ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE
Nous nous sommes attai^dés sciemment à l'étude de toutes ces maîtresses pages des Primitifs français ou étrangers, et la place nous manque pour une description détaillée des trente tableaux qui formaient le contingent des écoles flamande et hollandaise. Nous ne pouvons que signaler parmi les plus remarquables : des portraits de Moreelse, Van der Helst, Netscher et Porbus; un portrait d'homme sévèrement colleté, bonne figure hollandaise, aux carnations chaudes et d'une savante exécution signé : V. Hernekyer, f 1645. 46; deux architectures de Van Delen et Peeter-Neefs ; un Jugement dernier, bizarre composition de Franck le Vieux; deux petits panneaux très finement peints par Franck Floris ; une scène militaire donnée à Palamèdes, et Y Usurier de P. Koningh, le pendant de Y Ecrivain, du même maître, de la galerie de S. E. le cardinal Fesch, vendue à Rome en 1844, sous la direction de George, qui en rédigea le très savant catalogue.
L'attention des connaisseurs s'est portée plus spécialement sur quatre véritables pièces de musée : un Intérieur de taverne donné peut-être à tort par le catalogue à Isaac V. Ostade, car on y retrouve les éminentes qualités de clair obscur, d'harmonie, et le coloris doré d'Adrien son frère, le Rembrandt des peintres de genre; une Vue de Dordrecht, signée de V. Goyen, avec la tonalité transparente et opaline de la première manière du maître ; un groupe de deux personnages, signé Vijckerhoot, provenant de la collection du Bourg, et le Petit Pont de Jacob Ruysdaël , paysage d'un grand caractère avec son ciel chargé de pluie qui fait penser à Everdingen ; il est signé et daté 1664.
Vue de la Sainte-Chapelle au XYII® siècle (pl. 17). — C'est à titre de renseignement historique qu'une place a été donnée dans l'album à une fine peinture sur cuivre du temps de Louis XIII et comprise peut-être à tort dans l'école flamande. Elle offre la représentation curieuse et certainement exacte de la Sainte-Chapelle et de ses abords au commencement du xyii*^ siècle. 11 y a là de délicieuses maisons Renaissance aux parois en couleur qu'égayé un semis de fleurs de lys blanches. Très intéressant le comble de la Chapelle. Sa crête dorée se termine à l'abside par un ange debout qui tient la Croix et la Sainte Couronne. La corniche ajourée et chargée de statuettes se détache en clair sur les plombs bleuâtres. Et du centre jaillit un mince et élégant campanile en bois à étages de colonnettes, superposés sous une flèche suraiguë. Auteur inconnu. — Collection du château de Méons.
Portrait de Cinq-Mars (pl. 18.) — L'album reproduit encore le portrait de Cinq- Mars, placé par erreur dans le compartiment de l'école flamande. C'est une œuvre certainement française d'une belle allure décorative, d'une tonalité grise et d'un faire plus habile que pré-
1 Les Sculpteurs de Lyon, par N. Rondot.
2 Nicolai Borbonii Vandoperani Nugarum libri octo. Lugduni 1538.
cieux. Sous la vaste collerette en guipure s'étale un riche camail de fer, chargé de figures au repoussé et partiellement caché par l'écharpe en soie blanche de Monsieur le Grand Ecuyer de France. Ce tableau provient du château de Vougy.