Livre 6 e . — Contenant les généalogies des familles no
blés. — Commençant aux d’Ars, seigneurs dudit lieu et de Tanay en Dombes et de Sainte-Croix , finissant aux Yilleneufve de Joux sur Tarare et de la Bastie en Dombes.
Livre 7 r . — Contenant l’armorial de Dombes. Armorial des armes et denses des familles nobles etplus
Alpes; les graveurs ont entamé leur besogne, les caractères neufs vont estre bientost fondus , et le beau papier se voyture toutes les semaines, de sorte qu’au premier d’octobre pour le plus tard la presse roulera. Voila , Monseigneur , un langage bien éloigné de celuy que l'on tient tous les jours a V. E. a la quelle on ne parle que de régiments , que de canons , que de sièges, que de combats , que de morts et de blessés. Mais faut-il attendre cette denrée de moy qui suis homme de cabinet , qui n'ay jamais veu la guerre que dans mes livres , et qui ne puis faire autre chose que d'escrire ce que les antres font ? Agréez donc , Monseigneur , s’il vous plait , ma liberté ou plustosl cette saillie d'esprit qui m'a servi de prétexte a faire celte lettre a V. E. pour luy demander des nouvelles de sa santé et des progrès de nostre armée , en vous asseurant que je cesscray d'estre quand je cesseray de publier que je suis ,
Monseigneur,
de V. E.
Le tres-humble, tres-obeissant et tres-obligé serviteur,
Le chevalier Guichxhoh.
A Bourg en Bresse, ce 22 d’Aoust 1657.
A \1. le marquis de Lullins , gouverneur d’Ast.
AVANT-PROPOS
considérables dont il esl parlé dans cette Histoire. — Cet armorial commence aux ALbizi de Florence , et finit aux Ursins Traiuel.
Afin que rien ne manque à la notice des manuscrits de Guichcnon, nous ajouterons à la suite de l’inventaire du recueil de la bibliothèque de la Faculté de Montpellier la table des pièces contenues dans deux volumes manuscrits in-4" qui faisaient autrefois partie de cette collection , et qui furent laissés par Guichenon à la ville de Bourg, dont ils sont encore la propriété. Nous devons la communication de la table des matières de ces deux volumes à l’obligeance de M. J. Baux, qui s’est fait une place si distinguée , comme écrivain et comme savant, par son Histoire de Notre-Dame de lirou. On aura ainsi sous les yeux le répertoire complet de tout ce qui nous reste des manuscrits deGuichenon. Ces deux volumes ne sont pas tomés, tous les deux portent le meme titre et la même suseription :
Recueil de diverses pièces curieuses servant a l'histoire.
Ex bibliotheca Samuelis Guichcnon , in présidiale Sebusianorum curia causa rum patroni , ■ consiliarii regii , Franciae et Sabaudiae historiographi , equitis et comitis palatini. 1646. Gdichsnon , J. V. D.
Nous terminerons cette revue des manuscrits de la Faculté de Montpellier par quelques mots sur une
AVANT-PROPOS- XX xiij
chronique qui avait fait partie du cabinet du président Bouliier : c’est la Chronique de Savoie. Le président Bouhier a écrit de sa main au verso du titre :
a Guichenon, en la préface de son Histoire de Savoye, « parle de cette Chronique dont l’auteur est incertain ; « uiais les manuscrits qu'il en a vus ne contenoient pas « la vie d’Amé VI , ou VII selon lui, le premier duc de « Savoye, qui commença à régner en 1361 , et dont on n trouve la vie à la tin du présent volume , mais il n’y en « a que le premier feuillet. »
Ce manuscrit in-folio, sur papier très fort, a : 27 ! feuillets. Il finit brusquement aux premières lignes du chapitre 223 : Uronique de Ame septième conte, etc. 11 n’y a de ce chapitre que treize lignes, dont les deux dernières se trouvent au verso du feuillet 27 1 et n’ont pas été continuées. Ce manuscrit, dont nous reproduisons les premières lignes autographiées, parait être de la fin du quinzième siècle. La première lettre de chaque chapitre est toujours laissée en blanc, pour être historiée et enluminée au pinceau. La marque du papier est un taureau. Voici le titre du manuscrit :
CRONICQUES ANCIENNES DE SAVOYE CONTENANT LA CENEALOOIF DES COMTES DE SAVOYE LEURS FAICTS PROSPERITES ET ADVERSITES- MS-
De la Bibliothèque <lo le P. Ilmiliirr.
mtè D. 7.
M DCCXXI
AVANT-PROPOS-
Cette chronique se trouve au commencement du tome 1" des Monumenla historiée palriae publiés par les ordres et sous les auspices du roi Charles-Albert (1); elle commence ainsi dans le MS. de la Bibliothèque de Montpellier :
escripture* e*t contenu la gcnologir des illustres seig" contes de sauoye jadiz escriptz leurs grand faicz et euures vertueuses tant en armes corne au lt renient aussi leurs prospérité/ a crois sement* donneurs de tiltres et de biens et aussi de leurs aduersitez laquelle genologie commence pniierement es années de bcrold filz du duc huguc de saxonne iadiz duquel sont descendu lesds segneurs conte de sauoye corne sensuit
(1) Les savants éditeurs des Monumenta historiac juitnae
i*l quatre qui gouucrna douze ans moult grandcm' uerlueusement cl a grand proesses et entre les nultres grand cliosez quil fit il fonda en la cite de niandeboitrg une moult belle et solempncllc esglisc de beaulte merueylleuse a lonneur et rcuerence du glorieulx martir nions saint maurice laquelle il dota tresgrundera 1 et auprès de celle cite conuertit a notre foy grand multitude de payens iliecque liabitans puis apres moult deuoleinent se partit de ce monde et fut seuely en la dite esglise
La Chronique est divisée en chapitres très courts de deux pages, trois au plus, souvent d'une démi-
né nous paraissent pas avoir eu connaissance de la copie de cette chronique, qui sv trouve à la bibliothèque de la Faculté de Montpellier, ils se sont servis, disent-ils , d'un Ms. de la Bibliothèque de l’Université royale de Turin , partie sur vélin et partie sur papier, écrit de i464 à 1466 par Jean Scrvion , de la maison de Philippr , comte de Bresse , depuis duc de Savoie. La copie de Scrvion est précédée dans les Monumcnla de la chronique fabuleuse de Ficus , roi de Coulongne , dont
AVANT-PROPOS-
page. Les titres des chapitres énoncent d'une manière uniforme les matières qui y sont contenues. On en jugera par les suivants, pris au hasard:
« Corne le daulphia Humbert vendit le daulpliine de « viennoys au roi iean de france.
« Corne le conte fit son mandement pour guerroyer « le marquis de saluées.
« Corne le conte cheuaulcha en armes sur Je daulphine, « et comme le daulphin le manda defier pour le com- « hatre. a
le fils, Thescus, aurait épousé Isobie, fille de l’empereur (îordien , duquel le chroniqueur fait procéder Othon I er de Saxe, empereur nu x * siècle et tige de la maison de Savoie.
Nous n'osons affirmer que ces deux chroniques , celle de l’Université de Turin et celle de la Faculté de Montpellier, soient identiques , puisqu'il existe entre elles de notables différences de rédaction : celle de Montpellier ne contient pas l’histoire de Ezeus , et ne commence pas de même que celle qui a été donnée dans le tome I” des Mnnumenta, mais toutes deux s’arrêtent à Amé VII. Cependant M. Promis, dans sa Préface a la chronique latine de l'abbaye de Hautecomhe , semble considérer ces deux chroniques comme deux ouvrages distincts , dont l’un se serait perdu , dit-il , avec la copie que possédait Guichenon , aucun historien n’en ayant parlé depuis lui. On a ru plus haut qu’il en existait une il y a quarante et quelques années , celle même de Guichenon qui . à sa mort, avait passé de son cabinet dans relui de M. de la Valette, et qui disparut à Sens ou a Auxerre, lors de la mission littéraire de M. Prunelle. Il s'en trouvait une autre semblable dans la bibliothèque du président Bouhirr, dont le sort a été
AVANT-PROPOS
Cette copie de la Chronique de Savoie, recueillie par le président Bouhicr, supplée à celle qui formait le 34' volume des manuscrits de Guichenon , et qui, lors du voyage bibliographique de M. Prunelle , fut réservée pour une autre bibliothèque.
Nous pourrions signaler encore une foule de richesses bibliographiques recommandables par leur rareté, leur exécution et leur belle conservation; mais nous n’avons pas la prétention de donner une description complète de la bibliothèque de la Faculté de Montpellier: nous avons voulu simplement appeler l’attention sur les ressources qu’elle offre pour notre histoire locale et nous nous bornerons à indiquer, en terminant, quelques manuscrits qui, pour être étrangers à notre plan , ne méritent pas moins d’ètre connus :
La Bible de Jean XXII, en deux magnifiques volumes in-folio sur vélin , d’une parfaite conservation, étincelants de miniatures et de vignettes d’une délicatesse et d'un fini admirables :
Un autre manuscrit in-folio, aussi sur vélin, traitant de la chirurgie, traduit de l’arabe de Albucasis en langue romane , et dont le texte est entremêlé de figures enluminées représentant les instruments de chirurgie en usage au treizième et
plus heureux : c'est celle que nous avons décrite, et qui ligure aujourd'hui parmi les manuscrits de la bibliothèque de ln Faculté de Montpellier.
AVANT- PROPOS-
au quatorzième siècle. Ce manuscrit, dédié à Gaston Phebus, comte de Foix, faisait partie de sa bibliothèque :
T rente neuf volumes provenant de la bibliothèque de Pierre Pithou, et contenant des manuscrits du neuvième, du dixième, du onzième et du douzième siècle, parmi lesquels se trouvent les œuvres d’un grand nombre de poètes, d'historiens de l’antiquité et de Pères de l’Eglise ; des recueils relatifs au droit ecclésiastique et aux origines de l'histoire de France :
Les manuscrits italiens de la bibliothèque du palais Albanià Rome (1), qui passèrent entre les mains de M. le docteur Prunelle, à qui, s’il faut en croire un bibliographe allemand (2) , ils furent vendus par
(1) Ocs manuscrits, connus dans le monde savant, avaient disparu on ne sait comment à la fin du siècle dernier, et on ignorait ce qu’ils étaient devenus , lorsque M. le chevalier Gazzera, visitant, en 1837, les bibliothèques publiques du midi de la France, les reconnut dans les armoires de la bibliothèque de la Faculté de médecine de \Ionlpcllier. Ce savant philologue a consigné cette découverte dans une notice qu'il a placée en tête de la publication, faite par ses soins, d'un de ces manuscrits : Trattato délia dignità ed altri ineditti scritti di Tonjualo Tasso , premessa una notizia intorno ai codici manoscritti di cose italiane , conservati nelle biblio teche del mezzodi délia Francia , ed un cenno sut le antichi/à di (fucsla regionc, del cavalière Costanzo Gazzera. Torino , s t amp cria reale , 1838, in-8°.
(2) Catalogi librorum manuscriptorum t/ui in bibliothecis Galline , flelvetiac % Belgii , Britanniuc M. Hispaniae , Lusi-
AVANT-PROPOS. XXXvj
un officier français, a iribano militum quodam Gallico , qui revenait de Rome après l’occupation de cette ville par l’armée de la République en 1798. Au nombre de ces manuscrits se trouvait la correspondance de la reine Christine, formant quatorze volumes très épais des lettres originales qui lui furent adressées par les souverains, princes et princesses, savants et personnages illustres de son temps. Ce recueil serait d’un grand secours pour refaire l’bistoire de cette princesse, histoire si défigurée par les flatteries et les bassesses des gens de lettres qu’elle protégeait, et par les noires calomnies des ennemis que son abjuration avait déchaînés contre elle. Ces quatorze volumes de lettres sont dans la bibliothèque, de la Faculté de médecine : un quinzième volume contient un travail de Christine elle-même sur Alexandre-le-Crand. Celle correspondance n’a pas été à l’abri de la rapacité d’un bibliopliagc fameux, qui, là comme ailleurs, a laissé des traces fâcheuses de son passage.
Nous aurions à citer beaucoup encore, mais nous laissons au bibliothécaire de la Faculté le soin de nous doimer un catalogue raisonné de toutes ses
taniae asservantur, nunc primum editi a D. Gustavo Haenel. Lipsiae , mdcccxxx , in-4°. Ces manuscrits avaient été volés, sans doute , lors de l’émeute et des désordres qui eurent lieu à Rome , et à la suite desquels un chef de bataillon fut fusillé pi ur pillage et vol. Vovex Précis historû/uede la Révolution française, par Lacrelelle jeune ; Paris, 180.1, t. vi,p. 154.
AV AN T-PROPOS-
richesses. Ce travail est encore à faire , car le catalogue des manuscrits des bibliothèques publiques de France, publié récemment à Paris par les ordres et aux frais du Gouvernement, est tellement imparfait, malgré les notes et les renseignements qui avaient été fournis, et dont sans doute on a cru pouvoir se passer , qu’on serait tenté de croire , au moins pour ce qui concerne les manuscrits de Montpellier, qu’il a été rédigé par des hommes étrangers à la bibliographie.
On nous pardonnera de nous être oublié à parler trop longuement peut-être de ces reliques presque ignorées, d’un temps bien éloigné de nous, où l’on pouvait se livrer à l’amour des lettres et de l’étude à l’abri des tristes préoccupations qui nous absorbent tous aujourd’hui. Nous aurions voulu être plus bref et plus concis, mais il fallait bien faire connaître l’origine et la valeur de ces manuscrits, fruits des veilles laborieuses de ces hommes pieux et savants auxquels nous sommes redevables de tout ce que nous savons des premiers temps de notre histoire : A ’escire autan t/nid, anteaquum nains sis, acr.ideril , id est sempvr esse puer uni. (Cic., Oral.)
XXXVIJ