ITALIE I
2. Ce bas-relief de marbre blanc est une œuvre remarquable du xiyc siècle. On en connaît Fauteur, c'est l'architecte même de la façade de la basilique, Mathieu de Campilione, ainsi que l'atteste son épitaphe, encastrée dans le mur extérieur de la chapelle du Saint- Clou. Voici le texte exact de cette inscription importante, gravée en gothique ronde sur une petite plaque de marbre blanc, fort simple et sans ornements :
hic. iacet ille magn1 edificator deuot'
cit et prius coronam imponit regni. si prsesens fiierit, reprsesentet regem ad imperium promovendum sancto Petro et ejns vicario, quatenus Ambrosiano testimonio jure possit imperare qui Ambrosiana consecratione didicit et cœpit regnare ».
Ce privilège, suivant le même chroniqueur, remonterait au pape saint Grégoire lui-même, comme il fut déclaré au concile de Lodi : « Atque frequenti concione antiquum decretum diviGregorii pontificis récitât (arcbiepiscopus Mediolanensis), in quo diserte scriptum sit ut, vacante Italie regno, archiepiscopus Mediolani intra dies xiv suffraganeos suos advocet atque ex illorum sententia regem Italise creet. » Ce privilège fut confirmé, encore au rapport d'Àrnulphe, au concile romain tenu en 1027 par Jean XIX dans la basilique de Latran.
MGR (magrister) MTHEJ [Matheus] DE CAMPILIONO 0, HUIUS SACRO SCANTE(I) ECCLÊ FAT1EM EDIFICAUIT EUAN GELICATORIUM AC BABTISTERIUM Q, OB1IT ANNO DNI MCCCLXXXXUI DIE XXIIII MENS1S MAII
Cet artiste, de grand renom, mourut donc le 24 mai
3. Qu'on veuille bien me permettre une autre digression, motivée par le sujet même que je traite.
Au xvnie siècle, lorsqu'on peignit la grande nef de la basilique (2) de Monza, un espace fut réservé sur les parois latérales, au-dessus des grands arcs qui mettent en communication avec les bas-côtés, pour représenter dans des médaillons les souverains qui ont reçu la couronne de fer (3). Ces médaillons sont peints en ca-
(1) On avait d'abord gravé un 0 à la seconde lettre, que Ton surchargea ensuite d'un T. Ni l'une ni l'autre lettre ne convenaient à cette place pour former le mot sancte.
(2) Les médaillons des rois et empereurs sont surmontés de dix grands tableaux, peints par Antoine Huggeri et Frédéric Bianchi, « plus mémorables, dit M. Varisco, par leur étroite union que par leur talent artistique ». Un de ces tableaux, le premier du côté de l'évangile, représente Henri III assistant, le II août 1574, à la messe célébrée dans la basilique de Monza par saint Charles Borromée, qui était venu l'y recevoir à son retour de Pologne, lorsqu'il se rendait en France pour succéder à son frère.
(3) M. Achille Varisco me transmet, au sujet des souverains représentés, ces judicieuses observations : « Rien n'autorise à croire que lus rois Lombards, surtout les premiers, ont été couronnés de la couronne de fer : Didier ne l'a certainement pas été et aucun historien ne parle du couronnement
maïeu (1); une inscription latine désigne pour chacun le personnage qu'il renferme (2). La série commence du côté de l'épître , et Ton redescend vers le bas de la nef pour remonter parallèlement du côté de l'évangile.
de Charlemagne à Monza; enfin le couronnement de Charles- Quint eut lieu à Bologne. Les seuls couronnements faits à Monza dont parle l'histoire, sont ceux de Henri IV, au témoignage de Paul Benried et de Conrad III, raconté par Landolphe. Pour l'exécution de ces médaillons , on a suivi l'ouvrage de Zucchi, qui mentionne en effet les sept rois Lombards, à l'exclusion toutefois de Didier. Les empereurs qui, au dire de cet historien, auraient reçu la couronne de fer, seraient au nombre de trente-sept : maintenant on parle de quarante-cinq. Mais comme il n'y avait pas d'espace suffisant pour les placer tous, on fit un choix. Malheureusement pour ces médaillons, l'autorité de Zucchi est presque nulle. »
(1) M. Varisco m'écrit : « Ces médaillons furent peints par Carloni, de Corne, dans la première moitié du xvme siècle, comme l'atteste Campini, qui refit ce qu'avait peint, vingt ans auparavant, Castelli le vieux, ornemaniste de quelque renom. Campini ajoute que Carloni était renommé pour ses fresques: aidé de Lecchi, de Monza, simple ornemaniste, il peignit les bas-côtés, les chapelles situées au nord et le cimetière. Ce travail, commencé en 1736, fut achevé au mois de juillet 1740. »
(2) Ces inscriptions étant identiques, je me contenterai d'en citer deux:
AGILYLPHVS CAROLVS I MAGNYS LONGOBARDORVM REX IMPERATOR