II. Enfants-Rouges, Saint-Esprit
Mais les papiers du fonds Joly de Fleury permettent de mieux connaître certains détails de l’histoire des Enfants-Trouvés. Ainsi, les administrateurs furent souvent aux prises avec de sérieux embarras financiers ; ils ne pouvaient payer les nourrices (1234); ils étaient frustrés par les meneurs (1758), accablés par les dettes, contraints de faire appel aux libéralités royales (années 1767-1768) (1236). Ce fut une véritable crise lorsqu'en 1755 le prix du billet de la loterie des Enfants-Trouvés fut porté de 20 à 24 sous, ce qui diminua le nombre des actionnaires et amoindrit considérablement les ressources (même volume).
Aux folios 88-98 du volume 1236 figure une intéressante correspondance relative à l'exécution d'une délibération du 17 décembre 1772 sur l'envoi des enfants de province à Paris. Afin d’obvier à l'encombrement de la maison, le bureau décida de solliciter du gouvernement des ordres pour que les intendants, à partir du 1°" avril 1773, fissent défense à tous rouliers, voituriers et conducteurs de coches d’eau ou de terre d'accepter aucun enfant à destination de Paris. C’était, en effet, la province surtout qui alimentait et surchargeait l'hôpital de Paris. En 1779 (10 janvier), Necker fit rendre par le Conseil un arrêt dans le même sens. Sur l’inutilité des efforts faits pour empêcher l’invasion des enfants de province, les pièces du volume 1236, notamment les lettres de Bosquillon, procureur du bailliage de Senlis, constituent des documents péremptoires.
I faut signaler encore dans le même volume (fol. 132) une pièce intéressant l’histoire de l’art : c’est le « projet de souscription pour la chapelle des Enfants-Trouvés, exécutée, quant à l'histoire, par M. Natoire, peintre ordinaire du Roi, et par MM. Brunetti père et fils quant à l’architecture, dont on trouve une description dans le Mercure du mois de juillet 1750 » (in-4°, 3 p.). Le registre des délibérations, à la date du 20 mai 1753, nous apprend que les travaux de la chapelle furent exécu-
tès moyennant une somme de 1,500 livres payée à Natoire pour les « ouvrages » faits « aux tableaux » et une somme de 1,000 livres à Brunetti pour les ouvrages « de perspective et autres ornements »; la démolition de l’ancienne chapelle fut décidée le 18 octobre.
Le Grand Bureau des pauvres; les hôpitaux de la Trinité et des Petites-Maisons. — Les archives de l’Assistance publique ne conservent aujourd’hui ni les papiers du Grand Bureau des pauvres ni ceux de l’hôpital des Petites-Maisons. Le fonds de l'hôpital de la Trinité s’y trouve réduit à trois liasses et un registre, où il ne semble pas qu’il y ait aucun des documents qui nous sont connus par les volumes de Joly de Fleury. Les matières que concernent ces volumes pour les trois établissements sont indiquées dans le tableau suivant :
Grand Bureau des pauvres. — TI. Administration en général, règlements, 1273, 1280, 1281. Description du Grand Bureau, 1273; mémoire sur lui, 4280; délibéralions, 14273; admission des enfants, 1280; tutelle des insensés, 1273; succession des pauvres qui sont à l’aumône du Grand Bureau, 1273.