ÉGLISE MÉTROPOLITAINE DE SAINT-ROMBADT
Les chroniques de Malines font remonter les premières constructions de Téglise à Fan 960. Dès 992, révêque de Liège, Notger, érigea un chapitre dans ce temple, dédié à sainte Marie Madeleine. Cette fondation fut successivement enrichie ; ses bénéficiaires, déjà en 13o5, étaient désignés sous le nom de soixante frères, à cause du nombre des prébendes.
Il serait difficile de relater les progrès successifs de l'église de Notger. Nous savons seulement que c'est dans le courant du XIIP siècle que l'édifice, voué jusqu'alors à sainte Marie Madeleine, fut placé sous le vocable de saint Rombaut.
Vers la fin du XIIP et au commencement du XIV® siècle, la collégiale fut si considérablement agrandie que l'évéque de Cambrai, crut nécessaire d'autoriser une nouvelle consécration. Elle eut lieu le 28 avril 1312. Ces derniers travaux étaient à peine achevés que, le 29 mai 1342, éclata un terrible incendie. Il ravagea la ville. L'église, en partie détruite dans cette catastrophe, y perdit toute sa charpente; le désastre était si grand, que l'office du chœur fut interrompu pendant 24 ans, et que les traces du feu se retrouvent encore aujourd'hui au-dessus des voûtes.
Les effets de l'incendie furent réparés par le produit
des offrandes d'un jubilé que Nicolas V accorda en 145i . Alors également on ferma la voûte du chœur et Ton termina- les travaux du pourtour.
La voûte de la grande nef fut close en 1487. ^
La construction de la tour date du 22 mai 1452, jour où Jean van Muysene commune-maître de Malines, posa la première pierre du vaste monument, dont Wautier Coolman avait conçu les plans.
En 1559, par bulle du 12 mai, le pape Paul IV éleva l'antique collégiale de Sàint-Rombaut au rang d'église métropolitaine. Depuis cette date deux pillages vinrent dévaster la cathédrale : le premier (2 octobre 1572) par les troupes du duc d'Albe ; le second (9 avril 1580) par les hérétiques ; les dommages causés par celui-ci furent si considérables que le service divin fut suspendu pendant cinq années.
Enfin la révolution française , réservant un dernier coup à la basilique, vint lui enlever bon nombre d'œuvres d'art.
Grand portaiL
Le buffet d'orgue, qui surmonte les portes d'entrée de la grande nef, n'offre rien de remarquable sous le rapport artistique : l'ordonnance générale et l'exécution des ornements sont dues à Pierre Valckx (1), et datent de 1781. Les orgues furent placées, il y a peu d'années, à l'endroit actuel ; antérieurement, elles occupaient l'entrée du pourtour à droite du chœur.
Lorsque l'on pénètre plus avant dans l'église, on re-
(4) Pierre Valckx, né à Malines en 4734; décédé en 4783.
marque une niche, pratiquée dans l'épaisseur du mur de droite soutenant la tour. On y trouve un groupe en pierre : sainte Anne assise, ayant la sainte Vierge debout à ses côtés; au sommet de la niche sont fixés deux petits anges. Ces productions largement taillées, expressives et riantes, mais peut-être un peu épaisses, proviennent de l'ancienne chapelle des Jésuites, dite : la Sodalité. Luc Fayd'herbe en est Fauteur (1). Il les exécuta, en 4670, pour le compte de la compagnie de Jésus. Dans le mur à gauche une niche symétrique fait face à la première. Ici figure : saint Joachim assis, un génie debout lui offrant un livre ouvert. Deux petits séraphins sont posés à l'intersection des arcs de l'ogive. Ces statues, exécutées par le même ciseau en 1672, se trouvaient également dans la chapelle de la Sodalité. Non loin du groupe de sainte Anne se dresse la statue en pied de sainte Marie-Madeleine, par François Langhmans (2). Cette figure, en pierre blanche, dont la pose est gênée et le travail maigre, fut placée le 12 mai 1701, comme monument commémoratif des frères van der Zype.
Près de l'image de saint Joachim, vis-à-vis de la Madeleine , nous voyons celle de saint Libert. Le guerrier est debout; un enfant, maintenant l'écusson de Malines, se tient à ses côtés.- Cette statue en pierre a été donnée, en 1680, par l'archidiacre Amé de Coriache et taillée par François Langhmans. Cette œuvre est d'un mérite secondaire en toutes ses parties.
Nous parlerons plus loin de la statue de saint Tha-
(4) Luc Fayd'herbe naquit à Malioes en 4647; il mourut en 4697. (2) François Langhmans de Malines décéda en 4720.
dée, que nous trouvons ici contre la demi-colonne de la grande nef.
Nef septentrionale.
Dans la partie inférieure de cette nef on remarque une chapelle, aujourd'hui sans destination.
Un portique, en marbre noir et blanc, en masque rentrée. Deux colonnes ioniques de marbre blanc soutiennent la frise, en marbre de même couleur, chargée d'emblèmes musicaux. Dans la partie supérieure de la percée un ange, de chaque côté, soulève une draperie dont les plis s'échappent de l'entablement; ces figures ne sont point d'heureuse réussite. Ce portique, érigé en 1672 par Jean vaii der Steen (4), fit partie de la clôture du chœur jusqu'à ce qu'en 1810 le conseil de fabrique lui donna sa destination actuelle.
Au fond de cette chapelle, privée du jour, se trouve une peinture de Jean le Sayve, le vieux, dit de Namur (2). Cet artiste était namurois, comme son surnom l'indique, mais il séjourna longtemps à Malines. Nous rencontrerons encore souvent ses productions; mais entre toutes celles-ci, le tableau dont nous parlons est une des plus importantes et des plus soignées. Il forme la pièce centrale d'un triptyque, de fin et moelleux coloris, et représente David, vainqueur de Goliath. H. 2-60. L. 2-11. Bois. Le tronc du géant est étendu par terre, tandis que
(4 ) Jean van der Steen ou van de Sleen naquit à Malines en i 635. (2) Jean le Sayve, le vieux, dit de Namur, naquit en cette ville; il vint s'établir à Malines en 4603 et y mourut en 4624.
son jeune rival debout tient la main levée et montre la
tète de son ennemi. Au fond on aperçoit le camp du
peuple de Dieu.
Les volets du triptyque, en restauration aujourd'hui
chez M. Bernaerts de Malînes, figurent : l'un le sacrifice i'Ahraham ; le peintre a saisi le moment où le patriarche lève le glaive sur la tête d'Isaac ; l'autre Judith sortant avec sa suivante de la tente d'Holopheme. Sur les faces extérieures on voit deux évêques : saint Lambert et saint Liberî. Ces tableaux, appartenant jadis à la gilde des Escrimeurs, se trouvaient sur un autel dans la cinquième chapelle du pourtour.
Cliapelle paroissiale dite du Saint Sacrement.
En entrant dans cette chapelle, à gauche, est adossé au mur le tombeau du prince de Méan^ xu* archevêque de Malines, par L. Jehotte de Liège (1837). Marbre blanc. Un bloc de marbre, sur lequel est reproduit en bas-relief un sarcophage aux armes du défunt, sert de support au prélat agenouillé ; la crosse et la mître gisent à ses côtés ; un ange armé d'une torche lui montre le chemin de rimmortalité. Un portique en plein cintre, couvert d'arabesques depuis la naissance des pilastres, ferme le monument.
Quoique le style du mausolée soit raide et peu gracieux, les figures ne manquent ni d'aisance, ni de caractère.
Un banc de communion coupe la chapelle depuis le pilier de la nef jusqu'au mur extérieur nord. La galerie
en bois de chêne offre des dessins variés de fruits, de feuillages et d'attributs religieux; les pilastres qui la divisent sont ornés des emblèmes évangéiiques.
Un autel-tabernacle occupe le mur septentrional de la chapelle. Il est ouvré en bois, partie marbré, partie doré. Deux séraphins soutiennent les extrémités de la table. L'Agneau pascal, couché sur le Livre aux sept sceaux, décore ran^^;?6dmm. Quatre colonnes torses supportent le dôme du tabernacle, dont la porte est chargée d'arabesques. De chaque côté de l'autel un chérubin est en adoration. Au-dessus de la corniche du tabernacle dû commence le rétrécissement du dôme apparaît le Père Éternel bénissant le monde; deux petits anges déroulent devant lui une banderolle avec ces mots : Partis angelorum.
Le sommet du petit édifice est couronné d'un ostensoir devant lequel deux génies s'inclinent. Un peu plus bas deux autres anges, placés vers le milieu de la coupole, tiennent des trompettes et proclament la majesté de la sainte Hostie.
Cette œuvre, faite par Nicolas van der Vekene (1), est d'une composition agréable ; les figures sont d'élégante exécution. L'artiste n'avait fait qu'un tabernacle : en 1866 , on modifia quelque peu son œuvre pour y adapter un autel ; ces travaux, du reste, habilement conduits, n'envont point altéré le caractère général.
L'autel principal de la chapelle, placé contre le parois (ouest) date de 1631 et fut restauré en 1816. Il est en bois, marbré, tantôt de gris, tantôt de blanc. La structure en est simple et régulière ; il porte dans son
(i) Nicolas Van der Vekene, né à Malines en 4644, mort en 1704.
ensemble le cachet qui distingue le siècle de Rubens.
Quatre colonnes torses, entourées de lierre, supportent une frise couverte d'ornements ; la corniche est surmontée de chaque côté de deux morceaux de fronton semi-circulaire ; au milieu s'élève une niche avec une statuette du Bon Pasteur. La toile de l'autel représentera dernière cène par Charles Wauters, de Boom ; elle remplace un tableau du même sujet, dû à P. P. Rubens (1), que les Français enlevèrent en 1794 et qui fut transféré dans la suite à Milan, où il se voit encore.
Il y a lieu de croire que Féminent artiste, qui avait enrichi l'église métropolitaine d'une de ses œuvres, avait tracé en même temps le plan de l'autel destiné à l'encadrer.
Contre le mur nord on remarque un confessionnal gothique, placé par les soins du pléban Henri Crabb, ^en 1853.
décéd^e
Deuxième chapelle.
La tombe d'autel en marbre noir soutient un petit tabernacle ainsi qu'un encadrement fort simple, qui entoure le tableau; au-dessus de l'édifice le Saint-Esprit est entouré de rayons et de têtes d'anges : celles-ci semblent appartenir au ciseau de van der Vekene. L'autel, et la peinture qui y est encastrée, proviennent de l'ancienne chapelle de saint Rombaut , au marché aux laines, que la révolution française fit disparaître. Cette toile, arrondie vers le haut, représente saint Rombaut béîiissant saint Libert; elle est de Jean Cossiers (2).
(4) P. p. Rabens, né en 4577, mort en 4640.
[2) Jean Cossiers, né à Anvers en 4603, mort en 4652.
Malgré un coloris un peu terne, elle a de bonnes parties , et paraît également en gravure. On y remarque neuf figures : saint Rombaut en chape bénit saint Libert revêtu d'une armure et agenouillé devant lui. A côté Je Févêque gît un de ses meurtriers. Dans le ciel apparaissent six génies : les uns portent la mître, les autres la couronne du martyre, d'autres tiennent l'écusson de Malines, dont saint Libert est un enfant. Dans la perspective on découvre un bout de paysage. A gauche de l'autel est une jolie statue de saint Martin, grandeur naturelle, cette œuvre est plus heureuse que celle qui occupe la droite de l'autel et qui figure sainte Agathe. Contre le mur en face de l'autel est dressée l'épitaphe, en marbre blanc, encadrée d'une bordure noire, de Marje de Cardenas, épouse d'Ernest d'Aremberg. Les armoiries sont taillées dans la pierre; ce cénotaphe provient de l'ancienne église des récollets. ^
Troisième chapelle.
L'autel, qui offre beaucoup de ressemblance avec celui de la chapelle précédente, contient une niche dans laquelle on admire une belle statue en bois de chêne, mais peinte, du Christ assis, le front couronné d'épines et un roseau à la main. H. 1,40 m. Cette œuvre frappante de vérité et de sentiment est due à Nicolas van derVekene (1688). D'un côté de l'autel se trouve la statue de saint Roch, de l'autre celle de sainte Barbe ; ni l'une ni l'autre n'offre grand intérêt.
Près de l'autel dont nous venons de parler se voit une antique peinture toute noircie par le temps; un cadre
gothique renfermant un grand nombre d'ex-voto surmonte et entoure la sainte image. Ce tableau représente la Mère de Dieu, peinte à mi-corps. Bois. Il semble que l'artiste en exécutant son œuvre d'art se soit inspiré de la madone de saint Luc. Il serait inutile de vouloir rechercher l'origine de ce tableau : on ne parviendrait qu'à constater l'ancienne réputation qu'il avait et la vertu miraculeuse que les fidèles lui ont toujours attribué. Le plus ancien nom sous lequel la peinture est connue est celui de Notre-Dame de Cambrai ou Concordia, peut-être parce qu'elle oflfrait quelque ressemblance avec le tableau qui était honoré à Cambrai ; peut-être aussi est-ce un don de l'archevêque de Cambrai , jadis chef spirituel du pays de Malines. Plus tard nous trouvons la dénomination de Notre-Dame des Miracles ; enfin on la désignait aussi sous le nom de NotrerDame des Grâces.
Quatrième chapelle.
L'autel en style gothique tertiaire qui orne cette chapelle fut fait à Malines en 1852 par M. Teugels. La statue de la sainte Vierge, vêtue d'étoffes selon la mode que la domination espagnole a laissée dans nos provinces, occupe un trône, au-dessus duquel s'étale un dais ; de part et d'autre de l'autel on voit une niche, dans le même style : l'une renferme une statue de sainte Thérèse, l'autre celle de sainte Lucie, toutes deux par P. J. Tambuyser (1). Le banc des proviseurs de la con-
(4) Pierre Jean Tambuyser, né à Malines en 4796, mort en 4859.
frérie du rosaire, en harmonie avec l'autel, a été exécuté par le même artiste.
Au-dessus de cette tribune F. Pluys, peintre-verrier de Malines, a placé une verrière représentant les Mystères du rosaire. Au centre, on remarque le sujet principal : La sainte Vierge donnant le rosaire à saint Dominique. Autour de ce tableau central se déroulent les quinze épisodes du rosaire. Les sujets sont bien conçus et dans le style qu'ils exigeaient : leur couleur est vive et brillante. Ce vitrail placé en 1852, coûta 3000 francs.
Vis à vis de l'autel est une toile de Gaspar de Grayer (1). La sainte Vierge donnant le rosaire à saint Dominique. H. 1-92 m. L. 1-37 m. — Six figures. — La divine Mère et de son Enfant se détachent agréablement sur un rideau rouge, qu'un petit ange soutient. Quoique d'un ton peu accentué, ce tableau a du mérite par sa manière large. Lorsque Descamps fit son tour artistique à Malines, il remarqua la production en question dans l'église des Dominicains où elle se trouvait alors ; cet auteur la recommande comme une toile bien peinte et bien composée.
L'œuvre de de Grayer est placée entre deux nïédaillons en bois sculptés : l'un portant saint Pierre; l'autre saint Paul.
Une petite peinture, le martyre de saint Léger (bois) d'un auteur inconnu, est attachée ici au pilier de la nef; un bourreau armé d'une vrille perce les yeux du saint évéque. Ge tableau excite la dévotion de ceux qui souffrent de la vue.
(i) Gaspar de Grayer, né à Anvers en 1582, mort en 4669.
Transept septentrional.
Au mur de gauche du transept, en regard de l'autel pend un grand et bon tableau, H. 3-80 m. L. 2-98, peint par C. Leclercq (1) et donné par le cardinal de Franckenberg , à l'occasion du jubilé de saint Rombaut de 1778. Cette toile d'un haut intérêt archéologique, nous représente Yintérieur de l'église métropolitaine à cette époque. C'est le plus ancien et même le seul souvenir, que Ton possède de la décoration intérieure de ce temple. On pourrait reprocher au coloris d'être un peu fade, néanmoins l'ensemble ne manque point d'harmonie. Les groupes bien distribués et d'une couleur franche sont de P. J. Verhaegeji (2). De chaque côté du tableau un médaillon avec inscription rappelle le donateur.
A gauche du portail est une magnifique statue de saint Jérôme, en pierre de France, don de l'archidiacre Jean Fr. Foppens, en 1743. L'auteur de cette œuvre magistrale est Théodore Verhaegen (3). Le saint est représenté découvert à mi corps, ayant un lion couché à ses pieds ; le torse de la statue est particulièrement remarquable.
A droite de la même entrée se trouve, /lans les mêmes proportions, saint Ambroise, en habits pontificaux. La figure est due, en 1744, à la générosité du chanoine Ambroise de Smet, qui en confia également l'exécution à la main habile de T. Verhaegen.
(4) Peintre avantageusement connu dans les cours de France et de Naples, se fixa définitivement à Paris.
(2) Pierre Joseph Verhaegen, né à Âerschot en 4728, mort en 4 84 4 .
(3) Théodore Verhaegen, né à Malines en 4704 , mort en 4759.
L'artiste s'acquitta de ces deux œuvres moyennant la somme de 325 florins chacune.
Le portail est revêtu, du côté intérieur du transept, d'un portique en marbre noir, avec des colonnes à chapiteaux ioniques de marbre blanc, données en 1714, par Henri Jos. van Susteren, alors chanoine, et depuis évêque de Bruges. Sur la corniche reposent deux vases en marbre blanc. La frise est couverte d'emblèmes sacerdotaux ; un médaillon avec le buste de la Madeleine est enchâssé dans le fronton du portique. Cette partie était en rapport avec la clôture du chœur, dont nous avons retrouvé un fragment plus haut; Franc. Langhmans en produisit les plans, et l'exécuta pour 5931 florins. Cette somme couvrait en même temps les frais du portail méridional du transept.
Au-dessus de la porte se voit une énorme fenêtre rayonnante, qui a été enrichie en 1860 d'une verrière peinte par F. Pluys. Le sujet rappelle la proclamation du dogme de TImmaculée Conception dans Véglise de Saint'Pierre à Rome : le coloris en est fort transparent ; le tympan représente symboliquement la création du monde. Ce vitrail coûta 16,000 francs ; il mesure 18,67 m. de hauteur sur 8,75 m. de largeur.
Ici contre le mur Est , nous trouvons l'autel , appelé aujourd'hui autel des âmes du purgatoire, anciennement placé sous le vocable de la sainte Vierge.
François Langhmans, en 1699, acheva ce monument, qui rappelait par son style la décoration extérieure du chœur et le portail que nous venons de décrire. Langhmans entreprit la construction de cette œuvre, par contrat du 29 juillet 1698, à raison de 4,400 florins sans y comprendre les piliers de marbre blanc, que l'église
devrait fournir et qui coûtèrent pris à Amsterdam ' 1146 florins 10 sous. Deux colonnes ioniques de marbre blanc soutiennent l'entablement. La frise, du même marbre que les colonnes, est ornée de feuillages et de six médaillons portant des portraits de saints personnages. Au-dessus de la corniche deux tronçons de fronton soutiennent chacun un génie de grande proportion.
Entre ces pièces est appuyée sur un dé la statue de la sainte Vierge; FEnfant Jésus se tient à ses côtés, ayant en main l'instrument de la passion.
L'effet que produit ce groupe de différentes statues n'est pas mauvais, bien qu'en elles-mêmes elles ne soient pas de premier mérite.
Le tableau qui orne l'autel est de Jean Erasme Quellyn (1). H. 2-82 m. L. 2-74 m. Cette œuvre de dix personnages retrace la scène de VAdoratioîi des bergers. La composition en est simple et aisée, le dessin correct et sans prétentions ; seulement on peut reprocher à la peinture un ton un peu brunâtre. Ce tableau a été offert à l'église métropolitaine au commencement de ce siècle, par Pierre André Pierets de Croonenburgh. Le donateur l'avait acheté à un amateur, qui lui-même en avait fait l'acquisition à Anvers , à la suite de la suppression des couvents. Il fut placé d'abord sur l'autel du Saint Sacrement (chapelle paroissiale).
La statue de saint Luc, en pierre blanche, par P. Valckx, dressée à droite de l'autel, entre celui-ci et l'ogive du pourtour, fut offerte en 1773 par l'archiprêtre van Meldert. L'exécution de cette figure est maniérée,
{^) Jean-Erasme Quellyn, ué à Anvers en 4634, mort en 4716.
il est vrai, mais elle décèle le talent de son auteur. La statue de saint Charles Borromée, administrant le saint Viatique à un pestiféré, occupe le pilier entre le pourtour et le chœur. Cette œuvre de beaucoup de mérite, est due au ciseau de Luc Fayd'herbe. Elle fut donnée par Jean Fr. van den Driessche, dit du Trieu, vicaire général et archidiacre de Malines en 1678. Une inscription funéraire rappelle la mémoire du donateur.
Pourtour.
Le premier objet qui nous frappe est un buste de la Mater dolorosa, en pierre blanche, par Luc Fayd'herbe ; travail plein de sentiment. Il occupe Togive au-dessus d'une porte donnant accès à la salle du chapitre. Cette figure est un fragment d'une statue en pied, mais qui était tellement détériorée que l'on crut, en 1813, devoir la réduire au buste. Elle était placée primitivement dans la chapelle du Vénérable, comme monument funèbre de la famille de Caestre.
Vis-à-vis s'élève un cénotaphe érigé en 1816 à la mémoire du cardinal Jean Henri de Franckenberg, x*' archevêque de Malines. Une femme éplorée tient le portrait du prélat, taillé sur un cartel oval. La statue, en marbre blanc, se trouvait jadis dans les jardins de l'archevêché ; les intempéries des saisons ayant altéré la pierre en divers endroits, on la couvrit d'une couche de couleur blanche. Elle est attribuée à A. Quellyn (1), mais ne comptera jamais parmi les meilleures œuvres de ce maître.
On remarque contre le mur de la salle chapitrale, un
(4) Anus Quellyn, dit le jeune, né à Sl-Trond en 4625, mort en 4700.
tableau de grand mérite , mais placé malheureusement à une telle hauteur, que l'on pourrait juger difficilement de sa valeur, si elle n'était connue. C'est la circoncision de Notre-Seigneur. H. 2-85. L. 2-10. Bois. La scène, animée par dix-sept figures, se passe dans un temple de marbre en style grec : la partie architectonique a été peinte par Hans de Vries (1).
Cette production, l'une des principales et des meilleures qu'enfanta le génie de Michel van Cocxijen plus connu sous le nom de Cocxie, surnommé le Raphaël flamand (2), fut exécutée en 1880, alors que l'artiste était âgé de 81 ans. A voir cette œuvre, il semble que le peintre malinois est resté exempt des ravages des années. Son coloris est pur et vivant et se ressent de l'heureuse influence de l'école italienne; ses figures sont pleines de naturel et de candeur. La manière est finie, sans excès. Le peintre nous a conservé l'image de ces traits sur son tableau ; son visage apparaît entre les colonnades de l'édifice. Cette peinture, exécutée pour la corporation des maçons, fut nettoyée en 1773 ; elle occupait alors l'autel de sainte Anne dans le transept. Malheureusement un cadre lourd et de mauvais goût entoure le panneau. On y voit les armoiries du métier : de gueules à quatre couronnes ^ superposées, d'or, emblèmes qui rappellent les quatre couronnés , patrons des maçons. Les volets de ce tableau disparurent pendant la révolution française.
(4) Hans Fredeman de Vries , né à Leeuwardeo en 4527, habita Matines pendant plusieurs années.
(2] Michel van Gocxgen ou Cocxie, né à Malines en U99, y décéda en 4592.
Le tombeau des Berthout, seigneurs de Malines, est placé à droite du pourtour, à peu près vis à vis du tableau de Gocxie.
Le mausolée occupe l'endroit où gisent Wautier Berthout III, dit le grand, mort en 1286 ; Gilles Berthout, mort le 22 octobre 1310 et Jean Berthout décédé le 28 août 1304. Selon quelques auteurs les restes de Wauthier Berthout I, tué au siège de Damiette le 20 octobre 1219, auraient été également déposés à cette place.
Une tombe, digne des puissants seigneurs de Malines fut érigée au XIV« siècle dans l'église ; les iconoclastes saccagèrent, en 1580, l'intéressant tombeau et en brisèrent les figures; en 1801, il ne restait du monument qu'un bloc de pierre.
La fabrique voulant perpétuer le souvenir des bienfaiteurs de la basilique y éleva le cénotaphe que nous voyons aujourd'hui. Ce monument se compose d'un socle en bois marbré : portant l'inscription :
Trium Bertholdorum
Qui sœculo decimo tertio
Mechliniœ dominabantur
Hic ultima domm.
Le piédestal soutient un magnifique groupe en pierre de Luc Fayd'herbe : saint François Xavier agenouillé devant la sainte Vierge assise tenant son Fils sur les genoux. Au-dessus est fixé un groupe de trois petits anges, tenant un livre. Cette composition, qui se distingue par sa facilité et son ampleur se trouvait antérieurement dans la chapelle dite la Sodalité des jésuites.
Salle du Chapitre.
On pénètre dans la salle chapitrale par le côté ouest de la chapelle servant d'entrée aux archevêques. Dans cette chambre de réunion se trouvent les portraits à mi-corps des 14 archevêques, qui occupèrent successivement le siège de Malines ; nous les citerons selon Tordre chronologique, qui est en même temps l'ordre des peintures.
Quelques-uns de ces portraits ne sont point dépourvus de mérite artistique ; d'autres n'ont que la valeur du souvenir. Il serait difficile d'assigner à chacun d'eux leur auteur respectif.
1® Antoine Perrenot de Granvelle, né en 1517, premier archevêque de Malines en 1559, cardinal en 1561 ; t 1586.
^ Jean Hauchin (Hauchinus), né en 1527, archevêque de Malines en 1583 ; f 1589.
3*» Mathias van dm Hove (Hovius) ; celui-ci naquit à Malines en 1542; archevêque en 1596; f 1620.
4^ Jacques Boonen, né 1573; archevêque en 1620; t 1655.
5*» André Cruesen, né en 1591, archevêque en 1657; t 1666.
6** Jean de Wachtendonck, né à Malines en 1592, archevêque en 1667 ; 1 1668.
7*» Alphonse de Berghes, né en 1624, archevêque en 1669; t 1689.
8^ Humbert Guillaume comte à Precipiano, né en 1627, archevêque en 1690; f 1711.
9'* Thomas Philippe comte d'Alsace de Boussu, né en 1679, archevêque en 1714, cardinal en 1717; 1 1759. Par Egide Jos. Smeyers.
10** Jean Henri, comte de Franckenberg^ né en 1726, archevêque en 1759, cardinal en 1778; t 1804. Peint par Jacquin (1).
11® Jean Armand de Roquelaure, né en 1721, archevêque en 1802; f 1818. Peint par Charles Verhulst (2).
12® François Antoine ^ prince de Méan, né en 1757 , archevêque en 1817; f 1831. Portrait par Mathieu van Brée (3), en 1823. -
13® Engelbert Sterckx, né en 1792 , archevêque en 1832, cardinal en 1838 ; f 1867. Par Corneille Gels (4) en 1839.
On voit encore dans cette salle un ancien et joli portrait du cardinal Guillaume van Enckevoort, mort en 1534, ancien prévôt du chapitre de saint Rombaut
Guillaume Allen (Alanus), promu à l'archevêché de Malines en 1590, mort à Rome en 1594, sans avoir jamais pris possession de son siège, ne figure que de nom dans la série des archevêques. Une inscription rappelle sa mémoire, son portrait n'existant point. Il en est de même de Liévin van der Beken (Torrentius) , archevêque de Malines en 1594, mort en 1595, avant d'avoir reçu de Rome les bulles d'investiture. Dominique de Pradt, appelé au siège métropolitain par la volonté de Napoléon I en 1809 , ne fut jamais reconnu comme archevêque, quoiqu'il habitât Malines ; son portrait ne figure donc pas dans la collection.
(4) François Xavier Jacquin, né à Bruxelles en 4 756, mort en 4826.
(2) Charles Verhulst, né à Malines en 4774, nacre en 4830.
(3) Mathieu van Brée, né à Anvers, en 4773, noort en 4839.
(4) Corneille Gels, né à Lierre eu 4778, décédé en 4859.
Première chapelle.
Quand on rentre dans la chapelle par laquelle les archevêques pénètrent dans l'église, on voit contre le mur au-dessus de la salle chapitrale, à une hauteur malheureusement trop élevée, un ancien tableau : la Résurrection de Nôtre-Seigneur, Le Christ sort glorieux de la tombe ; saints Pierre et Paul sont frappés d'étonnement à la vue du miracle; dans le fond les trois Marie visitent le tombeau du Sauveur; un ange leur annonce sa résurrection. Cette peinture, d'une nuance douce et suave, appartient à un triptyque, exécuté pour la corporation des merciers, qui occupait alors la quatrième chapelle dans le circuit du chœur.
L'artiste qui produisit cette œuvre y a laissé son nom avec la date de l'exécution; on y lit : Joan. Snellinck F. 1601 (1). En outre nous avons trouvé que les merciers payèrent 300 florins au peintre pour leur tableau.
Les volets, qui fermaient jadis le triptyque, sont placés maintenant des deux côtés de la porte d'entrée réservée aux prélats; c'est-à-dire près de la porte septentrionale de la chapelle. Le premier d'entre eux représente VAnnonciation, L'ange Gabriel s'adresse à Marie en prières ; dans le ciel flotte un nuage dans lequel Dieu le père apparaît, entouré de la cour céleste. Le revers du panneau représente saint Rombaut, en pied, ayant son meurtrier à ses côtés. Le second volet, l'Adoration des bergers, se compose d'un assez grand nombre de figures. Le groupe de la Sainte Famille occupe l'avantplan ; tout autour se pressent les premiers adorateurs
(4) Jean Snellinck , né à Malines en 4544, mort à Anvers en 4638.
de l'Enfant Jésus ; un groupe d'anges plane dans le ciel. Sur le côté opposé se trouve saint Nicolas, accompagné de trois petits enfants dans une cuvelle. Parmi ces tableaux, qui, du reste, laissent une impression agréable, nous citerons celui de la résurrection comme étant mieux réussi ; est plus soigné que les vantaux.
Dans la même chapelle, contre le mur du levant, sont adaptées les portes d'un triptyque ayant rapport au Martyre de Saint-Georges, patron de la gilde des arbalétriers.
Nous ne voyons ici que les côtés latéraux d'une œuvre peinte par Michel Gocxie; nous rencontrerons plus tard le sujet principal. Il est fâcheux que l'administration sépare ainsi les pièces centrales des triptyques de leurs accessoires. Sur le premier volet nous voyons saint Georges se présentant devant son Juge, lequel siège sous un da^s; six grandes figures constituent le tableau. Le fond est occupé par des constructions grecques en colonnades et en portiques. Le côté opposé du panneau représente l2iSainte Vierge avec V Enfant Jesm Le deuxième battant représente la Décapitation de saint Georges. Le martyr est à genoux devant son bourreau; ici il n'y a, à proprement parler, que trois figures, dont deux exécuteurs; elles sont nues jusqu'à la ceinture. Gocxie a bien compris cette partie anatomique de l'œuvre. Au fond, dans la campagne, une foule nombreuse assiste à l'exécution d'une sainte. Sur l'envers de ce volet on trouve saint Georges en pied.
Au-dessus des peintures que nous venons d'admirer figure une toile de 8,55 mètres de haut par Egide-Jos. Smeyers (1) : Saint Dominique agenouillé reçoit de saint
(4) Egide, Jos. Smeyers, ais de Jacques, né à Malines en 4694. mort en 4774.
Paul la confirmation de son ordre. Derrière le religieux se tient saint Pierre; chacun des deux apôtres est accompagné d'un ange. Le Saint-Esprit entouré de sept petits chérubins plane dans le haut du tableau. Le dessin de la composition est correct ; quant au coloris, déjà un peu uniforme par lui-même, il perd encore beaucoup à l'endroit où la peinture est placée. Avant la révolution française cette toile ornait le maître-autel de l'église des Dominicains, à Malines, où Descamps l'admira.
Seconde chapelle du pourtour.
Le mur du côté du couchant est revêtu par les trois pièces d'un triptyque de Michel Gocxie; mais malheureusement elles sont encore placées d'une manière irrégulière. Ces tableaux, hauts de 2,30 m., furent exécutés pour compte de la Gilde des archers, d'après les conditions fixées par un contrat du 3 janvier 1887 entre la corporation qui s'engageaient à payer 180 florins à l'artiste, d'une part , et Michel Cocxie d'autre part. Jusqu'à la fin du dernier siècle ces morceaux surmontaient l'autel des archers à Saint-Rombaut.
Le panneau central, large de 1,98 m., figure le Martyre du patron des archers. Saint Sébastien, dépouillé de ses vêtements, est lié à un arbre dont le feuillage s'étend dans toute la partie supérieure du tableau; de chaque côté des archers décochent des flèches sur la victime. Cinq grandes figures, se détachent sur l'horizon, elles sont touchées avec le détail et l'éclat du coloris qui distingue le maître et son époque. Au loin on aperçoit encore çà et là des figures. Trois personnages sont placés sur le volet de droite : on y voit SaitU Sébastien
rapportant les flèches au juge, celui-ci est assis so.us un dais.
L'autre porte nous montre encore Saint Sébastien terrassé, la tête penchée vers l'extérieur du cadre ; un soldat debout s'apprête à lui donner le dernier coup de glaive ; à côté du saint gît le tronc d'un premier martyr, dont la tête est posée sur une balustrade faisant partie d'un bâtiment que l'on voit à gauche dans le tableau. Les battants de cette peinture sont d'un beau faire, traités avec force, malgré les 88 ans de leur auteur Les nus et les torses surtout, assez abondants ici, sont supérieurement rendus et d'une chair vivante. Lorsque Ton voit ces œuvres, produits des dernières années de l'artiste, on regrette que les divers tableaux de Saint- Rombaut, engendrés par le pinceau de Cocxie, soient tous de la dernière période du maître. Malines ne possède aucune composition née pendant la première partie délia carrière presque séculaire du Raphaël flamand.
A côté du triptyque de saint Sébastien on trouve un grand tableau, première page d'une série de dix-sept toiles ayant trait à la vie du Patron de Malines. Ces diverses productions ont été offertes par des évoques et par les chefs des abbayes environnantes à l'occasion du grand jubilé de saint Rombaut, en 1775. Les cadres de ces peintures, tous pareils, sont couronnés par les armoiries des donateurs, selon un vœu émi par le conseil de fabrique de cette époque. Elles ont 2,51 m. de haut sur 1,66 m. de large.
Le tableau, que nous rencontrons ici, représente la Réception de saint Rombaut par le pape. L'apôtre est agenouillé devant Etienne II, qui lui donne la mission d'aller prêcher; divers personnages entourent le sou-
verain pontife. Six figures. Félix de Wavraqs, évêque dTpres, paya pour cette toile, à Guillaume Herreyns (1), directeur de l'académie de dessin de Malines, 300 florins. La composition et le dessin sont bien réussis dans cette œuvre où l'œil ne demande qu'un ton général plus clair.
La fenêtre du milieu de cette chapelle conserve encore quelques fragments d'un vitrail, peint à l'époque de la renaissance, que les membres de la Gilde de Saint- Sébastien firent placer en cet endroit. La partie supérieur, simulant un dais, est à peu près intacte. Les deux figures, Jean IV et Philippe de Saint-Pol, ducs de Brabant, qui constituent le sujet principal, sont assez bien conservées; le premier jusqu'aux jambes, l'autre en entier.
Sous le vitrail on plaça dans ces dernières années un joli confessionnal gothique, en chêne, par le sculpteur J. Tambuyser, d'après le croquis de F. Pluys, peintre-verrier, tous deux de cette ville.
Le second tableau de la grande série est attaché à la muraille du côté du levant de la chapelle : Le départ de saint Rombaut pour sa mission. Un ange conduit le missionnaire et lui montre du doigt le terme de son voyage. Cette composition, paisible et douce, d'un dessin facile et correct, est d'André Lens (2), le restaurateur de l'école flamande. C'est un don de Robert de Bavay, abbé de Villers.
Sous ces grandes toiles nous trouvons douze petits tableaux, première partie d'une collection composée de
(4) Guillaume Herreyus, né à Anvers en 1743, mon en 4827.
(2) André Lens, vit le jour à Anvers en 4739, il mourut en 4892,
vingt-cinq panneaux de 1,14 ni. de hauteur sur 0,70 m. de largeur.
Ces naïfs souvenirs de l'art antique, "sur lesquels les renseignements sont bien vagues , semblent dater de la fin du XV® siècle et du commencement du XVP. Ni les archives communales, ni Sollerius, ni de Munck ne nous . éclairent sur leur origine. L'opinion, qui les attribue à une même main est évidemment erronée : d'abord à cause du long intervalle qui s'est écoulé entre l'exécution des premiers et des derniers de ces tableaux; V ensuite parce qu'une différence de mérite très-sensible distingue ces productions les unes des autres; ainsi la 22®, 28® et la 24® sont supérieures à celles qui précèdent.
Les noms des auteurs de ces panneaux nous sont absolument inconnus; seule la date de leur exécution peut parfois être fixée lors qu'ils servent de monuments commémoratifs à leurs donateurs. Jadis ils ornaient la chapelle de Saînt-Rombaut, rasée par la révolution française. Déjà, en 1580, cet oratoire avait été dévasté par les Gueux, qui firent disparaître ou anéantirent une partie de cette collection. Les pièces, qui sont conservées, échappèrent au pillage des Français et furent placées dans l'église métropolitaine par les soins du gouvernement hollandais en 1828. Vers la fin du siècle dernier, en 1778, les comtes de Cuypers, frères, firent restaurer ces antiques monuments de la Tégende de l'apôtre de Malines. Ils en confièrent le soin à Jean Crockaert (1). Depuis lors, le conseil de fabrique y a apporté quelques restaurations dans le courant de ce siècle. Les Cuypers, ces nobles amis de l'art, firent en
(4) Jean Crockaert, oatif des environs d'Enghien.
même temps reproduire à l'aquarelle une réduction des tableaux. Ces dessins existent encore et ont été lithographies par M. Henri Borremans de Bruxelles. Il existe deux éditions de cette reproduction, l'une coloriée, l'autre en noir.
Chaque panneau porte, dans la partie inférieure, une inscription explicative du sujet. La manière accuse une main habile et délicate, et la composition un génie fécond et religieux; la couleur fine et transparente reporte la pensée aux beaux jours de la peinture de l'école de Bruges. Outre l'intérêt artistique qu'offrent ces productions, elles ont encore le mérite archéologique de rappeler les costumes d'autrefois et de nous mettre sous les yeux des fragments de l'ancien Malines. Après un coup d'œil rapide sur l'ensemble, nous allons examiner chacun des panneaux en particulier :
I. Après la mort de Vévêque Walerand, un ange ordonne d'élire saint Rombaut à sa place. Dans une église romane quatorze personnages, clercs et prélats, sont réunis en prières autour d'un catafalque. Un ange apparaît à la pieuse assemblée tenant une banderolle avec ces mots :
dite ttomot eal bt0cl)op toe^e dc0nic 0one va 0collat ahepreee.
Sous le panneau on lit :
UJttlûfiruô eterf Vit bwcliop eerwerbifl) 9e(regbe al bal wm ober 0g fjrotect»
j0g be beoele (Kobe 0prar btgel oeerbul) <&l)eeft 0(ontna 0one va 6c0tlat belectte.
II, Saint Rombaut prêche la foi et guérit Us malades.
— Après la mort de son père le Ciel lui ordonne de quitter son évéché. Le sujet de ce tableau est double , comme nous venons de le dire. La prédication de saint Rombaut, devant un auditoire nombreux, se passe sur le premier plan , en plein air. Cette scène comporte une trentaine de personnages ; les donateurs se trouvent au premier rang parmi les fidèles, mais sans indication de nom.
Dans le second plan, au fond, on aperçoit une église et quelques paralytiques, qui rejettent leurs béquilles ; à gauche et à droite, immédiatement derrière les auditeurs du sermon, un édifice de style roman. Dans une des fenêtres de cette dernière construction, on reconnaît le saint évêque recevant la visite d'un ange porteur d'une banderolle avec ces mots : iuje.
Sous le tableau :
dtnte Slomout 0tercte 't gijeloDr Bttvt Ueel 0tecten gl)ena0 l)tf uut rorttatr 6tf vaitx dterf iot btmi 00 i^eere Dût l>tf trtke en bbtebo eoube laû.
IIL Saint Rombaut passe la mer et guérit en France un aveugle-né. L'horizon représente un délicieux paysage, figurant les côtes d'Angleterre ; un fleuve (la mer) sépare cette partie de l'avant-plan.
Le missionnaire, accompagné de deux marins, traverse les eaux, dans une barque d'osier revêtue de peaux. La scène principal se compose d'une vingtaine de personnages; saint Rombaut bénit l'aveugle qui porte une mandoline sous le bras; à gauche les quatre
donateurs (inconnus) admirent les hauts faits de FApôtre. On y lit :
i^g oloot ovtx it %tt aU 6ob0 met orrcorrn 3n een ecep van ijoittr gl)evbrl)ten CEen ma m Dranckerike bltnt gljeborm iSlaede l)g 0»be oeel me0cl)e l)e 0Qcl)trii.
IV. Saiw^ Rombaut remet au pape Etienne II les insignes de son épiscopat. Le souverain pontife siège sur son trône en costume pontifical, il est entouré de la cour romaine et de cardinaux. Treize figures. Le fond laisse voir des arcades de construction byzantine. Légende :
dmte flomout Vit \]tt{t ovtr gl)egeven
* 9gn btdbom met geooter reoerecien
Wtn ))au0 mn ttoome be tmeebe dteoe
tloort gl)u l)g boe oeel ))enttene.
V. Saint Rombaut reçoit la bénédiction papale et regagne sa mission. Le saint, en costume de voyage, s'incline devant le pape; celui-ci, en tiare et en chape, lui donne sa dernière bénédiction. Le pontife, entouré de cinq personnages est debout sous un porche gothique, tandis que le missionnaire se tient à l'extérieur. Le fond du panneau, couvert de constructions, montre le saint quittant la ville éternelle.
6inte Komout bah 0m mtelaer tetne %ngel eprac gl)tf dtjt Dl)0ort meeet obUjbt % nam oerlof aen be |)au0 ten dtne be 0tabt 6gnber rueten mort gijebenebijt.
YI. Saint Rombaut délivre un possédé. Le possédé est assis, les pieds et les mains garottés; au moment où il reçoit la bénédiction de saint Bombant, le diable s'échappe de sa bouche. Onze personnages assistent au miracle , parmi ceux-ci le donateur du tableau, Gilles van Muysene , qui mourut le 26 juin 1810, son épouse, Catherine de Nethene, alias van den Royele, décédée en 1556, et leur jeune fils. Cet enfant porte un croisillon sur la poitrine , probablement parce qu'il était déjà trépassé à l'époque où le tableau fut exécuté; nous pouvons donc rapporter la peinture de ce petit monument commémoratif à la première moitié du XVP siècle. Gilles van Muysene porte un vêtement rouge, recouvert d'un tabbaert noir, garni de fourrures ; un bonnet noir couvre son chef. Catherine de Nethene porte un vêtement brun, bordé de pelleteries ; elle a la tête ornée d'une coiffure de toile blanche. Chacun des époux porte une chaîne d'or au cou. Un paysage varié et rocailleux remplit le fond du panneau. A droite le même possédé est couché par terre , exténué de fatigue , divers spectateurs l'entourent ; à gauche saint Rombaut se retire dans les montagnes pour échapper aux démonstrations de respect dont il est l'objet.
6tnte ïîôtttout vhxtd l)ter itn mani tt)atv a( ht tne6cl)e bleef toter boot geix>ont Wit lieben rtepen op ten Ije^Uge aant JBRan beee men0(l)e en be lufyu eu gljedot.
Les armes de Muysene et de Nethene se trouvent au milieu de l'inscription : un écu parti ie gueules à 2 lUms d'or au franc quartier d'azur à 9 étoiles d'or 3. 3. 3,
qui est de Muysene, et (for à la fasce éCazur au lion de gueules armé et lampassé d'azur^ naissant sur la fasce, qui est de Nethene.
VIL Saint Rombaut arrive à l'endroit appelé Matines, un vendredi; il y trouve le peuple se livrant à la danse : aussitôt il leur prêche la passion. Le comte Adon instruit de ce fait, le prie de venir à sa demeure. La composition figure une forêt, coupée par un ruisseau; saint Rombaut y explique la passion de Notre-Seigneur aux habitants, derrière lui se trouve le messager du comte Adon, apportant une missive. Il y a quinze personnages dans cet épisode : au loin dans une clairière on remarque les danseurs.
Mot dtnte Konuiut otrent bmtrl^U i)of qua tieel oolc oat l)e hae^tn op ttnt orjbacl) % prede l)r 00 ijeere paddte lof^am <6xar>t "Xbo dant bobr om l)ë eoub vitatï\.
VIII. Saint RombaiU prédit à Elisabeth^ femme du comte Adon, qu'elle aura un fils quoiqu'elle ne soit plus en âge d'avoir des enfants. Saint Rombaut lève la main et bénit les nobles époux ; ils sont entourés de douze courtisans, parmi lesquels on voit les donateurs , appartenant la famille de Quarré, et deux jeunes enfants. Le château seigneurial, bâti dans Feau dans le style féodal, occupe tout le fond du tableau ; dans une des fenêtres de la demeure on voit le comte et la comtesse recevant la bénédiction du missionnaire, par ces mots : litxiAm tr. En dessous on lit :
21U ))ro))l)ete l)eeft dinte llomet ooereett Bat (§lba eene Bont doube barê Ue benebictie ber orucljtbaerl) eit ' ®af l)g haer içeeebe booe l)aer jarr.
Dans la légende se trouve un écusson écartelé au 1 et au 4 d*azur à la fasce virée d'or^ qui est de Quarré, au 2 et 3 de for à la bande de gueules^ qui pourrait être, d'après de Munck, de la Haye.
IX. Saint Rombaut baptise saint Liberty l'enfant d'Elisabeth. La scène se passe dans une église byzantine soutenue par des piliers de marbre rouge; le chœur est fermé par un jubé gothique. Dans la nef à gauche, près de la porte de l'église, saint Rombaut, en habits pontificaux (nous ferons remarquer que dans tous les tableaux précédents le saint est revêtu d'une simple robe d'une étoffe bleue foncée et qu'il est coiffé d'un bonnet de même couleur) récite les prières préparatoires à la cérémonie : un clerc ayant un livre ouvert se tient à côté de l'officiant ; le nouveau né -est porté par sa marraine accompagnée du parrain; la porte entr'ouverte laisse voir la rue. Le baptême proprement dit s'efffectue dans le nef principale ; de hauts personnages richement habillés, au nombre de dix, assistent à la cérémonie. Inscription :
3t ixatfxni battit ttn ktnt bequan»
6tnte ]llomout l)eeft but advt ktr&tt bebr irttbertl)U0 ioa0 etnen l)cgUgl)e name <l&l)eboren lant0 i^eere mn Mti\]tlt mit.