XXII INTRODUCTION
ledit sieur Paillet fasse nëtoyer dans le temps que nous luy ordonnerons touttes les peintures des plafonds, tant de la galerie ^le Versailles que des appartemens ; en foy dequoy nous avons signé la présente commission, fait contresigner par notre secrétaire ordinaire et aposer le cachet de nos armes. A Versailles, le i^r février 1699. Signé : Hardouin Mamsard. Par mond. seigneur : Marchand.
Après Paillet, ce fut au peintre Stiémart qu'incomba la charge du « nettoiement » des tableaux de la collection de la Couronne.
Jusqu'au milieu du xviii® siècle, la restauration des peintures fut donc confiée à des peintres, et le procédé, usité à cet effet, fut invariable : on retouchait simplement les endroits compromis, et l'on raccordait tant bien que mal les diverses parties du tableau. Nous avons déjà signalé les inconvénients d'un pareil système, et l'on comprend sans peine qu'il devait être fatalement, un jour ou l'autre, abandonné pour un procédé moins rudimentaire.
Vers lySo, un certain Picault annonça, avec des allures m)^stérieuses, qu'il avait trouvé un moyen miraculeux de restaurer les tableaux et de leur rendre leur ancien éclat et leur charme obscurci ; il se faisait même fort de transférer impunément sur une toile les peintures fixées sur le bois ou la pierre. Cette nouveauté parut extraordinaire ; on lui confia quelques tableaux endommagés, et notamment la Sainte Famille et le Saint^Michel de Raphaël ; le succès couronna ces entreprises, et l'étonnement fut grand. Peu après, lors de la démolition de l'escalier des Ambassadeurs à Versailles, il sauvait par son procédé les peintures murales de Van der Meulen ; on crut à la magie, et l'imagination populaire travaillait d'autant plus que Picault entourait son secret de plus de mystère.
Mais l'habile homme savait exploiter la situation et se faisait royalement payer; un tableau, restauré par lui, coûtait plus cher qu'un tableau neuf. Les Bâtiments finirent