GuÉRISON DU PARALYTIQUE A LA PORTE DU TEMPLE
Le portique est orné de colonnes vitinées. Le soubassement représente le cardinal de Médicis à la bataille de Ravenne et sa fuite, deux lions affrontés, deux branches d'olivier et le nom du donateur leo. x. pont. max.
15. Conversion de saint Paul. Il est renversé de cheval sur la route de Damas. Au soubassement, le massacre des troupes espagnoles à la prise de Prato, en 1512.
16. Saint Paul et saint Barnabe refusant le sacrifice QUE LES HABITANTS DE LySTRA VEULENT LEUR OFFRIR.
Le soubassement représente saint Paul prenant congé de saint Jean pour se rendre à Jérusalem et instruisant les Juifs à Antioche. Au milieu, emblèmes de la maison de Médicis : le lion, les boules, le joug, l'anneau à pointe de diamant et les plumes aux trois couleurs italiennes, blanc, rouge et vert.
17. Saint Paul prêchant a Athènes dans I'Aréopage. Il se tient debout, en face d'un temple circulaire, semblable à celui que Bramante construisit sur le Janicule. Le soubassement représente saint Paul partant d'Athènes et arrivant à Corinthe, où il travaille à la confection des tentes. — Insulté par les Juifs. — Baptisant Crispus, le chef de la Synagogue, avec toute sa famille. — Conduit par les Juifs devant Gallion, proconsul d'Achaïe. Sur la bordure, les armes des Médicis, la Renommée et Atlas portant le monde, le Jour et la Nuit et un cadran italien de vingt-quatre heures.
Une inscription, apposée au bas dun° 17, rappelle que ces tapisseries furent restituées par Anne de Montmorency à Jules III, en 1553, le connétable de Bourbon les ayant enlevées lors du pillage de la ville de Rome, en 1526 :
VRBE CAPTA PARTEM AVLAEORVM A PRAEDONIB. DISTRACTORVM CONQVISI TAM ANNAE MORMORANCIVS GALLI CAE MILICIAE PRAEF. RESARCIENDAM.
ATQ; IVLIO. III P. M. RESTITVENDAM CVRAVIT. .1553
Partem aulœorum indique que tout n'est pas là et qu'il en manque une partie. Il est probable qu'elle a péri, car
on n'a pas signalé ailleurs, jusqu'à présent, d'autres pièces de cette collection.
I/inscription est accompagnée des armes des Montmorency, avec le dextrochère issant d'un nuage et brandissant un glaive, et la devise grecque AttAanoc.
Enlevées de nouveau, au commencement de ce siècle, les tapisseries de Raphaël furent transportées en France avec tout le butin exigé par Napoléon Ier. A la Restauration, elles firent retour à Pie VII, qui décida qu'elles ne figureraient plus aux processions et qui créa, en conséquence, pour les conserver, la galerie dite des tapisseries. Une seconde inscription, constatant le fait, fut tissée dans la tapisserie même, en pendant de la précédente, qu'elle répète au début. Je ne puis la passer sous silence, quoiqu'elle soit moderne :
VRBE. CAPTA. PARTEM. AVLAEORVM A. PRAEDONIB. DISTRACTORVM. CO NQVISITAM. ANNA S. M OM M OR AN CIVS. GALLICAE. MILITIAE PRAEF.
RESARCIENDAM. ATQ. IVLIO. III. P M. RESTITVENDAM. CVRAVIT. 1553 MAGNI. RAPHAELIS. SANCTII. VRBINT1S riCTVRAS TEXTIS. AVLAEIS. EXPRESSAS
IVBENTE. LEONE. X. P. M.
AD. VATICANI. ORNAMENTVM PIVS VII P. M.
SVMPTV NON. EXIGVO. REDEMPTAS ET. INSTAVRATAS IN. SPLENDIDIOREM. LOCVM
ARTIVM. COMMODITATI COLLOCANDAS. MANDAVIT A. MDCCC. XIV
18. Le Tremblement de terre. Saint Paul est en prison, à Silla.
La collection de la vie de saint Paul se complète par un dessus de porte, placé dans la galerie qui fait suite à la chapelle de S. Pie V. Pourquoi l'isoler ainsi? Ne serait-il pas mieux avec les autres tapisseries dans le musée raphaëlesque? Le dessin est traité dans la seconde manière.
19. Satnt Paul frappant de cécité le magicien Elymas. La scène se passe devant le proconsul Sergius Paulus.
J'aurai achevé cette série quand j'aurai décrit la tapisserie des lions, qui est au musée, et celles des cinq sens, qui sont enfermées au garde-meuble.
20. La tapisserie des Lions. La Religion est personnifiée dans une femme, assise sur l'arc-en-ciel, au milieu d'une auréole de lumière. Elle pose ses pieds nus sur le globe du monde qui lui appartient, et où est figurée la terre avec la mer. Pieine, elle est couronnée; de la droite elle prend la balance que lui offre la Justice, armée d'un glaive et pieds nus; de la gauche, elle montre le livre des Evangiles, que lui soutient un ange nu et ailé ; de ce même côté, la Charité, pieds nus également, allaite un enfant. En bas, deux lions accroupis, portentdes étendards flottants; le champ est rouge, brodé aux armes de l'Etat pontifical, qui sont : un pavillon posé en pal sur deux clefs en sautoir. Le fond forme un gracieux paysage. A la bordure, armes de Léon X.
21. Les cinq Sens. Ces tapisseries offrent, au milieu, un médaillon entouré, sur fond bleu, de gracieux rin-
ceaux, imités de l'antique et garnis de fleurs, de fruits et d'animaux.
Il y en a cinq morceaux qui se distinguent par un sujet spécial, relatif à chacun des cinq sens.
Une femme, accompagnée d'un chien, sent une rose et tient un vase de fleurs sur ses genoux. Elle représente Y Odorat.
Une autre femme, qui caractérise le Goût, mange une pomme et tient un panier de fruits au hras.
Le Toucher est symbolisé par une femme qui donne à manger à un oiseau.
Une femme, au sein nu, qui se regarde dans un miroir, personnifie la Vue.
L'Ouïe est exprimée par une femme qui chante : elle a près d'elle un violon et une acanthe qui s'épanouit.
Je continue l'inventaire des tapisseries du xvie siècle, et je commence par la plus précieuse, qui est la Gène, de Léonard de Vinci, la première d'une série de dix-neuf pièces.