I/M-4ÂS
Actuellement au Louvre, n° ■tà’fb-, avec attribution à l’école de Pérugin : H. o m. 5o — L. o m. 38.
i8° Un tableau représentant le portrait d’un cardinal; figure comme nature ; ayant de hauteur 2 pieds et demi sur 2 pieds de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée. Ce tableau est fort endommagé.
N° 388 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec cette indication : « tout délabré », et cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné, en 1691, par Houasse à Paris [H.].
Posé, en 1715, dans le grand cabinet de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Remis au Louvre en 1726 [Coyp.]. — Restauré, en 1750, par Colins et la veuve Godefroid, comme l’atteste cette mention d’un de leurs mémoires : « rempli, mis un parquet derrière » (A. N. O1 2 I934A). — Lepicié le décrit ainsi : « Le cardinal est en camail et en rochet ; la tète est d’une expression vive et pleine de feu, c’est une demi-figure, coupée par un appui de pierre orné d’un pilastre »; il avance que ce portrait est celui du cardinal de Médicis (2), depuis pape sous le nom de Clément VII, car la ressemblance est absolue avec les traits de ce personnage, reproduits dans le fameux portrait de Léon X, entouré des cardinaux de Médicis et de Rossi; le tableau du cabinet du Roi, ajoute-t-il, « est incontestablement de Raphaël, et il se pourroit faire que ce fût sa première étude, mais une étude très arrêtée et faite pour l’excellent tableau » mentionné ci-dessus. — Signalé, en 1766, par Jacques Bailly au Luxembourg, sur la porte d’entrée de la première pièce, d’après d’Argenville; — par Duplessis au Louvre, en 1785 [Louv. 1785].
Il existe actuellement à Versailles, sous le n" 3 1 34 une copie de ce portrait.
(1) Le tableau signalé par Du Rameau est ainsi mentionné : « Une Vierge et l’enfant Jésus adoré par un ange » ; ses dimensions concordent exactement avec celles de celui-ci.
(2) Dans un inventaire de 1722 (A. N. O' 1934*), on trouve déjà cette identification au cardinal de Médicis.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Michel Angiolo BUONAROTTI, dit MICHEL ANGE
Un tableau estimé de Michel Ange, représentant la sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus accompagnez de saint Joseph ; figures comme nature (1) ; ayant de hauteur 3 pieds sur 2 pieds 5 pouces de large, dans sa bordure
Versailles. Cabinet de la Surintendance des Batimens.
N° 3o de l’inventaire Le Brun ( 1 683), comme « estimé de la main de Michel Ange » [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], — au magasin [Mag. 96].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il représente la Vierge debout que l’enfant Jésus embrasse et saint Joseph qui regarde avec respect cette action » (2); l’attribution a Michel Ange est déclarée douteuse. — Jeaurat (1760) constate sa présence dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] — Du Rameau (1784) dans la première pièce du même hôtel avec cette note (1788) : « à nettoyer et quelques repeints à lever » [D. R.].
Giulo PIPPI, dit Jules ROMAIN
i° Un tableau représentant le triomphe de Vespasien et de Titus; figures de 2 pieds; ayant de hauteur 3 pieds 9 pouces sur 5 pieds 4 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Meudon. Appartement de Monseigneur, à présent cabinet de Mme la duchesse de Berry.
(1) Erreur évidente.
(2) Le catalogue Villot signale au Louvre, sous le n° 1 85 , un tableau attribué à l’un des Dossi et qui répondrait assez exactement à cette description de Lepicié; mais les dimensions (0 m. 44 et o m. 3o) et la forme qui est cintrée ne concordent pas.
Fit partie de la collection du duc de Mantoue, puis de Charles I" d’Angleterre; acheté à la vente de ce dernier par Jabach, qui le céda àLouis XIV.
Inventaire Le Brun (1684), n° 33, avec cette indication : « avec sa bordure dorée et ses volets peints de grisaille » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans le cabinet aux trois portiques [V.]. — A Meudon, vers 1700, dans l’antichambre de l’appartement de Monseigneur [Meud. s. d.].
Lepicié le décrit ainsi (1752) : « Vespasien et Tite, couronnés de lauriers, sont assis dans le même char à quatre roues, traîné par quatre chevaux blancs, dont deux écuyers tiennent les rênes; ce groupe précédé d’un officier romain tenant une femme par les cheveux; un soldat, chargé d’un vase, accompagne le char, qui s’avance vers un arc de triomphe, sous lequel on aperçoit une figure à moitié passée, portant le chandelier à sept branches; au-dessus du char on voit une Victoire ailée; elle tient deux couronnes d’or qu’elle va poser sur la tête des triomphateurs. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans la cinquième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] — par Du Rameau (1784) dans la septième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « à parqueter » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1420 : H : 1 m. 21 — L. 1 m. 70.
2° Un tableau représentant le portrait de Jule Romain, peint par lui-même ; figure grande comme nature ; ayant de hauteur 21 pouces sur 16 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 228, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le signale à Paris, avec cette note ajoutée : « 29 octobre 1692. Le sieur Paillet a donné un récépissé de ce tableau au sieur Houasse; il est dans la petite galerie de Versailles » [H.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la petite galerie du Roi [V.] où il se trouvait encore en iy3y [G. R.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Jules Romain avoit les cheveux courts et frisés, la barbe longue et la physionomie heureuse ; son habillement est d’une étoffe noire. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] ; — par Piganiol de la Force dans la petite galerie de Versailles; — par Du Rameau (1784) dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hôtel de la Surintendance, avec cette note (1788) : « en bon état ».
Actuellement au Louvre, n° 1422, sous ce titre : Portrait d’homme : H. o m. 54 — L. o m. 44.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
3° Un tableau représentant Vulcain auprès de Vénus, accompagnez de petits Amours; figures de 9 pouces; ayant de hauteur 14 pouces sur 9 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Vendu par Jabach à Louis XIV.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 241, avec cette désignation : « Un petit tableau de Julie Romain sur le dessein de Raphaël » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans lè petit cabinet du Roi [V.].
Signalé, en 1737, dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Vulcain est assis dans son antre, une de ses mains est passée tendrement sous le bras de son épouse, tandis que l’Amour, pour contribuer à cet accord, se prépare à tirer une flèche à cet époux maltraité : deux Amours présentent des fleurs à la déesse, d’autres travaillent à la forge; on en voit un sur le devant, qui fait usage de toutes ses forces pour remettre une corde à son arc. » — Jeaurat (1760) le mentionne dans le petit cabinet du directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance [J.], — Piganiol de la Force (1764), dans le cabinet du Billard à Versailles, et l’attribue à Jules Romain, mais « d’après le dessein de Raphaël ». — En 1784, se trouvait dans la septième pièce de la Surintendance, avec cette note (1788) : « à lever avec d’autant plus de raison que l’impression se décolle partout » (D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1421 : H. 0 m. 58 — L. o m. 26.
40 Un tableau représentant la Nativité de Notre Seigneur, dans lequel est un saint j'ean tenant un calice et saint Longis tenant une lance d’une main et un vase de cristal de l’autre ; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 8 pieds 4 pouces sur 6 pieds 7 pouces de large ; peint sur bois dans sa bordure dorée, avec deux volets pour le couvrir, doublés de velours verd et peints de rehaussé d’or.
Paris. Cabinet des tableaux — (Note postérieure à 1 709): à présent à Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Peint pour la chapelle d’Isabelle Boschetta, dans l’église Saint-André de Mantoue ; passa ensuite dans la collection du duc de Mantoue; acheté à ce dernier par Charles Ior d’Angleterre, et passa, à la mort de ce roi, dans la galerie de Jabach, qui le revendit à Louis XIV.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 32, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 16^0 » [L. B.]. — Houasse (1691) le signale à Paris [H.].
En 1726, se trouve à Paris [Coyp.] ; — au Louvre en 1737, et proposé alors pour être placé à l’hôtel de la Surintendance [Louv. 37]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’enfant Jésus, couché à terre sur un peu de paille, a pour abri le manteau de la Vierge, qui est à genoux ainsi que saint Joseph ; plusieurs bergers apportent des présens.... l’un d’eux fait voir sa simplicité en ôtant à moitié son bonnet pour saluer le Sauveur : saint Jean l’Évangeliste et saint Longin sont debout sur le devant et aux deux côtés du tableau, l’un tient un calice d’où sort un serpent, et l’autre, vêtu à la Romaine, tient d’une main sa lance et de l’autre un vase de cristal; un percé de la crèche laisse voir un lointain.... qui représente l’étonnement des bergers aux nouvelles que l’ange leur vient annoncer. » — En 1784, mentionné dans la troisième pièce de l’hôtel de la Surintendance, avec cette note (1788) : « à nettoyer indispensablement, mais avant il faut faire tenir quelques écailles le long d’une fente imperceptible » [D. B.].
Actuellement au Louvre, nô 1418 : H. 2 m. 75 — L. 2 m. 12.
5° Un tableau représentant trois hommes à cheval vêtus à la Romaine ; figures d’environ 20 pouces; ayant de hauteur 2 pieds et demi sur 3 pieds de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 29 : « un tableau de Julles Romain représentant trois empereurs à cheval », avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 16&0 » [L. B.]. — Houasse (1691) le signale à Paris [H.] où il se trouvait également en 1726 [Coyp.].
Lepicié (1752) le mentionne sans le décrire. — Au magasin du Louvre en 1785 (Louvre, 1785).
Actuellement au musée de Marseille, auquel il fut envoyé par l’État en 1802 : H. o m. 86 — L. o m. 98.
6° Un tableau représentant Notre Seigneur circoncis par le grand prêtre dans le temple, au milieu d’une multitude de monde ; figures de 20 à 22 pouces ; ayant de hauteur 3 pieds 5 pouces et demi sur 3 pieds 8 pouces de large, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Acheté, en 1684, au peintre Bonnemer par le sieur Hérault, pour le compte de Louis XIV, comme l’atteste le billet suivant (A. N. O' 1964) :
« 26 may et 12 juin 1684.
« Billet du sieur Héraut par lequel il reconnoit que le sieur Bonnemer luy a donné en commission pour vendre un tableau de Jules Romain représentant la Circoncision de Notre Seigneur avec une reconnoissance dudit sieur Bonnemer qu’il a receu dudit Héraut 6,000 livres pour le susdit tableau.
{En note) : « M. Mesmyn, à garder et me parler à mon retour. »
« Je sousigné reconois que Monsieur Bonnemer m’a donné en commission pour vendre un tableau original de Jules Romain représentant la Circoncision de Notre Seigneur, à Paris, ce 26 may 1684. Hérault. »
Au dos du billet : J’ay receu de Monsieur Hérault la somme de 6,000 livres pour le tableau de l’autre part. Ce 12“ iuin 1684. J. Bonnemer (1).
Le paiement est ainsi ordonnancé aux Comptes des Bâtiments, en date du 27 février 1684 : « Au sieur Hérault, marchand de tableaux, 6,700 livres pour le paiement d’un tableau de Jules Romain, représentant la Circoncision » [Guiffrey t. IL p. 562]. On remarquera que le dit Hérault, qui avait reçu 6,700 livres pour payer ce tableau, n’en donna que 6,000 à Bonnemer.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 433, où il est ainsi décrit : « La circoncision de Notre Seigneur, dans un temple soutenu de colonnes torces enrichies de plusieurs bas-reliefs d’enfans, feuillages et canneleures, accompagné de grand nombre de peuples, au milieu est une figure sur le devant qui porte sur ses deux mains une manière de bassin, dans lequel il y a deux tourterelles, et derrière, il paroist un chandellier à sept branches. Vendu par le sieur Hérault » [L. B.]. — A Versailles, en 1695 [P.], dans la petite galerie [V.].
En 1715, placé à Paris dans la chambre du duc d’Antin en son hôtel particulier [A.]. — Replacé, en 1737, dans la galerie de Versailles [G. R.]. — Lepicié (1752) complète ainsi la description de Le Brun et de Bailly : « L’enfant Jésus, posé debout sur un autel et soutenu par la Vierge, se soumet à la circoncision ; deux femmes qui s’intéressent à cet événement, fixent l’attention du spectateur; et, plus bas, entre l’autel et le grand prêtre, on voit un jeune lévite qui présente à ce ministre les instruments dont il a besoin... : le reste de la composition représente saint Joseph et beaucoup de femmes qui viennent apporter leurs présens. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans le salon du Directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance [J.]; — par Piganiol de la Force (1764) dans la petite galerie de Versailles. — En 1784, mentionné dans la sixième pièce de la Surinten-
(1) Document publié parM. Guiffrey dans les Nouvelles Archives de l’Art français (1879).
dance, avec cette note (1788) : « Il y a quelques gerçures qui demandent le rentoilage de ce tableau » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1438, avec attribution à Ramenghi, dit Il Bagnacavallo : H. 1 m. 22 — L. 1 m. i5.
70 Un tableau représentant une figure de grisaille de 9 à 10 pouces; ayant de hauteur i3 pouces et demi sur
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Voir n° 9 de Raphaël.
8° Deux boucliers peints en camayeux par dehors et par dedans, l’un représentant l’enlèvement d’Hélène et l’autre un combat naval; figures d’environ 6 pouces; ayant de hauteur chacune 2 pieds de diamètre [sic), entourez de leurs bordures, rehaussées d’or brun.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n” 233, avec cette note ajoutée : « veus à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — A Paris en 1691 (1691) [H.] et en 1726 [Coyp.].
Lepicié (1752) les mentionne sans les décrire. — Au Louvre, en 1785 (Louv. 85).
Andrea d’AGNOLO del SARTO, dit ANDRÉ DEL SARTE
i° Un tableau représentant une Sainte Famille; figures comme nature; ayant de hauteur 5 pieds sur 4 pieds de large, peint sur bois ; il a été mis en ovale, rehaussé de i3 pouces et élargi d’un pied; dans sa bordure dorée. Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Mentionné pour la première fois par Paillet, en 1695, avec cette indication : « a été agrandi et mis en forme ovale et les quatre coins coupez. » [P.].
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Restauré, en 1750, par Colins, pour le compte de la veuve Godefroid ; l’opération est ainsi détaillée dans un de leurs mémoires : « Rempli, mis un parquet derrière » (A. N. O' 1934*). — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge est assise à terre, elle tient affectueusement l’enfant Jésus, qui a un genou appuyé sur elle; on voit sainte Elizabeth et le petit saint Jean, placés auprès de ce grouppe ; saint Jean fait un mouvement d’indication pour montrer le ciel, en même temps qu’il regarde le Sauveur avec une joie respectueuse ; deux anges, placés dans le fond, achèvent de lier et d’enrichir la composition. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans la cinquième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.], et par Du Rameau, en 1784, dans la même pièce, avec cette note (1788) : « à nettoyer » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 5 1 5 : H. 1 m. 41 — L. 1 m. 60.
2° Un tableau représentant la Charité, sous la figure d’une femme tenant deux enfans, dont l’un est endormi sur elle ; figures comme nature; ayant de hauteur 5 pieds 7 pouces sur 4 pieds 2 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Peint en 1 5 1 8 pour François Lr.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 8 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin, avec cette note mise en marge puis effacée : « à Meudon depuis » [Mag. 96.]. — Le 1" mars 1696, retiré, en effet, du magasin de Versailles et placé à Meudon [T. M. C.].
En 1737, mis au Louvre [Louv. 37]. — En 1749 et 1750 (1), transporté du bois sur toile par Picault, dont voici le mémoire (A. N. O' 1934*) :
« Un tableau peint par André del Sarte en 1 5 1 8 représentant la Charité sous la figure d’une femme qui allaite deux enfans, l’un qui dort, peint de sur un panneau de bois de chêne de quatre planches assemblées et collées, portant 5 pieds 10 pouces de hauteur sur 4 pieds 2 pouces de large.
« Laquelle peinture a été enlevée et passée de sur bois sur toile après avoir ôté et réparé des milliers de repeins qui servoient à retenir tous les endroits tressaliz qui étoient sans nombre et qui empêchoient de voir le pur pinceau d’André del Sarte, ce qui m’a causé des peines et des soins
(1) Le 7 juin ij5o, M. de Tournehem annonçait à l’Académie l’heureux succès de cette opération et l’admiration générale qu’elle avait soulevée à Versailles, où le tableau fut exposé tout un jour (A. N. O' 1909, et Procèsverbaux de V Academie, publiés par M. de Montaiglon, t. VI, p. 216).
incroyables. Après toutes ces opérations, cette peinture a été marouflée sur une toile écrue bien tendue sur un châssis à clef.
« Ouvrage de près de neuf mois tant de jours que de nuits. »
Picault demanda 6,000 livres pour cette opération, il ne lui en fut accordé que 2,400 : après quoi, le tableau fut livré à Colins, qui le restaura pour le compte de la veuve Godefroy (A. N. O' 1934*). — Exposé alors avec ses anciens panneaux au Luxembourg, où Jacques Bailly le signale dans ses divers catalogues.
Lepicié (1762) le décrit ainsi : « La Charité, représentée par une femme assise, tient deux enfans sur elle, l’un desquels attaché à sa mamelle gauche, prend sa nourriture avec avidité, tandis que l’autre la regarde et d’un air enjoué lui montre des noisettes : à ses pieds et sur le bord de sa draperie, on voit un troisième enfant qui dort. » — Signalé au Louvre, en 1785 [Louv. 1785]. — En 1789, restauré au prix de 90 livres par Martin, comme l’atteste ce mémoire (A. N. O' ig3i) : « d’André a del Sarte : Charité humaine, figure comme nature avec trois enfans, nettoyé et racordé une multitude de trous et de taches. »
Actuellement au Louvre, n° 1 5 1 4 : H. 1 m. 85 — L. 1 m. 3j. Signé : Andréas Sartus Florentinus me pinxit MDXVI1.
3° Un tableau représentant Tobie conduit par un ange; figure de demi-nature ; ayant de hauteur 3 pieds 3 pouces sur 2 pieds 1 pouce de large ; peint sur bois, cintré par le haut, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des médailles.
Commandé par François I".
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 275 [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans le Cabinet des médailles [V.] où Piganiol de la Force le signale pareillement.
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Le jeune Tobie, accompagné de son chien et portant le poisson qu’il a pris sur les bords du Tigre, est accompagné par l’ange Raphaël, qui paroit sous la figure d’un voyageur ; l’Ange est vêtu d’une robe verte ; il a une ceinture jaune et sur les épaules une espèce de petit manteau rouge, il tient de la main droite un vase...; le fond représente un paysage. » — Signalé par Jeaurat (1760) [J.] et Du Rameau (1784) dans la première pièce de l’hotel de la Surintendance, avec cette note de Du Rameau (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au musée de Nancy, auquel il fut envoyé par l’État en 1804 : H. 1 m. — L. o m. 65.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Jacopo CARRUCCI, dit il PONTORMO
Un tableau représentant le portrait d’un graveur; figure comme nature; ayant de hauteur 2 pieds demi-pouce sur 1 8 pouces et demi de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun, n° 285 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la galerie du Roi [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Son bras droit est appuyé sur une table; il tient un burin et paroit méditer et sur son art; sa coëfFure est une espèce de chapeau à oreilles, dont la forme est singulière. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans le salon du Directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1241 : H. 0 m. 69 — L. o m. 5o.
Baccio BANDINELLI
U n tableau représentant son portrait peint par lui-même ; figure comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 7 pouces et demi sur 2 pieds de large; réduit en forme ronde ou plutôt ovale, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 5i [L. B.]. — Signalé à Versailles par Paillet (1695), avec cette note ajoutée : « Il a été réduit en forme ovale en 1695 par ordre de Monseigneur » [P.]. — En 1696, au magasin de Versailles [Mag. 96.].
Lepicié le décrit ainsi : « Il s’est représenté coëffé d’une toque, la main droite posée sur une tête de sculpture, et le bras gauche appuyé sur une
pleinthe de pierre qui porte un ciseau. » — Signalé dans la première pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1784), avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1 65 1 : H. o m. 92 — L. o m. 68, sous ce titre : <> Portrait d’un sculpteur » et porté aux inconnus de l’école Italienne.
Polidoro CALDARA, dit Polidore de CARAVAGE
Un tableau représentant l’Assemblée des dieux sur un nuage ; figures de 1 6 à 1 8 pouces ; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 5 pieds de large; peint en détrempe sur bois, dans une bordure dorée.
Paris. Cabinet des tableaux.
Note ajoutée : à présent Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Appartint au comte de Brienne et est décrit ainsi dans le catalogue latin de sa collection (1662) : « Mercure, coiffé du pétase, pourvu de ses talonnières et de sa baguette verdoyante au serpent enroulé, conduit Psyché vers Jupiter, au milieu de l’assemblée des dieux et des déesses. »
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 253, avec cet intitulé : « Psiché dans l’assemblée des Dieux » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — au magasin [Mag. 96.]. — De là envoyé, en 1697, à Paris [Par. 97].
En 1726, signalé à Paris par Coypel [Coyp.]. — Lepicié (1752) le dit de 2 pieds 6 pouces de haut sur 4 pieds 10 pouces de large et le décrit ainsi : « Jupiter, assis sur un nuage avec les autres Dieux, paroit leur proposer Ganimède pour échanson ; ce jeune homme tient une coupe, dans laquelle on verse de l’ambroisie; l’Amour placé aux pieds de Jupiter, et la main droite appuyée sur les genoux de ce Dieu, regarde avec malignité la troupe céleste. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans la bibliothèque de l’hôtel de la Surintendance [J.]; — par Du Rameau (1784) dans la sixième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « cette esquisse qui a déjà beaucoup souffert, doit rester dans son mauvais état » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1186 : H. 1 m. 04 — L. 1 m. 58.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Francesco MAZZOLA, dit le PARMESAN
i° Un tableau représentant la Vierge accompagnée de sainte Catherine et de plusieurs autres; figures de 8 à 10 pouces; ayant de hauteur 16 pouces et demi sur 12 pouces et demi de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun, n° 235, avec cette description : « un petit tableau de Francisque Parmegiano qui représente une Vierge, tenant son petit Jésus, sainte Catherine à genoux et trois autres figures dont l’une représente saint Hierosme, l’autre saint Ambroise et la troisième un ange, dans une bordure de cèdre » [L. B.]. — Paillet (1695) le mentionne à Versailles avec les dimensions de i5 pouces et demi de haut sur 10 pouces et demi de large [P.]. — En 1696, dans le cabinet des médailles [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il représente la Vierge et l’enfant Jésus, à qui sainte Marguerite met affectueusement la main sous le menton; auprès de sainte Marguerite, on voit saint Jérôme et un Ange qui tient une croix; et sur la droite de la Vierge un évêque dans un mouvement d’adoration. » Il le donne comme une copie d’un tableau de ce maître, qui se trouve dans une église (des religieuses de sainte Marguerite) de Bologne. — Signalé par Piganiol de la Force dans le cabinet du billard à Versailles; — par Jeaurat (1760) dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance, comme étant « dans la manière de Parmesan » [J.]; — par Du Rameau (1784) dans cette même pièce, avec cette note (1788) : « sur bois, à remettre dans sa première forme » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 386 : H. o m. 46 — L. 0 m. 35.
2° Un tableau représentant la Vierge tenant le petit Jésus, accompagnez de saint Jean et de saint Joseph; figures de 8 à 10 pouces; ayant de hauteur 1 3 pouces et demi sur 1 1 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailes. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun, n" 464, où il n’est mentionné que postérieurement à 1 683, date probable de son entrée dans la collection du Roi [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — Dans la galerie du roi [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’enfant Jésus, sur les genoux de la Vierge, embrasse avec transport le petit saint Jean, dont le retour respectueux et caressant paroit faire l’entretien de saint Joseph et de sainte Elisabeth. » — Signalé par Piganiol de la Force dans la petite galerie de Versailles; — par Jeaurat (1760), dans le salon du directeur des Bâtiments, à l'hotel de la Surintendance [J.]. — Dut être restauré en 1764, comme l’indiquerait cette mention d’un mémoire (A. N. O' 1933) : « Un petit tableau représentant un sujet de piété par le Parmesan, restauré en 1764 par la veuve Godefroid : il etoit écaillé et menaçoit une ruine totale. » — En 1784, se trouvait dans l’appartement du directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance, avec cette note de Du Rameau (1788) : « en bon état » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 385 : H. 0 m. 42 — L. o m. 34.
Pierino del VAGA (1)
i° Un tableau représentant les Muses et les Néréides (2) disputant en présence des Dieux; figures de 3 à 4 pouces; ayant de hauteur 1 1 pouces sur 23 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Faisait partie de la collection de Charles Ier d’Angleterre; acheté à sa mort 1 1 7 livres sterling (2,925 fr.) par Jabach, qui le revendit au cardinal Mazarin ; acheté par Louis XIV aux héritiers de ce dernier.
Inventaire Le Brun (1688), n" 62, avec ce titre : « Le Montparnasse » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P. J, dans le petit cabinet du Roi [V.].
En 1715, dans la chambre de la duchesse d’Antin, en l’hôtel de ce seigneur à Paris [A.]. — Reporté, en 1 737, dans la galerie de Versailles [G. R.].
(1) Ainsi orthographié dans un inventaire de 1696 : « Père Indelvague » [Mag. 96].
(2) Lire : Piérides.
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— Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Dans le haut du tableau le peintre a placé le mont Parnasse où les dieux sont assemblés... Apollon et Minerve sont debout ; la déesse parle à ce Dieu... : sur la gauche du tableau et sur le premier plan, on voit une Muse séparée du grouppe de ses compagnes ; elle regarde les Dieux et unit sa voix aux accords de sa lyre; de l’autre côté, une Piéride, éloignée de même de ses sœurs, chante et accompagne avec un tambour de basque ; le fond représente un beau paysage, enrichi par l’Hippocrène qui coule au pied du Parnasse » ; Lepicié admet comme probable l’attribution de ce tableau au Rosso. — Mentionné par Piganiol de la Force dans le cabinet du billard à Versailles ; — par Jeaurat (1760) dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.]. — Le 8 décembre 1764, Jeaurat signale au directeur des Bâtiments que cette peinture est prête à s’écailler et demande qu’on la transporte sur toile (A. N. O1 1909) : cette opération dut être faite par Picault, comme le prouverait cette note de Du Rameau (1788) signalant, en 1784, ce tableau dans l’appartement du directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance : « En bon état, ce tableau a été relevé de dessus bois et remis sur toile par Picault » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i486, avec attribution à Rosso : H. 1 m. 25
2° Un tableau représentant Mars et Vénus avec un Amour tenant un foudre à la main; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 3 pieds sur 3 pieds 1 1 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée. Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Inventaire Le Brun ( 1 683), n* 116 [L. B.].— A Versailles en i6g5 [P.], au magasin [Mag. 96].
Lepicié (1752) en déclare la composition si obscène qu’il se refuse à en donner la description.
Balthazar PERUZZI
Un tableau représentant la Vierge découvrant l’enfant Jésus qui dort; figures de demi-nature; ayant de hauteur 19 pouces sur 14 pouces et demi de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n» ni [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96].
Se trouvait, en 1737, dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Lepicié (1752) le dit fait « dans la manière de Piètre Pérugin », et le décrit ainsi : <> La Vierge, vêtue d’une robe rouge et d’un manteau bleu, découvre avec respect l’enfant Jésus qui dort; il est couché dans un berceau orné de sculpture ; la Vierge, dont les cheveux sont nattés, est coëffée d’un voile blanc ; dans le fond du tableau est un rideau vert et une croisée, à travers laquelle on découvre des fabriques et des montagnes. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans le salon du directeur des Bâtiments, à l’hôtel de la Surintendance [J.] ; — par Du Rameau (1784) dans la huitième pièce de ce même hôtel avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 5 53 , avec attribution à Tisi, dit Garofalo. H. o m. 52 — L. o m. 40.
Sebastiano LUCIANI, dit del PIOMBO
i° Un tableau représentant la Visitation de la Vierge à sainte Elisabeth accompagnée de deux femmes; figures comme nature; ayant de hauteur 5 pieds sur 3 pieds 1 1 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roi.
Acheté par François Ier, en 1 5 2 1 [Lafenestre].
Le Père Dan (1642) le signale à Fontainebleau et rapporte qu’ « on croit que le visage de Nostre Dame a esté fait par Michel Ange ». — Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 6 [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans la grande antichambre du .château [V.]. — En 1706, au cabinet de la Surintendance [Mans. 6].
En 1715, se trouvait dans l’antichambre de l’hôtel particulier du duc d’Antin, à Paris [A.]; — en iy3y, au Louvre [Lou. 37]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La sainte Vierge est accompagnée de deux femmes ; derrière sainte Elizabeth on voit un escalier, au haut duquel est un homme qui s’entretient avec plusieurs autres personnes ; les figures principales de ce tableau ne sont représentées que jusqu’aux genoux. » — Jeaurat (1760) le mentionne dans la sixième pièce de l'hôtel de la Surintendance [J.] et, le
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14 décembre 1763, prévient le directeur des Bâtiments que « la couleur s’enlève (A. N. O' 1909). — En 1784, Du Rameau le signale dans cette même pièce, avec cette note (1788) : « Se lève en cloches à deux ou trois endroits ; il faut en conséquence recoller les cloches avec toute la prudence possible pour éviter de le lever, et si cela réussit, il faudra le nétoyer bien légèrement » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 3 52 : H. 1 m. 68 — L. 1 m. 32. — Signé : Sebastianus Vendus MDXX1.
2° Un tableau représentant le chevalier Baccio Bandinelli, sculpteur de son temps, tenant une petite statue de marbre; figure comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 2 pouces sur 2 pieds 5 pouces de large ; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun, n° 227, avec cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris [H.].
En 1715, placé dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Postérieurement à 1737, proposé pour orner la chambre du roi à Versailles, et intitulé : « Portrait de Daniel de Voltairre » [C. R.]. — Signalé par Lepicié (1752) ; — dans la troisième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.], ainsi que par Du Rameau (1784), avec cette note (1788) : « laver et vernir, il y a une ou deux écailles à remplir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1184 : H. 1 m. 1 1 — L. o m. 91. — Villot a repoussé l’identification proposée par Bailly, de même que l’attribution qu’il a reportée à Angiolo di Cosimo, dit Bronzino.
Giuseppe PORTA, dit SALVIATI
Un tableau représentant Adam et Eve chassez du Paradis terrestre; figures comme nature; ayant de hauteur 7 pieds 1 pouce sur 5 pieds 6 pouces de large, dans sa bordure dorée.
Inventaire Le Brun ( 1 683) n° 28, avec les dimensions en hauteur de 7 pieds 11 pouces, et cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris [H.], — où il se trouvait encore en 1726 [Coyp.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Adam fuit avec Eve la présence du Seigneur; le mouvement qu’il fait de la main paroit indiquer la compassion qu’il a pour sa compagne ; Eve se retourne et semble reprocher au serpent la funeste situation où elle se trouve »; il ajoute : « Ce tableau est en fort mauvais état, il a été presque repeint partout. » — En 1785, au Louvre avec cette note : « très gâté » [Louv. 85].
Au Louvre, n° 309 du catalogue Villot : H. 2 m. 21 — L. 1 m. 71 ( 1 ).
Julio CLOVIO
Un tableau peint en miniature représentant Jésus Christ qui donne les clefs à saint Pierre en présence des apôtres; figures de 6 à 7 pouces; ayant de hauteur 14 pouces et demi sur 10 pouces un tiers de large, dans sa bordure d’ébène.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683) n° 242, ainsi désigné : « Un tableau de Julio Clauvio sur le dessein de Michel-Ange, peint sur vellin en mignature » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96].
En 1785, au Louvre [Louv. 85].
Actuellement au Louvre, département des dessins, n” 198 : H. o m. 07b — L. o m. 290.
(1) Dans les envois de 1804, il est également porté comme ayant été déposé par l’État au musée de Strasbourg.
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Gaudenzio FERRARI (1)
Un tableau représentant la Nativité de Jésus Christ, accompagnée d’un cardinal qui est debout, joignant les mains et d’une Gloire de deux anges au dessus; figures de demi-nature ; ayant de hauteur 4 pieds 9 pouces sur 3 pieds 4 pouces de large; peint sur bois, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683) n° 3g3, ainsi désigné : « une Nativité de Jésus Christ où il y a un cardinal à genoux avec deux petites figures d’anges en hault tenant un escriteau » [L. B.]. — Houasse (1691) le signale à Paris [H.], où il se trouve encore en 1706 [Mans. 6.].
Piganiol de la Force le signale dans la salle de l’Abondance à Versailles; — Jeaurat (1760) dans la troisième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.].
Au musée royal de Belgique, à Bruxelles, auquel il fut envoyé en 1811 par l’Etat Français.
Andrea SOLARIO
i° Un tableau représentant la sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus, à costé sont trois anges dont l’un tenant un linge ; figures comme nature (2) ; ayant de hauteur 2 pieds 9 pouces et demi sur 2 pieds 2 pouces et demi de large; peint sur bois, dans sa bordure d’ébène.
Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Inventaire Le Brun ( 1 683), n" i52, avec cette désignation : « Un tableau manière de Léonard peint de la main d’André Salario représentant une
( 1 ) Orthographié à l’inventaire Bailly : Gaudence ; — ailleurs : Codentio [J.]. (2) Lire assurément : « demi-nature ».
Vierge à mi-corps, Notre Seigneur et deux anges, hauit de 2 pieds 2 pouces et demi sur 1 pied 8 pouces de large, peint sur bois, sa bordure est d’ébène garnie d’argan » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96.].
Signalé ainsi par Jeaurat (1760) dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance : « Une Vierge, l’enfant Jésus et un ange que l’on dit être peint par And. Solario » [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1 3 54 : H. o m. 92 — L. o m. g3. L’attribution à Solario a été rectifiée et reportée à Bernardino Luini.
2° Un tableau réprésentant Herodias tenant dans un bassin la tête de saint Jean ; figures de petite nature; ayant de hauteur 23 pouces sur 19 pouces de large; peint sur bois dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy .
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 1 52, avec cette description : « Un tableau d’And. Salario peint sur bois qui représente Herodias demi-figure avec la teste de saint Jean tenue par la main d’un homme au-dessus d’un bassin » [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans la galerie du Roi [V.].
Signalé par Piganiol de la Force dans la petite galerie de Versailles, — par Jeaurat (1760) dans la septième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] ainsi que par Du Rameau (1784) avec cette note (1788) : « à nettoyer » [D. R.].
Actuellement au Louvre, ne 1 355 : H. o m. 62 — L. o m. 53. L’attribution à Solario a été rectifiée et reportée à Bernardino Luini.
Matteo ROSSELLI
i° Un tableau représentant le triomphe de David, après la deffaite des Philistins, tenant la tête et l’épée de Goliath, accompagné de plusieurs femmes qui jouent de differens instrumens ; figures de petite nature; ayant de hauteur 7 pieds 1 pouce sur 8 pieds 10 pouces de large.
Saint Germain en Laye.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE 47
Lepicié (1752) le déclare placé dans la chapelle du château de Saint- Germain.
Actuellement au Louvre, n° 1483.
2° Un tableau représentant une femme habillée de rouge qui a des brodequins et une plume rouge à sa coeffure se présentant devant un grand prêtre, il y a derrière elle une autre figure qui a une épée (i), et à côté sont plusieurs autres figures de petite nature ; ayant de hauteur 7 pieds 10 pouces sur 8 pieds 10 pouces de large.
Saint Germain en Laye.
Lepicié (1752) intitule ce tableau : « Le Triomphe de Judith », et le dit placé dans la chapelle du château de Saint-Germain, où il faisait pendant au précédent.
Actuellement au musée de Toulouse, auquel il fut envoyé par l’Etat en i8o3.
Pietro BERRETTINI, dit da CORTONA
i° Un tableau représentant la Nativité de la Vierge; figures de petite nature; ayant de hauteur 5 pieds 2 pouces sur 2 pieds 8 pouces de large; dans sa bordure dorée. Versailles. Grand appartement du Roy.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 22, avec les dimensions de 5 pieds 10 pouces en hauteur sur 3 pieds 10 pouces [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la grande anti-chambre du château [V.]. — En 1698, inscrit parmi les tableaux qui ont besoin de châssis neufs ou d’être rentoilés [R.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge, qui vient de naître, est sur les genoux de sa nourrice, à qui une femme donne des bandes pour l’envelopper; une autre femme porte un vase, et une jeune fille soutient la tête de 1 enfant, qui est couronnée d’étoiles ; sur la gauche du tableau et sur le
(1) Lepicié indique que cette « figure » était une femme.
dernier plan on aperçoit sainte Anne couchée... : une servante lui présente des œufs : la scène se passe dans un appartement; une ouverture laisse entrevoir des fabriques et du paysage. » — Signalé par Jeaurat (1760) au magasin de la Surintendance [J.], — par Du Rameau (1784) dans la deuxième
pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.]. n:JlCl
Au Louvre, ^n° 74 du catalogue Villot : H. im. 68— L. im.21.
2° Un tableau représentant le triomphe de Baccus; figures de 20 à 22 pouces ; ayant de hauteur 4 pieds 3 pouces sur 6 pieds 1 1 pouces de large, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
L’estampe de ce tableau par Aquila porte « que le tableau était alors dans la maison Sachetti à Rome ».
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 129, lui donnant 7 pieds un pouce de large [L. B.]. — A Versailles en 1 5g5 [P.], au magasin [Mag. 96.].
Placé en 1722 à Fontainebleau dans la chambre Saint-Louis [Font. s. d.]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Bacchus, sur un char doré traîné par des panthères, est entouré de Bacchantes et de Faunes qui dansent; Silène, accablé des fumées du vin, accompagne le char, il est presque renversé sur son âne, qui lui-même est abattu et dont un satyre relève la tête; sur différens plans des Silvains, des enfants et des Dryades célèbrent à l’envi la gloire et la puissance de ce nouveau Dieu; on voit à la gauche du tableau deux éléphans, montés chacun par un des suivans de Bacchus; à la droite paroit un temple, dont le prêtre est debout sur les degrés du portique : le reste du fond représente un paysage avec des fabriques. » 11 donne comme dimensions à ce tableau 5 pieds un pouce et demi de haut sur 6 pieds 3 pouces trois quarts de large. — Signalé dans le magasin de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.], et par Du Rameau (1784) [D. R.].
3° Un tableau représentant la sainte Vierge, l'enfant Jésus et sainte Martine ; figures de petite nature; ayant de hauteur 4 pieds un pouce sur 4 pieds 8 pouces de large, rehaussé de 3 pouces, baissé par les coins pour suivre le ceintre de la bordure.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 181 [L. B.]. — Paillet (i6g5) le mentionne à Versailles et ajoute en note : « est dans la chapelle du château de Versailles» [P.]. — En 1706, se trouvait encore en ce même endroit [Mans. 6],
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Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’enfant Jésus, assis sur les genoux de la Vierge, tient de la main droite une palme et de la gauche un lys, qu’il paroit offrir à sainte Martine; le genre du martyre de la Sainte est désigné par une griffe de fer qu’elle porte et par une hache et un faisceau d’armes qu’on voit à ses pieds. » — Signalé dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1784) [D. R.].
Actuellement au musée d’Aix, auquel il fut envoyé par l’État le i°r mars 1895 : H. 1 m. 28 — ■ L. 1 m. 60. ^
Michel-Angelo CERQUOZZI, dit MICHEL-ANGE des BATAILLES
Un tableau représentant une mascarade italienne et sur le devant un carosse et dans le fond un théâtre; figures de 18 pouces; ayant de hauteur 23 pouces sur 2 pieds 7 pouces et demi de large.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n<> 423, ainsi désigné : « un tableau de Michel Ange représentant des basteleurs avec plusieurs figures masquées qui les regardent » [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], au magasin [Mag. 96].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Il représente un théâtre, où trois acteurs font entr’eux une scène comique, tandis que l’opérateur fait distribuer à l’assemblée des écrits et des drogues ; sur la droite du tableau on voit un carrosse arrêté et rempli de personnes qui regardent cette farce : ce sujet a pour fond des maisons et l’issue d’une rue. »
Au Louvre, ne 169 du catalogue Villot : H. o m. 63 — L. o m. 86.
Salvator ROSA
i° Un tableau représentant une bataille et sur le lointain un grand morceau d’architecture ruiné ; figures de 20 à
22 pouces ; ayant de hauteur 6 pieds 8 pouces sur i o pieds 8 pouces de large; dans sa bordure dorée.
Paris. Cabinet des tableaux.
Exécuté en i652, au prix de 200 ducats, pour le nonce Corsini qui l’offrit à Louis XIV.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 154 [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], au magasin [Mag. 96]. — En 1697, envoyé à Paris, avec cette note : « tableau dont le roi ne veut point » [Par. 97].
A Paris en 1722 [Coyp.]. — En 1750, placé au Luxembourg [Jacq. Bailly]. — Restauré en 1755 par le sieur Colins et la veuve Godefroid, dont voici le mémoire (A. N. O' 1 93 3 ) :
« A une bataille peinte par Salvator Rosse de 9 pieds sur 7 qui étoit posé dans la salle des gardes à Versailles, il a été envoyé à Paris pour être placé au Luxembourg étant tout écaillé et pourri dans le bas du tableau, l’avoir mis sur toile et ajouté une bande en bas de 6 pouces et des bandes de côté de 7 pieds de hauteur. Cet ouvrage, pour l’avoir mis sur toile, augmenté, fait tenir toutes les écailles rempli à plusieurs fois m’a occupé cinq jours fixé à 18 livres : 90 liv.
« M. Colains a netoyé le tableau et repeint toutes les augmentations et pointillé les endroits offensés et gâtés, cet ouvrage l’a employé 6 journées : 144 livres. »
Au Louvre en 1780 [Louv. 85]. — Restauré à nouveau en 1785 par le peintre Godefroy, dont voici la note (A. N. O1 193 1) : « Une bataille de Salvator Rosa, pour l’avoir netoyé, levé les repeins du ciel et repointillé à l’infini dans les figures et verni à diverses fois. «
Actuellement au Louvre, n° 1479 : H. 2 m. 17 — L. 3 m. 5 1 . — Doublement signé du nom du peintre : Salvator Rosa, et de son monogramme : S. R.
2° Un tableau représentant la Pithonisse qui fait apparoitre l’ombre de Samuel à Saiil; figures comme nature; ayant de hauteur 8 pieds 3 pouces sur 5 pieds 1 1 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Domenici dit que ce tableau fut envoyé en Erance avec une autre peinture représentant Apollon qui, après son séjour sur la terre chez les pasteurs, remonte au ciel [Villot],
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 367, ainsi désigné : « Saül armé à genoux enveloppé d’une drapperie jaune consultant la pitonis grande Magicienne
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qui faict parroistre l’ombre de Samuel » [L. B.]. — A Versailles en i G9 5 [P.], — dans le cabinet de l’appartement de la Reine [V.].
Signalé par Jeaurat (1760) dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.] ; par Du Rameau (1784) dans la troisième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « A laver et vernir seulement ». [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1478 : H. 2 m. 73 — L. 1 m. 94.
FRA BARTOLOMMEO, dit BACCIO délia PORTA
Un tableau représentant l’Annonciation de l’Ange à la Vierge, où il paroit saint Jean, saint Paul, saint Hiérosme, un autre Religieux et une Sainte à genoux avec la Magdeleine tenant une boëte ; ligures de 16 pouces ou environ; ayant de hauteur 2 pieds 1 1 pouces sur 2 pieds 4 pouces de large ; peint sur bois.
Fontainebleau. Cabinet de la Reyne.
Exécuté en 1 5 1 5 et entré dans les collections royales sous François Ier.
Le Père Dan (1642) le mentionne à Fontainebleau — où il se trouvait encore à la fin du xvn” siècle, dans le cabinet de la Reine-Mère [Font. s. d.].
A Fontainebleau en 1722 [Guilbert], — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge est assise sur une estrade, placée dans un enfoncement en forme de niche, au milieu de deux colonnes; elle regarde avec une crainte respectueuse, l’ange qui vient lui annoncer le mystère, des deux côtés de la Vierge on voit saint Jean-Baptiste, la Magdeleine, saint Paul, saint Jérome, une Sainte et un Religieux. » — Signalé par Jeaurat (1760) dans le premier cabinet particulier de l’hôtel de la Surintendance [J.]; — par Du Rameau (1784) dans l’appartement du directeur général en ce même hôtel, avec cette note (1788) : « s’écaille visiblement en beaucoup d’endroits » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 1 53 : H. o m. 96 — L. o m. 76. — Signé : F Bart° floren. or's pre. i5iS.
Filippo di LIANO d’ANGELI, dit le NAPOLITAIN
i° Un tableau représentant un paysage où paroit sur le devant un saint Jean Baptiste prêchant dans le désert ; figures d’environ 2 pouces ; ayant de hauteur 1 3 pouces sur 16 pouces et demi de large; peint sur cuivre (1); dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Gallerie du Roy.
Donné au Roi en septembre 1 6g 3 par Le Nostre [P.].
A Versailles en 1695 [P.], — dans la galerie du château [V.], où il se trouvait encore en 1737 [G. R.].
Signalé par Piganiol de la Force dans le cabinet du billard à Versailles; — par Jeaurat (1760) dans le second cabinet particulier de l’hôtel de la Surintendance [J.] ; — par Du Rameau (1784) dans la neuvième pièce de ce même hôtel [D. R.].
2° Un tableau représentant une promenade aux grottes dites Caffarelles près de Rome ; figures d’un pouce et demi ; ayant de hauteur 16 pouces et demi sur 22 pouces de large; peint sur cuivre ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Gallerie du Roy.
Donné au Roi en septembre i6g3 par Le Nostre [P.].
A Versailles en 1695 [P.], — au magasin [Mag. 96].
Signalé par Piganiol de la Force dans le cabinet du billard à Versailles.
ClL- IX C&ILi*,— @cl
(1) En 1 8 1 1 , l’État a envoyé au musée de Dijon un tableau sur cuivre, intitulé « saint Jean prêchant», avec cette attribution : « Cru de Bernin » et cette indication de provenance : « Ancienne Collection ». Les dimensions données (0 m. 76 X o m. 61) ne sont pas concordantes; mais, étant donnée la matière sur laquelle est peinte la composition, j’hésite à les croire exactes. Le catalogue du musée de Dijon ( 1 883) ne mentionne pas ce tableau. D’autre part, en 1882, un tableau de Breemberg, de dimensions concordantes (o m. 35 X o m. 42) et sur le même sujet, était envoyé par l’Etat à la maison de la Légion d’Honneur à Saint-Denis.
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Guaspre DUGHUET
i° Un tableau de païsage dans lequel sont des bergers assis qui gardent un troupeau de moutons ; figures de 3 à 4 pouces; ayant de hauteur 2 pieds 3 pouces et demi sur 3 pieds de large ; dans sa bordure dorée.
20 Un tableau de païsage dans lequel sont représentez trois hommes qui se reposent avec leurs chiens (1) auprès d’eux; de mêmes dimensions.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Inventaire Le Brun ( 1 683), nos 414 et 415 [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.]. — En 1696, à Trianon sous bois [T. M. C.].
Placés, en 1715, dans le cabinet de la duchesse d’Antin, en l’hôtel particulier du duc à Paris [A.]. — Quittent le Louvre en 1787 pour rentrer au cabinet de la Surintendance [Louv. 37]. — Signalés par Jeaurat (1760) dans la deuxième pièce de cet hôtel [J.] ; — par Du Rameau (1784) au même endroit, avec cette note (1788) : « rentoiler, nettoyer et vernir » [D. R.].
Au Louvre, n°“ 37 et 38 du catalogue Villot, avec attribution à Bloemen : H. 0,72 — L. 0,96.
3° Un tableau de païsage dans lequel est peint un morceau d’architecture et deux hommes sur le devant dont l’un fait un trou à la terre avec une bêche; figures de 7 à 8 pouces ; ayant de hauteur 3 pieds sur 2 pieds et demi de large ; dans sa bordure dorée, de forme ovale.
40 Un tableau de païsage dans lequel est peint un morceau d’architecture avec une femme courbée tenant un paquet sur le devant; de mêmes forme et dimensions.
Paris. Appartement de la Reyne.
(1) Dans l’inventaire Paillet, il est dit : « deux chiens ».
Du Rameau (1784) les signale dans la seconde pièce de l’hotel de la Surintendance à Versailles, avec cette note : « à nettoyer, l’un à lever les repeints. » [D. R.].
Le n" 4, actuellement au musée de Fontainebleau, avec attribution à Bloemen : H. 0,73 — L. 0,69.
Pietro-Paolo BONZI, dit il GOBBO de CARACCI (1)
i° Un tableau représentant un païsage avec des baigneurs; figures de 2 pouces ; ayant de hauteur 14 pouces sur 23 pouces de large, dans sa bordure dorée.
20 Un tableau représentant un païsage (2), de mêmes dimensions.
Chaville.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n°* 282 et 283 [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.]. — Le i“r mars 1696 placés à Chaville [T. M. C.].
Carlo MARATTA
i° Un tableau représentant la fable d’Apollon et de Daphné; figures de 3 pieds et demi; ayant de hauteur 8 pieds sur 9 pieds de large; rehaussé de 18 pouces et élargi de 26 pouces; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Commandé à l’artiste par Louis XIV, qui lui décerna ensuite le titre de peintre ordinaire du Roi [Lepicié] ; c’est à ce tableau, très certainement, que se réfère cette ordonnance de paiement, inscrite aux Comptes des Bâti-
(1) Appelé dans les inventaires divers : « Le Gobbe ».
(2) L’inventaire Paillet ajoute : « et des chasseurs ».
ECOLES ROMAINE ET FLORENTINE
DD
ments, année 1 68 1 , en date du 6 juillet : « Au sieur du Ru, pour remboursement d’une lettre de change payable à Rome à M. le duc d’Estrée pour délivrer au sieur Carlo Marati, peintre, en considération du tableau qu’il a fait pour le service du Roy 3,ooo livres » [Guiffrey. t. II, p. 107].
Paillet (1695) le mentionne avec les dimensions de 6 pieds 6 pouces de haut sur 6 pieds 10 pouces de large [P.]. — En 1696, mis à Versailles dans l’appartement de Monseigneur [V.]. — Vers 1700, placé à Meudon dans la galerie de communication [Meud. s. d.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Apollon suit Daphné avec ardeur, malgré les efforts d’un jeune homme qui veut l’arrêter dans sa course; la nymphe le fuit avec précipitation; elle lève les yeux au ciel et se trouve au moment de se jeter entre les bras du fléuve Pénée son père, que l’on voit assis au pied d’un arbre : plusieurs nayades, placées sur divers plans, sont représentées saisies d’effroi à la vue du danger que Daphné vient de courir; on voit au-dessus d’Apollon l’Amour qui s’envole avec un air satisfait; ce sujet a pour fond un paysage. » — Signalé par Du Rameau (1784) dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.J.
Actuellement à Bruxelles, au musée royal de Belgique, auquel il fut envoyé par l’État français en i8o3 : H. 2 m. o5 — L. 2 m. 29.
2° Un tableau représentant la Sainte Vierge tenant l’enfant Jésus qui dort, sainte Catherine auprès; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 3 pieds de large; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Donné au Roi par M. le cardinal Janson, le icr décembre 1697 [P.]; exécuté cette même année par l’artiste.
Signalé, au magasin de Versailles, avec cette date d’entrée : 16 janvier 1698, et cette mention : « la Vierge, Jésus dormant, sainte Catherine et quatre anges » [Mag. 96].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Trois anges (1) sont placés au chevet du lit de Tentant Jésus qui dort, la tête appuyée sur sa main droite et le bras gauche posé sur un oreiller; la Vierge tient des deux mains un voile de gaze, dans 1 action de couvrir le Sauveur que sainte Catherine regarde avec un air de respect et d admiration. » — Signale dans la quatrième pièce de
(1) C’est « quatre » qu’il faut lire.
l’hotel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.] et par Du Rameau (1784) avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au musée de Fontainebleau : H. 1 m. 25 — L. 1 m. Signé : Carolus Maratta pinxit i6gy.
3° Un tableau représentant saint Jean prêchant dans le désert ; figures de 1 6 à 1 8 pouces ; ayant de hauteur 3 pieds sur 3 pieds de large; dans sa bordure dorée.
20 Un tableau représentant la Nativité de Notre Seigneur; de mêmes dimensions.
Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Donnés tous deux à Louis XIV par le cardinal Gualterio, quand il vint en France, en l’année 1701, en qualité de nonce du Pape [Lepicié].
Placés, en 1701, à Meudon dans l’antichambre de l’appartement de Monseigneur [Meud. s. d.] où ils étaient encore en 1706 [Mans. 6],
Quittent le Louvre en 1737 [Louv. 37.] pour être mis en dessus de portes dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Lepicié (1722) les décrit ainsi : « Saint Jean debout et les bras élevés, exhorte avec véhémence les juifs à se convertir....; la scène se passe dans un lieu tranquille et agréable, orné d’un beau paysage. » — « La Vierge, assise, tient l’enfant Jésus posé sur la crèche; il est environné d’anges qui le contemplent avec joie et le nouveau né les caresse; saint Joseph, debout, le montre aux pasteurs...; au pied de la crèche et sur la droite du tableau, un berger à genoux tient une bergère par la main et lui montre avec empressement ce Dieu de paix...; on voit une gloire d’Anges au-dessus de la Vierge, l’un de ces anges tient un encensoir, et les autres des fleurs, une couronne et une banderolle où est écrit : Gloria in excelsis : le fond représente une étable couverte de chaume. » — Signalés par Jeaurat (1760) dans la deuxième pièce de l’Hôtel de la Surintendance [J.], — Du Rameau (1784) ne mentionne dans cette même pièce que le n° 4, avec cette note (1788) : « laver et vernir. »
Le n° 3 au Louvre, n° 255 du catalogue Villot : H. 0,90 — L. 1 m. Le n° 4 se trouvait à Saint-Cloud en 1870 et fut détruit dans l’incendie de ce Château,
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
Gio-Battista GAULI, dit il BACICI
Un tableau représentant saint Jean qui prêche dans le désert au peuple; figures de 22 à 24 pouces; ayant de hauteur 6 pieds sur 5 pieds de large.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
Paillet (1695) le signale à Versailles et lui donne comme dimensions 6 pieds 2 pouces de haut sur 5 pieds 3 pouces et demi [P.]. — En mai 1695, se trouvait à Trianon, au-dessus de la cheminée de la salle des Seigneurs [Tri. 95.]. — Le ier mars 1696, placé à Trianon dans la salle d’entrée [T. M. C.].
Restauré, en 1776, par Godefroy, dont voici le mémoire : « La prédication de saint Jean par le Baccici, portant 6 pieds de haut sur 5 de large; avoir remis le dit tableau sur toile et châssi neuf; nettoyé et raffermi les couleurs... i5o livres » (A. N. O' ig33).
Actuellement au musée de Dijon, auquel il fut envoyé par l’État en 181 1 : H. 1 m. 84 — L. 1 m. y3.
Ciro FERRI
Un tableau représentant le Temps avec sa faux qui veut empêcher la Victoire de porter le nom de Louis le Grand au temple de la Gloire ; figures de demi-nature ; ayant de hauteur 4 pieds 9 pouces sur 3 pieds 4 pouces de large.
Paris. Cabinet des tableaux. J. 6^1
A Paris en 1722 [Coyp.]. — Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Renommée, accompagnée de Génies qui portent des couronnes et des palmes, vole au temple de Mémoire ; elle va y inscrire les actions héroïques de Louis le Grand : le Temps voudrait s’y opposer; mais il fait de vains efforts,
d’autres Génies l’éloignent et ne lui permettent pas de faire usage de sa faulx meurtrière » ; il ajoute que ce tableau a beaucoup souffert.
Actuellement au musée de Versailles, avec attribution : « Manière de Jouvenet » : H. i m. g5 — L. i m. 47 (1).
Francesco TREVISANI
Un tableau représentant une Vierge et Jésus-Christ dormant et un saint Jean qui lui baise la main avec deux enfans qui font un concert ; ayant de hauteur 4 pieds et demi sur 4 pieds 9 pouces de large ; dans sa
Versailles. Appartement de Mm& de Maintenon.
Signalé dans la seconde pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat (1760) [J.], et par Du Rameau (1784), avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 5 55 : H. 1 m. 5i — L. 1 m. 26.
Giuseppe CESARI, dit le JOSÉPIN
i° Un tableau représentant l’Enlèvement d’Europe ; figures de 10 à 12 pouces; ayant de hauteur 3 pieds 7 pouces et demi sur 5 pieds un pouce et demi de large ; rehaussé d’un pied et élargi de 1 3 pouces et demi ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet proche la petite gallerie.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 102, avec cette mention : « Un tableau de Bartholomeo Cartoccio, manière de Joseppin, représentant Europe enle-
(1) Vqir Bulletin des Musées (mars, avril, mai 1 8g3), p. 78.
ÉCOLES ROMAINE ET FLORENTINE
vée par Jupiter changé en taureau noir et ses compagnes, avec quatre petits Ainours en l’air, hault de 2 pieds 7 pouces et demi sur 4 pieds de large » [L. B.]. — Mentionné par Paillet (1696) à Versailles, avec cette note : « On le croit de Bartholomeo Cartoccio, manière de Joseph Pin » [P.]. — En 1696, dans le magasin de Versailles [Mag. 96]. — En 1706, au château, dans l’appartement du duc de Bourgogne (Mans. 6.).
Ce tableau se trouvait en 1870 à Saint-Cloud et fut détruit dans l'incendie de ce château.
2° Un tableau représentant la Nativité de Jésus-Christ au milieu des pasteurs; figures de 5 à 6 pouces; ayant de hauteur g pouces sur 1 1 pouces de large ; peint sur cuivre, dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet proche la petite gallerie.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n" 109, avec cettre attribution : « manière de Joseppin » et cette note ajoutée : « Veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.] ; — Houasse (1691) le mentionne à Paris et ajoute en note : « Le sieur Paillet en a donné son récépissé le 29 octobre 1692 au sieur Houasse et ce tableau est à Versailles » [H.]. — A Versailles en i6g5 [P.], — dans la galerie du Roi [V.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Sur le premier plan on voit saint Joseph assis et la Vierge à genoux qui présente l’enfant Jésus aux pasteurs; plusieurs troupes de bergers et de bergères arrivent avec des agneaux et des fruits.... ; sur la gauche, le peintre a placé une grande femme debout ; elle porte son enfant et tient un panier rempli de légumes. Ce sujet a pour fond une grotte et du paysage. » — Piganiol de la Force le signale dans le cabinet du billard de Versailles; — Jeaurat (1760) [J.], puis Du Rameau (1784) dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hôtel de la Surintendance, avec cette note (1788) : « bon état » [D. R.].
3° Un tableau représentant Diane dans le bain jettant de l’eau à Acteon ; figures de i3 pouces; ayant de hauteur 18 pouces et demi sur 2 pieds demi-pouce de large; dans sa bordure dorée.
Paris. Cabinet des tableaux.
Inventaire Le Brun ( 1 683), n° 72, avec cette description : « Un tableau de Joseppin représentant Acteon et Diane qui Iuy jette de l’eau accompagnée de quatre de ses nymphes » et cette note ajoutée : « Veu à Paris le
8 aoust 1690. » [L. B.] — Houasse (1691) le mentionne â Paris et le déclare peint sur bois [H.].
A Paris en 1722 [Coyp.]. — Lepicié (1752) le déclare en très mauvais état. — En 1785, au Louvre, avec cette indication « peint sur albâtre » [Louvre, 1785].
Actuellement au Louvre, n° 125a : H. o m. 5o — L. o m. 65.
ECOLE VENITIENNE
Giovanni BELLINI
Un tableau représentant son portrait et celui de son frère; figures de petite nature; ayant de hauteur 16 pouces sur 23 pouces de large ; peint sur bois ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Gallerie du Roy.
N° 107 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), avec cette note ajoutée : « Veu à Paris le 6 août 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le mentionne à Paris avec cette note en date du 29 octobre 1692 : « Le sieur Paillet a donné récépissé de ces deux tableaux (l’autre était le n° 3 de Léonard de Vinci) au sieur Houasse, lesquels sont dans la petite gallerie de Versailles » [H.]. — A Versailles en i6g5 [P.], dans la galerie du Roi [V.], où Piganiol de la Force le retrouvera vers iy5o.
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « Bellin et son frère sont représentés coëffés d’une toque noire; le premier vêtu de fourrures, et le second d’une draperie jaunâtre. » — Signalé dans la septième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.], et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788) : « A nettoyer » [D. R.].
Actuellement au Louvre, sous le n° 1 1 56, avec attribution à Gentile Bellini, et sous ce titre : « Portraits d’hommes ». H. o m. 41 — L. o m. 63.
DOSSI (i)
i° Un tableau représentant la Circoncision de Notre Seigneur; figures de 7 à 8 pouces; ayant de hauteur 12 pouces et demi sur 18 pouces de large; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Gallerie du Roy.
N° 63 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans le cabinet des Médailles [V.], où Piganiol de la Force le signale encore vers 1750.
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge n’a pu se résoudre à tenir ellemême l’enfant Jésus pendant l'opération, elle l’a remis à une vieille femme qui le caresse sur ses genoux : le Sauveur semble effrayé à la vue du couteau que tient le Grand Prêtre, tandis qu’un des assistans paroit se prêter à cet effroi en voulant arrêter le bras du ministre; derrière le grand prêtre et sur un plan plus élevé, on voit saint Joseph et la Vierge, désignés par des auréoles ; le reste de la composition représente plusieurs figures et entre autres un vieillard, à qui un petit enfant saisi de crainte embrasse les genoux. » — Se trouvait, en 1760, dans le deuxième cabinet particulier de l’hôtel delà Surintendance [J.]. — Du Rameau (1784) le mentionne dans la huitième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « Laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, no i55o, avec attribution à Benvenuto Tisi, dit Garofalo : H. o m. 35 — L. o m. 49.
2° Un tableau représentant la Nativité de Jésus-Christ ; figures de petite nature ; ayant de hauteur 4 pieds 6 pouces et demi sur 7 pieds 2 pouces et demi de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roy.
(1) Bailly, non plus que Lepicié, n’indique auquel des deux frères Dossi, Giovanni ou Battista, ces tableaux doivent être attribués ; il se contente de cette appellation générale : Dosse.
N° 1 14 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.], dans la grande antichambre [V.]. — En 1698, signalé parmi « les tableaux du Roy ausquels il faut faire des châssis neufs et mettre des toiles neuves derrière pour leur conservation » [R.].
Lepicié (1752) le décrit ainsi : « L’enfant Jésus, couché à terre sur une draperie, lève les bras avec empressement pour recevoir une croix que le petit saint Jean tient et qu’une sainte lui ôte des mains pour la donner au Sauveur : la Vierge, saint Joseph, deux anges et un vieillard à genoux forment le reste de la composition. » — Piganiol de la Force le mentionne dans la salle de Mars, à Versailles. — En 1760, se trouvait au magasin de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1(347; porté aux inconnus de l’école italienne : H. 1 m. 5o — L. 2 m. 37.
3° Un tableau estimé du Dosse représentant Jésus- Christ à table chez Simon le Pharisien et la Magdeleine qui lave les pieds à Notre-Seigneur ; figures plus de deminature; ayant de hauteur 6 pieds un pouce sur 8 pieds un pouce de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 291 de l’inventaire Le Brun [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.]. — En 1696, au magasin de ce château, avec cette note ajoutée : « à Paris depuis » [Mag. 96]. — En 1697 envoyé à Paris avec cette note : « Tableau dont le Roy ne veut point » [Par. s. d.].
En 1 737, transporté du cabinet de la Surintendance dans la galerie d’Apollon au Louvre [S.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « La Magdeleine placée sur la gauche du tableau, est prosternée aux pieds du Sauveur; dans la partie opposée on voit Simon le Pharisien et le reste des convives occupés de cet événement, le fond représente un vestibule orné de colonnes, avec un jardin dans l’éloignement. »
Actuellement à Bruxelles, au musée royal de Belgique, auquel il fut envoyé en i8o3 par l’État Français (1), avec attribution à Dosso Dossi : H. 1 m. 90 — L. 2 m. 60.
(1) Il avait d’abord été compris dans le lot destiné à Strasbourg.
Giorgio BARBARELLI, dit GIORGIONE
i° Un tableau représentant la sainte Vierge tenant l’enfant Jésus, accompagnez de saint Joseph avec sainte Catherine et saint Sébastien, et sur le devant un homme à genoux; figures de petite nature; ayant de hauteur 3 pieds 1 1 pouces sur 4 pieds et demi de large ; peint sur bois ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la duchesse de Berry.
Appartint au duc de Mantoue qui le vendit à Charles Ier d’Angleterre ; à la mort de ce dernier, acheté par Jabach ; acquis alors par le cardinal Mazarin, et à sa mort, cédé par ses héritiers à Louis XIV.
N° 3q de l’inventaire Le Brun ( 1 683), où il est ainsi mentionné : « Un tableau de la main de Georgion représentant Notre Seigneur entre les bras de la Vierge et un portrait d’homme à genoux, peint sur bois, hault de 3 pieds et demi sur 4 pieds 2 pouces de large, avec sa bordure et ses vollets peints de grisaille » [L. B.] . — Paillet (1695), le signalant à Versailles, le déclare : « agrandi en i6g5 » [P.]. — En 1696, à Versailles, dans le cabinet doré [V.] ; — en 1706, dans le cabinet de Monseigneur, au même château [Mans. 6].
Au Louvre en 1737 [Louv. 37], d’où il quitte pour aller dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Signalé et décrit par Lepicié. — En 1760, mentionné dans la quatrième pièce de l’hotel de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n" 1 1 35 : H. 1 m. — L. 1 m. 36.
2° Un tableau représentant une Pastorale sur un fond de païsage; figures plus de demi-nature; ayant de hauteur 3 pieds 9 pouces sur 5 pieds 3 pouces de large : il a été élargi de 3 pouces et rehaussé de 6 ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de M. le duc d'Antin au château.
Faisait partie de la collection de Charles I,r d’Angleterre; acheté par Jabach à la vente de ce dernier et cédé à Louis XIV.
ÉCOLE VÉNITIENNE
Inventaire Le Brun ( 1 683) n° 2o5 avec cette description : « Une pastoralle, deux hommes assis dont l’un tient un luth, une femme auprès toute nüe aussy assise tenant une fluste et une autre femme debout nüe auprès d'une fontaine tirant de l’eau, hault de 4 pieds sur 4 pied et demi de large » [L. B.] — Paillet (i6g5), le signalant à Versailles, le déclare « agrandi en 1695 » [P.]. — En 1696, dans le cabinet doré à Versailles [V.], — en 1706, dans le cabinet de Monseigneur au même château [Mans. 6],
En 1715 placé dans le grand cabinet de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Au Louvre en 1737 [Louv. 37], d’où il le quitte pour prendre place dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Décrit par Lépicié (1752). — Signalé dans la quatrième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 1 36 : H. 1 m. 10 — L. 1 m. 38.
3° Un tableau représentant Herodias qui reçoit la tète de saint Jean ; figures de 1 8 à 20 pouces ; ayant de hauteur 2 pieds 4 pouces et demi sur 2 pieds de large; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° 3o8 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — En iGg5 à Versailles [P.], dans la galerie du Roi [V.], où Piganiol de la Force le signale encore vers 1750.
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Hérodias, debout, reçoit la tête de saint Jean qu’un bourreau lui présente dans un plat : derrière ce grouppe et dans l’éloignement on voit plusieurs soldats auprès du corps de ce prophète. » — Signalé dans la septième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788) : « à nettoyer » [D. R.].
Au Louvre, n° 5 18 bis du catalogue Villot, porté aux inconnus : H. o m. 78 — L. o m. 64.
4° Un tableau représentant le portrait de Gaston de Foix devant un miroir; figure grande comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 9 pouces et demi sur 3 pieds 1 1 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Appartement de Mme la duchesse de Berry.
Faisait probablement partie de la collection de François Ier.
Le Père Dan (1642), le signale a Fontainebleau en ces termes : « Hierôme de Bresse, dit Savoldy, voulant taire paroitre l’excellence de la peinture audessus de la sculpture, fit un grand portrait de Gaston de Foix à dcmy couché, lequel est à l’opposite de plusieurs miroirs et ainsi paroit de tous costez. .. — N“ 394 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec attribution à Giorgone [L. B.], attribution qui sera maintenue dans les divers inventaires postérieurs. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96.]. — En 1706, au cabinet de la Surintendance [Ma^. 6.].
Décrit par Lépicié (1752). — Au magasin de la Surintendance en 1 760 [J.] et en 1784 [D. R.].
Actuellement au Louvre, avec attribution à Savoldo, n° 1 5 18 : H. o m. 91 — L. 1 m. 23. — Signé : Opéré di jovanni jeronimo de Bressa di Savoldi (1).
5° Un tableau estimé du Giorgion, représentant un portrait d’homme qui a la main droite gantée et tenant de la gauche un autre gant; hgure comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 7 pouces et demi sur 3 pieds 1 1 pouces et demi de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance.
N° 5o de l’inventaire Le Brun ( 1 683) ainsi mentionné : « Un tableau manière de Georgion représentant un portrait d’homme à demy corps tenant un gand de la main droite et aiant la main gauche gantée, hault de 2 pieds 8 poulces sur 2 pieds un pouce de large » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans l’appartement de Monseigneur [V.].
Placé en 1715 dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.], — en 1737 dans la chambre du roi [C. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1672, porté aux inconnus de l’école italienne : H. o m. 90 — L. o m. 73 (2).
6° Un tableau estimé du Giorgion représentant deux joueurs de violon ; figures de 18 à 20 pouces; ayant de
(1) En i8o3, lors de la formation des musées de province, ce tableau avait été compris dans le lot attribué au musée de Bordeaux, sous ce titre : « Inconnu. Ecole Vénitienne. Portrait d'homme entre deux miroirs »; il en fut ensuite retiré.
(2) La description et les dimensions du tableau concordent avec celles données par Le Brun; les indications de Bailly doivent donc être erronées.
ÉCOLE VÉNITIENNE
hauteur 20 pouces et demi sur 16 pouces de large; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
70 Un tableau estimé du Giorgion représentant la Comédie sous la figure d’une femme couchée tenant un masque à la main; figures de 18 à 20 pouces; ayant de hauteur 20 pouces et demi sur 16 pouces et demi de large; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Nos 3 10 et 309 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec ces mentions : « un tableau en petit du Georgion représentant deux hommes assis jouans du violon représentant la Musique — un autre tableau du mesure Georgion dans lequel est une femme couchée sur le devant tenant une lire qui représente la Comédie » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.].
Lépicié (1752) les décrit ainsi : « Il représente deux hommes assis, dont l'un joue du violon et l’autre de la basse de viole : le fond représente une cabanne et du paysage. » — « Il représente la Comédie scus la figure d’une femme couchée à terre, drapée de blanc et tenant une lyre : on voit auprès de la Muse un masque et un rouleau de papier. » — Piganiol de la Force les signale dans le cabinet du billard à Versailles. — L’un et l'autre se trouvaient à l’hôtel de la Surintendance en 1760, le n° 6 dans la septième pièce, le n" 7 dans la neuvième ou deuxième cabinet particulier [J.] ainsi qu’en 1784, avec ces notes (1788) : n" 6 « à nettoyer, » n° 7 « laver et vernir » [D. R.].
Les états de tableaux envoyés par le Musée central de Paris aux musées de province, en vertu de l’arrêté du 14 fructidor an VIII (Archives du ■Louvre) portent que le n° 7 la Comédie, fut envoyé en 1809 au musée de Nantes : il n’est point mentionné au catalogue de ce musée (1).
i° Un tableau représentant Notre-Seigneur à table avec les Pèlerins d’Emaüs ; figures de petite nature ;
Versailles. Petite Galerie du Roy.
cf.k. £/,/
Tiziano VECELLI
(1) Inventaire général des richesses d'art de la France. Province. Monuments civils. Tome IL 1887. — Le musée de Rennes possède un tableau du Sacchi sur un sujet à peu près semblable.
ayant de hauteur 5 pieds 2 pouces et demi sur 7 pieds 5 pouces et demi ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roy.
Peint pour l’église des Pregadi, à Venise ; passa ensuite dans la collection du duc de Mantoue, puis dans celle de Charles Ior ; à la mort de ce dernier acheté par Jabach, qui le revendit à Louis XIV.
N°45 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), où il est mentionné « avec ses volletz peints d’ornemens et rehaussez d’or (1) » [L. B.]. — Paillet (1695) le signalant à Versailles déclare : « Les volets sont à Paris et M. Houasse n’en est pas chargé » [P.]. Et, de fait, la note suivante est incluse dans l’inventaire de Houasse (1690) :« Nota que les volets peints d’ornemens rehaussez d’or des Pèlerins d’Emmaüs du Titien n° 45 sont à Paris et que M. Houasse n’en est pas chargé, étant sur l’inventaire de Versailles » [H.]. — En 1696,
à Versailles, dans la chambre du Roi [V.]. — Compris en 1698 dans la liste
des tableaux à rentoiler et à remettre sur châssis [R.].
Placé en 1715 dans le grand cabinet de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Au Louvre, en 1737, et marqué comme devant faire retour à Versailles [Louv. 87]. — Signalé par Piganiol de la Force dans la
salle de Mercure à Versailles, — par Lépicié (1752), — par Jeaurat (1760)
dans la cinquième pièce de l’hôtel de la Surintendance, avec cette note : « On cest de tous temps imaginé que le Pèlerin placé à la droite du Sauveur représente Charles Quint, et que l’autre (iguroit aussi le cardinal Ximenès, et que le Page qui est aussi dans ce tableau étoit le portrait de Philippe II. C’est un des plus beaux tableaux que le Titien ait fait » [J.]. — D’Argenville (1762) le mentionne dans la salle de Mars à Versailles. — En 1784, se trouvait à nouveau dans la cinquième pièce de l’hôtel de la Surintendance, avec cette note (1788) : « léger nettoyage » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1 58 1 : H. 1 m. 69 — L. 2 m. 44. Signé : Ticien.
2° Un tableau représentant Notre Seigneur qu’on met dans le tombeau ; figures' comme nature ; ayant de hauteur 4 pieds 5 pouces sur 6 pieds 7 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roy.
(1) On relève dans les Comptes des Bâtiments, à la date de 1667 [Guiffrey, tome 1, p. 220] l’ordonnance de paiement suivante : « A Leonnard Gonthier pour plusieurs ouvrages et ornemens de peinture par luy faits sur deux volletz qui servent à fermer deux tableaux du Titien 400 livres. » Voir le numéro suivant.
ÉCOLE VÉNITIENNE
Faisait partie de la collection du duc de Mantoue, qui le vendit à Charles Isr d’Angleterre ; acquis par Jabach à la mort de ce dernier et cédé ensuite à Louis XIV.
N° 46 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), où il est mentionné « avec ses volletz peints d’ornemens et rehaussez d’or » [L. B.]. — Paillet (i6g5) le signale à Versailles, avec cette note : « Les voletz sont au Garde-meuble de Versailles et le sieur Paillet les retirera » [P.]. — En 1696 à Versailles, dans la chambre du roi [V.]. — Compris en 1698 dans la liste des tableaux à rentoiler et à remettre sur châssis [R.].
Décrit par Lépicié (1752). — Signalé par Piganiol de la Force dans la Salle de Mercure à Versailles. — Au Louvre en 1752, avec cette note ajoutée : « A Paris, pour être nettoyé et reporté à Versailles en 1753 » [Coch.]. — Signalé, en 1764, par Jacques Bailly au Luxembourg, — en 1785, par Duplessis au Louvre [Louv. 85]. — Restauré en 1786 par le peintre Godefroy dont voici le mémoire : « Jésus Christ mis au tombeau par le Titien, pour avoir netoyé ledit tableau qui etoit fort noir, refait l’alonge de 8 pouces par en haut et celle de 3 pouces par le bas, et avoir repointillé quelques endroits mastiqués dans les draperies » (A. N. O' ig3t).
Actuellement au Louvre, n° i58q : H. 1 m. 48 — L. 2 m. o5.
3° Un tableau représentant Persée qui combat le dragon pour délivrer Andromède attachée à un rocher ; ligures comme nature ; ayant de hauteur 6 pieds sur 7 pieds 2 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roy.
N° 199 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.], dans la chambre du roi [V.]. — Compris en 1698 dans la liste des tableaux à rentoiler et à remettre sur châssis [R.].
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Andromède exposée nue sur un rocher, paroit dans le plus cruel abattement; Persée en l’air combat le monstre et va fondre de nouveau sur lui : on voit dans l’éloignement une ville et un peuple nombreux qui borde le rivage de la mer. » — Au Louvre en 1752, avec cette note : « A Paris pour être nettoyé et reporté à Versailles en 1753 » [Coch.]. — Signalé par Duplessis (1785) au magasin du Louvre, avec cette note : « Très gâté » [Louv. 85].
Actuellement au musée de Montauban, auquel il fut envoyé par l’État en 1872, avec attribution à Véronèse : H. 1 m. 95 — L. 1 m. 35.
4° Un tableau représentant une Vierge tenant l’enfant Jésus accompagnez de sainte Agnès et de saint Jean sur un fond de païsage; figures de petite nature; ayant 4 pieds 6 pouces et demi en quaré ; dans sa bordure dorée. Versailles. Grand appartement du Roy .
N° 2 5 1 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec celte description : « Une Vierge assise tenant son petit Jésus, une sainte Agnès, une sainte Catherine à genoux (i), tenant d’une main une palme et l’autre sur un agneau que tient le petitJean, 5 pieds en quarré » [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.], dans la chambre du Roi [V.]. — Compris en i6g8 dans la liste des tableaux à rentoiler et à remettre sur châssis [R.].
En 170, placé dans la chambre du duc d’Antin en son hôtel particulier à Paris [A.]. — Restauré par Colins en 174g (A. N. O1 ig3q A) : c’est à ce moment sans doute que ses dimensions durent être modifiées, car aux divers catalogues du Luxembourg, où il entra en 1760, il est mentionné par Jacques Bailly avec 4 pieds 6 pouces de haut sur 4 pieds de large. — Décrit par Lépicié (1752). — Signalé au Louvre par Duplessis (iy85) [Louv. 85], — Restauré en 1785 par le peintre Godefroy, comme l’atteste ce mémoire : « Une sainte Famille par le Titien, l’avoir netoyé, levé quelques taches et rcpointillé les coutures, 24 livres » (A. N. O' ig3i).
Actuellement au Louvre, 11“ i5yg : H. r m. 5y — L. 1 m. 60.
5° Un tableau représentant une Vénus presque nue et couchée sur une terrasse avec un Satyre auprès tirant un linge pour la découvrir et un amour au dessus qui décoche une flèche et d’autres figures qui sont dans l’enfoncement sur un fond de païsage; ligures grandes comme nature; ayant de hauteur 6 pieds un pouce sur 12 pieds 3 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance .
Donné par Philippe IV d’Espagne à Charles I" d’Angleterre, lorsque celui-ci, alors prince de Galles, vint à Madrid pour épouser l’Infante ; acheté il la mort de ce monarque (i65o) 1 5, 000 livres par Jabach, qui le
(1) Erreur évidente : il n’y a pas de sainte Catherine dans la composition et c’est sainte Agnès qui est agenouillée.
ÉCOLE VÉNITIENNE
vendit au cardinal Mazarin (i); acquis des héritiers de ce dernier par Louis XIV.
En 1 66 1 , ce tableau faillit être brûlé dans l’incendie du Vieux Louvre, comme il avait déjà manqué de l’être, en 1608, lorsque le feu prit au Prado : « comme il avait souffert dans le dernier incendie — rapporte Mariette, — un peintre, aussi présomptueux qu’ignorant, voulut le nettoyer et le raccommoder, enleva la couleur en plusieurs endroits, et, désespérant de pouvoir remettre le tableau dans son premier état, il se contenta du dommage qu’il y avait causé et laissa à feu M. Antoine Coypel le soin de le rétablir et de lui donner sa première vie ». Les Comptes des Bâtiments nous livrent probablement le nom de ce peintre; on relève, en effet, à la date du 9 mai 1688, l’ordonnance de paiement suivante : « A Geuslain, peintre, pour avoir rétabli le tableau de la Vénus du Titien, 3,375 livres » [Guiffrey, tome III, p. 68] et à la date du 20 janvier de cette même année : « A la veuve Lange, pour fournitures de toille, sable et marouf, et ses peynes à détacher et rattacher sur toille double le grand tableau original du Titien représentant Vénus et Adonis dans un pa'isage , 52 livres » [id. p. 11 3] (2).
N° 1 1 g de l’inventaire Le Brun [L. B.]. — Houasse (16^0) le mentionne à Paris [H.], où il se trouvait encore en 1706 dans le cabinet des tableaux [Mans. 6].
En 1715, placé dans l’antichambre de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Au Louvre en 1737, sous ce titre : « Antiope ou dormeuse », d’où il quitte pour aller à la Surintendance [Louv. 37]. — Rentoilé et restauré par Colins et la veuve Godefroy en 1749 (A. N. O1 2 19.34''). — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Jupiter, sous la forme d’un Satyre, considère avec plaisir Antiope endormie et lève une draperie pour mieux jouir de la vue de ses charmes : une des compagnes d’Antiope, qui cueille des
(1) Lecomte de Brienne, dans ses Mémoires (t. II), a raconté les adieux saisissants de Mazarin mourant à sa collection de tableaux. « Il étoit nu dans sa robe de chambre de camelot fourrée de petit gris et avoit son bonnet de nuit sur la tête ; il me dit : Voyez-vous, mon ami, ce beau tableau du Corrège, et encore cette Vénus du Titien et cet incomparable déluge d’Antoine Carrache, car je sais que vous aimez les tableaux et que vous vous y connaissez bien. Ah ! mon pauvre ami, il faut quitter tout cela ! Adieu, chers tableaux, que j’ai tant aimés et qui m’ont tant coûté ! »
(2) Sur le même exercice 1688 on trouve encore, à la date du 14 mars : « A Urbain Payart, menuisier, pour un grand brancard de bois de tillot garni de sangles, qu’il a fait et fourni pour porter le grand tableau de la Vénus du Titien racomodé par le sieur Geslain, q5 livres. »
Sur les anciens inventaires, l’identification de ce tableau fut toujours celle proposée par Bailly; en on l’intitula Jupiter et Antiope.
fleurs, s’entretient avec un Satyre ; tandis qu'un chasseur, assez près d’eux, s’élance dans le bois avec ses chiens, animant du geste un autre chasseur qui sonne du cornet ; on découvre dans le lointain une cascade et deux nymphes qui paroissent sortir du bain » (i). — Signalé par Jacques Bailly au Luxembourg. — En 1785 au Louvre [Louv. 85].
6° Un tableau représentant Lucresse se défendant des violences de Tarquin; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 6 pieds sur 4 pieds et demi de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de la Surintendance
N» 120 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], — au magasin [Mag. 96].
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Lucrèce, surprise dans son lit par Tarquin, fait de violens efforts pour résister à sa brutalité; ce prince la saisit de la main gauche, et de la droite tient un poignard dont il paroit la menacer : la scène se passe dans une chambre ; le lit est orné d’un pavillon verd il ajoute que ce tableau est fort endommagé. — Se trouvait dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.] et en 1784, avec cette note (1788) : « A rentoiler, nettoyer et vernir » [D. R.].
Actuellement au musée de Bordeaux, auquel il fut envoyé par l’Etat en 1802, avec la mention : « attribué à Vecellio ». H. 1 m. g3 — L. 1 m. 43.
70 Un tableau représentant le portrait du marquis Delgouaste posant la main sur le sein de sa femme ; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces et demi sur 3 pieds 3 pouces et demi de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N» 5q de l’inventaire Le Brun ( 1 683) où il est ainsi mentionné : « Le portrait du marquis Delguavi, sa femme et ses enfans » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la galerie du Roi [V.].
(1) Lépicié ajoute : « Le site de ce tableau est délicieux ; on voit avec le plus vif regret que la beauté du paysage commence à se perdre et à s’effacer. »
ÉCOLE VÉNITIENNE
En 1715, placé dans la chambre du duc d’Antin en son hôtel particulier à Paris [A.]. — Remis en 1737 dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.], où il est signalé par Piganiol de la Force. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Le marquis du Guast debout, en cuirasse et la tête nue, pose la main droite sur le sein d'une femme habillée galamment : cette Dame assise, tenant un globe de verre, écoute avec attention ce que lui dit une jeune femme couronnée de lauriers et qui semble désigner la Victoire ; au devant de cette figure on voit l’Amour portant un faisceau de flèches. » — Se trouvait dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hôtel de la Surintendance, en 1760 [J.], et en 1784, avec cette note (1788) : « en bon état » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1 58g : H. 1 m. 21 — L. 1 m. 01.
8° Un tableau représentant la sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus d’une main et de l’autre un lapin blanc et une sainte Catherine sur un fond de païsage ; figures de demi-nature; ayant de hauteur 2 pieds 2 pouces sur 2 pieds 7 pouces et demi de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° 157 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans la galerie du roi [V.j.
En 1715, placé dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Anlin à Paris [A.]. — Remis au Louvre d’où il quitte en 1737 [Louv. 37], pour entrer dans la galerie du Roi [G. R.], où Piganiol de la Force le signale ensuite. — Rentoilé et restauré en 1749, par la veuve Godefroid et Colins (A. N. O’ ig34A). — Placé ensuite au Luxembourg, où le signale Jacques Bailly. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge, assise à terre, tient un lapin blanc, que l’enfant Jésus, dans les bras de sainte Catherine, semble lui demander avec insistance ; et sur la droite du tableau, on voit des moutons qui paissent et saint Joseph qui caresse une brebis noire : le fond représente un beau paysage, orné de fabriques. » — Signalé, en 1785, par Duplessis au Louvre [Louv. 85],
Actuellement au Louvre, n° 1578 : H. o m. 70 — L. o m. 84. Signé : Titianus f.
90 Un tableau représentant la sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus accompagnez de deux anges; figures de demi-nature; ayant de hauteur 2 pieds 3 pouces sur 2 pieds un pouce de large; dans sa bordure dorée. Versailles. Petite Galerie du Roy.
N° i32 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — En 1695 à Versailles [P.], dans la galerie du Roi [V.], où il se trouvait encore en 1737 [G. R.].
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge, les mains jointes, considère avec un air recueilli l’enfant Jésus couché sur ses genoux ; le Sauveur a un doigt de la main gauche dans la bouche; il est posé sur un linge étendu et drapé, en forme d’un oreiller, qu'un ange soutient par un des coins, tandis qu’un autre ange placé auprès de la Vierge, témoigne son respect et son admiration. » — Signalé dans le salon du Directeur des Bâtiments à l’hôtel de la Surintendance en 1760 par Jeaurat [J.] et en 1784 par Du Rameau, avec cette note (1788) : « peinte sur toile et collée sur bois, il y a différentes parties écaillées » [D. R.]. — Restauré en 1789 par Martin, dont voici le mémoire : « Du Titien, Sainte Famille avec deux anges de 25 pouces sur 28, étoit dans le plus mauvais état; beaucoup de crasse et de repeints enlevés avec grande difficulté, ensuite repointillé exactement à chaque place, 100 livres (A. N. O1 1931).
Ma [ U Actuellement au Louvre, n° 1 596, porté à l’école de Tiziano : H. o m. 73
io° Un tableau représentant le portrait d’une femme qui se peigne, dite la maîtresse du Titien, avec son portrait dans le fond lui tenant un miroir; figures comme nature, ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 3 pieds 4 pouces de large, rehaussé de 10 pouces et élargi d’onze et demi; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de Mme la duchesse de Berry.
Fit partie de la collection de Charles I01' d’Angleterre ; acheté, à sa mort, par Jabach, qui le céda à Louis XIV.
N° 3i de l'inventaire Le Brun (i683) qui lui donne comme dimensions 2 pieds 1 1 pouces en carré [L. B.]. — A Versailles en 1695, avec cette note de Paillet : « Il a été agrandi » [P.] : il se trouvait alors dans le cabinet doré 1 [V.]. — En 1706, dans le cabinet de Monseigneur [Mans. 6].
Rentoilé et restauré en 1751 par Colins et la veuve Godefroid (A. N. O1 ig34A). — Lépicié (1752) le décrit ainsi : <1 II représente une femme qui vient de se peigner; elle tient d’une main une petite fiole, et de l’autre ses cheveux qu’elle a rassemblés ; sur le second plan, on voit le Titien multipliant le portrait de sa maîtresse par le moyen de deux miroirs. » Il ajoute que ce tableau a beaucoup souffert. — Signalé dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau
ÉCOLE VÉNITIENNE
en 1784 avec cette note (1788) : « A remettre dans sa première forme, laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i5go et mentionné : « Alphonse de Ferrare et Laura Dianti » : H. o m. 96 — L. o m. 76.
ii° Un tableau représentant la Magdeleine; ligure comme nature ; ayant de hauteur 2 pieds 7 pouces et demi sur un pied 1 1 pouces et demi ; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petite Galerie du Roy.
Faisait probablement partie de la collection de François Ior.
Mentionné par le père Dan à Fontainebleau. • — N° 9 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la galerie du Roi [V.] où Piganiol de la Force le signale également.
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Les yeux élevés vers le ciel, la main droite appuyée sur la poitrine; près d’elle une boite de parfums; » il déclare ce tableau en mauvais état.
Actuellement au musée de Bordeaux, auquel il fut envoyé par l’Etat en i8o3, avec attribution à 1’ « école de Vecellio » : H. o m. 87 — L. o m. 64.
i2° Un tableau représentant une Vierge tenant l’enfant Jésus accompagnez de saint Joseph et de saint Jean qui tient un mouton sur un fond de pa'isage; ligures de 14 a i5 pouces ; ayant de hauteur 2 pieds 4 pouces sur 3 pieds un pouce et demi de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de M. le duc d'Antin à la Surintendance.
Appartenait au cardinal Mazarin; acheté par Louis XIV à ses héritiers.
N° 40 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la galerie du Roi [V.]. — En 1706, dans le cabinet de la Surintendance [Mans. 6.].
Piganiol de la Force le signale dans la petite galerie de Versailles. — Lépicié (1722) le décrit ainsi : « Sur le premier plan, la Vierge, accompagnée de saint Joseph, tient dans ses bras l’enfant Jésus, à qui le petit saint Jean
offre un mouton; sur le second plan, un berger conduisant deux vaches; sur un nuage deux anges tenant une croix; le fond représente un paysage orné de fabriques. » Il déclare ce tableau en mauvais état et lui donne comme dimensions 2 pieds et demi sur 3 pieds 1 1 pouces. — Signalé par Jeaurat (1760) sur la cheminée de la bibliothèque de l’hôtel de la Surintendance [J.], et par Du Rameau en 1784 dans la seconde pièce du même hôtel avec cette note (1788) : « à rentoiler, lever tous les repeints et remettre dans sa première grandeur » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i58o : H. o m. 81 — L. 1 m. 08.
i3° Un tableau représentant saint Jerosme à genoux dans une grotte, ayant un chapeau de cardinal à ses pieds ; figures de 14 a 1 5 pouces ; ayant de hauteur 2 pieds et demi sur 3 pieds un pouce de large (1) ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet de M. le duc d'Antin à la Surintendance.
N° 307 de l'inventaire Le Brun ( 1 683) avec cette description : « un saint Hierosme à genoux tenant une pierre pour se frapper la poitrine, un chapeau de cardinal et un clair de lune dans un paysage » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96.].
Rentoilé et restauré en 1750 par Colins et la veuve Godefroid (A. N. O’ ig34A). — Décrit par Lépicié (1752). — Signalé au Luxembourg par Jacques Bailly qui lui donne comme dimensions 3 pieds 9 pouces de haut sur 3 pieds 3 pouces de large. — Au Louvre en 1785 [Louv. 85.].
Actuellement au Louvre, n° 1 585 ; H. o m. 80 — L. 1 m. o 2.
140 Un tableau représentant le Roy François Ier de profil; figure comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 4 pouces sur 2 pieds g pouces de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
Faisait partie de la collection de François Ie' [Lépicié].
N° i3o de l’inventaire Le Brun ( 1 683) où il est porté avec les dimensions de 3 pieds 5 pouces sur 2 pieds 6 pouces de large [L. B.]. — En 1695, à Versailles [P.], au magasin [Mag. 96.].
(1) Les dimensions de ce tableau sont à peu près les mêmes que celles du précédent n° 12 : ces deux peintures se faisaient donc pendant.
ÉCOLE VÉNITIENNE
En 1715, placé dans la galerie de l’hotel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Mis à Versailles en 1737 dans la galerie du Roi [G. R]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Ce prince, vu de profil, est coéffé d’une espèce de toque de velours noir, ornée d’un bouton de diamant et d’une plume blanche; il porte un cordon d’or, d’où pend une médaille : son habillement consiste en un pourpoint tailladé de satin rouge clair, recouvert d’un habit doublé de fourrure, également tailladé; les manches cependant ne couvrent que la partie supérieure des bras ; ce prince, dont on voit le ceinturon, a la main posée sur la garde de son épée. » — Nettoyé en 1755 par la veuve Godefroid et Colins qui indiquent qu’il se trouvait alors dans la chambre à coucher du Roi (A. N. O' 1933). — Piganiol de la Force le signale ainsi dans la petite galerie de Versailles : « le portrait de François Ier lorsque ce Prince étoit devant Pavie. »
Actuellement au Louvre, n° 1 588 : H. 1 m. 09 — L. o m. 80.
i5° Un tableau représentant le portrait d’un homme vêtu de noir qui a une main ouverte et sur le fond une colonne ; figure comme nature ; ayant de hauteur 3 pieds sur 2 pieds et demi de large (1) ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 94 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) et indiqué comme de la « manière du Titien » [L. B.]. — Paillet (1695), qui le signale à Versailles, le porte « manière du Giorgion » [P.].
En 1737 posé dans la chambre du Roi à Versailles [C. R.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Ce portrait représente un homme vêtu d’une robe noire; il a la main droite ouverte, dont il paroit faire, ainsi que de la gauche, un mouvement d’indication. » — Retiré du magasin pour être posé dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.], où il est encore signalé en 1784, avec cette note (1784) : « à nettoyer simplement » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° i5gb, avec la mention :« Attribué à Tiziano Vecelli » : H. o m. 99 — L. o m. 82.
160 Un tableau représentant le portrait du cardinal de Médicis; figure grande comme nature; ayant de hauteur 2 pieds 7 pouces sur 2 pieds 10 pouces ; peint sur bois ; dans sa bordure dorée; de forme ovale.
Versailles. Cabinet des tableaux.
(1) Par ses dimensions il faisait pendant au n" ig ci-dessous.
N° 38 1 de l’inventaire Le Brun (i683) avec cette description : « Une teste du Titien représentant le portrait du cardinal de Médicis, coéffé d’une toque rouge avec des plumes blanches », et cette note ajoutée : « Veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Signalé à Paris par 1 louasse (1691), avec cette note ajoutée : « Est à Versailles et le sieur Paillet en a donné son récépissé au sieur Houasse, le 29 octobre 1692 » [H.]. — A Versailles en 1695, avec cette note de Paillet : « Agrandi et mis en forme ovale en 1695 » [P.] : il se trouvait alors au magasin [Mag. 96].
En 1713, placé dans la galerie de l'hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Restauré et parqueté en 1750 par Colins et la veuve Godefroid (A. N. O1 2 3 1934 A). — Signalé au Luxembourg par Jacques Bailly. — Au Louvre en 1785 [Louv. 85].
Au Louvre, n° 478 du catalogue Villot, comme « d’après Tiziano Vecclli » : H. o m. 64 — L. o m. 55.
1 70 Un tableau représentant le portrait d’un homme qui tient un gand de la main gauche ; figure grande comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 2 pieds 1 1 pouces de large (1) ; dans sa bordure dorée. Versailles . Cabinet des tableaux.
N° 248 de l’inventaire Le Brun ( 1 683 ) avec cette description « Un tableau du Titien, manière de Giorgion, représentant un portrait d’homme à micorps tenant un gand de la main droite (2) et aiant la gauche gantée, hault de 3 pieds sur 2 pieds 6 poulces, peint sur toille » [L. B.]. — Paillet (1695.) l’attribue : <1 manière du Titien » et le signale à Versailles [P.] où il était placé d’abord dans l’appartement de Monsieur [V.], puis au magasin [Mag. 96].
En 1715, mis dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d'Antin à Paris (3) [A.], — puis probablement en 1737 dans la chambre du Roi à Versailles [C. R.]. — Signalé par Lépicié (1752), — par Jeaurat dans le salon
(1) Par ses dimensions il faisait pendant au n° 18 ci-dessous.
(2) Erreur évidente : c’est la main gauche qu’il faut lire ; de fait au tableau la main gauche gantée tient le second gant.
(3) Cet inventaire mentionne deux portraits de Vecelli : l’un, portrait d’homme ayant à la main gauche (lire : droite) une bague au doigt; l’autre, portrait d’homme ayant la main gauche gantée. Ces deux portraits ne sont assurément qu'un seul tableau, celui-là même qui nous occupe, et qui présente cette double particularité.
TC CO LE VÉNITIENNE
du directeur des Bâtiments à l’hôtel de' la Surintendance en 1760 [J.], par Du Rameau dans la première pièce de ce même hôtel, en 1784, avec cette note (1788) : « Tableau mal rentoilé et à remettre dans sa première forme qui est plus petite » [D. R.]. — Restauré en 178g par Martin dont voici le mémoire : « Du Titien ; très beau portrait d’homme grandeur nature de 36 pouces sur 44, étoit intercepté par la crasse et beaucoup de repeints, réparé avec soin et difficulté, 72 livres » (A. N. 0‘ 1 g3 1 ).
Actuellement au Louvre, n° i5ge : H. 1 m. — L. o m. 8g. — Signé : Ticiamts F.
i8u Un tableau estimé du Titien représentant le portrait d’un homme vêtu de noir qui a la main droite sur le côté; figure grande comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 8 pouces sur 2 pieds 1 1 pouces de large (1) ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 247 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — Paillet (i6g5) l’attribuant seulement à la « manière de Titien », le signale à Versailles [D.] : — se trouvait alors dans l’appartement de Monsieur [V.].
Placé, en 1715, dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Remis dans la galerie du Roi à Versailles en 1737 [G. R.]. — Lépicié (1 752) le décrit ainsi : « Ce tableau, attribué au Titien, représente un homme vêtu de noir ; sa main droite est posée sur la hanche, et le pouce de la main gauche passé dans une écharpe qui lui ceint le corps. » — Signalé dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788) : « A nettoyer » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n” i5gi, avec attribution à Titien lui-même : H. 1 m. 18 — L. o m. g6.
190 Un tableau estimé du Titien, représentant le portrait d’un homme à longue barbe qui a la main droite appuyée sur un piédestal et la gauche sur la garde de son épée ; ayant de hauteur 3 pieds un pouce sur 2 pieds 7 pouces de large (2); dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
(1) Voir le précédent n° 17.
(2) Voir le précédent n° i5.
Acheté à Rome à la marquise Sanesi par le cardinal Mazarin, et entré, à la mort de ce dernier, dans la collection du Roi [Villot],
N° 49 de l'inventaire Le Brun ( 1 683), comme de la « manière de Titien » [L. B.]. — Signalé de même par Paillet ( 1 6g5) à Versailles [P.], au magasin [Mag. 96].
Placé, en 1715, dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Proposé en 1737 pour décorer la chambre du Roi à Versailles [C. R.]. — Décrit par Lépicié (1752). — Signalé dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788): « A nettoyer simplement » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1 5g 3 , avec attribution à Titien lui-même : H. o m. 99 — L. o m. 82.
2o° Un tableau représentant la sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus accompagnez de saint Etienne, saint Ambroise et saint Marc; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 4 pouces sur 4 pieds 2 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 188 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) ainsi mentionné : « Notre Seigneur, la Vierge, saint Estienne et saint Hiérosme » [L. B.]. — Paillet (1695) le signale à Versailles et ajoute : « Il a été racomodé par M. Mignard en 1691 » [P.]. — En 1696, au magasin de Versailles [Mag. 96]. — En 1 706, à Meudon, dans le cabinet de Monseigneur [Mans. 6].
Se trouvait au Louvre en ij3y, d’où il sortit pour retourner à Versailles [Louv. ?7]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Sur la gauche du tableau, la Vierge assise tient l’enfant Jésus sur ses genoux . il lève de la main droite la partie du voile qui lui couvre le sein, et semble, en le regardant tendrement, lui indiquer ce qu’il souhaite ; on voit de l’autre côté saint Etienne en dalmatique et sur le même plan saint Ambroise qui lit et saint Maurice armé. » Lépicié ajoute : « Ce tableau est en mauvais état et repeint dans plusieurs endroits ; la tête de la Vierge et celle de l’enfant Jésus sont les mieux conservées. » — Mentionné en 1760 par Jeaurat au magasin de la Surintendance avec cette indication : « Dessus de porte restant en place dans les grands appartemens » [J.].
Actuellement au Louvre, n" 1577 : H. 1 m. 08 — L. 1 m. 32.
ÉCOLE VÉNITIENNE
2i° Un tableau représentant un Ecce homo entre deux soldats; figures grandes comme nature; ayant 3 pieds 7 pouces de diamètre; peint sur bois; dans sa bordure dorée.
Paris. Cabinet des tableaux.
Faisait probablement partie de la collection de François Ier.
Mentionné à Fontainebleau par le père Dan qui le porte à l’actif de Paris Bordone. — N° 255 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec cette description : « Un tableau en rond, peint sur bois qui représente un Ecce homo, demi-figure aiant deux soldats à ses costez dont l’un est armé et l’autre a une calotte rouge; » et cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Houasse (1691) le signale, en effet, à Paris [H.].
A Paris en 1722 [Coyp.]. — Lépicié (1752) le déclare en mauvais état. — Jeaurat (1760) l’estime seulement de la « manière du Titien » et le signale dans le magasin de l’hôtel de la Surintendance [J.]. — Du Rameau, l’identifiant à saint Sébastien, le mentionne en 1784 dans la quatrième pièce de ce même hôtel, avec cette note (1788) : « laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n" 1 582 : Diam : 1 m. 14.
Jacopo ROBUSTI, dit le TINTORET
i° Un tableau représentant un portrait d’homme tenant un mouchoir dans sa main ; figure comme nature ; ayant de hauteur 3 pieds 3 pouces et demi sur 3 pieds de large (1); dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° io3 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — Signalé ainsi par Paillet (1695) à Versailles : <> Le portrait d’un sénateur vénitien tenant un mouchoir de la main gauche » [P.]. — En 1696, au magasin de Versailles [Mag. 96.].
Placé en 1737 dans la chambre du Roi à Versailles [C. R.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Cet homme, avec une longue barbe et la tête chauve, est
(1) Par ses dimensions il faisait pendant au n° 2 ci-dessous.
vêtu d’une robe noire; il tient de la main droite un mouchoir garni de dentelles et de la gauche son bonnet » : ses dimensions étaient alors de 3 pieds 5 pouces et demi sur i pieds 8 pouces. — En 1760, se trouvait dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1467 : H. 1 m. 14 — I.. o m. 90.
2° Un tableau représentant un portrait de femme vêtue à la vénitienne; figure comme nature; ayant de hauteur 3 pieds 3 pouces et demi sur 3 pieds de large ( 1 ) ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 1 5 3 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96.].
Placé, en 1715, dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris [A.]. — Remis, en 1737, dans la galerie de Versailles [G. R.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Cette femme, vêtue à la Vénitienne, a les cheveux nattés; son habit est de velours noir, dont les manches sont attachées au corps de robe avec des éguillettes; de la main droite elle tient un gant, et de la gauche un chapelet ; » ses dimensions étaient alors de 3 pieds 4 pouces et demi sur 2 pieds 9 pouces de large. — Signalé dans le salon du directeur des Bâtiments à la Surintendance par Jeaurat en 1760 [J.] et par Du Rameau en 1784, avec cette note (1788) : « Ce tableau quoiqu’élargi, demande à rester tel qu’il est, laver et vernir » [D. R.].
Actuellement au Louvre, n° 1201, avec attribution à l’école de Veronèse .• H. 1 m. 10 — L. o m. 90.
3° Un tableau représentant Suzanne au bain accompagnée de deux femmes dont une la peigne et l’autre qui lui coupe les ongles des pieds; figures comme nature; ayant de hauteur 5 pieds sur 7 pieds et demi de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
A la date du 21 juillet 1684, on lit dans les Comptes des Bâtiments : « A M. le marquis d’Hauterive pour trois tableaux qu’il a livrés pour S. M., scavoir : deux de Paul Veroneze, un représentant l 'Adoration des Trois Roys,
(1) Voir le précédent n° 1.
ÉCOLE VÉNITIENNE
l’autre les Enfants de Zébédée, et le troisième une Suzanne avec deux vieillards , du Tintoret, 11,000 livres » (Guiffrey, t. II, p. 562).
N° 436 de l’inventaire Le Brun (partie postérieure à 1 683) avec cette mention : « vendu au Roy par M. de Hauterive » et cette description :
« Suzanne qui sort (du bain avec deux filles de chambre dont l’une la peigne et l’autre luy coupe les ongles des pieds et dans le haut il paroist deux vieillards qui la regardent » [L. B.]. — En 1695 à Versailles [P.], au magasin [Mag. 96.]. — En 1706, à Paris, au cabinet des tableaux [Mans. 6.].
Replacé en 1737 dans la galerie de Versailles [G. R.]. — Décrit par Lépicié (1752). — En 1760 se trouvait dans la deuxième pièce de l’hôtel de la Surintendance [J.].
Actuellement au Louvre, n° 1464 : H. r m. 67 — L. 2 m. 38.
40 Un tableau représentant le portrait d’un Vénitien qui a une longue barbe; figure comme nature; ayant de hauteur 4 pieds 2 pouces sur 2 pieds 1 1 pouces de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 3ig de l’inventaire Le Brun (1 683) avec cette description : « Le portrait d’un Vénitien habillé d’une robbe noir fourée qu’il tire et fait croiser de sa main gauche et appuyé de sa droite sur un bras de chaise »; et cette note ajoutée : « veu à Paris le 8 aoust 1690 » [L. B.]. — Mentionné à Paris par Houasse (1691) [H.].
En 1715 placé dans la galerie de l’hôtel particulier du duc d’Antin à Paris et mentionné : « Un sénateur vénitien » [A.]. — Mis, en 1737, dans la galerie du Roi à Versailles [G. R.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Ce portrait représente un Vénitien avec une longue barbe, la tête nue et les cheveux courts; il est vêtu d’une robe noire dont les manches sont pendantes et d’une espèce de pourpoint d’étoffe violette; il a la main gauche posée sur la hanche et de la droite il tient un papier » : ses dimensions étaient alors de 3 pieds 7 pouces et demi sur 3 pieds de large et sa forme rendue ovale.
Actuellement au musée royal de Belgique, à Bruxelles, auquel il fut envoyé en i8o3 par l’Etat Français, sans attribution ni indication de provenance. N° 281 du catalogue Fétis (édit. 1877), avec attribution à Tintoret : H. 1 m. 22 — L. 1 m. o5. Forme ovale.
5o Un tableau estimé du Tintoret représentant une Descente de croix; figures de 18 à 20 pouces ; ayant de
hauteur 3 pieds 3 pouces sur 3 pieds.un pouce; de forme octogone ; dans sa bordure dorée.
N° 265 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec cette mention : « Un tableau à huit pans du Tintoret, qui représente une descente de croix, la Vierge pasmée au pied et les trois Maries qui la soutiennent, hault de 4 pieds 3 poulces sur 3 pieds 2 poulces de large » [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.].
Lépicié (1752), le signalant comme <1 une esquisse assez mal conservée », ajoute ce détail à la description de Le Brun : « On voit sur la droite du tableau trois Disciples, dont deux tiennent une draperie pour recevoir le corps de leur maître, et le troisième les mains jointes »; il ajoute que la toile avait 3 pieds un pouce de haut. — C’est probablement à ce tableau que se réfère le travail suivant, fait en 1754, par la veuve Godefroid : « Avoir mis sur toile un tableau du Tintoret, avoir netoyé et repeint tout le tour du tableau d’un demi pouce qui sortoit hors de la bordure, 45 livres » (A. N. O' 1 g3 3). — Se trouvait au magasin de la Surintendance en 1760 [J.], et en 1784 [D. R.] .
Actuellement au musée de Caen, auquel il fut envoyé par l’État en i8o3 ; l’attribution est maintenue au Tintoret même : H. 1 m. 3g — L. 1 m. o5.
6° Un tableau estimé du Tintoret représentant le Martyre de saint Marc; figures de 14 à i5 pouces; ayant de hauteur 3 pieds 4 pouces sur 3 pieds 1 1 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles . Cabinet des tableaux.
N° 60 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], au magasin [Mag. 96].
Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Le Peintre donne l’idée d’une furieuse tempête, qui s’éleva apparemment lors du martyre de ce saint, dont plusieurs personnes emportent le corps; on voit sur la droite et sur la gauche du tableau les bourreaux effrayés de ce prodige ; les uns sont renversés et les autres prennent la fuite; le fond représente deux grands corps d’architecture, un vaisseau submergé et la chute du tonnerre. » — Se trouvait au magasin de l’hôtel de la Surintendance en 1760, ainsi mentionné : « Une esquisse peinte par Tintoret, représentant le martyre de saint Maurice » [J.], et en 1784 [D. R.].
Actuellement au musée royal de Belgique, à Bruxelles, auquel il fut envoyé en 1811 par l’État Français; l’attribution est maintenue au Tintoret même : H. 1 m. 07 — L. 1 m. 23.
7° Un tableau estimé du Tintoret représentant la Magdeleine aux pieds de Jésus Christ chez Simon le Pharisien; figures plus de demi-nature; ayant de hauteur 5 pieds io pouces sur 7 pieds 8 pouces de large ; dans sa bordure dorée.
8° Un tableau estimé du Tintoret représentant Jésus Christ en croix; de mêmes dimensions que le précédent.
Versailles. Cabinet des tableaux.
Nos 69 et 68 de l’inventaire Le Brun (1688) [L. B.]. — Tous deux à Versailles en 1695 [P.], au magasin, avec cette note ajoutée : « A Paris depuis » [Mag. 96]. — De fait, envoyés le t5 février 1697 à Paris; sur l’état ils sont notés : « Tableaux dont le Roy ne veut point >» [Par. s. d.]. — Eu 1706, sont encore à Paris au cabinet des tableaux [Mans. 6].
En 1722, le n° 8 est à Paris, à la garde de Coypel, et ainsi désigné : « Le Christ en croix entre les deux larrons » [Coyp.]. — En 1737, le n° 7 est à la Surintendance et proposé pour être transporté à Paris dans la galerie d’Apollon, au Louvre [P.]. — Le n" 7 seul est ainsi décrit par Lépicié (1752) : « Toute la composition se trouve placée sur la droite et ne laisse voir qu’une partie de la table et des convives ; le fond représente un vestibule orné de colonnes ; on voit dans l’éloignement une figure drapée et sur le devant du tableau un chien. » Lepicié conteste l’attribution au Tintoret et lui donne comme dimensions 6 pieds de haut sur 8 de large.
Paolo CALIARI, dit Paul VÉRONÈSE
i° Un tableau représentant les Pèlerins d’Emaus, dans lequel est peint toute la famille de Paul Veronèse ; figures grandes comme nature, ayant de hauteur 9 pieds sur 1 3 pieds et demi de large ; dans sa bordure dorée. Versailles. Grand appartement du Roy.
Sous la régence d’Anne d’Autriche, placé au Palais Cardinal (Palais Royal), puis transporté à Fontainebleau [Sauvai, Antiquités de Paris , t. II, p. 169]. Placé ensuite aux Tuileries dans le cabinet du Roi, vis-à-vis la Tente de Darius, par Le Brun [Félibien], — N° 12, de l’inventaire Le Brun
( 1 683) qui le déclare de i3 pieds de large [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans la grande antichambre [V.].
Lépicié (1752) lui donne comme dimensions 9 pieds 10 pouces de haut sur j 3 pieds 10 pouces de large, le déclare d’une conservation parfaite et le décrit ainsi : « Notre Seigneur est représenté à table, assis au milieu ; il lève les yeux au ciel dans le moment qu’il bénit le pain... à cette action, les deux disciples reconnoissent leur divin maître et paroissent transportés de joie... : à la gauche du Sauveur, on voit Paul Véronèse et sa femme, avec une partie de leur famille ; la femme de Paul Véronèse, debout et magnifiquement vêtue, porte entre ses bras un enfant à la mamelle qui badine avec son collier; deux de ses fils, habillés à la Vénitienne, sont auprès d’elle, l’un paroit vouloir se cacher sous sa robe dans la crainte d’un épagneul que tient son frère et qui veut s’échapper ; deux petites filles en corps de robe de damas à fleurs, s’amusent à caresser un gros chien couché devant la table ; des spectateurs, des domestiques qui servent et deux enfans, dont l’un, à genoux, a la main droite posée sur un vase, sont placés sur différens plans : la scène se passe dans un vestibule orné de colonnes cannelées, dont l’entrée laisse voir la campagne. » — Piganiol de la Force le signale dans la salle de Mars, à Versailles, en face de la Tente de Darius. — Se trouvait, en 1760, au magasin de la Surintendance [J.]. — Restauré, en 1788, par le peintre Godefroy, dont voici la note : « Pour avoir netoyé avec beaucoup de soin le tableau des Pellerins d’Emmaus et avoir levé des repeins, 180 livres » (1) (A. N. O' 1 g3 1 ).
Actuellement au Louvre, n° 1196 : H. 2 m. 90 — L. 4 m. 48. Signé : Paolo Véronèse.
20 Un tableau représentant Esther en présence du Roy Assuérus assis sur un trône ; figures grandes comme nature ; ayant de hauteur 6 pieds 8 pouces sur 1 1 pieds 9 pouces de large ; il a esté remployé de 9 pouces sur la hauteur et élargi d’onze; dans sa bordure dorée.
Acheté par Jabach aux Bonaldi, de Venise, et cédé ensuite à Louis XIV.
N° 25 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec les dimensions de 7 pieds 5 pouces en hauteur, 9 pieds 10 pouces en largeur, qui indiquent qu’il fai-
(1) L’artiste a, par erreur, mis ce tableau à l’actif duTitien ; mais, comme il a pris soin de déclarer qu’il faisait vis-à-vis à la famille de Darius de Le Brun, on doit donc reconnaître l’œuvre de Véronèse.
ÉCOLE VÉNITIENNE 87
sait alors pendant aux trois tableaux suivants [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans le cabinet de l’appartement de la reine [V.].
Rentoilé et restauré en 1751 par la veuve Godefroid et Colins; il se trouvait alors dans l’antichambre du roi à Versailles (A. N. O' 1934 A). — Mentionné par Piganiol de la Force dans le grand salon de Versailles. — Lépicié ( 1 752) le décrit ainsi : « — La paleurde la mort paroit sur le visage d’Esther... elle est soutenue par deux suivantes.... Assuérus assis sur son trône et environné de ses courtisans, paroit témoigner de l’indignation en voyant arriver Esther ; un des courtisans, placé aux pieds du Prince, semble, par son action, réfléchir sur la démarche de la Reine et sur le danger où elle se trouve : la scène se passe dans une grande salle ornée de colonnes, de bas-reliefs et de figures dans des niches. »
Actuellement au Louvre, n° 1189 : H. 2 m. — L. 3 m. 10.
3° Un tableau représentant Judith qui tient la tête d’Holopherne et une Mauresse qui lui présente un sac pour la recevoir; figures grandes comme nature; ayant 7 pieds de haut sur 8 pieds 4 pouces de large; il a été remployé de 5 pouces sur sa hauteur et de 18 pouces sur sa largeur.
Versailles. Petit appartement du Roy.
Acheté par Jabach aux Bonaldi, de Venise, et cédé ensuite à Louis XIV.
N° 23 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec les dimensions de 7 pieds 5 pouces en hauteur sur 9 pieds 10 pouces en largeur, qui indiquent qu’il faisait alors pendant au précédent n° 2 et aux n°s 4 et 5 suivants [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans le cabinet de l’appartement de la reine [V.].
Mentionné par Piganiol de la Force dans le grand salon de Versailles. — Lépicié (1702) le décrit ainsi : « Judith, dans la tente d’Holopherne, tient la tête de ce général, qu’elle vient de couper, et dont le corps sanglant est étendu sur le lit; une esclave Moresque présente un sac, qu’elle ouvre avec les dents et les mains pour recevoir la tête d'Holopherne : le fond représente la ville de Béthulie. »
Actuellement au musée de Caen, auquel il fut envoyé par l’Etat en 181 1 : H. 2 m. 45 — L. 2 m. 69.
40 Un tableau représentant Suzanne sortant du bain et les deux vieillards; figures grandes comme nature ; ayant
g pieds 6 pouces de haut sur 10 pieds g pouces de large; il a été rehaussé de 2 pieds et élargi d’onze pouces; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
Acheté par Jabach aux Bonaldi, de Venise, et cédé ensuite à Louis XIV.
N° 24 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec les dimensions de 7 pieds 5 pouces en hauteur et 9 pieds 10 pouces en largeur, qui indiquent qu’il faisait alors pendants aux n°5 2, 3 et 5 [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans l’antichambre de l’appartement de la reine [V.]. — Vers 1700, placé à Meudon [Meud. s. d.], dans l’appartement frais de Monseigneur [Mans. 6.].
Signalé par Duplessis au Louvre en 1785 [Louv. 85.].
Actuellement au Louvre, n° 1188: 1 m. 98 en carré.
5° Un tableau représentant Rébecca au puits recevant un brasselet du serviteur d’Abraham avec plusieurs chammeaux sur un fond de païsage ; figures grandes comme nature; ayant de hauteur g pieds et demi sur 10 pieds g pouces; il a été rehaussé de 2 pieds 1 1 pouces et élargi d’onze pouces; dans sa bordure dorée.
Versailles. Sur la cheminée du grand salon proche la chapelle.
Acheté par Jabach aux Bonaldi, de Venise, et cédé ensuite à Louis XIV.
N° 26 de l’inventaire Le Brun ( 1 683 ), avec les mêmes dimensions que pour les trois précédents [L. B.]. — A Versailles en 1695 [P.], dans 1’ « anticabinet des médailles » [V.]. — Placé à Meudon vers 1700 [Meud. s. d.], dans l’appartement frais de Monseigneur [Mans. 6.].
Signalé par Piganiol de la Force sur la cheminée du salon d’Hercule : « Il est dans une bordure qui a été sculptée par feu Vassé; elle est incrustée dans le marbre et soutenue par deux consoles dorées d’or moulu. » — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Rébecca reçoit d’Eliezer les pendans d’oreille et les bracelets d’or qu’un nègre et un jeune homme tirent d’une cassette où ces bijoux étoient renfermés. »
Actuellement au musée de Fontainebleau, avec attribution à l’école de Paolo Caliari ; H. 2 m. 47 — L. 3 m. 45.
ÉCOLE VÉNITIENNE
6° Un tableau représentant David et Bethsabée près d’une fontaine; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 7 pieds sur 7 pieds de large; il a été remployé d’un pied sur la hauteur et de 6 pouces sur la largeur; dans sa bordure dorée.
Versailles. Petit appartement du Roy.
N° 182 de l’inventaire Le Brun ( 1 683), avec les dimensions de 8 pieds sur 7 [L. B]. — A Versailles en 1695 [P.], dans l’antichambre de l’appartement de la reine [V.].
Piganiol de la Force le signale dans le grand salon de l’appartement du roi à Versailles. — Lépicié (1752) lui donne 7 pieds sur 8 pieds 4 pouces et demi de large et le décrit ainsi : « Bethsabée, assise sur un banc de pierre auprès du bassin d’une fontaine, et dans le déshabillé d’une femme qui sort du bain, demeure interdite à la vue inopinée du serviteur de David... elle cache avec vivacité sa gorge... ce sujet a pour fond une statue de marbre blanc et les jardins de Bethsabée; on voit dans l’éloignement David sur la terrasse de son palais. » — Signalé par Du Rameau (1784) dans la première pièce de l’hôtel de la Surintendance, avec cette note (1788) : « Il y a quelques cloches assez apparentes dans le bas, ce qui nécessite un rentoilage, ensuite le laver et le vernir » [D. R.].
Actuellement au musée de Lyon, auquel il fut envoyé par l’État en 181 1 : H. 2 m. 27 — L. 2 m. 37.
70 Un tableau représentant Andromède attachée au rocher et Persée qui combat un monstre pour la délivrer; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 8 pieds sur 9 pieds de large; dans sa bordure dorée.
Versailles. Cabinet des tableaux.
N° 1 83 de l’inventaire Le Brun (i683), avec les dimensions de 8 pieds sur 7 pieds 10 pouces de large (1) et cette note ajoutée : « Du 8 aoust 1690, le sieur Paillet a dit qu’il l’a porté à Versailles le 17 may dernier » [L. B.]. — A Versailles en i6g5 [P.], dans l’antichambre de l’appartement de la reine [V.]. — Vers 1700 à Meudon [Meud. s. d.], dans l’appartement frais de Monseigneur [Mans. 6.].
(1) Les dimensions de ce tableau concordent à peu près avec les dimensions primitives du précédent n° 6.
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Au Louvre, en 1737, et proposé pour être porté à la Surintendance à Versailles [Louv. 37.]. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « Sur la droite du tableau et sur le premier plan, Andromède, attachée au rocher... Persée est en l’air, cherchant à surprendre le monstre; Andromède est vêtue d’une draperie rouge, rehaussée de jaune et ornée d’une agraffe d’or : le fond représente une ville sur le bord de la mer. » — Se trouvait dans la sixième pièce de l’hôtel de la Surintendance en 1760 [J.] et en 1784, avec cette note (1788) : « à nettoyer » [D. R.].
Actuellement au musée de Rennes, auquel il fut envoyé par l’État en 1 804 : H. 2 m. 60 — L. 2 m. 1 1 .
8° Un tableau représentant la Sainte Vierge qui tient l’enfant Jésus et saint Joseph dans le fond, accompagné de saint Jean, sainte Catherine et sainte Thérèse; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 8 pieds et demi sur 7 pieds un pouce de large ; dans sa bordure dorée.
Versailles. Grand appartement du Roy.
N° 194 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) [L. B.]. — A Versailles en 1 6g5 [P.], dans la grande antichambre [V.].
Piganiol de la Force le signale sur la cheminée de la salle de Mars à Versailles. — Lépicié (1752) le décrit ainsi : « La Vierge debout paroit, en regardant son fils, faire un acte d’adoration, sainte Thérèse a la même expression et le même objet : l’enfant Jésus est posé sur le bord d'un appui de marbre; cette situation semble alarmer sainte Catherine, qui s’approche pour le soutenir; le petit saint Jean, aidé de saint Joseph, s’élance pour le même dessein et porte la main gauche sous la tète du Sauveur : au-dessus de la Vierge on voit un dais rouge, dont les festons sont ornés de glands. »
Actuellement à Bruxelles, au musée royal de Belgique, auquel il fut envoyé en 181 1 par l’État Français : H. 2 m. 72 — L. 2 m. 20.
90 Un tableau représentant la Magdeleine aux pieds de Jésus-Christ assis à table au festin de Simon le Pharisien et deux anges en l’air qui tiennent un écriteau; figures grandes comme nature; ayant de hauteur 14 pieds sur 3o pieds de long; il est en trois morceaux, dans une bordure peinte en jaune.
Paris. Cabinet des tableaux .
ÉCOLE VÉNITIENNE
« Ce tableau, peint de 1570 à 1575 (i),pour le couvent des Servites, à Venise, fut donné par la République à Louis XIV en 1 665 » (Lafenestre).
Restauré en 1 665 par le peintre Yvart, comme l’atteste cette ordonnance de paiement en date du 4 décembre (Guiffrey, tome I, p. 100) : « à Baudin
(1) Une particularité assez notable de la composition me semble de nature à autoriser une affirmation plus précise, et la date de 1575 m’a paru être donnée assez distinctement par le dessin particulier de la balustrade et la disposition des jours d’un balcon, situé au deuxième étage de l’arrière-plan de gauche, dont on trouvera ci-contre la reproduction exacte.
Une question d’abord se pose : Est-on ici en présence d’un cas fortuit ou d’une intention de l’exécutant ?
Étant donné le point déjà acquis que le tableau fut exécuté entre 1570 et 1575, il paraît assez difficile de conclure au hasard, qui, dans cette occurrence, aurait été extraordinairement spirituel.
Remarquons, en effet, que nous avons sous les yeux un balcon plein, et non point forme de balustres rapportes : c’est là dans ce tableau un motif unique, toutes les autres balustrades, même celles des arrière-plans les plus éloignés, sont faites de pièces rapportées et de modèle classique, et dans aucun autre tableau de Véronèse au Louvre, on ne releve cette singularité, qui, si elle n’était voulue, serait contestable, car elle est d’un effet un peu heurté et disparate.
D’autre part, les chiffres ainsi formés sont identiques à ceux usités à cette époque : il suffit de consulter quelque édition vénitienne de cette date pour s’en convaincre.
Enfin la conformation même de ces chiffres me paraît être une présomption assez forte de leur signification. Il faut bien appeler l’attention sur d’aussi menus détails, car en matière aussi délicate, une argumentation doit être minutieuse.
La disposition de l’i initial, formé par le premier jour du balcon est assez singulière : sans doute, pour former le dessin du premier balustre, ce chiffre est recourbé à sa base, mais le sommet en est droit, sans aucune courbure, et cette anomalie rend même absolument irrégulière la forme de ce premier balustre, comme le prouve sa comparaison avec celui formé par les troisième et quatrième jours (7 et 5 final).
Le sommet du 5 formé par le second jour du balcon est recourbé en virgule d’une façon bien caractéristique, et différente de la tête du 7 suivant, ce qui constitue une faute de symétrie et donne même au balustre ainsi formé (par le 5 initial et le 7) un aspect tout à fait discordant.
Quant au 7 suivant, on peut objecter que sa base retournée semble un peu contradictoire ; mais il est aisé de répondre que cette particularité était obligée, et que, si l’artiste ne l’eût observée, il eût rompu absolument la symétrie de sa balustrade et autant eût valu dater au milieu de la toile en
Ivart peintre, pour avoir nettoyé le tableau de Paul Veronèze envoyé de Venise au Roy, 2Ôo livres. » — N° 356 de l’inventaire Le Brun ( 1 683) avec
chiffres de 14 centimètres de hauteur : pour rendre son intention piquante, il devait concilier l’évidence avec les nécessités de sa composition.
Quant au 5 final, il est très net et je ne pense pas que sa signification puisse être contestée.
Il semble donc que le chiffre de i5y5 peut être trouvé dans ce tableau ; aussi bien, des paléographes, qui ont examiné la disposition spéciale de ces lignes, ont été affirmatifs sur leur signification.
On peut donc penser qu’ici on n’est point en présence d’un cas fortuit : reste maintenant à savoir quel peut bien être l’auteur de cette sorte de rebus.
Je ne crois pas qu’il faille l’imputer à Véronèse lui-même : certes il en aurait été bien capable, sa déposition devant le tribunal de l'Inquisition montre qu’en fait de théorie d’art, la fantaisie était sa suprême loi. D’un autre côté, nous savons combien extraordinaires furent parfois les caprices des peintres pour signer ou dater leurs œuvres ; Salvator Rosa a placé son monogramme sur le sabot d’un cheval, Wouwermans sur la croupe; les maîtres allemands ont dissimulé souvent leurs signatures dans les coins les plus inattendus de la composition de telle sorte que la découverte en constitue un réel casse-tête ; qu’un artiste, pour dater un tableau, ait mis à profit la disposition des balustres d’un balcon, il n’y a là rien de particulièrement exceptionnel.
Mais, dans le cas actuel, je crois qu’il n’en est rien. Véronèse, à cette date, entre 1570 et i5y5, était en effet surchargé de travail ; il exécutait concurremment les Noces de Cana pour saint Georges Majeur, le Repas chez le Lépreux pour l’église Saint-Sébastien, une Cène et le Repas chez Levi pour l’église Saint-Jean et Saint-Paul, et enfin ce Repas chez Simon pour les Pères Servîtes; toutes compositions de dimensions énormes, sans parler des tableaux de chevalet ! Il lui eût été matériellement impossible de suffire personnellement à de telles besognes et, suivant la coutume des artistes renommés, il se fit aider par ses élèves, ses gar^oni : il est bien probable que pour ce tableau (qui lui fut très peu payé, à peine le prix des couleurs) il se borna à esquisser la composition, à finir seulement les figures principales, et qu’il laissa à son atelier le soin de faire les fonds et l’architecture.
Est-il donc alors invraisemblable de supposer qu’un de ses élèves se soit amusé à dissimuler de la façon qu’on a vu la date à laquelle cette œuvre était en cours d’exécution? la plaisanterie n’avait rien de bien grave, elle était même assez amusante, et le maître, s’il en eut connaissance, dut être le premier à en rire, d’autant qu’elle ne compromettait point l’équilibre général de la composition.
On serait donc ici en présence d’une facétie de rapin, et cette hypothèse peut-être ne paraîtra point inadmissible à ceux qui connaissent l’état d’esprit des ateliers et la fantaisie des procédés qui y sont usités.
Paolo Veronese.
Le repas die j Simon le Pharisien (Musée du Louvre)