Fragment du rétable précédent. H. 0" 83 ; L
Dans la partie inférieure, un concert céleste formé de deux groupes d'anges, parés de chapes et de tuniques constellées de perles et de cabochons. A droite, trois chanteurs; à gauche, trois instrumentistes accompagnent sur l'orgue, la harpe et le luth. Au centre, les armoiries du cardinal de Bourbon. Dans le haut, une double couronne d'anges rouges et bleus, entoure une gloire, travail au petit point d'une époque postérieure. Toute cette partie est composée de nombreux morceaux juxtaposés et recousus.
4. — Parement d'autel. Ilaule lisse tVArras H. 1 "^ 05"); L. 'J'"72. — Odii XV!-* siècle
(1) Celte magniGque pièce d'orfèvrerie da xic on xii* siècle, estimée en 1538, par les cotnmizisaircd de Fionçois l*', 2Ô.(IU0 écus d'or pour la matière» et 80.U0U écus pour la façun, fut fondue en 17 !U, sur l'ordre de Louis XV. Elle mesurait 1 m 1U5 de hauteur, sur 3 »• C82 de largeur.
« Doux parjiuens do tappissorio jaulno de liaulte lico quo donna feu
maislro Jehan de Bray (1), arc'.iiJiacro d'Estampes, ausqaelz y a en plusieurs lieux J. D. en ung las d'amours. » (Inv. de 1535.)
De chaque côté dans la bordure, séparées par des compartiments fleuronnés, les armoiries de J. de Bray : de gueules, aux lettres J. D. d'or, reliées par un las d'azur, aux extrémités duquel pendent une tête de mort et un miroir la reflétant, avec la devise : cinis es mémento. Dans la partie supérieure on lit les paroles des Hébreux exilés à Babylone : In salicibus
IN MEDIO EJUS, SUSPENDIMUS ORGANA NOSTRA. (Ps. 136.)
Le sujet représente Notre-Dame de Pitié. Devant la croix, quatre angelots tendent un rideau à grands ramages qui forme fond. Marie agenouillée contemple le corps inanimé de son Fils, étendu sur un linceul dont sainte Marie-Madeleine et saint Jean tiennent les extrémités. A gauche, saint Michel portant de la main gauche une croix à longue hampe, écrase le démon qu'il menace de son épée. A droite, saint Etienne en dalmatique, une pierre sur la tête et la palme du martyre à la main, fléchit le genou en regardant le ciel entr'ouvert d'où sort une main bénissante.
Autour de ce parement étaient attachées, en 181. H, les pièces mentionnées aux numéros 8 et 117. (Rapport de M. do Linas.)
6. — Tenture du Cardinal Wolsey(?). Haute lisse d'Avras, H. 3 "» 25 ; L. 7 «> 55. — XVP siècle.
(1) Secrétaire de l'archevêque Tristan de Salazar et plus tard, son exécuteur testamentaire, chanoine de Sens, en 1482, doyen en 1493, archidiacre d'Etampes en 1504, i! mourut en 1519. Il donna à la cathédrale de riches ornements, et. avec l'archevêque, la dota d'une série de tapisseries représentant la vie de saint Etienne, exécutées à Paris par Guillaume Basse, sur les cartons du peintre Gauthier de Campes. (Arch. de I Yonne, G. 1143.) Ces tapisseries qui servaient à tendre les stalles du chœur, furent vendues en 1737. Jehan de Bray est enterré dans le transept nord, au-dessous de la verrière donnée par lui, ou Ggurent son portrait et ses armoiries.
(2) Thomas Wolsey, aumônier du roi d'Angleterre Henri VllI, puis grand chancelier du royaume et archevêque d'York. Créé cardinal de Sainte Cécile, en 1515 et légat, il parvint à la plus haute fortune et Gt don au roi de son palais de Hampton-Court, meublé par lui avec un luxe inoui. Chaque salle était tendue de tapisseries, et en 1522, il acheta à Arras, 21 séries complèltes comprenant 13() pièces de tapisseries. Disgracié en 1529, pour n'avoir pas voulu soutenir, contre Rome, les passions de son maître, Wolsey mourut avant d'avoir comparu devant ses juges.
Formée do deux pièces, rotailléas on hauteur et eu largeur, exécutées pour le cardinal Wolsey (l) et appartenant sans doute à l'une des nombreuses séries de tapisseries du château de Hampton-Court. Cette tenture, apportée à Sens, par l'un des archevêques, fut longtemps reléguée dans le gardemeuble de l'Archevêché. Elle a pris place au trésor dans l'organisation faite sous les ordres de Monseigneur Ardin, en 1893.
La. Bordure est décorée : sur" les côtés, de guirlandes de fleurs et de feuillage ; au bas, de phylactères portant, sur fond roug(î*, des inscriptions latines rimées ; dans la partie supérieure, haute de O^TOïdés armoiries et de la devise du cardinal Wolsey. Trois écussons, de forme anglaise, timbrés du chapeau cardinalice, abritant la croix primat iale, sont supportés par des anges vêtus de robes flottantes et de riches tuniques (1). Celui de-droite, aux armes de Wolsey : de sable à la croix engrêlée d'argent, chargée à chaque extrémité d'une tête humaine d'azur hérissée et posée de face, et en abîme d'un léopard de gueules ; au chef d'argent à une rose de gueules accompagnée de deux corneilles de sable.
Celui du milieu : parti, au l"' de gueules à 2 clefs d'or posées en sautoir (qui est de l'église d'York) ; au 2* de Wolsey. — Celui de gauche : parti, au i" d'azur au pallium d'argent chargé de 4 croisettes de sable, posé sur une croix processionnelle d'or, m,ise en pal (qui est de l'église do Cautorbéry (2) ; au 2« de Wolsey.
Los intervalles sont remplis par de riches balustres encadrant des banderulles à la devise de Wolsey : Dominus michi adiutor.
Le sujet est partagé en quatre compartiments.
Au 1er ^ gauche, deux scènes sont superposées. En haut, dans une pièce décorée d*un dressoir chargé d'orfèvrerie, Judith, entourée de ses serviteurs, se pare de ses joyaux.
« Ayant achevé sa prière, elle se leva, appela sa servante et descendit dans sa maison ; elle quitta son cilice et ses habits de veuve, se couvrit de parfums exquis, disposa sa chevelure et se coiffa d'une mitre précieuse. Elle reprit les vêtements
(1) Le musée de Hampton-Coort conserve des bordures de tapisseries du cardinal Wolsej, avec armoiries, supports et devises, de tout point semblables à la tapisserie de Sens. M. Àrmstroog, directeur des Arts, au musée de South -Kensington, a bien voulu signaler celte identité et communiquer des photographies qui en font foi.
(2/ Le cardinal Wolsey ne fut jamais archevêque de Cantorbéry, mais il voulut abuser de sa puissance pour déposséder celle métropole de la primatie et l'attribuer au siège d'York dont il était titulaire. Peut être, est-ce pour cette raison qu'il allia à ses armoiries celles de la primatiale d'Angleterre ?
qu'elle avait portés aux jours heureux, chaussa des sandales et se para de bracelets de lis d'or, de pendants d'oreilles, de bagues et de tous les urnemenls qu'elle possédait fJiidilh, chap. X, V. 1 et 3.) Dans la bordure, on lit (cette inscription est la Si"') ;
JUDITH ORNAHENTIS SE DECORABAT UT IMPLERET QUOD INCIPIIÎBAT.
Au-dessous et au premier plan, Vagao « camérier d'Holophcrnc s accompagné de trois serviteurs, transmet ù Judith l'invitation de son maîlre. (Ch. XII, v. 12.)
PtH CAMEItARIUM QUAM DESIDICRAVIT UOLOFEHNES JUDITH INVITAVIT
21^ Judith à la table d'Holoferne. La lablc est dressée sous une tente, dont le lambrequin et les courtines portent l'initiale et le nom du génénil Olitern'cs. Judilh et son liûte sont assis au fond sur un même banc à dossier richement ciselé. Vagao, le genou en terre, dirige le service; assise près de lui, une suivante de Judith lient, sur tes genoux, une sorte d'encensoir. De chaque côté de la table, l'échanson et un servant, Judith écoute la conversation d'Holophcrne, mais refuse de porter à ses lèvres la coupe qu'elle tient à la main.
JUDITH HOLOFEllNI CONEPCLAXDO
SEDIT AD MENSAM NIL OUSTANDO.
3' Mort d'Holophcrne. Judith, l'épcc à la main, présente à
ses suivantes la tête de l'Assyrien dont le corps ensanglanté s'agite convulsivement sur le lit. Deux sentinelles sont endormies. Dans le lointain^ une ronde de nuit circule à travers le camp (1).