LIONARDO DA VINCI
i° Un tableau représentant le portrait de la Joconde; figure comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 4 pouces sur 19 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Acheté 4,000 écus d’or par François ior à l’artiste.
Signalé en 1642 par le Père Dar., dans le cabinet doré de Fontainebleau.
— Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 4 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — Dans la galerie du Roi [V.] où il se trouvait encore en 1737 [G. R.] et où Piganiol de la Force le porte également. — Dans l’intervalle, placé en 170Ô à Paris au cabinet des tableaux (Mans. 6).
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’attitude de cette femme, qui est assise dans un fauteuil, est fort simple : elle a la main droite posée sur la gauche ; sa robe est plissée, et dans le tour du collet est une broderie ; le fond représente un paysage avec un rivière et un pont. » — Signalé dans le salon du Directeur général des Bâtiments à l’Hôtel de la surintendance à Versailles par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1 784), avec cette note (1788) : « Laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1601 : H. 0 m. 77. — L. o m. 53.
20 Un tableau représentant sainte Catherine avec deux anges; figures comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 3 pouces sur 2 pieds de large, peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun ( r 683), n" 396 [L. B.]. — A Versailles en 169a [P.].
— Dans la galerie du Roi [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Sainte Catherine est représentée avec un limbe [sic) autour de la tète; elle est couronnée de jasmins : de la main droite elle tient un livre ouvert, et de la gauche elle paroit tourner un feuillet ; un des anges, qui sont auprès de la sainte, tient une palme, et l’autre l’instrument de son martyre. » — Piganiol de la Force le signale
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dans la petite galerie de Versailles. — Jeaurat (1760) dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.]. — En 1777 transporté sur toile par le sieur Hacquin, dont voici le mémoire : « Avoir détaché de dessous le bois et remis sur toile une sainte Famille peinte par Léonard de Vinci portant 2 pieds 4 pouces de haut sur 2 pieds de large, à raison de 24 livres le pied. » (A. N. O' 19$$) : ces dimensions ne concordent qu’avec ce seul tableau de Léonard.
Actuellement au musée de Compiègne, n° 233 : H. om. 72 — L. o m. 63, avec attribution à l’école de Bernardino Luini.
3° Un tableau représentant un portait de femme ; figure de petite nature ; ayant de hauteur 22 pouces sur 1 5 pouces et demi de large, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Signalé ainsi par le Père Dan (1642), à Fontainebleau, comme faisant probablement partie de la collection de François I°r : « portrait d’une duchesse de Mantoue ». — Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 16, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris, avec cette note ajoutée en date du 29 octobre 1692 : « Le sieur Paillet a donné récépissé de ces deux tableaux (l’autre était un tableau de Bellini) au sieur Houasse, lesquels sont dans la petite galerie de Versailles » [H.]. — Paillet le signale à Versailles et le déclare peint sur bois [P.]. — En 1696, dans la galerie de Versailles [V.].
En iy3y, se trouve toujours dans la galerie de Versailles, où on veut y voir le portrait d’Anne de Boleyn [G. R.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Cette dame est vêtue d’un corps de robe rouge, avec des manches de la même couleur attachées avec des cordons verds; elle est-coëffée en cheveux courts et lisses; son col est orné d’une cordelière ; elle tient un morceau de dentelle à réseau, et son front est ceint d’une gance noire avec un. diamant au milieu... la figure a devant elle un appui de pierre. » — Signalé dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hôtel de la Surintendance, par Jeaurat (1760) [J.] et par du Rameau (1784); ce dernier l’identifie encore avec Anne de Boleyn et le déclare « en bon état » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n” 1600 : H. o m. 62. — L. o m. 44. — Les divers catalogues du Louvre, interprétant mal le texte de Bailly, avaient confondu ce portrait avec celui de la belle Ferronière. M. Durrieu a rectifié cette erreur; on présume que ce portrait est celui de Lucrezia Crivelli, maîtresse de Louis Le More.
40 Un tableau représentant un Christ tenant un globe ; figure de petite nature; ayant de hauteur 16 pouces et
demi sur 14 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles . Cabinet de la Surintendance .
Le Père Dan (1642) le mentionne ainsi à Fontainebleau : « Un christ à mi-corps », comme faisant probablement partie de la collection de François Ior. — Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 1 5, où il est ainsi désigné : « une teste tirée du cabinet de Fontainebleau manier de Leonnard d’Avincy, représentant Notre Seigneur tenant un monde », et avec cette note : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris, avec cette note ajoutée : « est à Versailles et le s. Paillet en a donné son récépissé au s. Houasse le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles en 1695 [P.].
En 17:17, se trouve au magasin de Versailles [G. R.]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Le Sauveur du monde, tenant d'une main un globe et donnant de 1 autre sa bénédiction ; son vêtement est une draperie bleue par dessus une robe rouge. » — En 1760, mentionné au magasin de la Surintendance [J.]. — En 1784, dans la sixième pièce de ce même hôtel, avec cette note ( 1788) : « tableau très foible, laver et vernir ou mettre au magasin » [D. R.] .
Actuellement au musée de Nancy, auquel il fut envoyé par l’État en i8o3 : H. 0 m. 46. — L. o m. 39.
5° Un tableau représentant une tête de femme de profil, nommée communément la belle Ferronière (1); figure de petite nature; ayant de hauteur 18 pouces et demi sur i3 pouces et demi de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 17, avec cette note : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris avec cette note ajoutée : « est à Versailles et le s. Paillet en a donné son récépissé au s. Houasse le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles en 1695 [P.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Cette femme a pour coèffure une tocque de velours rouge, bordée d’une espèce de broderie en or, et terminée, du côté de l’étoffe, par un rang de perles; un voile noir accompagne la tocque et tombe sur les épaules : la robe est d’une étoffe gros bleu. » — Piganiol de la Force le signale dans le premier salon de la petite galerie comme représentant <1 la belle Ferronière, maîtresse de François Ier ».— Se trouvait dans la première pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.], et en 1784, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" i6o5 : FI. o m. 5o — L. o m. 35.
(1) Voir le n° 4 précédent.
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6° Un tableau représentant un Baccus; figure comme nature ; ayant de hauteur 5 pieds 5 pouces sur 3 pieds 6 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Mentionné à Fontainebleau par le Père Dan, sous ce titre : « Saint Jean-Baptiste dans le désert » (i).— Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 389, avec ce titre : « Saint Jean » [L. B.]. — Paillet (1695) l’intitule d’abord « Saint Jean au désert » ; puis cette inscription est effacée et remplacée par celle-ci : « Baccus dans un paysage », avec cette note : « est appelé Saint Jean dans les anciens inventaires » : le tableau était alors à Meudon [P.]. — Dans ce château il fut successivement placé dans le « cabinet de Monseigneur » et dans la « chambre de Mademoiselle » [T. M. C. — Meud. s. d.], et, enfin, en 1706, dans l’appartement de M. le duc d’Orléans [Mans. 6].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il est représenté debout, couronné de pampres et faisant un mouvement d’indication de la main droite. »
Actuellement au Louvre, n° 1602 : H. 1 m. 77. — L. 1 m. i5.
70 Un tableau représentant la Vierge accompagnée de sainte Elizabeth et de saint Jean; figure comme nature; ayant de hauteur 5 pieds 4 pouces sur 3 pieds et demi; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Il y a dans ce texte de Bailly une erreur manifeste : l’indication de la présence de sainte Élisabeth et de saint Jean ferait naturellement penser à « la Vierge aux balances » ; mais ce tableau est mentionné plus loin (n° 8) et les dimensions données ne s’accordent qu’avec la « Vierge et Sainte Anne », comme au reste en témoignent les inventaires antérieurs et postérieurs à celui de Bailly.
Acheté en 1629 par le cardinal de Richelieu en Italie, et entré à sa mort dans la collection du Roi [Villot],
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 390, avec cette description : « un autre tableau dudit Leonnard peint sur bois représentant la Vierge assise sur les genouils de sainte Anne tenant le petit Christ qui joue avec un agneau, hault de 5 pieds 5 pouces sur 3 pieds et demi de large » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.].
(1) Voir ci-après le n° 10.
Placé en 1737 dans la petite galerie du Roi à Versailles [G. R.] où Piganiol de la Force le signale également — Mentionné par Lepicié (1752). — Signalé dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.] et pareillement en 1784, avec cette note: « La peinture tient solidement à son fond et n’a besoin que d’être lavée et vernie » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1598 : H. 1 m. 70. — L. 1 m. 29.
8° Un tableau représentant la Vierge tenant le petit Jésus, au devant duquel paroit un homme à genoux et sur le fond un saint Michel ; figure de demi-nature ; ayant 3 pieds et demi de diamètre ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 392, ainsi décrit : « Une Vierge avec le petit Christ et deux figures dont l’une tient une croix, ayant 3 pieds et demi de diamètre », et avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris avec cette note : « est à Trianon et le sieur Paillet en a donné son récépissé le i3 février 1695 au pied d’un ordre de M. le Surintendant » [H.]. — Signalé à Trianon par Paillet (1695) qui le déclare « agrandi en 1695 », affirmation que contredisent les dimensions données par Le Brun en 1 683 [P.]. — En 1696 dans l'antichambre de Trianon [T. M. C.].
Transporté sur toile, dans les six premiers mois de 1751, par Picault qui demanda 2,5oo livres pour cette opération et en obtint 1,200; voici son mémoire (A. N. O' 1934 A) :
« Un tableau peint dessus un fond de bois par Leonard de Viney assemblé de onze planches toutes vermoulues et les planches séparées les unes des autres, c’est-à-dire les rainures hors des languettes ce qui avait fait fendre la peinture dans toutes ces parties là, auquel j’ai ôté un nombre infini de repeints et espèces de mastics qui servaient à boucher en partie les dites fentes, écailles et nombre infini de petits trous surtout dans les chairs aucaconé par les verre (lire : occasionnés par les vers).
« Le morceau représente la Vierge tenant l’Enfant-Jésus assis sur ses genoux, donnant la bénédiction, à deux figures, l’une à genoux et l’autre debout qui est saint Jean-Baptiste tenant la croix. Ce morceau porte près de 4 pieds de diamètre, il a été enlevé de sur son fond de bois et après avoir séparé une épaisseur de cire, de couleur à l’huile que l'on avoit insinué entre la peinture et le fond de bois en différents endroits pour retenir toutes les parties qui menaçaient de tomber, et qui causait une inégalité d’épaisseur affreuse. Cette peinture à présent est dessus un bon coutil de Bruxelles marouflée comme bien tendue sur un châssis à clef. »
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge, dans une attitude simple et élé-
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gante, tient l’Enfant-Jésus auprès duquel on voit Saint-Jean ; sur le devant du tableau, le peintre a placé un homme à genoux faisant un acte d’adoration; le fond dans lequel on voit quelques fabriques est à moitié couvert par un rideau (i). »
9° Un tableau représentant la Sainte Famille accompagnée d’un Saint Michel; figures de 2 pieds; ayant de hauteur 3 pieds sur 2 pieds 1 pouce de large ; il a été élargi; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des médailles.
Gault de Saint-Germain, dans la Vie de Léonard (p. 46), dit que ce tableau avait appartenu à M. de Charmois. Il doit y avoir là une faute d’impression, et il faut lire assurément le duc de Charrost, marquis de Béthune; car c’est ce tableau que vise le paiement suivant relevé aux Comptes des Bâtiments, en date du 8 janvier 1678 : « 4,400 livres au marquis de Béthune pour un tableau de Léonnard del Viney qu’il a vendu au Roy. » [Guiffrey, t. I, col. 1012.]
Inventaire Le Brun (1 683), n° 274 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.] dans le Cabinet des médailles [V.], où Piganiol de la Force le signale également au milieu du xviii“ siècle.
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge tenant l’enfant Jésus et saint Michel à genoux qui lui présente une balance..., sainte Elisabeth et le petit saint Jean qui tient un mouton font aussi partie du môme groupe »; il dit également ce tableau cintré par le haut. — Signalé par Jeaurat (1760) dans le magasin de l’hôtel de la Surintendance [J.], — par Jacques Bailly (1766) au Luxembourg. — Vraisemblablement restauré vers 1776 par le sieur Hoogstoel, dont voici le mémoire : « la Sainte Famil!e(2)de Léonard de Vinci, l’avoir nettoyé, ôté les repeints et restauré... 72 livres. » [A. N. O' 1 g3 3] . — Signalé par Duplessis (ij85) au Louvre [Louv. 85]. — Restauré en 1789 par le sieur Martin dont voici le mémoire : « de Léonard de Vinci, sainte Famille et saint Michel qui pèse les âmes devant l’enfant Jésus de 36 pouces sur 25; enlevé la crasse ancienne qui l’interceptoit et des repeints très difficiles [A. N. O1 2 1981]. »
Actuellement au Louvre, n° 1604, avec attribution à l’école de Léonard de Vinci : H. o m. 90 — L. o m. 69.
(1) On remarquera que Lepicié ne signale point le saint Michel du fond du tableau, qui figure dans la description faite par Bailly. Y a-t-il là une erreur de ce dernier, ou bien ce motif aurait-il été supprimé par quelque restaurateur et remplacé par un rideau?
(2) Ce tableau de « la Vierge aux balances » est le seul de la collection du Roi que les inventaires aient appelé « la Sainte Famille ».
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io° Un tableau représentant saint Jean à mi-corps; figure de petite nature; ayant de hauteur 2 pieds 2 pouces et demi sur 2 1 pouces de large (1) ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Offert par Louis XIII à Charles I" d’Angleterre; acheté à la mort de ce dernier par Jabach, qui le revendit au cardinal Mazarin; cédé par les héritiers de ce dernier à Louis XIV [Villot] (2).
Inventaire Le Brun ( 1 683), n" 58, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris avec cette note ajoutée : « est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles en 1695 [P.].
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Le saint montre une croix qu’il tient, il est représenté à mi-corps; les chairs, car la figure est nue, ne sont pas d’un ton de couleur très vrai, ce qui peut venir de ce que le tableau a souffert. » — Signalé par Jeaurat (1760) au magasin de la Surintendance [J.]. — par Du Rameau (1784), dans la deuxième pièce de ce même hôtel, avec cet intitulé : « Une Vierge; H : 2 pieds 3 pouces, L : 1 pied 1 1 pouces », et cette note (1788) : « en bois, attribué, en bon état » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1597 : H. o m. 69, — L. o m. b~j.
1 1° Un tableau représentant la Vierge assise avec l’enfant Jésus et saint Jean debout accompagné d’un ange; figures plus de demi-nature; ayant de hauteur 6 pieds sur 3 pieds 8 pouces de large, dans sa bordure dorée, ceintré par le haut.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Faisait probablement partie de la collection de François I*r.
(1) Il y a lieu de remarquer que les dimensions de ce tableau sont les mêmes que celles du n° 2, « sainte Catherine avec deux anges » : ces deux peintures devaient probablement se faire pendant.
(2) Je signale cette indication de Villot, en ayant soin de faire observer que le n° 1602 du Louvre, le Bacchus par Léonard, a été pendant très longtemps mentionné par les anciens inventaires comme représentant saint Jean-Baptiste, et qu’il ne serait pas impossible que ce fût lui qui ait été l’objet de ces diverses négociations.
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Le Père Dan (1642) le mentionne à Fontainebleau. — Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 3g 1 [L. B.]. — A Paris, en 1691, au Cabinet des tableaux [Par. s. d.]. — Signalé par Houasse (1691) avec cette note ajoutée : « est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 27 octobre 1692 » [H.]. — Paillet, cependant, ne le mentionne pas à Versailles en 1695, et par contre, en 1706, il se trouvait à Paris au Cabinet des tableaux [Mans. 6].
Dut être restauré en 1751 par la veuve Godefroid et le sieur Colins, car c’est à lui seul que peut s’appliquer ce mémoire : <1 Avoir fait reprendre des parties de peinture à un Leonard de Viney » [A. N. O' 1934 A]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’enfant Jésus, assis sur les genoux de la Vierge, est soutenu par un ange; saint Jean, dans une attitude respectueuse, a les mains jointes, et la Vierge, par un mouvement de la main, semble approuver son action : le fond représente un paysage. » — Signalé dans la troisième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.] et pareillement en 1784, avec cette note (1788) : « nettoyer et lever quelques repeints au corps de l’enfant », et cette indication de Du Rameau : « Ce tableau doit être porté au château tous les ans la veille du Jeudi Saint » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1599 : H. 1 m. 99, — L. 1 m. 11.
i2° Un tableau estimé de Leonard de Viney représentant huit figures d’hommes et de femmes à mi-corps entre lesquels un vieillard qui paroit caresser une vieille; figures de demi-nature ; ayant de hauteur 20 pouces sur 2 pieds 9 pouces de large, peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Paris. Cabinet des tableaux.
N° 3g5 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), où il est porté en ces termes au nom de Quintin Matsys : « Un tableau de Quintin qui représente huit demi figures d’hommes et de femmes à l’entour d’une table entre lesquels il y a un jeune homme qui caresse une vieille pour avoir la bourse... dans une vieille bordure », et avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.].
A Paris en 1691 [H.] — en 1706 [Mans. 6] — en 1726 [Coyp.].
Pietro VANUCCI, dit il PERUGINO (i)
i° Un tableau représentant la Vierge accompagnée de deux anges, dont un soutient l’enfant Jésus; figures de demi-nature ; ayant de hauteur 16 pouces sur 18 pouces de large, peint sur bois.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 3o, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné à Paris par Houasse (1691) avec cette note ajoutée : « est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — Au magasin [Mag. 96].
Signalé par Lepicié (1752), — par Jeaurat (1760), dans la première pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.], — par Du Rameau (1784), dans la neuvième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Musée de Strasbourg, auquel il fut envoyé en 1804 par l'État français.
20 Un tableau représentant la Magdeleine aux pieds de Jésus-Christ dans un jardin; figure d’environ 1 3 pouces; ayant de hauteur 20 pouces sur 17 pouces de large, peint sur bois.
Fontainebleau. Cabinet de la Reyne.
Faisait probablement partie de la collection de François Ier; le Père Dan (1642) le mentionne ainsi à Fontainebleau : « Un Christ, en forme de pèlerin (?) qui apparait à la Madeleine après la résurrection. »
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Magdeleine, aux pieds de Jésus- Christ, est représentée dans un mouvement de surprise et d’admiration à la vue du Sauveur, qui lui apparoit sous la figure d’un jardinier; la scène se passe dans un jardin, dont le paysage est de petite manière, ainsi que les
(1) Ainsi orthographié dans un inventaire de 1696 : « le Père Eugein » [Mag. 96.].
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draperies de ces. deux figures. » — Signalé par Duplessis (1785) au Louvre avec cette note : « en très mauvais état » [Louv. 85].
Actuellement au Louvre, n° 1 1 1 5, avec attribution à Mariotto Albertinelli : H. o m. 57. — L. o m. 48.
3° Un tableau représentant saint Hierosme à genoux devant un crucifix, un Lion qui s’enfuit et un chapeau de cardinal pendant à un arbre sur un fond de païsage ; figures de 22 pouces ou environ; ayant de hauteur 2 pieds 8 pouces sur 2 pieds 2 pouces de large, peint sur bois.
Fontainebleau . Cabinet de la Reyne.
Faisait probablement partie de la collection de François I" : le Père Dan (1642) le signale à Fontainebleau dans le cabinet de la Reine.
Mentionné par Lepicié (1752), — par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1784), au magasin de la Surintendance [D. R.].
Actuellement au Musée de Caen, auquel il fut envoyé par l’Etat en 1804 : H. o m. 90. — L. o m. 94. — Signé en lettres d’or : Petrus. Perusinus. Pinxit.
40 Un tableau représentant une descente de croix, la Sainte Vierge, la Magdeleine, saint Joseph, saint Pierre et saint Jean qui soutiennent Jésus-Christ; figures de petite nature ; ayant de hauteur 4 pieds 4 pouces sur 3 pieds 8 pouces de large, peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Fontainebleau. Cabinet de la Reyne.
Un inventaire de Fontainebleau de la fin du xvn° siècle mentionne ce tableau dans la chapelle du château [Font. s. d.], où d’Argenville le signale également, en 1762, sur l’autel près du chœur des Religieux.
Ainsi décrit par Lepicié (1752) : « Notre Seigneur, détaché de la croix, est soutenu par la Sainte-Vierge, par saint Pierre, saint Jean et Joseph d’Arimathie; la Magdeleine embrasse avec amour les pieds du Sauveur. »
Actuellement au Louvre, n° 1 568, avec attribution à l’Ecole de Pérugin.
RAFFAELO SANTI, dit RAPHAËL
i° Un tableau représentant saint Michel tenant une lartce pour terrasser Lucifer qui est sous ses pieds ; figures comme nature ; ayant de hauteur 8 pieds 2 pouces sur 4 pieds io pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée avec deux volets doublés de velours verd peints par dessus d’ornemens de rehaussé d’or.
Versailles. Grand appartement du Roy.
Commandé en 1 5 1 8 à Raphaël par le pape Léon X, pour être offert à François Ier.
Lavé et nettoyé, de #7 à r^j.o, par le Primatice [Laborde]. — Signalé par le Père Dan (1^42) à Fontainebleau. — Inventaire Le Brun , n° 5
[L. B.]. — Restauré par Guélin en 1 685, comme l'atteste cette mention des Comptes des Bâtiments, en date du 8 mai 1 685 : « Reçu du sieur du Metz 2,200 livres pour délivrer au nommé Guélin, peintre, pour avoir rétabli le tableau de saint Michel, de Raphaël... » [Guiffrey, tome II, col. 587]. — A Versailles en 1695 [P.], où on le posait, pendant l’été, dans la chambre du Roi [V.]. En 1715, placé dans la galerie particulière du duc d’Antin à Paris [A.].
Au milieu du xvm” siècle, la peinture de ce tableau était fortement compromise : en 1749, un rapport, qu’on lira à l’article relatif à la Sainte Famille (n° 2), en signalait le fâcheux état au Directeur des Bâtiments; le 28 novembre 1750, une enquête fut prescrite à ce sujet et, le 10 décembre, l’Académie prenait la décision suivante, mentionnée à son procès-verbal (A. N. 0‘ 1931) (1) :
« L’Académie s’étant assemblée extraordinairement pour entendre le rapport de ce qui s’est passé à Versailles conformément à la délibération du 28 novembre dernier au sujet du tableau du Saint-Michel de Raphaël, le Secrétaire de l’Académie, un des députés nommés, a dit qu’en conséquence de cette délibération et des ordres de M. le Directeur général des Bâtimens Messieurs les députés de l’Académie se sont rendus à Versailles le 8 du présent mois, pour examiner le Saint-Michel de Raphaël et décider, si, par les expériences que le sieur Picault a faites sur les tableaux d’André del Sarte
(1) Cf. Procès-verbaux de l'Académie, publiés par M. A. de Montaiglon.
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et de Van der Meulen, qu’il a enlevés le premier de dessus le bois, et le second de dessus la pierre et qu’il a transportés sur la toile avec tout le succès possible quoiqu’ils fussent l'un et l’autre dans un très mauvais état, on pouvoit se servir du même moyen pour prévenir la ruine entière du Saint-Michel ;
« Que Messieurs les députés, après avoir examiné avec l’attention la plus scrupuleuse l’état présent dudit tableau, avoient trouvé dans la totalité, de petites parties sans nombre prêtes à se détacher;
« Qu’il est indubitable qu’en voulant faire ces réparations sur le paneau même, on seroit non seulement obligé de conserver l’ancien repeint, mais d’en ajouter de nouveau';
« Que les mêmes accidents venant à se repetter promptement et successivement on ne pourroit y remédier qu’en faisant la même opération, ce qui au bout de peu d’années ne laisseroit plus rien du tableau original;
« Que conséquemment il n’y avoit point d’autre parti à prendre pour sauver le tableau du Saint-Michel que de le remettre entre les mains du sieur Picault pour le transporter sur la toile; que, par ce moyen, on conserveroit tout ce qui reste de pur de Raphaël, mais encore que ledit sieur Picault ayant aussi le secret d’enlever le repeint, on pourroit trouver dans les dessous des indications pour le trait et pour la couleur;
« Qu’il ne falloit pour se convaincre de cet avantage que réfléchir sur la manière dont on raccommodoit anciennement les tableaux.
« Lorsqu’il y avoit des endroits écaillés dans une partie, celui qui étoit chargé de la réparation peignoit, pour accorder le tableau, la partie entière, ce qui est arrivé surtout dans la figure du Démon terrassé du même tableau de Raphaël, au lieu qu’à présent on ne convoque la partie nécessaire et en pointillant;
« Qu’il falloit de plus observer que le Roi possédant une belle copie du Saint-Michel, faite il y a plus de vingt-cinq ans, elle serviroit à conduire au rétablissement de l’original;
« L’Académie, ayant trouvé toutes ces observations justes et solides, les a approuvées unanimement et a ordonné que ce présent rapport seroit inséré dans ses registres, ce qui a été fait à l’instant et ont tous MM. les députés signé. »
Le io janvier 1751, l’état du tableau de Raphaël était ainsi détaillé dans un procès verbal, signé de Coypel, Portail, Carie Van Lo$et Lepicié (A. N. O1 1 g 3 1 ), et publié par M. J. Guiffrey en 1879, dans les Nouvelles Archives de l'Art français :
« Le tableau représentant saint Michel qui terrasse Lucifer et reconnu pour avoir été peint par Raphaël en 1 5 1 8 sur un tableau de bois de quatre planches jointes et collées ensemble sans rainures ni languettes, ces planches sont continues par derrière avec deux fortes barres entaillées, à queues d’aronde dans lesdites planches, lesquelles ont ensemble 8 pieds 4 pouces de hauteur sur 4 pieds 10 pouces et demi de largeur et 16 d’épaisseur.
« Le tableau est dans un très mauvais état menaçant dans presque toutes les parties une ruine prochaine, celles qui se sont le mieux conservées sont la tête et la chevelure de saint Michel du côté de la lumière, on aperçoit néanmoins que celles qui sont dans la partie opposée, c’est-à-dire du côté de l’ombre, ont été repeintes autour de l’œil gauche, de la joue du même côté et dessous la lèvre inférieure, ainsi qu'à la chevelure où l’on voit plusieurs parties repeintes et écaillées.
« Le col du côté de la lumière a moins souffert que du côté de l’ombre, où on aperçoit plusieurs endroits repeints et au devant de la gorge plusieurs autres enlevés.
« La cuirasse jaune dont est revêtu le Saint-Michel paroit s’être conservée assez purement sur l’épaule gauche et sur l'estomac, il y a néanmoins plusieurs petites parties qui se sont enlevées vers la jointure du bras dans la partie de la lumière.
« La draperie bleue qui enveloppe le bras gauche par le haut paroit s’être assez bien maintenu quoiqu’il y ait quelques endroits de repeints, le surplus du même bras, ainsi que la main qui tient le bas de la lance se sont assez bien maintenus quoiqu’on y aperçoit plusieurs parties qui ont été repeintes et d’autres écaillées vers le milieu, à la jointure du bras, au coude et au haut d’iceluy dans la partie de l’ombre.
« Le bras droit qui s’élève tenant la lance par le haut est en plus mauvais état ayant été repeint en nombre d'endroits, le dessus de la main ou frape la lumière s’est conservé plus purement.
« La lance a des parties écaillées vers le milieu dans l’intervalle des deux mains.
« La draperie ou l'écharpe gris de lin qui paroit voltiger autour de la figure du Saint-Michel est moins chargée de repeints que bien d’autres endroits du tableau.
« La partie de cette draperie qui passe au devant du corps est écaillée en plusieurs endroits et laisse apercevoir plusieurs parties blanches de l’impression du tableau.
« L’aile gauche du Saint est presque toute endommagée dans la plus grande partie de l’ombre, particulièrement vers la pointe et sous sa côte, on voit que ces endroits sont fort chargés de repeints; on aperçoit aussi quantité de points blancs qui sont autant de parties détachées du tableau.
« Le dessus de cette aile dans la partie où frappe la lumière est en meilleur état.
« L’ailedroite s’est beaucoup mieuxconservée, quoiqu’il yaitaussi quelques parties de repeintes; l’endroit qui avoisine la tête semble avoir bouilly, le tableau ayant pu être exposé aux rayons du soleil, l’on aperçoit aussi dans cet endroit plusieurs petites parties qui se sont enlevées et laissent voir l'impression.
« La cuirasse jaune qui cache la partie du ventre ainsi que le tonnelet au dessous quoyque repeinte en quelques parties, se sont assez bien soutenues du côté où frape la lumière; mais celles qui sont dans l’ombre où passe l’épée sont chargées de couleur dans les endroits qui ont été repeints, qui
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
sont nombreux en cet endroit, le tout paroissant bouilly vraisemblablement par les mêmes causes dites cy dessus, l’on aperçoit aussi quantité de parties écaillées qui découvrent le fond blanc de l’impression, de même qu’en quelques endroits du fourreau de l’épée et du tonnelet.
« La jambe gauche du Saint-Michel, qui porte sur les épaules du démon, est repeinte en plusieurs endroits des chairs et du brodequin jusque sur le coud de pied, cette dernière partie est au nombre des plus saines du tableau étant tout entier jusqu’à l’extrémité des doigts.
«La face de Lucifer s’est aussi bien conservée, ainsy que partie des cheveux, des cornes, des griffes, de la fourche, quelques endroits de la queue et des ailes, les bras, le dos, la croupe et toutes les autres parties de cette figure se sont moins bien soutenues que les endroits dénommés cy dessus ; l’on y voit une grande quantité de parties repeintes et écaillées particulièrement sur le dos et les épaules, la croupe et en différens endroits des ailles.
« Le surplus des autres parties de cette figure, ainsi que la terrasse où elle est couchée et généralement tout le bas du tableau, depuis la ligne du genouil de saint Michel, et d’un côté à l’autre d’iceluy, sont totalement ruinées, chargées de couleur dans une grande quantité de parties repeintes et d’un grand nombre d’autres écaillées qui laissent voir le fond de l’impression.
« Résumant tous les détails mentionnés aux articles du présent, il est aisé d’apercevoir que ce tableau est dans l’état le plus déplorable, particulièrement dans la partie inférieure, s’entend depuis le genouil de saint Michel jusqu’au bas dudit tableau, depuis cette partie du genouil jusqu'au haut y compris la totalité du ciel, les draperies et le paysage se sont conservés plus purement quoyqu’extrêmement endommagés, ne laissant point apercevoir une sürface de deux pouces quarrés qui ne soit menacée de tomber par écailles et qui n’ait déjà été mal restauré. »
Cette opération fut payée à Picault — non point i i,5oo livres, comme on l’a cru jusqu’ici, — mais seulement 7,000 livres comme il résulte d’un rapport du sieur de Vahiny sur cette question [A. N. O1 1 g33]. Cependant le traitement que subit le tableau ne donna pas tous les résultats promis, et en 1776, on vit qu’il fallait procéder à une restauration nouvelle. Picault, le 24 octobre 1776, demanda au directeur des Bâtiments qu’on lui confiât cette entreprise; il s’expliquait ainsi sur le mécompte survenu [A. N. O’ 1910] :
« ... S’il y a quelques défauts qui soient une suite naturelle de mon opération, ils ne doivent pas être assez considérables pour mériter que le tableau soit relevé en entier; si il y a quelque partie qui se lève naturellement et sans accident quelconque, ce ne peut être occasionné que par quelques petits repeints ou quelque peu d’impression que je n’aurais pas assez scrupuleusement ôté, ou de petites parties d’air entre la peinture et le fond; n’ayant pas assez prévu tous les inconvénients, comme je les ai prévus depuis et remédié, j’ai acquis de l’expérience, vous en jugerez parle tableau de Saint- Jean l’Evangéliste. »
l6 INVENTAIRE GÉNÉRAL DES TABLEAUX DU ROY
Le comte d’Angiviller, directeur des Bâtiments, n’accueillit pas cette demande et confia la nouvelle restauration au sieur Hacquin; voici le mémoire de ce dernier [A. N. O1 1933] : « Avoir relevé de dessus toile le fameux tableau de Saint-Michel, peint par Raphaël d’Urbin (opération faite antérieurement par le sieur Picault) et après l’avoir détaché, l’avoir remis sur une nouvelle toile, avec marouffle, prix convenu, 1,200 livres. »
Mentionné par Piganiol de la Force, comme placé chaque année, de Pâques à la Toussaint, dans la Salle de Mercure à Versailles. — Le reste de l’année, il était déposé dans la quatrième pièce de l'hôtel de la Surintendance, comme en témoigne Du Rameau, qui le note ainsi : « à laver avec prudence et lever les repeints » [D. R.] .
Actuellement au Louvre, n° 1504. H : 2 m. 68. — L : 1 m. 60. Signé en lettres d’or : Raphaël. Urbinas. Pingebat. M. D. XVIII.
2° Un tableau représentant une Sainte Famille accompagnée de deux anges sur le fond, dont un répand des fleurs; figures comme nature; ayant de hauteur 6 pieds 4 pouces sur 4 pieds 3 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée, avec deux volets doublez de velours verd et peints par dessus d’ornemens de rehaussé d’or. Versailles. Grand appartement du Roy.
Commandé en 1 5 1 8 à Raphaël par Léon X, pour être offert à François I".
Nettoyé, de 1J37 à 1^40, par le Primatice [Laborde]. — Signalé par le Père Dan (1642) à Fontainebleau. — Inventaire Le Brun, n° 3 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], où on le posait pendant l’été, avec le Saint-Michel, dans la chambre du Roi [V.]. — En 1 7 1 5 , porté à Paris à l’hôtel particulier du duc d’Antin [A.].
Les multiples déplacements de ce tableau, comme du Saint-Michel , en avaient compromis l’état; en 1749, le rapport suivant était adressé par le garde des tableaux sans doute, au Directeur des Bâtiments (A. N. O' 1907) :
« La Sainte Famille et le Saint-Michel de Raphaël, les deux tableaux qui méritent le plus d’attention entre tous ceux que le Roi possède, sont peints sur bois, ce qui, joint à leurs cadres, les rend d’un poids prodigieux et par conséquent très difficiles à manier, on les transporte, selon les différens ameublemens du grand appartement du château au dépôt des tableaux et ils souffrent d’autant plus dans les transports que la peinture s’est boursouflée en plusieurs endroits et tombe en écailles, cet accident est inévitable dans les peintures sur bois. Le Saint-Michel a été si maltraité anciennement,
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE 17
qu’on a été obligé de le retoucher en plusieurs endroits et à plusieurs reprises. La Sainte Famille est encore dans sa première pureté, mais elle ne pourra se conserver longtemps, il est même à craindre qu’on ne soit obligé un jour de la porter sur une toile, par le nouveau secret pratiqué par Picault; mais comme c’est une dernière extrémité à laquelle il ne faut avoir recours que le plus tard qu’on pourra, il seroit bon pour les ménager, ou de donner ordre que, quelque changement qu’on fasse aux ameublements, ils restent toujours en place, ou de leur en chercher une dans le château, le plus près qu’il se pourra de l’appartement et au même étage où ils sont disposés, sans les porter au dépôt de l’hôtel de la Surintendance. »
Ce tableau toutefois ne fut pas livré à Picault, mais laissé en l’état. Le 14 décembre 1763, Jeaurat prévenait la direction des Bâtiments que « la couleur s’enlevait » (A. N. O' 1909); on ne fit rien. La situation empira et, en 1776, une commission, composée de Pierre, Coypel et Hallé, fut chargée d’examiner le tableau et prit la résolution suivante (A. N. O1 1 9 1 1 ) :
« Nous, soussignés, appelés par M. le Directeur général des Bâtimens du Roy pour examiner l’état actuel du tableau de la Sainte Famille de Raphaël, avons reconnu que ce tableau commence à se détacher en beaucoup d’endroits de la planche sur laquelle il est peint; et qu’il en est déjà tombé quelques écailles, et qu’il est à craindre que dans peu il n’en tombe beaucoup d’autres, ce qui enlraineroit des réparations de repeints qui défigureroient ce chef d’œuvre.
« C’est pourquoi nous croyons qu’il est nécessaire de se hâter de le lever de la planche sur laquelle il est peint, pour le transporter sur une toile avec tous les soins et par les moyens les plus propres à assurer sa conservation.
« Nous estimons que quoique le sieur Picault ait déjà transporté plusieurs tableaux du Roy, il est plus prudent de confier celuy-ci au sieur Hacquin, dont la capacité et surtout les procédés sont connus.
« En foy de quoy nous avons signé le présent exposé; de Versailles, ce i3 mars 1776. »
L’opération fut donc confiée, en 1777, à Hacquin, dont voici le mémoire (A. N. O' 1933) : « Avoir détaché de dessus le bois et remis sur toile la fameuse Sainte Famille peinte par Raphaël d’Urbin, portant 6 pieds et demi de haut sur 4 pieds et demi de large, prix convenu à raison de 18 livres le pied; en tout 25 pieds 6 pouces de superficie, 53 1 livres. »
Lepicié (1752) décrit ainsi ce tableau : «La Vierge s’incline tendrement pour recevoir l’Enfant Jésus, qui s’élance avec joie pour l’embrasser; à la droite de la Vierge, Sainte Elizabeth, un genou en terre, tient le petit saint Jean qui joint les mains... ; sur le dernier plan et de l’autre côté on voit saint Joseph, la tète appuyée sur la main gauche; au dessous de la Vierge, deux anges dont l’un répand des fleurs, et l’autre, en le regardant, paroit applaudir à son action; le lieu représente une salle pavée d’un marbre précieux à compartiments. » — Mentionné par Piganiol de la Force, comme placé chaque année, de Pâques à la Toussaint, dans la salle de Mercure à Versailles. —
Le reste de l’année, il était déposé dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance, comme témoigne Du Rameau qui le note ainsi : « A besoin de quelques pointillages à faire dans le ciel et dans le pavé, des gris à faire disparaître dans la draperie bleue et lever avec soin un repeint à la joue de la Vierge » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n» 1498 : H. 2 m. 07. — L. 1 m. 40. — Signé : Raphaël. Urbinas. Pingebat. MDXVI11.
3° Un tableau représentant un saint Jean l’Évangéliste porté sur un aigle et soutenu d’un ange et au dessous une mer avec l’isle de Pathmos dans le lointain; figures comme nature; ayant de hauteur 8 pieds 6 pouces sur 5 pieds 2 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée. Versailles . Petit appartement du Roy.
Inventaire Le Brun ( 1 683) no 11 [L. B.]. — Paillet (1695) le mentionne à Versailles « avec des volets peints d’ornemens rehaussez d’or » [P.]. — En 1696, au magasin de Versailles [Mag. 96.].
En 1715, placé dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Placé ensuite au Louvre et, « en 1753, porté à Versailles pour être placé chez le Roi » [Coch.]. — Signalé par Lepicié (1752), — par Piganiol de la Force dans la chambre du Roi à Versailles, à la droite du lit, en pendant au David du Dominiquin, place qu’il occupait pendant une partie de l’année; pendant l’autre, il était déposé dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance [D. R.].
En 1767, une commission, composée de Boucher, Cochin, Pierre et Vien, décida qu’il était nécessaire que ce tableau fût transporté sur toile; l’opération fut confiée à Picault (1), qui y travailla en 1769 et fut payé en 1773, comme l’atteste sa note (A. N. O' 1 g3 3) : « Un tableau de Raphaël transporté sur toile, représentant saint Jean l’Evangéliste; il a 7 pieds 4 pouces de haut sur 5 pieds 2 pouces de large, i,5oo livres. »
Actuellement au musée de Marseille, auquel il fut envoyé par l’État en 1802 : H. 2 m. 40. — L. 2 m. 10.— Signé Raphaël. — Derrière la toile, on lit : « En i5io, peint par Raphaël d’Urbin; en 1773, la peinture a été séparée de l’impression restant sur le bois et adaptée sur cette toile par Picault, artistes, père et fils. »
40 Un tableau représentant un saint Jean dans le désert assis sur un tronc d’arbre; figure de petite na-
(1) Dans les Nouvelles Archives de V Art français de 1879, M. J. Guiffrey a publié plusieurs lettres relatives à cette opération (p. 41 5).
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ture; ayant 4 pieds 4 pouces en quarré, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 368, avec cette description : « Saint Jean- Baptiste au désert tenant un escriteau dans lequel est escript : Ecce Agnus Dei » [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.] dans la grande antichambre [V.]. — Au début du xviii* siècle, « le temps ayant endommagé ce tableau, il étoit devenu méconnaissable au point qu’on n’y faisoit aucune attention; Stiémart, chargé de l’entretien des tableaux du Roi, l’ayant nettoyé, on fut surpris de ne s’être pas aperçu de toutes les beautés que renfermoit un si rare tableau » [Lepicié].
Signalé par Piganiol de la Force en dessus de porte de la Salle de Mars à Versailles, — par Jeaurat (1760) dans le magasin de la Surintendance [J.].
Remis sur toile, en 1 777, par le sieur Hacquin au prix de 432 livres [A. N. O’ ig33], — Dut être lavé et verni en 1788 par Godefroid, comme l’indiquerait ce mémoire [A. N. O1 193 1] : « lavé et verni un Raphaël dessus de porte dans la salle du Trône » : les guides de Versailles ne signalent point de tableau de Raphaël dans la salle du Trône; mais on a vu que celui-ci avait été en dessus de porte dans la salle de Mars.
Actuellement au Louvre, n° 1 5oo : H. 1 m. 35. — L. 1 m. 42. — Ce tableau, après avoir été concédé à l’église de Longpont en 1820, figura à la vente du duc de Maillé chez lequel il avait été transporté pour être restauré; acheté 5g francs par un marchand, il fut revendiqué par l’État et fit retour à la liste civile en 1 838 [Villot],
5° Un tableau représentant une Vierge assise avec le petit Jésus debout, s’apuyant sur elle et saint Jean à genoux sur un fond de païsage; figures de demi nature ; ayant de hauteur 3 pieds 7 pouces et demi sur 2 pieds 1 1 pouces de large; peint sur bois et ceintré par le haut, orné de sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des médailles.
Commandé, en 1507, à Raphaël par Philippe Sergardi, de Sienne, et vraisemblablement acheté à ce dernier par François Rr [Lafenestre] (1).
(1) Voir au sujet de ce tableau Raphaël , sa vie , son œuvre et son temps, par M. Müntz, pp. 175 et 210.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° i [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.] dans le Cabinet des médailles [V.] où Piganiol de la Force le retrouve vers 1750 (1).
Mentionné par Lepicié (1752), — par Jacques Bailly, en 1766, au Luxembourg, — par Duplessis, en 1785, au Louvre [Louv. 85],
Actuellement au Louvre, n° 1496 : H. 1 m. 22. — L. o m, 80. Signé : Raphaeüo Urb. MD VII.
6° Un tableau représentant le portrait de la ReyneJeanne de Sicile; figure comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces et demi sur 3 pieds de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de Monseigneur, à présent cabinet de Mme la duchesse de Berry .
Commandé à Raphaël par le cardinal Bibbiena et offert par celui-ci à François I" [Lafenestre].
Nettoyé de 1 5 37 à 1540 par Primatice [Laborde]. — Signalé par le Père Dan (1642) à Fontainebleau dans la galerie d’Apollon. — N° 2 de l’Inventaire Le Brun(i683) [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans le cabinet de Monseigneur [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Jeanne d’Aragon est représentée assise; son habillement de velours rouge est peint avec un soin merveilleux ; le fond d’architecture n’y est pas moins bien traité. » — Signalé, en 1760, dans la troisième pièce de l'hôtel de la Surintendance [J .] ; — en 1784, dans la septième pièce du même hôtel avec cette note (1788): « à laver et vernir, il y a deux fentes écaillées à faire tenir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1507 : H. 1 m. 20. — L. o m. 95.
70 Un tableau représentant le portrait de Raphaël et celui de Pontorme ; figures comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 3 pieds 4 pouces de large; orné de sa bordure dorée; il a été rehaussé de g pouces et demi et élargi de 1 1 pouces.
(1) Les dimensions données par Piganiol sont erronées et confondues avec celles du n" 17, qui était à la Surintendance.
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Versailles. Cabinet de Monseigneur, à présent cabinet de Mme la duchesse de Berry.
Faisait probablement partie de la collection de François I".
Le père Dan (1642) le mentionne à Fontainebleau avec attribution au Pontormo et même identification que celle reprise par Bailly. — N° 10 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) où il est annoncé : « Un tableau de Raphaël représentant son portrait avec un autre que l’on dit être celui de Pontormo » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.].
Lepicié (1752) qui le décrit ainsi : « Raphaël a la main droite posée sur l’épaule du Pontorme qui tient une épée et qui paroit, en inclinant la tête, faire un mouvement d’indication >1, enregistre aussi les doutes des critiques et l’opinion qui prétendait que le second personnage représenté était le maître d’armes de l’artiste. — Signalé dans ia troisième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et Du Rameau (1784) avec cette note (1788) : « tableau à remettre dans sa grandeur primitive, à rentoiler à cause d’une pièce mal mise et de plusieurs cloches » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i5o8, sous ce titre : Portraits d’hommes : H. o m. 99. — L. o m. 83.
8° Un tableau représentant sainte Marguerite; figure de petite nature; ayant de hauteur 5 pieds 8 pouces sur 3 pieds 7 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Suivant Vasari, ce tableau fut fait probablement pour François Ier ou Marguerite de Valois.
Nettoyé, entre 1 537 à 1540, par le Primatice (Laborde). — Signalé par le Père Dan (1642) à Fontainebleau. — En 1 685 « racommodé »par le peintre Geslin au prix de 2,107 livres 10 sols [Guiffrey t. II. p. 669]. — N° 387 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — Au magasin [Mag. 96].
En 1737 au Louvre [Louv. 37]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Sur un fond de paysage, sainte Marguerite, debout, foule du pied droit un dragon monstrueux qui est renversé et dont la gueule béante fait voir sa rage aux abois; elle tient d’une main sa draperie et de l’autre une palme. » — En 1760 dans la cinquième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] et Jeaurat en 1763 prévient la Direction des Bâtiments que « la couleur
s’enlève » (A. N. O' 1909). — Transporté sur toile, en 1777, par Hacquin, dont voici le mémoire (A. N. O' 1933) : « Avoir détaché de dessus le bois et remis sur toile le tableau représentant sainte Marguerite, peint par Raphaël, portant 6 pieds de haut sur 4 de large, à raison de 24 livres le pied... 576 livres ». — En 1784, dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance, avec cette note de Du Rameau (1788) : « à relever quelques repeints et à repointiller différentes parties » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i5oi : H. 1 m. 78 — L. 1 m. 22.
90 Un tableau représentant la sainte Vierge tenant le petit Jésus et sainte Elizabeth qui lui présente saint Jean sur un fond de pa'isage ; figures de 10 à 12 pouces, ayant de hauteur i3 pouces trois quarts sur 10 pouces trois quarts de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
A ce tableau, il faut joindre le suivant, mentionné par Bailly à l’article de Jules Romain :
Un tableau représentant une figure de grisaille de 9 à
10 pouces, ayant de hauteur i3 pouces et demi sur
1 1 pouces de large, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Il est en effet démontré aujourd’hui que cette grisaille n’était autre que le volet qui recouvrait primitivement la composition (1).
Commandé à Raphaël par Adrien Gouffier, cardinal de Boissy; cédé ensuite par un Gouffier, duc de Rouannais, au comte de Brienne, qui l’offrit à son frère l’abbé de Brienne, lequel le donna à Louis XIV en 1 668.
Décrit ainsi dans le catalogue latin des tableaux du cabinet de Brienne (1662) : « La Vierge est assise dans une prairie agréable; l’enfant divin sort de son berceau et caresse doucement Jean qui a le même âge, qu’Elisabeth lui présente avec adoration. » — N° 77 de l’inventaire Le Brun ( 1 683 ), où il est ainsi mentionné : « un tableau de Raphaël représentant Notre Seigneur dans les bras de la Vierge, sainte Elizabeth, saint Jean dans un paysage, avec sa bordure dorée et une coulisse peinte de grisaille de la même main », et accompagné de cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust
(1) Voir dans la Galette des Beaux-Arts d’octobre 1 88 1 un article de M. Paliard à ce sujet.
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1690 » [L. B.]. — Mentionné par Houasse (1691) à Paris, avec attribution, « manière de Raphaël » et cette note ajoutée : « est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles {i6g5) où Paillet le signale avec « une coulisse de grisaille aussi de Raphaël servant de couverture au tableau, laquelle coulisse fait un tableau séparé » [P.]. Le tableau était alors dans la galerie du Roi et la grisaille dans le petit cabinet [V.]. — En 1696, le tableau entre au magasin de Versailles [Mag. 96.], — en 1706, dans la petite galerie du Roi [Mans. 6.].
En 1715, il sort de la galerie du Roi pour entrer à Paris dans la galerie particulière du duc d’Antin [A.]. — En 1737, il rentre dans la galerie de Versailles [G. R.]. — Lépicié (1752) signale le tableau et décrit ainsi la grisaille qui est attribué à Jules Romain : « Une femme dans une niche, sous l’emblème de l’abondance ; elle est posée sur un appui de pierre, au bas duquel on voit un mascaron dont une coquille forme la bouche; on lit au dessous de la figure Raphaël Urbinas. » — En 1760, Jeaurat signale la grisaille dans le deuxième cabinet particulier de l’hôtel de la Surintendance [J.]. — E11 1784, Du Rameau mentionne le tableau dans la neuvième pièce du même hôtel avec cette note (1788) : « il y a un placard noir dans le fond derrière les têtes, qui n’est qu’un repeint qu’il faut lever. » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n°s 1499 et i5io; la grisaille attribuée à 1’ « école de Raphaël ». H. o m. 38 — L. o m. 3i.
io° Un tableau représentant un portrait nommé le Castillan, coëffé d’une espèce de turban; figure comme nature ; ayant de hauteur 2 pieds 5 pouces sur 2 pieds de large, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Peint par Raphaël en 1 5 16 ; acquis, après la mort de Castiglione, par le duc de Mantoue, puis par Charles I" d’Angleterre; à la mort de celui-ci, passe à un amateur hollandais Van Asseln, ensuite à un « curieux » d’Amsterdam, nommé Lopez, [Lépicié], puis à Mazarin, dont les héritiers le cédèrent à Louis XIV.
N° 1 5 r de l’inventaire Le Brun ( 1 683), qui le déclare peint sur bois [L. B.]. — Paillet (1695) le signale à Versailles comme étant « sur toille collée sur bois » [P.]; se trouvait alors dans la galerie du Roi [V.].
En 1715, posé dans la chambre du duc d’Antin en son hôtel particulier à Paris [A.]. — Replacé en ij3y dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.] où Piganiol de la Force le signale également. — Décrit par Lépicié (i753). —
Mentionné dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hotel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1784), avec cette note (1788) : « à diminuer d’un pouce des deux côtés, laver et vernir » [D. R.]. — Restauré, en 1789, par Martin, dont voici le mémoire : « De Raphaël, portrait de Balthazard Castilione, buste de grande nature de 3i pouces sur a5, enlevé une crasse très ancienne, réparé quelques écailles et gersures avec beaucoup de soin, 40 livres » (A. N. O' ig3i) : à cette date, il avait donc dû être décollé de dessus bois et remis sur toile.
Actuellement au Louvre, n° i5o5 : H. o m. 62 — L. 0 m. 67.
ii° Un tableau représentant un saint Michel combattant des monstres; figures de 6 à 7 pouces; ayant de hauteur 1 1 pouces et demi sur 9 pouces et demi de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
i2° Un tableau représentant un saint Georges monté sur un cheval blanc combattant un dragon ; mêmes dimensions que le précédent.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Exécutés probablement en 1504 par Raphaël pour le duc d’Urbin Guidobaldo de Montefeltro (1); appartinrent tous deux au cardinal Mazarin et furent acquis de ses héritiers par le Roi (2) [Villot].
N° 140 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) qui les mentionne : « deux autres petits tableaux de Raphaël qui tiennent ensemble représentant l'un saint Michel et l’autre saint Georges... peints sur cuivre avec leurs bordures d’ébène. » [L. B.]. — Paillet (1695) les signale à Versailles et ajoute : « ces deux tableaux sont à présent séparez » [P.]. — En 1696, placés dans la galerie du Roi à Versailles [V.], où ils étaient encore en 1737 [G. R],
Lepicié (1752) les décrit ainsi : « Saint Michel a le bras gauche armé d’un bouclier blanc, sur lequel il y a une croix rouge et il tient de la main
(1) Lomazzo ( Idea del tempio delta Pittura) déclare que Raphaël avait peint sur le revers d’un damier un saint Georges pour le duc d’Urbin; cette particularité n’est pas apparente sur le saint Georges, mais se retrouve sur saint Michel.
(2) C’est assurément un lapsus calami qui a fait écrire à M. Villot que le saint Georges avait fait partie de la collection de François Ier, alors qu’il avait déclaré précédemment que ces deux tableaux étaient entrés dans la collection du roi sous Louis XIV.
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droite une épée dont il frappe les monstres qui l’environnent; le fond a quelque chose de singulier : d’un côté on voit quatre petites figures nues, enlacées et tourmentées par des serpens; et de l’autre un édifice en feu, avec une procession de pénitens, qui s’avancent vers un passage dont deux hommes paroissent disposés à défendre l’entrée. « — « Saint Georges, monté sur un cheval blanc, armé de toutes pièces, le casque en tète et le cimeterre au poing, combat un énorme dragon déjà blessé et qui paroît prêt à s’élancer sur lui ; aux pieds du dragon l’on voit les débris d’une lance, dont un tronçon est entré dans le corps de l’animal; plus loin, on aperçoit une jeune princesse que le monstre auroit dévoré et qui fuit à la faveur du combat. » — En 1750, ces deux tableaux faisaient partie de la collection du Luxembourg [d’Argenville]. — Le saint Michel, en 1760, rentre au magasin de la Surintendance [J.], pour retourner au Luxembourg, où Jacques Bailly le signale en 1766. — Tous deux mentionnés par Duplessis (1785) au Louvre [Louv. 1785].
Actuellement au Louvre, nos i5o2 et i5o3 : H. 0 m. 3i — L. o m. 27.
i3° Un tableau estimé de Raphaël, représentant une Sainte Famille sur un fond de pa'isage ; figures de 8 à g pouces ; ayant de hauteur 1 3 pouces et demi sur 1 1 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée; il étoit ceintré par le haut, il a été rendu quarré.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Fit partie de la collection de Charles Ier d’Angleterre; à sa mort acheté par Jabach qui le revendit à Louis XIV [Villot],
N° 1 1 8 de l’inventaire Le Brun ( x 683) [L. B.]. — Paillet (1695) le mentionne à Versailles, comme de la « manière de Raphaël » [P.]. — En 1696, à Versailles, dans la galerie du Roi [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il représente le patriarche Zacharie prenant les mains de l’enfant Jésus, tenu dans les bras de la Vierge et auquel sainte Elizabeth offre saint Jean qui tient un agneau. » — En 1760, dans le grand cabinet du directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1 552, avec attribution à Tisi, dit Garofalo : H. o m. 40 — L. o m. 3e.
140 Un tableau estimé de Raphaël, représentant son portrait appuyé sur la main droite ; figure de petite nature ;
ayant de hauteur 22 pouces sur 16 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée : il a été rehaussé de 6 pouces et demi et élargi de 3 pouces et demi (1).
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° 159 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec cette note ajoutée: « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné par Houasse (1691) à Paris, avec cette note ajoutée : « 29 octobre 1692. Le sieur Paillet a donné un récépissé de ce tableau au sieur Houasse ; il est dans la petite galerie de Versailles » [H.] ; — par Paillet (1695) à Versailles [P.].
En 1737, se trouvait encore dans la galerie de Versailles [G. R.]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Ce jeune homme, âgé de quinze à seize ans, est coéffé d’un bonnet noir en forme de toque : il est dans un instant de réflexion; sa tête est appuyée sur sa main droite »; il repoussait l’identification à Raphaël, mais par contre en affirmait l’attribution. — En 1760, placé à l’hôtel de la Surintendance, dans le salon du Directeur des Bâtiments [J.], où il se trouvait en 1784 [D. R.]. — Restauré en 1789 par Martin dont voici le mémoire : « De Raphaël. Portrait de ce maître par luimême dans sa jeunesse, tableau sur bois de 22 pouces sur 16; étoit intercepté par la crasse, des repeints dans la draperie et quelques écailles, racordé avec soin 40 livres » (A. N. O' 1931).
Actuellement au Louvre, n° i5o6, sous ce titre : Portrait de jeune homme et avec attribution à Raphaël : H. o m. 59 — L. o m. 44.
1 5° Un tableau estimé de Raphaël représentant la Vierge qui tient l’enfant Jésus et un saint Jean qui lui présente une croix; figure de demi nature; ayant de hauteur 2 pieds 2 pouces sur 21 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° 232 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]; — dans la galerie du Roi [V.].
Signalé par Lepicié (1752), comme étant « de la première manière de Raphaël » ; — dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et Du Rameau (1784), avec cette note (1788) : « nettoyer ou à mettre au magasin » [D. R].
Au Louvre, ne 529 du catalogue Villot : H. o m. 74 — L. o m. 58.
(1) Le résultat de cette augmentation n’est pas compris dans les mesures données par Bailly : il doit donc y être ajouté.
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160 Un tableau représentant un portrait d’homme ayant le bras appuyé sur une table; figure de petite nature; ayant de hauteur un pied 10 pouces sur 16 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
N° 1 58 de l’inventaire Le Brun 1 1 683), avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné à Paris par Houasse (1691), avec cette note ajoutée : « Le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 29 octobre 1692 et le tableau est.à Versailles » [H.] ; — par Paillet ( 1 6g5) à Versailles, avec cette note : « agrandi et réduit en forme ronde pour Monseigneur » (1) [P.]. — En 1696, au magasin de Versailles [Mag. 96].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il représente un homme qui médite, coëffé d’un bonnet à oreilles; un de ses bras est appuyé sur un piédestal et une de ses mains posée sur le poignet de l’autre. » Il signale en outre l’opinion de plusieurs artistes qui attribuaient cette peinture à Giorgione. — En 1760, se trouvait dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.]; — en 1784, en ce même hôtel, dans le salon du Directeur des Bâtiments, avec cette note (1788) : « il faut un parquet derrière pour rapprocher les allonges qui sont trop écartées » [D. R.]. — Restauré en 1789 par Martin dont voici le mémoire : « de Raphaël, demi-figure de grande(?) nature de 28 pouces sur 22, enlevé une crasse très ancienne, et racordé tout à l’entour les places qui ont été agrandies, 5o livres » (A. N. O' 1931).
Actuellement au Louvre, n° 1644, avec attribution à l’école Florentine du xvie siècle : H. o m. 68 — L. o m. 5o.
170 Un tableau de première manière de Raphaël, représentant la sainte Vierge tenant l’enfant Jésus; figures de petite nature; ayant de hauteur 18 pouces sur 14 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° 23 1 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), ainsi désigné : « un tableau de Raphaël sous le Pérugin, représentant une Vierge assise tenant son petit Jésus », et avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné par Houasse (1691) à Paris, avec cette note ajoutée :
(1) Il faut noter que Bailly n’a pas tenu compte de ce changement, car les mesures qu’il donne sont les mêmes que celles de Le Brun, en 1 683 : Lepicié seulement donnera, en 1752, les mesures du tableau ainsi modifié, soit 2 pieds 2 pouces trois quarts de haut sur 21 pouces et demi de large; mais il ne dit pas qu’il soit de forme ronde. Les dimensions primitives de ce tableau en faisaient le pendant du précédent n° 14.
« est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse le 29 octobre 1692 » [H.] ; — A Versailles en 1695 [P.] , — au magasin [Mag. 96.].
Lepicié (i652) le décrit ainsi : « La Vierge, coëffée d’un reseau d'or, a un linbe (lire : nimbe) autour de la tête, ainsi que l’enfant Jésus; dans celui du Sauveur il y a des barres rouges qui forment une croix. » — En 1760, se trouvait dans le deuxième cabinet particulier de l'hôtel de la Surintendance [J.]. — En 1784, probablement (1) dans la première pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.l.