ÉCOLE FRANÇAISE DE PAYSAGE
Le comité de l'Exposition ne disposait pas d'une place suffisante pour présenter au complet l'histoire si intéressante pourtant de notre glorieuse Ecole française de paysage, arrivée à son apogée au milieu de ce siècle, avec notre grand poète de la nature, Théodore Rousseau. Pour composer un enseignement suffisant, il eut fallu, comme l'indiquait un jour W. Burger, prendre
cette renaissance du paysage avant 1830, avec Berlin, de Marne, Bidault et Valenciennes, pour arriver successivement à Paul Huet, à Cabat, aux stylistes comme Flandrin, aux amoureux de l'Orient comme Decamps et Marilhat, et enfin à la pléiade des derniers maîtres, Diaz, Dupré, Rousseau, Troyon, Corot et Daubigny, pour ne citer que les illustres.
La collection Poulot nous avait prêté un De Marne ensoleillé et un Bidault d'une finesse inouïe, œuvres de la première phase de l'école, dont la préciosité ne laisse malheui'eusement point de place au rêve, ne laisse rien à deviner.
Le Repos de la caravane par Marilhat (pl. 23). — Decamps nous manquait, mais nous avions le Repos de la caravane, où Marilhat se montre à la fois savant peintre d'histoire et paysagiste de premier ordre. Ce tableau, très important comme composition, juste comme impression, harmonieux et solidement peint, fait partie de la collection Du Bourg.
Rien de Rousseau, rien de Dupré , mais un fervent amateur des choses d'art, notre
■collègue, M. Thiollier, avait bien voulu enlever pour nous, de son sanctuaire de Verrières, dix toiles précieuses, dont un magnifique Orage de Diaz, deux Courbet, un Soleil couchant d'Allemand, et deux de ces études d'après nature, perles de fraîcheur et de vérité, de la première manière de Corot. — A ce contingent il nous fut donné d'ajouter un Soleil couchant de Coignard, l'ami et quelquefois l'émule de T. Rousseau, et, grâce à un collectionneur stéphanois, M. Battut,deux toiles de Daubigny, plus un Effet de tnatin par Corot, très beau et très important tableau du maître. — Et nous ne citons pas tout.
PORTRAITS FORÉZIENS
L'installation d'une galerie de portraits des Foréziens dignes de mémoire eut offert un puissant intérêt historique, dont l'essai fait à la dernière heure par le Comité permet de se rendre suffisamment compte. Cette réalisation, grâce aux richesses spéciales qui existent encore dans la région, reste possible et profondément désirable. Si dans les vingt toiles exposées il ne faut le plus souvent, chercher qu'une médiocre valeur artistique, la lecture des légendes imprimées dans le catalogue suffira pour démontrer leur importance documentaire. Et nous regrettons que le manque de place nous interdise de reproduire les i^enseignements historiques qui concernent notamment : les familles iVUrfé, de Cremeaux, Rohertet, Chezard de Matel. Paras, Maret, Jars et Passinges