‹ Inventaire du trésor de l'église primatiale et métropolitaine de SensChapitre 4 sur 89 · TAPISSERIES · texte numérisé non relu

TAPISSERIES

1. — Parement d^autel du Cardinal de Bourbon« Haute îs5e, tissée soie et or.B.. 1 " 38 ; L. 3*31. — XV« siècle.

Un^ large arcature surbaissée, reposant sur des colon-

ettes, encadre le sujet : 1' Adoration des Mages.

Assise au milieu, sur un trône, la Vierge, vêtue d'une robe

Duge et d'un manteau bleu, soutient l'Enfant-Jésus sur ses

enoux. A gauche est agenouillé, les mains jointes, Melchior,

îeillard à longue barbe, couvert d'un somptueux manteau

oublé d'hermine, l'aumônière attachée à la ceinture. Il a

éposé, aux pieds de la Vierge, son chapeau à couronne

eurdelisée et remis son offrande au personnage debout à

roite du trône. Ce dernier, vêtu de bure, chaussé de patins

t appuyé sur un grossier bâton, représente saint Joseph.

Derrière Melchior, Gaspard, le plus jeune des trois rois, le

îadème sur la tête, attend le moment où il pourra adorer

Enfant Dieu et lui porter le vase orné de gemmes précieuses

;ue présente un nègre à genoux. Un homme d'armes com-

tlète ce groupe, au-dessus duquel on aperçoit, dans une

troite fenêtre, deux figures grimaçantes d'esclaves.

A droite est Baltazar habillé d'une robe de brocart, son

>adelaire suspendu à une longue chaîne d'or. Le genou en

erre, il se découvre et offre à l'enfant un drageoir étincelant

le pierreries. Un personnage à longue houppelande fourrée

;t deux soldats forment sa suite.

Donné, ainsi que les n"* 2 et 3, par le cardinal Louis do Bourbon - /endôme, archevêque do Sens (1536-1557).

a Les paremenlz qu'a donné monsieur de Borbon, le premier pour le lault de l'aultel, où est figuré rAssumplion; le second est dé V Adoration des

(roil royg. n (lovent, de 1595.) Ils figurant dûjà à l'iuvonlaire de IÏ6I, Louis da BourboD les tenait d'un autre cardinal ds so famille, Cbarlcs, arclievâque de Lyon {IHIi-14881. Eu elTel, avec l'écusson de Bourbon, timbré dn cliBpenu cardinalice, on voit, dans la bontun^, le noDognimiiio de oi prélat C H S et, attachées à la poignée d'une épée brondlo dans les flammes, par un deiiroclière, des bauderoles portanl sa devise : NESPOIH NE PEVH.

2. — Parement de rétable du Cardinal de Bourbon. Hauu lisse, soie, laine, or etargenl. H. I^ÛO; L, 2'"92, — XV' siècle.

Trois scènes, séparées par des colonnetles émaillées de vives couleurs, avec bases, chapiteaux et statuettes d'or.

1» Aa miliea, le Couronnement de la Sainte Vierge. (Ce panneau est incomplet en hauteur et en laideur.)

Photogr. U . Kinol

Sur UQ même trâne sont assis Dieu le Père, la tiare sur la tête, une chape d'or sur les épaules, et Jésus-Christ, vêtu d'un manteau de pourpre, le front ceint de la couronne d'épines, la croix à la main, la poitrine portant les stigmates de la Passion. Tous deux déposent une couronne sur la tête de Marie, au-dessus de laquelle plane l'Esprit-Saint, La sainte Viei^e agenouillée, au centre, dans l'attitude du recueillement et de la prière, est vêtue d'une robe de drap d'or et enveloppée d'un ample manteau d'azur h broderies d'or. Autour d'elle, les chœurs des anges, alternativement pourpre et azur, forment sa cour.

2" Sous le panneau, à gauche, on lit Salomon f BERSABÉEf .

Eil. de la Tapiiiene. pir t. GuilTrcf . — S'

Assuérus accueille Esther prosternée à ses pieds et venant implorer le salut de son peuple. Dans ces deux scènes, les personnages sont accompagnés de groupes nombreux, offrant une variété et une richesse de costumes, une fraîcheur et une harmonie de couleurs, ainsi qu'une délicatesse d'expression impossibles à décrire.

Ces sujets bibliques, rapprochés du triomphe de la sainte Vierge, sont une évidente allusion à la Toute Puissante intercession qu'elle exerce au ciel.

« Dans le sens de la richesse et de la grâce, c'est une pure merveille de tapisserie, et, à part celles de Raphaël, qui sont d'un autre ordre, on n'en citera ni de supérieure, ni même d'égale. » (A. de Montaiglon.)

Mémo origine quo le n" 1. Ce paremsnt est formé do Irois pièces recousues. Sa forme primitive était celle des triptyques ; la partie centrale plus élevée quo les panneaux latéraux. Avant celle mutilation, postérieure à 1653, — et pratiquée sans doute pour réduire le parement aux proportions de la table d'or (1), dont il devait tenir la place, — au-dessous du couronnement do la Vierge figurait le concert angélique, maintenanl séparé. (Voir n" 3.)

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