CAPITA
De origine urbis I.ugduni et in eum locum dedneta Romanorum colonia.
AVANT-PROPOS
viij
De ratione dictionis Lugduni et quomodo scribi dcheat. De magistrat! bus civilibus et aliis publicis muneribus priscae eius urbis.
De veteri et universali in ea urbe emporiu.
De theatro in ea urbe et celebratis ibi ludis.
De preclaris in ea urbe ediiiciis et operibus.
De ara Lugduneusi.
De incendio urbis.
De vetere scinda Lugduni.
De Rhodano et Arari fluminibus quibus Lugdunum abluitur.
De aqueductu ei urbi servienti.
De Foro Veneris seu Veteri in ea urbe.
De insula.
De aliquot claris viris quibus pu tria fuit Lugdunum. De flaminibus et vetere religione in ea urbe.
De conunoditate eius loci.
De priscis collegiis et corporibus in ea urbe.
De situ eius urbis.
De urbis Lugduni dignitate et ditione.
De vicis et oppidis Lugduno vicinis quorum vêtus extat memoria.
Nostrae aedes.
Epitaphia quae Lugduni e veteribus monumentis excerpsi.
Di versa interque nonnulla lectionum antiquartim.
Requeste au roy etc. (C'est la requête présentée en 1536 à François I er par Bellièvre , pour obtenir l’établissement d'un parlement à Lyon. )
On voit, par le titre seul des chapitres, que c’est
AVANT-PROPOS
toute une histoire ancieune de Lyon et de ses monuments, histoire que personne n’avait écrite avant Bellièvre, qui fut le premier à en réunir les éléments et à les mettre en ordre , car Paradin ne composa ses Mémoires de C histoire de Lyon qu’après lui ; et il ne faut pas parler de Symphorien Champier son contemporain, qui, dans quelques opuscules sans critique et sans recherches, et dont la rareté fait aujourd’hui tout le mérite, n’avait débité que des fables absurdes bâties sur des traditions vulgaires.
Le livre de Bellièvre contient un grand nombre d'inscriptions antiques , toutes relevées par lui sur les murailles des églises, des cloîtres et des maisons, ou sur les lieux même où elles avaient été découvertes; et il a soin de les donner toujours telles qu’il les déchiffrait lui-même, ligurant, lorsqu’il y avait lieu , la pierre sur laquelle elles étaient gravées. En marge de la première inscription de son recueil, laquelle était alors « en Testable de la mayson ar- » chiepiscopale faisant ung pillier, » il a écrit ce vers d’Ausone (1) :
Mors etiam saxis nominikusque vcnil.
Le Lugdunum priscum est loin d’être un travail
(i) Miramur periisse hommes? monumeiita fatiscunt; Mors etiam saxis nominikusque venit.
Avsoa. Kpîpr. 35.
AVANT- PROPOS- ix
achevé; c'est un amas de matériaux bien choisis que la main du maitrc n’a pas encore façonnés; il ne faut donc y chercher ni style, ni élégance, ni correction. La négligence de l’auteur est telle sur ce point, qu’il écrit indifféremment soit en latin, soit en français, suivant que le mot français ou latin se présente le premier au bout de sa plume.
Bcllièvre, esprit grave et sévère, ne montre dans ce recueil aucun souci des ornements du langage; on voit qu’il ne s’est attaché qu’à la substance dont il devait former son livre : non qu’il ne fût très capable d'écrire élégamment lorsque le sujet le comportât, — sa requête à François I er est une preuve de ce qu’il pouvait en ce genre , — mais il croyait sans doute , que le plus bel ornement du discours est dans la vérité, la clarté et la simplicité, et qu’il valait mieux dire beaucoup en peu de mots que de noyer des riens dans un déluge de phrases vides et retentissantes. Son livre est une espèce de mémorandum où il enregistrait les faits et les observations au fur et à mesure qu’ils se présentaient , soit dans ses lectures des auteurs classiques, soit dans ses excursions aux environs de Lyon, couverts à cette époque de vestiges antiques. Il se réservait de mettre en œuvre plus tard ces études consciencieuses, lorsque la mort le surprit et le força de laisser son histoire imparfaite.
Le Lugdanum prisai m n’en est pas moins un monument précieux pour l’histoire ancienne de Lyon, et
il mérite d’ètre consulté et étudié par tous ceux qui écrivent sur ses origines; car Bellièvre a, au moins, le mérite incontestable d’avoir interrogé tous les auteurs de l’antiquité qui ont parlé delà ville do Plancus, et de nous avoir conservé des inscriptions dont plusieurs ont disparu lors de la surprise de Lyon par les huguenots en 1562, et à la fin du siècle dernier, lorsque d’autres sectaires non moins fanatiques jurèrent l’extermination et la ruine de tout ce qui rappelait un passé antérieur à l’ère de rénovation qu’ils voulaient imposer à la France.
Claude de Bellièvre est une des grandes et nobles figures du seizième siècle; il partagea sa vie entre l’amour de la patrie et des lettres , et l’accomplissement de ses devoirs. Docteur ès-lois, avocat du roi à Lyon, échevin, il fut nommé procureur général, et enfin premier président du parlement de Grenoble par François 1 er , le père des lettres, si juste appréciateur du vrai mérite. En butte aux persécutions des méchants, il crut devoir se démettre de sa charge, bien qu’un arrêt solennel du parlement de Toulouse eut mis au néant les accusations calomnieuses de ses ennemis (1); et après bien
(1) Voyez dans Lafaillc, Annales de la ville de Toulouse , tome il , page 150, et preuves, page 17, l'arrêt du parlement de Toulouse ijui renvoie Claude de Bellièvre , premier président du parlement de Grenoble , de l'accusation de malversation contre lui faite pur le procureur des trois états du pays de
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des orages, dont Dieu n’a pas voulu que la vertu fût exempte, il revint dans la maison de ses pères (1)
Dauphiné, et condamne ce dernier à 10,000 livres d'amende envers le roi, et pareille somme envers ledit seigneur de Bel* lièvre pour scs dépens , dommages et intérêts. Cet arrêt est du 28 novembre 15U.
(1) Elle était située sur la place de la Trinité, au bas du Gourguillon. Voici la description que Claude de Bellièvre nous en a laissée dans son l.ugrfunum priscum :