‹ Inventaire du Trésor de la Cathédrale de Laon en 1525Chapitre 1 sur 23 · RUE SAINT-DOMINIQUE-SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

RUE SAINT-DOMINIQUE-SAINT-GERMAIN

Parmi les manuscrits nombreux que les bibliotlièques des couvents et églises ilu diocèse de Laon ont légués à la bibiiolhèque communale de cette ville , il en est un qui mérite à juste litre Taltention des archéologues : c'est l'Inventaire ancien déjà , car il remonte aux premières années du XVI» siècle , qui fut dressé des richesses immenses de la Cathédrale de Laon. Si l'on veut se faire une juste idée des trésors non pas seulcuieiit de métal précieux, mais d'art et d'imagination, d'invention chrétienne et poétique , que la piété , la foi vive et la reconnaissance avaient accumulés cnire h s mains du Clergé pour en faire remonter l'honneur jusqu'à Dieu ; si l'on veut savoir justju'où les artistes du moyen-âge poussèrent la perfection de la pensée et de la main , c'est à cet Inventaire qu'il faut demander les innombrables nomenclatures de rases , de reliquaires, de phylactères, de châ'-ses, d'images de Saints , d'ustensiles sacrés , de joyaux enfin de toutes formes , de toutes grandeurs , de tout usage et de tout âge , où les matériaux les plus rares et les gemmes les plus précieuses s'unissaient à l'art le plus parfait pour composer un ensemble digne à la fois de la pensée des donateurs , et de l'infinie perfection de celui à qui ils les avaient dédiés.

Aussi regardons-nous comme un grand bonheur d'avoir pu éditer un livre aussi précieux , qui méritait de ne point rester enfoui et inconnu, et dont la publication doit fournir d'utiles indications sur ces grands et opulents Trésors de nos vieilles cathédrales que les guerres, leurs calamités et la Révolution ont si coinpièlemeut ruinées, qu'on a même perdu jusqu'au souvenir de leurs agglomérations de magnificences religieuses.

Qui ne pleurerait volontiers à la lecture de chacune de ces pages où s'étale la nomenclature de ces émaux perdus à toujours, de ces nielles merveilleuses, de ces ciselures à la fois hardies et délicates, de tous ces souvenirs disparus d'un art dont les plus chélives reliques se paient maintenant au poids do l'or , que les hommes de goût et de science se disputent avec un enthousiasme qu'explique trop leur rareté, que les collections publiques et particulières recherchent pour les exposer à l'admiration et à l'étude de tous. Maintenant que sont éteintes les haines de partis et de religion si meurtrières de l'ait, on s'extasie devant les objets isolés qui , par un hasard heureux , ont échappé au vandalisme. De quelle admiration ne se sentirait-on pas saisi si , tout-à-coup , sans transition , à la lecture de l'Inventaire des richesses de la Cathédrale de Laon, on se trouvait transporté au milieu des arcades gothiques de son Trésor , devant les verrières où flamboyaient l'or , les pierreries , les émaux ! Voici la grande Croix bysantine d'argent doré , qui étendait ses doubles bras au-dessus d'un portique à six colonnes , orné d'émaux et supporté par six lions ! Voici l'admirable Custode d'argent doré où , pendant les solennités de la Fête-Dieu , on exposait le saint Sacrement à l'adoration des fidèles ; en haut se trouve le Sauveur escorté de deux archanges ; deux apôtres le contemplent et un ange prosterné le vénère ! Voilà les statuettes de vermeil de Saints et de Rois ! Voilà les vases de cristal taillés en forme de tours, ou de fruits, ou d'oiseaux , on d'Agneau de Dieu , et que surmontent des croix d'or, et que supportent des piédestaux d'argent, et que parent les perles, les saphirs d'Alexandrie , les pierres de couleur! Voilà les immenses couronnes d'argent d'où pendent les ex-volos les plus variés et les plus riches : les croix , les anneaux , les vases précieux , les souvenirs de pays lointains où des dangers ont été courus , puis conjurés par la prière ! Voici les coffrets entourés de portiques à statues ! Voici les paix d'ivoire sculptées en haut relief, et d'argent travaillé au repoussé ! Voici les châsses auxquelles leur ornementation avait

conquis plus de valeur que leur poids d'argent ! Voici les calices dont on imite aujourd'hui les formes inimitables , et les grands et massifs candélabres d'argent , et les encensoirs de vermeil dont l'art devait être en rapport avec la matière , et les chaînes habilement et ingénieusement ciselées!

Aujourd'hui celte nomenclature éblouissante n'est plus un inventaire , mais un catalogue de musée religieux. A l'aide de ses descriptions qui parfois ne manquent ni d'ampleur ni de détails, on pourrait presque dessiner et reconstruire ces joyaux dont l'ornementalion appartenait aux quatre siècles créateurs qui commencent au retour des dernières croisades pour finir avec le quinzième siècle , c'est-à-dire au moment où le trésorier de l'église de Laon commençait , pour obéir aux ordres du Chapitre , l'inventaire curieux que le bailli Cappe authentiquait plus tard en le revêtant deux fois de sa signature.

Deux lacunes du manuscrit de la bibliothèque de Laon sont éminemment regrettables. La première consiste en la disparition d'un cahier de huit pages , de la vingt-cinquième à la (rente-deuxième ; cellelà paraît ancienne et peut s'attribuer à la rupture du fil de reliure. La seconde est le résultat évident d'une soustraction volontaire et coupable ; le feuillet qui manque a été coupé avec une pointe de canif qui a laissé des traces ineffaçables et accusatrices.

Tel qu'il est en ce moment, cet Inventaire permettra de reconstituer à peu près tout le Trésor de la Cathédrale de Laon au commencement du seizième siècle. Voici maintenant l'histoire de la ruine et de la spoliation.

En 1523, Charles-Quint, Henri VIII d'Angleterre, elles Républiques Italiennes se liguèrent contre la France qui venait d'envahir le Milanais. Le comte de Sulfolk avec une armée anglaise pénétra dans la Picardie que défendaient le duc de Vendôme , le comte de Saint-Paul et La Trémouille. Les Français manquaient d'argent. Voici comment le roi François I«'' s'en procura. C'est au Journal d'un Bourgeois de Paris (édition de la Société de l'histoire de France , p. 164) que nous empruntons ce renseignement :

« Le roy envoya aussi quérir trois ou quatre appostres d'or qui esloient ès-Teliques en l'église épis- )) copale à Laon, en Picardie, dont il y en avoit douze, mais les aultres n'estoient que d'argent, u parquoy furent délaissez : et valloient iceux III ou IIII appostres environ quatre mille escus ; et fit ce » le roy pour subvenir et ayder en ses guerres de Picardie qu'il avoit contre les Anglais. »

Nous ne trouvons en effet dans l'Inventaire que neuf statuettes comprises en nos pages 5 et 6 , sous ces dénominations : Quinque imagines Angelorum , et Imagines Sanclorum argenleœ. Le manuscrit porte, à la première page, la date de 1502; mais le sommaire d'un chapitre qui commence à notre page 44, prouve que cet inventaire a été refait en 1523, sans nul doute après l'enlèvement des statues d'or par François I'^''.

Lors des revers qui firent pâlir l'étoile de Louis XIV , le Clergé dut voter , en assemblée générale tenue au mois de mai 1690 , et à titre de don gratuit, une contribution de guerre qui se monta à cinq millions cinq cent mille livres. Pour subvenir à sa part de contribution , nous voyons le Chapitre de la Cathédrale de Laon envoyer, le 7 novembre 1690, fondre à la Monnaie de Reims (1) une partie du Trésor de l'opulente église de Notre-Dame de Liesse, centre depuis longtemps d'un pèlerinage trèsiréquenté. Sur le produit de la fonte de l'argenterie de Liesse , on ne versa au Trésor royal que 28,600 livres, somme évidemment insuffisante pour acquitter toute la part contributive du riche clergé de Laon dans le don gratuit. Faut-il penser qu'une partie du Trésor de la Cathédrale de Laon fut envoyée aussi à Reims pour être convertie en monnaie? Rien ne nous renseigne suffisamment à cet égard. Cependant le fait est rendu probable par une mention marginale écrite en face de la septième ligne de la quatrième page du manuscrit (1I« ligne de la page 3 de notre publication), mention qui €st ainsi conçue : Deesl dens , 1692. Cette date concorde assez bien avec celle de novembre 1690, époque

(() Inventaires du Trésor de Liesse , bioclintQ in-S" par EJ.FIrury. Chci M. DIdron , libraire, roc Sainl-Dominiqno-Saint- Gcrioiiin , 23.

de l'envoi du Trésor de Liesse à la Monnaie de Reims, pour autoriser à penser que le clergé de iu Calliédrale de Laon fil aussi ressource de la fonte d'une partie de son Trésor ; après le sacrifice consommé , il fait le récolement de ce qui lui reste , et le trésorier , de la même main qui écrivit : Deest dens 1692, trace deux fois le mot : Vacal , en face premièrement de la phrase concernant les quatrième et septième croix mentionnées en notre jinge 2, et secondement de l'image tic saint Eloi décrite en notre page 6.

Avant de dire la spoliation révolutionnaire , racontons comment une main sacrilège vint diminuer la splendeur du Trésor de la Cathédrale de Laon. On y admirait un reliquaire de grande dimension, d'un art précieux et d'une grande richesse. On l'appelait Couronne. Il était tout de vermeil. Sur une base dont chacun des six pans formait une niche où se tenait debout un évôque dont la tète était surmontée d'un dais en forme de pinacle ou de clocheton , s'élevait un ciboire en or orné de trente-huit pierres précieuses. L'une d'elles, qui était une émeraude taillée en forme de tète, valait à elle seule 2,000 écus , dit-on. Le couvercle du ciboire , en or aussi , et travaillé en forme de clocheton , était surmonté d'une croix d'or enrichie de pierreries. Dans ce ciboire était renfermé un calice en or où l'on déposait les hosties consacrées. Le grand ciboire pendait à un cercle d'or orné de perles et de pierres , et on pouvait le suspendre au-dessus de l'autel à l'aide de longues chaînes d'argent. On le conservait dans le Trésor de la fabrique « in camerâ fabrice » , et on ne l'exposait à l'admiration et à la vénération des fidèles que pendant les plus grandes solennités. Ce magnifique joyau excita la cupidité ou des voleurs, ou d'un gardien infidèle, et il disparut au mois de juin 176S. D'activés recherches furent faites par la police ; la description de celte Couronne, son signalement si l'on veut, fut envoyé partout. Vains efforts! La Cathédrale de Laon ne devait jamais retrouver l'un des ornements les plus splendides et les plus précieux de son Trésor.

Circonstance bizarre et à noter , le feuillet 34 du manuscrit , feuillet qui a été coupé par la pointe d'un canif, est justement celui qui devait contenir la description de ce joyau. I^u revers du folio 33, on peut lire : « CORONA egregia argenlea deaurala » ; la page finit, et la suivante est absente, lacune éloquente et qui donne à penser. La Couronne est volée ! Pourquoi ce vol d'un feuillet du manuscrit ?

La loi du 19 octobre 1791 et le décret du 3 mars suivant ruinèrent l'inestimable mobilier de la religion en France. Nous avons dit ailleurs (1) ce que les églises du déparlement de l'Aisne perdirent d'objets mobiliers, d'ornements précieux, de vases d'or et d'argent, de pierreries, de tableaux, enfin d'objets d'art qui faisaient leur gloire. Ce qui sortit alors du Trésor de la Cathédrale de Laon , nul ne le pourrait plus dire. Les orfèvres du temps s'enrichirent du pillage de ses pierreries dont nul document ne dit un mot. Un inventaire , dressé à la fin de 1792 , nous donne un poids de six marcs d'or et de près de neuf cents marcs d'argent doré. Le marteau des Iconoclastes nouveaux brisa , écrasa ces vases admirables et à jamais regrettables dont on va lire bientôt la nomenclature ; on les empila dans des tonneaux qu'on dirigea , en deux envois, sur la Monnaie de Paris, le 2 décembre 1792 et le 2o janvier 1793. Des procès- verbaux de ces expéditions qui existent aux archives départementales de l'Aisne, il résulte que l'argenterie de la Cathédrale de Laon y figurait à elle seule pour trois cent dix-neuf marcs de vermeil et pour huit cent soixante-douze marcs d'argent. On ne parle point , cela va sans dire , des matières que la loi (jualifiait de matières étrangères , des fines incrustations de cuivre , des merveilleuses découpures d'étain , ces métaux que la main de l'artiste avait élevés à la valeur de l'or le plus pur , et que la spoliation tenait en grand mépris.

Enfin ! Il faut en prendre son parti. Pour très-heureux devons-nous nous tenir d'avoir conservé le manuscrit qui témoigne aujourd'hui de ces richesses et de celte perfection , de cette ornementation toujours remarquable et qui transformait alors les vases les plus vulgaires en œuvres d'art , de cette conception si variée que les motifs en semblent inépuisables et qu'elle accuse d'impuissance l'orfèvrerie

(l) Histoire du Clergé dans le département de l'Jisnc, 2 Toi. in-8'. ( 18.'i3 )

— YIII —

rnodiTiie dont les produits ne semblent connaître qu'un petit nombre déformes, ou qui, cherchant la variété, ne la trouve que dans l'imitation de ces siècles où chaque artisan est un artiste, chaque orfèvre un grand sculpteur.

Faut-il s'étonner qu'avant nous , deux savants distingués aient pensé à publier' l'Inventaire du Trésor de la Cathédrale de Laon ? M. de Saint-Germain , archéologue du Beauvoisis , en avait en sa possession une copie collationnée , annotée par lui et qu'il destinait à l'impression ; mais la mort l'arrôta dans son projet. On trouve dans les Annales archéologiques de M. Didron , tome viii , année 1848 , un article où M. l'abbé Daras , économe de l'Institut des Sourds-Muets de Saint-Médard , près Soissous, commença la publication de cet Inventaire. Ce travail ne fut pas continué , nous ne savons pour quelle cause ; il n'en parut dans les Annales archéologiques que les premières pages.

Mais que dire du singulier mépris avec lequel M. Ravaisson, chargé, en 1846, par le ministère de l'instruction publique, de dresser le catalogue des nombreux manuscrits des bibliothèques de communes et en particulier de celle de Laon , a si cavalièrement traité le plus précieux de tous ces manuscrits évidemment , l'Inventaire qui nous a transmis une page si éloquente de l'histoire de l'art et de l'industrie du moyen-âge ? Voici la phrase dédaigneuse que le catalogue de M. Ravaisson , édité par le Gouvernement, lui consacre , à la page 213 : « N» 410 bis. In-foiio sur vélin. — Inventaire en latin » du Trésor de la Cathédrale de Laon. XVIe siècle. Provient de Notre-Dame. » Au lieu de deux courtes lignes , le Catalogue de M. Ravaisson a consacré à d'autres manuscrits insignifiants que nous ont laissés la philosophie et la théologie phraseuses des quatorzième et quinzième siècles , à ces inutilités qui font nombre , que personne ne consulte plus avec fruit , des pages entières d'une attention et d'une description minutieusement analytique qu'il a refusées à l'Inventaire qui à lui seul est tout un trésor.

Voici quel est l'état actuel de ce beau manuscrit :

Il contient vingt-huit feuillets écrits sur vélin. Il en avait autrefois trente-sept ; nous avons dit plus haut qu'un cahier de huit feuillets manque , du vingt-cinquième au trente-deuxième inclusivement , et que le trente -quatrième a été coupé. M. l'abbé Daras a constaté ces lacunes, et il croit que la garde en parchemin qui recouvre le dedans du panneau de bois de la reliure et sur laquelle on remarque des phrases d'un Inventaire aussi , pourrait bien être un des feuillets disparus ; c'est une erreur. Nous avons fort bien lu le feuillet , et il est facile de reconnaître que c'est une page de l'Inventaire du Trésor de la Cathédrale de Laon , page qui , copiée deux fois par erreur , a été employée comme garde. On y retrouve , mot pour mot, le texte de nos pages 29 et 30, depuis le mol Abraham qui finit la sixième ligne de la page 29, jusqu'au mot inscriplio qui finit la onzième ligne de la page 50. Le reste du folio et du verso de la feuille de garde est raturé et gratté comme erreur de copie. Donc ce n'est pas là un des feuillets de l'une ou de l'autre des regrettables mutilations qu'a subies le manuscrit.

Les marges de l'Inventaire de 1323 portent quelques notes qui doivent provenir d'un récolement postérieur ; elles sont de la plus mauvaise et indéchiffrable écriture de la Un du seizième siècle. Un second récolement a été fait en 1692 et se prouve, nous l'avons dit plus haut., par d'autres notes marginales.

A part les pages qui font défaut, ce manuscrit est en excellent étal de conservation. Deux minces feuillets de bois recouverts en veau gaufré à froid , composent sa reliure qui jadis était pourvue de fermoirs de cuir aujourd'hui absents.

Ed. FLELRl.

Laon, le l^juin ISoo.

DU

On lit à la première page cette mention de la date de l'inventaire :

Anno dominice salutis millesimo quingentesimo secundo. — Et au-dessous :

Parafé par nous juge et bailly du chapitre de l'église cathédrale de Laon, le 16

juin 1765. Cappe.

DECEM CRUCES EXISTENTES IN PREFATA THESAURARIA .SEU SACRARIO , TAM MAGNE QUAM PARVE , QUARUM EXACTA DESCRIPTIO SEQUITUR.

Prima crux est argentea deaurata duplex cum sex pilaribus et pede super sex leonculos deauratos cum sex esmaillaturis. Continens de vera cruce.

DIX CROIX GRANDES ET PETITES QUI SE TROUVENT DANS LEDIT TRESOR OU DANS LE SANCTUAIRE (sacristie?) ET DONT SUIT l'EXACTE DESCRIPTION.

La première croix est d'argent doré , à doubles bras , soutenue sur six colonnes , avec un pied s'appuyant sur six petits lions dorés et orné de six émaux. Elle contient un morceau de la vraie croix.

Secunda criix est argentea deaurata habens grossum crucifixum, que consuevit deferri infirmis.

Tertia est argentea deaurata cum decem lapillis a parte anteriore. Habens complures reliquias subtus crucifixum, et potest crucifixus se ingeri a cruce ut facilius videantur prefate reliquie sub cristallo existentes. Reliquiis prefatis non insunt inscriptiones. Id tamen videtur esse inscriptum : De sancta Anna, et sunt quatuor esmaillature circa quattuor angulos crucis.

Quarta est argentea etiam deaurata cum duobus lapillis viridibus. In qua continetur de sanguine Domini cum aliis multis reliquiis, in quibus non sunt inscriptiones de quibus sanctis sunt ipse reliquie, inter quas est dens quidam, sed non constat cujus sit.

Quinta est etiam argentea deaurata cum pede deaurato , continens de ligno sancte crucis, in quattuor extremitatibus ejusdem crucis.

Sexta est itidem argentea deaurata cum pede etiam argenteo deaurato et cum pluribus lapillis preciosis , et desunt nunc sex pedes parvi in ipso pede inferiore seu basi.

Septima est etiam argentea deaurata cum crucifixo eburneo et pede argenteo deaurato , continens sub quodam cristallo sub pedibus ipsius crucifîxi de reliquiis sancti Andrée apostoli.

La seconde croix est d'argent doré , ornée d'un christ assoz fort ; c'est celle qu'on porte d'habitude aux malades.

La troisième est d'argent doré avec dix petites pierreries par devant ; elle contient plusieurs reliques sous l'effigie du Christ , et le crucifix peut être enlevé pour laisser voir plus facilement les reliques enfermées sous un verre. Il ne se trouve pas d'inscription aux reliques. Cependant on peut lire : De sainte Anne. Quatre émaux ornent chacun des angles de cette croix.

La quatrième est aussi d'argent doré avec deux pierres vertes. Elle renferme un peu du sang du Seigneur et beaucoup d'autres reliques sur lesquelles on ne voit pas d'inscription qui indique de quels Saints proviennent ces reliques parmi lesquelles se trouve une dent dont on ne sait pas l'origine.

La cinquième est aussi d'argent doré avec un pied doré , et renferme du bois de la sainte Croix à ses quatre extrémités.

La sixième est également d'argent doré avec un pied aussi d'argent doré et plusieurs petites pierres précieuses. Six des petits pieds qui soutiennent la base de cette croix manquent maintenant.

La septième est encore d'argent doré avec un Christ d'ivoire et un pied d'argent doré. Sous un verre placé au pied du crucifix sont des reliques de saint André, apôtre.

Odava est parva cum tribus parvis pedibus et gracili pilari seu stipite crucem sustinente; et est argentea habens crucifixum eburneum.

Nona est gemmis ornata in superfine cum esmaillaturis in extremitatibus et medio. Desunt tamen.

Décima est penitus similis none. Et desunt.

(Non consueverunt he due cruces ultime afferri in inventarium eum. Sunt appense in thesauraria.)

SEX RELIQUIARIA MAJORA GETERIS.

Primum est imago beatissime virginis Marie, argentea deaurata, sedens, coram qua est imago Domini stantis, cum pilaribus et pinaculo cupreis deauratis et tenet in altéra manuum in quodam vasculo dentem infantie Domini.

Secundum reliquiarium est itidem imago béate virginis Marie, sedens , argentea deaurata, altior priore, cum pede, pinaculo et pilaribus seu columnis cupreis deauratis. Et habet pectori affixum cristallum continens de ossibus béate Corone virginis.

(Et consueverunt he due imagines in festis annualibus locari super mensam

La huitième est petite ; elle a trois petits pieds portant une mince colonne ou souche d'où sort l;i croix. Elle est d'argent avec un Christ d'ivoire.

La neuvième est ornée de pierreries à son sommet et, à ses extrémités et au centre, d'émaux dont certains ont disparu.

La dixième est presque semblable à la précédente. Ses émaux ont aussi disparu, (Ces deux dernières croix ne sont point ordinairement portées aux inventaires. Elles sont suspendues dans le trésor. )

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