INVICT1SS1MI REGIS
3° Charte en parchemin sans commencement , pour avoir esté coupée. L’on voit pourtant que c’est un eschange entre Adalhertus , abbé , et le couvent de l’Isle Barbe , appellée Insida Barbarensis , d'uue part, et Gausmarus , abbé de ce couvent de Savigny , d’autre part , par lequel ledit abbé de l'isle délaissé à Savigny un curtil , situé dans le Lyonnois et dans la terre de Savigny , pour lors dit Sapin! , dans le lieu d’Ischirieu ( Nuelle ) , et en recompense l'abbaye de Savigny leur remet la terre de
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Fleurieu. Ladite charte signée Adalberliu indignas abbas , et par tous les moines de l’isle Itarbe , qui soûl en grand nombre ; mais l’on n’y voit pas la signature de Gausmarus ni des moines de Savigny, ce qui fait croire que cette charte fut faite dans le couvent de l’Isle Barbe , qui l’envoya à Savigny , et Savigny en fit une autre de mesme substance qu'il envoya à l’Isle Barbe, estant pour lors la coustume de faire ainsy. Et fut dattée un dimanche du mois de décembre, Conrad régnant dans la Gaule.
4° Membrane ou fragment d’une ancienne pancarte qui fait un dénombrement des églises que i'abbé Itherius , appelle Savignacensium pater , avoit acquises , et qui avoient esté usurpées par Guillaume, comte de Forez, qui les avoit données à des laïques. Mais ce comte craignant la mort eteruelle, vint à Savigny et consentit que ledit abbé reprist lesdites églises ; mais , comme les laïques qui les possedoient payoient annuellement audit comte certaines redevances appellées fenalia , parce qu'ils teuoient lesdites églises ad feuum seu feodutn , ledit abbé' donna audit comte 500 sols, et aux fauteurs et partisans dudit comte, à l’un une mule, à l'autre un mulet, à l’autre cinquante sols , à l’autre trente sols , et ainsy des autres qui avoient accompaigné ledit comte à Savigny et qui ne voulurent point en sortir les mains vuides ; et ce fut en 1094 au mois d'avril, les noues du mesme mois , luue 1 5 e , indiction I , Philippe régnant en Gaule , et Hugues estant archevesque de Lyon, en présence du quel ces choses se passèrent.
j° Don fait par l’Eglise de Lyou à Saint Martin et à l)almas et au commun de Savigny d’une maison sise dans le eloistre de ladite eglise , pour la posséder à perpe-
tuité , afin que ledit alibé , venant à Lyon, y trouve un hospice pour luy et ses religieux, propre et commode, ut flecet tanti ordinis viros, à condition que ladite maison ne pourra estre donnée ni vendue ni loiiée à quelque puissant laïque , et demeurera à perpétuité audit abbé et commun de Savigny. 11 est porté par cet acte, qui est sans date mais très ancien , que cet abbé Dalmas estoit fort chery de l'Eglise de Lyon, laquelle parle ainsy : Quem quasi intimum et loco canonici habemus ; et est signé par Bouo , qui lit ce don à ses despens , de l'authorité du chapitre , et ensuite par le doyen, et après par le chainarier et dix autres chanoines.
fi" Petite charte eu parchemin dont les trois sceaux sont perdus, contenant, comme en 1173 l’Eglise de Lyon prie les ahbez de Savigny et de l’Isle Barbe de vouloir s’obliger pour elle envers le comte de Forez, liais comme lesdils abbez craignoient qu’il ne leur eu arrivast quelque dommage, ladite Eglise leur donna des oslagcs, qui furent Berard , doyen ; Girin , abbé ; Guillaume , archidiacre ; Pierre , chautre : Hugues, sacristain ; Dalmas, senescba], Renier de Villon , Renier de Roanne, Mathieu de (’.liaignon , Eustache Amvot , Olivier , Guillaume Charpinel , Guillaume Roux . Hugues de Cubeles , Humbert de Saint Bonet , Ponce de Rochebaron , Pierre de Saint Priest , Girin Disrocat, Girin le Gras, Arnaud, Josserand , Girin de Saint Priest, Heraclius, Eustorgius, Jean Aluanni , Fulcherius Gcnez, Hugues de Talaru, Collier, Guigue Harens , Estienne de Rochctaillée , Berno. Ilio , et Berard de Vaux, tous chanoines de cette Eglise, qui dévoient s’en aller au delà de la Saône et demeurer dans la parroisse de Saint Nizier, et s’y transporter aussitost que dommage
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auroit esté faict audit abbé , et n’en point sortir que ne fust réparé ; et outre ce, ladite Eglise leur engagea la terre de Montdor , et lesdits abbés ne s’obligèrent que pour cinq ans envers ledit comte.
7° Quatre pièces attachées ensemble , qui sont petites membranes en parchemin : la première fait voir que Aymar de Rossillou, esleii archevesque de Lyon, fut commis par le pape Innocent IV à la garde du concile que Sa Sainteté avoit fait assembler à Lyon. Et comme il ne se sentoit pas assez fort pour la soutenir, il pria Amedée son frere , abbé de Savigny , de lui prester des hommes armés pour garder la ville de Lyon et le concile , ce que ledit abbé lui accorda , avec protestation qu'il ne pretendoit pas que cella préjudiciât a son eglise de Savigny , et que les archevesques s’attribuassent pour cella aucun droict sur icelle, et ledit archevesque déclaré que ce n’est que de grâce specialle , et non par devoir, que ledit abbé luy a presté ce secours. — Fait en 1274.
La deuxieme est autre déclaration dudit archevesque, qui dit que quoique l’abbé susdit et les administrateurs des prieurés de sa dépendance luy aient fourny cette année plusieurs gens de guerre, tant de pied que de cheval, pour luy aider à repousser ses ennemis , et mesme à leurs despens , il ne prétend pas que cela porte aucun préjudice à l'abbaye , u' ayant receü ce secours que par amityé. — Donné à Lyon en novembre 1274.
La troisième est autre déclaration dudit archevesque, qui déclaré que si bien Estienne , abbé de Savigny, son très cher compaignon , lui preste des troupes auxiliaires contre le sire de Yillars contre lequel il avoit guerre , ce n’est pas par devoir, mais par amityé. — Fait l’an 1277.
La quatrième marque la suite du concile et contient la mesme déclaration, qui est de l’an 1279, et l’on y voit que ledit abbé fournissoit tousjours des troupes audit archevesque , tant pour garder le concile que pour repousser ses ennemis.
8° Acte capitulaire ou presidoit l’abbé Itherius , ou , entre autres , il est parlé des réparations de l’abbaye démolie et brusléepar les Vandales (1). — Cet acte est de
9° Enqueste sur le différend qui estoit entre le cbamarier et l’hostelier, qui estoit que le cbamarier prctendoit avoir totum ferragiitm, seu pilliagium , linteamina, cepertons, pitarfos, bisenas, bassinetos, dolia. golatos, seu pancos, arehas et alla eus a , que les Angloîs , qui avoient tenu longtemps Savigny , avoient délaissés dans la maison appellée l’Hostel , sise dans le bourg dudit Savigny. — En l'an 1383 (2).
(1) Dans une note ajoutée eu inargf de l'Inventaire des Charles de S», viguy , il est dit qu'il faut lire, dans la Charte originale ? Faldentikus au lieu de Fondait s. Eu effet , il n'était plus question des Vandales depuis des sicc'cs ,et ce fui vers ce temps que les Albigeois ou Vaudois furent chassés du Languedoc. Quelques-unes de leurs bandes purent passer par Savigny , en se retirant dans les montagnes du Piémont. Il est p'us vraisemblable que déjà h cette époque le mot Fandali était employé comme synonyme de barbares et dévastateurs.
(4) A la suite de ces extraits relatifs à l'abbaye de Savigny , se trouve l’envoi suivant »
Voila bien de vieilles nouvelles ,
Mais recevez les telles quelles.
Car vostre esprit les veut ainsy ,
Et ma foy je les aime aussy.
Vostre cœur vous porte à l'antique .
Et de l’apprendre je me pique ,
Aux despens de mes pauvres yeux ,
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Il faut aussy qu'on me contente ,
Parce que je suis dans l’attente lï'un vin très excellent, dit-on , Auquel on donne vostre nom f Qui vaut mieux qu'un soufflet en face.
Il m’est promis de bonne grâce,
Il faut de mesme le donner.
Et lorsque j’en pourray goûter.
Je chanteray dessus ma lyre La chanson de tire lan lire ,
En disant vive le donneur,
Vive Laurent porte bonheur.
L'écriture et l’orthographe août de la tin du dix-septième tiède ; rien u’iudiquc le nom de l’auteur. Le compilateur de ces Chartes était sans doute quelque moine de Savigny, qui aimait le hon vin autant que les vieux titres. Laurent porte bonheur , à qui ces extraits étaient adressés en échange du vin de son crû, était M. de La valet ta . qui avait le prénom de Laurent Ces Chartes sont tirées d’un manuscrit qui a pour litre : Sommaire des tiltre<i et documents de V abbaye et chapitre de Savigay , alias Sapini. Nous les avons revues et corrigées sur le manuscrit original qui est daus la bibliothèque de M. de Verna.
S U l< L’HISTOIRE DE LYON.