ÉGLISE DE L'ANCIEN PRIEURÉ DE LELIENDAEL
Cet édifice sert d'oratoire aux pensionnaires de l'hospice des vieillards, de Sainte-Hedwige, de Saint-Joseph et aux élèves du pensionuAt du Brul.
Façade.
Un groupe, en pierre blanche, de la Sainte Vierge tenant l'Enfant Jésus par la main, est fixé contre la façade de cette église. La sculpture, qui nous occupe, est d'un aspect candide et agréable ; elle rentre entièrement dans le mode de Luc Fayd'herbe. Celui-ci en est probablement l'auteur. Les figures sont debout, sur un nuage, entouré de têtes angéliques. Les statues n'ont été mises à cette place qu'en 1814; antérieurement on voyait au même endroit un ostensoir, indiquant la situation du tabernacle.
Intérieur.
Le maître-autel, isolé dans le fond du temple, offre l'apparence d'un portique en marbre. Il a été élevé d'après les plans de Luc Fayd'herbe, l'architecte de
l'église. Un chronogramme, taillé sur le frontispice» nous fournit la date précise de sa construction :
M WLnera IbI
Vbera paGant DeVM (1674).
Le sommet du petit monument est surmonté d'une remarquable statue, en marbre blanc, de la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus. Le groupe repose sur le globe terrestre, soutenu par deux anges. Plus bas, deux autres séraphins, appuyés sur des tronçons de fronton, contemplent les saintes images.
Toutes ces figures sont dues au ciseau intelligent de Artus Quellin, dit le jeune.
La dépense totale de ces œuvres d'art s'éleva à 700 florins.
Un tableau de Pierre Thyssens décore l'autel ; le sujet, plus ou moins allégorique, en est : La Sainte Vierge intercédant auprès de la Sainte-Trinité, en faveur de l'ordre de Saint-Norbert. D'un côté de la composition nous voyons la Mère de Dieu, agenouillée sur une nuée, adressant sa prière aux trois Personnes divines. Sous le nuage sont groupées plusieurs religieuses de la règle norbertine. Du côté opposé, saint Norbert et saint Augustin, également à genoux, joignent leurs supplications à celles de Marie.
Descamps dit, à propos de cette toile : « La couleur » est belle quoique foible, il y a un large et une facilité » de faire, qui marquent les plus grands talents; le )> dessein est assez correct; les têtes en sont belles » et d'un beau choix. »
Un tabernacle, en marbre blanc, a été placé sur Tautel aux frais du pensionnat du Brul, qui partage avec
l'hospice la jouissance de la chapelle. Cet édicule simule un petit temple, dont la coupole est surmontée d'une croix, et au pied de laquelle sont assises les figures de la Foi et de l'Espérance. Les images de Aaron et de Melchisedech ornent les côtés du sanctuaire. Cette pièce, exécutée par J. Rousseau, d'Anvers, d'après les dessins de Schaeffels, coûta 4851 frs. 91 c.
Un joli banc de communion, en bois, orné de méandres habilement conduits, a été également placé par les soins du pensionnat du Brul, qui en confia l'exécution à Jean-Bapt. van Hool, professeur à l'académie d'Anvers.
Deux niches pratiquées dans le mur derrière l'autel contiennent chacune une statue. La première renferme un groupe de sainte Anne accompagnée de Marie, sa fille; la seconde, la figure de saint Corneille. Ces deux œuvres sont dues à J. Tuerlinckx.
Deux bas-relief sont appliqués, sous les fenêtres, de chaque côté contre les parois de l'église.
Le premier, au mur nord, représente la mort de saint Norberty entouré de sa communauté. Onze personnages concourent à cet épisode.
Le second nous met sous les yeux le Christ en croix entouré de nombreux pèlerins; ici nous comptons dixneuf figures.
Le troisième, placé en face du premier, du côté sud, nous montre la sainte Vierge présentant son Fils à saint Norbert et ses compagnons. Cette scène comporte onze personnes.
Ces trois bas-reliefs, en marbre blanc, se trouvaient jadis dans la même église, mais encastrés dans la muraille sous la galerie du chœur des religieuses aujour-
d'hui démoli. Vendus en 1809, ils furent placés dans le chœur de l'église métropolitaine de Malines où ils restèrent jusqu'à l'époque du placement des nouvelles stalles gothiques (1860); puis, à la suite des changements faits à Saint-Rombaut, l'ancienne chapelle claustrale rentra en possession de ses bas-reliefs.
L'administration de la cathédrale commanda en 1810, à François Laurant, une quatrième pièce du même genre que les premières, mais en bois, pour être placée symétriquement à celles-ci. L'artiste a sculpté la prédication de saint Rombaut, composition de seize figures. Il a réussi pleinement dans son travail, et malgré le mérite des anciens bas-reliefs, nous n'hésitons pas à considérer ce dernier comme supérieur aux autres.
Quant à l'auteur des trois premiers morceaux il n'est guère connu. Autrefois on croyait que c'était Luc Fayd'herbe. Mais cette opinion ne repose sur aucun fondement; bien au contraire, rien ne rappelle ici la manière de ce maître.
Derrière les orgues un énorme tableau, de grand mérite, occupe tout l'hémicycle de la voûte. Le sujet de cette toile, peinte vers 1674, est saint Norbert distribuant ses vêtements aux pauvres. Les figures, au nombre de treize, de la main de Luc Franchoys, le jeune, peuvent être comptées parmi les meilleurs productions de son pinceau. La scène se passe dans un magnifique temple de marbre, dont l'architecture est magistralement exécutée par Guillaume van Ehrenberg. Cette toile a été nettoyée en 1834, par Jean Vervloet, directeur de l'académie de Malines ; elle a subi une nouvelle restauration, en 1849, par Pierre Morissens. Le prix de cette œuvre importante s'est élevé à 1000 florins, sans toile ni cadre. La
somme a été remise à Luc Franchoys, qui en devait une part, à déterminer probablement entr'eux, à son compagnon.
Cette belle composition perdit aussi sa place primitive lors du dépouillement de l'église. Le conseil de fabrique de Notre-Dame au delà de la Dyle en fit l'acquisition ; mais le payement n'en ayant pas été acquitté, elle fut restituée aux hospices.
Sous ce grand tableau, de chaque côté du buffet d'orgue, pend un vantail. Les sujets qu'ils représentent ont trait à l'histoire de saint Charles Borromée ; l'un est de deux, l'autre de cinq figures. Ils proviennent de l'église du Grand Béguinage et sont peints par J. E. Quellyn.