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LES RESTAURATIONS DE TABLEAUX

Il nous reste, en terminant, à étudier rapidement une question, dont l’intérêt ne saurait échapper à personne : celle de la restauration des tableaux. Comment, avant la Révolution, les tableaux étaient-ils traités et conservés, quels soins leur étaient apportés en cas d’accident ou de dommage; il importe de fournir des renseignements sur ces deux points spéciaux, car, nous aurons très souvent à signaler des restaurations faites aux tableaux signalés par Bailly et à en marquer la nature et la gravité.

Autrefois, on ne portait pas aux peintures anciennes le respect quasi religieux dont nous les entourons aujourd’hui ; on ne les considérait point comme des choses presque sacrées, mais simplement comme une partie du mobilier, et, à ce titre, elles subissaient les vicissitudes ordinaires des

(1) Avec cette différence toutefois, que les tableaux n’y sont pas représentés, mais simplement indiqués.

(2) Inventaire des tableaux du cabinet du Roi placés à la Sur-Intendance des Batimens de S. M. à Versailles, fait en l'année 1 784, par l’ordre de M. le comte de la Billardrie d’Angiviller , Conseiller du Roi en ses Conseils, maistre de camp de cavalerie , chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint- Louis, commandeur de l'ordre de Saint-Lazare, gouverneur de Rambouillet, intendant du jardin, directeur et ordonnateur général des Batimens de S. M., Jardins, Arts, Académie et Manufactures royales, de l’Académie royale des sciences; sous la garde du sieur Louis Du Rameau, peintre ordinaire du Roi, et professeur en son Académie royale de peinture et sculpture.

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meubles meublants. On les déplaçait suivant les caprices du souverain ou du Directeur des Bâtiments, et l’on verra quelles funestes conséquences ces déplacements répétés eurent sur l’état de la Sainte Famille et du Saint-Michel de Raphaël (i), qui régulièrement allaient, deux fois l’an, de la chambre du Roi à l’hôtel de la Surintendance. On posait ces tableaux de la Couronne, dans les diverses maisons royales ou même dans les appartements particuliers, qui avaient besoin d’être décorés : ainsi, en i 7 1 5 , le duc d’Antin faisait transférer à Paris, dans son hôtel particulier, les plus belles pièces du cabinet du Roi et les y gardait pendant vingt ans (2). Et, comme on ne voyait en eux que de simples objets de décoration, on les allongeait ou on les diminuait, suivant les nécessités de l’emplacement qu’ils devaient occuper. Le tableau était alors fait pour le cadre et subordonné entièrement à lui ; on verra, à la table alphabétique, à l’article Tableaux dont les dimensions ont été modifiées , combien longue est l’énumération des toiles qui furent ainsi « remployées » ou « allongées ». C’était là, un procédé courant, naturel, parfaitement reçu, et il faut renoncer à compter à Versailles le nombre des tableaux de batailles ou des vues du château sur lesquelles ont été pratiquées ces incroyables opérations.

Dans ces conditions, on comprend que le métier de res-

(1) Voir plus loin, pp. 16 et 17.

(2) Ce n’était pas là, au reste, un fait isolé, et il se reproduisit souvent au cours du XVIIIe siècle: ainsi, en 1775, des tableaux de mérite étaient encore déposés chez le contrôleur général de Montmartel. C’est assurément à cette façon de considérer les tableaux comme un mobilier quelconque, que nous devons « cette coutume bizarre et abusive, si enracinée dans notre pays qu’on paraît vraiment émettre une opinion exagérée en affirmant que c’est un crime de lèse-nation que de meubler la demeure des divers chefs d’Etat qu’il a plu à la France de se donner successivement avec des œuvres d’art qui ne devraient jamais quitter les dépôts artistiques, accessibles au public » (E. Molinier. Galette des Beaux-Arts. 1898. t. XX. p. 229).

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taurateur de tableaux ne fût pas une sinécure ; il reste à savoir comment et par qui il fut exercé.

Ce fut d’abord à des peintres qu’on confia ce soin; cette solution, pour naturelle qu’elle semble, était, en réalité, la plus imprudente et la plus funeste. C’était, en effet, et ce fut toujours une habitude chez les artistes de procéder à la restauration d’une peinture en repeignant les parties compromises, et dans une telle opération, il est bien difficile à l’opérateur de savoir s’arrêter, d’agir avec toute la discrétion nécessaire, et de résister à la tentation de corriger et d'accommoder un peu l’œuvre en traitement suivant ses goûts et ses convenances personnelles.

Nous n’avons retrouvé ni la liste complète des peintres qui pratiquèrent ces opérations, ni celle des tableaux qui les subirent : tout porte à croire, cependant, que le nombre en fut assez élevé, car, au xvme siècle, quand les restaurations des tableaux furent confiées à des spécialistes et non plus à des artistes, la presque totalité des mémoires de ces praticiens mentionne des enlèvements de repeints, qui supposent bien une opération antérieure.

Les Comptes des Bâtiments et quelques témoignages contemporains nous ont cependant donné les noms de quelques-uns des artistes à qui furent confiées ces restaurations.

Au xvie siècle, le Primatice répara ainsi certains tableaux de la collection de François Ier, et notamment les Raphaël. Au xviie siècle, ces sortes d’opérations furent un peu plus fréquentes; le Mercure Galant de décembre 1681, a propos de la visite que le Roi avait faite à son cabinet des tableaux, déclarait : « Il ne faut pas s’étonner si tout est en si bon état, malgré le nombre des ans et l’humidité qui ruine ces sortes d’ouvrages; M. Le Brun sçait la manière de les conserver et ne commet pour cela que d’habiles gens. » Ces habiles gens furent, en général, des peintres;

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nous avons ainsi relevé les noms de Blanchard, de Mignard, qui remit en état la Vierge et l’Enfant adorés par les saints du Titien, d’Antoine Coypel, qui restaura Y Antiope du Titien, compromise autant par l’incendie du Vieux Louvre que par une restauration maladroite d’un certain Geslin ou Guélin, qui « raccommoda », d’ailleurs, plusieurs autres tableaux de la collection de la Couronne, etc., etc.

Après Le Brun, les Bâtiments firent choix d’un peintre, qui fut alors spécialement chargé du soin de ces restaurations et appointé à ce titre. Ce fut Paillet, qui abandonna en échange de cette fonction la garde des tableaux de Versailles; la pièce suivante montre bien le caractère et la nature de son nouvel emploi (i) :

Nous, Conseiller du Roy en ses Conseils, Surintendant et Ordonnateur général des Bâtiments, jardins, arts et manufactures de S. M., sur la connoissance que nous avons des bons soins du sieur Paillet, ayant lè nettoyement des tableaux du Roy sous nos ordres (et dont nous avons la garde) dans les maisons royales de Versailles, Trianon, Marly, Meudon et Chaville, Nous le commettons et continuons dans cet employ, dans l’espérance que nous avons qu’il fera toujours très bien son devoir, en prenant soin que tous les tableaux qui sont tant dans le magasin du Grand Commun à Versailles qu’en place dans les appartemens desdites maisons royalles, soient toujours tenus propres et souvent nétoyez, en sorte qu’aucune ordure ni poussière s’y puisse attacher, soit même qu’ils viennent à être transportés d’un lieu en un autre, sans y rien gâter ni rompre, avec toute l’exactitude possible. Et en cas que S. M. ou Mgr fassent faire quelques changements, soit en rapportant de nouveaux tableaux dans ledit magasin, changeant quelques-uns d’iceux d’une maison royale en une autre; ou en fassent augmenter le nombre ausdites maisons royales, ledit sieur Paillet sera tenu de nous en donner avis et d’en avertir le sieur Bailly (que nous avons commis à la garde de tous les tableaux appartenans à S. M.) pour recevoir nos ordres; et d’apporter un estât desdits changements ou augmentations pour en être fait mention sur les inventaires qui sont en notre bureau. Et, en outre, nous désirons que

(i) Archives Nationales. O' ig65.

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ledit sieur Paillet fasse nétoyer dans le temps que nous luy ordonnerons touttes les peintures des plafonds, tant de la galerie de Versailles que des appartemens; en foy dequoy nous avons signé la présente commission, fait contresigner par notre secrétaire ordinaire et aposer le cachet de nos armes. A Versailles, le m février 1699.

Signé : Hardouin Mansard. Par mond. seigneur : Marchand.

Après Paillet, ce fut au peintre Stiémart qu’incomba la charge du « nettoiement » des tableaux de la collection de la Couronne.

Jusqu’au milieu du xvme siècle, la restauration des peintures fut donc confiée à des peintres, et le procédé, usité à cet effet, fut invariable : on retouchait simplement les endroits compromis, et l’on raccordait tant bien que mal les diverses parties du tableau. Nous avons déjà signalé les inconvénients d’un pareil système, et l’on comprend sans peine qu’il devait être fatalement, un jour ou l’autre, abandonné pour un procédé moins rudimentaire.

Vers 1750, un certain Picault annonça, avec des allures mystérieuses, qu’il avait trouvé un moyen miraculeux de restaurer les tableaux et de leur rendre leur ancien éclat et leur charme obscurci ; il se faisait même fort de transférer impunément sur une toile les peintures fixées sur le bois ou la pierre. Cette nouveauté parut extraordinaire; on lui confia quelques tableaux endommagés, et notamment la Sainte Famille et le Saint-Michel de Raphaël ; le succès couronna ces entreprises, et l’étonnement fut grand. Peu après, lors de la démolition de l’escalier des Ambassadeurs à Versailles, il sauvait par son procédé les peintures murales de Van der Meulen ; on crut à la magie, et l’imagination populaire travaillait d’autant plus que Picault entourait son secret de plus de mystère.

Mais l’habile homme savait exploiter la situation et se faisait royalement payer; un tableau, restauré par lui, coûtait plus cher qu’un tableau neuf. Les Bâtiments finirent

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par trouver que de telles prétentions étaient exagérés; Picault mit alors le marché à la main, se targuant toujours du secret de son spécifique. En iy5i, il adressait ainsi à la Direction des Bâtiments le curieux mémoire suivant (i) :

Le sieur Picault, ne pouvant s’ouvrir en aucune façon sur l’espèce, ni sur la qualité des matières qu’il employé dans ses opérations, ne peut répondre d’une manière satisfaisante aux personnes qui prétendent que, dût-il employer de l’or, ses dépenses ne pourroient monter aussi haut qu’il les porte. Il n’employe point d’or quoique ses frais soient considérables et fort au-dessus de l’idée qu’on s’en est formée; mais il ne peut travailler, surtout à des morceaux d’une aussi grande importance que ceux qui luy ont esté confiez, sans sacrifier sa vie et son repos : sacrifice qui dure autant que son opération qui est plus ou moins longue, selon l’étendue du tableau sur lequel il opère, et plus ou moins heureuse, selon les difficultez qu’il ne cesse d’éprouver ; difficultés qui, rendant inutiles beaucoup d’opérations, obligent à les multiplier à l’infini. Ce n’est point icy une statue encore sous le cizeau, qui peut être abandonnée et reprise; c’est un ouvrage qui, une fois commencé, exige absolument qu’on l’achève sans la moindre interruption. Par exemple, l’enlèvement de la peinture du tableau de Saint-Michel de dessus bois a été une opération préalable qui a duré huit mois, pendant lesquels le sieur Picault en a passé trois sans se coucher et beaucoup de nuits sans pouvoir même s’abandonner un seul instant au sommeil; pendant cet espace de temps, s’il a pris quelque repos, il n’a pu s’y livrer qu’autant que son travail le luy a permis, que pour des instants et en usant de stratagèmes et de tortures qui pouvoient lui faire vaincre le sommeil. L’enlèvement de la peinture de trois morceaux du payement desquels il s’agit aujourd’huy, sçavoir le morceau représentant le Siège de Namur de 14 pieds de haut sur 8 de large (2) ; celui d’André del Sarte représentant la Charité; et celuy de Léonard de Viney (3) qui avoit cela de particulier qu’il étoit posé sur un fond rond composé de onze planches, a été un travail qui a duré vingt mois, accompagné des mêmes fatigues et des mêmes soins, sans compter plus de huit mois qu’il a fallu pour perfectionner ces ouvrages.

Ces considérations seules méritent sans doute beaucoup d’égards,

(1) Archives Nationales. O' ig33.

(2) Par Van der Meulen.

(3) La Vierge, l'Enfant, Saint-Jean et Saint-Michel ; voir ci-après, page 6.

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puisque la santé et la vie même s’y trouvent si fort intéressées, l’ouvrier étant presque toujours en danger de périr, forcé de respirer les parties sulphureuses et nitreuses qu’exhalent continuellement les matières employées dans ses opérations. Enfin, le sieur Picault ose avancer que, de tous les arts, il n’en connoit point où l’on rencontre autant d’inconvéniens et de difficultés que dans le sien ; et qu’il n’y en a point de plus long, de plus pénible, de plus dangereux, ni de plus dispendieux.

Si un art, lors même qu’il est poussé à sa perfection, entraîne encore nécessairement tant de travail, de soins, de peines, et d’opérations si multipliées, quelles difficultés l’artiste n’a-t-il pas rencontré dans la recherche qu’il en a faite, avant même que de songer à le perfectionner? Le sieur Picault n’entreprendra point d’en faire icy le tableau; il se bornera à dire que son art luy coûte 20 années de travail forcé et plus de 3o,ooo livres....

Le sieur Picault se renferme à supplier très humblement M. le Directeur de vouloir bien, en fixant le prix de ses ouvrages, avoir autant d’égards à leur valeur qu’à la peine, au travail et aux frais considérables qu’ils luy ont coûté; étant déterminé à en passer par ce qu’il luy plaira d’ordonner; mais il ne peut dissimuler que si on luy faisoit essuyer une forte réduction du prix de ses ouvrages, il luy seroit impossible de continuer à travailler.

A la fin, cependant, les Bâtiments se lassèrent; on examina, on chercha le secret de ces opérations si coûteuses, et un jour, Lépicié avisait une dame Godefroid, qui arrivait aux mêmes résultats que Picault, mais à des conditions beaucoup plus raisonnables. On reconnut alors que le fameux secret consistait simplement en « eau chaude et en patience »; le rapport suivant de M. de Vahiny sur le mémoire de Picault est des plus piquants et vaut d’être cité (1) :

Avant d’entrer dans la discussion de la somme demandée par le sieur Picault, le sieur de Vahiny rappellera à M. le Directeur Général que le Roy a accordé une pension d-e 2,000 livres par an audit sieur Picault pour récompense de son secret, dont 5oo réversibles à sa femme au cas qu’elle survive à son mary, ce qui vaut, suivant la loix

(1) Archives Nationales. O' 1 q33 .

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des rentes viagères, 25,ooo livres de capital, ce secret a été royalement payé, surtout quand on scaura en quoy il consiste, comme on va le dévoiler dans ce rapport d’après l’expérience.

... On élevera peut-être la question de sçavoir pourquoi depuis cinq ans le sieur Picault n’a point travaillé pour le Roy; luy seul s’y est opposé, par l’exhorbitante demande qu’il fit en 1752 pour avoir levé le Saint-Michel de Raphaël de dessus bois et pour l’avoir mis sur toille; il demanda 7,000 livres pour cet ouvrage, et il vouloit qu’on luy payât la même somme de 7,000 livres pour chacun des deux autres vieux tableaux du Roy qu’on s’étoit proposé de luy donner à lever.

Cette exhorbitante demande fut soumise à l’examen des connoisseurs et elle fut rejetée unanimement. Les amateurs convinrent tous qu’il vaudroit beaucoup mieux employer 20,000 livres à l’acquisition de deux beaux tableaux de quelques-uns des grands-maîtres, qui se seroient conservés frais, sains et entiers, que d’employer 21,000 livres à faire relever de vieux tableaux pour être mis sur toille, et qui, placés qu’ils y seroient, ne vaudroient pas 100 écus chacun.

Tels furent les sentimens de M. Portail et de feu M. Lépicier; ce dernier, surpris du prix excessif que le sieur Picault prétendoit mettre à ses ouvrages et persuadé que les prétendues drogues que le sieur Picault disoit employer à ses opérations n’étoient qu’un leure, regarda en 1752 le compte du sieur Picault non pas comme un compte d’apothicaire, mais comme le compte d’un charlatan, et, pour donner la preuve qu’il ne se trompoit pas, il s’adressa à Mme Godefroid et luy demanda si elle pourroit lever de vieux tableaux à fresque ou sur bois et les porter sur toille. Elle répondit à M. Lépicier qu’elle feroit cette opération quand on le voudroit, en luy avouant de bonne foy, que tout le secret consistoit dans de l’eau chaude et de la patience.

... M. le Directeur Général sait le succès que Mme Godefroy eut dans cette entreprise

Cependant, le sieur Picault qui vit par cette expérience quelle foy on devoit ajouter à la cherté des drogues qu’il disoit employer à son ouvrage n’a plus rien fait depuis pour le Roy; les deux tableaux qu’il devoit lever et pour chacun desquels il demandoit 7,000 livres ont resté en suspens depuis 1752.

Il va sans dire que Picault fut remercié et que la veuve Godefroid fut, dans la suite, chargée de la restauration des tableaux du cabinet du Roi : elle s’associa un certain Colins qui, par de légers pointillages, parvint à remettre en état la plupart des peintures endommagées par le temps ou les

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entreprises des peintres restaurateurs. En 1760, Colins mourait, et il était remplacé par un nommé Guillemard.

Parmi les autres restaurateurs, employés ensuite par la Direction des Bâtiments, il faut citer un ébéniste du nom de Hacquin, Hoogstoel, Martin, qui fut très occupé vers 1785, et enfin, un maladroit, du nom de Grandpré, qui, s’il faut en croire les mentions de l’inventaire Du Rameau, maltraita quelques tableaux, d’ailleurs peu importants, qu’on avait eu l’imprudence de lui confier.

C’est d’après les mémoires de ces praticiens que nous avons pu signaler les tableaux qui, dans la seconde moitié du xvme siècle, eurent à subir des restaurations et la nature même de ces restaurations. Ce sont là des documents inestimables pour l’histoire des tableaux de la collection de la Couronne, car ils nous renseignent de la façon la plus précise sur leurs états successifs.

Loin donc de desservir nos collections nationales et de diminuer la valeur et le mérite des tableaux qui les composent, la publication qui en est faite aura pour effet d’en déterminer d’une façon précise l'état et la condition actuels. Signaler ainsi la nature et l’étendue des restaurations que ces peintures ont subies, c’est détruire par avance les insinuations, les critiques malintentionnées, et donner au public' toutes les informations nécessaires pour pouvoir les admirer sans réserve ni arrière-pensée.

Fernand ENGERAND.

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