IN CHRIST! NOMINE 1NC1PIT LIBER CARTARUM
QUFM DOMNUS ABBAS PONTIUS COMPONI FEC1T INCIPIT PROLOGUS.
Sapiniaccnse coenobium olim longe ab anliquis patribus instruction diu r nuit unique claruit donec Hunnorum bestiali feritate , divino et occulto permittente judicio , désola tum fuit, monachis qui ibi inbabitabant elTugatis atquc occisis, etc.
Le moine collecteur de la Pancarte ajoute dans le prologue, qu’il a pu seulement trouver le nom de onze abbés depuis la fondation de l’abbaye jusqu’à sa destruction par les Huns , et de treize depuis sa restauration jusqu’à Pontius , fils de noble Aimon de Lay, élu abbé vers 1121, et par l’ordre duquel le Cartulairc fut rédigé.
Immédiatement après le prologue, commence le Cartulaire :
Incipit de abbate Adalberto. Prestaria Wandelberti... data die sexta inartis in inense maio anno 1111°, post obitum Caroli Magni regis.
De Anasteo abbate. Prestaria de Crisiniaco.
Le dernier acte du Cartulaire est un décret de l’empereur Lothaire qui donne l’abbaye de Savigny
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à l’Eglise de Lyon. Ce prince avait fait déjà à Rémi, archevêque de Lyon, une donation, dans les mêmes ternies que celle-ci, du monastère de Nantua; mais ces deux donations restèrent sans cllet.
Voici le commencement et la fin de ce décret de Lothaire :
Decretum Lotharii imperatoris quo monasterium Saviniacense Lugdunrnsi ecclesiae subjicit (1).
A la fin :
SIGNUM LOTHARII
SERtNISSIMl AUGUST1
Hirdmundus notarius ad vicem Hilduini recognovi data 11 idus septembris, anno, Cbristo propilio, domini Lotharii imperatoris iu Italia xxxm et iu Francia xn, indictione xv. ( Anno Christi 8S2. )
Actum villa Gherniaco in deinomine féliciter. Amen. La Pancarte originale de Savigny a disparu comme
(l) Le titre de ce décret est faux. C’est, ainsi que nous l'avons dit , une donation et non une sujétion de l'abbaye de Savigny à l’église de Lyon.
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tant d’autres vénérables reliques de l’antiquité, et on ne sait ce quelle est devenue. Nous ne connaissons (pie quatre copies de ce Cartulaire : celle de la bibliothèque du roi, aujourd’hui nationale, celle de Montpellier, celle du cabinet de M. le conseiller Coste, celle de la bibliothèque de la ville de Lyon. On trouve dans ce recueil de titres les noms de presque tous les bourgs , églises, villages, hameaux, châteaux, cours d’eau et forêts du diocèse de Lyon aux dixième, onzième et douzième siècles. On pourrait en tirer un très grand parti pour l’histoire de la province, et pour retrouver l’étymologie des noms de nos communes rurales qui, pour la plupart, ne sont arrivés jusqu’à nous qu'en subissant des altérations plus ou moins notables. On aurait ainsi une géographie comparée du Lyonnais au moyen-âge; et quelques recherches sur les noms propres gaulois, gallo-romains et burgundes qui se rencontrent dans tous les actes, donneraient une idée, de la population mixte de ce pays et en fendent reconnaître l’élément dominant à cette époque. Par ce moyen, on parviendrait à démêler les origines diverses de ces petits centres de vie et d’action qui couvraient notre sol alors, comme de nos jours, et dont les uns avaient reçu des dénominations évidemment gauloises avec une terminaison latine; les autres, des noms purement romains , et quelquesuns même des noms teutoniques qui attestent les
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invasions fréquentes des peuples du Nord dans notre patrie.
Mais un travail lent et consciencieux, tel que devrait être celui que nous indiquons, ne peut être entrepris que sur les lieux mêmes, par des hommes pratiques qui seraient en mesure d'aller de commune en commune interroger les traditions locales, étudier les noms patois dans les rapports qu’ils ont conservés avec les noms primitifs du Cartulaire, explorer les moindres hameaux et jusques aux lieux inhabités où souvent une simple croix marque l’emplacement d’une église dont il ne reste plus pierre sur pierre, ainsi qu’on le voit à Anse où une croix élevée de nos jours est tout ce qui rappelle l’antique église de St-Romain, dans laquelle trois conciles furent célébrés en 994, 1025 et 1299. Avant tout, il faudrait apporter dans ces recherches minutieuses, avec l’amour de la science, l’amour de la terre natale et des lieux où on a vécu; car, de tous les mobiles du cœur humain, c’est celui pour lequel il y a le moins d’obstacles insurmontables.
A la suite du Cartulaire, on trouve une notice sur ce document, adressée par François de Camps, abbé de Siguy ( 1), à M. de Bossuet, abbé de Savigny.
(1) Pour François de Camps, voyez le P. Lclong , Bibt. hisl., lome ni, page il. Mémoires historii/ues sur plusieurs historiens de France.
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Le trente-quatrième volume des manuscrits de Guickcnon était une chronique de Savoie, qu’il cite plusieurs fois dans son histoire de cette Maison.
Ce volume n’a jamais paru dans la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier; c’est ce que constate une note qu’on trouvera dans l’inventaire des matières du trente-quatrième volume. Elle est d’une écriture du commencement de ce siècle, et en Ces termes laconiques ; « Réservée pour la bibliothèque de.... « M. le docteur Kiilinholtz a eula bonne pensée de remplir la lacune laissée dans les manuscrits par la disparition de la chronique de Savoie, en composant un trente-quatrième volume de diverses pièces détachées qu’il a réunies ensemble et qui venaient, comme le reste, du cabinet de M. de la Valette. Il est à remarquer toutefois que dans ce recueil il y a quelques pièces qui n’ont pu faire partie des manuscrits laissés par Guichcnon , leur date étant postérieure à sa mort.
La pensée d’ètre utile aux personnes qui travaillent à l’histoire de Lyon et des provinces qui en dépendaient autrefois, nous a engagé à publier la table des matières du Luyi/unuin nacroprophunum et l’inventaire du recueil de Guiclieuon. Nous avons copié fidèlement, c’est là notre seul mérite. Si ceux de nos concitoyens qui s’occupent de l'histoire de notre province trouvaient dans cette modeste publication quelque secours pour leurs travaux historiques , notre but serait atteint , car
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nous aurions rendu faciles à de plus capables que nous, des recherches qui peuvent éclaircir plus d’une page obscure de nos annales. Nous avons été encouragé aussi dans cette pensée, disons-le, par l’opinion que M. le chevalier Gazzera , de l’Académie royale de Turin, émettait il y a quelques années sur l'avantage qu’il y aurait à publier le catalogue de tous les manuscrits existants dans les bibliothèques publiques. Ce savant exprimait ce voeu à propos du recueil de Guichenon, de l’inventaire duquel il se félicitait d’avoir obtenu une copie. Nous sommes heureux de réaliser sa pensée, au moins en partie: son opinion, d’un si grand poids dans l’Europe lettrée, nous fait espérer que notre travail ne sera pas sans utilité.
A la suite de ces tables, nous donnons la notice historique du Cartulaire de Savigny, par l’abbé de Signy. La copie de laquelle nous l’avons extraite étant très défectueuse, nous avons été forcé d’y faire quelques corrections qui ne touchent qu’à la forme, sans atteindre le fonds et sans dénaturer en rien la pensée de l’auteur. Cette notice, quoique bien incomplète, n’est pas cependant sans intérêt; nous y avons ajouté quelques notes qui nous ont paru nécessaires. Nous y joignons aussi plusieurs pièces sur Lyon que nous n’avons trouvées ni parmi les Preuves de l'histoire consulaire de Lyon du P. Menestrier, ni dans Severt, ni dans La Mure, ni dans le Gallia christiana.
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Nous ne pouvons nous dispenser, en achevant cet aperçu , de dire quelques mots de X Histoire du Pays et Souveraineté de Dombes , dont les copies cependant ne sont pas rares. La Faculté de médecine en possède deux : l’une, in-4 a , cotée H. 376, a appartenu au président Bouhier, qui a écrit au verso du titre les lignes suivantes :
« Cette Histoire a été copiée eu 1742 par un de mes a amis sur l’original manuscrit qui est entre les mains « d’un des héritiers de feu Samuel Guichenon, qui l’avoit « composée pour Mademoiselle de Montpensier, prince cesse de Dombes, laquelle ne voulut pas qu'on l’imcc primât. »
L’autre copie, cotée H. 52, est in-folio, d’une écriture très nette, mais faite par un copiste à gages, et par conséquent incorrecte (1). Elle a, de plus que l’in-4°, un avertissement dans lequel Guichenon explique que « la princesse de Dombes n’ayant pas voulu , par raison d’état , que sou histoire fût imprimée, et lui, n’ayant pas consenti aux suppressions qu’elle exigeoit, il a remis la minute avec tous les papiers et mémoires à la princesse, ne s’en réservant qu’uue copie de diverses mains, pour servir de mémoire aux siens tant seulement. »
(I) Elle a appartenu aussi au président Bouhier. On lit en tête ; Codex Ms. bibliothecae Buherianae. B. 21 1 > année mdcclt.
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Cette note est datée de Bourg, le 25 mars 1663 , dix-huit mois avant la mort de Guiehenon, qui finit ainsi sa carrière littéraire par un dégoût et une contrariété auxquels le succès de ses premiers ouvrages ne l’avait pas préparé.
« Ce qui avait blessé la princesse, ajoute-t-il, c’est que la principauté de Dombes ne rclcvoit pas immédiatement de l’Empire et de la Couronne de France, mais bien de celle de Savoie, outre qu’il y a des terres mouvantes de l’abbaye de Clugny , de l’église de Lyon et des comtes de Forez, dont la princesse ne vouloit pas avouer la mouvance. »
A voir l’insistance que Guiehenon met à détailler les raisons d’état et de vanité blessée qui firent que Mademoiselle ne voulut pas que l’Histoire de Dombes vît le jour, on serait tenté d’attribuer un autre motif au refus de cette princesse. On a prétendu, en effet, que cette Histoire était mal écrite et qu’elle ne valait pas la peine d’ètre imprimée. Cependant, s’il faut en croire Papillon (Bibliothèque des auteurs de Bourgogne) , M. de la Marc en pensait bien autrement. Voici en quels tenues ce savant s’en explique dans ses Mémoires manuscrits : « Guiehenon fut invité « par Mademoiselle d’Orléans d’écrire l’histoire de « la principauté de Dombes. 11 le fit avec cxacli- « tude; et ayant fait mettre son ouvrage au net, il a le présenta à celte princesse, qui, l’ayant lu, et « ayant reconnu quelle, (sa principauté), n’é- •> toit presque composée que de diverses usurpa-
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« lions faites sur la France, l’Eglise de Lyon, l’ab- « baye de Cluni et l’isle-Barbc, etc., elle quitta le « dessein de la faire imprimer; et, après avoir fait « donner mille écus à Guichenon, elle mit ce livre « dans son cabinet, où il est encore. Mais l’origi- « nal de cette Histoire (1) est entre les mains des « héritiers de l’auteur, qui m’a dit ce que dessus.» Papillon ajoute : « Je viens d’apprendre que M. le président Boubier en a recouvré depuis peu une copie. »
L’exemplaire in-folio de Montpellier contient de plus une assez longue note au sujet de la copie que Guichenon avait conservée « pour servir de mé- « moire aux siens tant seulement. » C'est une espèce de consultation moitié de casuiste , moitié de jurisconsulte. Elle nous apprend que les héritiers de Guichenon avaient reçu de la princesse de Dombes 3,000 livres pour qu’il ne restât aucun vestige de cette malencontreuse Histoire. L’avocat consultant engage son cousin, l’héritier de l’historiographe, « à se faire honneur de cette copie auprès de Mademoiselle, s’il a quelque chose à lui demander, ne doutant pas qu’on ne lui accorde quelque grâce en échange. » 11 parait aussi que, d’après l’arrangement conclu entre un sieur Penet , agent de la princesse ,
(t) M. de la Mare se trompe sur ce point : on a vu par la note de Guichenon lui-même qu’il ne conserva qu'une copie de diverses mains de son livre, et que l'original fut remi» par lui à la duchesse de Montpensier.
et les héritiers de Guichenon, ceux-ci étaient tenus de restituer les 3,000 livres payées par elle, dans le cas où il serait prouvé qu’ils avaient encore entre leurs mains quelque chose de l’Histoire de Dombes: d’où il résulte évidemment que Mademoiselle n’avait réprouvé cette histoire que parce qu’elle blessait son orgueil princier en la faisant descendre , en vertu de titres authentiques, des hauteurs de la souveraineté absolue à laquelle elle prétendait, pour la soumettre à la mouvance de l’Eglise de Lyon, des abbayes de Cluny et de l’Ile-Barbe, et à celle des comtes de Forez, ce qu’elle regardai t comme iuj urieux pour une petitefille de Henri IV. Ce fait, ainsi établi, honore la mémoire de Guichenon. En refusant de supprimer ce que, dans sa conscience, il croyait être la vérité, il fit un acte de probité d’autant plus louable, que , en même temps qu’il sacrifiait son intérêt pécuniaire auquel on lui a reproché si souvent de se montrer trop attaché, sa gloire d’écrivain était compromise aux yeux de ceux qui, ne connaissant pas les véritables motifs du mécontentement de la duchesse de Montpensier, pouvaient croire qu’elle ne lui refusait les honneurs de l’impression que parce quelle ne l’en jugeait pas digne. Cette preuve de loyauté à l’encontre d’une princesse puissante suffît pour justifier Guichenon de l’accusation de cupidité portée contre lui, vraisemblablement par des personnes auxquelles il n’avait pas cru devoir donner place dans le Nobiliaire de sa province, ou dont la vanité
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se plaignait de n’avoir pas été assez bien traitée.
Un écrivain capable de falsifier des litres et de fabriquer des généalogies pour de l’argent n’y aurait pas regardé de si près , pour complaire à une fille de France qui aurait largement rémunéré sa condescendance. Ajoutons que si Guichenon a été accusé de cupidité et d’infidélité, c’est qu’il avait soulevé contre lui bien des haines cl des rancunes en abjurant la doctrine de Calvin, dans laquelle il avait été élevé par son père. Il n'eu fallait pas davantage pour lui attirer des ennemis irréconciliables qui croyaient serv ir utilement leur cause en déversant l’outrage et la calomnie sur un homme qui, en revenant à la foi catholique, n’avait obéi qu’à des convictions sincères et à la voix de sa conscience. Un de ceux qui se montrèrent les plus violents fut Jean Léger, pasteur et modérateur des Eglises des Vallées, — c’est ainsi qu’il s’intitule dans son Histoire générale des Eglises évangéliques des vallées de Piémont ou Yaudoises ; Leyde, 1669, infolio. — Dans sa préface au lecteur, après avoir incriminé Guichenon d’avoir falsifié contre science et conscience tout ce qui regarde les droits, l’innocence et la conduite des Vaudois, et de n’avoir pas eu honte d’y employer sa plume mercenaire , il ajoute pour dernier trait qu’il ne trouve pas cela étrange à un renégat qui a apostasié de la vérité pour se vendre aux intérêts du mensonge. Tel est l'emportement de l’esprit de parti , telle est encore
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la faiblesse et la légèreté de l’esprit .humain qui accepte et donne cours inconsidérément à des opinions souvent fausses et perverses , sans s’inquiéter d’examiner de quelle source elles procèdent (1).
Nous donnons ici la table des matières de VU à loire du Pays et Souveraineté de Dombes :
Livre 1". — Contenant la description generale et les singularités du pays , quels peuples l’ont autrefois habité , et quels ont été ses seigneurs jusqu’à ce qu’il fût soumis à l’empire.
(1) Guichcnon a été attaqué avec non moins de passion par les modernes que par ses contemporains : le comte Ferdinand dal Pozzo , maître des requêtes et premier président de la cour impériale , à Gênes , dans son Essai sur les anciennes assemblées nationales du Piémont et de la Savoie, etc., Paris , 1829 , in-8 0 , traite avec le plus profond mépris l'historien de Bresse et Bugey et de Savoie , lequel n'est à ses yeux qu'un plat courtisan , un écrivain mercenaire, diffus et ennuyeux à lire ; appuyant en cela son jugement sur l'assertion de Denina , qui ( Préface de son Histoire de C Italie occidentale ) assure avoir ouï dire au cardinal Gcrdil : « Qu'il ne croyait pas qu'il y eût personne au monde d’assez aguerri contre l'ennui , pour le lire d'un bout à l’autre. « M. dal Pozzo, pour faire suspecter la bonne foi de Guichenon, cite encore Emmanuel Tesauro qui, dans l'Introduction à P Origine des guerres civiles du Piémont , prétend qu'un jour Guichenon , ayant été blâmé d'avoir avancé des faits contraires à la vérité, aurait répondu impudemment qu'il se souciait fort peu de la vérité , pourvu qu'il continuât >
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Livre 2 r . — Contenant la description topographique de celte Souveraineté. — Les lieux y sont décrits par ordre alphabétique , de Aur bérieux à Villon.
toucher la pension que la maison de Savoie lui faisait. Et afin de ne rien omettre de ce qui pouvait diffamer Guichenon , M. dal Pozzo s'appuie encore sur le témoignage de Bayle , sur celui dr Jean Léger , et sur une allégation de l’auteur de Y Atlas historique , généaloqique , etc. , lequel commente avec complaisance une note écrite, dit-il, de la main du généalogiste d'Hozier sur l’exemplaire de Y Histoire genéalo gique de la maison de Savoie qui lui avait été donné par l’auteur en 1661. D’après cette note , reproduite en entier par M. dal Pozzo, sur la foi de M. de Lascases qui ne nous dit pas en quelles mains se trouve l’exemplaire où il l’a vue , Guichenon n'aurait rien cru des prétentions de la maison de Savoie à tirer son origine de celle de Saxe ; il croyait au contraire qu’elle venait de Bozon, roi de Provence: et si, malgré ses convictions, il a adopté dans son Histoire la tradition qui la fait descendre de la maison de Saxe , tradition dont \I. du Bouchet lui avait démontré la fausseté, c'est qu'il ne voulait pas déplaire à la maison de Savoie , qui tenait à ce que son origine saxonne fût considérée comme la seule vraie et admissible , par la raison , ajoute d’Hozier , encore d'après M. de Lascases , que , se flattant toujours de l'espoir d'arriver à l’Empire , les ducs de Savoie croyaient ne pouvoir y parvenir qu'autant que leur origine germanique serait bien établie.
L’opinion de d'Hozier sur ce point fût-elle relie qu'on lui prête , et quelle que fût d’ailleurs l'intimité de scs relations avec Guichenon, nous ne savons jusqu'à quel point elle peu! avoir l’autorité d’un jugement en dernier ressort :
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Livre 3 <f . — Contenant les commencements, les progrès et rétablissement de cette Souveraineté sous les sires de Beaugé , de Beaujeu , de Thoire et de Villars , comtes et ducs de Savove , ducs de Bourbon et de Montpensier.
une assertion sans preuves à l'appui ne saurait être d'aucun poids ; c'était , dans tous les cas , de la part de d'Hozicr, mal reconnaître la confiance et l'amitié de Cuichenon , que de consigner une accusation aussi flétrissante, sur l'exemplaire même dont celui-ci lui avait fait hommage.
M. Léon Meiiabrea , De la marche (1rs études historiques en Savoie et en Piémont , a repoussé victorieusement les inculpations d'Emmanuel Tesauro, du sceptique Bayle et du barbet Jean Léger , bien que revêtues de la sanction de M. le comte Ferdinand dal Pozzo , et , avec Hoffmann, il croit devoir n'en tenir aucun compte. Quant à l’appréciation attribuée au cardinal Gerdil , M. Menabrea confesse ingénument qu'il n’y a , à la vérité , rien de très récréatif dans les écrits de Guichcnon, mais qu'on n'a à les examiner que sous le rapport de leur utilité. Nous pensons comme lui , et de plus nous ne nous en rapportons pas plus au témoignage de Dcnina, historien philosophe et superficiel , qu'à celui de l'auteur sous le nom duquel a paru X Atlas historique.
Si quelques écrivains contemporains de Guichenon ont attaqué sa probité, nous en avons dit la raison. Les écrivains révolutionnaires de notre époque se sont inspirés à la même source. Ces flatteurs du peuple , dans leur ardeur de démolition , n’ont rien trouvé de mieux à faire que d'accuser, sans examen , de bassesse , de mauvaise foi et d'improbité les historiens qui ont écrit sous l'empire des idées monarchiques et du respect de la royauté. G'est ainsi qu'ont procédé Denina
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Livre 4 e . — Contenant la genealogie des sires de Beaujeu, seigneurs de Bombes.
et le comte dal Pozzo, qui, gênés dans le développement de leur système aventureux d'émancipation des masses populaires , ont mieux aimé traiter Guichenon de faussaire que de subir les faits historiques qu'il avait établis.
Pourdonner une idée de là nature des relations de Guichenon avec les princes de l'illustre maison de Savoie et avec les grands personnages de leur cour , nous publions ci-aprcs deux lettres inédites que M. J. Baux, archiviste du département de l’Ain, a bien voulu nous communiquer et dont les autographes sont en sa possession : l'une est adressée à l’historiographe par la duchesse Christine , fille de Henri IV, régente de Savoie ; l'autre est écrite par Guichenon au marquis de Lullins : elle renferme quelques détails curieux sur la publication de Y Histoire généalogique de la maison de Savoie imprimée à Lyon en 1C60. Cette lettre nous semble écrite d'un ton et dans des termes qui sont loin de déceler un plat courtisan . La lettre de la régente montre aussi dans quelle estime cette princesse avait Guichenon : elle n'aurait pas écrit ainsi à un écrivain qu'elle aurait payé pour mentir. Les princes peuvent avoir des flatteurs à gages ; mais, s'ils les payent, ils les méprisent ; les peuples devraient en faire autant pour les leurs, ils les payent assez chèrement pour en avoir le droit.
Lettre de la régente Christine à Guichenon.
Monsieur le chevalier Guichenon , j'ay receu rostre lettre du 8 de ce mois, et agrée singulièrement les témoignages que vous m'y donnez de vostre affection, sur l'advisque vous avez eu du rcstablissemcnt de ma santé et de la restitution de la citadelle de Turin. J'advoue que comme l'affaire de la dicte citadelle regarde particulièrement ma personne et justifie la
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Livre 5 e . — Contenant l’institution du parlement, liste de ses principaux officiers , les gouverneui's et baillis de Dombes , création du bailliage et de la monnoie de Trévoux et autres officiers du bailliage de Dombes :
et les privilèges du pays.
comluicte de ma rcgencc, j’en ay aussy ressenty une plus particulière satisfaction, et faict que je vous scay d’autant plus de gré de la part que vous prenez de ce glorieux erenement qui ne sera pas oublié dans vostre Histoire avec les circonstances qui en relèvent le mérité. Le privilège que vous demandez pour la faire imprimer est obtenu; j'ay donné ordre qu’on vous l’envoye. Ma santé a toujours été fort incertaine : j’ay tousiours eu un peu de fievre jusques a maintenant que je m’en trouve deslivrée depuis deux jours seulement. J’espere que la belle saison où nous entrons contribuera a me remettre en parfaicte santé , et que j’auray lieu de vous tesmoigner l’estime que je fais de vostre mérité et combien je suis ,
Monsieur le chevalier Guichenon,
Vostre bien bonne amie ,
Cheestienxe.
De Turin , 23 mars 1657.
A M. le chevalier Guichenon.
Lettre de Guichenon au marquis de Lullins.
Monseigneur ,
Quoyquclcs privilèges des Muses cessent pendant la guerre, je me persuade pourtant qu’il y a une exception pour les savoysicnnes et qu'il me sera toujours permis d'entretenir V. E. du succès de mon entreprise , dans les plus grands tracas de ses emplois. A la fin il est tombé quelque manne du haut des
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