisy et fini à Paris, pour le tableau 240 livres (3)

Frais de carosse de remise 1 3 »

(a) Cf. page 371 supra.

(3) Dans un autre mémoire postérieur le prix de ce tableau est porté a 3oo livres.

Deux hommes avec un brancard pour porter plusieurs toilles ne sachant pas la grandeur que le Roy désiroit qu'elle fut peinte, pour ce 8 livres.

Le 20, renvoyé de l'ordre du Roy, à Choisy, la tête peinte et finie, pour ce 4 »

Livré le 22 à Versailles ledit tableau (de 5 pieds 3 pouces de haut sur 3 pieds 3 pouces de largeur), pour port du crocheteur 4 »

Pour frais de voiture de carosse 12 »

En tout 281 livres.

Le paiement est en date du 26 décembre 1752 (Exercice 1750) :

Au sieur Oudry, 392 livres 4 sols pour son payement tant d'un tableau représentant une teste de cerf qu'il a fait pour le service du Roy, que des restaurations qu'il a aussi faites à un tableau des chasses de Sa Majesté (1) pendant l'année 1750.

Du 28 janvier ij5i :

Livré un tableau au Roy, toile de i5 (2), représentant un

(t) Cf. page 36g supra.

(2) Les dimensions de la toile de i5 étaient de 2 pieds 6 pouces sur 2 pieds.

— Indépendamment de ceux sus-indiqués, Oudry exécuta encore pour le Roy quelques tableaux qui ne sont mentionnés ni dans ses mémoires ni dans les comptes des bâtiments; on en peut reconstituer le détail d'abord en parcourant les livrets annuels des Salons :

1* Un loup cervier de la Louisiane qui combat contre deux dogues; de 6 pieds sur 4 de haut; destiné pour le Roy;

2* Une Gabelle ; ds b pieds sur 4 de large; pour le Roy;

Ces deux tableaux furent exposés au Salon de 1739.

38 Un léopard, de 8 pieds sur 6 de haut ; peint pour le Roy; exposé au Salon de 1740 ;

4* Un tigre mâle de la Ménagerie du Roy, de 5 pieds sur 4, peint pour Sa Majesté; exposé au Salon de 1741 ; •

5« Une téte bigarre d'un cerf, pris par le Roy dans la forest de Fontainebleau au mois d'avril dernier. Ce tableau appartient à Sa Majesté;

6» Un Guide Lion de la Ménagerie, de 3 pieds sur 2 et demi de haut, peint pour le Roy;

Ces deux tableaux furent exposés au Salon de J742;

7* Un tigre de la Ménagerie, peint pour Sa Majesté; exposé au Salon de 1743;

JEAN-BAPTISTE OODRY

oyseau aquatique, espèce de canard nommé macarel, qui a été porté delà part du Roy par M. de Chancenet, premier valet de

8° Une grue morte, attachée par les pattes à un arbre\ de 5 pieds sur 4 de large ;

9* Un Casuel ou Caruer, ainsi nommé par les Hollandois, de même grandeur. Cet oiseau est extrêmement rare; il vient de l'Ile de Benda et n'a ni langue, ni queue, ni ailes; il avale indifféremment tout ce qu'on lui donne même jusqu'aux charbons les plus ardents; il casserait la jambe d'un homme avec sa patte;

io* Trois oiseaux, scavoir VOiseau Royal, le Gonafale et une Demoiselle; de môme grandeur.

Ces trois tableaux peints pour le Roi furent exposés au Salon de 1745;

m* Un loup-cervier de la Ménagerie, assailli par deux boules-dogues, de 6 pieds sur 4 de hauteur, peint pour le Roi; expose au salon de 1746 (1).

A ce même salon de 1750, en même temps « qu'un petit tableau sur cuivre pour le cabinet de M— de Pompadour représentant des oyseaux perchés sur un cerisier; ils sont tous portraits >, Oudry exposait « quatre tableaux pour M"* de Pompadour, destinez pour la salle à manger du château de Bellevoe : le 1" deux chiens, un brac et un ipagneul, un panier a gibier, contre lequel il y a un faisan et des lapreaux dessus; le 2* un chien èpagneul en arrêt devant deux perdrix dans des bleds ; le 3» un barbet qui se jette sur des canards et des canichons ; le 4» deux lévriers, l'un flairant un lièvre. On y voit le château de Bcllcvuc dans le lointain ».

Et toujours, à ce Salon de 1750, on relève encore la mention du tableau suivant :

« Une perdrix que le Roi a tirée et envoyée à l'auteur pour en faire une étude, attendu la singularité du plumage. Une grande partie des plumes de cette perdrix se termine par un blanc sale; et appartenant à M. Boizot, peintre de l'Académie royale.

— L'État des tableaux faits depuis 1732 pour le château de Versailles jusqu'à Jj3a (A. N. O1 1965) signale à Compiègne les onze tableaux suivants d'Oudry, qui furent assurément faits sur commande royale, sans avoir été payés par l'administration des Bâtiments; chacun porte 4 pieds de haut sur 5 de large :

■ 1* Deux chiens blancs, un faisan blanc, marqué de bleu et d'aurore;

— 2* Deux chiens noirs, un faisan ayant le corps blanc ; — 3* Portrait de La Forêt, assis, tenant un fusil, un chien blanc tenant une perdrix rouge, un autre chien blanc, les oreilles brunes; —4* Trois petits chiens, une perdrix dans le bled ; — 5» Un gros chien nommé Polidor; — 6» Un chien blanc et trois faisans, dont un vole; — 7* Un chien blanc et un faisan arrêté; — 8' Deux levrettes, une qui court ; — 9» Un chat, nommé le Général, tenant un lapin, dans un fond d'architecture; — 10* Une levrette et un lévrier;

— Deux canards sur un fond de paysage. »

Ces onze tableaux étaient assurément faits avant| 1733, car ils sont ainsi

chambre de Sa Majesté, ce que ledit sieur Oudry a fait après en avoir rendu compte à M. de Tournehem, pour ce.. 140 livres. Voyages à Versailles 12 »

mentionné* par YÉtat des tableaux qui sont au château de Compiigne, en date du 23 février 1733, dans la chambre du Roi (A. N. O1 196S).

« Au-dessus des portes trois tableaux d'animaux représentant des chiens du Roy avec des fonds de paysage scavoir : Lune, au dessus de la porte d'entrée. — Charlotte, Gredinette et Petite fille, vis à vis. — Miu et Turlu au costé opposé du costé de la cour.

« Dans le passage du costé de la terrasse au dessus des portes, deux tableaux : l'un représentant les Canards de Marly. — Et l'autre le Général Chat.

m Dans le passage ensuitte qui entre au cabinet du conseil, deux tableaux au dessus des portes, représentant des chiens du Roy : l'un Fine Li^e, Li\e et un chasseur. — L'autre Perle et Ponne.

« Dans le cabinet du conseil, trois tableaux représentant des chiens du Roy, scavoir : Blanche. — Polidor, vis à vis. — Mignonne et Silvie, au dessus de la porte qui entre dans la garde-robe.

• Dans le cabinet du jeu, au dessus de la porte, un tableau représentant des chiens du Roy : Cadet et Hermine avec un faisan.

• Les onze tableaux d'animaux cy dessus expliquez sont peints par le sieur Oudry avec des fonds de paysage et ont chacun 5 pieds de large sur 4 pieds de haut, avec de simples bordures de bois blanchy et non sculptées. »

Le tableau de Perle et Ponne est actuellement à la manufacture de Beauvais, où il fut envoyé en 1817 avec attribution à Desportes : H. 1 m. 33. — L. 1 m. 63.

Dans Y Inventaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy qu'il faut ajouter à l'inventaire général fait en r 709 jusqu'en i"j3"j (A. N. O' io65), on relève également, à l'actif d'Oudry, les deux tableaux suivants qui se trouvaient alors dans le cabinet de la Surintendance a Versailles :

« Un cerf arrêté par plusieurs chiens sur un fond de paysage : H. 7 pieds 5 pouces. — L. 5 pieds 6 pouces.

. Un ananas dans un pot posé sur une plinthe de pierre : H. 4 pieds. — L. 3 pieds. »

Le premier tableau est ainsi mentionné dans l'Inventaire Jeaurat (A. N. O' 1965) : « un grand tableau représentant un cerf blanc moucheté arrêté par des chiens, par Oudry ». Il fut envoyé par l'État français au musée de Strasbourg : H. a m. 64. — L. 1 m. g5. — Signé : J. B. Oudry. ij3t.

Le second est actuellement au musée de Versailles, en dessus de porte de la bibliothèque de Marie-Antoinette (pièce laa), attribué à Despones. Signé : J. B. Oudry tj33.

CHARLES PARROCEL

Le paiement est en date do »6 décembre 1751 (Exercice 1751) :

Au sieur Oudry, peintre, 285 livres pour son payement tant d'un tableau représentant un oyseau aquatique qu'il a fait pour le service du Roy, que d'un autre qu'il a repeint et agrandi pendant l'année dernière.

Charles PARROCEL

Portrait de Louis XV.

Dans «on Essai sur la vie de Charles Parrocel (1), Cochin rapporte qu'en 1733, le duc d'Antin commanda à cet artiste un portrait du Roi à cheval ; cette œuvre fut même tirée à quatre exemplaires, signalés ainsi dans Y État des ouvrages de peinture faits pour le Roi pour le château de Versailles depuis 1 7 16 jusqu'et compris m 72g (a):

Portrait du Roy à cheval, donné au prince Charles 2, 5oo livres.

Autre portrait du Roy à cheval, porté à Chantilly. 1 ,200 »

Autre pareil portrait pour le cabinet du Roy 1,200 »

Plus un petit tableau du Roy à cheval pour graver (3) 3,ooo »

Le paiement est en date du 10 mars 1726 (Exercice 1735) :

Au sieur Parrocel, peintre, 4,500 livres pour faire, avec les 1,000 cy dessus (26 janvier 1725), le parfait payement de 5,5oo livres à quoy montent quatre tableaux représentant le Roy à cheval, qu'il a faits pendant les années 1724 et 1725.

(i) Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de f Académie de peinture, t. 3, p. 410.

(3) De fait ce portrait fut gravé par La r messin et Thomassin. L'artiste demandait 4,000 livres pour le premier portrait, 3,000 pour chacun des deux suivants et 5oo pour le dernier.

Cochin ajoute que pour ce portrait, Parrocel recourut a la collaboration de J.-B. Van Loo, qui peignit la tete du Roi (i) : de fait on trouvera, plus loin, à l'article consacré à cet artiste une double mention de • têtes du portrait du Roy d'après Parocel » évaluées l'une à 5oo, l'autre à 3oo livres, et qui corroborent l'affirmation de Cochin.

L'un de ces portraits se trouve actuellement au musée de Versailles (n* 374g) : H. a m. 61. — L. 2 m. og (2).

A Versailles.

!• Petits cabinets du Roi.

Parrocel fut l'un des artistes qui travaillèrent, en 1737, à la décoration de la petite galerie des petits cabinets de Louis XV (3); dans la série des chasses, qui fut alors interprétée, il eut à faire la Chasse de l'éléphant et la Chasse du taureau sauvage.

Le premier de ces tableaux fut exécuté en 1737; il se trouve ainsi mentionné dans l'Inventaire général des tableaux qui ont été faits pour le service du Roy qu'il faut ajoutera l'inventaire général fait en 170g jusqu'en / 7^7(4):

Un tableau représentant une Chasse d'éléfans que plusieurs hommes attaquent, il en étouffe un avec sa trompe ; hauteur, 5 pieds 10 pouces; largeur, 3 pieds 11 pouces; ceintre à oreilles.

(1) • Il ne se crut pas assez exercé à la peinture des portraits pour s'en rapporter à soi dans une occasion aussi importante. Il s'associa M. Jean- Baptiste Van Loo, célèbre peintre d'histoire, et qui, s'étant adonné au portrait, avoit singulièrement le talent de saisir la ressemblance. M. Van Loo devait se charger de peindre la tète du Roi, qui serviroit d'original aux portraits soit à cheval [soit en pied qu'ils pourraient faire ; avec ce secours il peignit le portrait du roi à cheval qu'on voit à la Muette. »

Il y a, toutefois, dans ces affirmations de Cochin, quelques inexactitudes. Il donne ainsi à entendre que J.-B. Van Loo n'exécuta qu'une tête du Roi, or il sera établi qu'il en exécuta deux : en outre, le portrait original ne saurait vraisemblablement être celui qui se trouvait à la Muette en 1760, mais s'en référant au prix où il fut payé, celui qui fut donné au prince Charles de Lorraine. — Cf. également Etienne Parrocel, Annales de la peinture, p. 248.

(2) Pour l'autre portrait du Roi, commandé à Parrocel en 1746, voir plus loin l'article consacré à J.-B. Van Loo.

(4) A. N. O' io65.

CHARLES PARROCEL

Le paiement est en date du i3 mars 1737 (Exercice 1736) :

Au sieur Parrocel, peintre, 1,200 livres pour faire, avec 1,200 à luy ordonnez le 4 janvier 1737, le parfait payement d'un tableau représentant la Chasse de Véléphant, qu'il a fait pour la petite gallerie du château de Versailles.

La Chasse du taureau sauvage date de 1738; le paiement eut lieu le 17 décembre de ladite année :

Au sieur Parrocel, peintre, 1,400 livres pour faire, avec 1,000 à luy ordonnez le 5 novembre dernier, le parfait payement de 2,400 livres à quoy monte un tableau représentant la Chasse du taureau sauvage, qu'il a fait et livré pour la petite gallerie des petits appartemens du château de Versailles pendant la présente année.

Actuellement la Chasse du taureau sauvage se trouve au musée de Calais, où elle fut envoyée par l'État en 1898 : H. 1 m. 60. — L. a m. 10 (i).

2° Appartements du Dauphin.

Piganiol de la Force, dans la description qu'il donne des appartements du Danphin, au rez-de-chaussée de l'aile droite du château de Versailles, mentionne les deux tableaux suivants (2) : « Dans l'appartement de Mgr le Dauphin, on aperçoit d'abord deux grands tableaux peints par le sieur Parrocel et qui représentent deux camps, dans l'un desquels sont des gardes du Roi, et dans le fond est une armée campée ; dans l'autre on voit un camp où sont des mousquetaires du Roi, et dans le fond on voit le commencement d'un siège. Ces deux tableaux ont chacun 5 pieds et demi de hauteur sur 4 pieds 6 pouces de largeur, et sont dans des bordures dorées et à oreilles. »

Ces deux tableaux durent être faits dans la seconde moitié de 1744, avant le mariage du Dauphin, alors que ce prince occupait cet appartement du rez-de-chaussée, qu'il devait abandonner en 1745 pour y revenir en 1747 (3). C'est, en effet, à eux seuls que peut s'appliquer l'ordonnance de paiement suivante en date du 12 juin 1746 :

(1) Les registres du Louvre mentionnent l'envoi en 1873 de la Chasse de l'éléphant au musée de Toulon, sans que les catalogues de ce musée l'y signalent.

{a) Descript. de Versailles, t. I, p. 323 -

(3) De Nolhac, Le château de Versailles sous Louis XV, p. i33. — Dans son Essai sur la vie de M. Charles Parrocel (Mémoires inédits, etc., t. II,

Au sieur Parrocel, peintre, 800 livres pour faire, avec 800 à lui ordonnés acompte le 18 avril dernier, le parfait payement de 1 ,600 livres à quoy monte le prix de deux tableaux qu'il a faits pour le service du Roy pendant les six derniers mois de

Ces deux tableaux sont mentionnés par Du Rameau (t) en 1783 au magasin de la Surintendance, sous ces titres : « Cavaliers et soldats » — Hussards et cavaliers », et avec les dimensions de 4 pieds 9 pouces sur 4 pieds 3 pouces.

Actuellement au musée de Versailles, où ils furent envoyés le 18 août 1848 : H. 1 m. 54. — L. 1 m. 3y.

A Fontainebleau.

En 1 737, lors des grands travaux de Fontainebleau (a), Parrocel eut à faire, pour la grande salle à manger de ce château, un tableau qui est ainsi décrit dans YInvenlaire des tableaux nouvellement faits pour le service du Roy pendant Vannée 1 7^7 (3) :

Un tableau représentant tme alte de grenadiers de la maison du Roy, M. de Creil leur commandant y parroist le verre en main, deux autres font la table d'un tambour, un mousquetaire gris penché sur le côté paroist parler à un grenadier; dans le fond on découvre la tranchée devant Philisbourg; hauteur, 7 pieds 3 pouces; largeur, 7 pieds ; cintré par le haut.

Ce tableau faisait pendant à la Halte de chasse de Carie Van Loo ; il fut exposé au salon de 1737 (4), et le paiement est en date du 4 décembre 1737 :

p.414), Cochin cite ces deux tableaux de Parrocel, à leur ordre chronologique d'exécution et déclare qu'ils étaient placés en dessus de porte dans l'appartement de Mgr le duc de Bourgogne : de fait, cet appartement du Dauphin avait été occupé, sous Louis XIV, par le duc de Bourgogne. D'après Cochin, ces tableaux représentaient un Camp du régiment du Roi et un Conseil de guerre à cheval.

(1) Archives du Louvre.

(2) Cf. p. 41 supra.

(4) Au Salon de 1748, Parrocel exposait l'esquisse de ce tableau, ainsi mentionnée au livret : « L'Esquisse d'un tableau que l'auteur a exécuté en grand, pour le buffet de la salle à manger du Roy à Fontainebleau. Cette Esquisse appartient à M. de la Tour. »

CHARLES PARROCF.L

Au sieur Parrocel, peintre, 3,ooo livres pour son payement d'un grand tableau représentant une halte a" armée qu'il a fait pour les petits appartenons du château de Fontainebleau pendant la présente armée.

Actuellement au musée du Louvre (n* 679) : H. a m. 22. — L. a m. 49.

Aux Gobelina.

V ambassade Turque.

En 1721, l'ambassadeur turc Mehemet-Effendi faisait son entrée à Paris: cet événement excita très vivement la curiosité du public et Parrocel en fixa le souvenir dans un tableau, qui fut exposé, à titre indépendant, avec ceux du concours de 1737. Cette peinture eut un vif succès, mais elle ne fut toutefois acquise pour le Roi qu'en 1739 (1) ; le paiement est en date du 3 juin de ladite année :

Au sieur Parrocel, peintre, 3,ooo livres pour son payement d'un tableau représentant Y Entrée de l'ambassadeur Turc par le pont tournant aux Tuileries, qu'il a fait (2) pour être placé dans la galerie d'Apollon à Paris en la présente année.

Ce tableau fut bientôt placé à Versailles, en pendant à une grande composition de Van der Meulen (3).

(1) « M. Parrocel avoit fait (de ce tableau) deux esquisses peintes dont une grande et assez finie, pou voit faire un tableau de cabinet : M. d'Antin le loua beaucoup; ce qui devoit faire comprendre à M. Parrocel, qu'il lui auroit fait sa cour en la lui présentant. Mais il ne sut point se défendre contre te désir que lui notifièrent assez clairement des personnes placées entre lui et te surintendant ; il leur laissa enlever ses esquisses. On ne doit point le blâmer avec sévérité de cette faute d'attention ; la conduite à tenir en ces occasions est trop incertaine, pour qu'on puisse exiger qu'un artiste sache toujours prendre le meilleur parti, surtout si l'on fait attention aux preuves que l'expérience a données tant de fois de la nécessité de ménager principalement les subordonnés, qui trop souvent peuvent réduire à rien h» eflets de l'estime et de l'aftection du supérieur. Ceux, dont il avoit cru acquérir la bienveillance par ce sacrifice, ne lui furent point utiles, et ce tableau ne fut acquis par le Rot que plusieurs années après, sous la direction de M. Orry. • (Cochin, op. cit., p. 408).

(a) Il y a certainement là une erreur de rédaction; c'est « livré » qu'il faut lire, car le tableau avait été exécuté bien avant cette date.

(3) Cochin. op. cit., p. 408.

38a TABLEAU! COMMANDÉS POUR LE ROI

Actuellement au musée de Versailles (n* 177) : H. a m. 28. — L. 3 m. 29 (1).

« M. le duc d'Antin — continue Cochin —, ayant conçu que cet événement de l'histoire du Roi peint en grand, produirait des tapisseries intéressantes, ordonna a M. Parrocel trois tableaux de divers momcns de ce sujet. Le premier étoit l'arrivée de r ambassadeur aux Tuileries par le pont tournant, le même qu'il venait d'exécuter en petit, le second sa sortie par le même pont, et le troisième Y instant ou Vambassadeur entre au palais. 11 n'y a eu que les deux premiers d'exécutés : ils ont 17 pieds de large sur 1 1 de haut. »

Le règlement de comptes pour le premier tableau est en date du to février 173a (a) :

Au sieur Parrocel, peintre, 5oo livres pour faire, avec 5,5oo à luy ordonnés savoir 1 ,000 sur l'exercice 1 727, 1 ,000 sur l'exercice 1728, i,5oo sur l'exercice 1729, 800 sur l'exercice 1730, 1,200 sur l'exercice 1732, le parfait payement de 6,000 livres à quoy monte un tableau représentant l'Entrée de Vambassadeur de la Porte, qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture des Gobelins pendant l'année dernière.

La Sortie de l'ambassadeur, exécutée en 1734, fut payée le 1- novembre 1739 (Exercice 1739) :

Au sieur Parrocel, peintre, 6,000 livres pour un grand tableau qu'il a fait pour être exécuté en tapisserie à la manufacture royale des Gobelins, représentant la Sortie de l'ambassadeur Turc du jardin du Palais des Thuilleries du côté du Pont tournant pendant 1 734.

Ce dernier tableau est actuellement au musée de Versailles (n* 2216) : H. 3 m. 48. — L. 7 m. (3).

(1) L'esquisse en fut achetée à la mort de Parrocel; on en trouvera l'ordonnance de paiement ci-après. Elle se trouve vraisemblablement aujourd'hui au musée Carnavalet.

(a) On voit ainsi que cette réplique fut achetée bien avant l'original.

(3) « On peut dire — poursuit Cochin — que ce sont deux des plus beaux morceaux qui soient sortis de l'École française. Mais le plaisir que l'on goûte en les admirant rend d'autant plus sensible le regret que fait naître l'état où ils sont par l'usage excessif que M. Parrocel faisoit de l'huile grasse et par la négligence qu'il apportoit dans L'emploi de ses couleurs. Emporté par son feu, tout lui était bon, tout obéissoit à l'impulsion de son génie, mais ce défaut de soin a donné trop de prise aux ravages du temps, les figures du devant sont toutes gercées et presque entièrement perdues.

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CHARLES PARROCEL

A Choisy.

La campagne de Flandres.

En 1745, Parrocel, aa rapport de Cochin, reçut l'ordre de suivre le Roi k l'armée, mais une maladie de son frère l'appela à Saint-Malo et il ne put mettre cet ordre à exécution dans les délais nécessaires. 11 lui fut réitéré le 12 mai de l'année suivante (t) : il perçut a, 000 livres d' « acompte des frais de voyage qu'il sera obligé de faire à la suittc du Roy pendant le cours de la campagne de Sa Majesté en Flandres », et se mit en route le i3 mai (a). Le voyage fut terminé au mois de juillet et, le 9 novembre 1746, Parrocel touchait le complément de ses frais de voyage :

Audit sieur Parocel 1,487 livres i5 sols pour faire, avec 2,000, le parfait payement de 3,487 livres i5 sols à quoy montent les frais de voyage, de retour et dépenses qu'il a faits pour aller en Flandres reconnoître les villes conquises par le Roy, et en prendre les vues pour rédiger les tableaux qui doivent décorer la gallerie du château de Choisy, depuis le 1 3 may dernier jusqu'au 6 juillet ensuivant.

C'était donc à la galerie du château de Choisy (3), qu'étaient destinés les tableaux que devait exécuter l'artiste. Parrocel se mit de suite à l'œuvre, et, au Salon de 1746, il exposait les esquisses des dix tableaux qui composaient cette suite (4).

Il commença par le tableau de la bataille de Fontenoy (5) ; au milieu de

Il ne reste, pour juger du rare mérite de l'auteur, que les figures du second plan et le fond. •

(1) A. N, O* 1934 a : « N« 36o. En conséquence de l'ordre du Roy, le sieur Parrocel, peintre de son académie, se transportera en Flandre, à Ypres,Tournay, Fontenoy et autres lyeux nécessaires pour l'exécution des tableaux à luy ordonnés. Fait à Paris le 1a may 1746. »

(a) Ainsi donc, contrairement à ce qu'affirme Mariette, il n'assista pas à la bataille de Fontenoy, donnée, un an auparavant, le 1 1 mai 174S.

(3) Boucher, C ares me, Francisque Millet, Dumont le Romain, Desportes, Oudry et Auberl avaient déjà travaillé à la décoration de ce château.

{4) Ils sont ainsi mentionnés au livret : • Plusieurs exquisses dessinées au nombre de dix, représentant les Conquêtes du Roy en Flandre; ces dessins, qui ont été présenter à Sa Majesté, doivent être exécutez pour la gallerie de Choisy. ■

(5) Le a5 mars 1747, il écrivait au directeur des Bâtiments t « Le sieur

l'exécution, il fut frappé de paralysie (t), mais on parvint à enrayer le mal, et l'artiste put achever ce morceau (a), qui fut alors placé à Choisy. Parrocel commença, aussitôt après, la bataille de Lawfeldt, mais son état de santé ne tarda pas à s'aggraver; il s'alita et mourut en 1752, laissant cette suite inachevée. Les Bâtiments achetèrent alors les études par lui faites à ce sujet et l'estimation suivante en fut faite (3) :

Parocel, peintre du Roi, par son mémoire à M. deTournehem le supplie de lui faire prêter les models dont il a besoin présentement pour faire les tableaux des conquêtes du Roi qui sont ci-après désignés. Savoir : L'habit qu'avoit le Roi à lu bataille de Fontcnoi, son chapeau garni et ses gands, l'habit étoit d'un drap gris blanc, chamaré d'un large galon d'or en brandebourg, le reste de même couleur, une culotte écarlatte, le chapeau bordé d'or avec un plumet blanc. — L'habit de M. le Dauphin, sa veste et son chapeau, l'habit étoit écarlate avec une large broderie en or, le chapeau bordé en or, avec un plumet blanc et une cocarde blanche. — L'habit de M. le duc de Richelieu, aide du camp du Roi, sa veste et son portrait. — Le portrait de M. le comte d'Argenson. — M. le maréchal de Saxe et M. de Reymort, chef du bureau du Génie, sont contents de l'arrangement des troupes. • (A. N. O' 1922).

(1) Le i3 juin 1747, de Tournehem écrivait à Coypel à ce propos : «J'apprends par M. de Cotte, que le pauvre P a rosse! est tombé en paralisie. J'en suis d'autant plus fâché que je crains que noua n'ayons bien de la peme â le remplacer. On m'assure cependant qu'il a deux élèves, dont un est très capable de finir ce qu'il a commencé. Je vous prie d'examiner ce qui en est et de voir en même temps si nous n'aurions personne sur qui jetter les yeux, en cas qu'il arrive malheur à Pa rosse l, ou qu'il ne fût pas en état de travailler. C'est dont je vous prie de me rendre compte. Je seray à Paria dimanche prochain et j'espère vous voir lundy » (A. N. O' 1907).

(2) « Ce morceau de la bataille de Fontenoy — rapporte Cochin — le seul qu'il ait pu achever, inférieur à ses ouvrages précédents, surtout quant au devant du tableau où sont les principales figures, présente encore des parties aussi dignes d'admiration que tout ce qu'il avoit fait de plus beau en sa vie. Telle est l'action représentée dans le fond du tableau qui est traitée avec tant d'art et de magie pittoresque, que quoiqu'il n'yait rien de rendu à cause de l'extrême petitesse et de l'éloignement des objets, néanmoins elle présente un spectacle animé et enrayant de la fureur de ce combat rendu avec une facilité inexprimable et un effet très piquant. »

(3) A. N. O' 1931. Voici, d'après une pièce annexée à cet état, la base d'après laquelle cette estimation fut faite :

■ Éclaircissement au mémoire cy après des Ouvrages commencés pour le Roy, par feu M. Parrocel.

m Pour parvenir à estimer avec justice les ouvrages, nous avons cru ne devoir point nous arrêter à l'estimation précise de ce que peuvent valoir par eux-mêmes les ouvrages qui sont restez, qui ne sont que des ébauches

CHARLES PARROCEL

Estimation des ouvrages faits pour le Roy, sous les ordres de M. le Directeur et ordonnateur général des Batimens, par feu M. Parrocel, peintre du Roy, trouvés sous le scellé après sa mort, et reconnus par feu M. d'Isle, contrôleur des Batimens du Roy au département de Paris en 1752.

La bataille de Fontenoy, tableau de 9 pieds et demi en quarré, fait et livré. Estimé 6,000 livres.

La bataille de Lawfeldt, de même grandeur : études du lieu faites 1,000». — Ebauche i5o »

Le siège de la ville d'Ypres, de même grandeur : études du lieu faites 1,000». — Ebauche i5o »

Le siège de la ville de Fribourg, môme grandeur : études du lieu faites 1,000». — Ébauche i5o »

Le siège de la ville de Tournay, de même grandeur : études du lieu faites 1,000 ». — Ebauche i5o »

Les dessus de porte sont évalués, relativement à l'estimation des grands tableaux ci-dessus, à la somme de 900 »

Le siège de Fumes, de 4 pieds 9 pouces sur 3 pieds et demi, ovale : études du lieu faites i5o »

La prise de la citadelle de Tournay, même grandeur : études du lieu faites i5o». — Ebauche 36 »

La surprise de Gand, de 3 pieds et demi sur 4 pieds

informes et dont la plus grande partie n'est l'ouvrage que de ses élèves. Nous avons considéré que, dans les tableaux de ce genre, les préparatifs et les études sont une partie considérable du travail, et nous avons cru qu'il étoit juste d'allouer à M. Parrocel l'emploi du tems qu'il a mis à ces préparatifs, qui est constaté par les desseins et études des lieux qu'il avoit à représenter qui ont été trouvés sous le scellé, et que, par cette raison, nous n'estimerons pas en particulier, les regardant ici comme faisant partie des tableaux qui lui avoient été ordonnes. Dans les tableaux de ce genre on peut évalûer toutes les études faites pour chaque tableau à la troisième partie de l'ouvrage, et les études seules du lieu où doit se passer la scène comme au plus la sixième partie. Il ne paroit point que M. Parrocel eut fait les études d'hommes et de chevaux que demandoient ces tableaux. Ainsi nous lui avons accordé pour les seules études du local la sixième partie du prix de l'estimation des tableaux et, en outre, une somme pour les frais qu'il a pu faire en les taisant ébaucher par ses élèves et pour le temps qu'il a employé à en ébaucher quelques parties lui-même. »

ib

ii pouces, chantourné : études du lieu faites. . . i5olivres. Le siège d'Oudenarde, études du lieu faites... i5o » Le siège de Menin, id. . . 1 5o »

Le siège de Dendermonde, îd. .. i5o »

Le portrait du Roy en pied, simple ébauche, sans études, de

8 pieds et demi sur 6 pieds 220 »

Esquisse de l'ambassadeur Turc arrivant au château des

Tuileries 100 »

Le portrait du Roy, dessiné à la craye, sur toile (i) 44 »

Total 1 1,900 livres.

Gratification 1 , 1 00 livres .

1 3,ooo livres.

Le règlement de compte définitif est en date du 10 décembre 1760 (Exercice 1756) :

Aux héritiers du sieur Parocel, peintre, 5oo livres pour faire, avec i2,5oo livres à lui ordonnez acompte scavoir : 5oo sur l'exercice 1732 le 20 février 1733, i,5oo sur l'exercice 1733 le 10 janvier 1734, 5oo sur l'exercice 1734 le Ier février audit an, 3,ooo sur l'exercice 1745 le 24 décembre de ladite année, 5,ooo sur l'exercice 1746 le 14 octobre audit an et 20 mars 1748 et 2,000 sur l'exercice 1749 le 3o avril 1 751, le parfait payement de i3,ooo livres à quoy ont été estimés et arrêtés tant les tableaux des batailles de Fontenqy et Lawféldt, des sièges des villes de Fribourg et de Toumay, les études et ébauches qu'il a fait des autres conquêtes du Roy que l'ébauche de deux portraits de Sa Majesté, l'esquisse de la Marche de V ambassadeur turc en 1721 arrivant au château des Tuilleries par le pont tournant, ensemble la gratification accordée par Sa Majesté audit feu sieur Parrocel en considération de ses talens et du tems par luy employé auxdits ouvrages en 1752 et années précédentes (2).

(1) Pour ces portraits, voir ci-après l'article relatif à Carie Van Loo.

(2) En marge on lit : « Cette somme (de 5oo livres) n'a pu et ne peut être encore payée pour les causes énoncées dans la lettre transcrite à la fin de ce registre, folio 400. » 11 s'agissait seulement d'une question de comptabilité, qui serait aussi fastidieuse à rapporter qu'inutile à connaître : par

CHARLES PARROCEL

Après la mort de Parrocel, les Bâtiments cherchèrent, parmi ses élèves, un artiste capable de terminer l'œuvre, ainsi laissée en suspens; on choisit, à cet effet, Philibert Benoit de La Rue, et, en 1753, on lui donnait à achever le tableau de la bataille de Lawfeldt(i). Voici, relevée sur un état général, la mention de cette commande (2) :

Exercice 1753. Un tableau représentant la bataille de Lawfeldt, destiné pour la gallerie du château de Cboisy.

Estimé 6,000 livres .

Nota. — L'indisposition de l'artiste a interrompu l'achèvement de ce tableau ainsi que de plusieurs autres faisant la suite des campagnes du Roi, qui lui avoient été ordonnées après le décès de M . Parrocel.

L'indisposition, à laquelle il est fait allusion ici, n'était autre qu'un accès de folie, qui frappa cet artiste et nécessita son internement à Notre-Dame des Vertus; il en sortit en 1756 (3), mais ne poursuivit pas l'entreprise qui lui avait été confiée, et le projet de décoration de la galerie de Choisy avec les tableaux de la campagne de Flandre dut être abandonné.

11 se pourrait toutefois que les ébauches de Parrocel aient servi dans la suite à Lenfant pour les tableaux qu'il exécuta sur ces mêmes sujets pour l'hôtel de la Guerre à Versailles; les dimensions, en effet, sont concordantes. La mention suivante de ces tableaux était faite au supplément du livret du salon de 1771 :

M. Lenfant académicien, n'ayant rien exposé cette année au salon parce que les ouvrages, qu'il a faits à l'hôtel de la Guerre à Versailles n'ont pu être déplacés, il avertit que cet hôtel est ouvert à tout le monde. On y voit de lui :

Le siège de Tournay. — La bataille de Lawfeldt. — La

divers paiements il avait été ordonné à Parrocel 1 5,5oo livres, et ses héritiers se trouvaient donc redevables de 1,600 livres envers le Trésor; on devine ce qu'une semblable situation devait amener d'écritures administratives!

(1) Le a3 décembre 1753, il percevait un premier acompte : « Au sieur De La Rue, peintre des batailles du Roy, 1 2,000 livres acompte sur les dépenses que les études qu'il va faire lui occasionneront tant au Manège a Versailles que pour y prendre tous les habits et autres dessins relatifs à un jour d'action. »

bataille de Fontenoy. — Le siège de Fribourg. — Le siège de Menin.

Ces tableaux sont à peu près quarrés et ont 9 pieds de hauteur. Le siège d'Ypres. — Le siège d'Anvers. — La surprise de Gand. Et deux dessus de porte, dont l'un est la bataille de Rocoux.

Ces divers tableaux sont actuellement au musée de Versailles; les cinq premiers sous les n" 310, 212, 188, 187, 182 : H. 3 m. 70, 3 m. 91 et 3 m. 34 — L. 2 m. 46, 3 m. 53 et 3 m. 79 ; — les trois derniers sous les n" 19S, 197, 204, identifiés a la bataille de Fontenoy et au siège de Mont : H. 1 m. 73 — L. 1 m. 58» 1 m. 79, 3 m. 3i .

Joseph-François PARROCEL (1)

A Choisy.

Mémoire d'un plafond représentant la Poésie (2) désignée par les Muses de la Tragédie, de la Comédie, du Poème Lyrique et du Poème Champêtre, qu'il a peint à Choisy, ayant 25 pieds en largeur sur 37 en longueur.

Estimé 3,6oo livres.

Nous n'avons point retrouvé d'ordonnance de paiement se référant à cette commande, dont la date même n'est pas indiquée.

(1) L'artiste est appelé : « Parrocel le neveu ». Il ne peut s'agir ici que de Joseph François, fils de Pierre et neveu de Charles Parrocel. Son frère Pierre Ignace rat surtout graveur.

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