Reliquaires de la Vraie Croix de Charlemagne
A. — MoNSTRANCE MODERNE d'argent doré (H. 1«>00) avec pierres et perles fines, œuvre de Poussielgue, orfèvre à Paris, sur les dessins de VioUet le Duc. Donnée en 1873, par Monseigneur Bernadou, avec le concours des fidèles du diocèse (1).
L'édicule formant soubassement rappelle le Paradis terrestre avec ses quatre fleuves, symbolisés par quatre vieillards. Au centre, s'élève une colonne suppoHant la croix à double croisillon, et figurant V arbre de vie dont le bois, suivant la
(1) Cette monstrance a remplacé l'étui d'argent donné en 1807, par Ifgr de la Tour du Pin, évéque de Troyes. et la botte de Termeil de Mgr de la Uognette, enlcTéc en 1792.
tradition, aurait formé la croix de Jésus-Christ. Du nœud s'élancent deux dragons, écrasés par des anges armés d'épées, emblèmes de la victoire de la croix sur l'enfer.
Sur les deux faces de la croix, un cristal abrite le reliquaire ancien.
B. — Sur le nœud, anneau du cardinal Bernadou formé d'un triple jonc finement ciselé, avec chaton octogone sertissant une émeraude entourée de brillants. Cet anneau, offert au prélat, à l'occasion de sa promotion au cardinalat, en 1886, a été déposé, selon ses instructions, au pied de la vraie croix.
C. — Reliquaire pu xivo siècle (1). H. 0»n335; L. 0»n240 et 0m095.
a Uqo croix moult précieuse, sans piô, garnie tout au long du fust do la vraye croix, à doux paires do croisons, en laquelle à six saphir? et deux gros rubiz et six grosses parles. » Inv. de 1446.
L'Inv. de 1768 répète la môme description et ajoute que les « grosses perles fines d'Orient qui relèvent les angles^ sont estimées par les connaisseurs valloir cliacunes 10,000 livres au moins. »
Des lames d'or à rinceaux ciselés, enchâssent exactement sur son épaisseur le bois de la Vraie Croix et laissent à découvert les deux faces.
Le devant porte, à l'intersection des traverses, deux rubis et, à chaque extrémité, un saphir. Tous ces cabochons sont retenus par des griffes d'or.
Au revers, l'intersection du grand croisillon est occupée par un crucifix découpé à jour et gravé ; celle du petit croisillon, par une croix grecque dont le fond guilloché est percé de cinq quadrilobes. Aux extrémités de la croix, les emblèmes des évangélistes sont gravés en réserve sur un fond d'émail bleu lapis. Les deux bras du petit croisillon sont ajourés, en forme d'entrée de serrure. Huit perles en forme de poire, sont disposées en rayons dans les angles, et montées sur une tige d'or terminée par un bouton.
(i) II a échappé aux désastres de la Réroluiion, grâce au dévouement de H. Thomas, orfèvre à Sens..
La précieuse relique enchâssée dans cette croix, est __ une des plus grandes qui soient connues. Ello eU
formée de cinq morceaux du bois de la vraie croix, disposés selon la figure ci-contre. Elle mesure : Hau- H-»» tour, 0,330 ; LoDg. des traverses, 0,240 et 0,094 ; Largeur, 0,017. Ces cinq fragments de ligno Domini sont mentionnés dans l'inventaire fait en 1192, par l'archevêque Guy de Noyers^ relatant lui-mômo celui de Richer, de 1095. Ces documents établissent que la présente relique est un don de Gharlemagne à l'Eglise de Sens.