‹ Inventaire historique des tableaux et des sculptures se trouvant dans lesChapitre 21 sur 31 · HOPITAL NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

HOPITAL NOTRE-DAME

L'hôpital de Notre-Dame fut fondé à Malines vers l'an 1198 par Albert de Cuyck, évêque de Liège, seigneur de Malines. La nouvelle fondation, faite en faveur des malades, fut bientôt enrichie et encouragée par différents papes, par de nombreux évêques, par la puissante famille des Berthout, et par les libéralités particulières, affluant de toutes parts. Ainsi l'institution fut bientôt à même de disposer de revenus considérables.

L'époque des troubles des Pays-Bas fut une période funeste pendant laquelle la communauté desservant l'hôpital fut continuellement molestée et inquiétée tantôt par les hérétiques, tantôt par les Espagnols euxmêmes.

Dans la suite, pendant la révolution française, les sœurs hospitalières, malgré leur pieux dévouement, furent soumises à payer de larges contributions et durent abandonner l'habit monacal pour prendre le costume séculier. Ce dernier état de choses dura jusqu'en 1804.

La nécessité d'avoir des locaux plus vastes et plus commodes s'étant fait sentir depuis longtemps, i'admi-

nistration des hospices acquit, pour y ériger un nouvel hôpital, un terrain dans la rue de TEmpereur. C'était remplacement où se trouvait jadis le palais habité successivement par Marguerite d'Yorck, par Marguerite d'Autriche et par Charles-Quint dans sa jeunesse.

La pose solennelle de la première pierre du nouvel édifice fut faite le 3 juillet 1854, par S. M. Léopold I, roi des Belges.

Le 14 octobre 1887 se fit la translation des malades et des religieuses de la communauté dans le nouveau bâtiment, élevé d'après les plans de Charles Drossaert, architecte à Tirlemont. Le cardinal Sterckx procéda à la consécration de l'église le 31 mai 1888.

Chapelle.

La rétable de l'autel renferme une belle toile, d'après Antoine Van Dyck, par Pierre Thyssens (1) : Jésus- Christ mort sur les genoux de sa Mère. Dans cette œuvre remarquable, l'artiste s'est tellement identifié avec le grand maitre, qu'il approche bien près de la savante manière de ce dernier.

Une statue de la sainte Vierge portant l'Enfant Jésus, placée au-dessus du tableau, couronne l'édifice. Deux anges sont posés de part et d'autre de ce groupe.

La tombe de l'autel, en marbre blanc, affecte la forme d'un sarcophage; elle a été exécutée à Anvers par J. Rousseaux. Un tabernacle, dans le genre rocaille, la

(4) Pierre Thyssens ou Tbys, né à Anvers en 4625, mort en 4682.

domine; une porte en argent repoussé en ferme rentrée.

Contre le mur, aux côtés de Tautel, sont appuyées les images en bois de saint Augustin et de sainte Elisabeth de Hongrie, œuvres gracieuses, dans le style du XVIIP siècle.

Devant l'autel est placé un petit banc de communion portatif, par François de Vriendt. Trois compartiments divisent la balustrade. Sur celui du milieu se détache un médaillon avec le buste de la ViergeMarie. Les morceaux latéraux sont formés de méandres artistement conduits.

Le confessional est du XVIP siècle; deux génies gardent l'entrée de la case centrale. Un petit fronton en surmonte la corniche.

Deux petites toiles sont pendues dans l'oratoire; sur l'une on voit la sainte Vierge, l'Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste ; sur l'autre, sainte Élisabeth,en costume de tiers ordre, conduite par un ange vers Dieu le Fils.

Quatre statuettes, en bois de chêne polychrome, sont adaptées contre les piliers sur des consoles soutenues par des anges portant des écussons armoriés. Elles rereprésentent les patrons contre la peste : saint Antoine, saint Roch, saint Christophe et saint Adrien. Le catalogue de l'exposition des objets d'art religieux, ouverte en 1864 à Malines, rapporte ces figures à l'école brabançonne, vers 1800. H. statues 0,72, consoles 0,27.

Dans les galeries, à l'étage de la chapelle se -trouvent deux panneaux; sur l'un nous remarquons la Sainte Famille entourée d'une guirlande de fleurs ; sur l'autre, la sainte Vierge ayant l'Enfant Jésus debout sur les bras. Cette peinture antique est la reproduction d'une œuvre connue.

Autel de Saint-Nicolas.

Un oratoire, à côté du chœur des religieuses, au premier étage de la chapelle, renferme un autel derrière lequel s'élève une grande figure de saint Nicolas, accompagné des enfants légendaires. Cette production en bois date du XVIIP siècle, elle est d'un aspect agréable. Le petit tabernacle de l'autel, conçu dans le genre Louis XV, présente sur la face principale une porte sculptée dont le sujet est le Christ avec ses disciples à Emmaus.

A gauche de l'autel un petit bloc armorié supporte une statuette en bois de saint Sébastien ; à droite est placée une figure également en bois de saint Antoine de Padoue ; l'une et l'autre sont de la fin de l'époque gothique; elles sont de médiocre exécution.

Grand réfectoire.

Plusieurs tableaux ornent cet appartement :

V apparition de Jésus-Christ à Louis de Thuringe, époux de sainte Elisabeth de Hongrie, Cette grande et belle toile attribué à Pierre Eyckens le jeune, d'une conception et d'un coloris riches mais un peu décoratifs, comporte onze figures. Hâtons-nous de dire que le style de cette pièce diffère essentiellement des productions de ce maître que nous avons vues dans l'église des SS. Pierre et Paul (v. pp. 484-184). Elle retrace un miracle de la légende de la patronne des hôpitaux : Le mari de la sainte, inquiet des absences fréquentes de son épouse qui visitait les malheureux, conçoit des soupçons sur sa vertu ; il se rend dans l'appartement

de la princesse et ouvrant les rideaux de la couche d'Elisabeth, il y trouve le Sauveur couFonné d'épines et sanglant, comme au jour de sa passion. Plusieurs anges planent au-dessus du lit. Cette scène occupe le premier plan; dans la perspective, on découvre une salle de malades, somptueusement décorée, où sainte Elisabeth prodigue ses soins îiux infirmes. Cette toile était placée antérieurement dans le chœur de la chapelle de l'ancien hôpital.

La seconde grande toile est attribuée à Erasme Quellyn, le vieux (1). On y voit saint Augustin et sainte Elisabeth en prières devant la sainte Vierge. L'a divine Mère, ayant son Enfant sur les bras, est assise sous un dais de pourpre dont des anges soulèvent les draperies; l'évêque d'Hippone est agenouillé à gauche du groupe principal ; sainte Elisabeth, en costume du tiers ordre, s'incline à la droite de Marie. Des génies se tiennent derrière les patrons de l'hôpital. Cette belle composition de dix figures se distingue par une couleur luxuriante et veloutée, et par; son caractère religieux, tranquille et grandiose.

Quatre panneaux de forme oblongue, par Ambroise Franck, le vieux

1° La dernière Cène.

2^ Les huit œuvres de miséricorde ; les épisodes, relatifs à chacune des œuvres, se passent toutes en plein air; ils sont ingénieusement distribués et malgré la disparité de ces divers sujets, le tableau ne laisse point d'avoir dans l'aspect une certaine unité.

3^ La sainte Vierge entourée d'anges et de saints. On y trouve sainte Catherine et sainte Elisabeth.

(4) Erasme QueUyn, le vieux, né à Anvers eu 1607, décédé en 1678.

4^ Le Crucifiement du Sauveur ; composition d'une multitude de figures. Dans le lointain surtout apparaissent une quantité innombrable de spectateurs et de soldats. Une rare légèreté de toucher caractérise ces œuvres; la couleur en est brillante; la distribution et l'agencement des figures facile, quoiqu'originale.

Nous remarquons ici encore quatre beaux portraits, à mi-jambes, des archevêques de Malines, Hovius, Boonen, Wachtendonck et Precipiano. Ces tableaux sont peints à des époques différentes.

Citons encore plusieurs statuettes en bois :

Sainte Lucie ; sainte Geneviève, figures polychromées du XV« siècle.

Saint Augustin; sainte Elisabeth de Hongrie; tous deux du XVIP siècle. •

Un groupe de la sainte Famille, accompagnée de saint Jean-Baptiste, de sainte Anne et de saint JoacMm. XVIP siècle. Le Saint-Esprit plane au-dessus de ces personnages.

Le Christ en croix, XVIP siècle.

Un crucifix en écaille avec ornements en cuivre. L'image du Sauveur est en ivoire.

Un statuette, en chêne polychrome, de la sainte Vierge tenant V Enfant Jésus entre les bras. Ecole brabançonne. XV® siècle. H. 0,37. Cette pièce a figuré à l'exposition des objets d'art religieux à Malines, en 1864.

Petit réfectoire.

Une grande toile, monument perpétuel du dévouement dont les Soeurs hospitalières firent preuve pendant la

terrible épidémie de 1866, fut offerte à celles-ci en reconnaissance par l'association des sociétés charitables de Malines, en 1867. Cette œuvre, mise au concours pour la somme de mille francs, fut exécutée par François Peeters, de Malines. L'artiste a exprimé son idée par une intelligente allégorie.

Sur le premier plan du tableau sont disposés deux groupes, chacun dans un coin de la composition. L'un nous représente une jeune femme quittant l'hôpital et manifestant sa gratitude à une religieuse des bons soins dont celle-ci l'a entourée pendant sa maladie. L'autre est la triste entrevue d'une sœur avec la^famille d'une victime enlevée par le fléau. Dans ces deux groupes l'expression la plus candide et la plus vraie éclate sur les visages. Au milieu de la production, dans la perspective, s'ouvre une salle de malades : le digne curé de l'hôpital, P. Krekels, est assis au chevet d'un moribond; la mère supérieure, F. Buelens, est agenouillée sur un prie-Dieu. Dans le ciel, entouré d'anges et de nues, apparaît la sainte Vierge accompagnée de son Enfant.

Le cadre, qui entoure cette toile, est surmonté des armoiries de la ville de Malines. Une inscription dédicatoire, également attachée à l'encadrement, rappelle la circonstance, qui provoqua la reconnaissance de la population, et les noms des sociétés, qui contribuèrent au payement du souvenir présenté aux hospitalières.

Le portrait de F^icité Buelens, supérieure actuelle de la communauté, depuis 1837; par Antoine Poliet, de Malines Toile. 1867.

Le portrait du curé actuel de l'hôpital, P.-J, Krekels, chevalier de l'ordre de Léopold ; par le même. Toile. 1867.

Ces deux portraits, à mi-corps, sont de pareilles dimensions.

Trois tableaux d'une main inconnue du XVIIP siècle, sans mérite :

1® L'Adoration des mages.

2^ La Fuite en Egypte.

3® La Présentation au temple.

V Adoration des mages, avec un grand nombre de figures. Bois. Fin du XVP siècle.

Le Sauveur chez Marthe et Marie. Bois. Médiocre.

Sainte Catherine de Sienne contemplant le crucifix qu'elle tient entre les mains. Mi-corps. Bois. XVP siècle.

Paysage, par Josse de Momper, le jeune (1). Toile. Dans cette jolie composition on entrevoit au milieu de deux montagnes une vallée aboutissant à un lac. Le ciel et les figures sont particulièrement bien traités, et ne semblent point appartenir au pinceau du paysagiste.

Le Christ à la colonne. Toile d'une valeur bien secondaire.

Intérieur d'église. 1607. Quelques qualités dans cette toile dénotent un certain talent.

Sainte Marie-Madeleine. Cette production ne manque point d'effet ; la manière en est large et moelleuse.

Dans un appartement contigu au petit réfectoire pend une grande toile intéressante par le sujet et non dépourvue de mérite artistique: C'est une vue de l'ancien béguinage de Malines, hors des murs, détruit en 1878. Le plan, à vol d'oiseau, est entouré de trois côtés de quarante-six compartiments, formant pour ainsi dire autant de petits tableaux, qui rappellent chacun les divers

(i) Josse de Momper, le jeune, né à Anvers, mon vers 4635.

métiers auquels se livraient les béguines ainsi que quelques épisodes de leurs occupations domestiques. Chaque sujet est accompagné d'une inscription relative à la scène dépeinte.

Dans le premier compartiment, on découvre un ange guidant par ses bonnes inspirations une religieuse de la congrégation; dans celui du centre, dans la rangée inrérieure, le diable, muni d'un soufflet, communique ses mauvais conseils.

Un tableau identique à celui-ci se trouve à l'hospice des vieilles femmes.

iSalle de travail.

La Sainte Face, peinte d'après le voile de la Véronique; œuvre soignée et expressive. Toile. XVII siècle.

Trois bons portraits décorent cette salle.

L'un, représentant un prélat, serait, d'après le chanoine*Schoeffer, celui de Henri van den Burch, prévôt du chapitre de Saint Rombaut, ensuite évoque de Gand, et plus tard archevêque de Cambrai.

Le second reproduit les traits d'Ame de Coriache, vicaire général deMalines, en 1731.

Le troisième figure un personnage vêtu de noir, mais dont le nom n'est point parvenu jusqu'à nous.

Le crucifiement de Jésus. Bois. Cette composition de huit figures, a été offerte à l'hôpital de Malines par P. Pays, en reconnaissance des bons soins qu'on avait donné à ses blessures, reçues au bombardement d'Anvers en 1831. Le donateur, attachant grand prix à cette pièce, l'attribuait à Antoine van Dyck.

Saint Michel terrassant le démon. Bois. L'archange, debout sur le mauvais esprit, tient un bouclier d'une main et un glaive de l'autre ; sur l'écu sont reproduits les armoiries des sept lignages de Bruxelles, dont saint Michel est le protecteur. Ce tableau d'une couleur fine, harmonieuse et légère,semble être de la fin du XYPsiècle.

Sur un ancien panneau, daté de 1S44, nous voyons le Sauveur debout au milieu d'une pelouse; un nimbe entoure son visage; il tient le globe terrestre d'une main et lève l'autre pour bénir. Douze vierges sont disposées en cercle autour de Jésus; une banderole, audessus de chacune d'elles, porte le nom des vertus qu'elles personnifient. D'autres inscriptions ou sentences sont placées plus bas.

Sept chapelles à reliques, curieux souvenirs de la dévotion au moyen âge, sont rassemblées dans cette pièce. Le catalogue de l'exposition des objets d'art religieux, organisée en 1864, à Malines, nous a laissé une description détaillée de ces objets; nous ne pouvons mieux faire que de citer le texte de cet inventaire : (( Chapelle à reliques (n"" S13). Au milieu d'un jardin de fleurs en soie et en argent et or de Chypre se trouvent trois statuettes, en chêne polychrome, de sainte Ursule, de sainte Elisabeth de Hongrie etide sainte Catherine, placées sur des piédestaux, et deux plus petites de la Madeleine agenouillée aux pieds du Christ ressuscité. Le fond est orné de reliques et médaillons de la Véronique, de saint Barthélémy, de saint Corneille, du . noli me tangere et de petits ornements'décoratifs. Sur les volets sont peints les portraits d'une religieuse de l'hôpital, de son père et de sa mère, accompagnée de leurs patrons, saint Jacques le Majeur et sainte Mar-

guérite. Le panneau central est couronné d'un pignon en arc à doucines à crochets. Ecole brabançonne, vers 1500. Les piédestaux des statuettes portent la marque du sculpteur M et le mot de Doermael, nom d'un village dans les environs de Tirlemont. H. 1,33. L. c. 0,98. V. 0,363. »

Ajoutons un mot à la description du catalogue. Le chanoine SchœfFer nous apprend que la religieuse représentée est la supérieure du couvent Marguerite van den Schriek, morte en 1S90. Celle-ci est accompagnée d'une autre religieuse. Sur la porte de droite est agenouillé, non le père de la sœur hospitalière, mais un prêtre vêtu de noir. M. Schœffer croit que ce pourrait être Hugues Spillet, trésorier de l'établissement; auprès duquel se trouverait saint Julien. Cependant ces peintures exécutées avec soin et délicatesse se rapprochent davantage de l'époque que M. James Weale assigne aux chapelles, que de la date de 1S90, à laquelle mourut Marguerite van den Schriek.

(( Chapelle à reliques (n"" 214). Au centre, Daniel dans la fosse aux lions, les mains levées pour exprimer qu'il parle. Plus haut un ange portant par les cheveux le prophète Habacuc, qui tient un panier et un vase ; le tout en chêne sculpté. A droite une statuette de sainte Anne et à gauche une autre de saint Jérôme, eu albâtre, et plus loin les statuettes des donateurs, en bois. Ces figures, toutes polychromées, sont placées dans un jardin de fleurs en soie et en or et en argent de Chypre, où se promènent des oiseaux. Le fond est occupé par des reliques et des objets de piété, parmi lesquels se trouvent des Agnus Dei, un médaillon au buste de Notre-Seigneur, avec la légende ihs xpc. salvator mundi,

et un autre où Ton voit TEnfant Jésus assis sur un coussin tenant une croix avec la couronne d'épines et sur le bord cette légende Namen ihesm beureit sich aile hure in hure liv. La base et le crétage sont élégamment sculptés à jour; les volets peints avec les figures de saint Pierre et de saint Jean Tévangéliste. Ecole brabançonne vers 1800. H. 0,878. L. c. 0,735. V. 0,243. »

« Chapelle à reliques (n^ 218). Au milieu d'un jardin est placé un autel sur lequel se trouve un crucifix entouré de dix chandeliers munis de cierges; à droite une statuette de saint Jean Tévangéliste, tenant une banderole sur laquelle on lit : Dnus tecûvirarû fortissime ; à gauche une statuette de sainte Marie-Madeleine. Plus à droite un ange sonnant de la trompette d'où sort une banderole ornée de la légende Ave gratia plena Dm tecû. A gauche la sainte Vierge auprès de qui se réfugie une licorne. Près d'elle, attachée à une colonnette, se trouve une banderole où Ton lit ces vers : Ave virgo décora fade cujus oblectatus est spede Reynosceron sume potentie sum eaptus tue munditie. A l'extrême droite se trouve Gédéon, et à gauche Moïse devant le buisson ardent. Parmi les ornements, qui décorent le fond il y a des reliques, deux Agnus Dei, un petit vitrail, figure de la Madone peinte sur verre, des médaillons estampés de l'Annonciation, de sainte Barbe, de saint Sébastien, de saint Jean l'évangéliste et d'autres saints. Sur la barrière du jardin on lit : Tu es ortus ckctis delidis afflues multisq divitiis Nullis umq tactus spurdciis gignes florem refectum gratiis. Sur le devant la légende suivante avec des écussons portant les emblèmes de la Passion et des monogrammes : Reynosceron forti imperio egressus de celi palado Virginis mansuesmt in gremio nos veneni

purgam a vicio. Ecole brabançonne, vers 1510. H. 1,26. L. 1,41. »

« Chapelle à reliques (n^ 216). Au milieu d'un jardin de fleurs en soie, en argent et en or de Chypre est placé un Christ en croix, en chêne délicatement sculpté, accompagné des statuettes de la sainte Vierge et de saint Jean. Le fond est orné de reliques, de médaillons du Sauveur, de Notre-Dame de Hal, de saint Quentin de Louvain et d'autres objets de piété. Sur le devant on lit : Xps is voor ans ghestorve in grot noot in den bereh van Calvarie die aider bitterste doot : en Ihs wonde is ons ghenade ende verlatenisse van onsen misdaden en sonden. La base est sculptée à jour avec des feuilles et des grappes de raisin. Sur les volets se trouvent portraités un prêtre et une religieuse accompagnés de saint Pierre et de saint Corneille ; dessous se trouvent ces légendes: Heer Peeter van Steenwinckele van der refarmatien die ierste rentmeester die gebuerte altéra Innocentû anno XV'^VIIL Suster Comelia Andries van der refarmatien die ierste moeder. Ecole brabançonne, vers 1810. Le piédestal du crucifix porte le nom du sculpteur Cornielis. Sur le revers un prêtre et une religieuse accompagnés de saint Martin et de saint Josse ; dessous on lit : Heer Marten Avonts priestere van der refarmatien die twie rentmeestere; suster Sazyne van Coalen van de refarmatien die ierste maeder. H. 1,08. L. c. 0,89. V. 0,38. »

<jc Chapelle à reliques (n? 217). Au milieu le Christ en croix, en chêne sculpté et peint, placé au milieu d*un jardin de fleurs parmi lesquelles se trouvent des reliques rapportées de la Terre-Sainte; le tout surmonté d'un crétage sculpté à jour. Les volets peints avec figures de la sainte Vierge et de sainte Antoine. Ecole braban-

çonne; XV« siècle. H. 0,87. L. c. 0,47. V. 0,21. » « Chapelle à reliques (ir 218). Au milieu d'un jardin de fleurs en soie et en argent et en or de Chypre, se trouvent trois statuettes, en chêne polychrome, de sainte Anne, de saint Augustin et de sainte Elisabeth de 'Hongrie. Plus loin est placé un médaillon où Ton voit la sainte Vierge assise dans un jardin (Hortus conclusiLs), entouré d'un mur crénelé ; au dehors duquel on voit un ange tenant une longue croix et une corde par laquelle il maîtrise une meute de chiens en arrêt. L'ange sonne la trompette d'où sort une banderole portant ces mots : Ave gracia plena , Dm tecû. Une licorne se réfugie auprès de la sainte Vierge. Dans le jardin se trouvent les emblèmes suivants : Fons singnatuSy virga frondens, velliLs Gedeonis, domtis aurea, rubus Moysis, porta EzechieL De chaque côté de ce médaillon un ange adorateur, et plus haut la sainte Vierge couronnée, debout sur le croissant, entourée d'une auréole et tenant l'Enfant Jésus entre les bras; autour d'elle quatre anges et au-dessus le Père Eternel' qui lui donne sa bénédiction. Sur les volets sont portraités deux religieuses de l'hôpital accompagnées de saint Jérôme et de sainte Catherine. Les statuettes portent la marque du sculpteur M. Ecole brabançonne, vers 1528. H. 1,48. L. c. 1,20. V. 0,84. »

« Chapelle à reliques (219). Au milieu d'une niche cintrée, entourée de fleurs et de reliques, se trouve une statuette en chêne de la sainte Vierge debout, couronnée, tenant un sceptre de la main droite et l'Enfant Jésus, qui feuillette un livre sur le bras gauche. Sur les volets sont peints une Pietà et le portrait du donateur, à genoux devant un prie-Dieu, sur lequel repose un

livre ouvert où on lit Auxilium meû in Dm. 1839. Le drap dont le prie-Dieu est recouvert porte un écusson : écartélé au 1 et au 4 d'or à la fasse bretessée et contre bretessée de sable et au 2 et 3 de sable à trois fasces d'or, au chef de .... à un lion piassant de gueules. Ecole brabançonne, 1839. H. 0,81. L. c. 0,40. V. 0,17.» Cette même salle renferme un petit triptyque de délicate et suave exécution, dont nous pouvons déterminer l'âge d'après les dates qui y sont marquées. Le panneau central montre la sainte Vierge ayant VEnfant Jésus dans son giron, et sainte Anne se penchant au-dessus d'eux. Le vantail de gauche représente Marie Huens, supérieure de l'hôpital, agenouillée; ses armoiries sont peintes sur le tableau. La peinture porte : a*» 1628 œt. 42. Le revers fait mention de la mémoire de la religieuse. Le vantail de droite contient le portrait de Jean Verhaegen, bachelier en théologie, directeur du même couvent. Le prêtre est à genoux, en étqle et en surplis ; son écusson est à ses côtés avec la mention : A^ 1628 œt. 30. L'extérieur du volet est revêtu d'une inscription en souvenir du directeur. Cette œuvre a été restaurée par Pierre Morissens. M. le chanoine Schoeffer trouve dans ces peintures quelqu'analogie avec la manière d'Otto Venius.

Parloir.

Paysage boisé, charmante production du commencement du dernier siècle.

Portrait d!une Dame. Un écusson en losange mi-parti est peint sur la toile ; le premier d'argent, le second de sable au chevron d'or à 3 roues d'or.

Sainte Marie-Madeldne.

Nature morte.

Ces deux dernières pièces sont de peu de mérite.

L'Eucharistie entoura d'une guirlande de raisins ei de blé. Toile. XVIP siècle. Les fruits sont peints avec assez de transparence.

Corridors.

Portrait à mi-corps du baron de Gottendys, Fun des bienfaiteurs de l'hôpital. Ce gentilhomme est revêtu d'une armure telle qu'on le portaitau temps de Louis XIV. Toile.

Portrait de Thomas Philippe d'Alsace, cardinal archevêque de Malines. Mi-corps. Toile.

Le couronnement de Marie dans le del. Bois. Cette œuvre de Jean de Sayve, dit de Namur, le vieux, ornait antérieurement le mattre-autel dans la chapelle de l'ancien hôpital; elle a été donnée à l'établissement par la supérieure Marie Tollenaers. La Sainte Trinité reçoit la sainte Vierge agenouillée devant elle ; des deux côtés de ce groupe et jusqu'au fond du panneau se pressent les membres de la cour céleste. Sur le plan inférieur nous assistons! au trépas de Marie, couchée sur un lit et entourée des disciples de son Fils. La composition est heureuse et lajnuance fine et légère, le dessin seul s'écarte parfois de la nature.

Portrait d'homme. Ce personnage, laïc vêtu de noir, tient une orange à la main; ses armoiries sont d'azur à 3 merlettes d'argent. Toile. On sait que c'était un usage

fréquent chez les peintres de portraits du XYIP siècle de peindre leurs personnages avec une orange ou une pomme à la main.

Portrait du cardinal-archevêque de Matines, Jean Henri de Franckenberg. Mi-corps. Toile.

La prédication de saint Jean-Baptiste. Dans un luxuriant paysage le Précurseur, placé sur un monticule, s'adresse au peuple. Ce morceau, dont la conception est de bon goût, est d'un dessin exact et de belle couleur; on l'attribue à Jérôme van Herp, d'Anvers (1).

La sainte Vierge, FEnfant Jésus, saint Joseph et sainte Anne. Toile. Grande composition dont le coloris se rapproche de l'école italienne; l'ensemble de ce tableau présente un aspect fort harmonieux ; la vérité du dessin est de temps en temps en souffrance. On découvre sur ce tableau les armoiries de la famille de Godin.

Judith à la table d'Holopheme; sept figures sont représentées sur ce panneau; la manière de cette pièce se rapporte aux peintures du XVIP siècle.

La Sainte Famille. Toile. La sainte Vierge est agenouillée à droite ; elle tourne la tête en arrière pour jeter un regard sur son Fils, que saint Joseph tient sur les bras. Dans le fond à gauche, un ange prépare le berceau de l'Enfant. Ce tableau, de grande dimension, laisse une impression agréable. Il provient de l'hospice des vieillards.

Nous citerons encore quelques portraits de supérieures de la communauté, peintes en buste sur leur lit de mort ; ces toiles sont dépourvues de valeur artistique, elles ne présentent qu'un intérêt historique ; nous

(4) Jérôme van Herp, né à Anvers en 4604.

les indiquerons dans Tordre dans lequel elles sont

Portrait de Marie Huens, décéiée le 25 septembre 163S.

Portrait de Catherine Meli8,àécéiée le 1 1 octobre 1652.

Portrait de Marguerite Fyens, décédée le 7 novembre.

Portrait d'Anne Quisthout, décédée le 17 juin 1719.

Portrait de Jeanne Bogaerts, décédée le 28 juin 1746.

Portrait de Marie Verhavert, décédée le 9 septembre

Près de ces portraits nous en trouvons un autre de même dimension que les précédents. La défunte est représentée sans vêtements, couverte seulement par les draps du lit jusqu'au milieu de la poitrine. On lit dans le fond : Catharina van den Hove œt. suœ 81 obiit 8 junii 1617 . Nous ignorons quelle est la personne ici représentée, et à quel titre ses traits ont été reproduits par le pinceau.

Le dernier grand tableau, que nous rencontrons, est attribué à Jean van Hoeck. Le sujet en est la Vierge aux Sept Douleurs. Toile. La mère de Dieu est assise devant le tronçon de la croix ; sept glaives percent son cœur; deux génies, porteurs des instruments de la passion, se tiennent à côté de Marie. Cette œuvre est expressive, mais d'un ton faux.

Enfin voici la dernière toile : Fescalier de la me. Ce titre nous est fourni par une inscription tracée sur le tableau : Den trap des ouderdoms. Sur un perron à double escalier sont échelonnés des personnages portant les costumes du dernier siècle. Le premier degré est gravi par un enfant en bas âge, le second par un adolescent et ainsi de suite jusqu'au point culminant qui est occupé par un homme dans l'âge mûr; ensuite la décré-

pitude commence et finit parle trépas. Dans les arcades, ménagées sous le péristyle, sont peints des sujets relatifs aux destinées humaines. Cette œuvre ne présente aucune qualité autre que sa conception originale; elle a été offerte, il y a quelques années, à l'hôpital par le curé de Notre-Dame au-delà de la Dyle, Janssens.

Dans les pièces que nous venons de parcourir il y a plusieurs sculptures ; pour éviter la confusion nous les grouperons toutes ici.

Mater dolorosa, figure en plâtre, grandeur de nature, par François de Vriendt. 1861.

Ecce Homo, en pierre, grandeur naturelle ; il est fait mention de cette statue dans les comptes de 1818.

Ces morceaux occupent des niches pratiquées dans les couloirs derrière le chœur de la chapelle.

Dans le même corridor, derrière le maître-autel, est placé un Calvaire, en bois, des dernières années du XVP siècle. On y voit les figures coloriées de Jésus crucifié, de la sainte Vierge et de saint Jean.

Une niche en pierre, près du Calvaire, renferme une antique statuette qui semble être du XIIP siècle : la sainte Vierge portant l'Enfant Jésus sur les bras.

Cette image, placée anciennement dans le Beyaert, fut remplacée en 1828 par une pièce moderne du même sujet; rancienne figurine fut négligée et perdue. C'est en faisant le déménagement de l'hôpital que l'on retrouva l'image primitive. Elle fut réintégrée, en 1887, dans sa niche séculaire. Après qu'elle eut été polychromée à Louvain par les frères van Doren, on y ajouta l'inscription :

Dit Mariabeeld met het rondstaende steenwerk oorspronkelyk geplaetst aen het oud gasthuis in de XIII eeuw

en tegen dm nieuwen byaert aldaer hersteld in 1872, werd naer hier overgebragt in 1887 en vemieuwt door de zorg der zeer achtbaere heeren : J. F. H. R. Henot; F. J. de Cannart d'Hamdle^ C. van den Branden de Reeth; J. J. Seghers en G. J. lim. MDGGGLX.

Page 1