‹ Inventaire descriptif et raisonne des principaux objets d'artChapitre 25 sur 30 · FAÏENCES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

FAÏENCES FRANÇAISES

Faïences de Nevers (pl. 23, 39). — Peu nombreuses les pièces de Nevers, mais quelques-unes de premier ordre qui, chronologiquement, se succédaient ainsi:

Une coupe à godrons et décor d'entrelacs, bleu sur émail blanc, dessinés sans poncif ; elle fut demandée par le musée de Sèvres pour figurer au nombre des premiers ouvrages sortis des fours allumés à Nevers, en 1602, par les Italiens du duc Louis de Gonzague. Trouvée à Saint-Galmier en 1853. Provenait de Bouthéon. — Le beau plat avec personnages et bordure en couleur, qui appartient à M. Vadon. — La cruche et la magnifique gourde, à décor persan de blanc fixe et de jaune jonquille sur fond bleu lapis, de la collection de Quirielle. — Un grand pichet, à anse verte cordée et panse chargée d'oiseaux et de fleurs, peints en bleu turquoise sur émail blanc, sans aucune coulure. Pièce rarissime de la troisième époque. — Enfin une grande Vierge polychrome, statuette élégante et correcte, d'un faire artistique sans aucune analogie avec les grossiers produits similaires du xyiii"^ siècle. Elle fut trouvée par M. de Quirielle aux environs de Montaiguet.

Faïences de Rouen (pl. 23, 39, 40). — A côté de nombreuses faïences à la corne, au carquois ou en camaïeu, dont quelques-unes sont données dans l'album, quatre pièces importantes pouvaient résumer l'histoire de la céramique rouennaise. C'était d'abord le fragment, prêté par le musée de la Diana, du carrelage de la chapelle de la Bâtie, exécuté pour Claude d'Urfé par Masséot Abaquesne sur des dessins italiens. De la fin du xvii*^ siècle, le superbe plat de M. Devillaine, à décor rayonnant, et, du commencement du xviii'^, d'abord la petite soupière polychrome au serpent vert de M. Gonnard, puis le plat rectangulaire de M. Roustan, avec un cartouche à personnages entouré de rinceaux de couleur.

Faïences de Moustier et de Marseille (pl. 39 et 40). — Le Forez est plus riche en faïences des autres fabriques françaises et sui'tout de Moustier, de Strasbourg et de Marseille ; mais les pièces importantes s'y montrent peu nombreuses. Nous avons pu en réunir quelquesunes, comme le grand bassin cylindrique de Moustiers orné de mascarons, prêté par M'"'^ Mulsant, les couteaux à manche de faïence de couleur de M'"^ du Chevalard, le plat ovale armorié qui fait partie du service complet du château de Vougy, et l'aiguière avec son bassin, décor Bérain, du château du Méons. — Les assiettes en couleur à décoration de paysages avec figures sur les dessins de Le Prince, appartenant à M. Perroy, faisaient honneur à la fabrique de Marseille ainsi que le baguier côtelé en vert de Savy et deux assiettes, l'une à décor Louis XV d'une tonalité opaline, l'autre à fruits en relief sur le marli, prêtés par MM. Gariod, Jeannez et Bertrand.

Quant aux faïences étrangères de Delft, d'Allemagne, de la Perse, de Chypre ou hispano-

moresques, elles sont très rares chez nos collectionneurs, et nous n'avons pu en produire que d'insuffisants spécimens.

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